‹ Celse, Vitruve, Censorin (œuvres complètes), FrontinChapitre 241 sur 265 · XVI. De tempore et de œvo · texte numérisé non relu

XVI. De tempore et de œvo

Nunc vero, quatenus de die natali scribo, meum munus implere conabor; tempusque hodiernum, quo maxime flores, quam potero lucidissimis notis signabo : ex quo etiam primus ille tuus natalis liquido noscetur. Tempus aulem non diem tantummodo, vel meusem, vel annum vertentem, adpello; sed et quod quidam lustrum, aut anoum magnum vocant, et quod sæculumnominant. Cæterum de ævo, quod est tempus unum et maximum, non mullum est, quod in præsenlia dicatur :est enim immeusum, sine origine, sine fine, quod eodem modo semper fuit, et semper futurum est, neque ad quemquam hominum magis, quam ad alterum pertinet. Hoc in tria dividiturtempora, præteritum, præsens, futurun : ex quibus præteritum initio caret, exitu futurum : præsens aulem, quod medium est, adeo exiguum, et incomprebensibile est, ut nullam recipiat longitudinem, neque aliud esse videatur , quam transacti futurique conjunctio : adeo porro instabile, nt ibidem sit nunquam ; et quidquid transcurrit, a futuro decerpit, et adponit præterito. Hæc inter se term-

que l'autre, ce qui n’a point de limites n’étant susceptible d'aucune mesure. Je n’essayerai donc point de mesurer le temps (ævum) par un nombre quelconque ou d'années ou de siècles, ni enfin par aucune révolution du temps fini : car ces divisions n’équivaudraient point, auprès du temps infini, à une seule heure d’hiver (1). Aussi, dans l'examen que je vais faire des siècles passés, et pour la désignation de l’âge présent, laissant de côté ces temps auxquels les poëtes ont donné les roms d'âge d’or, d'âge d'argent et d’autres encore, je prendrai pour point de départ la fondation de Rome, notre patrie commune.

XVII. Du siècle; ce que c'est, d’après l'opinion de divers auteurs; ce que c’est, d'après les rituels des Étrusques. Ce qu’est le siècle des Romains. De l'institution des jeux séculaires, et de leur célébration jusqu'au temps des empereurs Septime (2) et M. Aurèle Antonin. Du jour natal de Q. Cérellius.

Les siècles étant ou naturels ou civils, je par- Jerai d’abord des siècles naturels. Un siècle est la plus longue durée de la vie humaine : il a pour limites la naissance d’un homme et sa mort. Ceux qui ont restreint le siècle à un espace de trente ans, me semblent donc avoir commis une grande erreur. Suivant Héraclite, en effet, ce laps de temps est appelé yevèx (génération), parce qu’il se fait dans cet espace une révolution d’âge d'homme, etonappellerévolution d’âge d’homme

(x) Les Romains divisant la durée du jour en douze parties ou heures, l'hiver comme l’eté, leurs heures d'hiver étaient nécessairement moins longues que celles d'été, et pouvaient servir, comme dans cette phrase, à désigner un très-court espace de temps. Voy. Varron, De Ling. lat. 1. VI, 8, et Vitruve, 1. IX, c. 6.

«2, Septime Sévère.

pora, anteactum dico, et futurnm, neque paria sunt, neque ila, ut alterum altero longius breviusve videatur : quidquid enim non habet finem, collationem mensuræ non recipit. Quapropter ævum neque annorum , neque sæeulorum numero , nec denique ullo finiti temporis modulo metiri conabor : hæc enim ad ætatem infinitam non sunt brumalis unius instar horæ. Itaque, ut sæcula possim pereurrere, et hoc nostrum præsens designare, omissis aureis, argenteisque, et hoc genus poeticis, a conditu urbis Romæ, patriæ nostræ communis , exordiar.

XVIL. Sæculum, quidsit? ex diversorum definitione : ilemque ex dibris Rilualibus. Romanorum sæculum, quale sit? De ludorum sæcularium institutione, eorumque celebratione usque ad imperatores Septimium et M. Aurelium Antoninum : item de die natali Q. Cerellii.

Et quoniam sæcula aut naturalia sunt, aut civilia, prius de naturalibus dicam. Sæcuium autem est spatium vitæ homanæ longissimum, partn et morte definitum. Quare qui annos triginta sæeulum putaront, multum videntur errasse. Hoc enim tempus yeveav vocari Heraclitus auctor est : quia orbis ætatis in eo sit spatio. Orbem autem vocant ætatis, dumnatura humana a sementi ad sementem

l'intervalle compris entre le moment où l'homme recoit la naissance et celui où il la donne. Or, le nombre d’années dont se compose une génération a été diversement fixé. Hérodicus assigne à une génération. vingt-cinq années ; Zénon, trente. Quant à la durée du sièele, c’est une question dont l'examen ne me paraît pas avoir été fait jusqu'ici avec assez de soin. Beaucoup de choses incroyables ont été écrites à cet égard par les poëtes et même par les historiens grecs, qui auraient dû tenir davantage à ne pas s'éloigner de la vérité; témoin Hérodote, dans lequel nous lisons qu’Arganthonius, roi des Tartesses, vécut cent cinquante ans ; témoin Éphorus, qui rapporte que les Arcadiens prétendaient que quelques-uns de leurs anciens rois en avaient véeu trois cents. Je laisse de eôté ces récits, comme fabuleux. Mais cette diversité d’opinions se retrouve même parmi les astrologues, qui cherchent la vérité dans l'inspection des astres et des signes célestes. Épigène fixe à cent douze ans la durée de la plus longue vie humaine, et Bérose à cent seize années; d’autres ont prétendu qu’elle peut se prolonger jusqu’à cent vingt ans; quelques-uns même, au delà de ce terme. Il en est qui ont pensé que la durée n’en est pas la même partout, mais qu’elle varie dans chaque pays, suivant l’inclinaison particulière du ciel vers l’horizon, ce que les Grecs appellent xhtua (climat). Mais, bien que la vérité soit obscure et cachée, les rituels des Étrusques semblent enseigner en quoi consistent, dans chaque État, les siècles naturels; et voici, d’après ces livres, comment s'établit le commencement de chaque siècle. Remontant au jour de la fondation des villes et des États, on cherche, parmi

revertitur. Hoc quidem yeveäçtempus alii aliter definierunt. Herodicus annos quinque et viginti scribit dici yeveév; Zenon triginta. Sæculum autem quid sit, usque adhue arbilror ad subtile examinatum non esse. Poeiæ quidem multa incredibilia scripserunt , nec minus historici Græci : quamvis eos a vero non par fuit recedere : ut Herodotus ; apud quem legimus , Arganthonium , Tartessiorum regem, centum et quinquaginta annorum fuisse : ut Ephorus; qui tradit, Arcadas dicere , apud se reges antiquos aliquot ad trecentos vixisse annos. Veram hæc, ut fabulosa, prætereo. Sed inter ipsos astrologos, qui in stellarum signorumque ratione verum scrutantur, nequaquam etiam con= venit. Epigenes in centum duodecim annis longissimam vitam constituit; Berosus autem in centum sedecim; alii ad centum viginti annos produci posse, quidam etiam ultra crediderunt. Fuerunt, qui non idem putarent ubique observandum, sed varie per diversas regiones, prout in singulis sit cæli ad circulum finitorem inclinatio, quod vocatur xkiuo. Sed, licet veritas in obscuro lateat, tamen in una= quaque civitate quæ sint naturalia sæeula, Rituales Etruscorun libri videntur docere : in quis scriptum esse fertur, initia sie poni sæculorum; quo die urbes atque civitates consutuerentur : de his, qui eo die nati essent , eum, qui diutissime vixisset, die mortis suæ primi sæculi modulum

DU JOUR NATAL. 373

ceux qui naquirent ce jour-là, celui qui a vécu le plus longtemps , et le jour de sa mort marque la fin du premier siècle. Parmi ceux dont la naissance remonte à cette époque, c’est celui quia vécu le plus longtemps dont la mort sert aussi à marquer la fin du deuxième siècle; et ainsi se mesure la durée des sièclessuivants. Mais, dans leur ignorance de la vérité, les hommes ont pensé que les dieux les avertissaient par des prodiges de la fin de chaque siècle. Consommés dans l’art des aruspices , les Étrusques, après avoir observé ces prodiges avec attention, les ont consignés dans leurs livres. Aussi les anpales de l'Étrurie, écrites, comme nous l’apprend Varron, dansle cours de leur huitième siècle, nous disent-elles combien de siècles sont réservés à cette nation, combien sont écoulés , et par quels prodiges est signalée la fin de chacun d’eux. Ainsi nous lisons que les quatre premiers siècles ont été de cent cinq années , le cinquième de cent vingt-trois, le sixième de cent dix-neuf, comme le septième; que le huitième s'écoule, et qu'il ne reste plus à s’accomplir que le neuvième et le dixième, après lesquels doit finir le nom étrusque. Quant aux siècles des Romains, quelques auteurs pensent qu'on les distingue par les jeux séculaires. Si l'on tient pour vraie cette opinion, la durée du siècle romain est incertaine ; car on ignore après quels intervalles de temps ces jeux ont été célébrés autrefois, et même à quelles époques ils doivent l'être. On en avait fixé le retour après chaque centième année, si l’on en croit non-seulement Valérius d’Antium et d’autres historiens, mais encore Varron, qui, dans son premier livre des Origines scéniques, s'exprime ainsi : « Comme

finire : eoque die, qui essent reliqui in civitate, de his rursum ejus mortem, qui longissimam ætatem egisset, finem esse sæculi secundi. Sic deinceps tempus reliquorum terminari. Sed ea, quod ignorarent homines, portenta mitti divinitus, quibus admonerentur, unumquodque sæculum esse finitom. Hæc portenta Etrusci, pro haruspicü disciplinæque suæ peritia, diligenter observata in libros retulerunt. Quare in TusCis historiis, quæ octavo eorum sæculo scriptæ sunt, ut Varro teslatur, et quot numero sæcula ei genti data sint, et transactorum singula quanta fuerint, quibusve ostentis eorum exitus designati sint, continetur. Jlaque scriplum est, quatuor prima sæcula, annorum fuisse centum et quinque : quintum, centum viginti trium; sextum, undevigin{i el centum : septimum, totidem ; octavum tum demum agi; nonum, et decimum superesse : quibus transactis finem fore nominis Etrusci. Romanorum autem sæcula quidam ludis sæcularibus putant distingui. Cui rei fides si certa est, modus Romani sæculi est incertus. Temporum euim intervalla, quibus ludi isti debeant referri, non modo quanta fuerint retro, ignoratur : sed ue quanta quidem esse debeant, scitur. Nam ila institutum esse, ul centesimo quoque anno fierent, id, cum Antias aliique historici auctores sunt, {um Varro de Sceuicis originibus libro primo ila scrip-

il s’était manifesté plusieurs prodiges, et que le mur et la tour qui sont entre la porte Colline et la porte Esquiline venaient d’être frappés par le feu du ciel , les décemvirs, après avoir interrogé les livres sibyllins , declarèrent qu'il fallait célébrer les jeux séculaires dans le champ de Mars, en l'honneur de Pluton et de Proserpine, et immoler des victimes noires à ces divinités ; ajoutant que ces jeux devaient être renouvelés tous les cent ans. » On lit aussi dans Tite-Live, au livre cxxxvI : « Dans la même année, César fit revivre avec une grande pompe l'institution des jeux séculaires, qu’il est d'usage de célébrer tous les cent ans, c’est-à-dire à la fin de chaque sieele. » D'un autre côté, c’est tous les cent dix ans qu'ils doivent revenir, si l’on s’en rapporte, soit aux commentaires des quindécemvirs, soit aux édits du divin Auguste. Aussi Horace, dans l'hymne qui fut alors chanté aux jeux séeulaires de son temps, en a-t-il désigné l’époque en ces termes :

« Qu'une révolution certaine de dix fois onze années ramène ces chants et ces fêtes, auxquels accourt la foule pendant trois jours de splendeur et autant de nuits d’allégresse. »

Si l’on déroule les annales des temps anciens, on trouve bien plus d'incertitude encore. C’est en effet après l’expulsion des rois, et l’an 245 de la fondation de Rome, que Valérius Publicola instituales premiers jeux séculaires, suivant ce que dit Valérius d’Antium ; tandis que, d’après les commentaires des quindécemwvirs, ils furent institués dans l’année 298, sous le consulat de M. Valérius et de Sp. Verginius. Les seconds jeux

tum reliquit : Cum mulla portenta fierent, et murus ac turris, quæ sunt intra portam Collinam el Esquilinam, de cœlo essent tacta, et ideo libros Sibyllinos decemviri adissent ; renuntiarunt, uli Diti patri,et Proserpinæ, ludi Terentini in campo Martio fierent , et hostiæ furvæ immolarentur ; utique ludi centesimo quoque anno fierent. {tem T. Livius libro cxxxv1: Æodem anno ludos sæculares Cæsar ingenli adparatu Jecit; quos centesimo quoque anno (is enim terminus sæculi) fieri mos. At contra, ut decimo centesimoque anno repetantur, tam Commentarii quindecimvirorum, quam D. Augusti edicta {eslari videnlur. Adeo ut Horalins Flaccus in carmine, quod sæcularibus ludis cantatum est, id tempus hoc modo designaverit :

Certus undenos decies per annos Orbis ut cantus referatque ludos Tertlie clara, totiesque grata Nocte frequentes.

At enim, temporum si veterum revolvantur annales, longe magis in incerto invenietur. Primos enim ludos sæculares exactis regibus post Romam couditam annis | cexzv à Valerio Publicola instilulos esse, Valerius | Antias ait : at quindecimvirorum Commentarii anis | cerxxxx var, M. Valerio, Sp. Verginio coss., secundos lu-

furent célébrés, selon Valérius d’Antium, l'an 305 de la fondation de Rome, et, d'apres les commentaires des quindécemvirs, l’an 408, sous le deuxième consulat de M. Valérius Corvinus, qui avait pour collègue C. Pétilius. Les troisièmes, suivant Valérius et Tite-Live, eurent lieu sous le consulat de P. Claudius Pulcher et de C. Junius Pullus, ou, comme cela est écrit dans les livres des quindécemvirs, en l'an 518, sous le consulat de P. Cornélius Lentulus et de C. Licinius Varus. Quant à l’année des quatrièmes -jeux , il y a trois opinions contradictoires. Valérius, Varron et Tite-Live disent qu'ils eurent lieu sous le consulat de L. Marcius Censorinus et de M. Manilius, l'an 605 de la fondation de Rome; mais Pison Censorius , Cu. Gellius et Cassius Hémina, lequel vivait à cette époque, affirment qu'ils furent célébrés trois années plus tard, sous leconsulatde Cn.Cornélius Lentulusetde L. Mummius Achaïeus, c’est-à-dire en 608 ; enfin, dans les commentaires des quindécemvirs, ils sont rapportés à l’année 628, sous le consulatde M. Emilius Lépidus et de L. Aurélius Orestès. Lescinquièmes jeux furent célébrés par César-Auguste et Agrippa l'an 737, sous le consulat de C. Furnius et de C. Junius Silanus. Les sixièmesle furent par T. Claudius César, alors consul pour la quatrième fois avec L. Vitellius, qui l'était pour la troisième, l’an de Rome 800; les septièmes, par Domitien, sous son quatorzième consulat et sous celui de M. Minucius Rufus, en l’an 841; les huitièmes, par lesempereurs Septime et M. Aurèle Antonin, sous le consulat de Cilon et de Libon, l’an de Rome 957. On peut donc remarquer que ce n’est ni tous les cent ans, nitous les cent dix ans, que ces jeux doivent êtres célébré. Et ouand bien même

dos, ut Antias vult, anno post Urbem condifam quinto trecentesimo : ut vero in Commentariis quindecimvirorum scriptum est, anno octavo et quadringentesimo; M, Valerio Corvino iterum, C. Pœætilio coss. Tertii ludi fnerunt, Antiate Livioque auctoribus, P. Claudio Pulchro, C. Junio Pullo coss., aut, ut in libris quindecimvirorum scriptum est , anno quingentesimo duodevicesimo , P. Cornelio Lentulo, C. Licinio Varo coss. De quartorum ludorum anno triplex opinio est. Antias enim, et Varro, et Livius, relatos esse prodiderunt, L. Marcio Censorino, M. Manilio coss., post Romam conditam pcy. At Piso Censorius, et Cn. Gellius , sed et Cassius Hemina, qui illo tempore vivebat, post annum factos tertium adfirmant, Cn. Cornelio Lentulo, L. Mummio Achaico coss., id est, anno pGvin. In quindecimvirorum autem Commentariis notantur sub anno pxxvIn, M. Æmilio Lepido, L. Aurelio Oreste coss. Quintos ludos C. Furnio, C. Junio Silano coss. anno pCCxXx VII, Cæsar Augustus et Agrippa fecerunt. Sextos autem fecit T. Claudius Cæsar, se rv, et L. Vitellio 1 coss. anno10ccc. Septimos Domilianus, se x1V, et L. Minucio Rufo coss., anno 19CCGxLI. Octavos imperatores Septimius et M. Aurelius Antoninus, Cilone et Libone coss. anno 19GcccLvi. Hine animadvertere licet, neque post

on aurait autrefois observé l’une ou l’autre de ces périodes, cela ne suffirait point pour qu'on püt affirmer que les jeux séculaires ont marqué constamment la fin d’un siècle; d'autant plus que dans l'intervalle de deux cent quarante-quatre ans, qui s’est écoulé depuis la fondation de Rome jusqu’à l'expulsion des rois, personne ne nous dit que ces jeux aient été célébrés; et cet intervalle est sans contredit plus long qu’un siècle naturel. Que si . quelqu'un, par la seule étymologie du mot, était porté à croire que les siècles se distinguaient par les jeux séculaires, qu’il sache que ces jeux peuvent avoir été ainsi nommés parce que généralement chaque homme les voit une fois dans sa vie. C'est ainsi que, dans ie langage habituel, on dit de beaucoup d’autres choses qui se voient rarement, qu’elles n'arrivent qu’une fois dans un siècle. Mais si nos ancêtres n'avaient point de règle fixe pour le nombre d'années dont se compose un siècle naturel, ils en avaient pour la durée du siècle civil, auquel ils donnaient cent ans; témoin Pison, qui s'exprime ainsi dans sa septième Annale : « Rome, dans la 596° année de sa fondation, voit un nouveau siècle s'ouvrir sous le consulat qui précède immédiatement celui de M. Eoilius, de M. F. Lépidus et de C. Popilius, consul pour la seconde fois, et absent. » Mais nos pères ont eu plusieurs motifs pour adopter ce nombre de cent ans : d'abord, ils avaient vu un certain nombre de leurs concitoyens vivre jusqu’à cet âge; ensuite ils voulurent sur ce point, comme sur beaucoup d’autres, imiter les Étrusques, dont les premiers siècles avaient été de cent années. Cela peut venir aussi de ce qu'à Alexandrie, comme le rapportent Varron et l’astrologue Dioscoride, c'est une opinion reçue

centum annos, ut hi referrentur ludi, statum esse, neque post cenlum decem. Quorum etiamsi alterutrum retro fuisset observatum , non tamen id satis argumenti esset, quo quis his ludis sæcula discerni constanter adfirmet ; præserüim cum ab Urbis primordio, ad reges exaclos, annos cexLIV factos esse, nemo sit auctor. Quod tempus procul dubio naturali majus est sæculo. Quod si quis credit, ludis sæcularibus sæcula discerni, sola nominis origine inductus : sciat, sæculares dici potuisse, quod plerumque semel fiant hominis ætate. Ut multa alia, quæ raro fiunt : post sæeulum evenire, loquentium consuetudo usurpat. Sed nostri majores, quod naturale sæculum quantum esset, exploratum non habebant, civile ad certum annorum modulum centum statuerunt; testis est Piso, in cujus Annali septimo scriptum est sic : Roma condila anno IoxcvI sœæculum accipil, his consulibus quis proximi suntconsules M. Æmilius, M. F. Lepidus, €. Popiliusn absens. Sed, ut hune numerum constituerent nostri, none nibil causæ fuit; primum, quod mullos suorum civium ad hanc ætatem vitam producere videbant: dein quod Etrus: cos, quorum prima sæcula centenum fuerant annorum, eliam hic, ut in aliis plerumque, imitari voluerunt. Præterea fieri potest, quod refert Varro, quodque Diosco.

DU JOUR NATAL

parmi ceux qui ont l'habitude d'embaumer les morts, que l’homme ne peut vivre plus de cent ans ; opinion qu'ils tirent de l'examen du cœur de eux qui ont péri le corps sain, et exempt de toute altération. Comme, en pesant le cœur à différentes époques, ils ont observé les accroissements et les pertes de chaque âge, ils prétendent que cet organe pèse, à un an, deux drachmes; à deux ans, quatre, et qu'il augmente ainsi de deux drachmes chaque année jusqu’à cinquante ans, qu'à partir de la cinquantième année, où ce poids est de cent drachmes, chacune des autres lui en ôte deux; d'où il résulte qu'à cent ans, il est redescendu au poids de la première année, et que la vie ne peut se prolonger au delà. Puis done que le siècle civil des Romains est de cent années, on peut voir que c’est dans le dixième que se trouvent ton jour patal et l'anniversaire qui s’en renouvelle aujourd'hui. Quant au nombre de sièeles réservés à la ville de Rome, ce n’est pas à moi d’en parler : je dirai pourtant ce que j'ailu dans Varron, qui nous apprend, dans le dix-huitième livre de ses Antiquités, qu'il y eut à Rome un certain Vettius, fort habile dans l’art des augures, doue d’un grand esprit, égal dans la critique aux plus savants, et qu'il lui a entendu dire, « Que si les choses se sont, en effet, passées comme le rapportent les historiens, touchant les augures et Jes douze vautours qui ont signalé la fondation de Rome, le peuple romain, ayant dépassé plein de force le terme de cent vingt ans, était assuré de parvenir à douze cents années. »

XVIII. De la grande année, suivant les opinions de divers auteurs ; de plusieurs autres sortes d'années ; des olympiades ; des lustres,

rides astrologus scripsit, Alexandriæ inter eos, qui mortuos solent conservare, conslare, hominem plus centum annis vivere non posse : id cor bumanum declarare eorum, qui integri perierunt sine corporis tabe. Eo, quod id multis annis pendendo, omnis ælalis incrementa et diminutiones observent : et anniculi pendere duas drachmas, bimi quatuor, et sic in annos singulos, usque ad quinquaginta , accedere binas ; ab iis centum drachmis ab anno quinquagesimo ilem decedere in unoquoque binas. Ex quo perspicuum sit, centesimo anno redire ad anni primi pon- … dus, nec longius vitam posse produci. Quoniam igitur civile Bomanorum sæculum centum annis transigitur, scire licet, in decimo sæculo et primum nalalem tuum fuisse, et hodiernum esse. Quot autem sæcula urbi Romæ debeantur, dicere meum non est : sed, quid apud Varronem legerim, non tacebo, qui libro Antiquitatum duodevicesimo ait, fuisse Vetlium Romæ in augurio non ignobilem, ingenio magno, cuivis docto in disceptando parem; eum se audisse dicentem : Siita esset, ut traderent historici, de Romuli urbis condendæ auguriis, ac duodecim vulturibus; quoniam cxx annos incolumis præteriisset populus Roinanus, ad mille et ducentos perventurum.

XVIII. De anno magno, secundum diversorum opiniones ; item de diversis aliis annis; de olympiadibus,

et des jeux Capitolins; en quelle année ce

Page 1