CHAPITRE XII
Des ports, el de la maçonnerie qui se fait dans l'eau.
La commodité des ports est une chose assez importante pour nous obliger à expliquer ici par quel art on les peut rendre capables de mettre les vaisseaux à couvert des tempêtes. Il n'y a rien de si aisé quand la nature du lieu s’y rencontre favorable, et qu’il se trouve des hauteurs et des promontoires qui s’avancent, et laissent au milieu un lieu naturellement courbé : car il n’y a plus alors qu'à construire autour du port des portiques, des arsenaux et des passages pour aller du port dans les marchés, et à élever des tours aux deux extrémités d'où l’on puisse tendre des chaînes, au moyen de machines qui les soutiennent. Mais si l'endroit n’est pas naturellement convenable pour abriter les vaisseaux et les défendre contre la tempête, voici ce que l’on peut faire, pourvu qu'il n’y ait point de fleuve qui en empêche et que la profondeur soit suffisante d’un côté : il faut bâtir de l’autre côté un môle qui s’avance dans la mer et qui enferme le port. La manière de bâtir le môle qui s’avance dans l’eau est celle-ci : Il faut faire apporter de
letæ prodeuntes exercentur. Facinnda autem xysta sic videntur, ut sint inter duas porticussylvæ aut platanones, et in his perficiantur inter arbores ambulationes, ibique ex opere signino stationes. Post xystum autem stadium ita figuratum, ut possint hominum copiæ cum laxamento athletas certantes spectare.
Quæ in mœnibus necessaria videbantur esse, ut apte disponantur , perscripsi.
CAPUT XII
De portibus el structuris in aqua faciendis.
De opportunitate autem portuum non est prætermitiendum, sed quibus rationibus tueantur naves in his ab tempestatibus, explicandum. Hi autem naturaliter si sint bene positi, habeantque acroteria sive promontoria proeurreutia , ex quibus introrsus curvaturæ sive versuræ ex loci natura fuerint conformatæ , maximas utilitates videntur habere. Circum enim porticus sive navalia sunt facienda, sive ex porlicibus aditus ad emporia, turresque ex utraque parte collocandæ , ex quibus catenæ traduci per machinas possint. Sin autem non naturalem locum neque idoneum ad tuendas ab tempestatibus naves habuerimus, ita vide- {ur esse faciendum , uti si nullum flumen in his locis impedierit, sed erit ex una parte statio, tunc ex altera parte structuris sive aggeribus expediantur progressus, et
cette poudre qui se trouve dans les lieux compris entre Cumes et le promontoire de Minerve : on fait un mortier composé des deux tiers de cette poudreetd’untiersde chaux. Ensuite, à laplace ou l’on veut bâtir le môle, on enfonce dans la mer etl'on affermitsolidementune enceinte de poteaux rainés, et attachés ensemble par de forts liens ; on remplit après cela les entre-deux avec des ais; après avoir égalisé le fond et ôté ce qui pourrait nuire dans l’espace compris entre les pieux. La propriété de la poudre dont il a été parlé est telle, qu'il n’y aura qu’à jeter le mortier qui en sera fait, et à l’entasser avec les pierres jusqu’à ce que l’on ait ainsi rempli tout l’espace qui aura été destiné pour le môle. Mais si l'agitation de la mer est telle que l’on ne puisse suffisamment arrêter ces poteaux , il faudra bâtir dans la terre même, au bord de la mer, un massif qui s'élève jusqu’au niveau de la terre, en sorte néanmoins qu'il n’y en ait pas la moitié à niveau , parce que Pautre partie qui est la plus proche de la mer doit être en talus. Ensuite on bâtira, tant du côté de l’eau que des deux côtés du massif, des rebords d'environ un pied et demi, jusqu’à la hauteur de la partie du massif qui est à niveau avec le sol, ainsi qu'il a été dit; et on remplira de sable le creux du talus jusqu’au haut des rebords. Cette esplanade étant faite, on bâtira dessus une masse de maçonnerie de la grandeur que l’on jugera suffisante, et, l'ayant laissée sécher au moins pendant deux mois, on abattra les rebords qui soutiennent le sable, et le sable étant emporté par les vagues , laissera tomber et glisser cette masse dans la mer; par ce moyen, on pourra peu
ita conformandæ portuum conclusiones. Eæ autem structuræ, quæ in aqua sunt futuræ, videntur sic esse faciendæ, uli portetur pulvis a regionibus, quæ sunt a Cumis continuatæ ad promontorium Minervæ , isque miscealur uti in mortario duo ad unum respondeant. Deinde tune in eo loco, qui definitus erit, arcæ stipitibus robusteis et catenis inclusæ in aquam demittendæ destinandæque firmiter ; deinde inter eas ex transtillis inferior pars sub aqua exæquanda et purganda , et cæmentis ex mortario materia mixta ( quemadmodum supra scriptum est ) ibicongerendum , donieum compleatur structuræ spatium o quod fuerit inter arcas. Sin autem propter fluctus aut impetus aperti pelagi destinæ arcas non potuerint continere, tunc ab ipsa terra sive crepidine pulvinus quam firmissime struatur; isque pulvinus exæquata struatur planitie minus quam dimidiæ partis; reliquum, quod est proxime littus , proclinatum lafus habeat. Deinde ad ipsam aquam et latera pulvino circiter sesquipedales margines struantur æquilibres ei planitiæ, quæ supra scripta est. Tune proclinalio ea impleatur arena, et exæquetur cum margine et planitia pulvini : deinde insuper eam exæquationem pila quam magna constitula fuerit, ibi struatur, eaque cum erit extructa, relinquatur ne minns duo menses, ut siccescat : tunc autem succidatur margo, quæ sustinet erenam : ita arepa fluctibus subruta efficiet in mare pilæ præcipitationem. Hac ratione quotiescunque opus fuerit,
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à peu s'avancer dans la mer autant qu'il sera nécessaire. Dans les endroits où l’on ne pourra pas se procurer cette poudre, on emploiera ce moyen : Onenfoncera dans la mer, autour de l’espace qu'on aura choisi, de doubles rangées de poteaux liés et consolidés ensemble, comme il a été dit; et l'on remplira les intervalles de ces doubles rangs avec de l'argile mise dans des sacs faits d'herbes de marais, et que l’on aura bien battus pour les bien affermir ; et alors, avec des machines hydrauliques faites en limaçon, avec des roues ou des tympans, on videra l'eau qui est entre ces deux digues. Puis, dans cet espace qui aura été desséché, on creusera les fondements jusqu’au solide, si l’on creuse dans la terre; et on les bâtira de libages joints avec de la chaux et du sable, les faisant plus larges que je mur qu’ils doivent soutenir. Si le terrain n’est pas ferme, on y enfoncera des pilotis d’aune à demi brülés, ou d’olivier, ou de chêne, dont les intervalles seront remplis de charbon, comme il a été dit en parlant des fondements des théâtres et des autres murailles. Là-dessus on élèvera le mur de pierres de taille, dont celles qu'on posera en boutisses auront le plus de longueur possible, afin que celles qui sont entre les boutisses soient plus fermement liées ; on remplira le dedans du mur avec du mortier fait de chaux et de cailloux, ou avec de la maconnerie ; ce qui formera une masse assez forte pour soutenir une tour, si on veut en bâtir une dessus. Ce travail étant achevé, on aura soin, en bâtissant les arsenaux pour les navires, de les tourner vers le septentrion; car l'aspect du midi, à cause de la
in aquam poterit esse progressus. Hoc autem munus naturale habent ea loca, quæ supra scripta sunt. In quibus autem locis pulvis non nascitur , his rationibus eril faciendum , uti arcæ duplices relatis tabulis et catenis colligatæ in eo loco, qui finitus erit, constituantur, et inter destinas creta eronibus ex ulva palustri factis calcetur. Cum ita bene calcatum et quam densissime fuerit, tunccochleis, wotis , tympanis collocatis, locus qui in ea septione finilus fuerit, exinaniatur sicceturque, et ibi inter sepliones fundamenta fodiantur. Si terrena erunt, usque ad solidum crassiora quam qui murus supra futurus erit exiuaniatur, sicceturque, et tune structura ex cæmentis calce et arena compleatur. Sin autem mollis locus erit, palis ustulatis alneis aut oleagineis [ aut robusteis ] configatur , et carbonibus compleatur, quemadmodum in theatrorum et muri fundationibus est scriptum. Deinde tune quadrato saxo murus ducatur juncturis quam longissimis , uti maxime medii lapides coagmentis contineantur. une qui locus erit inter murum, ruderalione sive structura compleatur, Ita erit, uli possit turris insuper ædificari. His perfectis , pavaliorum ea erit ratio, ut constituantur spectantia maxime ad septentrionem ; nam meridianæ regiones propler æstus cariem, tineam, teredines, reliquaque bestiarum nocentium genera procreant alendoque conservant : eaque ædificia minime sunt materianda propter incendia. De maguitudine autem finilio nulla debet esse, sed faciunda ad
chaleur, est sujet à engendrer et à entretenir les vers et les autres insectes qui carient le bois. Il faut aussi se donner de garde de les couvrir de bois, de crainte du feu : leur grandeur ne saurait être définie; mais elle doit être capable de contenir aisément les plus grands vaisseaux.
Après avoir enseigné dans ce livre tout ce que j'ai jugé être nécessaire et utile aux villes en ce qui regarde la perfection des édifices publics, je me propose de traiter, dans celui qui suit, des usages et des proportions des bâtiments qui se font pour les particuliers.