‹ Celse, Vitruve, Censorin (œuvres complètes), FrontinChapitre 34 sur 265 · Le hoquet et les vomissements de bile an · texte numérisé non relu

Le hoquet et les vomissements de bile an

que deseendit; difficulter urina redditur; eaque aut est cruenta , aul cruor fertur.

12. At liene icto, sanguis niger a sinistra parte prorumpit; præcordia cum ventriculo ab eadem parte indurescunt ; sitis ingens oritur ; dolor ad jugulum, sicut jocinore vulnerato, venit.

13. At cum vulva percussa est, dolor in inguinibus, et coxis, et feminibus est; sanguinis pars per vulnus, pars per naturale descendit; vomitus bilis insequitur ; quædam obmutescunt; quædam mente labuntur; quædam, sui compoles, nervorum oculorumque dolore urgeri se confitentur; morientesque eadem, quæ corde vulnerato, patiuntur.

14. Sin cerebrum membranave ejus vulnus accepit, sanguis per nares, quibusdam eliam per aures exit ; fereque bilis vomitus iusequilur ; quorumdam sensus obtunduntur, appellatique ignorant; quorumdam trux vultus est; quorumdam oculi, quasi resoluti, huc atque illuc moventur ; fereque tertio, vel quinto die delirium accedit ; multorum etiam nervi distendunlur : ante mortem amtem plerique fascias, quibus caput deligatum est, lacerant , ac nudum vulnus frigori objiciunt.

15. Ubi stomachus autem percussus est, singultus et bilis vomitus insequitur; si quid cibi vel potionis assum-

noncent que l'estomac est blessé; les aliments solides ou liquides qu’il contient sont aussitôt rejetés, le pouls se ralentit, de petites sueurs se manifestent, quientrainent le refroidissement des extrémités.

16. Les blessures du ventricule et du jejunum ont des signes communs : les aliments et les boissons se font jour par la plaie , la région épigastrique devient dure, et quelquefois on vomit de la bile ; seulement la blessure de l'intestin est située plus bas. Les autres perforations intestinales se reconnaissent aux matières féeales ou à l'odeur stercorale qui s’échappent par l’ouverture.

17. Dans les lésions dela moelle épinière, il y a paralysie ou mouvements convulsifs , et privation de sentiment; au bout d’un certain temps, la semence , l'urine et même les matières fécales sont rendues involontairement.

18. S'il y a lésion du diaphragme, les hypocondres se rétractent en haut, on ressent des douleurs dans l’épine, la respiration devient rare, et le sang qui sort de la plaie est écumeux.

19. Y a-t-il blessure de la vessie ? la douleur se fait sentir dans les aines, le région sus-pu-

bienneest tendue, le sang sort par le canal aw

dieu d'urine, et l'urine s'échappe par la plaie; l'estomac prend part au désordre, ce qui se ré— vèle ou par des vomissements de bile ou par des hoquets ; le froid survient, et la mort s'ensuit. 20. Ces notions ne sont pas les seules qu'il faille acquérir ; il en est d’autres qui se rapportent à tous les ulcères et blessures dont nous avons à traiter. Des plaies et des ulcères il s’écoule du sang, de la sante, du pus. Le sang est connu de tout le monde; plus ténue que ce

ptum est, id redditur cito ; venarum motus elanguescunt ; sudores tenues oriuntur, per quos extremæ partes frigescunt.

16. Communes vero jejuni intestini et ventriculi vulnerati notæ sunt : nam cibus et potio per vulnus exeunt; præcordia indurescunt; nonnumquam bilis per os reddi- {ur : intestino tantum sedes inferior est. Celera inlestina icla vel stercus, vel odorem ejus exhibent.

17. Medulla vero, quæ in spina est, percussa, nervi sesolvuntur, aut distenduntur; sensus intercidit ; interposito tempore aliquo, sine voluntate inferiores partes vel semen, vel urinam, vel etiam stercus excernunt.

18. At si septum transversum percussum est, præcordia sursum contrahuntur ; spina dolet ; spiritus rarus est; sanguis spumans fertur.

19. Vesica vero vulnerata, dolent inguina; quod super pubem est, intenditur; pro urina, sanguis; at ex ipso suluere urina descendit; stomachus aflicitur ; itaque aut bilem vomunt, aut singultiunt ; frigus, et ex eo mors sequitur.

20. His cognitis, etiamnum quædam alia noscenda sunt, ad omnia vulnera ulceraque, de quibus dicturi sumus, pertincntia. Ex his autem exit sanguis , sauies, pus. San-

liquide , la sanie peut être plus ou moins épaisse, gluante et colorée; le pus est très-épais, trèsblane, et plus gluant que le sang et la sanie. Le sang se fait jour quand la blessure est récente ou qu'elle est en voie de cicatrisation ; la sanie s’observe entre ces deux époques de la lésion, et le pus est fourni par les plaies lorsqu'elles tendent à guérir. Les Grecs ont distingué diverses espèces de pus et de sanie, auxquelles ils ont donné des noms particuliers. Il est une sorte de sanie qu'ilsappellentaqueuse(53swL),etune autre qu'ils nomment esktxnox (blanchâtre) ; il est de même un genre de pus désigné sous le nom d'éhxdec (onctueux). La sanie ichoreuse (63cL), ténue et tirant sur le blanc, provient des ulcères de mauvaise nature , et accompagne surtout l’inflammation qui s'empare des tendons blessés. La sanie mélicérique est plus épaisse, plusgluante, blanchâtre, el a quelque ressemblanceavec unrayon de miel blanc; elle appartient également aux plaies de mauvais caractère que présentent les blessures des tendons dans le voisinage des articulations, et notamment de celles du genou. Le pus dit 2m@ôes est ténu, presque blane , comme onctueux , et se rapproche assez, pour la couleur et la consistance, de l'huile blanche; on l’observe dans les grandes plaies qui marchent vers Ja guérison. Le sang est vicié, s’il est trop ténu ou trop épais, s’il est livide ou noir, mêlé depituite ou de diverses couleurs ; le meilleur est celui qui est chaud , rouge, médiocrement épais, et non gluant. Aussi les blessures dont le sang présente cesqualitéssont-ellesd’une guérison plus prompte; de même, dans la suite, le pronostic est d'autant plus favorable que les différentes humeurs que les plaies fournissent sont plus louables. IL suit de

guis omnibus notus est ; sanies est fenuior hoc, varie crassa, et glutinosa, et colorata ; pus crassissimum albidissimumque, glutinosius et sanguine et sanie. Exit autem sanguis ex vulnere recenti, aut jam sanescente; sanies est inter utrumque tempus ; pus ex ulcere jam ad sanitatem spectante. Rursus et sanies et pus quasdamn species Græcis nominibus distinctas habent. Est enim quædam sanies, quæ vel ÿ30wb, vel ue}ixnpx nominatur : est pus, quod éjatüe es appellatur. Yôpw tenuis, subalbidus, ex malo ulcere exit, maximeque ubi, nervo læso, inflammatio secuta est. Maézrpx crassior est, glulinosior, subalbida, mellique albo subsimilis. Fertur hæc quoque ex malis ulceribus, ubi nervi circa arliculos læsi sut; et inter hæc loca, maxime ex genibus. Ehx@ôec tenue, subalbidum, quasi unctum, colore atque pinguitudine oleo albo non dissimile apparet in magnis ulceribus sanescentibus. Malus autem est sanguis ,,nimium aut tenuis , aut crassus, COlore vel lividus, vel niger, aut pituita mistus , aut varius : optimus calidus, rubens, modiée crassus, non glutinosus. Ilaque protinus ejus vulneris expedita magis curatio est, ex quo sanguis bonus fluxit : itemque postea spes in iis major est, ex quibus melioris generis quæque proveniuni. Sanies igjlur mala est, multa, nimis tenuis, livida, aut

là que les conditions seront mauvaises si la sanie est abondante, très-ténue, livide, pâle ou noire, gluante, d’une odeur fétide, et si elle produit l'érosion de l’ulcère et des téguments; au contraire, elle a les qualités convenables quand elle n’est pas abondante, que la consistance en est médiocre, et la couleur légèrement rouge ou blanchâtre. L'état est plus grave, si la sanie ichoreuse est très-abondante, presque livide ou pâle, gluante, noire, chaude, et de mauvaise odeur; mais si elle est presque blanche, et que les autres caractères soient opposés à ceux-ci, il y a moins de danger. La sanie mélicerique ne doit pas non plus être abondante, ni épaisse; et il vaut mieux la voir s’écouler ténue et en petite quantité. De ces diverses matières, la meilleure est le pus; mais il offre aussi des conditions fâcheuses quand il dépasse une certaine mesure, qu'il se montre ténu, délayé, et cela dès le principe; qu'il a la couleur de petit-lait, qu'il est pâle, livide ou bourbeux, qu'enfia il est fétide, à moins toutefois que la fétidité ne dépende du siége même de la plaie. Il est d'autant plus louable qu’il est moins abondant, plus épais et plus blane; il est encore louable s’il est lisse , homogène et sans odeur. L’écoulement du reste doit être en rapport avec la grandeur et la durée du mal; car si la plaie est vaste ou soumise encore à l'inflammation, la suppuration sera naturellement considérable. Le pus nommé élues est d'autant plus à craindre, qu'il est plus abondant et moins onctueux, et d'autant plus favorable que la quantité en est plus restreinte et la consistance plus graisseuse.

21. Quand l'examen a fait reconnaître qu'une blessure est susceptible d'être guérie, il faut s'occuper aussitôt de prévenir deux accidents qui

pallida, aut nigra, aut glulinosa, aut mali odoris, aut

quæ, et ipsum uleus , et junctam ei cutem erodit : melior ! est non multa, modice crassa, subrubicunda, aut subal- |

bida. "Yôpgwÿ autem pejor est multus, crassus, sublividus aut subpallidus, glutinosus , ater, calidus, mali odoris : tolerabilior est subalbidus, qui cetera omnia contraria prioribus habet. Me}fxrox autem mala est, multa, et percrassa : melior, quæ et tenuior, et minus copiosa est. Pus inter hæc optimum est. Sed id quoque pejus est, multum, tenue, dilutum ; magisque , si ab inilio tale est : itemque, si colore sero simile, si pallidum, si lividum, si fæculentum est : præter hæc, si male olet ; nisi tamen locus hunc odorem excitat. Melius est, quo minus est, quo crassius, quo albidius : itemque, si læve est, si nihil olet, si æquale est. Modo tamen convenire et magnitudini vulneris, et tempori debet : nam plus ex majore, plus nondum solutis inflammationibus naturaliter fertur. Elx:@ôcs quoque pejus est multum, et parum pingue : quo minus is, quoque id ipsum pinguius, eo melius est.

21. Quibus exploralis, ubi aliquis ictus est, qui servari r'otest, protinus prospicienda duo sunt : ne sanguinis protasio, neve inflammatio interimat. Si profusionem time-

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pourraient être mortels, savoir, l'hémorragie et l'inflammation. S'il y a lieu de redouter l'hémorragie (ce que l’on juge d’après le siége et l'étendue de la blessure, non moins que par la violence avec laquelle le sang se fait jour), il faut remplir la plaie de charpie sèche, recouvrir celle-ci d’une éponge imbibée d’eau froide, qu’on exprime avec la main. Si par ce moyen l’écoulement de sang n'est pas assez maîtrisé, il faut renouveler la charpie plus souvent; et s’il ne suffit pas de l'employer sèche, on la trempe dans du vinaigre. Ce liquide est un remède efficace contre l’hémorragie; aussi certains médecins en versent même dans la plaie. Mais, d’un autre côté, il est à craindre que le vinaigre, en resserrant trop brusquement les vaisseaux de la partie blessée, ne provoque ensuite une inflammation violente. Par cette considération les escharotiques et les caustiques, qui déterminent la formation d’une croûte, doivent-être rejetés, bien que pour la plupart ils arrêtent le sang; mais si par cas on est obligé de s’en servir, on devra choisir, parmi les substances qui ont les mêmes propriétés , celles qui ont le moins d'énergie. Si l'hémorragie est plus forte encore que ces remèdes, il faut saisir les vaisseaux qui la fournissent, les embrasser par un double lien vers l’endroit où se trouve la lésion, puis en faire la section entre ces deux ligatures pour qu'ils s'obliterent, et que les orifices n’en soient plus béants. Quand ce procédé n’est pas applicable, on peut en venir à la cautérisation avec le fer rouge. S'il paraît nécessaire de réprimer l’hémorragie provenant d’unerégion dépourvue detendons et de museles, comme le front ou le sommet de la tête, on fera très-bien de poser des ventouses sur un point éloigné, vers lequelon détourne ainsile cours du sang.

mus (quod ex sede vulneris, et ex magnitudine ejus, et ex impelu ruentis sanguinis intelligi potest), siccis linamentis vulnus implendum est, supraque imponenda spongia

|ex aqua frigida expressa, ac maDu super comprimenda.

Si parum sic sanguis conquiescit, sæpius linamenta mutanda sunt ; et, si sicca parum valent, aceto madefacienda sunt. Id vehemens ad sanguinem supprimendum est, ideoque quidam id vulneri infundunt. Sed alius rursus metus subest, ne nimis valenter ibi retenta materia, magnam inflammationem postea moveat. Quæ res efficit, ut neque rodentibus medicamentis, neque adurentibus, et ob id ipsum inducentibus crustam, sit utendum , quamvis pleraque ex his sanguinem supprimunt : sed, si semel ad ea decurritur, iis potins, quæ mutius idem efficiunt. Quod si illa quoque profluvio vineuntur, venæ, quæ sanguinem fundunt, apprehendendæ, circaque id, quod ictum est, duobus locis deligandæ, intercidendæque sunt, ut et in se ipsæ coeant, et nihilominus ora præclusa habeant. Ubi ne id quidem res patitur, possunt ferro candenti aduri. Sed etiam satis mullo sanguine effuso ex eo loco , quo neque nervus, neque musculus est, ut puta in fronte, vel superiore capilis parle, commodissimum tamen est, cu-

92. Tels sont les moyens employés contre l'écoulement sanguin; mais contre l’inflammation, cet écoulement est lui-même un remède.

Les accidents inflammatoires sont à craindre après la lésion d’un os, d’un tendon, d'un cartilage ou d'un muscle, ou lorsque le sang perdu ne répond pas à l'étendue de la blessure. En conséquence, chaque fois que de semblables cas se présentent, on doit, au lieu de réprimer lhemorragie presque immédiatement, lui laisser tout le développement que la prudence autorise ; et si même elle paraît insuffisante, il faut y joindre la saignée du bras. C'est ainsi qu'il convient d'agir si le sujet est jeune, robuste, exercé; mais cela devient plus urgent encore si le blessé se trouvait en état d'ivresse au moment de l’accident. Quand on juge qu’un muscle à subi quelque violence , il est nécessaire de le couper, car la blessure en est mortelle; tandis qu’en le divisant on obtient la guérison.

23. Après s'être rendu maître de l’hémorragie si elle était trop considérable, ou l'avoir laissée s'épuiser si elle coulait modérément, ce qu'il y a de mieux à faire c’est d’affronter les bords de la plaie. La réunion peut s’opérer dans les blessures qui divisent les téguments ou pénètrent jusque dans les chairs, pourvu qu'il n'existe pas de complications ; on peut aussi réunir les chairs quand elles sont pendantes et ne tiennent plus que d’un côté, à la condition pourtant qu’elles ne seront point altérées, et conserveront quelque vie par leur union avec le corps. il y a deux manières de déterminer l'adhésion des plaies. Ainsi la suture est indiquée pour les blessures des parties molles ; elle s'applique surtout à celles du lobe de l'oreille, des narines, du front, des

curbitulam admovere à diversa parte, utillue sanguinis cursus revocelur.

22. Et adversus profusionem quidem in his auxilium est : adversus inflammationem autem , in ipso sanguinis eursu. Ea timeri potest , ubi læsum est vel os, vel nervus , vel cartilago, vel musculus; aut ubi parum sanguinis pro modo vulneris fluxit. Ergo quoties quid tale erit, sanguinem mature supprimere non oportebit; sed pati fluere, dum tutum erit, adeo ut, si parum fluxisse videbitur, mitti quoque ex brachio debeat ; utique , si corpus juvenile, et robustum, et exercitatum est : multoque magis, si id vulnus ebrietas præcessit. Quod si musculus læsus videbitur, præcidendus erit : nam percussus, mortiferus est; præcisus, sanitatem recipit.

23. Sanguine autem vel suppresso, si nimius erumpit ; vel exhausto, si per se parum fluxit, longe optimum est, valnus glutinari. Potest autem id, quod vel in cute, vel etiam in carne est, si nihilei præterea mali accedit; po'est caro , alia parte dependens, aliainhærens, si tamen etiamnum integra est, et conjunctione corporis fovetur. In üis vero, quæ glutinantur, duplex curatio est. Nam si plaga in molli parte est, sui debet ; maximeque, si discissa auris ima est, vel imus nasus, vel frons, vel bucca, vel palpebra , vel labrum, vel circa guttur cutis, vel venter.

joues, des paupières, des lèvres, de la peau qui recouvre le gosier, et convient de même aux plaies du ventre. Si au contraire les chairs sont divisées et béantes, et qu’on ne puisse les rapprocher sans efforts, la suture devient inutile; il faut alors employer la boucle nommée par les Grecs &yxthp (6), laquelle, en exerçant des tractions sur les bords de la plaie, sert à diminuer plus tard l'étendue de la cicatrice. D’après ce qui précède on est en mesure de juger s'il y a lieu d'appliquer la suture ou la boucle dans les blessures où les chairs encore saines tombent d’un côté, en conservant de l’autre des adhérences. Quel que soit d’ailleurs le procédé qu'on adopte, il faut préalablement nettoyer la plaie pour la débarrasser detout caillot sanguin, attendu que cette concrétion se convertit en pus, provoque l’inflammation, et s’oppose à l'adhésion des parties. On ne doit pas non plus laisser séjourner la charpie dont on s’est servi pour arrêter le sang, car €’est encore une cause d'inflammation. En faisant usage de la suture ou de la boucle, on aura soin de saisir, en même temps que la peau, une portion des chairs sous-jacentes, s’il y en a, afin que le moyen d’union soit mieux assujetti, et ne déchire pas les téguments. Dans l’une et l’autre méthode, il faut de préférence employer un fil souple et qui ne soit pas trop tordu, parce qu'il ménage davantage les tissus qu'il traverse. Les points de suture ou les points d’attache des boucles ne doivent être ni trop rares, ni trop multipliés. S'ils sont trop éloignés, la plaie se trouve mal contenue; mais trop rapprochés, ils font beaucoup souffrir, parce que l'inflammation quisurvientest d’autant plus violente, en été surtout, qu'on a fait passer l'aiguille un plus grand nombre de fois, et que les points desu-

Si vero in carne vulnus est, hiatque, neque in unum oræ facile attrahuntur, sutura quidem aliena est; imponendæ vero fibulæ sunt (&yxtñnpus Græci nominant) quæ oras, paulum tamen, contrahant, quo minus lata postea cicatrix sit. Ex his autem colligi potest, id quoque, quod alia parte dependens, alia inhærebit, si alienatum adhuc non est, suturam, an fibulam postulet. Ex quibus neutra ante debet imponi, quam intus vulnus purgatum est, ne quid ibi concreti sanguinis relinquatur. Id enim et in pus vertitur, et inflammationem movet, et glutinari vulnus prohibet. Ne linamentum quidem , quod supprimendi sanguinis causa inditum est, inibi relinquendum est : nam id quoque inflammat. Comprehendi vero sutura, vel fibula, non cutem tantum, sed etiam aliquid ex carne, ubi suberit hæc ,oportebit ; quo valentius hæreat, neque cutem abrumpat. Utraque oplima est ex acia molli, non nimis torta, quo mitins corpori insidat. Utraque neque nimis rara, neque nimis crebra injicienda est. Si nimis rara est, non continet : si nimis crebra est, vehementer afficit; quia, quo sæpius acus corpus transuit, quoque plura loca injectum vinculum mordet, eo majores inflammationes oriuntur; magisque æstate. Neutra etiam vim ullam desiderat ; sed eatenus utilis est, qua culis ducentem quasi sua spcnte subsequitur. Fere lamen fibulæ latius vulnus esse pa-

ture se trouvent moins écartés. Ces deux procédés n'exigent aucune violence, et la peau doit en quelque sorte se prêter d'elle-même aux manœuvres qu'on lui fait subir. La boucle laisse presque toujours plus d’espaceentre les lèvres de la plaie, qu'on réunit plus exactement par la suture ; il ne faut pas néanmoins qu'elles se touchent entièrement, afin de ménager une issue aux humeurs épaissies qui séjourneraient dans la plaie. Les blessures auxquelles ces modes de réunion ne seraient pas applicables n’en doivent pas moins être détergées, après quoi on les recouvre d’une éponge imbibée de vinaigre ; et si ce moyen est trop violent pour le malade, on le remplace par du vin. L’éponge trempée seulement dans l’eau froide convient encore dans les cas légers : quel que soit d’ailleurs le liquide dont elle est chargée , elle soulage tant qu’elle est humide; aussi doit-on empêcher qu’elle ne se dessèche; et de cette facon on arrive à guérir les plaies sans recourir à des médicaments étrangers, rares et composés. Si ce moyen pourtant ne paraît pas assez efficace, on pourra se servir de remèdes préparés sans suif, que l’on prendra parmi ceux que j'ai dit convenir au traitement des plaies sanglantes : on emploiera surtout l’emplâtre barbare, si les chairs sont intéressées ; et le sphragis de Polybe, s’il y a lésion des tendons, des cartilages, ou de quelque partie saillante, comme les oreilles ou les lèvres. L’emplâtre vert Alexandrin convient de même dans les blessures des tendons; et, contre celles des parties saillantes, on peut faire usage de la composition que les Grecs appellent férroucx. Dans les blessures faites par contusion, il arrive ordinairement que la peau n'est que faiblement divisée ; et dans ce cas il n’est pas inutile d’agra -dir l'ouverture avec l'instrument, pourvu qu'il

tiuntur : sutura oras jungit, quæ ne ipsæ quidem inter se contingere ex toto debent; ut, si quid intus humoeris concreverit, sit qua emanet. Si quod vuluus neutrum horum recipit, id tamen purgari debet. Deinde omni vulneri primo imponenda est spongia ex aceto expressa; si sustinere aliquis aceti vim non potest, vino utendum est. Levis plaga juvatur etiam, si ex aqua frigida expressa spongia imponitur, Sed ea, quocumque modo imposita est, dum madet, prodest : itaque, ut inarescat, non est committendum. Licetque sine peregrinis, et conquisitis, et compositis medicamentis vulnus curare. Sed si quis huic parum confidit, imponere medicamentum debet, quod sine sevo compositum sit ex iis, quæ cruentis vulneribus apta esse proposui; maximeque si caro est, Barbarum, si nervi, vel cartilago, vel aliquid ex eminentibus, quales aures, vel labra sunt, Polybi sphragidem. Alexandrinum quoque viride nervis idoneum est; emi. nentibusque partibus ea, quam Græci fértouoav vocant, Solet etiam, colliso corpore, exigua parte findi cutis. Quod ubi incidit, non alienum est, scalpello latius aperire, nisi musculi, nervique juxta sunt, quos incidi non expedit; ubi satis diductum est, medicamentum impo-

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n'y ait pas, dans le voisinage, des tendons et des iuuscles qu’il faut prendregarde de couper. Après avoir suffisamment dilaté la plaie, on passe à l'application des médicaments topiques. Mais si la proximité des tendons et des muscles ne permet pas de donner à une blessure étroite une étendue plus grande , il faut s’aider des remèdes qui attirent doucement l'humeur au dehors, et faire notamment usage de ceux que j'ai dit avoir recu des Grecs le nom de furüôec. Il est bon encore dans toute blessure grave, lorsqu'on a posé le topique indiqué, de le recouvrir de laine en suint humectée de vinaigre et d'huile, ou d’un cataplasme légèrement répercussif, si les parties blessées sont d’une texture molle, ou d'un cataplasme émollient, si elles sont pourvues de tendons et de muscles.

24. Les bandes de toile sont les plus convenables pour le pansement des blessures ; elles doivent avoir assez de largeur pour que, mises sur la plaie, elles en dépassent un peu de chaque côté la limite. Si le retrait des chairs est plus marqué d'un côté que de l’autre, c'est sur ce point que le bandage doit agir pour les ramener ; mais si des deux côtés l’écartement est le même, il faut que la bande vienne embrasser obliquermaent les bords de la plaie ; ou si la disposition de la blessure ne comporte pas ce pansement, on appiiquera d’abord la bande par le miïieu, puis on h dirigera à droite et à gauche. L'appareil sera posé de manière à contenir les parties sans les serrer; car, mal contenues, elles échappent au bandage, et, trop comprimées, elles peuvent être frappées de gangrène. On doit multiplier les tours de bande en hiver, et ne pas aller au delà du nécessaire pendant l'été. Enfin il convient de coudre inférieurement l’extrémité de la bande, car un nœud ne peut qu'incommoder la blessure,

nendum est. At si id, quod collisum est, quamvis parum diductum est, latius tamen aperiri propter nervos aut musculos non licet, adhibenda sunt ea, qu& humorem leniter extrabant; præcipueque ex his id, quod fvrwèes vocari proposui. Non alienum est eliam, ubicumque vulnus grave est, imposito quo id juvetur, insuper circumdare lanam succidam ex acelo et oleo; vel cataplasma , si mollis is locus est, quod leniter reprimat; si nervosus, aut musculosus, quod emolliat.

24. Fascia vero ad vulnus deligandum lintea aptissima est; eaque lata esse debet, ut semel injecta non vulnus tantum, sed paulum utrimque etiam oras ejus comprehendat. Si ab altera parte caro magis recessit, ab ea melius attrahitur; si æque ab utraque, transversa comprehendere oras debet; aut si id vulneris ratio non patitur, media primum injicienda esi, ut tum in utramque partem ducatur. Sie autem deliganda est, ut et contineat, nec adstringat : quod non conlinetur, elabitur ; quod nimis adstrictum est, cancro periclitatur. Hieme sæpius fascia cireuire debet, æstate, quoties necesse est. Tum extreina pars ejus inferioribus acu assuenda est : nam nodus vulnus lædit , nisi tamen longe est. Hilo neminem decipi decet, ut

4 LE * . 4 . 1 . . # à moins qu'il n’en soit suffisamment éloigné. Ce | juger qu’une plaie ne sera pas longue à guérir,

serait une erreur de croire que les plaies des visères, dont j'ai parlé plus haut, réclament des “moyens spéciaux. La plaie proprement dite sera “traitée extérieurement, a l’aide de la suture ou “d'une autre manière ; et l'on n’a pas à s'occuper des viscères, à moins qu'une portion du foie, “de la rate ou du poumon ne vienne faire saillie au dehors; auquel cas, il faudrait la retrancher. Du reste, les plaies pénétrantes guériront sous J'influence du régime et des remèdes que j'ai dit convenir à chaque viscère.

25. Le malade, ainsi traité le premier jour, est placé dans son lit, et, si la blessure est grave, soumis, avant que l’inflammation surgisse, à une diète aussi sévère que l’état des forces peut le permettre. Tant que durera la soif, il devra boire de Veau, chaude, ou même de l’eau froide, si c’est en été, et qu'il n'y ait ni fièvre, ni douleur. Ces préceptes pourtant n’ont rien d’immuable, et Von doit toujours se régler sur la situation du malade, dont la faiblesse peut même exiger qu’on le nourrisse immédiatement. L'alimentation toutefois sera ténue et réduite à la quantité néces- ‘saire pour soutenir les forces. Il y a aussi nombre de blessés, mourants pour ainsi dire d'hémorragie, et qu'il faut avant tout traitement ranimer avec du vin, bien que dans toute autre circonstance l'influence de cette boisson sur les blessures soit des plus pernicieuses.

26. Quand les plaies sont accompagnées d’une tuméfaction trop grande, il y a danger ; mais lorsqu’elles ne présentent aucun gonflement, le péril est extrême : le premier état est l'indice d’une inflammation violente, et le second annonce la mort de la partie blessée. On peut dès le principe

propriam viscerum curationem requirat, de quibus supra posui. Nam plaga ipsa curanda extrinsecus, vel sutura, vel alio medicinæ genere est. In visceribus nihil moven- À dum est; nisi, si quid aut ex jocinore, aut liene, aut pulmone dumtaxat extremo dependet, id præcidatur. Alioquin vulnus interius ea victus ratio eaque medicamenta sanabunt , quæ cuique visceri convenire superiore libro proposui.

25. His ila primo die ordinatis, homo in lecto collocandus est; isque, si grave vulnus est, abstinere, quantum “ires patiuntur, ante inflammationem, cibo debet; bibere, donec sitim finiat, aquam calidam, vel, si æstas est, ac neque febris, neque dolor est, etiam frigidam. Adeo tamen nihil perpetuum est, sed semper pro vi corporis æstimandum, ut imbecillitas etiam cibum protinus facere necessarium possit; tenuem scilicet, et exiguum, qui tantum sustineat. Multique etiam ex profluvio sanguinis intermorientes ante ullam curationem vino reficiendi sunt; quod alioqui inimicissimum vulneri est.

26. Nimis vero intumescere valnus, periculosum ; nibil intumescere, periculosissimum est : illud indicium est magnæ jnflammationis ; hoc, emortui corporis. Protinusque, si mens homini consistit, si nulla febris accessit , scire licet, mature vulnus sanum fore. Ac ne febris qui-

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si le malade conserve son intelligence, et s’il ne survient aucun mouvement fébrile. La fièvre d’ailleurs n’a rien d’effrayant , si dans une forte blessure elle ne dure pas plus que l’inflammation. Elle est pernicieuse au contraire, si elle vient compliquer une blessure légère, si elle se prolonge au delà de la période inflammatoire, provoque le délire, et ne fait pas cesser le tétanos ou les convulsions que la blessure a fait naître. Le vomissement bilieux et involontaire qui se déclare au moment même où l’on se sent blessé, ou qui survient pendant l'inflammation, n'est un signe fâcheux qu’autant qu'il y a lésion des nerfs ou des parties nerveuses. Vomir spontanément n’est pas un mal, surtout quand on en a l'habitude, pourvu que ce ne soit pas aussitôt après avoir mangé, pi dans le temps de l’inflammation, ni lorsque la plaie a son siége dans les parties supérieures.

27. Après avoir pendant deux jours laissé la blessure enveloppée de ce premier appareil, il faut la visiter le troisième jour, enlever la sanie avec de l’eau froide, et ne rien changer au pansement. Au cinquième jour, l'inflammation manifeste déjà toute la violence qu’elle doit avoir ; alors on met de nouveau la plaie à découvert pour en examiner la couleur; si elle est livide, blafarde, noire, ou composée denuances diverses, on peut considérer le mal comme étant de mauvaise nature, et cet état particulier devra toujours donner de l'inquiétude. Pour une plaie, la meilleure condition est d’être blanche et vermeille. C'est encore une circonstance grave que la peau soit dure, épaisse et douloureuse ; il est au contraire d’un favorable augure de la trouver mince,

dem terrere debet, si in magno vulnere, dum inflammatio est, permanet. Illa perniciosa est, quæ vel levi vulneri supervenit, vel ultra tempus inflammationis durat, vel delirium movet; vel si nervorum rigorem aut distentionem , quæ ex vulnere orta est, ea non finit. Vomitus quoque biliosus non voluntarius, vel protinus, ut percussus est aliquis, vel dum inflammatio manet, malum signum est in is dumiaxat, quorum vel nervi, vel etiam nervosi loci vulnerati sunt. Sponte tamen vomere, non alienum est; præcipue iis, quibus in consuetudine fuit : sed neque protious post cibum, neque jam inflammatione orta, neque cum in superioribus partibus plaga est.

27. Biduo sic vulnere babito, tertio die id aperiendum, detergendaque sanies ex aqua frigida est, eademque rursus injicienda sunt. Quinto jam die, quanta inflammatio futura est , se ostendit. Quo die, rursus detecto vulnere, considerandus color est : qui si lividus , aut pallidus , aut varius, aut niger est, scire licet, malum vulnus esse; idque, quandocumque animadversum est, terrere nos potest. Album, aut rubicundum esse ulcus, commodissimum est. IHem culis dura, crassa, dolens, periculum ostendit : bona signa sunt, ubi hæc sine dolore, tenuis, et mollis est Sed si glutinatur vulnus, aut leviter intumuit ,

souple et indolente. S'il existe un commencement d'adhésion, ets’il n’y a qu’une tuméfaction légère , il faut s’en tenir au premier pansement ; mais si l’inflammation est vive, et qu’il n’y ait pas lieu d'espérer l’agelutination, on doitemployerles suppuratifs. L'usage de l’eau chaude est nécessaire aussi pour résoudre l’engorgement des parties, en diminuer la dureté, et rendre la suppuration plus active. La chaleur de l’eau doit être telle que la main plongée dans le liquide en recoive une sensation agréable; et il est bon de continuer l'emploi de ce moyen jusqu’à ce que la plaie paraisse moins gonflée et présente une couleur plus naturelle. Immédiatement après ces fomentations , il faut, si la blessure n’est pas trop béante, la recouvrir d’un emplâtre; et, si elle est considérable, on se servira principalement de celui qu'on nomme éétrapharmaque; dans les blessures des articulations, des parties cartilagineuses et des doigts, on a recours à l’emplâtre, rhypode. Mais quand les bords de la plaie sont trop écartés, on fait fondre ce topique dans l’onguent d'iris, on étend le mélange sur de la charpie pour en couvrir la partie blessée, par-dessus on applique un autre emplâtre sur lequel on dispose encore de la laine grasse, et on a soin de tenir cet appareil un peu moins serré que le précédent.

28. Relativement aux articulations, il y a des circonstances particulières dont il faut tenir compte. Toute articulation est frappée d’infirmité, lorsque les tendons qui servaient à la maintenir ont été coupés. S'il y a doute à cet égard, et que la blessure ait été faite par un traitacéré, il vaut mieux que la plaie soit oblique; si le corps vuinérant est gros et émoussé, la forme de la lésion est indifférente; mais l’on doit rechercher si la suppuration s'établit au-dessus ou au-

eadem sunt imponenda, quæ primo fuerunt : si gravis inflammatio est, neque glutinandi spes est, ea quæ pus mo: veant. Jamque aquæ quoque calidæ necessarius usus est, ut et materiam digerat, et duritiam emolliat, et pus citet. Ea sic temperanda est, ut manu contingenti jucunda sit; et usque eo adhibenda, donec aliquid minuisse ex tumore, coloremque ulceri magis naturalem reddidisse videatur. Post id fomentum, si late plaga non patet, imponi protinus emplastrum debet; maximeque, si grande vulnus est, tetrapharmacum ; si in articulis , digitis, locis cartilaginosis, rhypodes : at silatius hiat, illud emplastrum liquari ex irino unguento oportet, eoque illita linamenta disponi per plagam ; deinde emplastrum supra dari, et super id succidam lanam; minusque etiam , quam primo, fasciæ adstringendæ sunt.

28. Proprie quædam in æticulis visenda sunt. In quibus si præcisi nervi sunt, qui conlinebant, debilitas ejus partis sequitur. Si id dubium est, et ex acuto telo plaga est, ea transversa commodior est : si ex retuso et gravi, nullum in figura discrimen est ; sed videndum est, pus supra articulum, an infra nascatur. Si sub eo nastilur.

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dessous de l'articulation. Si le foyer s'établit andessous, et que pendant longtemps il fournisse un pus blanc et épais, il est à croire que les tendons sont divisés ; et cette présomption est d’autant plus forte que les douleurs et l’inflammation sont à la fois plus violentes et plus promptes à se manifester. Mais quand les ligaments n'auraient pas été partagés, si le pourtour de la plaie reste longtemps dur et saillant, la guérison est nécessairement très-lente à s’opérer, et même, une fois obtenue, on voit persister les callosités. On doit de plus s’attendre que l'extension et la flexion du membre ne se rétabliront que tardivement. Il faut néanmoins plus de temps pour étendre un mem bre qu’on à tenu fléchi pendant le traitement, qu'il n’en faut pour fléchir celui qu'il a fallu tenir étendu. La position à donner aux membres blessés est aussi déterminée par des règles fixes ? la situation devra être élevée s’il s’agit de réunir la plaie, horizontale pendant ie temps de linflammation, et déclive si le pus commence à se faire jour au-dehors. Le remède par excellence, c’est le repos; le mouvement et la marche ne conviennent qu'aux membres sains. L’inconvénient est moins grave néanmoins quand les blessures occupent la tête ou les bras, que lors: qu'elles atteignent les parties inférieures. La marche notamment est essentiellement contraire dans les blessures de la cuisse, de la jambe et du pied. L'endroit où couche le malade doit être d’une douce température. Rien de plus pernicieux que le bain, tant que la plaie n’est pas bien nette; car il la rend molle et sordide, et de cet état elle passe souvent à la gangrène. De légères frietions peuvent être utiles, mais il faut les faire sur des points très-éloignés du mal.

29. Dès que l’inflammation a cessé, il faut déterger la plaie. On remplit parfaitement cette

albumque et crassum diu fertur, nervum præcisum ess credibile est ; magisque, quo majores dolores inflammatio= nesque, et quo maturius excitatæ sunt. Quamvis autem non abscissus nervus est, lamen, si circa tumor durus diu permanet , necesse est, et diuturnum uleus esse, et} sano quoque eo , tumorem permanere : futurumque est, ut tarde membrum id vel extendatur, vel contrabatur: Major tamen in extendendo mora est, ubi recurvato arti= culo euratio adhibita est, quam in recurvando eo, quod rectum continuerimus. Collocari quogue membrum , quod! ictum est, ratione certa debet : si glutinandum est, ut superius sit; si in inflammatione est, ut in neutram par: tem inclinatum sit; si jam pus profluit, ut devexum sit Optimum etiam medicamentum, quies est : moveri, eb ambulare, nisi sanis, alienum est. Minus tamen iis pe= riculosum , qui in capite vel brachiis, quam qui in inferioribus partibus vulnerati sunt. Minimeque ambulatio convenit, femine, aut crure , aut pede laborante, Locus, 4 in quo cubabit, tepidus esse debebit. Balneum quoque, » dum parum vulnus purum est, inter res infestissimas est : nam id et humidum et sordidum reddit; ex quibus !

indication avec de la charpiz qu'on enduit de miel, et qu’on recouvreavec l’emplâtre téérapharmaque , ou ennéapharmaque. Enfin la plaie est en bonétat lorsqu'elle devient vermeille, et qu’elle n’est ni trop sèche, ni trop humide; mais elle est mal détergée si elle est insensible ou douée d’une sensibilité anomale , si elle offre trop de sécheresse ou d'humidité , et si elle est blanche ou blafarde, livide ou noire.

30. La plaie bien détergée, il reste à la cicatriser. L'eau chaude n’est nécessaire que pour enlever la sanie ; l'usage de la laine grasse est inutile, et il vaut mieux employer celle qui est lavée. Il est même certains médicaments qui favorisent Ja reproduction des chairs, et il n’est pas indifférent des’en servir : tels sont le beurre avec l'huile rosat, et un peu de miel; l’emplâtre {étrapharmaque associé de même à l’huile rosat, ou cette huile encore servant à imbiber la charpie. Toutefois il y a plus à espérer de l'usage modéré des bains, et d'une nourriture plus substantielle, prise parmi les aliments de bon sue, et sans aueun mélange de ceux qui sontâcres. On peut alors donner un oiseau, du gibier, et de la chair de pore bouillie. Dans tous les cas, il est nuisible d’accorder du vin pendant la durée de la fièvre et de V'inflammation ; et si même il y a eu lésion des tendons ou des muscles, ou si la blessure a pénétré profondément dans les chairs, on doit attendre jusqu'à la formation de la cicatrice. Mais quand la plaie n'intéresse que les téguments, comme elle est moins grave, il est possible que le vin, s’il n’est pas trop vieux et qu’on en donne en petite quantité, vienne alors en aide à la cica-

risation. Pour ramollir les parties, ce qui est in-

ad cancrum transitus esse consuevit. Levis frictio recte adhibetur, sed ïis partibus, quæ longius absunt a vulnere.

29. Inflammatione finita, vulnus purgandum est. Id optime faciunt tincta in melle linamenta ; supraque idem emplastrum, vel enneapharmacum dandum est. Tum demum vero purum ulcus est, cum rubet, ac nimium neque siccum , neque humidum est. At quodcumque sensu caret, quod non naturaliter sentit, quod nimium aut aridum aut humidum est, quod aut albidum, aut pallidum, aut lividum, aut nigrum est, id purum non est.

30. Purgato, sequitur ut impleatur. Jamque calida aqua eatenus necessaria est, ut sanies removeatur. Lanæ succidæ supervacuus usus est : lota melius circumdatur. Ad implendum autem vulnus proficiunt quidem etiam medicamenta aliqua : itaque ea adhiberi non alienum est, ut butyrum cum rosa, etexigua mellis parte , autcum eadem rosa tetrapharmacum , aut ex rosa linamenta. Plus tamen proficit balneum rarum , cibi boni succi, vitatis omnibus acribus, sed jam pleniores. Nam et avis, et venatio, et suilla elixa dari potest. Vinum omnibus, dum febris , dum inflammatio est, aliennm est : itemque usque ad cicatricem, si nervi, musculise vulnerati sunt; etiam, si alte caro. At si plaga in summa cute, generis tulioris est, potest non pervetus, modice tamen datum, ad implen-

dispensable dans les régions tendineuses et musculeuses , on fait des applications de cérat sur la blessure ; si les chairs sont trop bourgeonnantes, on les réprime doucement au moyen de la charpie sèche, et plus efficacement avec la limaille de cuivre; si ces excroissances sont en plus grand nombre, on les emporte avec des caustiques plus énergiques. Il est bon ensuite d'employer comme cicatrisant, soit le lycium délayé dans du vin de raisins secs ou dans du lait, ou tout simplement de la charpie sèche.

31. C’est ainsi qu’on fait marcher les blessures vers une heureuse terminaison; mais assez souvent la guérison se trouve entravée par divers accidents. Quelquefois la plaie passe à l’état chronique, les bords en deviennent calleux, épais et livides, et les médicamentsalors, quelsqu'’ils soient, n’ont plus grande efficacité; c’est presque toujours ce qui arrive aux plaies traitées avec négligencæ. D’autres fois, une inflammation trop vive, une chaleur immodérée, un froid trop rigoureux , une compression trop forte, l’âge avancé du malade ou sa mauvaise constitution, amènent à leur suite une dégénérescence cancéreuse. Ce genre d'affection est divisé par les Grecs en plusieurs espèces , et nous n'avons point de termes pour les exprimer. Tout cancer non-seulement détruit les tissus qu’il a d’abord envahis, mais encore il tend à s'étendre, et l’on en reconnaît la présence à différents signes. Tantôt les bords de l’ulcère sont rouges, enflammés, douloureux ; c’est là ce que les Grecs nomment érysipèle. Tantôt le fond de l’ulcère est noir, ce qui dépend de la corruption des chairs ; les progrès de cette putréfaction sont encore plus rapides quand la plaie est humide, et

dum quoque proficere. Si quid molliendum est, quod in nervosis locis, musculosisque: necessarium est, cerato quoque super vulaus utendum est. At si caro supercrevit, . modice reprimit siccum linamentum ; vehementius squama æris. Si plus est, quod tolli opus ést, adhibenda sunt etiamnum vehementiora , quæ corpus exedunt. Cicatricem, post omnia hæc, commode inducit lycium ex passo aut lacte dilutum ; vel etiam per se impositum siccum linamentum.

31. Hic ordo felicis curationis est : sed quædam tamen pericula incidere consuerunt. Interdum enim vetustas ulcus occupat, induciturque ei callus, et cireum oræ crassæ livent : post quæ, quidquid medicamentorum ingeritur, parum proficit : quo fere negligenter curato ulceri supervenit. Interdum vel ex nimia inflammatione, vel ob æstus immodicos, vel ob nimia frigora, vel quia nimis vulnus adstrictum est, vel quia corpus senile, aut mali habitus est, cancer occupat. Id genus a Græcis diductum in species est; nostris vocabulis non est. Omnis autem cancer non solum id corrumpit, quod occupavit; sed etiam serpit : deinde aliis aliisque signis discernitur. Nam modo super inflammationem rubor ulcus ambit, isque cum dolore procedit; éguoirehac Græci nominant. Modo ulcus nigrum est, quia caro ejus corrupla est : idque vebementius etiam putrescendo intenditur, ubi vulnus bu-

que de lulcère noir il s'écoule une sanie blanchâtre et de mauvaise odeur. L’altération ne se borne pasaux chairs, elle comprend les nerfs et les membranes , et lorsqu'on introduit le stylet, il pénètre ou sur le côté ou en bas. Quelquefois aussi le mal s’empare même des os. Dans certains cas, on voit se manifester l’état auquel les Grecs ont donné le nom de gangrène. Sous les formes qui précèedent, le malattaque indistinetement toutes les parties du corps; sous celle-ci, il occupe l’extrémité supérieure et inférieure des membres, c’est-àdire les doigts, l’aisselle, la région inguinale; et il survient le plus souvent chez les vieillards et les sujets mal constitués. Les ulcères alors deviennent noirs ou livides, mais en même temps secs et arides. La plupart du temps Ja peau qui les avoisine est parsemée de pustules noirâtres ; au delà elle est pâle ou livide, presque toujours rugueuse, et privée de sentiment; plus loin encore elle est enflammée. Tous ces accidents marchent ensemble, l’ulcère envahit la peau devenue pustuleuse, les pustules s'emparent des téguments qui étaient pâles ou livides, la pâleur ou la lividité remplacent le cerele inflammatoire, lequel à son tour s'étend sur les parties saines. Au milieu de cesravages, une fièvre aiguë se déclare, accompagnée d’une soif ardente; quelques malades tombent dans le délire; d’autres, tout en conservant leur intelligence, peuvent à peine, en balbutiant, rendre compte de ce qu'ils éprouvent, L’estomac commence à s’affecter, et l’haleine est fétide. Ce mal attaqué dès le principe est susceptible de guérison; mais lorsqu'il a jeté de profondes racines, il est incurable, et beaucoup de malades meurent couverts d’une sueur froide.

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