‹ Celles qu'on respecte; comédie en trois actesChapitre 10 sur 24 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

HENRI

Ouf!... Enfin!... Libre!... En voilà encore un mot qui sonne bien ! (Un temps.) Quand je pense que je vais pouvoir aller aux courses tout seul!... Il n'y a pas à dire, ça c'est une veine ou je ne m'y connais pas. Et puis, plus de questions, plus de conseils, plus de morale : « Ne joue pas trop, sois raisonnable, sois sage. »

Fini!... je n'entendrai plus ça!... (Un

temps et en se levant.) iVh! UOm d'uU petit

bonhomme, ça été dur tout de même.

J'ai cru que je n'y arriverais jamais, je ne me figurais pas que c'était si difficile de dire à une femme : « Faut nous

quitter, je ne l'aime plus, je n'ai plus qu'une grande affection pour toi. » (Un temps.) Quand Margot faisait ses malles, là, devant moi, en pleurant, j'ai senti que j'allais presque céder... Au fond, ça prouve que j'ai bon cœur, voilà tout.

(Il se lève, va à la cheminée ^ Oh ! puis quoi, Ça

ne pouvait pas durer plus longtemps.

(Un temps. Il se regarde dans la glace, il met sa fleur.)

Je ne sais pas à quoi ça tient, mais il me semble que j'ai rajeuni de cinq ans aujourd'hui... J'ai une rude mine! (Un temps.) En somme, avec Marguerite, je suis absolument tranquille, elle a de l'amour-propre comme pas une, elle ne reviendra plus m'ennuyer...

Oui, c'est une affaire bien terminée.

(Un temps.) Dire qu'elle n'a pas voulu accepter ça, pas un sou !... Àh ! non.

ce qu'elle est fîère... c'est rare chez les

femmes. (Un temps et l'air songeur.) PaUVre

fille, c'était une bonne créature, douce, dévouée, désintéressée... Que peut-elle faire en ce moment? (vivement.) Ah ! n'y pensons plus, ça me ficherait la guigne.

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