CHAPITRE XI
Commentil fautbatirles palestres etles xystes.
Bien que les palestres ne soient pasen usage en Italie, je ne laisserai pas de‘direici comment elles doivent être bâties, et de quelle manière les Grecs ont coutume de les faire. Dans les palestres, il faut faire des péristyles carrés ou longs, qui aient deux stades de tour, qui est ce que les Grecs appellentdiaulon(1). Troisdes portiques de ce péristyle doivent être simples’; et le quatrième, qui regarde le midi, doit être double ,'afin que le vent ne puisse pousser la pluie jusqu’au fond. Le long des trois autres portiques, on bâtit de grandes salles (2), où sont plusieurs bancs sur lesquels viennent s’asseoir les philosophes, les rhéteurs et les autres gens delettres, pour y discuter sur les sciences. Le long du double portique doivent se trouver les pièces suivantes : au milieu, l’éphiebeum(3), qui est une salle spacieuse et garnie de siéges ;elle est plus longue de la troisième partie qu’elle n’est large; à sa droite est le coriceum ou jeu de paume, et ensuite le conisterium (A) : près de là et dans l’angle du portique, est le bain d’eau froide, que les Grecs appellent /outros(5). Au côté gauche de l’éphébeum, est l’e/æothesium(6), près duquel est la chambre froide d'où l'on va par un passage au propnigeum (7), quiest
(tr) Long comme une flûte. — (2) Lien pour les jeunes garçons, — (3) Lieu où s’exerçaient les jeunes gens. — (4) Le magasin de la
poussière. — (5) Le lavoir. — (6) Le lieu où l'huile était serrée. — (7) L'avant-fourneau.
cujus reductiones et demissiones perficietur sudationis temperatura; ipsumque ad circinum feri oportere videtur, ut æqualiter a medio flammæ vaporisque vis per curvaturæ rotundationes pervagelur.
De palæstrarum ædificatione et xystis.
Nunc mihi videtur, tametsi non sint Italicæ consuetudinis, palæstrarum ædificationes tradere tamen explicate, et quemadmodum apud Græcos constituantur monstrare. In palæstris peristylia quadrata sive oblonga ita sunt facienda , uti duorum stadiorum babeant ambulationis circuitionem, quod Græci vocant êtavlov ; ex quibus tres porticeus simplices disponantur, quarlaque, quæ ad meridiapas regiones est conversa, duplex ; uti cum tempestales ventosæ sunt, non possit aspergo in interiorem partem pervenire. Constituantur autem in tribus porticibus exedræ spatiosæ, babentes sedes, in quibus philosophi, rhetores , reliquique qui studiis delectantur sedentes disputare possint. In duplici autem porticu collocentur hæc membra, ephebeum in Medio ; hoc autem est exedra amplissima cum sedibus , quæ tertia parte longior sit quam lata : sub dextro coryceum : deinde proxime conisterium : a conisterio in vergura porticus frigida lavatio, quam Græcioütpoy vocitant :
dans le retour de l’autre portique. Tout proche de là en dedans, et en face de la chambre froide, est l’étuve voüûtée pour faire suer; cette pièce doit être deux fois pluslongue que large. Dans l’intérieur, sur le côté, setrouve le laconicum, bâti de la même manière qu’il a déjà été dit. A l’opposite du laconicum, est le bain d’eau chaude. C’est ainsi que les péristyles de la palestre doivent être disposés. Il y a de plus en dehors trois autres portiques, dans l’un desquels on entre en sortant du péristyle. Les deux autres sont à droite et à gauche, et on peut s’y exercer comme dans le stade. Celui de ces portiques qui regarde le septentrion doit être doubleet fort large; l’autre sera simple, mais construit de telle sorteque, le long du mur et le long des colonnes, il y aura comme des chemins élevés, larges de dix pieds, qui laisseront au milieu un autre chemin bas, où l’on descendra par deux degrés, qui occuperont un pied et demi depuis le chemin haut jusqu’au chemin bas, lequel n’aura pas moins de douze pieds. Par ce moyen, ceux qui se promèneront avec leurs vêtements sur ces chemins hauts ne seront point incommodés par ceux qui s’exerceront dans le bas. Cette sorte de portique est appelée æystos par les Grecs, d'autant qu'il forme un stade couvertoù les athlètes peuvent s’exercer pendant l'hiver. Pour bien faire ces xystes, on fait entre les deux portiques une plantation de platanes avoc des allées , dans lesquelles on place, d'espace en espace, des siéges en maçonnerie de mortier de chaux etde ciment. Le long du xyste couvert et du double portique, il faudra tracer des allées découvertes, que les Grecs appellent peridromidas (1), et qui sont nos xystes décou-
(4) Fait pour courir tout alentour.
ad sinistram ephebei elæothesium : proxime autem elæothesium frigidarium, ab eoque iter in propnigeum in versura porticus : proxime autem introrsus e regione frigidarii collocetur concamerata sudatio, longitudine duplex quam latitudine, quæ haheat in versuris ex una parte Laconicum, ad eundem modum nti supra scriptum est compositum : ex adverso Laconici caldam lavationem. In palæstra peristylia, quemadmodum supra scriptum est, ita debent esse perfecte distributa. Extra autem disponantur porticus tres, una ex peristylio exeuntibus, duæ dexira atque sinistra stadiatæ ; ex quibus una quæ spectaverit ad septentrionem, perliciatur duplex, amplissima latitudine; alteræ simplices, ita factæ, uti in partibus, quæ fuerint circa parietes et quæ erunt ad columnas, margines habeant uti semitas non minus pedum dennm, mediumque excavatum, uti gradus bini sint in descensu a marginibus sesquipedem ad planitiem; quæ planities sit ne minus pedes XEL. Ta qui vestiti ambulaverint cireum in marginibus non impedientur ab unctis seexercentibus. Hæc autem porticus Ëvotôc apud Græcos vocitatur, quod athletæ per hiberna tempora in tectis stadiis exercentur. Proxime autem xystum et duplicem porticum designentur hypæthræ ambulationes, quas Græei rapaôpouiôxs, nostri xysta appellant, in quas per hiemem ex xysto sereno cœla ath-
verts; c'est là que les athlètes s'exercent en hiver, quand il fait beau temps. Au delà de ce xyste, il faut bâtir un stade assez ample pour contenir beaucoup de monde, qui puisse voir à l'aise !es exercices des athlètes.
Voilà ce que j'avais à dire touchant la disposition des édifices qui se font dans l’enceinte des murs d’une ville.