CHAPITRE QUINZIÈME
La semaine s'écoula peu à peu et le mal fit des progrès tellement rapides et continus qu'à la fin on commença à craindre qu'Augustine ne vécut pas assez longtemps pour voir son père. En tous cas il était évident qu'il n'y avait pas de temps à perdre et la Supérieure en conséquence régla qu'elle prononcerait ses voeux de Madeleine le soir du jour où Soeur M. de Ste- Madeleine, sa seconde maîtresse, devait faire profession dans la communauté du Bon-Pasteur. Ce jour arriva enfin et la malade avait semblé prendre un peu de mieux. L'infirmière veilla sans trop de crainte, auprès du lit d'Augustine, jusqu'à ce qu'après la cérémonie de la profession, Soeur M. de Ste-Madeleine, rayonnante d'une sainte joie, vint reprendre sa tâche auprès de la mourante. Elle trouva Augustine comme elle l'avait trouvée le premier jour de la maladie, les mains doucement croisées sur sa poitrine et les yeux fixés avec amour sur le crucifix au pied du lit Sa figure s'anima et un céleste sourire parut sur ses lèvres quand Soeur M. de Ste-Madeleine s'approcha. Elle toucha de sa main tremblante le coeur d'argent qui pendait au cou de la jeune soeur et dit d'une voix faible mais animée: Oh ! que je suis heureuse ! Maintenant vous êtes mère véritablement, quoiqu'on realite vous vous soyez toujours montrée telle et plus encore depuis que je VOUS ai pour maîtresse.
Soeur M. de Ste-Madeleine s'agenouilla
près du lit et dit affectueusement: Oui, ma chère enfant, vous dites vrai, à présent je suis votre mère pour tout de bon, et comme mère j'ai droit de demeurer avec vous jusqu'à la fin.
Ce sera bientôt la fin, chère Mère, je sens maintenant qu'elle approche-
Pourtant elle ne viendra pas avant l'arrivée de votre père, reprit la maîtresse ; je ne saurais dire combien j'en suis certaine.
Il viendra aujourd'hui alors, Mère, car au coucher du soleil je serai loin d'ici.
Qu'est-ce qui vous donne cette pensée, ma chère enfant ? Il me semble que vous êtes plus forte que vous étiez hier soir.
•Te le crois aussi, et pourtant je suis certaine que l'heure approche. La nuit dernière j'ai eu un songe.
Un songe, mon enfant ! seulement un songe ! mais c'est folie ; vous savez bien qu'on ne doit pas ajouter foi aux songes.
Jamais je ne l'ai fait avant aujourd'hui! Mère. Au contraire, mon défaut a été toujours de ne pas croire assez Mais ce songe me poursuit de sa radieuse beauté. Il est dans ma tête et dans mon coeur et il exerce sur mon esprit une irrésistible attraction.
Alors supposons que vous me le disiez.
Ce sera peut-être le meilleur moyen île le chasser de votre imagination.
Ce n'est pas nés facile, reprit Augustirie, car tout cela semble appartenir entièrement aux choses de l'autre monde, .le
pensais à mon père, poursuivit-elle, et je calculais en moi-même, avec tristesse, le nombre de jours qu'il fallait encore pour qu'il lui fût possible d'arriver. Soudain il me vint à la pensée que, si après tout Dieu m'appelait à lui avant qu'il arrivât, ce serait pour moi quelques moments de plus au ciel et que ces moments fortunés seraient nécessairement une surabondante compensation même pour le bonheur de recevoir ici-bas mon pardon avant de mourir. Cette pensée m'apporta le calme et la joie et peu après je m'endormis. Oui je suppose que j'ai dû m'endormir, quoiqu'il me semble que j'étais aussi éveillée et aussi consciente de moi-même que maintenant. Mais endormie ou éveillée, n'importe, il me sembla que j'étais sur le bord d'une rivière profonde et rapide. Les eaux en étaient sombres, sombres à me faire frémir, car elles me rappelèrent l'horreur de ces autres eaux où, sans la divine miséricorde, j'aurais depuis long-temps trouvé mon éternelle réprobation. Moitié attirée et moitié repoussée, je fixai mes yeux sur le courant rapide quand une voix qui semblait venir d'en haut, me dit doucement : Regarde plus loin, regarde au-delà! J'obéis et jetant, par-dessus les flots mon regard, je vis de l'autre côté une terre plus belle que tout ce que j'ai jamais vu, même dans mon entance sous le ciel ensoleillé des tropiques. Je ne puis pas dire, je ne puis même pas me rappeler, quand je l'essaie, les détails exacts de cette scène merveilleuse. Il y avait là, je crois, des massifs d'arbres dont les cimes lançaient des faisceaux de lumière, des plaines immenses et des fleurs. ... et tout cela donnait à cette terre une beauté et un attrait mille fois plus grands que tout ce que la terre peut produire de beau et d'attrayant. Des eaux jaillissantes, des arbres portant des fruits de toute espèce et de toute couleur, éblouissant sur les branches ployantes ; des oiseaux aux plumes brillantes, passant comme des rubis étincelants à travers les rameaux fleuris. La brise m'apportait, par-dessus les flots, des parfums d'une douceur et d'une suavité toutes célestes, et le murmure de plusieurs voix, semblable aux accords d'une lointaine harmonie, arrivait doucement à mon oreille ravie. Je ne vis pas de soleil et pourtant la plaine était baignée, inondée plutôt d'une vive lumière, plus brillante mais plus douce et moins fatigante pour les veux, que celle du plus radieux soleil d'été. Je pensai à cette cité dont il est écrit que " l'agneau en est la lumière.'' Et comme je réfléchissais sur cette pat oie, je vis une forme qui glissait rapidement à travers les
fleurs et qui vint se placer en face de moi, au bord des flots, sur la rive opposée.
Même vue de cette distance, la beauté de cet être surhumain était ravissante. Sa robe était blanche comme la neige, et les longues tresses de cheveux, qui tombaient en boucles d'or sur ses épaules, paraissaient avoir été tissues à même les rayons du soleil. Je regardais, ivre de bonheur, quand elle leva la main et me fit signe comme pour m'inviter à aller à elle. Dans mon impatience j'allais m'élancer dans les flots sombres pour traverser, quand une voix, la même que j'avais entendue déjà, sembla murmurer à mon oreille : " Pas encore."
Mais quand donc, m'écriai-je avec angoisse ? Quand donc ? Et une voix claire et distincte répondit : " Ce soir."
" Ce soir " semblait trop loin à mes dé sirs impatients ; je me mis à pleurer, et pendant que je pleurais mes yeux fascinés restaient fixés sur la radieuse figure de l'autre côté.
Soudain elle se retourna et alors je vis., ô Mère, qu'ai-je vu en ce moment ?... Cette face sublime en beauté, ces yeux si pleins d'amour lorsqu'elle tomba à ses pieds.
Dit-il en ce moment, " Marie ! " et répondit-elle " Rabboni " ? Je n'en sais rien, je ne puis le dire ! Je tombai à genoux, je tendis les bras. Mon coeur lui cria de me permettre d'aller le chercher moi aussi sur ce rivage et alors, • Mère, alors enfin, je crois qu'il me regarda — il me regarda comme il venait de la regarder et j'entendis " Ce soir." Mère ! je sais que vous allez me dire que tout ceci n'est qu'un rêve. Je le crois aussi, mais je ne puis me soustraire à l'impression qu'il a faite sur mon âme ; je ne puis me défendre de la pensée que ce rêve signifie ce qu'il signifiait alors ; c'est-à-dire que ce soir je m'en vais à Dieu.
Et le désirez-vous réellement ? Rappelez-vous qu'en ce cas il peut se faire que vous ne voyiez pas votre père ici-bas, reprit Soeur M. de Ste-Madeleine, après un moment de silence, pour permettre à Augustine de se remettre, car dans son excitation elle avait parlé avec tant de volubilité qu'elle était au bout de sa respiration et de ses forces. Le désirez-vous réellement ?
Ma Mère, je le désire Comment pourrait-il en être autrement ? Mais je désire aussi voir mon père ; pourtant pas de la même manière et avec le même empressement. C'est peut-être plus pour sa consolation à lui quand je serai morte, que pour toute satisfaction personnelle.
Bien ! ma chère enfant, je suis heureuse de vous voir dans cette sainte indifférence.
Pourtant quelque chose me dit que vous n'aurez pas à faire ce nouveau sacrifice. Dieu a opéré déjà en votre faveur tant de merveilles qu'il mettra le comble, j'en suis sûre, à ses divines libéralités, et qu'il donnera, à votre pauvre père, la suprême consolation de vous voir et de vous bénir sur la terre. S'il en est ainsi tout sera bien pour l'un et pour l'autre.
Et sinon, ce sera encore bien, reprit la mourante. Comme les pensées changent en face de la mort, continua-t-elle faiblement, comme en se parlant à elle-même, et comme la terre, avec toutes ses joies et ses douleurs, paraît petite, quand on la considère à la lumière de l'Eternité ! Mon pauvre père va pleurer amèrement, je le sais, s'il me trouve morte à son arrivée, et peut-être, à cause de ce court instant de douleur en cette vie mortelle, jouira-t-il, pendant toute l'Eternité, d'un degré de gloire et de bonheur de plus dans le ciel. Ainsi pour lui aussi bien que pour moi, je le répète avec toute la sincérité de mon coeur : Que la volonté de Dieu soit faite et non la mienne.
Amen ! répondit la maîtresse. Et maintenant, chère enfant, je dois vous imposer silence et vous condamner au repos, car vous aurez besoin de toutes vos forces pour la cérémonie de votre profession. Ainsi restez tranquille pour ne pas vous fatiguer.
Un radieux sourire illumina la pâle figure d'Augustine lorsque sa maîtresse lui parla de sa profession, et ce sourire ne s'effaça plus, pendant les longues heures de langueur et de souffrance, qui s'écoulèrent jusqu'au moment fixé pour la cérémonie.
Pendant ce temps Sr M. de Ste-Madeleine s'occupa à tout préparer pour ce bienheureux moment. La chambre fut décorée de fleurs nouvelles. Les parfums du dehors arrivaient par la fenêtre entr" ouverte et rappelaient à Augustine, comme elle en fit la remarque à Soeur M. de Ste- Madeleine, son rêve joyeux. Le petit autel, en face du lit, fut orné de roses rouges et blanches, qui brillaient à travers d'innombrables lumières ; des roses rouges et blanches, les couleurs du divin Epoux qui l'avait choisie pour épouse, et qui allait ce jour même contracter avec elle une alliance éternelle. Quand tout fui prêt, Augustine demanda à être adossé" dans son lit avec des oreillers, <-t alors la petite communauté tles Madeleines entra avec leur Maîtresse et se rangea autour du lit. Plusieurs Mères, en Compagnie de Soeur Assistante <. | t i i remplaçait la Supérieure malade, étaient aussi présentes) et an plus grand nombre
• étaient dans la pièce attenant à l'infirmerie, unissanl leurs prières et leurs
supplications aux intentions de la mourante.
L'aumônier qui, tant de fois, pendant sa maladie, avait consolé et réconforté son âme était debout, devant l'autel, prêt à recevoir les voeux de la nouvelle Madeleine. D'un côté du lit était Soeur Assistante, de l'autre la première Maîtresse des Madeleines, mais chose digne de remarque, c'était encore à Soeur M. de Ste-Madeleine qu'était échue la tâche de soutenir la malade pendant la courte mais touchante cérémonie de la profession, comme si la Providence eût voulu ratifier son sacrifice, en la faisant jusqu'à la fin la compagne et le soutien de la chère âme pour- qui elle avait tant prié.
A peine Augustine avait-elle prononcé .
ses voeux et reçu, le sourire sur les lèvres et la joie dans les yeux, la couronne d'épines que les Madeleines portent le jour de leur profession, en mémoire de celle qui ensanglanta le front de leur Divin Maître, qu'on entendit frapper un coup léger à la porte, et une soeur tourière entra précipitamment et vint dire quelques mots à l'oreille de Soeur M. de St-Vincent. Si bas qu'eut lieu cette conversation, Augustine en comprit le sens et elle s'écria :
Mon père ! il est arrivé, n'est-ce pas, chère Mère ?
Oui, mon enfant. Remerciez Dieu de ce qu'il est encore temps.
Tout juste ! tout juste ! dit Augustine avec effort. Dites-lui de se hâter.
Ce n'était pas'la peine. Il était déjà à la porte. Augustine ne l'eût pas plutôt aperçu, que mue par une force surhumaine, elle se leva de son lit, et avant même qu'on eut pu deviner sa pensée, elle tomba à genoux et s'écria d'une voix éteinte et brisée de douleur :
— " Mon père, j'ai péché contre le ciel et contre vous; je ne suis plus digne d'être appelée votre enfant."
Le major Grey s'inclina la prit avec amour dans ses bras tremblants d'émotion, mais il ne reçut en retour aucun signe de vii\ aucune marque d'effection. L'effort qu'elle venait défaire avait été trop violent pour ses forces et elle était tombée comme morte.
Mon Dieu ! murmura le pauvre père, en regardant la figure décolorée de son enfant, et son front couronné d épines, pendant qu'il la replaçait sur son lit. Mon Dieu ! elle est morte et c'est moi qui l'ai tuée !
Mais elle n'était pas morte Quelques
minutes après elle ouvrit les yeux, et il y avait dans son regard tout un monde de Supplication quand elle murmura :
Mon Père ! dites seulement que vous me pardonnez.
De tout mon coeur, de toute mon âme, ma fille, comme j'espère que Dieu me pardonnera à mon tour.
Et ma soeur ? et ma mère ? murmura-telle encore.
C"était la première fois, depuis le mariage du major Grey, qu'elle s'était servi de ce nom de Mère pour désigner la seconde femme de son père. Le pauvre père en lut ému jusqu'aux larmes.
Merci, mon enfant, dit-il, votre mère et votre soeur vous présentent leurs amitiés. Elles m'auraient accompagné avec bonheur, mais il n'y avait pas de temps.
Pas de temps! Non certes, pas de temps! murmura Augustine. Elle essaya de parler encore, mais la respiration manqua et elle dut s'arrêter.
Elle resta ainsi pendant quelques minutes, sa tête défaillante appuyée sur l'épaule de son père, tandis que Soeur M. de Ste- Madeleine la supportait, à moitié assise, dans ses oreillers. Cependant la vie s'en allait rapidement, et le père lui-même suggéra a Soeur Assistante de réciter les prières des agonisants. On achevait déjà les litanies, et Augustine écoutait paisiblement, paraissant s'unir de coeur à chacune des invocations. Tout-à-coup elle se souleva un peu sur son lit et étendit la main.
Qu'y a-t-il, mon enfant, demanda Soeur de Ste-Madeleine, qu'y a-t-il? Mais Augustine ne répondit pas. Ses joues et son front se colorèrent vivement, son oeil bleu s'ouvrit tout grand, et sembla boire à longs traits, dans l'espace, les enivrements de la félicité. " Rabboni, " dit-elle enfin d'une voix distincte, et elle ferma les yeux. Sa tête retomba sur l'épaule de son père ; — une expression indéfinissable de bonheur sur ses traits pâles et décolorés, un sourire de paix et de félicité se jouant encore sur ses lèvres, et c'était tout, elle était morte. L'enfant perdue était retrouvée ; elle était rendue enfin d'une manière définitive à son père et à son Dieu.
Il y eut un long silence qu'interrompirent seulement les sanglots du pauvre père. Miné par de longues et cruelles anxiétés, épuisé par plusieurs jours et plusieurs nuits d'un voyage précipité, il s'était affaissé complètement, et pleurait avec tout l'abandon d'un enfant. Soeur M. de Ste-Madeleine le conduisit à un oratoire, dans une pièce voisine, et le laissa, pendant quelques moments, à sa douleur, mais au bout d'un quart d'heure environ, elle retourna, et le touchant légèrement à l'é-
paule, elle lui fit signe de la suivre de nouveau à 1 infirmerie.
Dans l'intervalle, on avait préparé, avec une respectueuse attention, le lit mortuaire où sa pauvre enfant allait dormir son dernier sommeil. En la voyant dans le silène e et l'immobilité de la mort, la couronne d'épines au front, avec ses mains jointes, pressant encore la simple feuille contenant la formule des voeux, on eut dit un marbre souriant, chtf d'oeuvre de statuaire, avec une expression de paix et de bonheur que le marbre pourtant ne connut jamais, et que jamais non plus ne rêva le génie, même à ses heures de plus sublime inspiration.
Regardez, murmura Soeur M. de Ste- Madeleine à travers ses larmes, regardez, cher Major, et dites-moi si tout n'est pas bien maintenant.
Le major Grey fixa attentivement ses yeux sur cette figure où le ciel semblait déjà se refléter, et, d'une voix attendrie et pleine de gratitude, il dit doucement :
Dieu m'est témoin, Lucie, que pas même pour la voir couronner reine de tout l'univers, je ne voudrais enlever ces épines de son front et l'éveiller de ce sommeil de joie. Oui, Henriette, mon enfant ! ma chère en/ant ! murmura-t-il doucement, grande comme a été ma douleur en vous perdant, plus grande encore est la joie de mon coeur en vous retrouvant ici à jamais sauvée.
Oui sauvée, répéta Lucie. Si vous connaissiez quelle vie elle a menée pendant cette année, quel amour, quelle pénitence elle a offerte au ciel, à deux genoux vous remercieriez Dieu tous les jours de votre vie de vous avoir donné une telle enfant. Et à vous, Lucie, ne dois-je pas quelque chose aussi, dit-il en se tournant tout-àcoup vers elle ? • Je ne puis pas vous remercier, je trouve pas de parole pour rendre les sentiments de mon âme reconnaissante, ajouta-t-il d'une voix brisée par l'émotion ; mais si la bénédiction d'un vieillard peut avoir quelque efficacité, le patriarche Isaac lui-même n'aura pas fait descendre sur son fils Jacob une plus ample moisson de bénédictions que celle que je prie Dieu de verser sur vous, sur vous dont les prières et les sacrifices, je le crois aussi fermement que si un ange du ciel venait me l'assurer, ont obtenu le salut de mon enfant.
Lucie ne répondit pas ; son coeur était trop plein pour qu'elle pût parler ; mais lorsqu'elle attira doucement le major Grey en dehors de la chambre mortuaire, elle sentit dans son âme quelque chose de ce
centuple promis, même en ce monde, à ceux qui quittent tout pour suivre Jésus- Christ. Et ce ne fut pas simplement une impression passagère, car ce sentiment ne s'effaça jamais complètement de son âme, se ravivant de temps en temps avec un redoublement d'intensité, chaque fois surtout que, dans la suite, elle pensait à Henriette et comparait l'état présent de béatitude où elle se la représentait dans le ciel, avec celui qui aurait pu être son partage, si elle n'eût pas trouvé sur son chemin le
couvent du Bon-Pasteur, qui a été, non seulement pour elle, mais pour des centaines d'autres dans la même position, si véritablement, —
" La Maison de V Enfant perdue"