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XII. De laudibus musicæ, ejusque virtute

Nec vero incredibile est, ad nostros natales musicam pertinere : hæc enim, sive in voce tantummodo est, ut Socrales ait; sive, ut Aristoxenus, in voce et corporis motu; sive in his, et præterea in animi motu, ut pulat Theophrastus : certe multum obtinet divinitatis, et animis permovendis plurimum valet. Nam, nisi grata esset immortalibus diis, qui constant ex anima divina, profecto ludi scenici, placandorum deorum causa instituti non ess

“dont retentissent leurs temples; on ue verrait “pas un joueur de flûte précéder la marche d'un “triomphateur ; on n’auraitpas donné pour attribut Ra Apollon une cithare, ni aux Muses des flûtes et (d’autres instruments de ce genre; on n’aurait pas -permis aux joueurs de flûte, qui nous rendent les dieux favorables, de célébrer des jeux publics, de faire des festins dans le Capitole, et, pendant les petites Quinquatries (1), c’est-à-dire aux ides de juin, de parcourir la ville, vêtus à leur guise, - masqués, et en état d'ivresse. Les âmes des hom- . mes eux-mêmes , qui sont divines aussi, malgré DIT ee "LAS LEE . l'opinion d’Épicure, révèlent par des chants leur «nature. [l n’y a pas jusqu'au pilote qui, dans les moments de danger, n’ait recours à la musique, - pour donner aux matelots du courage et de la vi- -gueur. C'est la trompette qui ôte à nos légions, sur le champ de bataille, la crainte de la mort. Voïlà pourquoi Pythagore, qui voulait que son âme demeurât toujours imbue du sentiment de sa divinité, avait, dit-on, coutume de jouer de la cithare avant de s’abandonner au sommeil, et dès qu'il était réveillé. Le médecin Asclépiade, - à l’aide d'une musique harmonieuse, rendit souvent la raison aux esprits troublés des frénétiques. Enfin Érophile, qui professait le même -art, prétend que les pulsations des veines (2) se font d’après les règles du rhythme musical. Si donc l'harmonie préside aux mouvements du corps et de l’âme, il est hors de doute que la

{x} On appelait Quinquatries les deux têtes (grandes et petites) célébrées en l'honneur de Minerve. La première avait lieu le r9 mars, et durait cinq jours. La seconde, qui n’en durait qu'un, avait lieu de 13 juin. Voyez Ovide, Fast. IL, 810, 829; V. 725; Aulu-Gelle, II, 21; Varron, De ling. lat. VI, 14et17; Festus, Minusc. Quinquat. — (2) Aulu-Gelle dit : Les pulsations des veines, ou plutôt des artères, (1. HE, €. 10). Il a consacré un chapitre de son ouvrage (Il. XVIII, c. 10) à démontrer la différence de la veine avec l'artère, et du sang qui y circule.

sent : nec tibicen omnibus supplicationibus, in sacris æ&dibus adhiberetur : non cum tibicine triumphus ageretur : non Apollini cithara, non Musis tibiæ , cæteraque id genus essent adtributa; non tibicinibus, per quos numina placantur, esset permissum, aut ludos publice facere, ac

) vesci in Capitolio, aut Quinquatribus minusculis, id est, idibus juniis, urbem vestitu quo vellent, personatis temulentisque pervagari. Hominum quoque mentes, el ipsæ (quamvis Epicuro reclamante) divinæ, suam naturam per

* cantus agnoscunt : denique, quo facilius sufferant laborem, vel in navis metu a vectore symphonia adhibetur : legionibus quoque in acie dimicantibus, etiam metus mortis classico depellitur. Quamobrem Pythagoras, ut animum suasemper divinitate imbueret, prius quam se somno daret, et cum esset expergitus, cithara, ut ferunt, cantare consueverat; et Asclepiades medicus phrenelicorum mentes, morbo turbatas, sæpe per symphoniam suæ naturæ reddidit. Erophilus autem, artis ejusdem professor, veparum pulsus rhythmis musicis ait moveri. Itaque, si et in corporis, et animi motu est harmonia: procul dubio à patalibus nostris musica non est aliena.

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musique n'est point étrangère à notre naissance.

XUT. De l'étendue du ciel; de la circonférence de la terre, et ile la distance des astres.

A ce qui précède ajoutons ce qu’a démontré Pythagore, que tout cet univers est ordonné d’après les principes de la musique; que les sept (1) étoiles qui errent entre le ciel et la terre, et qui règlent la génération des mortels, ont un mouvement appelé par les Grecs Zvpubuos (harmonique), et des intervalles correspondant aux diastèmes (intervalles) musicaux ; au’elles rendent, chacune suivant sa place dans l’espace, des sons divers etsi justes, qu'il en résulte une mélodie des plus douces , mais inaccessible à nos oreilles, trop grossières pour jouir de ce sublime concert. De même, en effet, qu'Eratosthène a trouvé, par des calculs géométriques, que la plus grande circonférence de la terre est de 252,000 stades, de même Pythagore a indiqué combien il y a de stades entre la terre et chacune des étoiles. Or, le stade particulier dont il s’agit dans cette mesure du monde est celui qu’on nomme italique, qui est de 625 pieds; car il y en a plusieurs autres , qui diffèrent pour la longueur : comme le stade olympique, de 600 pieds, et le pythique, de 1,000. Donc, de la terre à la lune, Pythagore a pensé qu’il y a environ 126,000 stades ; ce qui répond à l’intervalle d’un ton; que de la lune jusqu’à l'étoile de Mercure, étoile appelée en grec ott}6wv (scintillante), il y en a la moitié, ou un semi-ton; que de cette étoile à celle de Vénus, appelée coopos

(x) Les sept étoiles, alors connues, dont veut parler Censorin, sont : le soleil, la lune, Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne.

XHLL. De spalio cœli, terræque ambitu, siderumque dislantia.

Ad næc accedit, quoa Pythagoras prodidit, hune totum rmundum musica factum ratione : septemque stellas inter cœlum et terram vagas, quæ mortaliwm geneses moderautur, motum habere eüpubuov, et intervalla musicis diastematis congrua, sonitusque varios reddere , pro sua quamque altitudine , ita concordes , ut dulcissimam quidem concinant melodiam, sed nobis inaudibilem ; propter vocis magnitudinem, quam capere aurium nostrarum angusti® non possunt. Nam, uf Eratosthenes geometrica ratione collegit, maximum ferræ circuitum esse stadiorum CcLit millium : ita Pythagoras, quot stadia inter terram ef singulas stellas essent, indicavit. Stadium autem in hac mundi mensura id potissimum intelligendum est, quod Italicum vocant, pedum nexxv : nam sunt præterca et alia, longitudine discrepantia : ul Olympicum, quod est pedum pc; item Pythicum, pedum ci. Igitur ab terra ad Lunam Pythagoras putavit esse stadiorum circiter cxxvr millia, idque esse {oni intervallum ; a Luna autem usque ad Mer-

leur stellam , quæ 67) 6wv vocatur, dimidium ejus, veluli

(lumineuse) par les Grecs, il yen à environ autant, c’est-à-dire un autre semi-ton; que de celle-ei au soleil, il y a trois fois cette distance, qui équivaut à un ton et demi; qu'ainsi le soleil est éloigné de la terre de trois tons et un semi-ton, intervalle qu’on nomme diapente ; qu'il est éloigné de la lune de deux tons et demi, intervalle nommé diatessaron; que du soleil à l'étoile de Mars, étoile appelée en grec ruoocx (de feu), il y a la même distance que de la terre à la lune, ou l'intervalle d’un ton ; que de l'étoile de Mars à celle de Jupiter, appelée en grec gx£luv | étincelante),il y ena la moitié, ou un semi-ton; qu'il y en à autant de Jupiter à l’étoile de Saturne, appeléeen grec oxtvov (brillante) ({),ouunautre semiton; que delà au ciel supérieur ,où sont les signes, il y a aussi l'intervalle d’un semi-ton ; qu’ainsi, du ciel supérieur au soleil, il y a l'intervalle diatessaron, c’est-à-dire de deux tons et demi; et que, de la même partie du ciel au point le plus élevé de laterre, il y a six tons, ce qui donne la consonnance diapason. Il a, en outre, appliqué aux autres étoiles beaucoup de règles qui appartiennent à l’art musical, etila montré que tout cet univers est, comme il dit, évapuovtos {harmonieux}. Aussi Dorylas a-t-il écrit que le monde est l'instrument musical de Dieu ; d’autres ont même appelé le monde yopetov (saile de bal), à cause du mouvement continuel des sept étoiles errantes. Mais toutes ces choses demandent à être expliquées minutieusement, et ce n’est point ici le lieu : j'y consacrerais exprès un livre tout entier, que je me trouverais encore à l’étroit. Je me hâte donc (les charmes de la musique m'ayantentraîné trop loin) de revenir àmon sujet.

(x) Les Grecs flattaient Saturne, qui est une étoile assez obscure.

uirovoy ; hinc ad cwovopov, quæ est Veneris stella, fere tantumdem , hoc est aliud Autrovov : inde porro ad Solem ter tantum, quasi tonum et dimidium. Itaque Solis astrum abesse a terra tonos tres, et dimidium, quod vocatur ütà révre ; a Luna autem duos et dimidium, quod est êtx rec- 5ägwy : a Sole vero ad stellam Martis, cui nomen est rvpoetc, lantumdem intervalli esse, quantum a terra ad Lunam , idque facere r6voy; hinc ad Jovis stellam , quæ que- 6wy adpellatur, dimidium ejus, quod faciat Aurowov : tantumdem a Jove ad Saturni stellam, cui oxivwv nomen est, id est, aliud prove : inde ad summum cœlum, ubi signa sunt, perinde Auttovtov. Itaque a cœlo summo ad Solem diastema esse à teccdpwy, id est, duorum tonorum et dimidii : ad terræ autem summilatem ab eodem cœlo tonos esse sex, in quibus sit àx zacwv symphonia. Præterea mulla, quæ musici tractant, ad alias relulit stellas, et hunc omnem mundum évapuovioy esse oslendit. Quare Dorylaus scripsit, esse hunc mundum organum Dei ; ali addiderunt esse idem rù yopetov, quia septem sunt vagæ stellæ, quæ plurimum moveantur. Sed his omnibus subtiliter tractandis hic locus non est : quæ si vellem in uuum librum separatim congerere , Lamen in angustiis versarer. Quin potius ( quoniam me longius dulcedo musica abduxit ) ad propositum revertor.

XIV. Distinction des âges de l’homme, suivant l'opinion de quelques auteurs , et des années climatériques.

Maintenant que j'ai expliqué ce qui se passe avant le jour de notrenaissance, je dirai en quoi consistent les années climatériques, et comment} on a distingué les divers âges de l’homme. Varron pense que la vie humaine se divise en cinq époques égales, de quinze ans chacune, excepté la dernière. Ainsi, la première époque, qui va jusqu’à la quinzième année, comprend les enfants, lesquels sont nommés pueri, parce qu’ils sont purs, c'est-à-dire impubères ; la seconde, qui va jusqu’à trente ans, renferme les adolescents, ainsi appelés du mot adolescere (prendre de la vigueur); la troisième, jusqu’à quarante-cinq ans, comprend les jeunes gens appelés juvenes, parce qu'ils défendent (juvant) la république les armes à la main; la quatrième, jusqu’à soixante ans, renferme ceux qu’on appelle seniores, parce que le corps humain commence alors à vieillir (seneseere); la cinquième comprend tout le temps qui s’écoule ensuite jusqu'à la mort :.et cette classe est celle des vieillards (senes), dont le corps est déjà appesanti par l’âge (senio). Hippocrate le médecin divise la vie en sept périodes : la première, suivant lui, se termine à sept ans; la seconde, à quatorze; la troisième, à vingthuit; la quatrième, à trente-cinq; la cinquième, à quarante-deux ; la sixième, à cinquante-six ; et la septième s'étend jusqu’au dernier jour de.la vie. Quant à Solon, il en fait dix périodes, qu'il appelle semaines, en dédoublant la troisième, la sixième et la septième d’Hippocrate, de maniere à ce que chacune soit de sept ans. Staséas le pé-

XIV. Distinctiones ætatwin hominis, secundum opiniones multorum; deque annis climactericis.

Igitur, expositis iis, quæ ante diem natalem sunt: nune, ut climacterici anni noscantur, quid de gradibus ætatis humanæ sensum sit, dicam. Varro quinque gradus ætatis æquabiliter putat esse divisos; unumquemque scilicet, præ=… ter extremum, in annos xv. Itaque primo gradu usque ad annum xy, pueros dictos, quod sint puri, idest, impubes. Secundo ad xxx annum adolescentes, ab adolescendo sic nominatos. In tertio gradu qui erant, usque xLY annos, juvenes adpellatos, eo quod rempublicam in re militart possunt juvare. In quarto autem ad usque Lx annum, seniores esse Vocitatos, quod tune primum senescere Corpus incipiat. Inde usque finem vitæ. uniuscujusque, quintum gradum factum , in quo qui essent, senes adpellatos, quod ea ætate corpus senio jam laboraret. Hippocrates medicus in septem gradus ætates distribuit : finem primæ putavit VI anpum : secundæ XIV : terliæ XXHX : quartæ XXXY: quinlæ XLI : sextæ Lvi : seplimæ novissimum annum vitæ humanæ. Solon autem partes fecit decem : et Hippocratis gradum tertium, et sextum, et septimum, singulos bifariam divisit, ut unaquæque ætas annos habe= rel septenos. Staseas Peripateticus ad has Solonis decem

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ripatéticien, à ces dix semaines de Solon en ajouta deux, et assigna quatre-vingt-quatre ans pour dernier terme à Ja vie, comparant ceux qui dépassent cette limite aux coureurs du stade et aux conducteurs de quadriges, quand ils dépassent le but. Les Étrusques, dans leurs livres appelés Fatales (livres du destin), divisent aussi la vie de l’homme en douze semaines, d’après ce que nous apprend Varrou.

Jls pensent que l'on peut, par des prières, obtenir des dieux qu'ils éloignent le moment fatal, en ajoutant deux autres semaines aux dix premières; mais que, passé quatre-vingts ans, cette faveur ne doit être ni sollicitée ni obtenue des dieux; que l'homme, d’ailleurs, après quatre-vingt-quatre ans, perd insensiblement l'usage de ses facultés, et ne vaut pas de tels prodiges. Mais, de tous les auteurs, ceux-là me semblent avoir le plus approché de la vérité, qui ont divisé la vie humaine en semaines de sept années. C’est, en effet, après chaque période de sept ans que la nature opère en nous quelque changement et une sorte de révolution, comme nous l’apprend l’élégie de Solon. Dans la première semaine, l'homme, dit-il, perdses premières dents; davs la seconde, paraît le poil follet; la barbe Jui pousse dans la troisième ; il acquiert daus la quatrième toute sa force, et dans la cinquième la maturité nécessaire pour la procréation; la sixième modère ses passions ; la septième achève de perfectionner sa raison et son langage; cette perfection se maintient dans la huitième,et, suivant d'autres auteurs, ses yeux perdent de leur force; dans laneuvième, toutes ses facultés commencent à s’affaiblir; et la dixième le précipite vers la mort. Dans la seconde semaine pourtant, ou au commencement de la troisième, sa voix devient

hebdomadas addidit duas, et spatium plenæ vitæ quatuor et octoginta annorum esse dixit : quem terminum si quis præterit, facere idem quod otaëtoôcouo ac quadrigæ faciunt, cum extra finem procurrunt : Etruscis quoque libris Fatalibus ætatem hominis duodecim hebdomadibus describi Varro commemorat : quæ duo ad decies septenos annos posset fatalia deprecando rebus divinis proferri : ab anno autem octogesimo nec postulari debere, nec posse ab diis impetrari. Cæterum, post annos ocloginta quatuor a mente sua homines abire, neque his fieri prodigia. Sed

- ex iis omnibus proxime videntur accessisse naturam , qui

hebdomadibus humanam vitam emensi sunt. Fere enim post seplimum quemque annum articulos quosdam, et in his aliquid novi natura ostendit. Ut et in elegia Solonis cognoscere datur. Ait enim, in prima hebdomade dentes homini cadere ; in secunda, pubem adparere ; in tertia, barbamn nasei; in quarta, vires; in quinta, maturitatem ad stirpem relinquendam ; in sexta, cupiditatibus temperari ; in seplima, prudentiam linguamque consummari ; in octava, eadem manere; in qua alii dixerunt, oculos albescere ; in nona omnia fieri languidiora ; in decima , hominem fieri morti maturum : * tamen in secunda hebdomade, vel incipiente lerlia, vocem crassiorem, et inæ- GENSCORIN.

plus forte, mais inégale, ee qu’Aristote appelait roxyiceiv (muer de la voix (1}), et nos pères Airquilallire ; aussi nommaient-ils les jeunes gens de cet âge Lirquitalli, parce que leur corps commence à sentir le bouc (Aircus). Quant au troisième âge, qui comprend les adolescents, les Grecs y ont distingué trois degrés, avant que l'adolescent devienne homme : ainsi ils l’appellent ais (enfant) à quatorze ans; mehképn6o {bientôt pubère) à quinze; £gn60s (pubère) à seize, et &5£pn60s (ex-pubère) à dix-sept. Il y a encore beaucoup de choses à apprendre sur ces semaines, dans les livres des médecins et des philosophes. Ils nous enseignent que, comme dans les maladies les septièmes jours sont périlleux et appelés xpioruot (critiques) par les Grecs, de même, dans tout le cours de la vie, chaque septième année amène des dangers et comme des crises, qui l'ont fait nommer xAuaxrnpuxov (2) (climatérique). Parmi ces années, il en est même que les astrologues regardent comme plus critiques que les autres : les plus dangereuses, suivant eux, sont celles qui terminent chaque période de trois semaines, c’est-à-dire la vingt et unième année, la quarante-deuxième, puis la soixantetroisième, etenfin la quatre-vingt-quatrième, qui est celle dont Staséas a fait le terme de la vie. D'autres, en assez grand nombre, n’admettent qu'une année climatérique; cette année, la plus critique de toutes, est la quarante-neuvième, qui est composée de sept septenaires ; et la plupart des auteurs se sont rangés à cette opinio 1, à cause de linfluence attribuée aux nombres carrés. Enfin Piaton, le plus grand des philo-

(x) Ce mot grec veut dire également sentir le bouc ctentrer dans Tage de puberte; et cette double signification est commune aussi au

mot latin hirquitallire. — (2) C'étaient les ( haldcens qui avaient donné ec nom aux années dont il s’agit. V. Aulu-Gelle (1. ILE, €. 10.

quabilem fieri. Quod Aristoteles adpellat rpæyieiv, antiqui nostri hirquitallire, et inde ipsos putant hirquitallos adpellari, quod tum corpus hireum olere incipiat. De tertia autem ætate adolescentulorum tres gradus esse factos in Græcia, prius quam ad viros perveniatur , quod vocenl annorum quatuordecim roïôa : :})ézn60v aulem quindecim ; dein sedecim Eyr60ov; tum septemdecim, £épn6ov. Præterea mulla sunt de his hebdomadibus, quæ medici ac philosophi libris mandaverunt. Unde adparet, ut in morbis dies septimi suspecti sunt, ac xstouuo dicuntur; ita per omnem vilam, septimum quemque annum periculosum, et velut xptouovesse , et xkaxtngrzov Vocari. Sed ex his genethliaci alios aliis difficiliores esse dixerunt. Et nonnulli, eos potissimum, quos ternæ hebdomades conficiunt, putant observandos, hoc est, unum et vicesimum, el quadragesimum secundum, dein tertium et sexagesimum, postremum octogesimum et quartum, in quo Staseas termioum vitæ defixit. Alii autem non pauci unum omnium difficillimum #wæxtñox prodiderunt, anno scilicet undequinquagesimo , quem complent anni septies septeni : ad quam opinionem plurimorum consensus inclinal : nam quadrati numeri potentissimi ducuntur. Denique Plato ille ( venia cæterorum ) philosophus sanctissimus, quadrato nus

sophes (sans déprécier les autres), a pensé que la vie humaine a pour limite le carré de neuf, qui donne quatre-vingt-un ans. Il y en a même qui ont admis les deux nombres précédents, c'est-à-dire quarante-neuf et quatre-vingt-un, appliquant le plus petit aux enfants nés pendant la nuit, et le plus grand aux enfants nés pendant le jour. Plusieurs philosophes, guidés par une autre pensée, ont établi entre ces deux nombres une distinction assez ingénieuse, disant que le nombre septenaire regarde le corps, et le novenairel’âme ; quele premier, qui intéresse lasanté, est attribué à Apollon, et l’autre aux Muses, parce que les maladies de l’âme, que les Grecs appellent xa&ôn, sont souvent calmées et guéries par la musique. Aussi ont-ils fixé la première année climatérique à quarante-neuf ans, ia dernière à quatre-vingt-un, et l'intermédiaire, qui participe des deux autres, à soixante-trois, nombre composé de neuf semaines, ou de sept neuvaines d’années. Quoique celle-ci soit, aux yeux de quelques-uos, ïa plus critique, en ce qu’elle intéresse à la fois le corps et l'âme (1), je la regarde, moi, comme moins dangereuse que les autres. Car si elle contient les deux nombres désignés plus haut, elle n’est pourtant le carré d’aucu d’eux; et malgré le rapport qu’elle a avec l’un et avec l’autre, elle n’en a point l'influence : aussi cette année-là n’a-t-elle été fatale qu’à bien peu d'hommes célèbres de l'antiquité. On peut m'opposer Aristote de Stagire; mais telle était, dit-on, la faiblesse naturelle de son tempérament et la continuité des maux qui assaillirent son corps débile, et auxquels il n’opposait que sa force

(x) Voyez Aulu-Gelle, 1. IX, €. 7.

mero annorum vitam humanam consummari pulavit, novenario, qui complet annos octuaginta et unum. Fuerunt etiam , qui utrumque reciperent numerum, undequinquagesimum et octogesimum unum : et minorem nocturnis genesibus, majorem diurnis adseriberent. Plerique aliter moti, duos istos numeros subtiliter discreverunt, dicentes , septenarium ad corpus, novenarium ad animum per-

tinere : hune medicinæ corporis, et Apollini adtributum ; !

illum Musis; quia morbos animi, quos adpellant xabn, musica lenire ac sanare consueverit. Itaque primum xt vario annum quadragesimum et nonum esse prodiderunt ; ultimumautemoctogesimum et unum ; medium vero, ex utroque permixtum , anno terlio et sexagesimo, quem vel hebdomades novem, vel seplem enneades conficiunt Hunc licet quidam periculosissimum dicant, quod et ad corpus, et ad animum pertineat : ego tamen cæteris duco infirmiorem, Nam utrumque quidem supradictum continetnumeram, sed neutrum quadratum : et ut est ab utroque non alienus, ita in neutro potens : nec mullos sane, quos vetustas claros nomine celebrat, hie annus absumsit, Aristotelem Stagiritem reperio : sed hunc ferunt naturalem stomachi infirmilatem crebrasque morbidi corporis offensiones adeo virlute animi diu sustentasse , ut magis mirum sit, ad annos sexaginta tres eum vitam pertulisse, quam ultra noa profulisse.

d'âme, qu’il est plus étonnant que sa vie se soit prolongée jusqu'à soixante-trois ans, qu'il ne l’est qu’elle n'ait point dépassé ce terme.

XV. De l'époque de la mort de quelques hommes célèbres. Eloge de Q. Cérellius.

C’est pourquoi, vertueux Cérellius, puisque tu as, Sans aucune incommodité, passé cette même année, la plus critique de toutes, je redoute moins pour toi les autres années climatériques, qui offrent moins de danger. Je sais, d’ailleurs, que chez toi c’est plutôt l’âme que le corps qui domine; et les hommes ainsi faits ne payent point le tribut à la nature avant d’avoir atteint cette quatre-vingt-unième année, qui est, suivant Platon, le terme légitime de la vie, et qui le fut de la sienne. C’est à cet âge que Denys d'Héraclée, pour mourir, se priva de nourriture, et que DiogeneleCynique, au contraire, périt étouffé par l'indigeste exeès des aliments. Eratosthène, qui mesura lemonde , etleplatonicien Xénocrate, chef de l’ancienne Académie, ont vécu jusqu’à cette année-là. Il y en a même qui, triomphant à force d'énergie morale, de leurs maux corporels, ont dépassé cette limite : témoin Carnéade, fondateur de la troisième Académie, appelée nouvelle; témoin Cléanthe, qui accomplit sa quatre-vingtdix-neuvième année. Xénophane de Colophon parvint à plus de cent ans; Démocrite d’Abdère et le rhéteur Isocrate vécurent, dit-on, presque autant que Gorgias le Léontin, qui atteignit l’âge le plus avancé dans toute l’antiquité, et dépassa cent huit ans. Que si ces disciples de la sagesse, soit par leur force d'âme, soit par une loi du destin, ont joui d’une aussi longue vie, je ne

XV. De diversorum hominum clarorum tempore mortis : deque laudibus Q. Cerellii.

Quare, sanctissime Cerelli, cum istum annum, qui maxime fuerat corpori formidolosus, sine ullo incommodo transieris : cæteros , qui leviores sant, xAaxtñpas, minus tibi exfimesco, præsertim cum in te animi potius, guam corporis naturam, sciam dominari : eosque viros, qui tales fuerunt, non prius vita excessisse, quam ad annum illum octogesimum et unum pervenerint, in quo Plato finem vitæ et legilimum esse existimavit, et habuit. Hoc anno et Diouysius Heracleotes, ut vita abiret, cibo abstinuit :et contra Diogenes Cynicus cibi cruditate in choleram solutus est. Eratosthenes quoque, illeorbis terrarum mensor, et Xenocrates Platonieus, veteris Academiæ princeps, ad eumdem annum vixerunt. Non pauci etiam, per animi spiritum , molestiis corporis superalis, limitem istum transgressi sunt : ut Carneades, a quo tertia Academia est, quæ dicitur nova; vel Cleanthes, qui uno minus centum explevit. At Xenophanes Colophonius major annorum centum fuit. Democritum quoque Abderiten, et Isocratem rhetorem, ferunt prope ad id ætatis pervenisse, quo Gorgian Leontinum, quem omnium vetérum maxime senem fuisse, et octo supra centum annos habuisse constaf. Quod si cultoribus sapientiæ , sive per animi virtutem,

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- doute point que, grâce à la vigueur où tu as maintenu ton âme et ton corps, une vieillesse encore plus longue ne te soit réservée. Qui pourrionsnous, en effet, citer parmi les anciens, qui te soit supérieur pour la sagesse, pour la tempérance, pour la justice, pour la grandeur d'âme? Qui d’en- - tre eux, s’il vivait, ne te prendrait pour unique modèle dans l’éloge detoutes les vertus ? Qui rougirait de ne venir qu'après toi dans ce panégyri- . que? Mais ce qui, suivant moi, est surtout digre d’admiration, c’est que, s’il n’a été donné à presque aucun d'eux, malgré leur extrême prudence et leur éloignement des affaires publiques, de vivre sans encourir des reproches et souvent des haines capitales ; toi, qui as rempli des fonctions municipales; que les honneurs du sacerdoce ont placé à la tête de tes concitoyens; que la dignité de l’ordre équestre a élevé au-dessus du rang d’un habitant de province, non-seulement tu as toujours été exempt de reproche et de haine, mais tu as su encore te concilier l'amour et l'estime de tous. Qui n’a recherché dans l’ordre illustre du sénat l'honneur d’être connu de toi, ou qui ne l’a envié dans les rangs plus modestes du peuple? Quel homme t’a vu, ou te connaît seulement de nom, qui ne te chérisse comme son propre frère, et ne te vénère comme un membre de sa famille? Qui ne sait que la plus scrupuleuse probité, une fidélité à toute épreuve, une bonté incomparable, une modestie et une retenue sans égales, enfin toutes les vertus humaines, se trouvent réunies en toi, et à un tel degré, qu’il ne serait possible à personne de les louer dignement? Aussi ne m'arrêterai-je pas à les célébrer. Je ne dirai rien non plus de ton

seu lege fali, diutina obtigit vita : non despero, quin te quoque, diu corpore atque animo valentem , longior manest senectus. Quem enim velerum nunc memoria suspicimus, quem prudentia,vel temperantia, vel justitia, vel foitiludine, tibi antislare dicemus? quis eorum, si adesset, non in Le omnium virtutum prædicalionem conferret? quis tuis laudibus se postponi erubesceret? Illud certe, ut arbitror, dignum est prædicatione, quod, cum illis ferme omnibus , quamvis prudentissimis, et procul a republica motis, non conligerit sine offensione , et odio plernmque capitali, vitam degere : tu tamen, officiis monicipalibus functus, honore sacerdotii in principibus tuæ civitatis conspicuus, ordinis eliam eqneslris dignilale sradum prowincialium supergressus , non modo sine reprehensione, et invidia semper fuisti; verum eliam oinium omnino amorern, cum maxima gloria consecutus es. Quis a te nosci, aut ex amplissimo senalus ordine non expetivit, aut ex humiliore plebis non optavit? Quis mortalinm vel te vidit, vel de tuo nomine acceperit, quin et loco frais germani diligat, et vice parentis veneretur? Quis ignorat, probitalem primam, fidem summam, benignitafem jucredibilem, modestiam, verecundiamque singularem , cæteraque humanitatis officia penes te unum esse? et quidem majora, quam possint digne a quoquam referri. Quare et ego his nunc commemorandis supersedebo. De

éloquence , qui est connue de tous les tribunaux, de tous les magistrats de nos provinces, et qui a fait l'admiration de Rome et du plus auguste auditoire. Elle se recommande assez d'elle-même et à notre siècle et aux âges futurs.

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