LIVRE IV
De earum generum varietate. Vitruve parle, dans le troisième livre, des genres des temples en deux manières. Dans le premier chapitre, il a trailé des genres qui appartienpent particulièrement aux temples, dont il a fait sept espèces, qui sont celui à antes, le prostyle, l'amphiprostyle, le périptère, le pseudodiptère, le diptère et lhypæthre ; établissant leurs différences sur les diverses dispositions de -eurs parties, qui sont le dedans du temple, le pronaos, le posticum et les colonnes, sans avoir égard aux proportions des colonnes , ni à leurs ornements. Dans le deuxième et dans le troisième chapitre, il a parlé des genres qui sont communs aux temples et aux antres édifices, qu’il a encore divisés en deux espèces, dont les différences sont prises de la disposition ou de la proportion des colonnes. Suivant les différentes dispositions des colonnes, il a fait cinq espèces d’édifices , établies sur les différences des entre-colonnements, qui sont le pycnostyle, le systyle, le diastyle, l’aræostyle et l’eustyle. Des différences de la proportion des parties des colonnes, et de leurs ornements, 1l a fait trois autres espèces , que les architectes ont appelées ordres, qui sont, le dorique, l’ionique et le corinthien.
L'ordre d'architecture, suivant celte division de genre d'architecture, peut être défini une règle pour la proportion des colonnes, et pour le caractère et la figure de certaines parties qui leur conviennent, selon les proportions différentes qu’elles ont. La proportion des colonnes prend ses différences de leur grossièreté ou de leur délicatesse ; et la figure des membres particuliers qui leur conviennent suivant leurs proportions prend ses différences de la simplicité ou de la richesse des ornements de leurs chapiteaux, de leurs bases, de leurs cannelures et de leurs modillons ou mutules. Ainsi, dans les trois ordres, le dorique , qui est le plus massif, a dans toutes ses parties une grossièreté et une simplicité qui le distinguent des autres; car son chapiteau n’a ni volutes, ni feuillages, ni caulicoles ; sa base, quand on lui en donne une, est composée de tores fort gros, sans astragales et avec une seule scotie; ses cannelures sont plates, et en moindre nombre qu’aux autres ordres ; et ses mutules ne sont que comme un simple tailloir sans console et sans feuillage. Au contraire, le co-
rinthien a, dans son chapiteau, plusieurs ornements délicats, que la sculpture lui donne en y taillant deux rangs de belles feuilles au nombre de seize, d’où sortent autant de petites branches ou caulicoles, recouvertes par autant de volutes. Sa base, du moins celle que les modernes ont inventée depuis Vitruve, est enrichie de deux astragales et d’une double scotie, qui sont des parties qui manquent à la base attique, qu’on donne ordinairement à l'ordre dorique; et ses modillons sont délicatement faillés en consoles, qui sont ornés de feuillages pareils à ceux du chapiteau. Les ornements de l’ordre ionique sont moyens entre les extrémilés des deux autres ordres, sa base étant par le bas sans tore , son chapiteau n'ayant point de feuilles , et sa corniche n’ayant que des denticules, ou bien des modillons.
Chap. I. Tertia pars crassitudinis columnarum. faut entendre que cette hauteur du chapiteau ne comprend pas ce qui pend des volutes au-dessous de l’astragale, mais seulement ce qui est au-dessus, parce qu’il s’agit ici de comparer la hauteur de chapiteau avec la hauteur du füt de la colonne; ce qni ne se pourrait pas faire si l’on considérait la hauteur du chapileau entière, dont une partie anticipe sur le fût. 11 faut encore remarquer que la proportion que Vitruve donne ne doit pas être prise au juste, mais seulement à peu près; car le chapiteau, sans ses volutes, a quelque chose de plus que le tiers du diamètre du bas de la colonne.
Corinthii tota crassitudo scapi. Pline dit la même chose de la hauteur du chapiteau corinthien. Serlio dit que dans tous les chapiteaux corinthiens qu’il a mesurés il n’en a point trouvé où le tambour, sans le tailloir, ne fût plus haut que le diamètre du bas de la colonne, et que cela lui fait croire que le texte de Vitruve est corrompu. Toutefois Vitruve déclare un peu plus bas, dans le même chapitre, que le tailloir est compris dans cette grandeur du diamètre de la colonne.
Effciunt excelsitate speciem earum graciliorem. Toute cette hauteur ne va qu'à neuf diamètres et une sixième partie de diamètre, parce que la colonne corinthienne, selon Vitruve, n’était plus haute que l’ionique que de ce que le chapiteau corinthien était plus haut que l'ionique : or, la colonne ionique avait en tont huit diamètres et demi; et son chapiteau n'avait que le tiers du diamètre de la colonne : de sorte que le chapiteau corinthien, qui avait de hauteur le diamètre tout entier, ne pouvait donner à la colonne corinthienne de plus qu’à l'ionique que deux tiers de diamètre, qui, joint à huit et demi, font neuf et un sixième.
Les colonnes des temples monoptères, dont il est parlé ci-après au chapitre sept, en avaient dix : il n’est point dit de quel ordre elles étaient; mais il y a apparence qu'elles devaient être corinthiennes, puisque Vilruve dit que la colonne corinthienne est la plus déliée de toutes. II se trouve que la plupart des colonnes de cet ordre, tant anciennes que modernes, ont cette hauteur, savoir, de dix fois leur diamètre. 11 y a néanmoins quelques-uns des architectes modernes, comme Palladio, qui n’ont suivi ni la proportion que Vitruve donne en ce chapitre à la colonne corinthienne, ni celle des temples monoptères, mais qui ont choisi une proportion moyenne en lui donnant neuf diamètres el demi.
Cetera membra. Ces autres membres sont l’architrave, la frise et la corniche. Je ne sache point que personne ait fait réflexion sur cet endroit de Vitruve, où il est, ce me semble, dit assez clairement que les anciens mettaient indifféremment sur les colonnes corinthiennes des entabiements tantôt doriques et tantôt ioniques. Ce qui a empêché de voir que cela est dans le texte, qui, selon la manière ordinaire de Vitruve, est, à la vérité, ici un peu obseur, est que nous n'avons point d'exemple de colonnes eorin-
thiennes qui aient un entablement dorique, de même qu’il nous en est resté qui en ont un ionique, ainsi qu’il se voit 2ux petits aulels dn Panthéon, au temple de Faustine et au portique de Septimius ; tous les exemples que l’on en pourrait fournir étant réduits à celui que Vitruve en donne dans les portiques qui étaient autour des ‘promenoirs que l'on faisait proche des théâtres, qui sont décrits ci-après au chapitre neuvième du cinquième livre, où il y a des colonnes doriques mêlées avec des corinthiennes qui soutienuent un entablement dorique. Mais comme il ne nous reste point de ces sortes de portiques, non plus que, de beaucoup d’autres choses dont Vitruve a parlé, qu’on ne doit point douter néanmoins avoir été de son temps, je pense qu’il n’y a point d’inconvénient à croire que, du temps de Vitruve, il y a eu des édifices, même autres que ces portiques, où les colonnes corinthiennes avaient des entablements doriques. Dans des figures de Ruscori, on voit un chapiteau corinthien sous un entablement dorique : mais comme nous n'avons point l'explication de ces figures, On ne peut être assuré quelle à été la pensée de cet auteur, et s’il s’est fondé sur le texte de Vitruve ou sur : quelque fragment antique.
Sed aut e triglyphorum rationibus mutuli coronis. Les mutules de l’ordre dorique, que Vitruve dit convenir aux triglyphes, sont apparemment ceux que J. B. Alberti a décrites, que Pyrrho Ligorio a trouvés à des fragments antiques près d’Albano, qu'on dit avoir été premièrement mis en œuvre par Bramante, et que Vignole a donnés dans son livre d'architecture, comme étant pris sur le modèle de plusieurs ouvrages antiques fort approuvés. Les mutules sont un membre carré, mis au-dessus de chaque triglyphe qui soutient le larmier. Vitruve, dans la description qu'il donne de la corniche dorique, n’en fait aucune mention; il met seulement au droit des triglyphes, à la place des mutules, trois rangs de gouttes, attachées sous le plat-fond du larmier : néanmoins, dans le chapitre qui suit, de même qu'ici, il joint les triglyphes avec les mutules. La vérité est que les corniches où il y a des mutules ont plus de grâce que les autres, qui sont trop petites pour la grande frise qu’a l'ordre dorique ; car les mutules augmentent beaucoup la saillie et la hauteur de cette corniche.
Cum denticulis. De même que le membre de moulure appelé échine, à cause de la forme de châtaigne qu’il a quand il est taillé, ainsi qu’il a été dit ci-devant, ne laisse pas d’être ainsi appelé dans le chapiteau dorique, quoiqu'il ne soit point taillé, il y a aussi apparence que le membre carré, qui d'ordinaire est recoupé en l’ordre ionique, peut être appelé denticule, bien qu'il ne soit pas recoupé ; et on peut croire que Vitruve a entendu qu'il ne soit point taillé dans la corniche corinthienne quand elle a des modillons, puisqu'il déclare, au chapitre qui suit, qu’on n’a jamais vu dans les ouvrages des Grecs des denticules au-dessous des modillons, c’est-à-dire des denticules taillés. C’est pourquoi, quand il est dit que la corniche corinthienne n’a rien de particulier, cela se doit entendre de celle qui est sans modillon, dans laquelle le membre carré du denticule est coupé et taillé comme à la corniche ionique; ce qui à été pratiqué excellemment au premier ordre du dedans de la cour du Louvre.
Cum eliamnum non esset symmetriarum ratio nola. 11 y a au texte cum non esset symmetriarum ratio nala. Celte expression de Vitruve semble favoriser l'opinion de la plus grande partie des architectes, qui croient que les proportions des membres de l'architecture sont quelque chose de naturel, telles que sont les proportions des grandeurs, par exemple, des astres, à l'égard les uns des autres, où des parties du corps humain. Pour moi, j'ai traduit suivant la pensée que j'ai que ces proportions ont été établies par un consentement des architectes, qui,
{ ainsi que Vitruve témoigne Iu-même, ont imité les ouvrages les uns des autres, et qui ont suivi les proportions que les premiers avaient choisies ; non point comme ayant une beauté positive, nécessaire et convaincante, et qui surpassât la beauté des autres proportions, comme la beauté d’un diamant surpasse celle d’un caillou, mais seulement parce que ces proportions se trouvaient en des ouvrages qui, ayant d’ailleurs d’autres beautés positives et convaincantes, telles que sont celles de la matière et de la justesse de l'exécution , ont fait approuver et aimer la beauté de ces proportions, bien qu’elle n’eût rien de positif. Cette raison d'aimer les choses par compagnie et par accoutumance se rencontre presque dans toutes les choses qui plaisent, bien qu’on ne le croie pas, faute d’y avoir fait réflexion.
Dimensi sunt virilis pedis vestigium, etc. Il a déjà été remarqué qu’il ne se trouve point que dans les hommes de notre siècle le pied soit la sixième partie de sa hauteur, car il est tout au moins la septième ; et cette proportion de sept à un approche davantage de la proportion qui est or= dinaire à l’ordre dorique, que ne fait la proportion de six à un.
Et cymatiis et encarpis. 1 y a apparence que le tailloir du chapiteau ionique est signifié par ces cymaises. Pour ce qui estdes gousses, j'ai ainsi interprété le mot encarpi, qui signifie en grec cet amas de fruits que les sculpteurs et les peintres feignent être pendus et attachés par desrubans , et que l’on appelle vulgairement fes{ons. Tous les interprètes disent bien ce que c’est que encarpi en général ; mais ils n’expliquent point ce que c’est dans la volute ionique. Je ne sais si Michel-Ange, qui a mis des festons dans le chapiteau ionique qu’ila inventé, s’est fondé sur cet endroit de Vitruve; mais il est certain qu’il n’y en avait poini dans le chapiteau antique ; et je ne crois pas que ces fruits que Vitruve désigne par le mot encarpi puissent être autre chose que les petites gousses qui sont dans les faces des chapiteaux ioniques, trois dans le coin de chaque volute, et couchées sur les oves qui sont taillés dans le quart de rond ou échine,
Gracilioribus modulis delectati. I faut entendre icl par modules les diamètres du bas de la colonne, et que le diamètre est appelé petit par rapport à la hauteur de la co- +, lonne, qui, plus elle à de fois la grandeur de son diamètre, et plus ce diamètre est pelit, si on le compare au diamètre d’une colonne moins haute de la mème hauteur, et qui sera moins de fois dans cette hauteur.
Septem crassitudinis diametros. I paraît encore par là que les proportions des membres d'architecture n’ont point une beauté qui ait un fondement tellement positif qu’il soit de la condition des choses naturelles, et pareil à celui de la beauté des accords de la musique, qui plaisent à cause d’une proportion certaine et immuable, qui ne dépend point de la fantaisie. Car la proportion qui fut premièrement donnée à la colonne dorique et à l’ionique a été changée ensuite, et pourrait encore l'être sans choquer ni le bon sens ni la raison. J1 n’y a que le goût des intelligents qui aurait de la peine à souffrir ce changement, parce que ceux qui sont accoutnmés aux anciennes proportions se sont formé une idée du beau dans ce genre de choses, qui tient lieu d’une règle posilive, et d'une loi que l'usage et la coutume sont capables d'établir avec un pouvoir égal à celui qu’ils ont d’altribuer à quelques-unes des lois politiques une autorité aussi inviolable que peut être celle que le droit et l'équité donnent à toutes les autres; quoique celles-ci soient fondées sur l'équité et sur la raison, et lesautres seulement sur la volonté de ceux qui les imposent, et sur le consentement de ceux qui les reçoivent et qui s’y soumeltent.
Acanthiradicem. Celle plante, qui ést appelée branca ursina en latin, à-cause qu’on dit que ses feuilles res-
semblent aux pieds d’un ours, est appelée acanthos en grec, parce qu'une de ses espèces est épineuse et ressemble à un chardon. Car il y a deux espèces d’acanthes : savoir, lasauvage, qui est l’épineuse, et la cultivée, qui est sans épines, et qui est peut-êlre pour cela appelée mollis par Virgile. C’est de cette dernière que les sculpteurs grecs ont pris les ornements de leurs ouvrages, de même que les gothiques ont imité l’autre, qui est épineuse non-seulement dans leurs chapiteaux, mais aussi dans leurs autres ornements.
Mais ilest à remarquer que les architectes romains n’ont pas imité les ouvrages de Callimachus dans leur chapiteau corinthien ; car ils y ont mis le plus souvent des feuilles qui sont fort différentes de celles d’acanthe, qu'ils ont réservées pour l’ordre composile, ainsi qu’il se voit en l’arc de Titus. Ces feuilles sont bien plus profondément refendues, et on les appelle feuilles d’olivier ou de laurier quand elles sont fort grandes : ce que l’on peut dire être fait tout au contraire de ce qui devrait être, parce que les volutes corinthiennes, qui, comme il a été dit, sont formées des Liges d’une herbe, ne sauraient être faites par des branches d’un arbre tel qu’est le laurier ou l'olivier ; et le chapiteau composite, dont les volntes ne naissent point des feuillages, mais qui sortent du vase, pouvait avec plus de raison souffrir et admettre ces feuilles de laurier. Cette pratique des architectes anciens, qui n’est point selon Vitruve, a fait écrire à Villalpande que Fhistoire de Callimachus est fabuleuse, et que les Grecs n’ont point inventé le chapiteau corinthien, mais qu’ils en ont pris le modèle sur le temple de Salomon, où les chapiteaux étaient ornés, à ce qu’il dit, de feuilles de palmes, auxquelles les feuilles qu’on appelle d’olivier ressemblent mieux qu’à celles d’acanthe, qu'il prétend n’avoir jamais été mises dans les chapiteaux corinthiens par les anciens. Néanmoins, le contraire se remarque dans plusieurs chapiteaux qui se voient encore dans la Grèce, et même aux colonnes des Tutelles, à Bordeaux, où les chapiteaux corinthiens ont des feuilles d’acanthe.
Catatechnos. Pline dit que Callimachus fut appelé Cakizotechnos, c'est-à-dire qui ne se flatte point dans l’amour qu’il a pour son ouvrage, mais qui ne le trouve ja-
mais assez bien fait à sa fantaisie. C’est l'explication que Pline donne à ce mot. On pourrait néanmoins croire qu’il signiferait aussi ce que nous appelons un vétilleux, c’està-dire un ouvrier qui gâte son ouvrage à force de le vouloir polir et achever trop curieusement. C’est Pline lui-même qui me donne cette pensée, quand il parle des statues que ce sculpteur fit de deux danseuses, auxquelles il dit que la trop grande recherche avait ôté toute la grâce qu’il avait voulu leur donner.
Symmetriasque constiluit ex eo... distribuit rationes. Je traduis par les proportions et la manière, symmetrias etrationes :il est pourtant vrai que la rencontre des feuilles de la plante d’acanthe sur le panier qui servit de modèle à Callimaches ne lui fournit pas les proportions du chapiteau corinthien, mais seulement l'invention de la figure et de son caractère ; et cela fait voir combien le mot de symmetria a de différentes significalions dans Vitruve.
Tantæ du sint diagonioi ab angulo ad angulum. Cela est obscur, parce que le tailloir du chapiteau corinthien a huit angles , à cause qu'il est coupé par les quatre coins, et que cetle coupure fait quatre petites faces, lesquelles ont chacune deux coins. Et il n’est pas aisé de savoir si Vitruve entend par les angles le milieu des pelites faces, et qu'il veuille que cette diagonale, qui a deux fois la hauteur du chapiteau, c'est-à-dire deux fois le diamètre du bas de la colonne, aille du milieu d’une des petites faces à l'autre, ainsi que Palladio, Vignole et Scamozzi l'ont pratiqué; ou s’il entend que les coins du carré dont les
deux diamètres du bas de la colonne font la diagonale, étant coupés , fassent les quatre petites faces. Il y a pourtant apparence que la dernière explication est la meilleure, parce que de l’autre manière le lailloir serait trop large à proportion de la hauteur du chapiteau; ce qui ne se rencontre pas aux chapiteaux faits depuis Vitruve, qui, étant plus hauts que lesanciens , se trouvent mieux proportionnés avec un tailloir plus large. Comme Vitruve ne parle point de reconper les coins du tailloir, on pourrait douter s’il waurait pas eu intention que les tailloirs fussent aigus par leurs coins, ainsi qu’ils sont au temple de Vesta à Rome, et en quelques autres anciens édifices.
Frontes quoquoversus. J'ai cru que frontes quoquoversus, qui signifie les faces de tous les côtés, pouvait être traduit es faces des quatre côtés, parce qu'il y a quatre côtés.
Apothesin. La plupart de nos ouvriers appellent congé la retraite qui se fait en dedans par un trait concave, depuis un filet du petit carré pour aller gagner le nu. Quelques uns l’appellent chanfrein. Apothesis, en grec, signifie l’action par laquelle on retire quelque chose à part pour la serrer. Le mot grec apophygis, dont Vitruve se sert ensuite au septième chapitre de ce livre, pour exprimer la même chose, et qui signifie fuite, est encore plus significatif. Et c’est par cette raison que les peintres appellent fuite ce qui paraît rentrer au dedans du tableau. Alberti appelle nectrum le carré ou filet dont la fuite ou retraite se fait vers le nu de la colonne, et il dit que ce mot signifie une bandelette dont .on lie les cheveux.
Cauliculi. Ce mot signifie de petiles liges. Elles sont ordinairement cannelées, et quelquefois torses. A l’endroit où elles commencent à jeter les feuilles qui produisent et soutiennent les volutes, elles ont un lien en forme d’une double couronne. Il faut remarquer que, sous le nom de caulicoles, Vitruve:comprend ici non-seulement les tiges cannelées, mais encore les feuilles qui en naissent, et les volutes qui sortent des feuilles.
Folia nascuntur projecta. Il n’est pas vrai que les feuilles des tigettes soutiennent le tailloir, car ce sont les volates, lesquelles sont immédiatement sous le tailloir ; et les extrémités des feuilles recourbées soutiennent les volutes.
Ex cauliculis natæ procurrunt ad extremos angulos volutæ. Le texte en cet endroit est corrompu : j’ai suivi la correction que Philauder en a faite.
Minoresque helices. Ces autres volutes plus petites et appelées Aelices, c'est-à-dire entortillées, supposent qu'il y en a d’autres plus grandes , dont il n’a point été parlé; mais il est aisé d’entendre que ce sont celles des coins, qui sont beaucoup plus grandes.
Intra suum medium floribus. J'ai interprété par rose ce qui est appelé f/ores par Vilruve , parce que le mot de fleur n’est pas en usage pour expliquer cette partie du chapiteau corinthien.
Flores. quanta erit abaci crassiludo, tam magni formentur. Cela n’est point observé dans l'antique, où la rose est toujours plus large que le tailloir n’est épais, parce qu’elle descend jusqu’au-dessous du rebord du panier ou tambour.
Sunt autem, quæ iisdem columnis imponuntur capitulorum genera. Ceci s'entend, à mon avis, du chapiteau de l’ordre composite, qui est fait de l'assemblage des parties des autres chapiteaux , comme de celles de l'ionique, dont il emprunte l’échine et les volutes, et de celles du corinthien, dont il a les feuillages. Ceux qui prétendent, avec Philander, que Vitruve n’a point parlé de l'ordre composite, se fondent sur ce qu’il a dit que la diversité des ornements du chapiteau ne change point l'espèce de la colonne ; comme si la différence spécifique des colonnes consistait dans la proportion de leur hauteur, à comparaison de
leur grosseur. Mais cette raison ne doit point empêcher qu’il ue soit vrai de dire que Vitruve a traité de l’ordre composite aussi bien que du corinthien , puisque, selon Vitruve , Pordre corinthien n’est différent de l’ionique que par le chapiteau; et qu'il est vrai que le seul changement des ornements du chapiteau peut faire un ordre différent, bien que la proportion de toute la colonne ne soit en rien changée : car les ordres composites qui nous restent des anciens , tels que sont ceux de l'arc de Titus et de celui de Vérone, w’ont rien dans leurs colonnes qui soit différent de l’ordre corinthien , que les ornements du chapiteau. Cependant, Philander dit que l’ordre composite n’a été introduit que longtemps après Vitruve, bien que lon tienne que le baptistère de Constantin , qui est d'ordre composite, a été bâti des ruines d’édifices très-anciens , et que le temple de Ja Concorde, dont on voit encore des restes à Rome, a élé fait par Camillus , qui vivait longtemps avant Vitruve. Or, les colonnes de ce temple tiennent du dorique et de l'ionique, ce qui les peut faire passer pour composites : si ce n’est que Philander entende par ordre composite un certain ordre réglé, qui est celui qu’on appelle autrement italique, et non pas tout ce qui participe de plusieurs autres ordres; ce qui fait que quelques-uns nomment ces ordres composés, qui peuvent être infinis, et les distinguent du composite, qui est un ordre fixé, et qui a une figure et des proportions certaines, et élablies dans un grand nombre de fameux édifices.
Chap. II. De ornamentis eorum. Vitruve entend ici, comme en plusieurs autres endroits, par ornements des cotonnes l'architrave, la frise et la corniche, qui est ce qu’en français on appelle l'entablement ou le couronnement, quoique ce soit très-improprement que le nom d’ornements des colonnes a été donné à des parlies qui sont des plus essentielles dans les bâtiments, et sans lesquelles les colonnes mêmes n’y sauraient être ; car ornefhent ne se peut proprement entendre que des choses qui sont ajoutées aux membres essentiels, telles que sont la sculpture, dont on taille les frises, et les moulures des architraves, des corniches, des bases , des tailloirs, etc.
In œdificiis omnibus. Cela s'entend des édifices communs , et non pas des grands et magnifiques, où l’architrave, la frise et la corniche sont de pierre, mais dont toutes les parties sont faites à limitation de ceux qui sont composés de plusieurs pièces de bois. Il est pourtant vrai qu’en plusieurs temples les architraves qui servaient de travées en dedans des péristyles étaient de bois ; et au superbe temple qu'Hérode fit bâtir en Jérusalem, les architraves étaient de bois de cèdre, au rapport de Josèphe.
Parastaticas. Les antes, que nous avons déjà appelées pilastres , et les parastatæ, que nous appelons ici piedsdroits, ne sont le plus souvent qu’une même chose. On y peut pourtant mettre cette différence , que le mot de antæ convient mieux aux pilastres plats, qui ne montrent que la partie du devant, parce que ante signifie devant ; et celui de parastatæ aux pieds-droits, qui sont des piliers carrés, ou qui sortent du mur de la moitié ou des deux tiers du carré, ainsi qu’il a été expliqué sur le premier chapitre du troisième livre.
Si majora spatia’sunt. Les charpentiers font de deux sortes de combles, conformément à la doctrine de Vitruve : les uns sont avec exhaussement sur l'entablement, que Vitruve appelle fecta ubi majora spalia sunl; les autres sont sans exhaussement, appelés tecla commoda. Dans les premiers, le poinçon , appelé co/umen , est sous le faitage appelé culmen, dont les tenons s’assemblent dans des mortaises. 11 a des entraits appelés {ranstra, et des contrefiches appelées capreoli.
Dans l’autre comble qui est sans exhaussement, le poinçon descend avec les forces, appelées cantherii, jusqu’au
NOTES SUR YITRUVE, LIV. IV
droit de l’entablement. Sur les forces , il y a les pannes, appelées templa ; les pannes soutiennent les chevrons, appelés asseres.
L’assemblage qui est composé des forces, des entraits et du poinçon, s’appelle une ferme.
Columen. Tous les interprètes par columen ont entendu le faitage, parce qu'ils n’ont pas considéré que Vitruve distingue columen de culmen, qui sont des mots que les grammairiens à la vérité prennent indifféremment l’un pour l'autre, mais qui signifient ici des choses différentes; car culmen où faitage est une longue pièce de bois qui se pose à niveau au haut du toit; et columen ou poinçon est une autre pièce de bois qui se pose à plomb, et qui soutient le culmen. C’est pourquoi Vitruve dit que le mot de columna vient de columen ; et on peut dire que columen vient de culmen qu’il soutient, de même que culmen est ainsi appelé à cause qu'il a dessus soi le culmus, qui vient de calamus, c’est-à-dire, le chaume fait du tuyau qui porte l’épi de blé, les premiers toits ayant été couverts de chaume.
Or, il y a deux choses qui font voir que, bien que Vitruve prenne quelquefois columen pour ce faîtage , comme au septième chapitre de ce livre, il est pourtant certain qu’il le prend en cet endroit-ci pour le poinçon, et non pas pour le faitage : la première est que le faîtage ne fait point l'office d’une colonne comme le poinçon ; la seconde, que le texte dit que columen et cantherii sunt aliquando prominentes ad extremam subgrundationem , c’est-àdire que le colwmen et les forces descendent quelquefois jusqu’au droit de l’entablement, ce que le faitage ne saurail jamais faire.
Transtra. J'interprète par enfraifs le mot transtra, qui signifie en général toutes les pièces de bois qui traversent et lient deux parties opposées, mais que nos charpentiers appellent particulièrement enfraits, dans les couvertures. ,
Capreoli. Quelques interprètes croient que le mot capreoli est dérivé de celui qui signifie les entortillements par lesquels les sarments des vignes s’accrochent; mais il doit être réputé venir de la ressemblance des cornes de chèvre, qui, s’écartant à droite et à gauche, sont représentées par ce qui s’appelle contrefiches. Le mot français” de chevrons a beaucoup de rapport avec capreoli ; mais il signifie autre chose.
Cantherii. Les forces sont des pièces de bois qui sont appelées cantheri en latin, parce que cantherius signifie un cheval de somme, el,que ces pièces de bois, comme des chevaux, portent toute la couverture. 11 y a apparence que le mot français chantier vient de cantherius.
Il faut néanmoins considérer que toutes ces difficultés ne sont fondées que sur la disposition des toits des anciens, qui était différente de la disposition des nôtres , et qui fait que les forces, les pannes et les chevrons y pourraient faire des effets qu'ils ne peuvent faire dans nos édifices ; car les toits des anciens étant bas, et n’ayant pas une pente droite comme les nôtres , les forces étaient couchées; en sorte qu’appuyant presque également sur le fattage et sur l’entablement , et non pas sur des poutres ou tirants comme en nos toits, elles pouvaient sortir hors de l'entablement, et descendre, ainsi que Vitruve dit, #sque ad extremam subgrundationem , sans être en danger de glisser en bas pour peu qu'elles fussent attachées en faîlage; et ainsi elles pouvaient faire le même effet queles chevrons, et produire les mutules dans l’ordre dorique et les modillons dans le corinthien; de même que les bouts des chevrons produisent les denticules dans l’ordre ionique. Faute d’avoir fait cette réflexion sur la différente disposition de nos toits et de ceux des anciens, quelques-uns ont prétendu qu’il fallait que cantheri parmi les anciens fussent les chevrons , et /empla les lattes, et que asseres
fussent des ais posés entre les lattes et les tuiles. Mais il n'ya rien de si clair que asseres doivent être les chevrons, et non pas les lattes, puisque les lattes, que les anciens appelaient ambrices, étaient posées entre les membrures qu'ils appelaient asseres et les tuiles. Festus Pompeius définit ainsi les tuiles : Ambrices sunt regulæ que transversæ asseribus et tequlis interponuntur. Que si l’on trouve qu’en quelques endroits de cette traduclion il soit dit que les mutules et les modillons représentent les bouts des chevrons, il fant entendre que cela est dit conformément à l’idée que l’on a de nos toits, dans lesquels les chevrons seuls sont capables de sortir de l’entablement.
Pour ce qui est de l’objection qu’on peut faire, savoir, que les modillons sont trop près à près pour représenter les forces, qui sont beaucoup plus loin à loin que les chevrons, la réponse est qu’il ne s’agit pas de cette proportion, mais d'attribuer aux parties qui, comme les modillons et les denticules , font des saillies dans les corniches, les pièces de bois qui peuvent faire ces saillies en descendant de la couverture. Or, n’y ayant que les forces et les chevrons qui puissent faire ces sortes de saillies, il est certain que ‘es forces, comparées aux chevrons, ne peuvent représenter autre chose que læ modillons, et que les denticules, par la même raison, doivent être pris pour les bouts des chevrons ; car, pour ce qui est du peu de rapport qu'il y a entre {a fréquence des modillons et la rareté des forces, le même inconvénient se trouverait aux triglypbes, qui ne laissent pas de représenter le bout des poutres, quoiqu’ils soient bien plus près à près que les poutres, qui ne portent que sur les colonnes, y ayant deux et quelquefois trois triglyphes entre chaque colonne. De sorte qu’il faut concevoir que les modillons qui sont au droit des colonnes sont les seuls qui représentent les bouts des forces, et que ceux qui sont entre deux y sont ajoutés pour la bienséance, de mème que les triglyphes.
Asseres. Asseres sont, à ce que dit Budée, ce qu’on appelle en français les membrures, qui sont des pièces de bois refendues de la largeur de moins de quatre pouces, qui est proprement le bois qui sert à faire les che- Yrons.
Inter tigna struxerunt. Ces espaces , qui sont appelés intertignia, sont appelés mélopes un peu après.
Uti nunc fiunt triglyphi. On a dit sur le deuxième chapitre du premier livre ce que c’est que triglyphes , el pourquoi il est ainsi appelé.
Postea alii in aliis operibus. Vitruve entend parler ici des mutules; et je ne sais pas pourquoi, dans le chapitre suivant, où il donne la description et les proportions de l'ordre dorique , il ne parle point de ces mutules.
la e cantheriorum projecturis. 11 est difficile de comprendre , ainsi qu’il a été dit, comment, dans notre manière de bâtir, les forces peuvent avoir des saillies en
. dehors, parce que leur principal usage étant de porter toute la couverture, il est impossible qu’elles aient la force qui leur est nécessaire pour cela, si elles ne sont fermement appuyées sur les poutres ou sur les plates-formes; ce qui ne saurait être, si elles ont des saillies en dehors. Rusconi a ajusté cela dans sa figure, d’une facon fort étrange; car, pour faire sortir le bout des forces, il fait qu'il n’y a rien de si faible que ces forces, n’élant appuyées que sur de petits billots. Ainsi, dans nos bâtiments, les chevrons sont les seules pièces qui puissent avoir cette saillie, parce quil n’y a que ces sortes de pièces qui se puissent passer d’être appuyées par en bas, les chevrons étant assemblés par Lenons et morlaises au-dessus du faîtage, et chevillés sur les pannes. EL il semble qu'il y aurait plus de raison de dire que ce sont les bouts des chevrons qui représentent les modillons, parce que leur nombre et leur grandeur a bien plus de rapport avec les chevrons qu'avec les forces, qui sout des pièces de bois dont la grosseur n’a
point de proportion avec les modillons. Mais toutes ces difficultés ne sont fondées, ainsi qu'il a été dit, que sur l'idée que nous avons de nos bâtiments, qui est différente de celle des bâtiments des anciens.
Mutuli inclinati. N ne nous reste point d’exemple de cette manière de mutules penchants et inclinés. Philander assure qu'il ne s’en trouve point. Les gouttes qui sont sous le larmier de la corniche de l’ordre dorique du théâtre de Marcellus sont inclinées de cette manière; mais ces gouttes ne passent pas pour des mutules dans cette corniche.
Contraque tetrantes columnarum. Tetras en grec et tetrans enlatin signifient, non le quart d’une chose, maisla chose divisée en quatre par le moyen d’une croix.
Metopæ nominantur. Le mot grec metopon signifie la partie basse du front qui est entre les sourcils , lorsque ce mot est écrit avec un w; mais mélope écrit avec un o signifie ce qui est entre deux cavernes, parce que opes avec
, un w signifie les yeux , et opé avec un o un trou, ou une
caverne.
Columbaria. faut cinq mots francais pour expliquer ce mot latin, parce que columba signifie un pigeon, qui fait ordinairement son nid dans les trous qu’on a laissés aux murailles, quand on en a ôté les boulins ou solives qui avaient servi à faire les échafauds quand on les a maçonnées.
In operibus. J'ai ajouté de charpenterie, bien que ces mots ne soient pas dans le texte, parce qu’il est aisé de voir qu'ils doivent être sous-entendus , si on fait attention à ce que l’auteur veut dire.
Denticuliex projecturis asserum habent imitationem. J. Martin a interprété cantherü, les chevrons, et asseres, des bouts d'ais crénelés. Jocundus aussi fait entendre par sa figure, et par l'explication qu'il a mise à la marge, qu’il prend asseres pour des ais qui sont mis en travers sur les chevrons. Mais la crénelure n'étant point dans le texte, celte interprétation ne peut être reçue. D'ailleurs, les pièces que Vitruve appelle asseres ne peuvent être posées en travers, parce qu'il est dit, à la fin du chapitre, que leurs extrémités ne sauraient sortir aux frontons pour y représenter des denticules, mais seulement aux entablements ; ce qu’ils feraient bien néanmoins s'ils étaient mis en travers comme nos lattes, qui sortiraient bien dans les frontons. De plus, ilest dit, au commencement du chapitre, que cantheri, qui sont les forces, soutiennent ce qui en cet endraitlà est appelé {empla, qui sont les pannes sur lesquelles on pose les chevrons, dont les bouts représentent les denticules, de même que les bouts des forces représentent les modillons ; et ce qui rend cela vraisemblable, est la proportion des jambes de force aux chevrons, et leur disposition, qui a beaucoup de rapport à la proportion et à la disposition des modillons et des denticules.
[taque in græcis operibus nemo sub mutulo denticulos constituit. La règle que Vitruve donne pour les mutules se doit aussi étendre aux modillons. Les Romains n’ont pas suivi cette règle des Grecs, et à Rome on voit des denticules sous les modillons aux anciens bâtiments, hormis au Panthéon, où celte règle est religieusement observée partout, tant au portique qu’au dedans. Vitruve ne dit point comment les Grecs s’abstenaient de mettre des denticules sous les modillons, savoir si c'était en ne taillant point de denticules dans un membre capable de ces entailles, comme on a fait au Panthéon , ou en les mettant au-dessus des modillons , suivant la raison qu’il apporte. Il y a apparence que, quand ils mettaient des denticules, ils ne mettaient point de modillons, Mais je crois que l’on ne taillait point les denticules dans les corniches, où il y avait des modillons ; parce que les modillons étant taillés de feuillages et de volutes, on était obligé de tailler aussi le quart de rond et les autres membres de moulure, au milieu desquels est le membre carré du denticule, qui avait meil-
leure grâce n'étant point taillé, pour éviter la confusion que tant d'ornements de suite pouvaient causer. Cela est ainsi au Panthéon.
Antiqui non probaverunt…… in fasligiis denticulos fieri. Cette règle a encore été négligée par les Romains et par les modernes, qui ont presque toujours fait les corniches des frontons avec des modillons comme celles de dessous. Il y a un exemple de celte manière des Grecs en la ville de Schisi, que Palladio rapporte, où la corniche penchante du fronton est sans modillons, bien que les autres, qui sont à niveau, en aient; et la corniche de dessous est sans denticule. A la place des modillons au fronton, il y a une grande cymaise en doucine, recouverte de feuillages. :
Chap. II. De ralione dorica. L'ordre dorique, dont Vi: truve traite ici, n’est que pour les temples : il est grossier et massif; et il y en a un autre pour les portiques des théàtres plus léger et plus délicat, qui est décrit au neuvième, chapitre du cinquième livre.
Lacunariorum. Lacunaria signifie proprement les entre-deux des solives du plancher, ou tous les autres enfoncements qui sont dans les plafonds; iis sont ainsi appelés, à cause qu'ils sont creusés comme des lacs. On entend ici par Zacunaria le dessous du larmier de la corniche : et ordinairement tout ce qui est ainsi suspendu, et que les Italiens appellent soffto, est le lacunar des Latins. On verra, par ce qui est dit vers la fin du chapitre où ilest parlé de la distribution des parties qui composent les plafonds de la corniche dorique, quel est l'embarras que cette distribution peut causer.
Sed oblongiores triglyphi dimidia latitudine. La métope doit être plus longue de la moitié de la largeur du trielyphe, c’est-à-dire environ de la moitié de la largeur d'un triglyphe, parce qu'il y a quelque chose à dire que cette métope soit si grande, n’y ayant guère plus du tiers d’un triglyphe. Mais cette mesure certaine est mise pour une incertaine, parce qu’il n’est pas aisé de définir cette grandeur, dont la dernière métope devrait surpasser les autres , à cause que cela dépend de la diminution du haut de la colonne, à laquelle le nu de la frise doit répondre ; et cette diminution n’est pas toujours pareille, ainsi qu'il est dit au deuxième chapitre du troisième livre.
Je corrige le texte, et je lis me/opæ fiunt longiores triglyphi dimidia latitudine, au lieu de longiores triglyphis dimidia latitudine, ainsi qu’il se lit dans tous les exemplaires.
Intercolumnia extrema contrahunt triglyphi dimidia latitudine. I a encore fallu corriger cet endroit, où il y à dimidia altiludine pour dimidia latitudine. 11 n’a pas été difficile de s’apercevoir de la faute, parce qu'il estévident que cette grandeur de la moitié de la largeur d’un triglyphe ou environ, que la métope aurait de trop, est la même grandeur qu’il faudrait ôter au dernier entrecolonnement pour rendre la métope égale, et que a moitié de la hauteur serait une fois plus qu’il ne faut.
Frons ædis doricæ.... dividatur..….inpartes XXVIT, si hexastylos, XX XXII. Philander corrige cet endroit, et sa correction est conforme à mon manuscrit, où je trouve XX VE pour le tétrastyle, au lieu de XXVIIL, et XLIT pour V'hexastyle , au lieu de XLIV qui est dans tous les exemplaires imprimés avant Philander, qui dit que la même faute est aussi dans les manuscrits qu’il a vus. La faute est si visible, qu’il est impossible d'en douter : car la disposition des triglyphes, leur nombre, et la largeur des métopes, qui sont des mesures qui sont ici prescriles, font voir clairement que la chose ne saurait être autrement.
’Euéarns. Ce mot grec, que les grammairiens reconnaissent être fort ambigu, est particulier à l'architecture : mais personne ne sait pourquoi. Il signifie à la lettre une chose qui entre où qui marche; ce qui n’a point de rap-
port avec le module que Vitruve dit qu’il signifie, si ce n'est que, suivant là façon de parler par laquelle on dit que telles parties entrent dans la composition d’un tout, on dise aussi qu’un tel nombre de modules entre en une colonne ; car, bien que nous ne trouvions point d'exemple d’une pareille métaphore dans les auteurs grecs, il n’est pas impossible que quelqu'un s’en soit autrefois servi, les Grecs n’étant pas scrupuleux comme nous à ne point user de métapbores, qu’elles ne soient établies par un usage universel. Mais on peut encore dire que embates signifie le module, parce que le module est la mesure des membres de l'architecture, de même que le pied l’est de toutes les autres choses; ou bien parce que l’on mesure les distances en marchant.
Capituli crassitudo unius moduli. Dans les ouvrages doriques qui nous sont restés, et qui se réduisent presque tous au théâtre de Marcellns et au Colisée , les proportions du chapiteau dorique sont fort différentes de celles que Vitruve lui donne : la hauteur de tout le chapiteau au théâtre de Marcellus est plus grande qu’un module; au Colisée, elle est plus petite; en l’un et en l’autre de ces édifices, le tailloir a beaucoup plus que le tiers du chapiteau.
Lalitudo duorum et moduli sextæ partis. I y a dans tous les exemplaires moduli sextæ partis, la sixième partie d’un module : mais la faute est si manifeste, que je nai pu m'empêcher de corriger le texte suivant l'avis de Barbaro, qui dit seulement qu’il trouve cette proportion insupportable ; car il n’y a point d'apparence que le cha piteau dorique ait si peu de largeur que le texte de Vitruve lui en donne. Les chapiteaux qu’Alberti et Cataneo ont faits suivant ces mesures sont si étranges, que personne ne les peut souffrir; et je crois que l’occasion de cette faute est que dans l’exemplaire sur lequel on a copié celui dont on s’est servi pour la première impression, sur laquelle toutes celles que nous avons ont été faites, au lieu de capituli crassitudo unius moduli , latitudo duorum et sexlæ parlis, il y avait ef moduli S , c'est-à-dire semissis en abrégé, que le copiste a cru signifier sexéæ partis.
Crassitudo capituli dividatur in partes tres. Cette division en trois parties égales est méthodique et aisée à retenir. Les proportions des autres parties, dont ces trois premières sont composées, se peuvent prendre aussi en les divisant et les subdivisant encore toujours en trois; de manière que la première partie des trois, qui est pour le tailloir, étant diviséeen trois, on en donne une à la cymaise, qui est aussi divisée en trois, pour en donner deux au talon et une au filet. Tout de même la seconde partie, qui est pour le quart de rond etles annelets élant divisée en trois, on en donne deux au quart de rond , et la troisième &e divise encore en trois, dont chacune est pour chacun des annelets. Ces divisions si méthodiques sont apparemment celles suivant lesquelles les premiers inventeurs de l'ordre dorique en ont ordonné le chapiteau; et il est croyable que les architectes qui ont changé ces proportions dans le théâtre de Marcellus et dans le Colisée, ne l'ont point fait avec raison, mais seulement pour n’y avoir pas pris garde.
Allera echinus cum anulis. Le texte a echinus, qui est un mot qui a été expliqué ci-devant sur le troisième chapitre du troisième livre, où il a été remarqué que echinus ne signifie pas toujours un membre de moulure taillé en forme de châtaigne entr'ouverte, mais que bien souvent il se prend pour cemembre, quoiqu'il ne soit point taillé; et on l'appelle valgairement quart de rond. Les anciens l’appelaient aussi astragale lesbien, quand il était fort petit. Mais celui-ci, qui est fort grand, s'emploie aux grandes corniches corinthiennes et composiles, où on le met entre les modillons et les denticules ; on le met aussi aux chapiteaux doriques, ioniques et composites, et an le
place immédiatement sous le tailloir au dorique et au composite, et sous l’écorce ou canal à l’ionique.
Cum tænia. Tœænia, en grec et en latin, estun ruban ou bandelette. Elle est à l’architrave dorique ce que la cymaise est aux autres. Quelques architectes donnent ce même nom à la partie qui est au-dessus des triglyphes, et que Vitruve appelle leur chapiteau.
Et guttis. Sous la plate-bande au droit de chaque triglyphe, il y a six petits corps que les architectes appellent des gouttes, à cause de leur figure qu’on dit représenter les gouttes de l’eau qui, ayant coulé dans les gravures des triglyphes, pendent encore à la plate-bande. Cela peut être fondé sur ce qu’il a été dit ci-devant que les triglyphes, au temps de leur première invention, étaient couverts de cire; car, supposé qne l’humidité dun léger brouillard se fût attachée à tout un entablement composé d’architrave, frise et corniche, toutes ces parties qui étaient de bois devaient boire cette humidité, à la réserve seulement des triglyphes, qui, étant couverts de cire, étaient capables de la résoudre en eau ; de sorte qu’il peut être arrivé que l'architecte qui s’est avisé le premier de faire tailler des gouttes dans un architrave de pierre, en a pris le modèle sur celles qu'il vit pendre régulièrement au-dessous de chaque triglyphe ; de même que Callimachus inventa depuis le chapiteau corinthien, sur le modèle du panier revêtu des feuilles d’une plante d’acanthe qu’il vit par hasard sur le tombeau d’une jeune fille, ainsi qu’il a été dit.
Alberti croit que ce qu’on appelle des gouttes représente des clous ; mais cette pensée lui est particulière. On met encore de ces gouttes sous le plafond du larmier de la corniche au droit des triglyphes, au nombre de dix-huit. Phi. lander dit qu’elles sont différentes de celles des architraves, en ce que celles de la corniche sont coupées carrément pardessous, et que celles des architraves sont rondes comme la tête d’une toupie; mais cela ne se trouve point être vrai, les unes eties autres étant coupées carrément par-dessous. On pourrait les distinguer par une autre différence, qui est que celles des architraves sont quelquefois carrées en pyramide, et que celles des corniches sont toujours coniques.
Quand Vitruve dit que l’architrave doit avoir un module avec la plate-bande et les gouttes, il ne faut pas entendre que les gouttes ajoutent quelque chose à la hauteur de l’architrave joint à sa plate-bande, parce que les gouttes sont comprises dans la grandeur de l’architrave; mais il a dit Zaplate-bande et les gouttes, seulement pour laplatebande sous laquelle sont Les gouttes, pour la distinguer de la plate-bande qui fait le chapiteau du triglyphe.
Femur.Ce mot latinetle grec meros signifient une cuisse. 11 y a trois parties dans les triglyphes, qui sont ainsi appelées parce qu’elles sont droites comme trois pieds, jambes ou cuisses.
Semimetopia. Ce sont plutôt des portions de métopes que des demi-métopes ; car elles n'ont environ que le quart d’une métope.
Dimidia moduli latitudine. Letexte est fort corrompu en cetendroit : il y a àn extremis angulis semimetopia sint impressa, dimidia moduli latitudine, ’est-à-dire qu'il faut faire aux encoignures des demi-métopes qui aient la largeur d’un demi-module : mais il n’est point vrai que les portions de métopes qui sont aux encoignures aient la largeur d’un demi-module ; carilen fautretrancher ce que la colonne a de diminution du côté de l’encoignure, c’est-àdire, la moitié de toute la diminution. C’est pourquoi j’ai cru qu'il fallait corriger le texte, et lire : in extremis angulis semimetopia sint, suppressa dimidia contracturæ latitudine : car outre que le mot impressa n’a point ici de sens, celui de suppressa en donne un, qui établit la proportion de la métope dont il s’agit avec une entière exactitude.
Triglyphi capitula. Le membre qui estimmédiatement sur le friglyphe, que quelques-uns appellent £ænia ou plate-bande, est pris pour son chapiteau, parce qu'il a une saillie sur chaque triglyphe, quoiqu’en effet il doive être attribué à la corniche et non à la frise, n’y ayant aucune frise qui ait des moulures, parce que toutes les moulures d’un entablement appartiennent à l’architrave ou à la corniche.
Sexta parte moduli. Cette mesure ne se trouve pas avoir été suivie dans les ouvrages antiques, non plus que dans les modernes ; car dans les uns ce chapiteau du triglyphe a jusqu’à la cinquième partie d'un module; dans les autres, il n’en a pas la dixième.
Corona est collocanda in projectura dimidia etsexta parte. Cetle saillie est bien befite, Pour la rendre supportable, j'explique à la lettre la saillie du larmier, et je l’entends seulement de la soffite du larmier, à la prendre depuis la cymaise dorique qui est au-dessous du larmier, jusqu’à l’extrémité du larmier appelé la mouchette.
Ad medias melopas viarum directiones. Cette disposition des chemins et des espaces du plafond de la corniche dorique de Vitruve est fort différente de ce qui était en l'ordre dorique du théâtre de Marcellus, et qui se voit dans les parallèles de M. de Chambray; car il ne reste presque plus rien à Rom de cette corniche. La différence de ces corniches vient du peu de saillie que Vitruve donne à la sienne; car la grandeur de la saillie de celle du théàtre de Marcellus fait que les espaces qui sont au droit des métopes sont plus petits entre les chemins que ceux qui sont au droit des triglyphes. La raison de cela est qu’au théâtre de Marcellus les trois gouttes étant fort grandes À à cause de l’espace que la grande saillie leur donne, il s’ensuit que les six gouttes occupent aussi un fort grand espace. Par la même raison, les trois gouttes de l’ordre de Vitruve étant pelites et serrées, à cause du peu d’espace que Ja petitesse de la saillie de la corniche leur donne, il arrive que les six gouttes sont serrées à proportion ; et cela fait que l’espace qui est au droil des métopes est si grand, qu'il Pa fallu partager en deux, par le moyen du chemin qui est au droit du milieu des métopes : ce qui rend cette disposilion des chemins et des espaces des plafonds de la corniche dorique de Vitruve assez probable de la manière que je l'interprète, qui est que chacun des deux espaces qui soul au droit de la métope, et qui sont séparés par le chemin droit, est égal à l’espace qui est depuis le dernier triglyphe jusqu’à Pencoignure ; et il y a apparence que c'a été là-dessus que les premiers inventeurs de cette corniche en ont réglé la saillie, parce que c’est de cette saillie que dépend toute la disposition des parties du plafond, ainsi qu’il a été expliqué.
Pura relinquantur, aut fulmina scalpantur. Dans les membres d'architecture, il y en a où la sculpture est essentielle, tels que sont les chapiteaux corinthiens et les ioniques, les modillons, les triglyphes, etc. Il y en a d'autres où elle n’est point absolument nécessaire, comme au quart de rond des grandes corniches, où on n'est point obligé de tailler des oves; au denticule de la corniche corinthienne, où on peut s’abstenir de faire des découpures ; aux frises corinthiennes et ioniques, qu’on est libre de laisser pures ou de les enrichir de figures; aux métopes de l’ordre dorique, où on ne taille ni têtes de bœuf ni trophées, si on veut. Vitruve fail entendre ici que les espaces qui sont au droit des métopes sont du second genre, et que dans le plafond de la corniche dorique il n’y a point de sculpture essentiellement nécessaire que celle des gouttes; et cette senlpture de foudres que Vignole met dans la corniche dorique, non plus que les roses que Palladio et Scamozzi y font tailler, ne semblent pas bien convenir à la simplicité de l'ordre dorique, qui, comparé à l’ionique, où, pour tous ornements , la corniche n’a que les denticules, a trop de ri-
chesses pour un ordre qui est plus grossier que l’ionique; sice n’est qu’on voulût enrichir l’ionique à proportion, comme Palladio et Scamozzi ont fait en lui donnant des modillons, des roses, etc.
Ad ipsumque mentum. On appelle mouchette le petit rebord qui pend au larmier des corniches, qui est appelé mentum. Il est fait afin que Peau ne puisse couler plus bas.
Si vero systylon et monotriglyphon opus erit faciendum. Vitruve a mis le systyle au lieu du pyenostyle ; car l’entre-colonnement du sysiyle, qui dans l’ordre dorique serait de deux diamètres, qui font quatre modules, ne pourrait pas s’accorder avec les monotriglyphes, qui ne demandent que trois modules dans lentre-colonnement pour y avoir un triglyphe. L’excuse que Philander apporte ne me semble point recevable, qui est qu’en l’ordre dorique les proportions se peuvent prendre de l’entre-deux des triglyphes, au lieu que, dans les autres ordres, ils se prennent de l’entre-deux des colonnes ; de sorte qu’au lieu de infercolumnium, il voudrait qu'on dit mesotriglyphium : mais cela étant, il faudrait des noms particuliers aux genres des temples doriques , et les appeler pycnotriglyphes, syntriglyphes, diatriglyphes, aræotriglyphes et eutriglyphes, au lieu de pycnostyles, systyles, etc.
Dividatur in partes XVIII. Cet article doit être corrigé, de même que le précédent nombre cinq dans la note 5 du troisième chapitre, parce que la propurtion que les triglyphes, les colonnes et les entre-colonnements demandent, ne se rencontre pas si on ne mef, ainsi que jai fait, au lieu de vingt-trois parties, vingt-deux pour le monotriglyphe tétrastyle, et trente-deux au lieu de trente-cinq pour l'hexastyle; car il n’est pas difficile de juger que cette faute du texte vient de ce qu'un copiste a pu ajouter facilement un point aa chiffre de XXI, et qu'il a pris aussi le chiffre XXXXI pour XXXV, suivant ce qui a été dit touchant l’ancienne manière d'écrire, qui ne joignait point par en bas les deux parties qui font le caractère V, qui vaut cinq. Mais Philander en a usé autrement; caril met dix-neuf et demi pourile tétrastyle, et vingl-neuf et demi pour l’hexastyle, supposant qu’il ne doit y avoir que deux triglyphes à l’entre-colonnement du milieu; ce qui n’a aucun fondement, le contraire étant distinctement dans le texte de Vitruve, que Philander ne corrige point, et où il y a trois triglyphes et quatre métopes à l’entrecolonnement qui est sous le fronton ; outre que la correction que Philander fait en changeant le nombre de XXII en XIX S, et celui de XXX V en XXIXS, n’est point si vraisemblable que lechangement de XXIHII en XXII, et celui de XXXVenXXXII. Rusconi aété de celteopinion, etil a mis trois triglyphes dans l’une et dans l’autre figure de ses monotriglyphes à l’entre-colonnement du milieu. La vérité est néanmoins que la grande disproportion de cesentre-colonnementsrend l'opinion de Philander plus probable, et qu’elle est même confirmée par ce qui se voit au temple de la Piété, rapporté par Palladio, quiest monotriglyphe, et qui n’a que deux triglyphes à l’entre-colonnement du milieu; mais je n'ai pas osésuivre celte opinion, à cause de la trop grande violence qu'il aurait fallu faire au texte de Vitruve.
Supra singula epistylia. Je lis intercolumnia, parce que la chose est, ce me semble, assez évidente pour obliger à faire celte correction; ce mot de singula ne pouvant souffrir qu'il y ait epistylia, parce qu'il n’y a qu’un architrave à chaque face d’un temple, savoir, un poitrail qui est posé sur toutes les colonnes qui sont en une face; car on ne peut pas appliquer singula à epistylia, en disant que chaque entre-colonnement élait couvert d'une pierre, et ainsi qu’il y avait autant d’architraves que d’entre-colonnements, puisque si cela était entendu ainsi, il ne serait pas vrai que chaque architrave n’eût au-dessus de soi que deux métopes et un triglyphe, ainsi qu'il est dit dans le texte, parce qu'il ÿ aurait encore eu à chaque
NOTES SUR VITKUVE, LIV. IV
côté la moitié du triglyphe qui est au droit du milieu de la colonne qui‘soutient les deux bouts des pierres qui font l'architrave.
Quantum est spatium hemilriglyphi. Cette proportion , ainsi qu’il a été déjà insinué dans les premières notes de ce chapitre, ne pourrait être précise, parce qu'il ffudrait que la colonne ne fût point diminuée; de sorte qu'il faut déduire ce que la colonne a de diminution de chaque côté par en haut, pour avoir au juste la grandeur de ce qu’on appelle, quoique improprement, la demi-métope.
Contra fastigium. J'interprète fastigium par fronton. Autrefois, du temps que J. Martin a fait sa traduction de Vitruve, on nommait frontispice ce que nous appelons fronton ; mais à présent on ne se sert plus du mot de frontispice que figurément, pour signifier l'entrée, le devant et le commencement de quelque ouvrage que ce soit.
Alterum in summo. Je répète le mot de cymaise, quoiqu'il n’y ait dans le texte simplement qu’al{erum. Je le fais pour éviter l’équivoque ; car si on disait une cymaise dorique au-dessous et une autre au-dessus, on pourrait croire que la cymaise qui est sur le larmier devrait être dorique, de même que celle qui est au-dessous; ce qui ne doit point être, parce qu’on remarque dans l’antique que les architectes se sont toujours étudiés à varier les moulures.
Columnas autem striarii XX striis oporlel. Cela ne s’observe point, et on fait indifféremment à tous les ordres vingt-quatre cannelures, quoiqu'il semble que ce soit avec héaucoup de raison que Vitruve met moins de cannelures à un ordre qui est plus grossier, qu'aux autres qui sont plus délicats.
Ch. IV. Zatitudo sit longitudinis dimidiæ partis. W est manifeste que Vitruve entend ici par le temple seulement les murailles qui composent le ce/{a ou dedans du temple, et le pronaos on porche, parce que, lorsque les colonnes y sont comprises, la longueur du temple ne peut avoir au juste le double de sa largeur, à cause qu'il manque à la longueur l’espace du diamètre d’une colonne, par la raison qu'il n’y a dans la longueur que le double des entre-colonnements, et non le double des colonnes. Par exemple, un hexastyle qui a six colonnes et cinq entrecolonnements, a dix entre-colonnements en sa longueur ; mais il n’a qu'onze colonnes.
On peutremarquer que les temples des anciens étaient de deux genres; les uns étaient ronds, et les autres carrés. Les ronds étaient de deux espèces, savoir : les périptères ronds et les monoptères, dont il est parlé au septième chapitre de ce livre. Les carrés étaient de deux espèces ; les uns n’avaient point de colonnes, ou s’ils en avaient, elles étaient enfermées entre les murailles du porche, et c’est de ces temples qu'il s'agit dans ce chapitre : les autres avaient des colonnes en dehors, et ils étaient de deux espèces ; car il y en avait qui devaient être deux fois aussi longs que larges, qui étaient encore de sept espèces, savoir, celui à antes, le prostyle, l'amphiprostyle, le périptère , le pseudodiptère, le diptère et l'hypætbre, dont il est parlé au premier chapitre du troisième livre : les autres élaient presque carrés, qui étaient ceux que Vitruve appelle les temples à la manière toscane, dont il traite au septième chapitre de ce livre.
Ipsaque cella parte quarta longior sit, quam est latitudo, cum pariete. Pour trouver ici quelque sens, il faut interpréter quam est latiludo comme si ces mots étaient enfermés entre deux parenthèses, afin que les mots de longior sit soient joints avec ceux de cum pariele ; et il faut entendre comme s'il y avait cella cum paviele longior sit quam est latitudo, au lieu qu'il y a cella longior sit quam est latitudo cum pariete.
Religucæ tres partes pronai ad antas parielum procurrant. M faut entendre que les antes sont comprises dans
» l'espace de ces trois parties ; autrement le temple aurait de long plus que deux foissa largeur, savoir l’épaisseur de l’ante. Quæ disjungant pleromatos el pronai spalium. Cet endroit est fort obscur : car il semble que columnæ quæ disjungunt pleromatos et pronai spatium signifient des colonnes qui séparent l’espace qui est entre les deux ailes d’avec l’espace du porche; ce qui n’a point de sens, parce que ces deux espaces ne sont que la même chose. C’est pourquoi ce que Vitruve veut dire étant manifeste et assez intelligible de soi, j'ai cru que je pouvais expliquer cotumnæ quæ disjungunt, les colonnes qui ferment; parce qu'il est vrai que ce qui sépare un espace d’avec un autre peut être dit le fermer, et qu'un mur ferme la cour d’une maison quand il la sépare d’avec la rue, La raison pour laquelle jai choisi le mot de fermer, plutôt que celui de séparer, est que fermer est un mot absolu, et que séparer demande qu’on dise de quoi on sépare.
Pluteis marmoreis. J'ai interprété plulei des cloisons, bien que le mot d'appui soit plus propre pour rendre en français le mot latin plufeus; car ce mot signifiait, parmi les anciens, le dossier d’un lit où d’une chaise : mais c’élait aussi le lambris qu'ils mettaient aux murs, le long desquels la plupart de leurs lits étaient rangés, sans qu’il y eût de ruelle ; et à ces lits il y avait prior lorus, qui était ce que nous appelons le devant , et interior torus, qui était la place qui était près du mur; or, ce pluteus ressemblait mieux à une”cloison qu'à un appui, parce qu’il devait être beaucoup plus haut qu'un appui. La raison qui a fait que j’ai évité le mot d'appui est que j'ai eru qu'il aurait été mal propre à faire entendre la pensée de Vitruve, qui, selon mon avis, n’a point eu intention de mettre pluteus au lieu de podium, comme il aurait semblé si javais mis le mot d'appui, qui est propre pour signifier celui de podium. Et quoiqu'il y ait quelque difficulté à savoir précisément ce qu’on doit croire que Vitruve a entendu, j’ai cru qu'il y avait plus d’apparence au parti que j'ai pris qu’à l’autre. Barbaro et Cisaranus, qui sont les seuls des interprètes qui se sont expliqués là-dessus, ne l'ont point fait bien nettement. Ci- ‘saranus n’en parle point dans ses Commentaires ; mais il fait voir dans sa figure qu'il à cru que Vilruve entendait par ce pluteus un appui tel qu'est celui qui doit être au podium, ainsi qu'il a élé dit ci-devant; car il a représenté ce pluteus par un petit mur qui joint un piédestal à l’autre, ayant les mêmes membres de la base de la corhiche que les piédestaux. Barbaro, au contraire , dans son commentaire de la première édilion, qui est italien, s’est expliqué en sorte qu'il fait entendre qu’il n’a point cru que lepluleus fût le podium, parce qu'il dit que les anciens faisaient ce pluleus de la mème hauteur que serait un podium, s'il y en avait un. Tra questi intercolumni si ponevano alcuni seragli à di marmo à di ligno non più alti di quello che sarebbe il poggio s’ egli vi andasse. Et en effet, Vitruve dit que ce pluteus ya d’une ante à une colonne, et il devrait avoir dit qu'il va du piédestal qui soutient l’ante à celui qui soutient la colonne , s’il avait en-
- tendu qu’il y eût des piédestaux. La vérité est que cette manière de joindre des colonnes est une chose fort étrange, et qui n’a point d'exemple dans l'antiquité, ni d’approbation dans le bon goût, et qu’on peut dire être de ces choses que les premiers architectes ont praliquées, mais qui n'ont point élé suivies.
1l reste une difficulté sur la manière dont les architraves et les autres ornements qui composent l'entablement doivent être posés sur les colonnes et sur les antes, lorsque les unes et les autres se renconirent sur une même ligue, comme dans les temples dont il s’agit, paree que les antes n'ayant point la diminution par en haut qu'ont les colonnes, il arrive nécessairement que l’on tombe dans lun de ces trois inconvénients : car ou l’archilrave est posé au
droit du nu des antes, et il porte à faux sur les colonnes ; ou ilest posé au droit du nu des colonnes, ce qui fait qu'ii porte au dedans du nu des antes; ou il est posé au droit du nu de l’un et de l’autre, par le moyen d'un ressaut qui fait retirer l’architrave en dedans, lorsqu'il passe sur les colonnes. Il s'agit de choisir le moindre de ces inconvénients; j'estime que celui où larchitrave porte à faux sur les colonnes, est le plus supportable, Il a été pratiqué par les anciens, comme il se voit au marché de Nerva, au temple de Trevi, et au porche du baptistère de Constantin. La raison de celle pratique est que ce qu’il y a de vicieux dans les deux autres inconvénients est visible : car à l’égard de la retraite qui se fait seulement sur les colonnes, comme les chapiteaux n’ont point plus de saillie au pilastre qu’à la colonne, si l'architrave se retire sur la colonne sans se retirer sur le pilastre, on en aperçoit aisément par la différente manière dont les coins des ehapiteaux parattront se rencontrer au droit des moulures de l’architrave, la vue faisant porter les coins des chapiteaux des colonnes plus haut que ceux des pilastres; et pour ce qui est de faire toute la retraite sur le pilastre, il y a des rencontres où il sera aisé de voir que le nu du pilastre avance davantage que l’architrave, par exemple si le pilastre est à une encoignure en manière d’ante ; au lieu qu’on ne saurait jamais voir si l’architrave a plus de saillie que le haut de la colonne,
Eteæ allitudinem habeant æque quam que sunt in
fronte. Cela n’est pas bien clair, car il semble que Vitruve
suppose que les colonnes du dedans et celles du dehors ne soient pas ordinairement d’une même hauteur ; cela néanmoins n’a que fort peu d'exemples. M. de Monceaux a remarqué qu'au temple de Thésée, qui se voit à Athènes, il y a ainsi des colonnes de différentes hauteurs. Vitruve en donne aussi un exemple au cinquième livre, chapitre ix, où il parle des portiques qui étaient derrière les théàtres, dans lesquels il y avait des colonnes non-seulementde différentes hauteurs, mais même de différents ordres.
Ita quod detrahitur de corpore scapi.……. et ita exæquabitur dispari ratione columnarum crassitudo. Il a fallu paraphraser cet endroit, parce qu'il exprime obscurément une chose qui d'elle-même est claire. La traduction à la lettre est, afin de récompenser par l'augmentation du nombre des cannelures ce qui a élé diminué de la tige des colonnes, par la raison qu'on ne s’apercevra point de cetle diminution, et qu'aussi par un autre moyen on fera paraître leur grosseur pareille.
Quodoculus plura et crebriora signa... pervagatur. Celte raison est belle et subtile, étant prise de la nature de l'extension de la quantité : car de même qu’elle consiste à avoir les parties les unes hors des autres, sa connaissance: aussi dépend de discerner que ces parties sont les unes hors des autres. Ainsi, ce qui fait paraître une chose grande est le nombre des différentes marques qu’elle a, qui font qu'une parlie est distinguée d’une autre: paree que, comme la grandeur du temps dépend du nombre du mouvement, celle des corps dépend aussi du nombre des différentes parties que l’on peut compter. Or, une colonne qui est tout unie, et qui n’a rien qui distingue les différents espaces qui composent toute sa circonférence , ne fait pas si aisément connaître quelleest cette largeur que celle qui, ayant plusieurs cannelures, présente distinctement à l'œil le nombre des espaces que l’on ne manque point d’apercevoir, quoique l'esprit n’y fasse point de réflexion expresse. Au reste, il semble que €e raisonnement doive fortifier l'opinion que les architectes ont, qu’il faut changer les proportions suivant les différentsaspects : il est pourtant vrai que ce n’est pas la mème chose d'augmenter la grandeur d’une colonne élevée fort haut, de peur qu’elle ne paraisse trop petite, comme de multiplier ses cannelures pour la faire paraître plus grosse ; et la raison de cette différence est fondée sur le jugement de la vue, qui, parce
ia
qu'il est formé par l'accontumance et par l'habitude, ne se trompe point aux choses dont il a coutume de juger ;et, au contraire, il se trompe facilement à celles qui le surprennent à cause de leur nouveauté. Ainsi, parce que la vue trouve à tous moments des occasions decomparer les objets élevés avec ceux qui sont situés en bas, elle le fait avec facilité ; ee qui n’est pas quand il s’agit de juger des différents effets que produisent les cannelures en grand ou en petit nombre dans des colonnes, cette discussion étant un cas qui n’arrive que rarement. Ce sujet est traité plus au long sur le deuxième chapitre du sixième livre.
Dum antæ corum crassitudinibus columnarum sint æquales. J’aitraduit en faisant leurs antes de la grosseur des colonnes, c’est-à-dire quoiqu’on fasse toujours les antes de la grosseur des colonnes : et cela est mis, à mon avis, pour aller au-devant de ce qu’on pourrait dire que les antes qui sont aux encoignures sembleraient devoir déterminer l’épaisseur du mur : mais parce qu’il peut souvent arriver que les murs doivent être plus épais que les colonnes ne sont larges ( car un grand et un petit temple, tels que sont un tétrastyle et un décastyle, peuvent avoir des colonnes de pareille grosseur), Vitruve veut dire que, bien que les antes soient faites de même largeur en des temples différemment grands, on ne laisse pas de faire aussi les murs différemment grands, quoique les antes demeurent d’une pareille largeur. J. Martin s’est fort embarrassé dans la traduction de cet endroit, parce que dans ces mots dum'antæ eorum crassitudinibus columnarum sint æquales, ila cru que eorum devait être joint à crassifudinibus , au lieu que je lis antæ corum, et je joins crassitudinibus à columnarum, qui est un mot dont J. Martin ne sait que faire, et qu'ilest contraint d'interpréter comme s’il y avait e{ columneæ, c’est-à-dire dum anteæ et columneæ eorum ( scilicet murorum ) crassitudinibus sint æquales. L'interprétation qu'il donne au reste du chapitre n’est ni suivant les paroles ni suivant lesens du texte.
Quam minutissimis cæmentis struantur. Cela a déjà été dit au huitième chapitre du deuxième livre; et l'on voit, en effet, que la plupart des anciens édifices sont bâtis ou detrès-grandes pierres ou de très-petites, comme de sept à huit pouces en carré.
Quod media coagmenta medii lapides, etc. I n’est pas difficile de juger que Vitruve a mis media coagmenta et medios lapides, pour mediocria, et mediocres pour medios ; et que Lapides continentes media coagmenta est au lieu de media coagmenta continentia medios Lapides , parce que c’est presque la même chose ; la vérité étant que les pierres médiocres entretiennent le mortier dans sa bonté, de même que les joints médiocres, c’està-dire où il y a du mortier suffisamment, entretiennent la liaison des pierres, suivant la doctrine que Vitruve à établie au commencement du chapitre huit du second livre.
item cireum coagmenta et cubilia, ete. L'expression de Vitruve est obscure, parce qu’il semble dire le contraire de ce qu’il veut dire. Le texte porte circum coagmenta cubilia eminentes expressiones. Il semble que cela dise qu’à l’endroit où les pierres se joignent elles sont plus élevées qu'autre part; ce qui se pratiquait aux joints des pierres dont les degrés des théâtres étaient faits, pour empêcher que l'eau n’entrât dans les joints : mais Vilruve veut dire le contraire, savoir, qu’autour des joints les pierres étaient élevées, et par conséquent qu’à l'endroit où elles se joignent elles étaient creusées pour faire des bossages , dont l'usage est de cacher les joints en les faisant remonter dans‘un angle rentrant. Ma pensée est que Vitruve a écrit cireum cubilia et coagmenta depressa, eminentia, au lieu de circum cubilia et coagmenta eminentes expressiones.
Chap. V. Ipsaque simulacra videantur exorientia con-
suivant Philander, en ajoutant ces mots avec le soleit, quoïiqu'ils ne soient point dans le texte, où il y a seulement que les statues semblent se lever; mais le mot exoriri ne signifie point se lever, mais commencer à paraître soudainement.
Si circum vias publicas erunt ædificia deorum. Nonseulement les anciens, mais aussi les canons de l’Église, ordonnaient que les temples et les églises eussent la face tournée vers le couchant. La restriclion que Vitruve apporte ici pour se dispenser de cette loi quand la situation des lieux y répugne beaucoup, commence aussi à être suivie en notre temps, où l’on s’accommode aux lieux autrement qu’on ne faisait autrefois. L'église de Saint-Benoit à Paris, qui est appelée Saint-Benoît le bien Tourné, donne un exemple de la grande affectation de cette exposition de la face du temple au couchant.
Chap. VI. Anéepagmentorum. J'ai cru devoir traduire par chambranles le mot antepagmentum , que lous les inter< prètes prennent pour un pied-droit ou un jambage, qui ne sont pas, à mon avis, des termes assez généraux pour expliquer antepagmentum, qui ne signifie pas seulement les deux côtés de la porte, mais même le dessus , comme il se voit quand Vitruve parle d’antepagmentum superius : car cela fait voir qu'antepagmentum doit s'entendre du chambranle, qui comprend les trois parties de la porte. Antepagmentum semble être dit quasi ante fizum, qui fait que Saumaise croit qu'antepagmenta et anteæ différaient en ce que les antes étaient de pierre, et an{epagmenta étaient de bois, savoir, un assemblage qui s’attachait sur la pierre, comme on fait en plusieurs de nos cheminées et aux portes des chambres , lorsque leurs chambranles sont en placard.
Alticurges. Tous les interprètes entendent ici par atticurge l’ordre corinthien, fondés sur ce qu’il leur semble qu’à la fin de ce chapitre Vitruve fait comme une récapitulation de ce qu’il a traité, en disant : après avoir exposé les manières de bâtir Les temples selon l’ordre dorique, ionique et corinthien, je vais trailer du toscan. Mais il est évident que cette récapitulalion se rapporte à tout ce qui a été traité non-seulement dans le chapitre, mais même dans le reste du livre et dans la plus grande partie du livre précédent, et que les manières de bâtir ne se rapportent pas aux portes dont il est parlé dans ce chapitre, mais à tout le temple. De plus, la description qui est faite ici de la porte atticurge ne saurait convenir à l’ordre corinthien, parce que cette porte a quelque chose de moins orné que celle de l’ionique, la seule différence de l’ordre ionique et du corinthien étant au chapiteau.
Corona summa. Je n'ai pas interprété le mot de corona corniche, comme aux autres endroits où ce mot a été cidevant employé, parce qu'ici corona ne peut passer que pour le membre d’une corniche. Je ne l'ai pas aussi nommé larmier, qui est le vrai nom du membre de corniche à la place duquel cette corona ou couronne est placée, parce que sa proportion est tout à fait éloignée de celle du larmier d’une corniche, occupant tout l’espace qui est depuis l'hyperthyron ou frise qui est sur le chambranle, jusque sous l’architrave; c’est pourquoi elle est appelée un peu après corona plana.
Lumen hypætri. Je traduis par la hauteur de l’ouverture de la porte, Llumen hypætri, parce que ces deux mots signifient la même chose ; umen étant parmi les architectes l'ouverture qui donne le jour, laquelle comprend les portes et les fenêtres, et Aypothyron ne signifiant rien autre chose que le dessous de la porte.
A pavimento ad lacunaria. Le mot de lacunar a déjà été expliqué; et il a été dit qu’il signifie ou l’enfoncement des solives d’un plancher, ou celui qui est dans les plafonds qui sont entre les travées des portiques ou des péristyles , à l'endroit qui répond au-dessous de la saillie des larmiers
fueri supplicantes. J'ai expliqué simulacra exorientia | des grandes corniches, principalement quand il y a de la
sculpture qui y fait des enfoncements comme dans l’ordre dorique, lorsque l’on y taille des gouttes et des foudres, ainsi qu’il à élé dit; ou dans le corinthien, quand il y a entre les modillons des carrés enfoncés pour recevoir des roses. Barbaro fait différence entre Lacus, et lacunar ou laqueare; et il prétend que lenfoncement des planches est Zacus, et que les solives ou les architraves, qui font les rebords des enfoncements, sont proprement lacunaria. Pbhilander soutient que Vitruve n’a point fait cette distinction, parce qu'au quatrième chapitre du sixième livre il compose le Zacunar de deux parties, savoir, de l’architrave et de ce qui est au-dessus de l’architrave, qu'il appelle reliquum lacunariorum. L'opinion de Philander me semble la meilleure ; et je crois que, supposé que Parchitrave et l’enfoncement qui est au dela de larchitrave composent le Zacunar, et qu'il s'agisse de l’une ou de Pautre de ces parties, l'intention de Vitruve a été de ne donner le nom de lacunar qu'à celle qui n’a point d’autre nom, et qu'ainsi il n’a point appelé l’architrave lacunar. Mais la difficulté est de déterminer quel est l’enfoncement que Vitruve a entendu. Barbaro n’a point suivi dans sa figure ce qu'il dit dans son commentaire, où il veut que lacunar soit le dessous de larchitrave ; car il se trouve dans sa figure que l’espace «ont il s’agit, qui doit être partagé en trois et demi, est pris depuis le pavé d'en bas jusqu'à l'extrémité du haut de la corniche. Bullant fait aussi la même chose, je ne sais pas pour quelle raison; car il n’y a point de plafond au-dessus de la grande corniche.
C’est pourquoi je me suis déterminé au plafond du dedans du portique, parce que l’autre plafond, qui est celui du larmier, ne répond pas au plancher d’en bas, mais à la première marche du degré du temple, qui est plus basse que ce plancher.
Et in summo contrahatur. M se trouve peu d’exemples de cet étrécissement des portes par en haut. Le temple de Tivoli, qui est d'ordre corinthien, a non-seulement sa porte, mais même ses fenêtres, ainsi retrécies par en haut. Les interprètes ne donnent point de bonnes raisons de celte bizarre structure. 11 semble que la principale raison est que la porte se ferme d’elle-même, lorsque la feuillure du côté des gonds est hors de son plomb, de même que le jambage. Mais la porte a fort mauvaise grâce étant ouverle, parce que le coin qui est opposé aux gonds par en bas est beaucoup plus élevé que l’autre; celui d’en baut fait la même chose, ce qui oblige de faire lembrasure fort élevée par en haut.
Reliqua que altiora erunt. Ceci se faisait par le principe suivant lequel la diminution des grandes colonnes par le haut devait être moindre que celle des petites, ainsi qu'il est enseigne au deuxième chapitre du troisième livre. Ce principe est que la distance des choses qui sont fort élevées les fait paraître plus petites; et ainsi on croyait que les grandes portes auraient paru trop étroites par le baut, si on les avait rétrécies suivant la proportion des petites.
Cymatium faciendum est antepagmenti parte sexta.
- Cette cymaise est si petile, que je ne me puis empêcher de croire qu'il y a ici une faute pareille à celle qui a déjà été remarquée au troisième chapitre du troisième livre, lorsqu'il est parlé de la cymaise de la corniche ionique, qu’on fait aussi d’une sixième partie, et où je soupçonne que le copiste a mal lu le nombre qui élait en chiffre, et qu’il a -pris NII pour VI. Barbaro et J. Bullant, dans leurs figures des portes doriques , ont fait celte cymaise de la troisième partie du chambranle, et non pas de la sixième ; néanmoins, Barbaro n’en dit rien dans son commentaire ; ce qui confirme Popinion qu'on a qu'il n'a pas pris un grand soin de ses figures, et qu’il s’en rapportait entièrement à André Palladio, qui, ayant une plus grande conuaissance de l'architecture par la vue de Pantiquité que
par le texte de Vitruve, y pouvait souvent mettre bean- Coup du sien. Et, en effet , dans cette même figure de la porte dorique, il y a beaucoup d’autres choses qui ne sont pas suivant le Lexte, comme les proportions de la hauteur de la porte et celle de PAyperthyron où frise.
Sima scalptura. Philander entend sima sculptara une sculpture peu relevée, et 11 croit que l'essence de l’astragale leshien consistait en ce que la sculpture qu’on y faisait avait peu de relief : mais il n’y a point d'apparence que Ja sculpture fit la différence d’un membre de moulure. J'ai suivi l'interprétation de Barbaro, qui entend que scalptura ne signifie point ici la sculpture, mais la manière de tailler les moulures, qui, selon Vitruve, doivent avoir autant de saillie que de hauteur , de sorte qu’en cet endroit une moulure sine scalplura signifie une moulure qui a beaucoup moins de saillie que de hauteur.
Corona plana. On ne voit point dans les restes de l’antiquité aucun exemple de cette manière de corniche, où la couronne ou larmier ait de hauteur cinq fois plus qu'il n'a de saillie; c’est pourquoi elle est appelée plate, avec beaucoup de raison.
Projectura autem ejus erit quanta altitudo supercilii. IL faut nécessairement comprendre dans cette saillie non-seulement celle de la couronne et de sa dernière cymaise, mais même la saillie de la cymaise dorique et de l’astragale lesbien ; autrement on ne trouverait pas assez d’espace entre les tailloirs des chapiteaux , contre lesquels la dernière cymaise de la couronne plate touche quand il n’y a point de portique, et que la colonne est attachée au mur : Car quand même il y aurait un portique, et que la colonne serait assez éloignée du mur pour laisser la liberté à celte cymaise de la couronne plate de passer l'alignement de la cymaise du tailloir du chapiteau, il ne serait pas raisonnable de lui donner tant de saillie, parce qu'il ne faut pas que les proportions soient différentes, soit que ces colonnes fassent un portique, ou qu’elles n’en fassent pas.
In ungue ipso cymalio conjungantur. Cet endroit est fort obscur, ayant deux difficultés. La première est de savoir ce que Vitruve enlend par in ungue conjungi. Barbaro et Durantino traduisent se joignent ensemble, si congiunghiono insieme. Cisaranus et Caporali v’ont point traduit ce mot, et ils ont laissé le latin; mais, dans leurs commentaires, ils donnent à entendre que cela signifie une jointure subtile de deux extrémités qui sont minces comme des ongles; ce qui ne me semble point bien expliquer la chose, parce que cette jointure subtile est particulière à la menuiserie d'assemblage, où les retours et les angles sont formés de deux pièces, ce qui n’est point aux ouvrages de pierre. Nos ouvriers font deux espèces de relour des moulures, lun est appelé simplement à angle, qui est commun à toutes les moulures des corniches, qui, dans leur retour, conservent le même niveau; l’autre est appelé à onglet, qui est le retour des moulures des chambranles ou des cadres ; et on aurait pu dire que ce mot d’onglet des ouvriers vient de l'in ungue de Vitruve, s’il s'agissait ici du retour des moulures des chambranles, C’est pourquoi je n'ai point traduit in uwngue, à onglet, comme J. Matin, mais exactement, supposant que Vitruve a mis x wnque pour ad unguen. La seconde difficulté est de savoir quelles sont les cymaises qui doivent être jointes exactement. Mais, si la figure que Barbaro et J. Bullant ont faite de la porte dorique est véritable, je crois que Vitruve entend parler de la cymaise qui est sur la couronne plate, et de celle du tailloir du chapiteau, soit des colonnes, soit des pilastres qui sont aux côtés de la porte : car les extrémités de ces deux cymaises se touchent et se joignent de si près et d’une manière si particulière, que ce n’est pas sans raison qu'il est dit qu'elles se joignent exactement : car si cette joiuture s’entendait des angles et des retours d’une moulure, il
LA
aurait été inutile de dire qu’elle doit fre juste, parce que cela est commun à tous les angles que font les moulures; mais il est tout à fait particulier aux deux extrémités de ces cymaises de se toucher comme elles font.
Prima corsa. Personne ne doute que corsa ne soit la face ou plate-bande qui tourne autour du chambranle ; mais on ne sait pas certainement d’où vient ce nom. Baldus croit qu’il est pris du mot grec corsa, qui signifie rasé, parce que cet endroit, dans les chambranles et dans les architraves, n’a que fort rarement des ornements, et est toujours poli, et dénué de tout ce qui peut rendre la pierre comme velue et hérissée. Il se voit un exemple de cela aux trois colonnes de Campo-Vaccino, où la face d’en haut de l'architrave, qui répond à la première face du chambranle dont il s’agit, est sans sculpture à l’ordinaire , la seconde étant taillée et enrichie de sculpture.
Crassitudinem ex antepagmenti tribus partibus unam. Ces consoles sont bien minces et bien étroites. Palladio en a dessiné de cette proportion aux côlés de la porte du temple de la Concorde , qui apparemment y étaient encore de son temps : mais elles n’ont point degräce, en comparaison de celles qui sont aux croisées du Louvre.
Fores ila compingantur. J'ai interprété par une circonlocution le mot de fores, à cause qu’il n’y en a point en français pour exprimer. Quelques-uns croient, néanmoins, que le mot d’huis signilie la menuiserie qui ferme la porte : mais la plus commune opinion est qu’il signifie seulement une pelite porte, et non pas ce qui la ferme.
Uti scapi cardinales sint ex altitudine lüuminis totius duodecima parte. La description de cette menuiserie me semble bien embarrassée. Les interprètes, néanmoins, ne se sont guère mis en peine de l'expliquer, eLils se sont contentés de désigner les différentes parties qui la composaient, sans faire cadrer leurs proportions au texte : et, à la vérité, cela est impossible, à cause des contradictions qui s'y rencontrent. J'ai, néanmoins, trouvé qu’en changeant seulement un mot, dont la corruption est fort probable, jy pouvais trouver mon compte : car, supposant qu'il y a parle duodevigesima , au lieu de duodecima, c’est-à-dire, en donnant à la largeur des montants Ja dix-huitième partie de leur hauteur, au lieu de la douzième, presque toutes les autres mesures se rencontrent véritables. Quelques interprètes entendent que cette douzième partie soit donnée aux montants par-dessus la grandeur de la porte, pour en faire les gonds : mais le texte ne dit point cela, si ce n’est que l'on ôte ex et que l'on ajoute longiores, en lisant, sint allitudine luminis totius duodecima parte longiores : cependant, il y a seulement : sint ex altitudine luminis lotius duodecima ou duodevigesima parte; cest-à-dire qu’ils soient de la douzième ou dix-huitième partie ; car le mot de large que j'ajoute se doit nécessairement entendre, parce que cette mesure ne pouvant se rapporter à leur longueur, qui doit être du moins de toutes les douze parties, elle ne peut appartenir qu'à la largeur.
Inter duos scapos tympanu. Il est tout à fait inpossible de trouver du sens en cet endroit; car celte mesure ne saurait être pour la largeur des panneaux qui sont entre les montants, parce qu'ils n’en ont point de certaine, allant toujours en s’étrécissant depuis le bas jusqu’au haut, de même que l'ouverture de la porte. Cette mesure n’est point aussi pour leur longueur car il n’est parlé que d’une mesure ; et il y a deux panneaux dont la grandeur est différente, parce que celui du bas de la porte est beaucoup plus grand que celui du haut, leur proportion étant telle, que celui d'en bas est plus grand d’un tiers que celui d’en haut.
Impagibus distributiones ita fient. Ce mot impages signifie en général les pièces qui composent le châssis qui enferme un panneau. L’étymologie, selon Sextus, vient de pangere, qui signifie ficher et clouer, en sorte que co-
pages fit ex impagibus. Mais parce que ces pièces de bois qui font un châssis sont de deux sortes , savoir, celles qui vonten montant et celles qui traversent, j'ai cru qu'ayant interprété scapos, les montants, je devais traduire impages, les traversants.
Medii impages. Bien que Vitruve ait mis impages au pluriel, suivant sa coutume, qui est de n’être pas exact en ces choses, je mets Le traversant au singulier, parce qu’il n’y en à qu'un au milieu. Barbaro explique medii impages, dimidicæ requlæ, des demi-traversants , c'est-à-dire qui sont plus étroits de la moitié que les autres ; ce qui aurait mauvaise grâce en menuiserie. J'ai mieux aimé interpréler medii impages, les traversants du milieu , c'està-dire qui sont entre les deux autres traversants qui sont aux extrémités, mais qui ne sont pas également distants de l'un et de l’autre de ces traversants des extrémités; ce que signifient les mots super medium , que j'ai cru devoir traduire plus hautes que le milieu.
Alü. in summo, ali in imo compingantur. I est aisé d'entendre qu'il faut qu'ils soient joints avec les montants.
Replum. Turnebus confesse qu’il ne sait pas ce que c’est que replum. Saumaise croit qu'il est dit quasi replicalum. Philander veut que ce soit une corniche qui soit audessus du traversant ; et il se fonde sur ce que Vitruve rapporte au dix-septième chapitre du dixième livre, où il semble expliquer ce que c’est que replum , quand il dit, replum quod est operimentum. Bertanus, en son livre De obscuris locis in opere ionico, prend replum pour le poteau du milieu qui est commun aux deux battants, et qui en couvre la jointure. Baldus croit que c’est la partie qui est tout autour du panneau ou tympan, et qui l’enferme comme un chàssis. Celte opinion que j'ai suivie me semble la plus probable.
Secundumn pagmentum. Je crois qu'il faut corriger quelque chose à cet endroit, et lire scapi qui faciunt secundum pagmentum , au lieu de scapi qui sunt ante secundum pagmentum, n'étant pas difficile de faire sunt ante de faciunt.
Si quadriforis fütura est. Le mot quadriforis, que je traduis coupé en quatre, estambigu ; car il signifie indiféremment et les portes à deux battants, dont chacun est brisé de haut en bas, que les Latins appelaient conduplicabiles, et celles dont chaque battant était coupé en travers, que les Grecs appelaient diclides, c’est-à-dire deux clefs, parce que les deux battants ou volets d'en haut étaient fermés par une serrure, et les deux battants d’en bas par une autre.
Habeant duas partes. Celte plate-bande qui est mise pour la cymaise est bien petite, et laisse un grand espace de reste, qui rend ce chambranle nu et bien plus simple qu’en l’ordre ionique, où il y a trois plates-bandes. Ce qui fait croire raisonnablement que cette porte, que Vitruve appelle atticurge, n’est point pour l’ordre corinthien ; mais que cet allicurge était un ordre particulier, ainsi qne Pline le témoigne, qui, outre les ordres toscan, dorique, jonique et corinthien, en met un cinquième, qu'il appelle attique, et dont il dit que les colonnes étaient carrées. Et il y à apparence que cet ordre atlique était moyen entre le dorique et lionique; car sa base, qui a été ci-devant décrite, est plus simple que l'ionique, nayant que quatre membres, savoir, un plinthe, deux tores et une scotie; au lieu que l'ionique en à six, savoir, un plinthe, deux scoties, deux astragales el un tore. II se voit encore dans les ruines d’Argos quelques restes de cet ordre attique. Les chapiteaux qui sont aux colonnes de la figure de la porte attique ont été dessinés sur le lieu, et m'ont été communiqués par M. de Monceaux.
Ipsaque non fiunt celostrata. Yai interprété, ces portes ne sont point ornées de marquelerie. Dans mon manuscrit, au lieu de ipsaque forum ornamenta non
fiunt cerostrala neque bifora, sed valvala, je trouve ipsæque fores non fiunt cerostralæ neque bifores, sed valvatæ : ce texte me semble plus raisonnable que celui des exemplaires imprimés, parce que le mot d’ornamenta est inutile à l'égard de cerostrata ; et il ne saurait s’accommoder avec bifora ni avec valvata. — J'ai cru que le mot de marqueterie comprenait les diverses significations que les auteurs donnent au mot cerostrata, qui se trouve aussi dans Pline, parmi les différentes espèces de peinture. Saumaise estime qu'il faut lire ces/rota, comme venant du mot grec ceséron , qui signifie une broche de fer, parce qu'on brülait avec une broche de fer le bois par compartiments; ce qui se fait encore dans notre marqueterie, lorsqu'on donne par le moyen du feu, aux petites pièces de bois dont elle est composée, une noirceur qui représente les ombrages. Cet auteur croit néanmoins qu’on peut retenir le mot de cerostrala, parce que, pour mieux brûler le bois , on le frottait de cire ; mais il avoue qu'il faudrait écrire ceristrola, pour signifier que la cire servait à cet ouvrage. De sorte que je trouve que lopinion de Philander, qui fait venir ceros{rol{a, de ceras, qui signifie la corne dont on se servait pour faire de la marqueterie, l'ayant teinte de plusieurs couleurs, a assez de probabilité pour me déterminer à prélérer un mot à une circonlocution dont il aurait fallu se serviren suivant l'opinion de Saumaise.
Sed valvata. J'ai cru que foris valvata devait signifier une porte simple et qui n’a qu’un battant, puisqu'elle est opposée à celle qui en a deux, que les Romains appelaient bifores ; car bien que valvæ signifie ordinairement les deux battants d’une porte, il est vrai que ce mot n’a cette signification qu’à cause qu'il est au pluriel, et encore n’a-t-il pas semblé à Ovide que le pluriel fût suffisant pour cela, quand il a dit, argenti bifores radiabant Lumine valvæ; car il a jugé que valvæ sans bifores n'aurait pas signifié une porte à deux batlants.
Et aperturas habent in exteriores partes. Cela répugne à l’étymologie que les grammairiens donnent au mot valvæ; car ils disent que ces sortes de portes sont ainsi appelées quod intus volvantur ; ce qui n’a pas beaucoup de raison, puisqu'il n'importe de quel côté elles s'ouvrent, et que c’est assez que des portes soient des choses quæ volvuntur, pour dire qu’elles sont appelées valvæ a volvendo simplement.
Chap. VI. Et inter antaset columnas priores per mediur iisdem regionibus alteræ disponantur.Jocundus et Barbaro sont d’avis différents sur la disposition des colonnes du temple toscan , de la manière qu’elle est ici décrite. Jocundus met trois colonnes au-devant de chaque aute, et deux autres rangs de trois; ce qui fait en tout douze colonnes, quatre de front et trois dans le retour. Barbaro ne met qu’une colonne devant chaque ante , ainsi qu'il se voit dans sa figure, qui explique mieux le texte.
Eædemque sint ima crassitudine altitudinis parte septima. C’esl avec raison que Philander s'étonne de cette proportion de la colonne toscane, savoir, qu'étant plus grossière dans ses ornements que toutes les autres, elle ne soit pas plus courte que la dorique, qui n’a aussi de hauteur que sept diamètres. Mais la colonne Trajane, qui est d'ordre toscan, est encore plus disproportionnée ; car elle a plus de huit deses diamètres de hauteur. Il est vrai que les colonnes doriques du derrière des théâtres, dont il est parlé au neuvième chapitre du cinquième livre, avaient huit diamètres el demi.
Torum insuper cum apophysi crassum quantum plinthus. Ce que Vitruve appelle ici apophygis , qui signifie fuite, est appelé ci devant, au premier chapitre de ce livre, apothesis. C’est ce que nos ouvriers appellent congé où naissance : le mot de naissance, aui est moins en usage que celui de congé, semble être fondé sur la
correction de Scaliger, qui veut qu’au lieu d’apophygis ou apophyges , on lise apophysis, qui signifie une éminence qui semble naître et sortir d’un corps. C’est ainsi que les anatomistes grecs ont appelé les parties les plus éminentes des os.
Tertia hypotrachelio cum apophysi. H y a dans tous les exemplaires capituli crassitudo dividatur in partes tres , e quibus una plintho, que est pro abaco detur, altera echino : tertia hypotrachelio et apophygi. Philander lit : {ertia hypotrachelio cum astragalo et apophygi. J'ai lu comme Ini; et je suppose qu'il se fonde sur quelque exemplaire authentique; mais je l’entends autrement que lui. Il prétend que l’astragale et le congé, dont Vitruve parle, doivent être donnés au chapiteau, outre l'astragale et le congé qui appartiennent au fût de la colonne; premièrement parce que le texte, suivant la restitution de Philander, le dit expressément, puisqu'il met ce congé et cet astragale dans la troisième partie du chapiteau , et qu'il est constant que l’astragale et le congé qui sont au haut du fût des colonnes leur appartiennent, et que ces membres ne sont point une partie du chapiteau ; en second lieu, parmi le peu d'exemples que nous avons de l’ordre toscan des anciens, la colonne Trajane, qui est nn des plus illustres, a cet astragale et ce congé sous l’échine ou quart de rond du chapiteau ; en sorte qu’il n’y a que le congé qui appartienne au fût de la colonne, l’astragale étant manifestement du chapiteau , ainsi qu'il paraît de ce qui est taillé de sculpture de même que le quart de rond ; ce qui ne se fait point au fût d’une colonne. Scamozzi , qui a recherché avec beaucoup de soin dans les restes de l'antiquité ce qui appartient à l’ordre toscan , et qui de toutes ses remarques en a composé et formé un à sa fantaisie, met cet astray gale et ce congé sous le quart de rond , outre l’astragale ele congé du fût de la colonne ; mais il n’a point observé d’ailleurs les proportions que Vitruve donne. Les autres architectes n’ont point suivi, non plus que lui, le texte de Vitruve ; car quelques-uns, comme Serlio et Vignole , ont fait entrer le petit carré ou filet dans la seconde partie du chapiteau que Vitruve donne tout entière au quart de rond : les autres, comme Palladio, ont mis le petit carré sans astragale dans la troisième partie au-dessous du quart de rond.
Ut eam habeant crassitudinem, quanta summe columnæ erit hypotrachælium. Le texte est obscur pour être trop concis : car il serait nécessaire qu'il eût expliqué de quel sens les pièces de bois sont jointes, et si cette grandeur qu’elles doivent avoir, étant jointes ensemble, ne doit être entendue que de leur largeur, qui est l'endroit par lequel elles’posent sur la colonne, ou si elle se doit aussi entendre de leur hauteur.
Compactæ subscudibus et securiclis. Ces tenons que les Lalins appelaient subscudes étaient de deux sortes : les uns simples, et que nos menuisiers appellent clefs , lesquels étant enfermés dans deux mortaises , sont arrêtés avec deux chevilles; les autres étaient mis en dehors et taillés en queue d’aronde, et parce qu'ils ressemblaient à de petites cognées, on les appelait securicleæ : c’est aussi à cause de leur figure que nous les appelons queue d’aronde ou d’hirondelle, parce que la queue de cet aiseau va en s’élargissant de même que ces tenons.
Supra trabes ef supra parietes trajecturæ mutulorum. Cela vent dire que sur les pièces de bois ou poitrails qui servaient d’architrave dans l’ordre toscan , on posait les poutres au droit des colonnes ; qu'entre les poutres on maconnaît un petit mur qui servait de frise, sur laquelle les bouts des chevrons venaient poser; que ces chevrons débordaient pour soutenir l’entablement ou plutôt le larmier et la corniche ; et que tout cela semble faire la quatrième partie de la hauteur de la colonne. C’est là ce qu'il semble que le texte latin veut dire; car je ne crois pas
qu'il y ait apparence que la saillie des bouts des chevrons qui sont appelés mutules soit la quatrième partie de la colonne, ainsi qu’il semble que le texte veuille faire entendre. La vérité est néanmoins que cet endroit est fort obscur, et je ne prétends pas que l'explication que je donne puisse passer pour autre chose que pour celle d’une énigme.
Antepagmenta figantur. J'ai suivi l'interprétation de Philander, qui ne croit pas qu'antepagmenta, que j'interprète des as , doivent signifier des chambrantes; car il ne s’agit point de portes ni de fenètres, mais de l’entablement composé d’architrave, frise et corniche; et il y a apparence que Vitruve s’est servi ici du mot an{epagmentum pour signifier, suivant son étymologie, une chose qui est clouée sur une autre.
Columen. Il a été dit, sur le deuxième chapitre de ce livre, qu'ordinairement les mots de columen et de culmen signifient indifféremment le faîtage, et qu’en cet endroit-là Vitruve les distingue, prenant culmen pour le faitage, et columen pour le poiuçon. Cela me semble si bien établi par le texte du second chapitre, que je ne fais point difficulté de mettre ici culmen au lieu de columen, parce qu’il est évident que Vitruve n'entend point parler ici du poinçon, mais de quelque chose qui est plus haut que le poinçon.
Ut stillicidium tecti absoluti tertiario respondeat. Laët, dans son augmentation du Dictionnaire de Baldus, donne une explication fort probable au mot de {ertiarium, dont Vitruve se sert en cet endroit, quand il dit qu'il signifie le fronton ; mais il me semble que Laët n'en a pas assez dit, et que tertiarium signifie autre chose qu'un fronton généralement pris; car il serait inutile de dire que le toit doit répondre au fronton, puisque cela est commun à tous les ordres, où le toit répond toujours au fronton, du moins dans tous les ouvrages antiques. Ilest vrai que tous les architectes modernes en usent autrement et fort mal, lorsque dans un portail ils font le fronton à l'antique, c’est-à-dire avee un angle obtuset le toit à la moderne, avec un angle aigu ; mais il n'y à point d'apparence que Vitruve ait prévu que quinze ou seize siècles aprèslui, on tomberait dans cette erreur, dans laquelle on n’était point de son temps. 11 semble doncque Vitruve veuille faire entendre que le fronton de l'ordre toscan a une proportion particulière. C’est pourquoi je erois qu'il a voulu dire que l'ordre toscan étant plus ferme et plus durable que les autres par les proportions de ses colonnes, il demandait aussi à avoir dans son toit une disposition avantageuse à la solidité par cette élévation du faitage qui diminue la poussée des forces dont tout le toit est soutenu, et qui donne une grande facilité à l'écoulement des eaux. Turnèbe, qui a entendu, comme nous, par tertiarium , une chose dont une partie est le tiers du tout, applique ce mot à Ja saillie du toit, qui devait être la troisième partie de tout le toit; ce qui est sans raison, ce me semble, parce que la grandeur des saillies n’a que faire d’être proportionnée au toit, mais bien à la hauteur du mur, qui demande à être couvert par une plus grande saillie, plus il est haut; ce qui n’est point nécessaire à un grand toit, qui jette son eau plus loin, plus il est grand, à cause que la quantité qu'il en amasse et la longueur de son cours la fait tomber avec assez d’impétuosité pour n'avoir pas besoin d’une grande saillie pour cela.
Chap. VII (ou VIT, sect. Get suiv). Æ quibus aliæ Mmonopteræ. Les temples qui n'avaient que l'aile, c’est-à-dire dont le toit n’était posé que sur des colonnes, sans avoir de murailles, étaient appelés monoptères. Tous les interprètes ont entendu par monoptère un temple qui n’a qu'une aile, comme si monoptère était opposé à diptère, c’està-dire qui a deux ailes, et que ce mot füt composé de l'adjectif monos, qui signifie seul , et non pas de l’adverbe
monon, qui signifie seulement, ainsi qu’il fait dans le mot monogramme, qui signifie une peinture qui n’a que le simple trait, et non pas une peinture qui n’a qu’un seul trait : car la peinture monogramme a plusieurs traits; mais ces traits n’élant point accompagnés des ombres que l’on a accoutumé d’ajouter au simple trait, ils sont dits être seuls et non pas uniques. Le mot monochrome, qui signifie une autre espèce de peinture, donne un autre exemple de la différence que monos et monon ont dans la composition ; car la peinture monochrome, qui est celleque nous appelons camaieu, signifiait, selon Pline, une peinture qui était tracée et ombrée d’une seule couleur, et non pas une représentation qui n’était faite que par la seule couleur sans relief. D'ailleurs, si les temples monoptères étaient ainsi appelés à cause que leur aile est unique, ils ne seraient point différents des périptères ronds, dont l'aile est unique de même qu’aux monoptères, mais qui, outre Paile, ont un mur rond en dedans, qui n’est point aux monoplères. 4
Que sine cella frunt. Parce que le milieu du temple, qui élait composé de murailles , s’appelait cella, je n'ai pas fait de difficulté de traduire cella, quæ sine cella sunt, ceux qui n'ont point de murailles; joint qu'il »y a point äe mot français pour exprimer £ella.
Insuper sltylobatas columnæ constituuntur tam altæ, quanta ab extremis par tibus est diametros stylobatarum. Cette mesure de la hauteur des colonnes du temple monoptère semble bien incertaine , si l’on prend la colonne et le piédestal ensemble, parce que la hauteur du piédestal n'étant point déterminée, on ne peut pas dire précisément quelle hauteur restera pour la colonne; si ce n’est qu'on fasse le piédestal à hauteur d'appui. Ainsi, il n’y aura qu’à ôter trois pieds ou environ qu'il faut pour le piédestal , et le reste restera pour la colonne.
Diametros. Il faut entendre ce qu’est le diamètre du dedans du temple, depuis un piédestal jusqu’à l’autre.
Stylobatarum. La description que Vitruve fait des temples ronds est fort obscure, parce qu'il ne nous reste rien de cette espèce d’édifice qui nous puisse instruire suffisamment des particularités qui sont ici décrites. Le temple rond qui est à Tivoli ressemble en beaucoup de choses au périptère rond de Vitruve; mais il n’a point de piédestaux qui se rapportent à ceux dont Vilruve parle : il n’a qu'un piédestal continu, qui forme un massif sur Jequel les colonnes sont posées; en sorte que le pied des colonnes est au niveau du pavé du temple, ainsi qu'à tous ceux qui sont sans podium, c’est-à-dire sans celle maière de piédestaux qui sont continués par un appui ou balustrade. Mais la description de Vitruve fait comprendre que les colonnes des temples ronds étaient posées chacune sur un piédestal particulier, comme aux temples qui ont un podium, et que néanmoins ces piédestaux n'avaient ni la base ni la corniche qui étaient aux piédestaux qui formaient un podium , ainsi qu’ils sont décrits au troisième chapitre du troisième livre ; car il est ici parlé de piédestaux au pluriel, insuper stylobatas columneæ constituuntur ; il n’est fait aucune mention ni des bases ni des corniches de ces piédestaux; etils sont appelés simplement parietes stylobatarum dans les monoptères; enfin, dans le périptère, qui avait un mur au dedans, il est parlé de recessu ejus a stylobata; ce qui fait voir, que, dans ces sortes de temples, les colonnes étaient posées sur des piédestaux tout à fait différents du piédestal unique et continu qui soutenait les colonnes et même tout le temple de Tivoli. Je pense, comme Barbaro, que ces piédestaux devaient être en forme de socles eubiques, et non avec des bases et des corniches, alin de ne pas embarrasser par la saillie des bases et des corniches le passage qui était entre deux , par la même raison que Palladio dit que les colonpes du temple de Tivoli ont été faites sans plinthes; et
même ce dégagement semble moins nécessaire dans le … temple de Tivoli que dans les temples ronds de Vitruve,
qui ont des degrés tout alentour, afin qu’on puisse entrer
par tous les côtés dans le milieu du monoptère ou dans le … portique rond du périptère; au lieu que cette entrée - n'est dans le temple de Tivoli qu’au droit de la porte.
Crassitudine..……… decimæ partis. La proportion de ces colonnes faif juger qu’elles doivent étre corinthiennes ; mais elles sont encore plus grêles que celles dont il est parlé ci-devant , au premier chapitre de ce livre ; car il pa- - rail, par ce qui a été diten cet endroit, que la colonne corinthienne n'avait de hauteur que neuf diamètres et une
- sixième partie de diamètre. De sorte qu'il est bien étrange “ que les colonnes des monoptères fussent moins massives que celles des autres temples, qui, ayant des murailles au milieu qui aidaient les colonnes à soutenir le toit, pouaient raisonnablement être plus grêles qu'aux monoptères, où elles portaient toutes seules la coupe qui servait de
. couverture au temple.
Cette réfiexion pourrait donner lieu à penser qu'il y
a faute au texte, et qu'au lieu de crassæ altitudinis - suæ decinæ partis, il faut lire altitudinis suæ IX partis; car il est assez probable que FI qui était dewant FX pour faire neuf étant effacé, le copiste a mis le nombre tout au long, et a écrit decimæ au lieu de none.
Tholi. Philander et Barbaro croient que {holus est ce que nous appelons Za lanterne d’un dôme. Baldus veut que la lanterne soit ce que Vitruve appelle ici os, et que éholus soit La coupe. Varinus dit que tholia, qui, en grec, signifie un chapeau, a donnéle nom à #holus ; mais il ne dit point comment il est assuré que #holia n’est point dérivé de fholus.
Flos autem….præter pyramidem. I est bien difficile de deviner ce que Vitruve entend par cette pyramide. Barbaro dit que c'était le haut des temples ronds qui s'élevait en pointe, et qu’il en à vu un avec celle pyramide dans des médailles de Néron. Montiosius entend cette pyramide de la figure que les bandeaux de la coupe d’un dôme font en s’approchant vers le milieu, soit que ces bandeaux soient dans la concavité ou dans la convexité de lacoupe. J'ai suivi cette explication comme meilleure, et j'interprète les mots præter pyramidem, au lieu de la pyramide, et non pas sans la pyramide; parce que le fleuron étant au milieu du toit, ilest au delà de la pointe de chaque pyramide qui s'élève en haut, ayant chacune sa base au droit de deux colonnes : et il faut entendre ici cette pyramide ou plutôt ces pyramides, tant de celles qui sont sur la convexité du toit que de celles qui sont en dedans dans la convexité de la coupe; parce que le fleuron doit être en dehors et non pas en dedans, comme Barbaro l’a figuré ; car quand il est parlé de la hauteur de la coupe, ilest dit qu’elle doit avoir une telle hauteur, sans comprendre le fleuron ; ce qui n’aurait point de sens si le fleuron était en dedans, parce qu'étant ainsi, il ne s’élèverait point au-dessus de la hauteur dont il s’agit; au lieu qu’étant au-dessus de tout le toit, il est vrai de dire
. que la coupe, sans compreudre le fleuron, a une telle hauteur. Le texte est si brouillé et si corrompu en cet endroit, que je crois qu'il est permis de le mettre mieux en ordre s'il est possible : je trouve que cela se peut fire, si, au lieu de Jos autem tanlam habeat magnitudinem, guantam habuerit in summo columnæ capitulum
preter pyramidem , on lit flos autem præter (id est ultra) pyramidem, tantam habeat magnitudinem, etc.
Vejovis. C'était un dieu à qui les Romains bâtissaient des temples et faisaient des sacrifices, afin qu’il ne leur fit point de mal. 11 était représenté tenant une flèche et prêt à la décocher.
Ilemargutius nemori Diancæ. J'ai suivi la correction de
Budée et de Turnèbe, qui lisent aricino nemori Diane, au lieu de argutius nemori Dianæ.
Ad umeros pronai. J'ai interprété ces mots aux côtés du porche, parce que j'aicru que ce que Vitruve appelle alas et pteromata en d’autres endroits, il l'appelle ici humeros, et queles ailes, les épaules et les côtés sont des mots qui peuvent être pris les uns pour les autres.
Ufi reliqua exisona. 1 y a un mot dans le texte dont la signification est ignorée des grammairiens, savoir exison&, qui paraît barbare et formé du grec icos, qui signifie pareil ou égal. J’ai suivi la correction de Turnèbe, qui lit ex his omnia an lieu de exisona.
De tuscanicis gencribus.….. el ionicorum operum ordinationes. Il y a apparence que par la disposition des colonnes, il fant entendre la proportion que les entre-colonnements ont avec le diamètre des colonnes, par laquelle sont établis les différents genres de disposition, tels que sont le pycnostyle, le systyle, etc., supposant que ces différentes dispositions sont attribuées aux ordres différents, de manière que les ordres où les diamètres sont plus grands à proportion de la hauteur de la colonne, comme ils sont au toscan, demandent un plus grand entre-colonnement, ainsi qu’il est enseigné au deuxième chapitre du troisième livre. Et ainsi il semble que Vitruve veuille dire que quelquefois les anciens, dans des temples d’ordre corinthien ou ionique, qui demanderaient que les entre-colonnements fussent serrés et étroits, ils les ont faits larges, ainsi qu’ils doivent être dans l’ordre toscan.
Pleromatos spatio. Le texte, qui, en l’état qu'ilest, n’a point de sens, en peut avoir si, au lieu de lire applicantes ad intercolumnia, pleromatos spatio parietis sublati, on lit spatium parietis sublati : car cela signifie qu’on élargit le dedans du temple de chaque côté de la largeur du portique et de l’épaisseur du mur joint ensemble, c'est-à-dire à peu près de l'épaisseur du mur ; car il est vrai qu’il a quelque chose de moins, parce que toute l'épaisseur du mur ne peut pas accroître cet élargissement, puisque le mur n’est repoussé que jusqu’à la moitié des colonnes, lesquelles étant à peu près de l’épaisseur du mur, il s'ensuit qu'il n’y a guère que la moitié de l’épaisseur du mur qui doive être jointe avec la largeur du portique, pour déterminer au juste cet élargissement.
Chap.IX (ou VIII.) Ad sui cujusque dei decorem. Pausanias dit que l'autel de Jupiter Olympien était élevé sur des degrés qui avaient par le bas cent vingt-cinq pieds de tour, et que la moitié de ces degrés, savoir celle d'en bas, était de pierre, et l’autre de cendre.
Vestæ matrique Terræ.Mon manuscrit a Ves{æ matrique Terræ,aulieu de Vestæ Terræ marique, etc., qui se trouve dans tous les autres exemplaires.