‹ Celse, Vitruve, Censorin (œuvres complètes), FrontinChapitre 3 sur 265 · __——— LIBER PRIMUS · texte numérisé non relu

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Ut alimenta sanis corporibus agricultura, sic sanitatem ægris medicina promittit. Hæc nusquam quidem non est : siquidem eliam imperitissimæ gentes herbas, aliaque prompta in auxilium vulneram morborumque noverunt. Veruntamen apud Græcos aliquanto magis, quam in celeris nationibus, exculta est; ac ne apud hos quidem a

. prima origine, sed paucis ante nos sæculis : utpote cum vetustissimus auctor Æsculapius celebretur. Qui quoniam adhuc rudem et vulgarem hanc scientiam paulo subtilius excoluit, in deorum numerum receptus est. Hujus deinde duo fil, Podalirius et Machaon, bello Trojano ducem Agamemnonem secuti, non mediocrem opem commilitonibus suis attulerunt. Quos tamen Homerus non in pestilentia, neque in variis generibus morborum aliquid attulisse auxilii, sed vulneribus tantummodo ferro et medica-

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On peut voir dans le même auteur que les maladies étaient attribuées à la colère des dieux immortels, et que c’est d'eux aussi qu'on implorait sa guérison. Malgré cette indigence de moyens curatifs , il est à présumer qu’en général la santé des hommes se maintenait prospère , grâce à la pureté des mœurs, que la débauche et l’oisiveté n'avaient point corrompues. Ces deux causes ont énervé les corps, chez les Grecs d’abord, puis chez nous; et de là vient que toutes les ressources de l’art, autrefois inutiles, inutiles même encore à certaines nations, suffisent à peine à conduire quelques-uns d’entre nous aux portes de la vieillesse. Depuis les hommes dont je viens de parler, aucun autre ne s’illustra dans l’exercice de la médecine, jusqu'au temps où se manifesta pour l'étude des lettres une ardeur plus vive, ardeur aussi contraire à la santé du corps qu’elle est nécessaire au développement de l’esprit. La médecine alors faisait partie de la philosophie, et les mêmes écrivains alliaient à la contemplation des choses natureiles l'étude de l'art de guérir. Cette recherche les oceupait d'autant plus, qu’ils avaient épuisé leurs forces par les veilles et la méditation. Aussi voyonsnous que les connaissances médicales étaient familières à un grand nombre de philosophes et même aux plus célèbres, tels que Pythagore, Empédocle et Démocrite. Mais de tous ceux

mentis mederi solitos esse proposuit. Ex quo apparet, has partes medicinæ solas ab his esse tentatas, easque esse vetuslissimas. Eodemque auctore disci potest , morbos tum ad iram deorum immortalium relatos esse, et ab lisdem opem posei solilam. Verique simile est, inter nulla auxilia adversæ valetudinis, plerumque tamen eam bonam contigisse ob bonos mores , quos neque desidia, neque luxuria vitiarant. Siquidem hæc duo corpora, prius in Græcia, deinde apud nos aflixerunt. Ideoque multiplex isia médicina, neque olim, neque apud alias gentes necessaria, vix aliquos ex nobis ad senectutis principia perducit. Ergo eliam post eos, de quibus retuli, nulli clari viri medicinam exercuerunt; donec majore studio litterarum disciplina agitari cœpit, quæ ut animo præcipue omnium necessaria, sic Corpori inimica est. Primoque medendi scientia, sapientiæ pars habebatur, ut et morborum curatio, et rerum naturæ contemplalio sub iisdem auctoribus nata sit : scilicet tis hanc maxime requireutibus, qui corporum suorum robora quieta cogitatione, nocturnaque vigilia minuerant. Ideoque multos ex sapientiæ professoribus peritos ejus fuisse accepimus ; clarissimos vero ex üis Pythagoran, et Empedoclem, et

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qui ont acquis des droits à la mémoire des hommes, Hippocrate de Cos, disciple, à ce qu’on croit, de Démocrite, et non moins illustre par le savoir que par l’éloquence, est le premier qui a séparé la médecine de la philosophie. Dioclès de Caryste, Praxagore et Chrysippe, puis Hérophile et Érasistrate, cultivèrent successivement la science après lui, et l’engagèrent dans des voies diverses. Elle fut vers cette époque divisée en trois branches, Pune traitant de l’alimentation, la seconde des médicaments, et la troisième du secours de la main. Les Grecs appelèrent la première diététique, la seconde pharmaceutique, et la troisième chirurgicale. La branche médicale dont l’objet est de guérir par le régime compte les plus grands écrivains, qui, s’efforçcant d'approfondir la science, cherchèrent à pénétrer la nature même des choses, persuadés que sans cela la médecine serait toujours impuissante et mutilée. Sérapion, venant après eux, fut le premier de tous à prétendre que la méthode rationnelle ne convient pas à la médecine, qui doit consister tout entière dans la pratique et l’expérience. Cette opinion fut admise par Apollonius et Glaucias, un peu plus tard par Héraclide de Tarente et d’autres médecins recommandables, qui, conformément à leur manière d'exercer, prirent le nom d'empiriques. Il s'établit ainsi dans la médecine diététique une nouvelle division : les uns en appelant au raisonnement, et les autres se bornant à la pratique. Les idées transmises par les médecins dontona fait mention ne subirentaucun changement jusqu’au temps où Asclépiade vint renouveler presque en entier l'exercice de l’art.

Democritum. Hujus autem, ut quidam crediderunt, discipulus Hippocrates Cous, primus quidem ex omnibus memoria dignis, ab studio sapientiæ disciplinam hanc separavit, vir et arte et facundia insignis. Post quem Diocles Carystius, deinde Praxagoras et Chrysippus, tum Herophilus et Erasistratus sic artem hanc exercuerunt, ut etiam in diversas curandi vias processerint. lisdemque temporibus in tres parles medicina diducta est : ut una esset, quæ victu; altera, quæ medicamentis; tertia, quæ manu mederetur. Primam &ourntuv, secundam oapuaxevrtxv, tertiam yepoupyuxny Græci nominarunt. Ejus autem quæ victu morbos curat, longe clarissimi auctores etiam altius quædam agitare conati, rerum quoque naturæ sibi cognitiouem vindicarunt, tamquam sine ea, trunca et debilis medicina esset. Post quos Serapion, primus omnium, nibil banc rationalem disciplinam pertinere ad medicinam, professus, in usu tantum et experimentis eam posuit. Quem Apollonius, el Glaucias, et aliquanto post Heraclides Tarentinus, et alii quoque non mediocres viri secuti, ex ipsa professione se éuetpxods appellaverunt. Sic in duas partes ea quoque, quæ victu curat, medicina divisa est, aliis rationalem artem, aliis usum tantum sibi vindicantibus : nullo vero quidquam post eos, qui supra comprehensi sunt, agitante, nisi quod acceperat : donec Asclepiades medendi rationem ex magna parte mutavit. Ex

Enfin l’un de ses successeurs, Thémison, parvenu à la vieillesse, s’est à son tour écarté de sa doctrine dans ces derniers temps. Ce sont là les hommes auxquels la profession médicale a dû jusqu'à nous ses plus grands progrès.

Des trois parties de la médecine, celle qui guérit par le régime étant la plus difficile et la plus relevée, il convient de commencer par elle. Mais comme nous rencontrons dès le début une divergence d'opinions, puisque les uns n’admettent que l'autorité des faits, tandis qu'aux yeux des autres l'expérience est insuffisante, si l’on n’y joint la connaissance intime du corps et des choses naturelles ; nous allons exposer les principales raisons émises des deux côtés, afin de pouvoir donner plus facilement notre sentiment personnel. Les partisans de la médecine rationnelle posent donc en principe que le médecin doit connaître les causes occultes et prochaines, puis les causes apparentes des maladies ; connaître ensuite les actions naturelles, et en dernier lieu la composition des organes internes. Ils appellent causes occultes celles qui conduisent à rechercher quels sont les principes des corps, et ce qui constitue la bonne et la mauvaise sante ; car il leur paraît impossible d’assigner un traitement convenable à des maladies dont on ignore la source. On ne saurait non plus mettre en doute que le traitement changera, selon que la maladie reconnaîtra pour cause, ainsi que l'ont voulu certains philosophes, l'excès ou le défaut d’un des quatre éléments. Il sera différent, si l’on place le principe morbide dans l'humide, avec Hérophile, ou dans le preuma, avec Hippo-

cujus successoribus Themison nuper ipse quoque quædam in senectute deflexit. Et per hos quidom maxime viros salutaris ista nobis professio increvit.

Quoniam autem ex tribus medicinæ partibus, ut difficillima , sic etiam clarissima est ea, quæ morbis medetur, ante omnia de hac dicendum est. Et quia prima in eo dissensio est, quod alii sibi experimentorum tantummodo notitiam necessariam esse contendunt ; ali, nisi corporum rerumque ratione comperta, non satis potentem usum esse proponunt : indicandum est, quæ maxime ex utraque parte dicantur, quo facilius nostra quoque opinio ine terponi possit. Igitur üi, qui rationalem medicinam profitentur, hæc necessaria esse proponunt : abditarum et morbos continentium causarum notitiam, deinde evidentium, post hæc etiam naturalium actionum, novissime partium interiorum. Abditas causas vocant, in quibus requiritur, ex quibus principiis nostra corpora siut, quid secundam, quid adversam valetudinem faciat. Neque enim credunt , posse eum scire , quomodo morbos curare conveniat, qui, unde hi sint, ignoret. Neque esse dubium, quin alia curationeopussit, si ex quatuor principiis vel superans aliquod vel deficiens adversam valetudinem creat; ut quidam ex sapientiæ professoribus dixerunt : alia, si in humidis omne vitiumest; ut Herophilo visumest : alia, si in spiritu ; ut Hippocrali: alia, si sanguis in eas venas, quæ spiri-

crate; différent, si, comme le dit Érasistrate, le sang , en s’'épanchant dans les veines destinées à recevoir les esprits, excite l’inflammation, que les Grecs nomment veyuovñ, et si cette inflammation soulève un mouvement qui n’est autre que la fièvre : il ne sera plus le même enfin, si, selon l'opinion d’Asclépiade, les atomes en cireulation s'arrêtent dans les pores imperceptibles . du corps, et en déterminent l'obstruction. Celuilà donc guérira plus sûrement, qui ne se sera pas mépris sur la cause première de la maladie. La nécessité de l'expérience est aussi reconnue par les dogmatiques : seulement, disent-ils, on ne peut y arriver sans le secours du raisonnement. Et en effet, les anciens médecins n’ordonnaient pas aux malades la première chose venue ; mais après avoir mürement pesé ce qui convenait le mieux à leur état , ils mettaient à l'épreuve les moyens auxquels leurs conjectures les avaient conduits. Que ces moyens aujourd’hui soient pour la plupart consacrés par l’usage, cela n’importe guère, si le raisonnement en a précédé l'application; et c’est aussi ce qui a lieu dans un grand nombre de cas. D’ailleurs il se présente souvent des maladies nouvelles sur lesquelles l'expérience n’a pu rien prononcer encore, et dont il faut pourtant rechercher l’origine, attendu que, sans cela, personne au monde ne pourrait trouver la raison qui doit faire préférer tel remède à tel autre. C'est d’après de semblables considérations qu’ils s'appliquent à pénétrer les causes enveloppées d’obscurité. Dans les causes qu'ils appellent évidentes , ils veulent savoir si c’est à l'influence de la chaleur ou du froid , de l’abstinence ou de l’excèsalimentaire, ou de toute autre circonstance

fui accommodatæ sunt, transfond:tur, et inflammationem, quam Græci 2eyuovñy nominant, excitat, eaque inflammatio talem motum efficit, qualis in febre est; ul Erasistrato placuit : alia, si manantia corpuscula, per invisibilia foramina subsistendo, iter claudunt; ut Asclepiades contendit. Eum vero recle curaturum, quem prima origo causæ non fefellerit. Neque vero inficiantur, experimenta quoque esse necessaria; sed ne ad hæc quidem aditum fieri potuisse, nisi ab aliqua ratione, contendunt. Non enim quidlibet antiquiores viros ægris inculcasse ; sed cogitasse, quid maxime conveniret, el id usu explorasse, quo ante conjeclura aliqua duxisset. Neque interesse, an nune jam pleraque explorata sint, si a consilio tamen cœ- - perunt. Et id quidem in multis ita se habere. Sæpe vero etiam nova incidere genera morborum, in quibus nihil adhuc usus ostenderit; et ideo necessarium sit animadertere, unde ea cœperint; sine quo nemo mortalium reperire possit, cur hoc, quam illo, potius utalur. Et ob hæc quidem in obscuro positas causas persequuntur. Evi- dentes vero eas appellant, in quibus quærunt, inilium morbi calor attulerit, an frigus ; fames, an satietas ; et quæ Similia sunt. Occursurum enim vitio dicunt eum, qui originem non ignorarit. Nalurales vero corporis actiones appellant, per quas spiritum trahimus et emittimus ; ci-

analogue, qu’il faut rapporter l'invasion de la ma- Jadie; car si l’on a pu remonter à la source du mal, ils pensent qu'il sera facile d'en prévenir les suites. Sous le nom d’actions naturelles du corps ils désignent les phénomènes de la respiration, de la déglutition, de la digestion et de la nutrition. Ils voudraient connaître encore par quelle raison le pouls des artères s'élève et se déprime alternativement, et quelle autre raison produit le sommeil et la veille. Dans l'ignorance de ces causes , ils estiment que personne n’a le pouvoir de prévenir ou de guérir les maladies qu'elles ont fait naître. Comme parmi ces fonctions la digestion paraît jouer le principal rôle, ils s’y attachent particulièrement; etlesuns, prenant pour guide Érasistrate, croient qu’elle a lieu par trituration; les autres, avec Plistonicus, disciple de Praxagore, pensent que c’est par putréfaction ; d’autres enfin, sectateurs d’'Hippocrate , l'expliquent par la coction. Mais surviennent, les élèves d’Asclépiade, qui déclarent ces idées vaines, et dépourvues de fondement : la matière n’est pas soumise à la coction; elle passe à l'état de crudité, et telle qu’on l’a prise, dans tout le corps de l’homme. Ils sont donc peu d'accord sur ce point, mais ils conviennent que le régime alimentaire doit varier suivant l'hypothèse admise sur la digestion : si les aliments sont broyés dans l'estomac, on devra choisir ceux qui cèdent le plus facilement à la trituration ; et s’ils se putréfient, ceux qui arrivent le plus vite à la putréfaction : s’il y a coction des aliments par chaleur interne, c’est à ceux qui en développent le plus qu’il faudra s'arrêter; mais il n’y a pas à s'occuper de ce dernier choix si la digestion ne

bum potionemque et assumimus et concoquimus : itemque, per quas eadem hæc in omnes membrorum partes digeruntur. Tum requirunt etiam, quare venæ nostræ modo submittant se, modo attollant; quæ ratio somni, quæ viligiæ sit : sine quorum notitia, neminem putant vel occurrere, vel mederi morbis , inter hæc nascenlibus, posse. Ex quibus quia maxime pertinere ad rem concoctio videtur, huic potissimum insistunt; et duce alii Erasistrato, teri cibum in ventre contendunt; alii Plistonico Praxagoræ discipulo, putrescere ; alii credunt Hippocrati, per calorem cibos concoqui : acceduntque Asclepiadis æmuli, qui, omnia ista vana et supervacua esse, proponunt : nihil enim concoqui, sed crudam materiam, sicut assumpta est, in corpus omne diduci. Et hæc quidem inter eos parum constant : illud vero convenit, alium dandam cibum laboranlibus, si hoc; elium, si illud verum est. Nam si teritur intus, eum quærendum esse, qui facillime teri possit; si putrescit, eum, in quo hoc expeditissimum est; si calor concoquit, eum, qui maxime calorem movet : at nibil ex his esse quærendum, si nihil concoquilur; ea vero sumenda, quæ maxime manent, qualia assumpta sunt. Eademque ratione, cum spiritus gravis est, Cum somnus aut vigilia urget, eum mederi posse arbitrantur, qui, prius illa ipsa qualiter evepiant,

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se fait pas ainsi, il faudra prescrire alors les substances qui résistent le mieux à toute altération. Par la même raison, lorsqu'on observe de l'embarras dans la respiration, de l'assoupissement ou de l’insomnie, il sera possible d'indiquer le remède, si d’avance on a pu pénétrer les conditions intimes de ces divers états. De plus, la douleur et des maladies d'espèce différente pouvant envahir nos organes intérieurs, ils ne voient aucun moyen, si l’onn’en connaît pas lastructure, de les ramener à leur intégrité. 11 y a done nécessité de se livrer à l'ouverture des cadavres pour seruter les viscères et lesentrailles ; et même Hérophile et Érasistrate ont bien mieux fait, en ouvrant tout vivants les criminels que les rois leur abandonnaïent au sortir des cachots, afin de saisir sur le vif ce que la nature leur tenait caché, et d'arriver à connaître la situation des organes, leur couleur, leur forme, leur grandeur, leurs dispositions, leur degré &@e consistance ou de mollesse, l’état poli de leur surface, leurs rapports, leurs saillies et leurs dépressions ; de voir enfin quelles sont les parties qui s’insèrent aux autres, ou qui au contraire les reçoivent au milieu d'elles. En effet, quand survient une douleur interne, peut-on en désigner exactement lesiége, si l’on ignore la position des viscères et des partiesintérieurementsituées ? et comment traiter un organe malade dont on ne se fait pas même une idée ? Qu'’une blessure, par exemple, mette à nu les viscères, celui qui ne connaît pas la coloration naturelle de chäque partie ne saura pas distinguer l’état d'intégrité de l'état d’altération, ct ne pourra dès lors porter remède à la lésion. L'application des médicaments externes devient aussi plus efficace lorsque le siége, la forme et

perceperit. Præter hæc, cum in interioribus partibus et dolores et morborum varia genera nascantur, neminem putant his adhibere posse remedia, qui ipsas ignoret. Necessarium crgo esse incidère corpora mortuorum , eorurmque viscera atque intestina scrutari; longeque oplime fecisse Herophilum et Erasistratom, qui nocentes homines, a regibus ex carcere acceptos, vivos inciderint, considerarintque, etiamhum spiritu remanenle, ea, quæ natura ante clausisset, éorumque positum, colorem, figuram, mägnitudinem, ordinem, duritiem, mollitiem, lævorem, contactum; processus deinde singulorum et recessus, ét sive quid inserilur alteri, sive quid partem alterius in se recipit. Neque enim, cum dolor intus incidit, scire quid doleat, eum, qui qua parte quodque viseus intestinumve sit, non cognoverit : neque curari id quod ægrum est, posse ab eo, qui, quid sit, ignoret. Et cum per vulnus alicujus viscera patefacla sunt, eum, qui sanæ cujusque coloren partis ignoret, nescire quid integrum, quid corruptum sit; ideo ne succurrere quidem posse corruptis. Aptiusque extrinsecus imponi remedia , compertis interiorum et sedibus et figuris, cognitaque eorum maguitudine : similesque omnia quæ posita sunt, raliones habere. Neque esse crudele, sicut plerique propo-

la grandeur des organes internes sont bien dé- M

terminés. Toutes ces considérations s'appliquent également aux choses énoncées plus haut. Il n’y a donc pas de cruauté, comme on l’a prétendu, à chercher dans le supplice d’un petit nombre de criminels les moyens de conserver d'âge eu âge des générations innocentes.

Ceux au contraire qui se nomment Empiriques parce qu'ils s’appuient sur l'expérience, regardent bien comme nécessaire la connaissance des causes évidentes; mais ils soutiennent qu'il est oiseux d’agiter la question des causes occultes et des actions du corps, attendu que la nature est impénétrable : et la preuve qu'on ne peut la comprendre, c'est la discorde qui règne dans cette discussion, puisque ni philosophes ni médecins n’ont jamais pu sur ce point se mettre d'accord entre eux. En effet, pourquoi se ranger au sentiment d’'Hippocrate plutôt qu’a celui d'Hérophile, à celui d'Hérophile plutôt qu’à l'opinion d’Asclépiade? Si l’on a égard aux raisonnements, ils paraissent tous également plausibles ; si l’on tient compte des guérisons, tous les médecins ont ramené des malades à la santé. On ne peut donc rejeter les objections ni l'autorité des uns et des autres. Si l’art de raisonner faisait les mé-M decins, il n’y en aurait pas de plus grands ques les philosophes ; mais ils ont en excès la sciences des mots, et n’ont point celle qui guérit. La mé: decine d’ailleurs varie selon les lieux, et sera différente à Rome, en Égypte, où dans la Gaule à si pourtant les mêmes causes engendraient pars tout des maladies semblables , les mêmes remèdes devraient partout convenir. Souvent encore [as cause se montre évidente, comme dans les cas

d’ophthalmie et de blessures, sans que cela con» Le

nunt, hominum nocentium, et horum quoque paucorumel suppliciis remedia populis innocentibus sæculorum om nium quæri. ñ

Contra üi, qui se éuretprxod ab experientia nominantÿs evidentes quidem causas, ut necessarias, amplectuntur & obscurarum vero causarum et naturalium actionum qnæs slionem ideo supervacuam esse contendunt, quoniam nolM comprehensibilis natura sit. Non posse vero comprehendi, patere ex eorum, qui de his disputarunt, discordia ; cum de ista re, neque inter sapientiæ professores , neque intenk ipsos medicos conveniat. Cur enim polius aliquis Hippoœ crati credat, quam Herophilo? eur buic potius, quam Asclepiadi ? Si rationes sequi velit, omnium posse viderh non improbabiles; si curationes , ab omnibus his ægros perductos esse ad sanitalem : ita neque disputationi, nes que auctoritati cujusquam fidem derogari oportuissem Etiam sapienliæ studiosos maximos medicos esse, Si, raliocinatio hoc faceret : nune illis verba superesse, deessé, medendi scientiam. Differre quoque, pro natura locorumÿ|, genera medicinæ ; et alind opus esse Romæ, aliud in Æs gypto, aliud in Gallia. Quod si morbos eæ causæ fa rent, quæ ubique eædem essent, remedia quoque ubk que eadem esse debuisse. Sæpe etiam causas appareref

duiseau moyen curatif. Siles causes évidentes ne peuvent guider la science, celles qui sont douteuses le pourront bien moins encore: et puisqu'il n’y a là qu'incertitude et mystère, mieux vaut s’appuyer sur les choses certaines et reconnues, celles qui dans le traitement des maladies ont recu la sanction de l'expérience. Il en estainsi pour tous les arts; c'est par la pratique et non par la controverse qu'on devient agriculteur ou pilote. On doit croire que la médecine peut se passer de ces eonjectures , puisqu’avec des opinions contraires on a vu les médecins réussir également à sauver leurs malades. S'ils ont obtenu ce résultat, ce n’est pas en vertu des causes occultes et des actions naturelles, qu’ils expliquaient diversement, mais parce que chacun d'eux avait découvert par expérience la marche à suivre dans le traitement. Il n’est pas vrai qu'à son origine la médecine ait été la conséquence des questions qu’on s'était posées, car elle est née de l'observation des faits. Parmi les malades qui n'avaient pas encore de médecins, les uns, livrés à leur intempérance, ayant pris des aliments dès les premiers jours, et les autres s'étant abstenus par répugnance, on remarqua que la maladie de ces derniers en recevait plus de soulagement ; de même on voyait des malades dont les uns avaient mangé pendant la fièvre, d’autres peu de temps avant l’accès, et d’autres seulement après la rémission complète, et ceux-ci s'en trouvaient infiniment mieux; enfin, les uns mangeant avec excès au début du mal, et les autres prenant peu de nourriture, ceux qui s'étaient gorgés d’aliments ajoutaient par cela même au danger de leur état. Chaque jour des accidents semblables

ut pula lippitudinis, vulneris; neque ex his patere medicinam. Quod si scientiam hanc non subjiciat evidens causa , multo minus eam posse subjicere, quæ in dubio est. Cum igitur ïlla incerta, incomprehensibilis sit, a cerlis potius et exploratis petendum esse præsidium ; id est iis, quæ experientia in ipsis curationibus docuerit ; sicut in ceteris omnibus artibus. Nam ne agricolam quidem aut gubernatorem disputalione, sed usu fieri. Ac nihil istas cogilationes ad medicinam pertinere, eo quo-

que disci, quod qui diversa de his senserint, ad eamdem

temen sanilatem homines perduxerint. Id enim fecisse, quia non ab obseuris causis, neque a naturalibus actionibus, quæ apud eos diversæ erant, sed ab experimenlis, prout cuique responderant, medendi vias traxerint. Ne inter initia quidem ab istis quæstionibus deductam

esse medieinam, sed ab experimentis. Ægrorum enim qui

sine medicis erant, alios propter aviditatem primis diebus protinus cibum assumpsisse, alios propter fastidium abstinuisse; levatumque magis eorum morbum esse, qui abstinuerant. Itemque alios in ipsa febre aliquid edisse, alios paulo ante ea, alios post remissionem ejus ; optime deinde is cessisse, qui post finem febris id fecerant. Eademque ratione alios inter principia protinus usos esse cibo pleniore, alios exiguo; gravioresque eos

se reproduisant, des observateurs attentifs prirent soin de noter les moyens qui réussissaient le mieux dans la plupart des cas , et commencèrent à les prescrire aux malades. C’est ainsi que la médecine a pris naissance, et qu'ayant pour exemples le rétablissement des uns et la mort des autres , elle a pu discerner ce qui était salutaire ou pernicieux. Puis, les remèdes étant déjà trouvés, les hommessesont mis à disserter sur leur emploi. Donc la médecine n’est pas venue après le raisonnement, mais le raisonnement après la médecine. La théorie d’ailleurs confirme l’expérience, ou la contredit : si elle n’apprend rien de plus ,ele est inutile, et nuisible si elle enseigne autre chose. Sans doute il a fallu d’abord avec un soin extrême éprouver les vertus des médicaments; mais elles sont aujourd’hui bien reconnues, et comme on n’a plus à découvrir de nouvelles espèces de maladies, on n’a pas à rechercher une médication nouvelle. S'il se présente maintenant quelque affection ignorée, le médecin ne doit pas pour cela remonter aux causes obscures, mais examiner aussitôt de quelle maladie connue celle-ci se rapproche leplus, pour lui appliquer les remèdes qui souvent ont été suivis de succès dans des cas à peu près semblables. En procédant ainsi par analogie, on arrivera sûrement au traitement convenable. Ce n’est pas à dire pourtant que la réflexion soit inutile au médecin, etque l’animalsansraison puisse exercer l’art de guérir; mais on prétend que toutes ces conjectures sur les causes cachées ne vont pas au fait, et qu’il est moins important de connaître ce qui engendre la maladie que ce qui la guérit. De même il vaut mieux ignorer comment se fait

factos, qui se implerant. Hæc similiaque cum quotidie inciderent , diligentes homines notasse, quæ plerumque melius responderent : deinde ægrotantibus ea præcipera cæpisse. Sic medicinam ortam, subinde aliorum salute, aliorum interitu, perniciosa discernentem a salutaribus Repertis deinde jam remediis, homines de rationibus eorum disserere cœæpisse : nec post rationem, medicinam esse inventam, sed post inventam medicinam, rationem esse quæsitam. Requirere etiam, ratio idem doceat quod experientia, an aliud : si idem, supervacuam esse; si aliud, etiam contrariam. Primo tamen remedia exploranda summa cura fuisse, nunc vero jam explorata esse ; neque aut nova genera morborum reperiri, aut novam desiderart medicinam. Quod si jam incidat mali genus aliquod ignotum , non ideo {amen fore medico de rebus cogitandum obscuris : sed eum protinus visurnm, cui morbo id proximum sit; tentaturumque remedia similia illis, quæ vicino malo sæpe succurrerint; et per ejus similitudinem opem reperturum. Neque enim se dicere, consilio medicum non egere , et irrationale animal hane artem posse præstare ; sed has latentium rerum conjecturas ad rem non perlivere; quia non intersit, quid morbum faciat, sed quid tollat ; neque [ad rem pertineat], quomodo, sed quid oplime digeratur; sive hac de causa

la digestion et savoir ce qui se digère le mieux, quelle que soit la manière dort cette fonction s’accomplit, par coction, ou par simple dissolution. Au lieu d'interroger les causes de la respiration, il est préférable de chercher les moyens d’en faire cesser la gêne et la lenteur; et, plutôt que de se demander à quoi tiennent les battements des artères, il convient d'étudier la valeur des signes fournis par les variétés du pouls. Or, ces notions nous viennent de l'expérience. Dans toutes les discussions de ce genre on peut discourir également pour et contre, et triompher par son esprit et son éloquence ; les maladies cependant ne se guérissent point avec de belles paroles, mais avec le secours des médicaments : un homme privé du don de s'exprimer, mais versé dans la pratique, serait certes un plus grand médecin que s’il avait cultivé l’art de bien dire, sans s'appuyer sur l'expérience. Jusque-là ces diverses théories ne sont qu'inutiles; mais ce qui est cruel, c’est d'ouvrir les entrailles à des hommes vivants et de faire d’un art conservateur de la vie humaine l'instrument d’une mort atroce, surtout quand les questions qu’on essaye de résoudre à l’aide de ces affreuses violences, ou demeurent complétement insolubles, ou pourraient être éclaircies sans crime. Car la couleur, le poli, la mollesse, la dureté et les autres conditions des organes ne restent point, sur le sujet qu'on vient d'ouvrir, ce qu’elles étaient avant les incisions; et puisque chez ceux qui n'ont point à les souffrir, la crainte, la douleur, la faim, une indigestion, la fatioue et mille autres légères incommodités viennent souvent modifier tous ces caractères, il est bien plus à croire que les parties intérieures, douées d’une

concoctio incidat, sive de illa; et sive concoctio sit illa, sive tantum digestio. Neque quærendum esse quomodo spiremus, sed quid gravem tardumque spiritum expediat : nèque quid venas moveat, sed quid quque motus genera signilicent. Hæc autem cognosci experimentis. Et in omnibus ejusmodi cogitationibus in utramque partem disseri posse : itaque ingenium et facundiam vincere; morbos autem, non eloquentia, sed remediis curari. Quæ si quis elinguis usu discreta bene norit, huncaliquanto majorem medicum futurum, quam si sine usu linguam suam excoluerit. Atque ea quidem, de quibusest dictum, supervacua esse tantummodo; id vero, quod restat, etiam crudele : vivorum hominum alvum atque præcordia incidi, et salutis humanæ præsidem artem, non solum pestem alicui, sed hanc etiam atrocissimam inferre; cum præsertim ex iis, quæ tanta violentia quærantur, alia non possint omnino cognosci, alia possint eliam sine scelere. Nam colorem, lævorem, mollitiem, duriliem , similiaque omnia, non esse talia, inciso corpore, qualia integro fuerint : quia cum, corporibus inviolatis, hæc tamen metu, dolore, inedia , cruditate, lassitudine, mille aliis mediocribus affectibus sæpe mutentur ; multo magis Ycrisimile est, interiora, quibus major mollities, lux ipsa

délicatesse plus grande, et qui ne sont pas appelées à recevoir la lumière, seront profondément altérées par des blessures si graves et une mort si violente. Quelle folie de s'imaginer que, sur l'homme mourant ou déjà mort, les choses vont demeurer les mêmes que pendant la vie! On peut, il est vrai, ouvrir à un homme vivant le bas-ventre, qui renferme des organes moins importants; mais dès que le scalpel en remontant vers la poitrine aura divisé la cloison transversale (diaphragme des Grecs) qui sépare les parties supérieures des inférieures, cet homme rendra l’âme au même instant. C’est ainsi que le médecin homicide parvient à découvrir les viscères de la poitrine et du ventre; mais ils se présentent à lui tels que la mort les a faits, et non plus tels qu'ils étaient vivants : de sorte qu'il a bien pu égorger son semblable avec barbarie, mais non pas savoir dans quelles conditions se trouvent nos organes lorsque la vie les anime. S'il en est quelques-uns cependant que le regard puisse pénétrer avant la mort, le hasard ne les offre-t-il pas souvent au médecin? Le gladiateur dans l'arène, le soldat dans un combat, le voyageur assailli par des brigands , ne sontils pas quelquefois atteints de blessures qui laissent voir à l’intérieur telle partie chez celui-ci, telle autre chez celui-là ? si bien que sans manquer à la prudence le praticien peut apprécier le siége, la position, l’arrangement, la forme et les autres qualités des organes, tout en ayant pour but non le meurtre, mais la guérison; et de la sorte il ne doit qu’à son humanité les lumières que les autres n’obtiennent que par des actes impitoyables. Ces raisons conduisent à regarder comme inutile même la dissection des

nova sit, sub gravissimis vulneribus et ipsa trucidatione mutari. Neque quidquam esse stultius, quam quale quidque vivo homine est, tale existimare esse moriente, immo jam mortuo. Nam uterum quidem, qui minus ad rem pertineat, spirante homine posse diduci : simulatque vero ferrum ad præcordia accessit, et discissam transversum septum est, quod membrana quadam superiores partes ab inferioribus diducit (à gpayux Græci vocant) hominem protinus animam amittere : ita mortui demum præcordia et viscus omne in conspectum latrocinantis medici dari necesse est tale, quale mortui sit, non quale vivi fuit. Itaque consequi medicum ut hominem crudeliter jugulet; non ut sciat, qualia vivi viscera habeamus. Si quid tamen sit, quod adhuc spirante homine conspectui subjiciatur, id sæpe casum offerre curantibus. Interdum enim gladiatorem in areua, vel militem in acie, vel viatorem a latronibus exceptum sic vulnerari, ut ejus interior aliqua pars aperiatur, et in alio alia : ita sedem, positum, ordinem, figuram, similiaque alia cognoscere prudentem medicum, non cædem, sed sanitatem molientem; idque per misericordiam discere, quod ali dira crudelitate cognoveriet. Ob hæc, ne mortuorum quidem lacerationem ne*

cadavres. Cette opération sans doute n'est pas ; crate, Érasistrate, et tous ceux qui, ne voulant

cruelle, mais elle estrepoussante, et la plupart du temps ne met sous les yeux que des organes changés par la mort, tandis que le traitement enseigne tout ce qu’il est possible de connaître pendant la vie.

On a tant écrit sur ces questions, qui parmi les médecins ont été souvent et sant encore l’objet des plus vives controverses, qu'il est utile d'exposer les idées auxquelles nous reconnaissons le plus grand degré de vraisemblance, Dans cette manière de voir, on n’adopte exclusivement aucune opinion , de même qu'on n’en rejette aueune d’une manière absolue ; mais on conserve un moyen terme entre ces sentiments contraires, et c’est en général le parti que doivent prendre, dans les discussions, ceux qui recherchent la vérité sans ambition, comme dans le cas présent. Les philosophes, en effet, même les plus instruits , ne peuvent savoir de science certaine, mais seulement par conjecture, quelles sont en dernière analyse les causes qui maintiennent la santé ou produisent les maladies, non plus que celles qui président à la respiration, à la déglutition et à la digestion. Il n’y a pas à cet égard de notions positives, et par conséquent unesimple opinion ne peut faire découvrir un remède infaillible. C’est donc l'expérience qui, dans la pratique médicale, apporte le plus utile secours. Mais ainsi qu'il y a dans les arts un grand nombre de sujets qui, sans relever directement de leur étude, leur servent pourtant d’auxiliaires en stimulant le génie de l’artiste; de même, si la contemplation des choses naturelles ne fait pas le médecin, elle le rend du moins plus apte à exercer la médecine. Il est naturel de penser qu'Hippo-

cessariam esse; quæ elsi non crudelis, tamen fœda sit; eum aliter pleraque in mortuis se habeant : quantum vero in vivis cognosci potest, ipsa curatio ostendat.

Cum hæc per multa volumina, perque magnæ contentionis disputationes a medicis sæpe tractata sint atque tractentur : subjiciendum est, quæ proxima vero videri possint. Ea neque addicta alterutri opinioni sunt, neque ab utraque nimium abborrentia ; media quodammodo inter diversas sententias : quod in plurimis contentionibus deprehendere licet, sine ambilione verum scrutantibus , ul in hac ipsa re. Nam quæ demum causæ, vel secundam valetudinem præstent, vel morbos excitent; quomodo spirilus, aut cibus, vel trahatur, vel digeratur, ne sapientiæ quidem professores scientia comprehendunt, sed conjectura persequuntur. Cujus auterñ rei non est certa notilia , ejus opinio certum reperire remedium non potest. Verumque est, ad ipsam curandi rationem nihil plus conferre, quam experienliam. Quamquam igitur multa sint, ad ipsas artes proprie non pertinentia, tamen eas adjuvant, excitando artificis ingenium. Îtaque ista quoque naturæ rerum coptemplatio, quamvis non faciat medicum, aptiorem tamen medicinæ reddit. Verique simile t, et Hippocratem et Erasistratum et quicgmque ali ,

pas se réduire au traitement des plaies et des fièvres, ont également interrogé la nature des choses, n’ont pas été médecins par cela seul, mais que, par leurs méditations, ils sont deveaus plus grands dans leur art. Il est certain que la médecine, bien qu'elle ne puisse reposer sur les causes oceultes et les actions naturelles, est souvent obligée de recourir au raisonnement ; car c'est un art conjectural qui, dans bien des cas, est trahi non-seulement par la théorie, mais encore par la pratique; en effet, la fièvre, l’appétit, le sommeil, n’ont pas une manière d’être invariable. Plus rarement, il est vrai, on observe des maladies nouvelles ; mais il est évident qu'on en rencontre quelquefois, puisque de nos jours nous avons vu succomber en peu d'heures une femme chez laquelle s'était présentée brusquement, à l’extérieur des parties génitales, une tumeur charnue qui se flétrit : les praticiens les plus distingués cherchèrent vainement à déterminer la nature du mal, et ne purent davantage lui trouver un remède. Ils ne firent aucun essai, je le présume, parce que la malade étant d’une classe élevée, personne n’osa donner son opinion, dans la crainte d’être accusé de sa mort, si on ne parvenait à la sauver; mais ilest vraisemblable que, sans cette misérable circonspection , ils auraient cherché les moyens de la secourir, et que peut-être il s’en serait offert dont l’application eüt été suivie de succès. L'analogie n'est pas toujours utile dans les affections de cegenre; quand elle peut l'être cependant, c’est encore par un procédé rationnel qu'après avoirexaminé les maladies d'espèce semblable et les remèdes de même nature, on arrive à choisir celui qui

non conlenli febres el ulcera agilare, rerum quoque naturam ex aliqua parte scrutatisunt , non ideo quidem medicos fuisse, verum ideo quoque majores medicos extitisse. Ratione vero opus esL ipsi medicinæ, etsi non inter obscuras causas, neque inter naturales acliones, tamen sæpe. Est enim hæc ars conjecturalis, neque respondet ei plerumque non solum conjectura, sed etiam experientia. Et interdum non febris, non cibus, non somnus subsequitur, sicut assuevit. Rarius, sed aliquando morbus quoque ipse novus est : quem non incidere, manifeste falsum est; cum ætate nostra quædam, ex naturalibus partibus carne prolapsa et arente, intra paucas horas exspiraverit ; sic ut nobilissimi medici neque genus mali, neque remedium invenerint. Quos ego nihil tentasse judico, quia nemo in splendida persona periclilari conjectura sua voluerit; ne occidisse, nisi servasset, videretur : veri famen simile est, potuisse aliquid cogitare, detracta tali verecundia , et fortasse responsurum fuisse id, quod aliquis esset expertus. Ad quod medicinæ genus, neque semper similitudo aliquid confert; et si quando confert , tamen id ipsum rationale est, inter multa similia genera et morborum , et remediorum , cogitare, quo potissimum medicamento sit utendum. Cum igitur Lalis res

convient le mieux au cas qui se présente. Le médecin doit donc, en pareille circonstance, découvrir des moyens de traitement qui, sans être infaillibles, se montrent le plus souventefficaces. Il devra prendre aussi conseil, non des causes cachées , puisqu'elles demeurent enveloppées de doutes et d'incertitude, mais de celles que l’exploration peut atteindre , c’est-à-dire des causes évidentes. Carilest important desavoirsi c’est la fatigue , la soif, le froid ou le chaud , l’insomnie, l'abstinence , l'excès dans le boire et le manger, ou l’abus des plaisirs qui a donné naissance à la maladie, Il faut connaître en outre le tempérament du malade, et voir s’il est d’une constitution sèche ou humide, faible ou robuste; s’il est habituellement bien ou mal portant, etsi, lorsque sa santé se dérange, ses maladies sont graves ou léoères, courtes ou de longue durée; enfin si la vie qu'il mène est remplie par le travail ou le loisir, et si sa nourriture est frugale ou recherchée. C'est sur de semblables investigations qu'on peut souvent fonder un traitement nouveau.

Nous ne pouvons cependant passer outre, comme si cesconsidérations ne souffraient aucune controverse; Car Érasistrate a soutenu que les maladies doivent avoir une autre origine, par la raison que des personnes différentes, ou les mêmes individus placés à diverses époques dans les circonstances indiquées, ont eu ou n'ont pas eu la fièvre. Des médecins de nos jours, jaloux de mettre en avant l'autorité de Thémison, soutiennent aussi qu'il n’y a pas une seule cause dont la connaissance importe à la pratique, et qu'il suffit de saisir dans les maladies certaines conditions qui leur sont communes. Ces conditions sont de trois genres : la première consiste dans le resserrement, la seconde dans le relä-

incidit, medicus aliquid oportet inveniat, quod non ubique fortasse, sed sæpius tamen eliam respondeat. Petet autem noyum quoque consilium , non ab rebus latentibus (istæ enim dubiæ et incertæ sunt), sed ab iis, quæ explorari possunt; id est evidentibus causis. Interest enim, fatigatio morbum, an sitis, an frigus , an calor, an vigilia, an fames fecerit, an cibi vinique abundantia, an intemperantia libidinis. Neque ignorare hunc oportet, quæ sit ægri natura : bumidum magis, an magis siccum corpus ejus sit ; validi nervi, an infirmi; frequens adversa va- Jetudo , an rara ;eaque, cum est , vehemens esse soleat, an levis ; brevis, an longa : quod is vitæ genus sit secu- &us, laboriosum, an quietum; cum luxu, an cum frugalitate. Ex his enim, similibusque , sæpe curandi nova ratio ducenda est.

Quamvis ne hæc quidem sic præteriri debent, quasi nullam controversiam recipiant. Nam et Erasistratus non ex bis fieri morbos dixit; quoniam et alii, et idem alias post ista non febricitarent : et quidam medici sæculi noslri, sub auctore, utipsi videri volunt, Themisone, contendunt , nullius causæ notitiam quidquam ad curationes

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chement, et la troisième est mixte. En effet, tantôt les maiades n’évacuent pas assez et tantôt ils évacuent trop, ou bien leurs évacuations, insuffisantes dans telle partie, seront exagérées dans telle autre. Les maladies ainsi divisées peuvent être aiguës ou chroniques , devenir plus graves, rester stationnaires ou décliner. Il faut donc, lorsqu'on a reconnu l’un de ces états, tenir le corps relâché, s’il y a resserrement ; s’il y a relâchement, amener l'effet contraire; et si l'affection est du genre mixte, pourvoir au mal le plus pressant. Il faut aussi varier le traitement, suivant que les maladies sont aiguës ou chroniques, qu’elles sont dans leur période d’aceroissement, demeurent stationnaires ou touchent à leur déclin. Pour eux la médecine réside dans l'observation de ces préceptes, car elle n’est, d’après leur définition, qu’une certainemanièrede procéder que les Grecsnomment méthode, et dontle but est d'observer lesrapports des maladies entre elles. Ces méthodistes ne veulent être confondus ni avec les dogmatiques, ni avec les empiriques; ils se distinguent des premiers, en ce qu'ils n'admettent pas queles conjectures sur les causes occultes puissent servir de base à lamédecine, et se séparent des seconds, parce qu’ils estiment que l’art ne doit pas être réduit à la seule expérimentation. Quant à Érasistrate, l'évidence même est contraire à son opinion, ear il est rare qu’une maladie se déclare en l'absence des causes énoncées plus haut; et de ce qu’elles n’agissent pas sur l’un, il ne s’ensuit pas qu’elles soient sans action sur un autre, ou que celui-là même qui leur résistait ne puisse céder plus tard à leur influence. Chez un individu, par exemple, il peut exister un état de faiblesse ou de malaise qu’on n’observe pas chez un autre, ou que la même personne n’avait pas en-

pertinere ; satisque esse, quædam communia morborum intueri. Siquidem horum tria genera esse , unum adstrictum , alterum fluens , tertium mistum. Nam modo parum excernere ægros, modo nimium ; modo alia parte parum, alia nimium. Hæc autem genera morborum, modo acuta esse, modo longa; et modo increscere,, modo consisiere, modo minui. Cognito igitur eo, quod ex his est, si corpus adstrictum est, digerendum esse; si profluvio labo= rat, continendum; si mistum vitium habet, occurrendum subinde vehementiori malo. Et aliter acutis morbis medendum , aliter vetustis ; aliter increscentibus, aliter subsistentibus , aliter jam ad sanitatem inclinatis. Horum observationem medicinam esse ; quam ita finiunt, ut quasi viam quamdam, quam p<6020v Græci nomninant, eorumque, quæ in morbis communia sunt, ccntemplatricem esse contendant. Ac neque ralionalibus se, neque experi= menta tantum spectantibus annumerari volunt : cum ab illis eo nomine dissentiant, quod in conjectura rerum latentium rolunt esse medicinam ; ab his eo, quod parum artis esse in observatione experimentorum credunt. Quod ad Erasistratum pertinet, primum ipsa evidentia ejush

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4 core éprouvé ; et cet état, impuissant par luimême à produire la maladie, constitue pourtant une prédisposition à de nouvelles atteintes. S'il eüteu de la nature des choses une connaissance moins imparfaite, connaissance que les méde- . cins s’attribuent témérairement (1), Érasistrate aurait vu que rien ne se fait par une seule cause, mais que l’on prend pour telle celle dont le pouvoir est le plus évident : c’est ainsi qu’une circonstance qui n’agira pas isolément peut, en se réunissant à d’autres, soulever les plusarands désordres. Bien plus, Erasistate lui-même expliquant la fièvre par le passage du sang dans les artères, et trouvant que ce passage a lieu lorsqu'il y a pléthore, ne saurait dire pourquoi de deux sujets également pléthoriques, l’un tombemalade, tandis que l’autre est à l'abri de tout danger; et c’est précisément ce que nous observons tous les jours. Il est permis d’en conclure que cette transfusion du sang, toute réelle qu’elle puisse être, ne survient pas uniquement dans les cas de plénitude, mais lorsqu'à la pléthore est venue se joindre l’une des causes énoncées déjà. Pour les disciples de Thémison, s'ils sont fidèles à leurs principes, ils méritent plus que personne le titre dedogmatiques ; et quoi qu’ils n’admettent pas toutes les opinions de ces derniers, il n’est pas nécessaire de leur donner une autre dénomination, puisqu'ils sont d'accord avec eux sur ee point essentiel , que la mémoire seule est insuffisante, et que le raisonnement doit intervenir. Si au contraire, comme cela paraît être, la médecine ne reconnaît pas pour ainsi dire de préceptes immuables, les méthodistes alors se

opinioni repugnat; quia raro, nisi post horum aliquid, morbus venit. Deinde non sequitur, ut quod alium non afficit, aut eumdem alias, id ne alteri quidem, aut eidem tempore alio noceat, Possunt enim quædam suhesse corpori, vel ex infirmitate ejus , vel ex aliquo affectu , quæ vel in alio non sunt, vel in hoc alias non fuerunt; eaque per se non lanta, ut concitent morbum, tamen obnoxium magis aliis injuriis corpus efficiant. Quod si contemplationem rerum paturæ, quam temere medici sibi vindicant, salis compreheudisset, etiam illud scisset, nihil omnino ob unam causam fieri, sed id pro causa apprehendi, quod contulisse plurimum videtur. Potest autem id, dum solum est, non movere, quod junctum aliis maxime moyel. Accedit ad hæc, quod ne ipsequidem Erasistratus, qui transfuso in arterias sanguine febrem fieri dicit, idque nimis repleto corpore incidere, reperit, eur ex duobus æque replelis, aller in morbum incideret, alter omni periculo vacaret; quod quotidie fieri apparet. Ex quo disci potest , ut vera sit illa transfusio, tamen illam, non per se, cum plenum corpus est, fieri, sed cum horum aliquid accesserit. Themisonis vero æmuli, si perpetua, quæ promittunt, habent, magis eliam, quam ulli rationales sunt. Neque enim, si quis non omnia tenet, quæ rationalis alius probat, protinus alio novo nomine artis indiget ; si modo, quodprimum est, non memoriæ soli, sed ra-

confondent avec fes empiriques, d'autant plus facilement que l'homme le moins éclairé est comme eux en état de juger si la maladie dépenä du resserrement ou du relâchement." Estce le raisonnement qui leur a fait connaître ce qui peut relâcher le corps ou le resserrer ? Ils sont dogmatiques : n'ont-ils pris que l'expérience pour guide? il faudra bien qu'ils se rangent parmi les empiriques qui répudient le raisonnement. Ainsi d’après eux la connaissance des maladies est en dehors de l’art, et la médecine est renfermée dans la pratique : encoresont-ils inférieurs aux empiriques, Car ceux-ci embrassent beau coup de choses dans leur examen, tandis que les méthodistes se bornent à l'observation la plus facile et la plus vulgaire. Ils agissent comme les vétérinaires, qui, ne pouvant apprendre d’animaux muets ce qui est relatif à chacun d'eux, insistent seulement sur les caractères 2éneraux. C’est ce que font aussi les nations étrangères, qui, dans leur ignorance de toutemédecinerationnelle, ne vont pas au delà de quelques données générales. Ainsi font encore les infirmiers, qui ne pouvant prescrire à chaque malade un régime convenable , les soumettent tous au régime commur. À coup sûr les anciens médecins ne négligeaient pas l'étude des caractères généraux, mais ils allaient plus loin ;et Hippocrate, le médecin de l’antiquité, nous dit que pour traiter les maladies, il faut connaître les symptômes qui les rapprochent et ceux qui les séparent. Les méthodistes eux-mêmes ne sauraient maintenir leurs principes ; car que les maladies dépendent du resserrement ou du relâchement, elles offrent certai-

tioni quoque insistit. Sin, quod vero propius est, vix ulla perpetua præcepla medicinalis ars recipit, idem sunt, quod üi, quos experimenta sola sustinent : eo magis, quoniam, compresserit aliquem morbus, an fuderit, quilibet etiam imperitissimus videt : quid autem compressum corpus resolvat, quid solutum teneat, si a ratione tractum est, rationalis est medicus ; si, ut ei qui se rationalem negat, confiteri necesse est, ab experientia, empiricus. Ita apud eum morbi cognitio extra artem , medicina intra usum est. Neque adjectum quidquam empiricorum professioni, sed demptum est; quoniam illi multa crcumspiciunt, hi tantum facillima, et non plus , quam vulgaria. Nam et ii, qui pecoribus ac jamentis medentur, cum propria cujusque ex mulis animalibus nosse non possint, communibus tantummodo insistunl : et exteræ gentes , cum subtilem medicinæ rationem non noverint , communia fantum vident . et qui ampla valetudinaria nutriunt, quia singulis summa cCura consulere non sustinent, ad communia ista confugiunt. Neque, hercules, istud antiqui medici nescierunt, sed his contenti non fuerunt. Ergo etiam vetustissimus auctor Hippocrates dixit, mederi oportere, et communia, et propria intuentem. Ac ne isti quidem ipsi intra suam professionem consistere ullo modo possunt : siquidem et compressorum et fluentium morborum genera diversa

nement des différences entre elles, et ces diffé-

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relâché’; mais ii se réglait sur la cause qui avait

rences sont encore plus faciles à saisir dans les | précédé l'invasion du mal. Les méthodistes

maladies par relâchement. Autre chose, en effet, est de vomir du sang ou de la bile, ou de rejeter sesaliments ; d’être tourmenté par des évacuations abondantes ou par des tranchées; d’être épuisé par des sueurs ou miné par la consomption. Les humeurs peuvent aussi se jeter sur certains organes, comme les yeux et les oreilles, ou sur toute autre partie du corps sans exception. Or, le même traitement n’est pas applicable à ces affections diverses. De sorte que le principe général du relâchement se réduit en pratique à la considération d’une maladie spéciale, à laquelle il faut souvent trouver un remède particulier ; car même dans les cas semblables les mêmes moyens n’ont pas un effet constant. Et bien qu'on ait en général des ressources assurées contre le resserrement ou le relâchement du ventre, il y a cependant des personnes sur lesquelles ces remèdes agiront d'une manière différente. [ci done, on n'a que faire d'examiner l’état général; et l’appréciation des signes particuliers est seule importañte. Souvent aussi il suffira de connaître la cause du mal pour le guérir. C'est ce que nous avons vu faire depuis peu à Cassius, un des plus habiles médecins de notre temps. Appelé chez un malade aux prises avec la fièvre et très-altéré , et reconnaissant que la maladie n’était venue qu’à la suite d’un état d'ivresse, il lui fit boire aussitôt de l’eau froide; or, dès que cette eau, par son mélange avec le vin, en eut tempéré la force, il se manifesta du sommeil et de la sueur, qui emportèrent la fièvre. En agissant avec tant d'opportunité, ce médecin ne s’occupait pas de savoir si le corps était resserré ou

sunt, faciliusque id in üs, quæ fluunt, inspici potest. Alind est enim sanguinem, aliud bilem, aliud cibum vomere; aliud dejectionibus, aliud torminibus laborare; aliud sudore digeri, aliud tabe consumi. Alque in partes quoque hümor erumpit, ut oculos, auresque : quo perieulo nullum humanum membrum vacat. Nihil autem horum sie ut aliud curatur. Ia prolinus in his a communi fluentis morbi contemplatione ad propriam medicina descendit. Atque in hac quoque rursusalia proprietatis nolitia sæpe necessaria est; quia non eadem omnibus, etiam in similibus casibus, opitulantur. Siquidem certæ quædam res sunt, quæ in pluribus ventrem aut adstringunt, aut resolvunt : inveniuntur tamen, in quibus aliter, atque in ceteris , idem eveniat. In his ergo communium inspectio contraria est, propriorum fantum salutaris. Et causæ quoque æstimatio sæpe morbum solvit. Ergo eliam ingeniosissimus sæculi nostri medicus, quem nuper vidimus, Cassius, febricitanti cuidam, el magna siti affecto, cum post ebrietatem eum premi cœpisse cognosset, aquam frigidam ingessit. Qua ille epota, cum vini vim miscendo fregisset, protinus febrem somno et sudore diseussit. Quod auxilium medicns opportune providit, non ex co, quod aut adstrictum corpus erat, aut fluebat ;

d'ailleurs conviennent qu'il faut tenir compte des saisons et des climats ; et dans leurs discussions relatives à la manière dont les personnes en santé doivent se conduire, ils prescrivent, dans les localités et les saisons malsaines, d'éviter plus soigneusement le froid, la chaleur, l'intempérance, le travail, et l'abus des plaisirs; si l’on ressent quelque malaise, ils conseillent le repos, et ne veulent pas qu’on provoque ni vomissements, niselles. Il y a certainement de la vérité dans ces préceptes, mais iei encore leurs principes généraux fléchissent devant les consi— dérations particulières; à moins qu'ils n'entre— prennent de nous persuader que ces remarques sur l’état du ciel et les époques de l’année , utiles aux hommes bien portants, sont de nulle vaïeur pour les malades ; tandis que l’observation des règles est d'autant plus nécessaire à ces derniers, que leur faiblesse les prédispose davantage aux influences morbides. Ne voit-on pas ensuite les maladies affecter chez les mêmes personnes des caractères différents, et tel qu’on traitait vaine— ment par des moyens convenables être guéri souvent par des remèdes contraires? Que de distinctions à établir aussi dans le régime alimentaire! je n’en veux signaler qu'un exemple. On supporte mieux la faim dans la jeunesse que dans l'enfance, quand l'air est épais que lorsqu'il est léger; on la supporte mieux l’hiver que l'été, lorsqu'on ne fait habituellement qu'un repas que lorsqu'on en fait deux , et quand on garde le repos que lorsqu'on prend de l'exercice. Enfin, il est souvent nécessaire d'accorder de bonne heure des aliments à ceux qui tolèrent plus difficile

sed ex causa, quæ ante præcesserat. Estque etiam proprium aliquid et loci et temporis, istis quoque auctoribus : qui cum disputant, quemadmodum sanis hominibus agendum sit, præcipiunt ut gravibus aut locis aut temporibus magis vitetur frigus, æstus, satietas, Jlabor, libido ; magisque ut conquiescat iisdem locis aut temporibus , si quis gravitatem corporis sentit; ac neque vomitu stomachum, neque purgatione alvum sollicitet. Quæ vera quidem sunt, a communibus tamen ad quædam propria descendunt. Nisi persuadere nobis volunt, sanis quidem considerandum esse, quod cœlum, quod tempus anni sit ; ægris vero non esse : quibus tanto magis omnis observatio necessaria est, quanto magis obnoxia offensis infirmitas est. Quin eliam morborum in iisdem hominibus aliæ atque aliæ proprietales sunt; et qui secundis aliquando frustra curatus est, contrariis sæpe restituitur. Plurimaque in dando cibo diserimina reperiuntur; ex quibus contentus uno-ero. Nam famem facilius adolescens, quam puer; facilius in denso cælo, quam in tenui ; facilius hieme, quam æstate; facilius uno cibo, quam prandio quoque assuetus; facilins inexercitalus , quam exercitatus homo sustinet. Sæpe autem in eo magis necessaria cibi festinatio est, qui minus inediam tolcrat.

TRAITÉ DE LA MÉDECINE, LIV. I. 1i

ment l’abstinence. D'après ces considérations, je conclus que si l’on ne peut tenir compte des circoustances particulières, il faut se borner aux . vues générales ; mais que si l’on peut apprécier . chacune d'elles, il faut s’y arrêter avecsoin , sans oublier toutefois les caractères communs ; et c'est pour cela qu’à mérite égal, il vaut mieux avoir un ami qu'un étranger pour médecin. Je reviens à mon sujet, et je pense que la médecine doit être rationnelle, en ne puisant cependant ses indications que dans les causes évidentes; la recherche des causes occultes pouvant exercer l’esprit du médecin, maïs devant être bannie de la pratique de l'art. Je pense aussi qu'il est à la fois inutile et cruel d'ouvrir des corps vivants, mais qu'ilest nécessaire à ceux qui cuitivent la science de se livrer à la dissection des cadavres, car ils doivent connaître le siége et la disposition des organes, objets que les cadavres nous représerntent plus exactement que l'homme vivant et blessé. Quant aux choses qui ne se révèlent que pendant la vie, l'expérience nous en instruira dans le pansement des blessures, d'une manière plus lente, il est vrai, mais plus conforme à l'humanité. Ces préliminaires établis, j'exposerai d’abord les règles à suivre pour se maintenir en santé; puis je parlerai des maladies et de leur traitement.

I. L'homme doué d'une bonne constitution, qui possède à la fois la santé et la liberté de ses actions, ne doit s’astreindre à aucun régime, et peutse passer également de médecin ct d'iatratepte (2). Il variera son genre de vie, tantôt à la campagne , tantôt à la ville, et le plus souvent à la campagne. Il devra naviguer, chasser, parfois s’abandonner au repos, mais presque toujours

Ob quæ conjicio, eum , qui propria non novit, communia tantum intueri debere; eumque, qui nosse propria potest, illa quidem non oportere negligere, sed his quoque insistere. Ideoque, cum par scienlia sit, utiliorem tamen medicum esse amicum , quam extraneum. Jgitur, ut ad propositum meum redeam , rationalem quidem puto medicinam esse debere: instrui vero ab evidentibus causis ; obséuris omnibus, non a cogitatione arlificis, sed ab ipsa arte rejectis. Incidere autem vivorum corpora , et crudele, et supervacuum est : morluorum discentibus, necessarium. Nam positum et ordinem nosse debent, quæ, radavera melius, quam vivus et vulneratus homo, repræsentant. Sed et cetera, quæ modo in vivis cognosci possunt, in ipsis curationibus vulneratorum paulo tardins, -sed aliquanto mitius usus ipse monstrabit. His propositis, primum dicam, quemadmodum sanos agere conveniat : Lum ad ea transibo , quæ ad morbos curalionesque eorum pertinebunt.

I. Sanus homo, qui el bene valet, et suæ spontis est, nullis obligare se legibus debet ; ac neque medico, neque ialralipta egere. Hunc oportet varium habere vitæ genus : modo ruri esse, modo in urbe, sæpiusque in agro; navigare, venari, quiescere interdum , sed frequentius se exer-

s'exercer, car la mollesse énerve le corps, que le travail fortifie ; l’une rend la vieillesse hâtive, et l'autre prolonge la jeunesse. J1 peut aussi se baigner, tantôt à l’eau chaude, tantôt à l’eau froide ; employer les onctions ou les négliger ; ne repousser aucun des aliments dont le peuple fait usage ; prendre sa part d’un banquet ou s'en abstenir ; manger avec excès ou modérément ; faire plutôt deux repas par jour qu'un seul, et les faire abondants, pourvu que la digestion s’accomplisse. Cette manière de vivre et de s'exercer est aussi nécessaire que celle des athlètes serait mal entendue ; car si l'exigence des affaires civiles vient troubler l’ordre des exercices, la santé se dérange, et ceux d’ailleurs qui suivent le régime des athlètes arrivent très-promptement à la vieillesse, et tombent facilement malades. Quant aux rapports sexuels, il ne faut pas plus les redouter que les rechercher avec excès. A de rares intervalles ils relèvent les forces, mais ils les abattent s’ils sont trop répétés. Au reste, comme ce n’est pas le nombre ici qui constitue la fréquence, mais qu’elle se mesure au tempérament, à l’âge et à la santé , ilest bon de savoir que ces rapports sont utiles, quand ils ne sont passuivis d'épuisement et de douleur. His conviennent beaucoup moins le jour que la nuit; et dans le premier cas on ne doit pas manger aussitôt après, de même que dans le second il faut éviter le travail et la veille. Ces préceptes s'adressent aux personnes robustes, et l’on se gardera bien d’épuiser dans l’état de santé les ressources destinées à la maladie.

IL. Mais pour les personnes délicates, parmi lesquelles je range une grande partie des habitants des villes et presque tousles gens de lettres,

cere : siquidem ignavia corpus hebetat, lahor firmat; illa maturam senectutem, hic longam adolescentiam reddit. Prodest etiam interdum balneo, interdum aquis frigidis uti; modo ungi, modo idipsum negligere ; nullum cibi genus fugere, quo populus utatur; interdum in convictu esse, interdum ab eo se retrahere ; modo plus justo, modo non amplius assumere ; bis die potius, quam semel cibum capere, et semper quam plurimum, dummodo bune concoquat. Sed ut hujus generis exercitationes cibique nccessarii sunt; sic athletici supervacui. Nam et intermissus propter civiles aliquas necessitates ordo exercitationis corpus aflligit; et ea corpora, quæ more eorum repleta sunt, celerrime et senescunt, et ægrotant. Concubitus vero neque nimis concupiscendus, neque nimis perlimescendus est : rarus, corpus excitat ; frequens ,solvit. Cum autem frequens, non numero sit, sed natura, ratione ætatis el corporis, scire licet, eum non inutilem esse, quem corporis neque languor, neque dolor sequitur, Idem interdiu pejor est, noctu tutior : ita tamen, si neque illum cibus, neque hunc cum vigilia labor statim sequitur. Hæ&c firmis servanda sunt; cavendumque, ne in secunda valetudine adversæ præsidia consumantur.

JI. At imbecillis (quo in numero magna pars urbano-

il y a nécessité de s'observer davantage. Il faut qu'elles regagnent à force de soins ce que la faiblesse de leur constitution, la nature de leurs études ou l'insalubrité de leur séjour leur a fait perdre. Ainsi done si la digestion s’est faite régulierement, On pourra se lever matin; si elle n'a pas été complète, il faudra donner plus de temps au sommeil, et même si l’on est obligé de sortir trop tôt du lit, se recoucher plus tard. Mais si la digestion ne se fait pas du tout, on devra garer un repos absolu, et laisser en suspens le travail, l'exercice, et les affaires. Lorsqu'on a des éructations sans douleur à l’épigastre, il faut de temps en temps boire un peu d’eau froide etne point s’agiter. La maison qu’on occupe doit être bien éclairée, recevoir un vent frais en été , et le soleil en hiver. On ne s’exposera point à la chaleur du midi, à la fraîcheur du matin et du soir, non plus qu'aux émanations des rivières et des étangs. Par un temps ineertain , mêlé de nuages et de soleil, on évitera de sortir, de peur de ressentir les doubles effets de la chaleur et du froid , d’oùnaissent presquetoujours les rhumes etles fluxions. C’est surtout dans . les lieux malsains, où règnent souvent des épidémies , que ces préceptes sont d’une obligation rigoureuse. Il n’est pas inutile de savoir que si l’on rend tous les matins des urines aqueuses , puis des urines rougeâtres, il y a là l'indice d’une bonne santé. Les premières annoncent le travail actuel de la digestion, et les secondes que ce travail est terminé. Lorsqu'on est réveillé, on doit rester encore quelque temps au lit, puis (à moins qu'on ne soit en hiver) se bien laver la bouche avec de l’eau froide. Quand les jours se rallongent, si l’on ne fait pas la méridienne

rum, omnesque pene cupidi literarum sunt) observalio major uecessaria est : ut quod vel corporis, vel loci, vel studii ratio detrabit, curarestituat. Ex his igitur, qui bene concoxit, mane tuto surget; qui parum, quiescere debet, et si mane surgendi necessitas fuerit, redormire : qui non concoxit, ex toto conquiescere, ac neque labori se, neque exercitationi, neque negotiis credere. Qui crudum sine præcordiorum dolore ructat, is ex intervallo aquam frigidam bibere, et se nihilominus continere. Habitare vero ædificio lucido, perflatum æstivum, hibernum solem babente; cavere meridianum soiem, matutinum el vespertioum frigus ; itemque auras fluminum aique stagnorum : minimeque, nubilo cœlo, soli aperienti se committere, ne modo frigus, modo calor moveat; quæ res maxime gravedines destillationesque concitat. Magis vero gravibus locis ista servanda sunt, in quibus eliam pestilentiam faciunt. Scire autem licet, integrum corpus esse, Cum quotidie mane urina alba, dein rufa est: illud concoquere, hoc concoxisse significat. Ubi experrectus esL aliquis, paulum intermittere : deinde, nisi hiems est, fovere os multa aqua frigida debet. Longis diebus meridiari potius ante cibum ; sin mious, post eum : per hiemem potissimum totis noctibus conquiescere. Sin lucubrandum est, non

CELSE

avant les repas, ce qui est préférable, il faut au moins la faire après. Toutes les nuits d'hiver ap: partiennent au sommeil ; mais si l’onest forcé de donner ses veilles au travail, au lieu de s’y livrer après avoir mangé, on doit attendre que la digestion soit faite. Celui que des devoirs civils ou privés retiennent tout le jour, aura soin cependant de réserver quelques instants au maintien de sa santé. L'exercice pris constamment avant le repas doit se placer en première ligne. Il sera plus actif si les occupations ont été modérées et les digestions faciles , et moins énergique s’il y a déjà de la fatigue, et si l’on n’a qu’imparfaitement digéré. Parmi les exercices salutaires, figurent la lecture à haute voix, les ar— mes, la paume, la course et la promenade. Celle: ci présente plus d'avantages quand le terrain est aceidenté que lorsqu'il est uri, parce qu'il en résulte une plus grande variété de mouvements; mais il faut toutefois qne le sujet ne soit pas trop faible. Elle est aussi plus favorable en piein air que sous un portique, et au soleil qu'à l’ombre, si la tête peut le supporter. Il vaut mieux marcher à l'ombre des murs et du feuillage qu'à celle des toits, et se promener dans une seule direction que dans une route flexueuse. Le terme de l'exercice sera marqué généralement par la sueur, ou par un commencement de lassitude qui ne doit pas allerw jusqu'à la fatigue. A cet égard, la mesure $era plus ou moins forte, et l’on n’a pas comme les: athlètes à s'imposer une règle fixe, ou des efforts immodérés. L'exercice est utilement suivi, soit d’onctions faites au soleil ou devant le feu, soit d’un bain qu’il faut prendre dans unesalie élevée, spacieuse , et bien éclairée. Sans qu’il soit nécessaire de toujours s’astreindre à ces précautions,

post cibum id facere, sed post concoctionem. Quem in= terdiu vel domestica, vel civilia officia tenuerunt, buie tempus aliquod servandum curalioni corporis sui est, Prima aulem ejus curatio, exercitalio est, quæ semper antecedere cibum debet : in eo, qui minus laboravit, et bene concoxit, amplior; in eo, qui fatigatus est, et minus con» coxit, remissior. Commode vero exercent, clara lectio, arma, pila, cursus, ambulatio; atque hæc non utiques plana, commodior est; siquidem melins ascensus quoque et descensus, cum quadam varielate corpus moveat; nisi famen id perquam imbecillum est. Melior autem est sub divo, quam in porticu ; melior, si capul patitur, in sole, quam in umbra; melior in umbra , quam parietes aut viridiaefficiunt, quam quæ tecto subesl; melior recta, quam flexuosa. Exercitationis autem plerumque finis esse debet sudor, aut certe lassitudo qua citra fatigationem sit : idque ipsum, modo minus, modo magis faciendum est. Ac ne his quidem, athletarum exemplo, vel certa esse lex, vel immodieus labor debet. Exercitationem recte sequitur, modo unctio, vel in sole, vel ad ignem; modo balneum, sed conclavi quam maxime et alto et lucido et spatiosom Ex his vero neutrum semper fieri oporlet; sed sæpius al terutrum, pro corporis natura. Post hæcpaulum conquies

oh peutrecourir à l'uneou à l’autre, selon la disposition du corps, etse reposer ensuite quelquetemps. Relativement à l'alimentation, l'excès n’est jamais utile, et l’abstinence extrême est souvent nuisible. En cas d’intempérance, il vaut mieux qu’elle porte sur le boire que sur le manger. Le repas commencera de préférence par des salaisons, des légumes et autres aliments semblables, pourarriver à la viande, qui est toujours meilleure rôtie ou bouillie. Tous les assaisonnements sont nuisibles, par la double raison que leur saveur exeite à manger davantage, et qu'à proportion égale ils sont plus rebelles à la digestion. Le dessert est supporté facilement par un bon estomac,mais il s’aigrit dans un estomac débile. Si donc on n’a pas une grande force pour digérer, c'est au commencement du repas qu'il faut manger les dattes, les pommes, et les autres fruits de même nature. Lorsqu'on a bu bien au delà de sa soif, il ne faut plus rien prendre; et dès qu'on est rassasié , on doit se tenir en repos. On facilite la digestion après avoir beaucoup mangé, en avalantun verre d’eau froide. On a soin de veiller encore quelque temps, puis le sommeil vient naturellement. Si l’on s’est gorgé d'aliments pendant la journée, il faudra se préserver de la chaleur, du froid et de la fatigue, dont la fâcheuse influence s'exerce plus facilement dans cet état de plénitude que dans l'état de vacuité. Si l'on croit avoir à supporter ane longue abstinence, on devra dans ce cas éviter tout travail pénible.

HT. Ces règles générales sont à peu près constantes; maisil ya des circonstances accidentelles, et d’autres relatives aux tempéraments, aux sexes(3), aux âgesetauxsaisons, quiréclament erzore des soins particuliers. Ou doit redouter en effet ie passage d’un lieu salubre à un lieu malsain,

cere opus est. Ubi ad cibum ventum est, numquam utilis esL nimia satietas; sæpe inutilis nimia abstinentia : si qua intemperantia subest, tutior est in potione, quam in esca. Cibus a salsamentis, oleribus, similibusque rebus melius incipit : tum caro assumenda est, quæ assa optima, aut elixa est. Condita omnia duabus de causis inutilia sunt; quoniam et plus propter dulcedinem assumitur, et quod modo par est, tamen ægrius concoquitur. Secunda mensa bono stomacho nihil nocet, in imbecillo coacescit. Si quis itaque hoc parum valet, palmulas, pomaque, et similia melius primo cibo assumit. Post multas potiones, quæ aliquantum sitim excesserunt , nihil edendum est : post satietatem, nihil agendum. Ubi expletus est aliquis, facilius concoquit, si quidquid assumpsit, polione aquæ frigidæ includit, tum paulisper invigilat, deinde bene dormit. Si quis interdiu se impleit, post cibum neque frigori, neque æstui, neque labori se debet committere : neque enim tam facile hæc inani corpore, quam repleto nocent. Si quibus de causis futura inedia est, labor omnis vitandus est.

III. Atque hæc quidem pene perpelua sunt. Quasdam autem observationes desiderant et novæ res, et corporum

ou même le changement d’un endroit insalubre contre un meilleur. A l'entrée de l'hiver, il y a moins d'inconvénient à passer d'un milieu favorable dans un milieu contraire; mais c’est au commencement de l’été quedevra se faire la transition inverse. Manger avec excès après une longue abstinence , est aussi nuisible que de remplacer l'extrême satiété par un jeüne extrême. Celui-là s'expose , qui, contrairement à son habitude, se livre sans mesure à la table une ou deux fois par jour. De même, sous peine de conséquences graves, on évitera de faire suivre un travail immodéré d’un repos immédiat, ou de passer brusquement de l'oisiveté à un travail excessif.

Ainsi, lorsqu'on veut changer quelque chose à son genre de vie, il faut y procéder par degrés. Un enfant ou un vieillard supportera mieux une occupation quelconque que l’homme fait, sans habitude du travail. Comme cependant la nécessité peut en faire une loi, on voit par là ce qu'il y a de fâcheux dans une vie oisive. S'il arrive en effet qu'une personne inappliquée jusqu'alors soit obligée de travailler, elle devra s'endormir à jeun, de même que l’homme laborieux qui aurait dépassé sa mesure habituelle. Ce pré— cepte est de rigueur, surtout si la bouche est amère, si la vue est trouble, ou s'il y a des désordres du côté du ventre. Et ce n’est pas assez de se coucher à jeun , il faut le lendemain encore garder le lit, à moins que le repos n'ait amené un prompt soulagement. Il convient dans ce cas de se lever et de faire une petite promenade à pas lents. Si la fatigue est trop modérée pour rendre le sommeil nécessaire, on se contentera de se promener un peu, comme je viens de le dire. Une règle applicable à tous ceux qui veulent prendre des aliments après s'être fati-

genera, [et sexus], et ætates, et tempora anni. Nam neque ex salubri loco in gravem , nequeex gravi in salubrem transitus satis tutus est. Ex salubri in gravem, prima hieme; ex gravi in eum, qui salubris est, prima æstate transire melius est. Neque vero ex mulla fame nimia satielas; neque ex nimia satietale fames idonea est. Periclitaturque, et qui semel, et qui bis die cibum incontinenter, contra consuetudinem, assumit. ILem, neque ex nimio labore subitum otium, neque ex nimio otio subitus labor, sine gravi noxa est. Ergo, cum quis mutare aliquid volet, paulatim debebit assuescere. Omnem etiam laborem facilius vel puer vel senex, quam insuetus homo sustinet. Atque ideo quoque nimis otiosa vita ulilis non est; quia polest incidere laboris necessitas. Si quando tamen insuetus aliquis laboravit, aut si multo plus, quam solet, etiam is qui assuevit, huic jejuno dormiendum est : multo magis, si etiam os amarum est, vel oculi caligant, aut venter perturbatur. Tum enim non dormiendum tantummodo jejuno est, sed etiam in posterum diem permanendum ; nisi cilo id quies sustulit. Quod si factum est, surgere oportet, et lente paulum ambulare. At si somni necessitas non fuit, quia modice magis aliquis laboravit, tamen ingredi aliquid eodem modo de-

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gués, c'est de marcher d'abord quelque temps ; puis, s'ils n’ont pas de bain à leur disposition , de recourir aux onctions dans un endroit chaud, en les faisant au soleil ou devant le feu , jusqu'à provoquer la sueur. S’il leur est possible de se baigner, ils s’arrêteront avant tout dans le {epidarium, et après quelques instants de repos entreront au bain. Ils en sortiront pour se faire pratiquer des onctions huileuses et des frietions légères, et s’y mettront de nouveau. Enfin, comme dernier soin , ils devront se rincer la bouche avec de l’eau tiède, puis avec de l’eau froide. Le bain trop chaud leur serait contraire. Si, par suite d’une lassitude trop grande, il se déclare un léger mouvement de fièvre, il conviendra de prendre, dans an endroit où règne une bonne température, un demi-bain d’eau chaude, à laquelle il faut ajouter un peu d’huile. Il est utile ensuite de frictionner doucement toutes les parties du corps, et de préférence ceiles qui se trouvaient dans l’eau, avec un mélange d'huile, de vin, et de sel pulvérisé. Ces précautionsobservées, il est permis à ceux qui ont ressenti de la fatique de songer à l’alimentation; mais elle doit être humectante. Ils se contenteront d’eau pure, ou de boissons très-affaiblies, et favorables surtout à l'écoulement des urines. Il ne faut pas ignorer qu’il est très-pernicieux de boire froid après un travail qui a excité la sueur ; et lors même que la sueur est passée , cela est au moins inutile à ceux qui ont à se reposer d'une longue route. Aux yeux d’Asclépiade, les boissons froides sont dangereuses, même au sortir du bain. Cela est vrai sans doute pour les personnes dont le ventre se dérange facilement et d’une manière sérieuse, et pour celles qui sont très-sujettes aux

bet. Communia deinde omnibus sunt post fatigationem cibum sumpturis, ubi paulum ambulaverunt, si balneum non est, calido loco, vel in sole, vel ad ignem ungji, atque sudare; si est, ante omnia in tepidario sedere; deinde, ubi paulum conquieverunt, intrare et descendere in solium; tum multo oleo ungj, leniterque perfricari ; iterum in solium descendere : post hæc, os aqua calida fovere, deinde frigida. Balneum his fervens idoneum non est. Ergo = si nimium elicui fatigato pene febris est, huic abunde est, loco tepido demittere se inguinibus tenus in aquam calidam, cui paulum olei sit adjectum : deinde totum quidem corpus, maxime famen eas partes, quæ in aqua fuerunt, leniter perfricare ex oleo, cui vinam et paulum contriti salis sit adjectum. Post hæe, omnibus faligatis aptum est cibum sumere, eoque humido uti; aqua, vel certe diluta polione esse contentos; maximeque ea, quæ moveat urinm. Illud quoque nosse oportet, quod ex labore sudanti frigida potio perniciosissima est; atque etiam , cum sudor se remisit, itinere fatigatis inutilis. A balneo quoque venientibus Asclepiades inutilem eam judicavit : quod in ïis verum est, quibus alvus facile, nec tuto, resolvitur, quique facile, inhorrescunt; perpetuum in omnibus non est, eum potius naturale sit, potione æstuantem stomachum

frissons ; mais cela n’est pas vrai pour tout le monde, et rien n’est plus naturel que de calmer la chaleur de l'estomac par une boisson rafraichissante. Je reconnais toutefois que si l’on est encore en sueur à la suite du bain, il faut éviter de boire froid. Lorsqu'on a pris différentes sortes de mets, et qu'on a bu beaucoup de vin étendu d'eau, il y a souvent de l'avantage à se faire vomir, à se reposer longtemps le lendemain, et à prendre ensuite un exercice modéré. Si l’on ne peut se soustraire à une fatigue prolongée, il faudra boire alternativement de l’eau et du vin, et ne se baigner que rarement. Le changement d’occupations rend aussi la lassitude moins grande; et tel qui fléchit sous un travail inaccoutumé, se délasse en reprenant celui dont il a l'habitude. Quand on a besoin de repos, le lit de chaque jour est le meilleur ; et dur ou moelleux, tout autre que celui-là fatigue. Si l’on ne supporte la marche qu'avec peine, il y a des'soins particuliers à prendre. Les frictions, par exemple, faites pendant la route à de fréquents intervalles, renouvellent les forces. La marche terminée, il faut d’abord s'asseoir, passer ensuite aux onctions, puis aux fomentations dans un bain d’eau chaude, en agissant principalement sur les parties inférieures (4). On doit, lorsqu'on a souffert de l’ardeur du soleil, se rendre immédiatement aux bains, et se faire arroser d'huile la tête et le corps; se mettre ensuite dans un bain trèschaud, ct là faire diriger sur la tête des affusions chaudes, auxquelles succéderont les affusions froides. A-t-on au contraire subi l'influence du froid, il faut s’asseoir bien enveloppé dans le tepidarium, jusqu'à ce que la sueur se déclare, recourir aux onctions, et se baigner. On

refrigerari. Quod ita præcipio, ut tamen fatear, ne ex hac quidem causa sudanti adhuc frigidum bibendum esse. Solet etiam prodesse, post varium cibum, frequentesque dilutas potiones, vomitus, et postero die longa quies, deinde modica exercitatio. Si assidua fatigatio urget, invicem modo aqua, modo vinum bibendum est, raroque balneo utendum. Levatque lassitudinem etiam laboris mu- . talio : eumque, quem novum genus laboris pressit, id quod in consuetudine est, reficit. Fatigalo quotidianum cubile tutissimum est. Lassat enim quod contra consuetudinem seu molle, seu durum est. Proprie quædam ad eum pertinent, qui ambulando fatigatur. Hunc reficit in ipso quoque itinere frequens frictio; post iter, primum sedile, deinde unetio : tum calida aqua in balneo magis inferiores partes, quam superiores foveat. Si quis vero exuslus in sole est, huic in balneum protinus eundum, perfundendumque oleo corpus et caput; deinde in solium bene cali dum descendendum est; tum multa aqua per caput infundenda, prius calida, deinde frigida. At ei, qui perfrixit, opus est in balneo primum involuto sedere, donec insudet ; tum ungi; deinde lavari : cibum modicum, potiones meracas assumere. Is vero qui navigavit, et nausea pressus est, simultam bilem evomuit, vel abstinere cibo debet,

; prendra peu d'aliments, et l’on boira du vin pur. - Celui qui pendant une navigation a été tourmenté de nausées devra, s’il a vomi beaucoup de bile, observer la diète, ou du moins très-peu manger; si c’est de la pituite acide qu’il a rendu, il pourra se nourrir, il est vrai, mais plus légèrement que de coutume. Si les nausées n’ont pas été suivies de vomissements, il gardera l’abstinence, ou se fera vomir après le repas. Quand on est resté tout le jour en litière, ou assis au spectacle, il ne faut pas se mettre à courir, mais se promener doucement. Il est convenable aussi de prolonger Ja durée du bain, et de se contenter d’un souper modeste. Si la chaleur du bain incommode, on se trouvera bien de conserver dans la bouche un peu de vinaigre, ou à son défaut de l’eau froide.

On doit s'attacher avant tout à bien connaître son tempérament. Lesuns ont pour caractère la maigreur, et les autres l'embonpoint. Il ÿ a des tempéraments chauds, il en est de froids, il y en a de secs et d’humides. Le ventre trop reläché chez les uns est resserré chez les autres, et presque toujours enfin il existe un côté faible. I! faut au sujet maigre ur régime très-uourrissant, à celui qui est gras, une nourriture atténuante. Selon le tempérament, il y a lieu de rafraîchir ou de donner de la chaleur, ou encore de faire prévaloir le sec ou l’humide; de même que, selon état du ventre, on aura pour but de le tenir libre ou resserré. L’indication constante est de porter secours à la partie la plus faible,

Peu d’exercice et beaucoup de repos, l'usage des onctions et le bain après déjeuner, leresserrement du ventre , le froid pen rigoureux en hiver, un sommeil complet sans être excessif, un bon lit et la tranquillité d’esprit; en fait d’aliments

vel paulum aliquid assumere : si pituitam acidam effudit, ulique sumere cibum, sed assueto leviorem : si sine vomitn nausea fuit, vel abstinere, vel post cibum vomere. Qui xcro toto die, vel in vehiculo, vel in spectaculis sedit, huic mihil currendum, sed lente ambulandum est : lenta quoque in balueo mora, dein cœna exigua prodesse consue- 4 verunt. Si quis in balneo æstuat, reficit hunce ore exceptum, et in eo retentum acetum : si id non est, eodem modo frigida aqua assumpta.

Anle omnia aulem norit quisque naturam sui Corporis : quoniam alii graciles, alii obesi sunt; alit calidi, ali frigidiores; ali humidi, alii sicci; alios adstricta, alios resoluta alvus exercet : raro quisquam non aliquam partem corporis imbecillam habet. Tenuis vero homo implere se debet, plenus extenuare, calidus refrigerare, frigidus calefacere, madens siccare, siccus madefacere : itemque alvum firmare is, cui fusa ; solvere is, cui adstricta est : succurrendumque semper parti maxime laboranti est.

Implet autem corpus modica exercitatio, frequentior quies, unctio, et si post prandium est, balneum, contracta alvus, modicum frigus hieme, somaus et plenus et son nimis longus, molle cubile, animi securitas, assumpta

et de boissons, des substances douces et grasses, : des repas rapprochés et aussi abondants que l'estomac peut les supporter; telles sont les conditions qui favorisent l’embonpoint. Celles qui font maigrir sont l’immersion dans l’eau chaude , surtout si elle est salée; le bain'pris à jeun, l’ardeur du soleil ou toute autre chaleur. les veilles, les soucis, l’insuffisance ou l’excès du sommeil, l'habitude de coucher sur la terre en été, ou d’avoir un lit dur en hiver; la course, les marches forcées et tout exercice violent, les selles, les vomissements, les substances acides et astringentes, l’usage enfin de ne faire q un repas par jour et de boire, à jeun du vin qui ne soit pas assez froid.

Puisque parmi les causes d’amaigrissement j'ai signalé le vomissement et les évacuations alvines , il est bon de s'expliquer à ce sujet. Je sais qu’Asclépiade, dans son traité sur l’art de conserver la santé, défend expressément de provoquer le vomissement; et je ne le blâme point de s'être élevé contre une coutume employée chaque jour, dans le but de satisfaire une grossière intempérance. Mais il va plus loin, et dans le même ouvrage il proscrit les purgations. Ces deux sortes d’évacuations sont nuisibles sans doute quand elles sont dues à des médicaments trop actifs, mais il ne suit pas de là qu'il faille y renoncer toujours ; car, suivant les saisons et les tempéraments, il peut se présenter des circonstances qui les rendent nécessaires, en ayant soin toutefois de ne les solliciter qu'avec mesure, et seulement lorsque l'indication est pressante. Asclépiade d’ailleurs, reconnaît lui-même qu’il faut expulser les matières corrompues : done on ne peut condamner

per cibos et potiones maxime dulcia et pinguia, cibus et frequentior et quantus plenissimus potest concoqui. Extenuat corpus aqua calida, si quis in eam descendit, magisque si salsa est; in jejuno balneum , inurens sol et ome nis Calor, cura, vigilia, somnus nimium vel brevis vel longus ; lectus, per æslalem, terra ; hieme, durum cubile : cursus , mulla ambulatio omnisque vehemens exercitatio, vomilus , dejectio, acidæ res et austeræ, et semel die assumptæ, et vini non perfrigidi potio jejuno in consuetudinem addueta.

Cum vero inter extenuaulia posuerim vomitum et dejectionem , de his quoque proprie quædam dicenda sunt. Ejectum esse ab Asclepiade vomitum in eo volumine, quod de tuenda sanitate composuit , video : neque reprehendo, si offensus eorum est consuetudine, qui quotidie ejiciendo, vorandi facultatem moliuntur. Paulo etiam longius processit : idem purgationes quoque eodem volumine expulit. Et sunt eæ perniciosæ , si nimis valentibus medicamentis fiunt. Sed hæc tamen submovenda esse, non est perpetuum; quia corporum temporumque ratio potest ea facere necessaria, dum et modo, et non nisi cum opus est, adbibeantur. Ergo ille quoque ipse, si quid jam corruptum esset, expelli debere confessus est ;

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d'une manière absolue l'usage des vomitifs et des purgatifs, mais on doit saisir avec discernement les occasions nombreuses où ces moyens sont utiles. Le vomissement est plus avantageux l'hiver que l'été, parce qu’alors il y a plus de pituite et plus de pesanteurs de tête. Il est nuisible aux personnes maigres et qui ont l’estomac faible ; mais il convient à tous les gens replets et bilieux, soit qu'ils aient trop mangé, soit qu'ils aient eu de mauvaises digestions. Si l’on a pris en effet plus d'aliments qu'on n’en peut digérer, il serait dangereux de les laisser se corrompre ; et s'ils sont corrompus déjà, rien de plus simple que de les rejeter par la voie Ja plus prompte. Eu conséquence, dès qu'on a des rapports amers, accompagnés de douleur et de pesanteur à l’épigastre, il faut de suite recourir au vomissement. Il reussit également à ceux qui ont de la chaleur à la poitrine avec expectoration fréquente, ou qui sont tourmentés de nausées : on en obtient encore de bons effets quand on a des tintements d'oreille, les yeux larmoyants ou la bouche amère; quand on change d'air ou de lieu, ou qu'après avoir été plusieurs jours sans vomir, on ressent de la douleur dans la région de l'estomac. Je n’ignore pas que l'emploi des vomitifs exige du repos , que ne peuvent se donner ceux qui ont des occupations forcées ; et je sais aussi que le repos n’a pas la même action sur tout le monde. J’avouerai dès lors qu’on ne doit jamais provoquer le vomissement pour se livrer à son intempérance ; mais je crois, au nom de l’expérience, qu'il est quelquefois utile d'en venir là pour le maintien de la santé. Si pourtant on est jaloux de se bien porter et de connaître la vieillesse, on évitera de s’en faire une habitude journalière. Si l'en veut

ila non ex tolo res condemnanda est. Sed esse ejus etiam plures causæ possunt; estque in ea quædam paulo subtilior observatio adhibenda. Vomitus utilior est hieme, quam æstate : nam tum et pituitæ plus , et capitis gravitas major subest. Inutilis est gracilibus, et imbecillum stomachum habentibus : utilis plenis et biliosis omnibus , si vel nimium se replerunt, vel parum concoxerunt. Nam, sive plus est, quam quod concoqui possit, periclitari ne corrumpatur, non oportet : si vero corruptum est, nibil commodius est, quam id , qua via primum expelli potest, ejicere. Itaque, ubi amari ructus cum dolore et gravilate præcordiorum sunt, ad bunc protinus confugiendum est. Idem prodest ei, cui pectus æstuat, et frequens saliva, vel nausea est ; aut sonant aures, aut madent oculi, aut os amarum est : similiterque ei, qui vel cœlum, vel locum mutat ; iisque, quibus, si per plures dies non vomuerunt, dolor præcordia infestat. Neque ignoro, inter hæc præcipi quietem : quæ non semper contingere potest agendi necessilatem habentibus; nec in omnibus idem facit. Itaque istud luxuriæ causa fieri non oportere confiteor ; interdun valetudinis causa recte fieri, experimentis credo : cum 60 famen, ne quis qui valere et senescere vo-

vomir après le repas et qu’on v’ait pas besoin de grands efforts, un peu d'eau tiède suffira: si l'on a plus de peine à se débarrasser, on ajoutera un peu de sel ou de miel à l’eau tiède. Se propose-t-on de vomir le matin, on commencera par boire de l'hydromel (5) ou de l'hysope, ou bien on mangera du raifort; puis on fera usage de l'eau tiède, comme il est dit plus haut. Tous les autres moyens recommandés par les anciens médecins sont contraires à l'estomac. Après le vomissement, si l’on ressent quelque faiblesse, on pourra prendre en petite quantité des aliments qui répondent à l’état de l’estomac, et boire en outre trois verres d’eau froide, à moins que les matières vomies n'aient trop irrité la gorge. Lorsqu'on a sollicité cette évacuation dès le matin, on doit se promener dans le jour, faire des onctions, et dîner ensuite : mais si elle n’a eu lieu qu'après le repas du soir, il convient de se baigner le lendemain pour appeler la sueur. Le repas qui succède à cette secousse doit être fort restreint , et composé de pain de la veille , de vin pur et astringent, de viande rôtie, ou de tous autres aliments très-secs. Si l'on croit utile d’exciter le vomissement deux fois par mois, il vaut mieux y recourir deux jours de suite, que de laisser entre chaque fois quinze jours d'intervalle, à moins que la distance ne parüt ensuite trop longue, dans le cas où la poitrine s’embarrasserait de nouveau. Il faut de même employer les purgatifs dès que la constipation occasionne des flatuosités, des vertiges, des maux de tête, et du malaise dans les parties supérieures. Quel secours, en effet, attendre alors du repos et dela diète, qui favorisent précisément cet état du ventre ? Pour se purger, il faut choisir d’abord des vins et des aliments doués de pro-

let, hoc quotidianum habeat. Qui vomere post cibum volet, si ex facili facit, aquam tantum tepidam ante debet assumere; si diflicilius, aquæ vel salis, vel mellis paulum adjicere. At qui mane vomiturus est, ante bibere mulsum, vel hyssopum, aut esse radiculam debet; deinde aquam tepidam, ut supra scriptum est, bibere. Cetera quæ antiqui medici præceperunt, stomachum omnia infestant. Post vomitum, si stomachus infirmus est, paulum cibi, sed hujus idonei, gustandum, et aquæ frigidæ cyathi tres bibendi sunt; nisi tamen vomitus auces exa- Speravit. Qui vomuit, si mane id fecit, ambulare debet, tum ungi, deinde cœnare : si post cœnam, postero die lavari, et in balneo sudare. Huic proximus cibus mediocris utilior est; isque esse debet cum pane hesterno, vino austero meraco, et Carne assa, cibisque omnibus quam siceissimis. Qui vomere bis in mense vult, melius consulet, si biduo continuarit, quam si post quintumdecimum diem vomuerit ; nisi hæc mora gravitatem pectori faciet: Dejectio autem medicamento quoque petenda est, ubi venter suppressus parum reddit, ex eoque inflationes , ca= ligines, capitis dolores, aliaque superioris partis mala in: crescunt. Quid enim inter h&c adjuyare possunt quies Gt

priétés laxatives ; mais si leur action est insuffisante, on seservira d'aloës. Nécessaires de temps à autre, les purgations deviennent dangereuses quand elles sont trop répétées. Elles finissent par détourner la nourriture du corps; et la faiblesse qu'elles entraînent le rendent bien plus accessible aux atteintes des maladies. Les choses qui échauffent sont les onctions , l’eau salée surtout quand elle est chaude, toutes les salaisons, les amers, les substances charnues, l’usage du bain après le repas, et le vin astringent. Celles qui rafraichissent sont les bains pris à jeun , le sommeil quand il est modéré, tous les acides, l’eau trèsfroide, et l'huile mêlée à l’eau. Un travail plus fort que de coutume, des bains répétés, une nourriture rendue plus substantielle, des boissons abondantes, ensuite la promenade et la veille, telles sont les conditions propres à humecter le corps. La marche, par elle-même, agit d’une manière semblable quand elle est prolongée ct rapide, ainsi que l'exercice du matin, pourvu que l’on ne mange pas aussitôt après. On peut considérer encore comme humectants, tous les aliments qui viennent de lieux froids, pluvieux, et souvent arrosés. Au contraire, un exercice modéré, l’abstinence, les onctions sèches, la chaleur en général ou celle d’un soleil tempéré, l’eau froide, les repas succédant immédiatement à l’exercice, et les aliments tirés de lieux secs et chauds, servent à chasser l'humidité du corps.

Le travail, l'habitude de rester assis, l’application d'argile sur le corps , une nourriture restreinte à un repas par jour au lieu de deux, si tel était l'usage, la petite quantité de boisson qu’on prend lorsqu'on a fini de manger, et le repos après l'alimentation, contribuent au resser-

inedia , per quæ illa maxime eveniunt ? Qui dejicere volet, primum cibis vinisque utatur ïis, quæ hoc præstant; dein, si parum illa proficient, aloen sumat. Sed purgationes quoque, ut interdum necessariæ sunt, sic, ubi frequentes sunt, periculum afferunt, Assuescit enim non ali corpus; cum omnibus morbis obnoxia maxime infirmilas sit. Calefacit autem unctio, aqua salsa, magisque si calida est, omnia salsa, amara, carnosa, si post cibum est, balneum, vinum austerum. Refrigerant in jejuno , et balneum , et somnus, pisi nimis longus est, et omma acida; aqua quam frigidissima; oleum, si aqua miscetur. Humidum autem corpus efficit labor major, quam ex consuetudine, frequens balneum, cibus plenior, mulla polio; post hæc ambulatio, et vigilia : per se quoque ambulatio multa et vehemens, et malutinæ exercitationi non protinus cibus adjectus : ea genera escæ, quæ veniunt ex locis frigidis, et pluviis, et irriguis. Contra siccat modica exercilatio, fames, unctio sine aqua, calor , sol modicus, frigida aqua , cibus exercitationi statim subjectus, et is ipse ex siceis et æstuosis locis veniens.

Alvum adstringit labor, sedile, ereta figularis corpori

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rement du ventre, Il devient libre sousl’influence d'une marche forcée, d'une nourriture plus substantielle , de boissons plus abondantes, prises en même temps que les aliments, et de l’exercice fait après le repas. On ne doit pas ignorer non plus que le vomissement peut supprimer la liberté du ventre quand il est relâché, ou Ja favoriser lorsqu'il est resserré. Le premier effet sera produit, si l’on vomit aussitôt après avoir mangé, et l'effet contraire, si le vomissement survient plus tard.

Relativement aux âges, on supporte très-bien l'abstinence au milieu de la vie, avee moins de facilité dans la jeunesse, et beaucoup moins encore dans l’enfance ou la vieillesse. On prendra des aliments d'autant plus souvent qu'on souffrira davantage de leur privation, et cela devient surtout nécessaire pendant la croissance. Les bains chauds conviennent aux enfants et aux vieillards; les premiers devront boire leur vin très-affaibli, et les seconds le prendront plus pur; mais les uns et les autres éviteront les vins qui donnent des flatuosités. Quant aux jeunes gens, ils ont moins à s'occuper de la qualité et de la quantité de leur nourriture. La plupart de ceux qui ont eu le ventre libre dans la jeunesse deviennent, en vieillissant, sujets à la constipation ; et réciproquement ceux qui l'avaient resserre arrivent ensuite à l’état de relâchement. Mais il est préférable que les évacuations alvines soient faciles chez le jeune homme, et plus rares chez le vieillard.

Il faut encore avoir égard aux saisons de l’année. On doit en hiver se nourrir davantage et moins boire; mais aussi, boire son vin plus pur. Il convient de manger beaucoup de pain , dela viande bouillie de préférence, et peu de légumes.

illita, cibus imminutus, et is ipse semel die assumptus ab eo, qui bis solet; exigua potio, neque adhibita, nisi cum cibi quis quantum assumpturus est, cepit ; post cibum quies. Contra solvit aucta ambulatio atque esca, motus qui post cibum est, subinde poliones cibo immistæ. Illud quoque scire oportet, quod ventrem vomitus solutum comprimit, compressum solvit : itemque comprimit is vomitus, qui statin post cibumn est; solvit is, qui tarde supervenit.

Quod ad ætates vero pertinet, inediam facillime sustinent mediæ ætates, minus juvenes, minime pueri et senectute confecti. Quo minus fert facile quisque, eo sæpius debet cibum assumere ; maximeque eo eget, qui increscit. Calida lavalio et pueris et senibus apta est. Vinum dilutius pueris , senibus meracius, neutri ætati, quæ inflationes movent. Juvenum minus, quæ assumant, et quomodo curentur, interest. Quibus juvenibus fluxit alvus, plerumque in sepectute contrahitur : quibus in adolescentia fuit adstricta, sæpe in senectule solvitur. Melior est autem in juvene fusior, in sene adstrictior,

Tempus quoque anni considerare oportet. Hieme plus esse convenit; minus, sed meracius bibere ; multo pane

Un seul repas par jour suffira, à moins toutefois, que le ventre ne fasse pas ses fonctions. Si l’on déjeune, que ce soit avec des aliments secs et en petite quantité, sans prendre de viande et sans boire. Tout ce que l’on mange à cette époque de l’année doit être chaud , ou de nature à développerde la chaleur. Les plaisirs de Vénus présentent alors moins de danger. Au printemps, il faut diminuer les aliments et boire davantage; mais les boissons seront plus affaiblies. La viande et les légumes deviendront d’un usage plus fréquent, et l’on passera par degrés des viandes bouillies à celles qui sont rôties. C'est le temps où l'amour est le plus favorable. En été lecorps a plussouvent besoin de nourriture et de boissons, et l'on fait bien alors dedéjeuner. La viande et les légumes conviennent dans ce cas parfaitement ; et quant aux vins, ils doivent être assez étendus d’eau pour apaiser la soif sans exciter de chaleur. Les bains froids, la viande rôtie, les aliments froids ou qui rafraichissent, sont de même indiqués. Il faut à cette époque manger d'autant moins à la fois, qu’il est nécessaire d'y revenir plus souvent. L'automne, en raison des vicissitudes de l’air , expose à de grands dangers ; aussi ne doit-on jamais sortir que vêtu et chaussé, principalement les jours où le temps s’est re— froidi. Il ne faut pas non plus passer la nuit dehors; où dans ce cas être bien couvert. On peut commencer dès lors à se nourrir davantage; on boira moins de vin, mais on ne sera pas tenu de l'affaiblir autant. On a prétendu que les fruits étaient nuisibles, parce qu’en général on en mange immodérément tout le jour, sans rien retrancher de sa nourriture ordinaire; mais ce ne sont pas les fruits, c’est l'excès en tout qui fait

vti, carne potius elixa, modice oleribus; semel die cibum capere, nisi si nimis venter adstrictus est. Si prandet aliquis, utilius est exiguum aliquid, et ipsum siceum sine éarne , sine potione sumere. Eo tempore anni calidis omnibus potius utendum est, vel calorem moventibus. Venus tum non æque perniciosa est. At vere paulum cibo demendum, adjiciendumque potioni, sed dilutius tamen bibendum est; magis carne utendum, magis oleribus; transeundum paulatim ad assa ab elixis. Venus eo tempore anni tutissima est. Æslate vero et potione et cibo sæpias corpus eget; ideo prandere quoque commodum est. Eo tempore aplissima sunt et caro et olus; potio quam dilulissima, ut et silim tollal, nec corpus incendat; frigida lavatio, caro assa, frigidi cibi, vel qui refrigerent. Ut sæpius autem cibo utendum, sic exiguo est. Per autumunm vero, propter cœli varielatem, periculum maximum est: Itaque neque sine veste, neque sine calceamentis prodire oporlet, præcipueque diebus frigidioribus, nequé sub divo nocte dormire , aut certe bene operiri. Cibo vero jam paulo pleniore uti licet, minus, sed meracius bibere. Poma nocere quidam putant, quæ immodice toto die plerumque sie assumuntur, ne quid ex densiore cibo remittatur : ita non hæc, sed consummatio omnium nocet. Ex quibus

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mal, et même il ya moins d’inconvénients à abuser des fruits que des autres aliments. Ce n’est pas une raison cependant pour se livrer plutôt à cet abus qu'a tout autre; et si cela arrive, il faut diminuer alors le repas habituel. En été, comme en automne, les plaisirs de Vénus sont contraires. Ils sont moins à craindre, il est vrai, dans cette dernière saison ; mais il faudrait pouvoir s’en abstenir entièrement pendant l'été. IV. J'arrive à parler maintenant de ceux chez lesquels il y a faiblesse de certaines parties ‘du corps. S’il s’agit de la tête, on doit dès le matin, lorsque la digestion est bien faite, se la frotter doucement avec les mains; autant que possible la tenir découverte, la raser jusqu’à la peau; éviter l'influence de la lune, surtout avant sa conjonction avec le soleil, et ne jamais se promener après les repas (6). Si l’on porte ses cheveux, il faut les peignertous les jours. Ii convient de marcher beaucoup : mais s’il se peut, pas plus dans un lieu couvert qu’au soleil, dont l'ardeur serait nuisible, principalement après avoir bu et mangé. Les onctions, qu'il vaut mieux employer que les bains, pourront se faire quelquefois à la chaleur d’un brasier , mais jamais à celle de la flamme. Si l’on se rend aux bains, on doit s’arrêter dans le fepidarium sans quitter ses vétements, jusqu'à ce qu'unelégère transpiration s’établisse; sesoumettreensuite aux onctions et passer dans le calidarium. Mais une fois en sueur, au lieu de descendre dans la cuve, il faut faire dirigersur tout le corps, en commençant par la tête, d’abondantesaffusions, qui seront successivement chaudes, tièdes et froides. La tête sera plus longtemps arrosée d’eau froide que les autres parties du corps; on la frictionnera quelque temps;

in nullo Lamen minus, quam in his noxæ est. Sed his uti non sæpius, quam alio cibo convenit. Denique aliquis densiori cibo, cum hic accedit, necessarium est demi. Neque æstale vero, neque autumno utilis venus est : Lolerabilior tamen per autumnum; æstate in totum, si fier potest, abstinendum est.

IV. Proximum est, ut de iis dicam, qui partes aliquas corporis imbecillas habent. Cui caput infirmum est, is si bene concoxit, leniter perfricare id mane manibus suis debet; numquam id, si fieri potest, veste velare; ad cutem tonderi; [ utileque lunam vitare, maximeque ante ipsum lunæ solisque concursum; ] sed nusquam post cibum. Si cui capilli sunt, eos quotidie pectere; multum ambulare, sed, si licet, neque sub teclo, reque iu sole; utique autem vitare solis ardorem, maximeque post cibum et vinum; potius ungi, quam lavari; numquam ad flammam ungi, interdum ad prunam. Si in balneum venit, sub veste primum paulum in tepidario insudare, ibi ungi, tum transire in calidarium ; ubi sudarit, in solium non descendere, sed mulla calida aqua per caput se totum perfundere, tum tepida, deinde frigida ; diutiusque ea caput, quam ceteras parles perfundere; deinde id aliquandiu perfricare; novissime detergere et ungere.

puis après l'avoir essuyée, on renouvellera les onctions. Rien ne fait tant de bien à la tête que l'eau froide ; aussi, pour remédier à sa faiblesse, il faut pendant l'été l'exposer chaque jour un certain temps à la chute d’un large courant d'eau. On doit toujours, lors même qu’on a fait usage des onctions sans se baigner, et que le corps supporterait mal un refroidissement, se faire néanmoins arroser la tête d’eau froide. Pour qu’elle ne puisse en descendant le long du cou mouiller le reste du corps, on aura soin de se pencher en avant et même de la ramener vers la tête avec les mains, dans le but de protéger les yeux et les parties voisines. Il est convenable, en pareil cas, de se contenter d'une nourriture succincte et de facile digestion. Si l’on éprouve des maux de tête avant d’avoir rien pris, on pourra manger dans le milieu de la journée; autrement il vaut mieux se borner à un seul repas. Comme boisson habituelle , il faut préférer le vin léger étendu d’eau à l’eau pure, afin de tenir ce dernier moyen en réserve , si la pesanteur de tête augmente. II n’ya done pas lieu de faire exclusivement usage de vin ou d'eau; mais, pour qu'ils produisent de bons effets, on doit s’en servir alternativement. Il est hors de propos après diner de lire, d’ecrire, ou de parler à haute voix. La méditation estégalement contraire ; mais ce qui serait le plus nuisible, c'est le vomissement.

V. L'usage de l’eau froide n’est pas seulement utile à ceux dont la tête est faible, ii convient encoreaux individus affectés d'ophthalmies continuelles, ou fréquemment atteints de rhumes, de maux de gorge ou de fluxions. Etil ne suffit pas d'employer l’eau froide à se laver la tête, il faut s'eu rincer la bouche, et y revenir souvent.

Capiti nihil æque prodest atque aqua frigida : itaque is, cui hoc infirmum est, per æstatem id bene largo canali quotidie debet aliquandiu subjicere. Semper autem, eliamsi sine balneo unctus est, neque totum corpus refrigerare sustinet, caput tamen aqua frigida perfundere. Sed cum ceteras partes attingi nolit, demittere id, ne ad cervices aqna descendat; eamque , ne quid oculis, aliisve partibus noceat, defluentem subinde manibus ad hoc regerere. Huic modicus cibus necessarius est, quem facile concoquat ; isque, si jejuno caput lædilur, assamendus etiam medio die est; si non læditur, semel potius. Bibere huic assidue vinum dilutum, lene, quam aquam magis expedit; ut, - cum caput gravius esse cœperit, sit quo confugiat : eique ex toto neque vinum , neque aqua semper utilia sunt; medicamentum utrumque est, cum invicem assumitur. Scribere, legere, voce contendere, huic opus non est, utique post cænam ; post quam ne cogitatio quidem ei satis tuta est : maxime tamen vomitus alienus est.

N-. Neque vero his solis, quos capitis imbecillitas torquet, usus aquæ frisidæ prodest ; sed ïis etiam, quos assiduæ lippitudines , gravedines , destillationes, tonsillæque male habent. His autem non caput tantum quotidie perfundendum , sed os quoque mulla frigida aqua fovendum est; præcipueque omnibus, quibus hoc utile auxilium est,

Tous ceux à qui ce moyen est utile doivent y recourir, surtout quand les vents du midi ont rendu l'air plus malsain. En général, toute contention ou travail d'esprit est préjudiciable après les repas ; mais cela devient plus contraire encore lorsqu'on est sujet aux maux de tête, à des douleurs de la trachée ou de quelque autre partie de la gorge. Ees personnes chez lesquelles cette disposition existe pourront éviter les fluxions et les rhumes , en changeant le moins possible d’eau et de lieu, en se couvrant la tête pour la préserver de l'ardeur du soleil ou d’un froid subit si le ciel s’obscurcit tout à coup, en se rasant la tête à jeun et quand la digestion est bien faite ; etenfin, en s'abstenant de lire et d’6crire après les repas.

VI. S'il y a trop grande liberté du ventre, il faut exercer les parties supérieures en jouant à la paume ou à quelque autre jeu de mêmenature ; se promener à jeun, éviter le soleil, se baivner continuellement, faire usage des onctions sans aller jusqu’à la sueur, ne point trop varier ses aliments, s'abstenir de ceux qui senttrop suceulents, ainsi que des légumes etdes herbages, qui ne font que passer dans l'estomac ; et préférer enfin les substances qui exigent une longue digestion. Les plus convenables sont le gibicr, les poissons dont la chair est ferme, ct la viande rôtic des animaux domestiques. Au lieu de vin salé, doux ou léger, dont l’action serait nuisible, on doit se servir de vinastringent quin’ait rien perdu de sa force et ne soit pas trop vieux. On ne boira d'hydromel que s'il est préparé avec du miel cuit ; et si l’état du ventre le permet, on n'emploiera que les boissons froides. Si le repas du soir est mal supporté, il faudra se faire vomir aussitôt, et recommencer le

eo utendum est, ubi gravius cœlum Austri reddiderunt. Cumque omnibus inutilis sit post cibum aut contentio, aut agitatio animi; tum iis præcipue, qui, vel capitis, vel arteriæ dolores habere consuerunt , vel quoslibet alios oris affectus. Vitari etiam gravedines, destillationesque possunt, si quam minime, qui his opportunus est, loca aquasque mutat ; si caput in sole protegit, ne incendatur, peve subitum ex repentino nubilo frigus id moveal; si post concoctionem jejunus caput radit ; si postcibum neque legit, neque scribit.

VI. Quem vero frequenter cita alvus exercet, huic opus est pila similibasque, superiores partes exercere; dum jejunus est, ambulare ; vilare solem, continua balnea; ungi citra sudorem ; non uli cibis variis, minimeque jurulentis, aut leguminibus, oleribusve iis, quæ celeriter descendunt; omnia denique sumere, quæ farde concoquuntur. Venatio, durique pisces, et ex domesticis animalibus assa caro maxime juvant. Numquam vinum salsum bibere expedit, ne tenue quidem, aut duice; sed austerum , et plenius, neque idipsum pervetus. Si mulso uti volet, id ex decocto melle faciendum est. Si frigidæ potiones ventrem ejus non turbant, his utendum potissimum est. Si quid offensæ in cæna sensit, vomere debet; idque postero quoque die facere : tertio, modici ponderis

Jendemain ; le troisième jour ne prendre qu’un peu de pain trempé dans du vin , en ajoutant sinplement quelques raisins cuits ou confits, ou quelque autre préparation semblable, et revenir ensuite à ses habitudes. II faut après avoir mangé garder constamment le repos; ne pas se fatiguer l'esprit et ne pas même se déplacer pour une promenade légère.

VIL. Si l’on souffre habituellement du gros intestin qu’on appelle célon, ce qui tient à la distension produite par des flatuosités, on doit s'appliquer à rendre les digestions meilleures , et pour cela s’adonner à la lecture à haute voix, ainsi qu’à d’autres exercices ; prendre des bains chauds, ne choisir que les aliments solides ou liquides qui peuvent développer de la chaleur, éviter le froid par conséquent de toutes les manières, de même que les substances douces, les légumes, et tout ce qui d'ordinaire donne des flatuosités.

VIII. Se plaint-on de l'estomac, on doit lire à haute voix, se promener ensuite, puis jouer à la paume, faire des armes, ou se livrer à tout autre exercice qui mette en mouvement les parties supérieures ; il ne faut point boire d’eau à jeun, mais du vin chaud; faire deux repas par jour, etde nature pourtant à être digérés facilement ; se servir d’un vin astringent et léger ; et lorsqu'on a fini de manger , boire froid de préférence. La faiblesse de l’estomac s’annonce par la pâleur , la maigreur , les douleurs à l'épigastre, les nausées, les vomissements involontaires, et les maux de tête quand on est à jeun. L'absence de tous ces signes dénote un bon estomac. Mais il est prudent sur ce point de ne pas s’en rapporter toujours à nos Romains; car lorsqu'ils veulent, étant malades, obtenir du vin ou de l’eau

panem ex vino esse, adjecta uva ex olla, vel ex defruto, similibusque aliis : deinde ad consuetudinem redire. Semper autem post cibum conquiescere , ac neque intendere animum, neque ambulatione quamyvis leni dimoveri.

VIT. At si laxius intestinum dolere consuevit, quod tolum nominant, cum id nihil nisi genus inflationis sit, id agendum est, ut concoquat aliquis, ut lectione, aliisque generibus exerceatur, utatur balneo calido, cibis quoque et potiombus calidis; deniqüe omni modo frigus vitet, item dulcia omnia, leguminaque, et quidquid inflare censuevit.

VII. Si quis vero stomacho laborat, legere clare debet ; post lectionem ambulare ; tum pila, vel armis, aliove quo genére, quo superior pars movelur, exerceri; non aquam, sed vinum calidum bibere jejunus ; cibum bis die assumere, sic tamen, ul facile concoquat ; uti vino tenui et austero, et post cibum frigidis potionibus potius. Stomachum autem infirmum indicant pallor, macies , præcordiorum dolor, nausea, et nolentium vomilus, in jejuno dolor capitis. Quæ in quo non sunt, is firmi stomachi est, Neque credendum utique nostris est, qui cum in adversa valetudine vinum aut frigidam aquam concupiverunt, deliciarum patrocinium in accusationem non merentis sto-

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froide, ils accusent l'estomac d'une faiblesse imaginaire qui sert d’excuse à leurs désirs. Les per— sonnes qui digèrent lentement, chez lesquelles il y a pour cette raison gonflement des hypocondres, où bien une soif ardente qu’il faut apaiser la nuit, doivent, avant de se coucher, boire, au moyen d'unsiphon, deux ou trois verres d’eau froide. On favorise encore les digestions pénibles par la lecture à haute voix, à laquelle on fait succéder la promenade, puis les onctions ou le bain. Il est utile aussi de boire habituellement son vin froid, de terminer le repas par une boisson prise engrandequantité, mais, comme je viens de ledire, à l’aide d’un siphon, et en dérnier lieu d’avaler un verre d’eau froide. Si leg aliments s’aigrissent, il faut prendre avant de manger un peu d’eau tiède et vomir; et s’il en résulte du dévoiement, boire après chaque évaæ cuation un verre d’eau froide.

IX. Lorsqu'on est obsédé par des douleurs de nerfs, ce qui arrive ordinairement à ceux qui ont la goutte aux pieds ou aux mains(7), il faut; autant que possible, exercer la partie malade et l’exposer au froid et à la fatigue; pourvu cependant que la douleur ne soit pas exaspérée car alors rien n’est préférable au repos. Les plaisirs de l’amour sont toujours contraires ; mais ici, comme dans toutes les autres affections, il est essentiel de bien digérer. En effet, une indigestion ne manque jamais d'aggraver l’état local ; et chaque fois que le corps recoit une atteinte, elle est ressentie surtout par la partie souffrante. S'il n’y a pas de circonstances où les bonnes digestions ne soient utiles, il n’en est pas ainsi de la chaleur et du froid, qui peuvent, selon les cas, être salutaires ou nuisibles. Aussi doit-oû, à cetégard,se régler sur sa constitution. Le froid est

machi babent. At qui tarde concoquunt, et quorum ideo præcordia inflantur, quive propter ardorem aliquem noctu sitire consuerunt, ante quam conquiescant , duos tresve cyathos per tenuem fistulam bibant. Prodest etiam adversus lardamn coucoctionem clare legere , deinde ambulare, tum vel ungi vel layvari, assidue vinum frigidum bibere, et post cibum, magnam potionem, sed, ut supra dixi, per siphonem : deinde omnes potiones aqua frigida inclu= dere. Cui vero cibus acescit, is ante eum bibere aquam egelidam debet, et vomere : at si cui ex hoc frequens dejectio incidit, quolies alvus ei constilerit, frigida potione potissimum utatur. , IX. Si cui vero dolere nervi solent, quod in podagra chiragrave esse consuevit, huic, quantum fieri potest; exercendum id est, quod affectum est, objiciendumque labori et frigori; nisi cum dolor increvit; sub quo quiesa optima est. Venus semper inimica est; concoclio, sicut in omnibus corporis aflectibus, necessaria. Cruditas enimu id maxime lædit, et quoties offensum corpus est, vitiosa pars maxime senlit.

Ut concoctio autem omnibus vitiis occurrit, sic rursugm aliis frigus, aliis calor : quæ sequi quisque pro habitu corporis sui debet. Frigus inimicum est seni, tenui, vul=

l'ennemi des vieillards et des gens maigres, il est pernicieux dans les blessures et nuit aux-hypovondres, aux intestins, à la vessie, aux oreilles, aux hanches, aux épaules, aux partiesnaturelles , % aux os, aux dents, aux nerfs, à la matrice, etau cerveau. Il rend la peau pâle, aride, dure , noire, et fait naître des frissons et des tremblements. Ÿ Mais il est favorable aux jeunes gens ainsi qu'aux personnes replètes ; et bien qu'il faille s’en garantir, il donne à l'esprit plus de vivacité et vient en aide à la digestion. Ce n’est pas seulement pour la tête qu'on peut employer avec avantage les affüsions froides, l'estomac s’en trouve également bien , et leurs bons effets se font sentir dans les douleurs articulaires, quand il n’y a pas complication d’ulcères; elles conviennent enfin aux personnes trop colorées qui n'éprouvent aueune douleur. La chaleur soulage tous les maux que le froid exaspère : tels sont les maux d’yeux qui ne sont accompagnés ni de douleur ni de Jarmoiement , les mouvements nerveux et les ulcères , ceux notamment qui se sont manifestés sous l'influence du froid. C'est la chaleur qui donne au corps une bonne coloration, et qui favorise l’écoulement des urines, Cependant, au delà de certaines limites , elle énerve le corps, affaiblit les nerfs et relâche l'estomac. Mais rien n’est plus dangereux que le froid ou le chaud dont l’action s'exerce à l’improviste, et sans qu’on y soit préparé. Le froid produit alors des points de côté et diverses maladies, de même que l’eau froide accélère le développement des affections strumeuses. D'un autre côté, la chaleur arrête la digestion, fait perdre le sommeil, entraîne des sueurs débilitantes, et prédispose aux maladies épidemiques.

X. Il est des précautions indispensables , que doit prendre, pendant le règne d’une épidé-

pulis, naturalibus, ossibus, dentibus, nervis, vulvæ, cerebro : idem summam cutem facit pallidam, aridam, duram, nigram; ex hoc horrores tremoresque nascuntur. At prodest juvenibus, et omnibus plenis : erecliorque mens est, el melius concoquitur, ubi frigns quidem est, sed cavetur. Aqua vero frigida infusa, præterquam capiti, eliam stomacho prodest : item articulis doloribusque, qui sunt sine ulceribus : item rubicundis nimis hominibus, si dolore vacant. Calor autem adjuvat omnja, quéc frigus infestat : item lippientes, si nec dolor, nec lacrimæ sunt ; nervos quoque, qui contrahuntur ; præcipueque ea ulcera, quæ ex frigore sunt : idem corporis colorem bogum facit ; urinam movel. Si nimius est, corpus effæmipat, nervos emollit, stomachum solvit, Minime vero aut frigus aut calor tuta sunt, ubi subita insuetis sunt. Nam frigus , Jateris dolores, aliaque vilia ; frigida aqua, strumas excitat : calor concoctionem prohibet, ssmnum aufert, sudore digerit, obnoxium morbis pestilentibus corpus effcit.

X. Est eliam observatio necessaria, qua quis in pestilentia utatur adhuc integer, cum tamen securus esse non possit. Tum igitur oportet peregrinari, navigare : ubi id

neri, præcordiis, intestinis, vesicæ, auribus, coxis, sca- |

mie, celui qu’elle n'a pas encore attéint, mais qui-cependant n'est pas à l'abri de ses attaques. Le plus sûr alors est de vovager ou de naviguer. Si cela n’est pas possible, il faut se faire porter en litière, se promener doucement en plein air, avant l'heure des grandes chaleurs; employer de légères onctions,et, comme on l'a conseillé plus haut, éviter la fatigue, les indigestions, le froid, la chaleur, et les excès vénériens. Il faudra s'observer bien davantage encore s’il survient quelque malaise, et dans ce cas ne pas se lever matin, ne jamais marcher pieds nus, surtout lorsqu'on vient de manger ou de prendre un bain, renoncer à se faire vomir aussi bien à jeun qu'’après diner, ne point solliciter d’évacuations alvines , chercher même à les arrêter si le dévoiement existe, et remédier plutôt par l’abstinence à l'excès deplénitude du corps. De même, on devra supprimer les bains , ne pas se mettre en sueur, et se tenir en garde contre le sommeil de midi, surtout s'il succède au seul repas qu'on doive faire dans le jour. Ce repas enfin sera trèsmodéré, pour ne pas s’exposer aux indigestions ; et l'on boira chaque jour alternativement du vin.et de l’eau. Ces précautions prises, on ne changera plus rien à sa manière de vivre. Toutes les maladies pestilentielles, et principalement celles qui sont apportées par les vents du midi, exigent qu'on se conformeà ces préceptes. Ils ne sont pas moins nécessaires aux personnes qui voyagent, soit qu'elles aient quitté leurs foyers dans une saison fâcheuse , soit qu’elles arrivent dans des pays infestés. Si quelque circonstance s'oppose à l’observance de ce régime, on doit au moins s'imposer la diète, et passer alternativement, comme je viens de le dire, de l’eau au vin, et du vin à l’eau.

non licet, gestari, ambulare sub divo, ante æstum, leniter; eodemque modo ungi : et, ut supra comprehensum est, vilare fatigationem, cruditatem, frigus, calorem, libidinem : multoque magis se continere , si qua gravitas in corpore est. Tum neque mane surgendum, neque pedibus nudis ambulandum est, minimeque post cibum, aut balneum; neque jejuno, neque cœnato vomendum est : neque movenda alvus; atque etiam, si per se mota est, comprimenda est : abstinendum potius, si plenius corpus est. Itemque vitandum balneum, sudor, meridianus somnus, utique si cibus quoque antecessit; qui tamen semel die tum commodius assumitur ; iusuper etiam modicus, ne cruditatem moveat. Alternis diebus invicem, modo aqua, modo vioum bibendum est. Quibus servatis, ex reliqua victus consuetudine quam minimum mutari debet. Cum vero hæec in omni pestilenlia facienda sint, tum in ea maxime, quam Austri excitarint. Atque etiam peregrinanlibus eadem necessaria sunt, ubi gravi tempore anni discesserunt ex suis sedibns, vel ubi in graves regiones venerunt. Ac si cetera res aliqua prohibebit , utique abstinere debebit : atque ita a vino ad aquam, ab hac ad vinum, eo, qui supra positus est, modo, transitus el esse.

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