IX. In dentium autem dolore, qui ipse quoque max
IX. Les maux de dents, que l’on peut mettre au nombre des plus eruelles souffrances , doivent faire interdire le vin. La diète est aussi de rigueur dans le coinmencement, et plus tard il ne faut prendre en petite quantité que des aliments sans résistance, pour que la douleur ne soit pas exaspérée par la mastication. On expose ensuite la partie malade à des vapeurs d’eau chaude qui se dégagent d’une éponge ; et l'on emploie, comme topique, du cérat fait avec l'huile de troëne ou d'iris, en recouvrant le remède d'un morceau de laine : l’on tient la tête couverte. Si la douleur devient plus intense, il est utile de prendre des lavements , d'appliquer sur la mâchoire des cataplasmes chauds, et de tenir dans la bouche un liquide médicamenteux et chaud, qu’on renouvelle souvent. On remplit cette dernière indication en faisant bouillir dans du vin mixtionné de la racine de quintefeuille ou de jusquiame ; pour celle-ci on se sert aussi d’oxycrat, et l’on ajoute à l’une et à l’autre un peu de sel. On fait bouillir de la même manière de l'écorce de pavot prise avant d'être trop desséchée, ou de Ja racine de mandragore; mais il faut avoir soin de ne point avaler l’une de ces trois dernières substances. On se trouve bien aussi d'employer l’écorce blanche dela racine de peuplier bouillie dans le vin mixtionné, la râpure de corne de cerf bouillie dans du vinaigre, la décoction de calament, de pin chargé de résine, et de figue grasse dans l’hydromel ou le vinaigre, avec addition de miel : on filtre la liqueur lorsque la figue a suffisamment bouilli. On peut encore plonger dans de l'huile chaude un stylet enveloppé de laine, puis le porter sur la dent malade. Quelques-uns même appliquent sur la dent des médicaments en forme de cataplasmes. On prend
mis tormentis annumerari potest, vinum ex toto circumcidendum est : cibo quoque primo abstinendum , deinde eo modico mollique utendum , ne mandentis dentes irritet : tum extrinsecus admovendus per spongiam vapor aquæ calidæ, imponendumque ceratum ex cyprino aut irino factum, lanaque id comprehendendum , caputque velandum est. Quod si gravior dolor est , utiliter et alvus ducitur, et calida cataplasmala super maxillam injiciuntur, et ore humor calidus cum medicamentis aliquibus continetur, sæpiusque mutatur. Cujus rei causa et quinquefolii radix in vino misto coquitur; et hyoscyami radix vel in posca, vel in vino misto coquitur, sic, ut paulum his salis adjiciatur; et papaveris non nimium aridi cortices , et mandragoræ radix , eodem modo. Sed in his tribus utique vitandum est, ne, quod haustum erit, devoretur. Ex populo quoque alba cortex radicis in hune usum in vino misto recte coquitur ; et in aceto cornu cervini ramentum: et nepela cum teda pingui, ac ficu item pingui vel in mulso, vel in aceto et melle, ex quibus cum ficus decocta est, is humor percolatur. Specillum quoque lana involutum in calidum oleum demittilur, eoque ipse dens fovetur. Quin etiam quædam quasi cataplasmata in dentem ipsum illinuntur : ad quem usum ex malo Punico acido atque arido malicorii pars interior cum pari portione
i CELSE.
pour cela la pulpe d’une grenade acide et desséchée, qu’on écrase avec parties égales de noix de galle, d’écorce de pin, de minium, et on lie le tout avec de l’eau de pluie : ou bien ontriture ensemble parties égales de panax, d’opium, de queue de pourceau et de staphysaigre, sans les graines ; ou l’on mêle trois parties de galbanum avec une d’opium. Quelque médicament qu’on ait mis en contact avec la dent, il n’en faut pas moins appliquer sur la mâchoire l’un des cérats dont j'ai déjà parlé, et recouvrir le topique d’un morceau de laine. On conseille encore la préparation suivante : myrrhe, cardamome, ana p. *. 1., safran, pyrèthre, figue, ana p. *. IvV.; moutarde P.*. vir1: après avoir broyé ces substances, on les étend sur un linge qu’on applique au bras du côté de la dent malade; si celle-ci tient à la mâchoire supérieure, on pose le topique en arrière, et on le met en avant si elle appartient au maxillaire inférieur. Ce remède calme ordinairement la douleur, et on doit l’enlever dès qu'il a produit de l'amendement. À moins d'indication pressante, il ne faut point se hâter d'extraire la dent lors même qu’elle serait cariée ; et, comme auxiliaires à tous les moyens indiqués plushaut, on joindra des préparations quiapaisent encore plus eflicacement ia douleur. Celle-ci, par exemple : opium pP.*.1.; poivre P. *. II.; Sory P. *. x. Le tout, écrasé, a le galbanum pour excipient, et est mis en contact avec la dent. La composition de Ménémachus, efficace surtout pour les dents molaires, se compose de safran P.*. 1.; cardamome , suie d’encens, figues, pyrèthre, ana P.*1v.; moutardep. *.vrr1. D’autres font un mélange de pyréthre, de poivre, d’elatérium, ana P.*. 1.; d'alun de plume, d’opium, de staphysaigre , de soufre non brûlé, de bitume , de baies
et gallæ et pinei corticis conteritur, misceturque his minium ; eaque contrita aqua pluviatili coguntur : aut panacis , papaveris lacrimæ, peucedani , uvæ taminiæ sine seminibus pares portiones conteruntur : aut galbani partes tres, papayeris lacrimæ pars quarta. Quidquid dentibus admotum est, nihilominus supra maxillam ceratum, quale supra posui, esse debet, lana obtectum. Quidam eliam myrrhæ, cardamomi, singulorum p. *. 1. croci, pyrethri, ficorum parles, singulorum p. *. 1v. sinapis p.*. vur. contrita linteolo illinunt, imponuntque în humero partis ejus, qua dens dolet ; si is superior est, a scapulis ; si inferior, a pectore : idque dolorem jlevat; et, cum levavit, protinus submovendum est. Si vero exesus est dens, festinare ad eximendum eum, nisi res coegit, non est necesse : sed tum omnibus fomentis, quæ supra posita sunt , adjiciendæ quædam valentiores compositiones sunt, quæ dolorem levant ; qualis fere est : habet autem papaveris lacrimæ p. *. 1. piperis p. *. 11. soreos p. *. X. quæ Con trita galbano excipiuntur ,idque circumdatur. Aut Menemachi, maxime ad maxillares dentes ; in qua sunt, croci p. *. 1. cardamomi, thuris fuliginis, ficorum partes, pyrethri, singulorum p. *. 1v. sinapis p. *. vit. Quidam autem miscent pyrethri, piperis, elaterii, singulorum p. *. 1. aluminis scissilis, papayeris lacrimæ, uvæ taminiæ, sulphuris ignem
de laurier, de moutarde , ana p. *. 11. Quand la douleur exige qu'on sacrifie la dent, on introduit, dans le creux qu'elle présente, de la graine de moutarde, dont on ôte la pellicule, ou bien une baie de lierre dépouillée de la même façon. Par l’action de ces substances , la dent se fend ets’en va par esquilles. On obtient le même résultat en appliquant le dard du poisson plat que les Romains appellent pastinata et les Grecs zovyov {7) ; après avoir torréfié cette partie , on la réduit en poudre, et on la mêle à de la résine. L'alun de plume , placé dans la dent cariée, en accélère aussi la chute : toutefois il vaut mieux l’envelopper d’un petit flocon de laine et le porter au fond du trou, parce qu’on apaise ainsi la douleur, tout en conservant la dent. Ce sont là les remedes que les médecins prescrivent ; voici celui que l'expérience enseigne aux gens de la campagne contre ces maux de dents : Ils arrachent la menthe sauvage avec les racines, la mettent dans un bassin rempli d’eau auprès du malade, qui est assis et bien enveloppé : ils font alors tomber dans l’eau des cailloux brülants , et le malade ouvrant la bouche reçoit la vapeur qui s'élève, et ne peut trouver aucune issue sous les couvertures. Ce remède excite une sueur abondante, et détermine par la bouche un écoulement de pituite. La guérison qui en résulte est souvent durable, et se prolonge pour le moins une année entière.
X. Quand, par suite d'une inflammation, les amygdales présentent du gonflement sans être ulcérées, il faut avoir soin de secouvrirlatête, diriger extérieurement vers l'endroit malade quelque vapeur chaude, se promener beaucoup; dans le lit,
non experti, bituminis, lauri baccarum , sinapis , singulorum p. *. n. Quod si dolor exfmi eum cogit . et piperis semen corlice liberatum , et eodem modo bacca hederæ
* conjecta in ejus foramen , dentem findit , isque per testas
excidet : et plani piscis, quam pastinacam nostri, touy@va Græci vocant, aculeus torretur, deinde conteritur, resinaque excipitur quæ denti cireumdata hunc solvit : et alumen scissile in id foramen conjectumdentem citat. Sed id tamen involutum lanula demitti commodius est, quia sic, dente servato , dolorem levat. Hæc a medicis accepta sunt. Sed , agrestium experimento cognitum est, cam dens dolet, herbam mentastrum cum suis radicibus evelli debere, et in pelvem witli supraque aquam infundi, collocarique juxta sedentem hominem nmndique vesle contectum ; tum in pelvem candentes silices demitti, sic , ut aqua tegantur , hominemque eum hiante ore vaporem excipere, ut supra dictum est, undique inclusum. Nam et sudor plurimus sequitur , et per os continens pituita defluit; idque sæpe longiorem , semper annuam valetudinem bonam præstat. X. Si vero tonsillæ sine exulceratione per inflammationem intumuerunt, caput velandum est ; extrinsecus is locus vapore calido fovendus; mnlta ambulatione utendum; caput in lecto sublime babendum , gargarizandumque reprimentibus. Radix quoque ea, quam dulcem ap-
avoir la tête élevée, et faire usage de gargarismes astringents. Jlest bien aussi d'employer-la réglisse concassée et bouillie dans du vin de raisins secs ou dans de l’hydromel. Il convient encore de toucher les amygdales avec des liniments préparés comme il suit : suc exprimé de grenade douce, un setier, qu'on fait réduire à petit feu jusqu’à consistance de miel; broyez ensuite séparémentsafran,myrrhe, alun de plume, ana p.*. 11, etajoutez peu à peu deux verres de vin doux etun de miel; mêlez ces substances au sucde grenade, et faites de nouveau bouillir le tout à un feu modéré. Prenez encore de jus de grenade, traité comme ilestdit, unsetier, et ajoutez, aprèslesavoirtriturés de la même manière, nard P. *. —.; verjus p. *. 1.; cannelle, casia , ana P. *, 1. Ces préparations peuventégalement servir dans l'écoulement purulent des oreilleset du nez. Un régime doux n’est pas moins nécessaire dans l'affection qui nous occupe, pour éviter de l’exaspérer. Si l’inflammation arrive au point de menacer la respiration , on devra se mettre au lit, observer la diète, et ne boire que de l'eau chaude: il y aura lieu aussi de prendre des lavements, et d'employer des gargarismes préparés avec des figues et de l’hydromel, ainsi que des liniments faits avec le miel et le verjus. A l'extérieur, on aurarecours aux fumigations, dont on continuera l'usage jusqu’à ce que les amygdales parviennent à la suppuration et s'ouvrent d’elles-mèmes. Sile pus tarde trop àse faire jour, il faut inciser ces tumeurs, et prescrire ensuite des gargarismes avec de l’hydromel chaud. Si le gonflement des amygdales n’est pas très-prononcé et qu'il y ait toutefois des ulcérations, il faudra se gargariser avec de l'eau de son et un peu de miel,
pellant , contusa et in passo mulsove decocta, idem præstat. Leniterque quibusdam medicamentis eas illini non alienum est; quæ hoc modo fiunt. Ex malo Punico dulci succus exprimitur, et ejus sextarius in leni igne coquitur, donec ei mellis crassiludo sit; tum croci, myrrhæ, aluminis scissilis, singulorum p. *. n. per se conteruntur, paulatimque his adjiciuntur vini lenis cyathi duo, mellis unus ; deinde priori succo ista miscentur, et rursus leniter incoquuntur : aut ejusdem succi sextarius eodem modo coquilur, atque eadem ratione trita hæc adjiciuntur , nardi p. *. —. omphacii p. *.1. cinnamomi, myrrhæ, casiæ, singulorum p. *. 1. Eadem autem hæcet auribus et naribus purulentis accommodata sunt. Cibus in kac quoque valetudine lenis esse debet , ne exasperet. Quod si fanta inflammatio est, ut spiritum impediat, in lecto conquiescendum; cibo abstinendum neque assumendum quidquam præter aquam calidam est; alvus quoque ducenda est; gargarizandum ex fico et mulso; illinendum mel cum ompbacio; extrinsecus admovendus, sed aliquanto diutius, vapor calidus, donec ea suppurent, et per se aperiantur. Si pure substante non rumpuntur bitumores, incidendi sunt : deinde ex mulso calido gargarizandum, At si modicus quidem tumor, sed exulceratio est, furfurum cremori ad gargarizandum paulum mellis adji-
puis toucher les ulcères avec le liniment suivant : vin de raisins cuits au soleil, trois hémines, réduites à une par ébullition; encens p. *. I.; safran, myrrhe, ana p. *. 7 . Faites une seconde fois bouillir le tout ensemble à petit feu. Quand les ulcères sont détergés, on revient aux gargarismes de son ou de lait. Il importe aussi de ne choisir que des aliments adoucissants , et l’on peut y ajouter du vin doux.
XI. Si la bouche présente des ulcérations enflammées, rougés et presque sordides, on trouve un excellent remède dans les gargarismes préparés, comme on l’a dit plus haut, avec le jus de grenade, etil est utile aussi de tenir souvent dans {a bouche une décoction astringente additionnée d’un peu de miel. Il faut en même temps conseiller la promenade et défendre les aliments âcres. Quand les ulcères commencent à se déterger, il est bon de conserver dans la bouche une liqueur douce, ou simplement de l’eau très-pure; on peut encore prendre du vin pur et rendre l’alimentation plus substantielle, pourvu qu'on évite tout ce qui aurait de l’âcreté. On doit ensuite saupoudrer les ulcères avec de l’alan de plume, auquel on ajoute, dans une proportion plus forte de moitié, de la noix de galle, prise avantlamaturité. S'il s'est formé des croûtes semblables à celles des brülures, on a recours à ces compositions que les Grecs appellent anthères : jonc carré, myrrhe, sandaraque, alun, parties égales; ou bien safran, myrrhe, ana p. *x1.; iris, alun de plume, sandaraque, ana p. *. IV. ; jone carré P. *. virr.; où encore, noix de galle, myrrhe, ava P. *, 1.; alun de plume P. *. 11.; feuilles de roses P. *. 1v. Quelques-uns font un mélange dé safran p. *. ” .; d'alun de plume, de myrrhe,
ciendum est, illinendaque ulcera hoc medicamento : passi quam dulcissimi tres heminæ ad unam coquunlur ; tum adjicitur thuris p. *. 1. croci, myrrhæ, singulorum p. *. ”. leniterque omnia rursus fervesceunt. Ubi pura ulcera sunt, eodem furfurum cremore, vel lacle gargarizandum est. Atque hic quoque cibis lenibus opus est; quibus adjici dulce vinum potest.
XI. Ulcera autem oris , si cum inflammatione sunt, et parum pura ac rubicunda sunt, optime iis medicamentis curantur, quæ supra posita ex malis Punicis fiunt : continendusque sæpe re reprimens eremor est, cui paulum mellis sit adjectum. Utendum ambulationibus, et non acri cibo. Simul atque vero para ulcera esse cœperunt, lenis humor, interdum eliam quam oplima aqua ore continenda est : prodestque assumplum purum vinum, pleniorque cibus, dum acribus vacet : inspergique ulcera debent alumine scissili, cui dimidio plus gallæ immaturæ sit adjectum. Si jam crustas habent , quales in adustis esse consuerunt, adhibendæ sunt eæ compositiones, quas Græci &vOnpas nominant. Junci quadrati, myrrhæ, sandarachæ, aluminis, pares portiones : aut croci, myrrhæ, singulorum p. *. ur. iridis, aluminis scissilis, sandarachæ , singulorum p. *.av. junci quadrati p. *. var. aut gallæ, myrrhæ, sin-
CELSE,
ana P. *.1.; de sandaïaque p. *. r1.; de jonc carré P. *. 1v. Les premières préparations sont employées à l’état sec et pulvérulent ; la dernière a le miel pour excipient, et sert à toucher nonseulement les ulcères , mais encore les amygdales.
Les ulcères appelés aphthes en grec sont beaucoup plus à craindre, mais seulement chez les enfants, qu'ils font souvent périr. Ils n'entraînent point le même danger pour les adultes, hommes ou femmes. C’est d’abord aux gencives que ces ulcères se déclarent ; ils envahissent ensuite le palais et toute la bouche , puis s'étendent jusqu’à la luette et au gosier. Il n’est pas facile alors de guérir les enfants qui en sont atteints; et, pour ceux qui sont à la mamelle, le cas est encore plus grave, parce qu'il est pour ainsi dire impossible de leur faire prendre aucun remède. Dès le principe cependant, il faut prescrire à la nourrice l'exercice et la promenade, l’oceuper à des travaux qui mettent en mouvement les parties supérieures, et, en l’envoyant au bain, lui recommander de diriger sur les seins des affusions d’eau chaude : son régime alimentaire sera doux, . et composé d'aliments peu faciles à se corrompre : si l’enfant a la fièvre, l’eau sera la seule boisson ; mais s’il n’y a pas d’état fébrile, elle pourra boire du vin étendu d’eau. On ordonnera des lavements si la nourrice éprouve de la constipation , et des vomitifs, s’ilse fait vers la bouche un afflux de pituite. Quant aux ulcères, il faut les toucher avec du miel, auquel on ajoute du sumac de Syrie ou des amandes amères; on se sert aussi, soit d’un mélange de feuilles de roses sèches, de pignons, de sommités de menthe, et de miel, soit d’une préparation faite avec des müres dont le jus, comme celui de grenade, doit
gulorum p. *. 1. aluminis scissilis p. *. 11. rosæ foliorum p. *. 19. Quidam autem croci p. *, 7. aluminis scissilis, myrrhæ , singulorum p. *. 1. sandarachæ p.*. 11. junci quadrati p. *.1v. miscent. Priora arida insperguntur ; hoc cum melle illinitur ; neque ulceribus tantum, sed etiam tonsillis.
Verum ea longe periculosissima sunt ulcera , quas äpôas Græci appellant ; sed in pueris : hos enim sæpe consumunt. In viris et mulieribus idem periculum non est. Hæc ulcera a gingivis incipiunt : deinde palatum, totumque os occupant : tum ad uvam faucesque descendunt; quibus obsessis, non facile fit, ut puer convalescat. Ac miserius etiam est , si lactens adhuc infans est; quo minus imperari remedium aliquod potest. Sed in primis nutrix cogenda est exerceri et ambulationibus, et iis operibus, quæ superiores partes movent : mittenda in balneum, jubendaque ibi calida aqua mammas perfundere : tum alenda cibis lenibus , et is qui non facile corrumpuntur; potione, si febricitat puer, aquæ ; si sine febre est, vini diluti : ac si alvus nutrici substitit, ducenda est. Si pituita in os ejus coit, vomere debet. Tum ipsa ulcera perungenda sunt melle, cui rhus, quem Syriacum vocant, aut amaræ nuces adjectæ sunt : vel mistis inter se rosæ foliis aridis, pineis nucleis, menthæ coliculo, melle :vel
être réduit par ébullition à la consistance du miel; après quoi l’on ajoute, selon la même formule, du safran, dela myrrhe, de l’alun et du miel. Il importe encore de ne rien donner qui puisse attirer les humeurs. Si le malade n'appartient déjà plus à la première enfance, il devra faire usage des gargarismes indiqués plus haut. Lorsque les remèdes adouecissants ne triomphent pas de cette affection, il y a lieu d'employer les escarotiques, tels que l’alun de plume, le chalcitis ou le vitriol ; et l’on seconde l'emploi de ces moyens en prescrivant le jeûne le plus sévère, auquel succède ensuite une alimentation trèsdouce. IL convient toutefois, pour déterger les ulcères , d'accorder de temps à autre du fromage mêlé avec du miel.
XII. Les ulcères de la langue n’exigent pas un traitement différent de celui qu’on a fait connaître dans la première partie du chapitre précédent. 11 faut noter cependant que les ulcérations qui se forment sur les bords sont en général de très-longue durée; et l’on doit s’assurer qu’elles ne sont pas entretenues par les aspérités de quelque dent voisine, car dans ce cas il n’y aurait qu'à faire usage de la lime.
XIIT. Quelquefois encore il survient aux gencives et près des dents de petites tumeurs dou- Joureuses, que les Grecs appellent parulies. On a soin, dès qu’elles apparaissent, de les frotter légerement avec du sel écrasé, ou bien avec un mélange de sel fossile brûlé, de cyprès et de calament : cela fait, on emploie la décoction d'orge pour se rincer la bouche, et on la tient ouverte jusqu’à ce qu'il se soit écoulé une quantité suffisante de pituite. Quand l’inflammation devient plus intense, on a recours aux médicaments pres-
eo medicamento, quod ex moris fit; quorum sucens eodem modo, quo Punici mali, ad mellis crassitudinem coquitur , eademque ratione ei crocum , myrrba, alumen, vinum, mel miscetur. Neque quidquam dandum, à quo humor evocari possit. Si vero jam firmior puer est, gargarizare debet iis fere, quæ supra comprehensa sunt. AC,
si lenia medicamenta in eo parum proficiunt, adhibenda |
sunt ea, quæ adurendo crustas ulceribus inducant , quale
est scissile alumen, vel chalcitis, vel atramentum suto- |
rium. Prodest etiam fames et abstinentia , quanta maxima imperari potest. Cibus esse debet lenis : ad purganda tamen ulcera, interdum caseus ex melle recte datur.
XII. Linguæ quoqueulcera non aliis medicamentis egént, quam quæ prima parte superioris capitis exposita sunt. Sed quæ in latere ejus nascuntur, diutissime durant. Videndumque est, num contra dens aliquis acutior sit, qui
sanescere sæpe uleus eo loco non sinit ; ideoque limandus
est.
XII. Solent etiam interdum juxta dentes in gingivis tubercula quædam oriri dolentia, : mapouhièxs Græci appellant. Hæc initio leniter sale contrito perfricare oportel; aut inter se mistis sale fossili combusto, cupresso, nepeta ; deinde eluere os cremore lenticulæ, et inter hæc
crits contre les ulcères de la bouche : il faut aussi prendre un peu de charpie molle, la rouler dans une des préparations connues sous le nom d’anthères, puis l’insinuer entre la dent et la gencive, Si la dureté de celle-ci s'oppose à l’introduction, on dirige vers la partie malade de la vapeur d’eau chaude au moyen d’une éponge, et l’on fait sur ce point des onetions avec le cérat. Si la suppuration paraît imminente, il convient d’insister sur l'emploi des fumigations, et de conserver dans la bouche une décoction de figues dans de l’hydromel chaud; il faut enfin ouvrir l’abcès aux premiers signes de ramollissement, de peur que le séjour trop prolongé du pus n’entraîne l’altération de l’os. Quand la tumeur est volumineuse, il vaut mieux en faire l’excision complète, afin que la dent soit entièrement libre. La suppuration une fois tarie, si la plaie est étroite , il suffit de tenir dans la bouche de l’eau chaude , et de faire à l’extérieur des fumigations ; si elle est plus étendue, on doit se servir d’une décoction de lentille , ainsi que des médicaments destinés à guérir les autres ulcères de la bouche. Ces ulcères, pour la plupart, peuvent également affecter les gencives, et ce lieu d'élection ne change rien au traitement. Il est très-convenable cependant de mâcher du troëne et d’en conserver le suc dans sa bouche. Dans certains cas, à la suite d’un ulcère des gencives précédé ou non de parulie, on observe pendant longtemps un écoulement de pus qui peut dépendre d’une dent cariée ou cassée, ou de quelque maladie de l'os, et qui le plus souvent se fait jour par un conduit fistuleux. Il faut alors mettre à découvert l'endroit suspect, extraire la dent, enlever les esquilles d’os qui peuvent se détacher, gratter
hiare, donec pituitæ satis profluat. In majore vero inflammalione 1isdem medicamentis utendum est, quæ ad ulcera oris supra posita sant : et mollis linamenti paulum involvendum aliqua compositione ex iis, quas &vômpäc vocari dixi, demittendumque id inter dentem et gingivam. Quod si durior erit, et id prohibebit, extrinsecus admovendus erit spongia vapor calidus, imponendumque ceratum. Si suppuralio se ostendet, diutius 60 vapore utendum erit, et continendum ore calidum mulsum, in quo ficus decocta sit : idque subcrudum incidendum , ne, si diutius ibi pus permanserit, os lædat. Quod si major is umor est, commodius totus excidilur, sic, ut ex utraque parte dens liberetur. Pure exempto, si levis plaga est, satis est ore calidam aquam continere, et extrinsecus fovere eodem vapore; si major est, lenticulæ eremore uti,
| jisdemque medicamentis , quibus cetera ulcera oris curan-
tur. Alia quoque ulcera in gingivis plerumque oriuntur ;
| quibus eadem, quæ in reliquo ore , succurrupt : maxime
tamen mandere ligustrum oportet, succumque eum ore
, continere. Fit etiam interdum , ut ex gingivæ ulcere , sive
rapouñis fuit, sive non fuit, diutius pus feratur : quod aut corrupto dente, aut fracto, velaliter vitiato osse , maximeque id per fistulam evenire consuevit. Ubi incidit,
tout ce qui paraît altéré, et, pour le surplus, agir comme dans le traitement des ulcères. Si les gencives se détachent des dents, les préparations dites anlhères doivent y remédier. Dans le même but, on fera bien encore de manger des poires ou des pommes vertes, et d’en conserver le suc dans la bouche. On obtient d’ailleurs un résultat semblable en employant du vinaigre qui ne soit pas trop fort.
XIV. L'inflammation de la luette, quand elle est violente, peut aussi donner de l'inquiétude, et, pour la combattre, il est nécessaire de prescrire la diète et de tirer du sang, ou de faire prendre des lavements, si quelque raison s’oppose à la saignée. Il faut de plus se couvrir la tête, et la tenir toujours élevée. Comme gargarisme, on fait usage d’une décoction de ronce et de lentille, et, pour toucher la luette même, on emploie du verjus, de la noix de galle ou de l’alun de plume, en ajoutant du miel à fa subs— tance qu'on a choisie. Il est encore un médicament qui convient spécialement dans ce cas, et qu'on appelle 4ndronien. En voici la composition : alun de plume, écaille de cuivre rouge, vitriol, noix de galle, myrrhe, misy : on mêle les ingrédients après les avoir triturés séparément, puis on y ajoute peu à peu du vin astringent en les écrasant de nouveau, jusqu'à ce que le mélange ait la consistance du miel. On se trouve trèsbien aussi de porter au fond de la gorge une cuiller contenant du suc de chélidoine, pour y faire tremper la luette ; presque toujours en effet l'emploi de ces différents remèdes est suivi d’un abondant écoulement de pituite, et lorsqu'il a cessé, on doit se gargariser avec du vin chaud.
locus aperiendus ; denseximendus ; testa ossis , si qua abscessit, recipienda est; si quid viliosi est, radendum. Post quæ, quid fieri debeat, supra in aliorum ulcerum curatione comprehensum est. Si vero a dentibus gingivæ recedunt, eædem antheræ succurrunt. Utile est etiam pira aut mala non permatura mandere , et ore eum bumorem continere. Idemque præstare non acre acetum in ore retentum potest.
XIV. Uvæ vehemens inflammatio terrere quoque debet. Itaque in hac et abstinentia necessaria est ; et sanguis recte mittitur; et , si id aliqua res prohibet, alvus utiliter ducitur : caputque super hæc velandum , et sublimius habendum est; Lum aqua gargarizandum, in qua simul rubus et lenticula decocta sit. Ilinenda autem ipsa uva vel omphacio, vel galla, vel alumine scissili, sic, ut cuilibet eorum mel adjiciatur. Est etiam medicamentum huic aptum , quod Andronium appellatur. Constat ex his ; alumine seissili, squama æris rubri, atramento sutorio, galla, myrrha, misy : quæ per se contrita, mistaque, rursus, paulatim adjecto vino austero, teruntur, donec his mellis crassitudo sit. Chelidoniæ quoque succo per cochlear illita uva maxime prodest. Ubi horum aliquo illita uva est, fere mulla pituita decurrit : cumque ea
CELSE
Si l'inflammation a perdu de son intensité, on se contentera de porter sous la luette, à l’aide d'une cuiller, de l’assa-fœtida écrasé, et délayé dans de l’eau froide. Celle-ci, du reste, peut être employée seule quand le gonflement n’est pas considérable, et, après avoir baigné la luette, servir encore en gargarisme ainsi que l’assa-fœtida.
XV. Quand la gangrène s'empare des ulcères de la bouche, on doit d’abord examiner si la constitution est mauvaise, et s’occuper d'améliorer l'état général, avant d'entreprendre le traitement des ulcères. Si la gangrène est humide et superficielle, il suffit de saupoudrer l'ulcère avec une des préparations dites anthères ; et l’on ajoute un peu de miel , si la gangrène est sèche. Quand le mal ne s’arrête pas à la surface, on prend comme topique deux parties de papyrus brülé et une partie d’orpiment ; et s’il gagne toujours en profondeur, on ajoute une troisième partie de papyrus, ou l’on emploie parties égales de sel et d'iris grillés, ou bien mêmes quantités de chalcitis, de chaux et d’orpiment. Il est nécessaire toutefois de recouvrir les escarotiques d'un plumasseau trempé dans de l'huile rosat, afin de garantir contre l’action de ces remèdes les parties saines qui avoisinent l’ulcère. Quelques-uns font dissoudre, dans une hémine de fort vinaigre, du sel grillé jusqu’à saturation complète, traitent le liquide par ébullition jusqu’à siccité, puis répandent sur l’ulcère le sel réduit en poudre. Chaque fois qu'on se sert d’un médicament, il faut, avant et après, se rincer la bouche avec une décoction légèrement miellée soit de lentille ou d’orobe, soit d'olives ou de verveine. Le vi-
flammatio est , laser terere , eique adjicere frigidam aquam satis est, eamque aquam cochleari exceptam ipsi uvæ subjicere. AG mediocriter eam tumentem aqua quoque frigida, codem modo subjecta, reprimit. Ex eadem autem aqua gargarizandum quoqueest, quæ vel cum lasere, vel sine eo hac ratione uvæ subjecta est.
XV. Si quando autem ulcera oris cancer invasit, primum considerandum est, num malus corporis habitus sit, eique occurrendum : deinde ipsa ulcera curanda. Quod si in summa parte id vitium est, satis proficit anthera, humido ulceri arida inspersa ; sicciori, cum exigua parte mellis illita : si paulo altius, chartæ combustæ partes duæ, auripigmenti pars una : si penitus malum descendit ,
| chartæ combustæ partes tres, auripigmenti pars quarta ;
aut pares portiones salis fricti, et iridis frictæ : aut item pares portiones chalcitidis, calcis, auripigmenti. Necessarium autem est Jinamentum in rosa lingere, et super adurentia medicamenta imponere ; ne vicinum et sanum locum lædant. Quidam etiam in acris aceti heminam frictum salem conjiciunt, donec tabescere desinat; deinde id acetum coquunt , donec exsiccetur ; eumque salem contritum inspergunt. Quoties aut2m medicamentum injicitur, et ante et post os diluendum est vel cremore Jenti-
quievit, ex vino calido gargarizandum. Quod si minor in- | culæ, vel aqua, in qua aut ervum , aut oleæ, aut ver-
paigre scillitique, gardé un certain temps dans la bouche, est encore un assez bon remède contre les ulcères , ainsi que le sel traité, comme on l’a dit ci-dessus, par le vinaigre, et de nouveau dissous dans ce liquide. Mais il est nécessaire que ces médicaments soient longtemps en contact avec la surface gangrenée, et l'on doit en réitérer l'usage deux ou trois fois par jour, suivant la violence du mal. Si l’on soigne un enfant pour un cas semblable, il faut garnir une sonde d’un morceau de laine imprégné du remède , porter l’instrument sur l’ulcère, et ne pas le quitter, dans la crainte que le malade, dépourvu de prudence, n’avale le médicament caustique. Lorsque les gencives sont douloureuses et que les dents sont ébranlées, il faut arracher celles qui vacillent, car elles font sérieusement obstacle à la guérison. Quand les remèdes sont sans effet, on doit cautériser les ulcères avec le feu, à moins qu'ils ne soient situés sur les lèvres, auquel casil est préférable de les exciser. Qu'on emploie du reste la cautérisation ou l’excision, il est certain qu’on n'arrive à cicatriser ces ulcères que par le secours de la main. Les os restent constamment dénudés par suite de la cautérisation des gencives; et, bien que les chairs ne puissent plus se reproduire, i n’en faut pas moins faire sur ce point des applications de lentille, afin de ramener les parties au meilleur état possible.
XVI. Telles sont les maladies de la tête qui réelament l’emploi des médicaments. Quant aux parotides, c’est au-dessous des oreilles qu’on les observe. Tantôt elles surviennent dans l’état de santé, produites par une inflammation locale, et tantôt elles succèdent à des fièvres de longue durée, dont tout l'effort s’est détourné vers ce
benæ decoctæ sint, sic, ut cuilibet eorum paulum mellis niscealur. Acetum quoque ex scilla, retentum ore, satis adversus hæc ulcera proficit : et ex aceto cocto sali, sicut supra demonstratum est, rursus mistum acelum. Sed etdiu continere utrumlibet, et id bis aut ter die facere, pront vehemens malum est, necessarium est. Quod si puer est , cui id incidit, specillum lana involutum in medicamentum demittendum est, el super ulcus tenendum; ne per imprudentiam adurentia devoret. Si dolor in gingivis est,
moventurque aliqui dentes, refgi eos oportet : nam cu-
rationem vehementer impediunt. Si nihil medicamenta proficient , ulcera erunt adurenda. Quod tamen in labris ideo non est necessarium , quoniam excidere commodius est. Et id quidem , æque adustum, atque excisum, sine ea curatione, quæ corpori manu adhibetur , impleri non
-potest. Gingivarum vero ossa , quæ hebetia sunt , in per-
petuum ustione nudantur : neque enim postea caro increscit. Imponenda tamen adustis lenticula est, donec sanitatem , qualis esse potest, recipiant.
XVI. Hæc in capite fere medicamentis egent. Sub ipsis vero auribus oriri rapwtièec solent; modo in secunda valetudine , ibi inflammatione orta; modo post longas febres, illuc impetu morbi converso. Id abscessus genus est :
CELSE
point. La parotide n’étant qu’une espèce d'abcès, n’exige pas de traitement spécial. On fera seulement remarquer que si la tumeur se déclare en l’absence de toute autre affection , il est permis d'employer les résolutifs au début ; mais que si elle n’est au contraire que la dernière expression d'un état morbide, on doit, au lieu de chercher à la résoudre, en favoriser la suppuration, pour l'ouvrir dès que la chose est faisable.
XVIT. Dans les exomphales, pour éviter le secours de la main et l'emploi du fer, on doit d’abord prescrire la diète, des lavements, et un topique dont voici la composition : ciguë et suie, ana P. *. 1.; céruse lavée P. *. 1v.; plomb lavé ». *. var. œufs n° 2; on ajoute à ces substances du sue de solanum. Il faut prolonger longtemps l'application de ce remède sur l’ombilie, consacrer le même temps au repos, manger peu, et s’interdire tous les aliments flatulents.
X VIIT. 1. Les maladies qui se présentent maintenant sont celles des parties honteuses. Les Grecs ont, pour traiter un pareil sujet, des expressions plus convenables, et qui d’ailleurs sont consacrées par l'usage, puisqu'elles reviennent sans cesse dans les écrits et le langage ordinaire des médecins. Les mots latins nous blessent davantage, etils n’ont pas même en leur faveur de se trouver parfois dans la bouche de ceux qui parlent avec décence ; c’est done une difficile entreprise de respecter la bienséance, tout en maintenant les préceptes de l’art. Cette considération n’a pas dû cependant retenir ma plume, parce que d’abord je ne veux pas laisser incomplets les utiles enseignements que j'ai reçus, et qu’ensuite il importe précisément de répandre dans le vulgaire les notions médicales relatives au traitement de ces
itaque nullam novam curationem desiderat. Animadversionem tantummodo hanc habet necessariam ; quia si sine morbo id intumuit, primum reprimentium experimentum est ; si ex adversa valetudine, illud inimicum est ; maturarique et quamprimum aperiri commodius est.
XVIL Ad umbilicos vero prominentes, ne manu ferroque utendum sit, ante tentandum est, ut abstineant ; alvus his ducatur, imponatur super umbilicum id , quod ex his constat ; cicutæ et fuliginis, singulorum p. *. 1. cerussæ elotæ p. *. 1v. plumbi eloti p. *. vu. ovis duobus, quibus etiam solani suceus adjicilur. Hoc diutius impositum esse oportet; et interim conquiescere hominem ; cibo modico uti, sic, ut vitentur omnia inflantia.
XVIII. 1. Proxima sunt ea, quæ ad partes obscænas pertinent : quarum apud Græcos vocabula et {olerabilius se habent , et accepta jam usu sunt; cum in omni fere medicorum volumine atque sermone jactentur : apud nos fœdiora verba, ne consuetudine quidem aliqua verecunudius loquentium commendata sunt : ut difficilis hæc explanatio sit, simul et pudorem , et artis præcepla servantibus. Neque tamen ea res a scribendo deterrere me debuit : primum , ut omnia , quæ salutaria accepi, comprehenderem : dein, quia in vulgus eorum curatio etiam
LE
maladies, qu’on ne révèle jamais à d'autres que malgré soi.
2. Lorsqu'une inflammation a produit le gonflement de la verge, et que cet état ne permet plus de ramener le prépuce en avant ou en arrière, on doit faire sur ce point d’abondantes fomentations d'eau chaude. Si le gland est recouvert, il faut, à l’aide d’une seringue à oreille, injecter de l’eau chaude entre cet organe et la peau ; etsi par ces procédés l’enflure et la tension disparaissent au point que la peau puisse suivre les mouvements de la main, la guérison complète ne se fait pas attendre. Quand la tuméfaction persiste, il convient d'appliquer des cataplasmes de lentilles, de marrube ou de feuilles d’olivier qu'on fait bouillir dans du vin, et, pendant la trituration, on ajoute un peu de miel à la substance qu'on a choisie. Il faut aussi fixer la verge sur l'abdomen, et c’est un soin à prendre dans tous les cas de ce genre. Quant au malade, il doit garder le repos , observer la diète et boire de l'eau, seulement pour apaiser sa soif. Le len&emain , sans se relâcher de ce régime, on renouvelle les fomentations, et l’on essaye, en déployant quelque violence, de faire mouvoir le prépuce ; s’il n’obéit pas à ces tentatives, on fait une incision légère à la peau, et l'écoulement de sanie qui se fait jour par là amène plus tard un affaissement local qui rend la réduction plus facile. Après avoir surmonté la résistance du prépuce avec ou sans le concours de ces moyens, on découvre des ulcères qui occupent ou la face interne de la peau , ou le gland , ou la verge ellemême : ces ulcères apparaissent secs et déteroés, ou bien humides et purulents. Quand ils sont secs, on emploie d'abord des fomentations d’eau
præcipue cognoscenda est, quæ invitissimus quisque alleri ostendit.
2. Igilur si ex inflammatione coles intumuit, reducique summa culis, aut rursüs induci non potest, multa calida aqua fovendus locus est : ubi vero glans contecta est, oriculario quoque clystere inter eam cutemque aqua calida inserenda est. Si mollila sic et extenuata cutis ducenti paruit, expedilior reliqua curatio est : si tumor vicit, imponenda est vel lenticula, vel marrubium, vel oleæ folia ex vino cocta, sic, ut cuilibet eorum, dur teritur, mellis paulum adjiciatur : sursumque coles ad ventrem deligandus est, quod in omni curatione ejus necessarium est : isque homo continere se, et abstinere a cibo debet, et potione aquæ tantum a sili vindicari. Postero die rursus adhibendum iisdem rationibus aquæ fomentum est, el eum vi quoque experiundum, an cutis sequatur : eaque, si non parebit, leviter summa scalpello concidenda erit : nam , cum sanies profluxerit, extenuabitur is locus , et facilius cutis ducetur. Sive autem hoc modo victa erit, sive numquam repugnaverit; ulcera vel in cutis ulteriore parte, vel in glande, ultrave eam in cole reperientur : quæ necesse est, aut pura siccaque sint, eut humida et purulenla. Si sieca sunt, primum agua ca-
CELSE
chaude, puis on les panse soit avec du Iycium ou du marc d'huile bouillis dans du vin, soit avec un mélange de beurre et d'huile rosat. S'ils ne laissent suinter que très-peu d'humeur, il faut les laver avec du vin, et se servir ensuite d’un liniment composé de beurre, d'un peu’ de miel et d’un quart de térébenthine. Lorsqu'ils sont purulents, on commence par les déterger avec de l'hydromel chaud, après quoi l’on fait usage de la préparation suivante : poivre P. *. 1. myrrhe p. *, ”. safran, milsy bouilli, ana p. *, 11.; le tout bouilli dans du vin astringent jusqu’à consistance de miel. Cette préparation est également applicable aux ulcérations des amygdales, de la luette, de la bouche et des narines. En voici une autre, douée des mêmes propriétés : poivre P.*, 7.
myrrhe p.*. ?. safran p. *, 7 7. misy bouilli p. *. 1. ; cuivre brülé P. *. 11. Ces ingrédients sont d'abord broyés ensemble dans du vin astringent ; puis, quand le mélange est see, on le triture une seconde fois en ajoutant trois verres de vin de raïisins secs, et l’on traite le remède par ébullition, Jusqu'à ce qu’il ait acquis une consistance de glu. Le verdet associé au miel cuit, et tous les médicaments indiqués plus haut contre les ulcères de Ja bouche, conviennent aussi dans le cas présent; et l'on applique de même avec succès, sur les ul cères purulents des parties naturelles, la composition d’Érasistrate ou celle de Craton. Cette autre n’est pas moins utile : on fait bouillir des feuilles d’olivier dans neuf verres de vin , et on y mêle alun de plume p. *. 1v.; lycium p. *, vit; plus, un demi-verre de miel. Il faut incorporer le médicament dans du miel, si la suppuration est abondante, et le délayer dans du vin ! si l'écoulement est médiocre. Règle générale,
lida fovenda sunt : deinde imponendum lycium ex vino est, aut amurca cocta cum eodem , aut cum rosa butyrum. Si levis iis humor inest, vino eluenda sunt : tum butyro et rosæ mellis paulum , et resinæ lerebinthinæ pars quarta adjicienda est, eoque utendum. Atsi pus ex iis profluit, ante omnia elui mulso calido debent : tum imponi piperis p. *. 1. myrrhæ p. *. 7. croci, misy Cocti, singulorum p. *. 11. quæ ex vino austero coquuntur , donec mellis crassitudi nem habeant. Eadem autem compositio tonsillis, uvæmadenti, oris nariumque ulceribus accommodata est. Aliud ad eadem ; piperis p.*. 7. myrrhæ p. *. 7. croci p. *,7 7. Misy cocti p. *. 1. æris combusli p. *, 1. quæ primum ex vino austero conteruntur ; deinde, ubi inaruerunt, iterum teruntur ex passi tribus cyathis, et incoquuntur, donec visci crassitudinem habeant. Ærugo quoque cum cocto melle, et ea, quæ ad oris ulcera supra comprehensa sunt, curant. Aut Erasistrati compositio, aut Cratonis, recte super purulenta naturalia imponitur. Folia quoque oleæ ex novem cyathis vini coquuntur ; his adjicitur aluminis scissilis p. *. 1v. lycii p. *. vru. mellis sesquicyathus : ac, si plus puris est, id medicamentum ex melle; si minus, ex vino diluitur. Jllud perpetuum est; post curationem, dum inflammatio manet, quale
lorsque l'inflammation persévère après le traitement, il faut appliquer des cataplasmes , comme il est dit ci-dessus, et panser les ulcères chaque jour. Dès qu’ils commencent à fournir un pus abondant et fétide, on doit les déterger avec une décoction de lentillelégèrement miellée. Pour remplir lamème indication, on peut faire bouillir des feuilles d’olivier, de lentisque ou de marrube, avec addition de miel; se servir de verjus et de miel, ou recourir soit au mélange de verdet et de miel préparé pour les maladies de l’oreille , soit à la composition d’Andron, ou enfin à l’une des anthères, additionnée toujours d'une légère quantité de miel. Quelques médecins se contentent de traiter tous les ulcères dont on a parlé jusqu'ici, avec du lycium bouilli dans du vin. Il faut, si l’ulcère s'étend en largeur et en profondeur, le déterger d’abord @’après la manière indiquée déjà, puis faire usage en topique d’un mélange de verdet ou de verjus avec du miel, ou bien appliquer la composition d’Andron. Il est possible encore d'employer une préparation ainsi faite : marrube, myrrhe, safran, alun de plume bouilli, feuilles de roses sèches, noix de galle, ana p.*. 1.; minium de Sinope p. *. 11. Ces substances, broyées d’abord isolément, sont ensuite soumises à une trituration commune ; et l’on ajoute unesuffisante quantité de miel, pour donner au mélange la consistance de cérat liquide. Cela fait, la préparation étant mise dans un vase d’airain, on doit la faire bouillir doucement, pour empêcher qu’elle ne déborde; et lorsque les gouttes qu’on laisse tomber se prennent, on la retire du feu : selon l'indication du moment, il faut ensuite la délayer dans du miel ou du vin. Ce médicament peut également s'approprier au
supra positum est, cataplasma super dare et quotidie ulcera eadem ratione curare. Quod si pus et multum, et cum malo odore cæpit profluere , elui cremore lenticulæ debet, sic, ut ei mellis paulum adjiciatur : aut oleæ , vel lentisci folia, vel marrubium decoquendum est , eoque humore eodem modo cum melle utendum : imponendaque eadem; aut etiam omphacium cum melle; aut id, quod ex ærugine et melle ad aures fit; aut compositio Andronis ; aut anthera, sie, ut ei paulum mellis adjiciatur. Quidam ulcera omnia, de quibus adhuc dictum est, lycio ex vino curant. Si vero ulcus latius atque altius serpit, eodem modo elui debet : imponi vero, aut ærugo aut omphacium cum melle; aut Andronis composilio; aut marrubiüi, myrrhæ, croci, aluminis scissilis cocti, rosæ foliorum aridorum, gallæ, singulorum p. *.1. minii Sinopici p. *. 11. quæ per se singula primum terunlur, deinde juncta iterum , melle adjecto, donec liquidi cerati crassitudinem habeant ; tum in æneo vase leniter coquuntur, ne superfluant; cum jam guttæ indurescunt, vas ab igne removyetur : idque medicamentum, prout opus est, aut ex melle aut ex vino liquatur. Idem autem per se etiam ad fistulas utile est. Solet eliam interdum ad nervos ulcus descendere ; profluitque pituila multa ; sanies tenuis
traitement des fistules. L’ulcère quelquefois pénètre jusqu'aux tendons , et il s’en écoule une humeur abondante, unesanie ténue, fétide, mal liée, et semblable à de la lavurede chair fraîche. Là se font sentir en même temps de la douleur et des élancements. Bien qu'on ait réellement affaire à un ulcère purulent, il n’en faut pas moins lui opposer des remèdes adoucissants, tels que l’emplâtre tétrapharmaque, qu’on liquéfie dans de l'huile rosat en y ajoutant un peu d’encens; ou cet autre, formé de beurre, d'huile rosat, de résine et de miel, dont j'ai déjà fait mention. Ces sortes d’ulcères ont surtout besoin d’abondantes fomentations d’eau chaude; on doit aussiles couvrir, et les soustraire à l'influence du froid. La verge, dans certains cas, est tellement rongée sous la peau, qu’il en résulte la chute du gland. Il devient nécessaire alors d’exciser en même temps le prépuce. Chaque fois en effet quele gland ou quelque partie de la verge se sépare du corps ou doit en être retranché, il est de règle constante de ne point conserver les téguments, parce que, venant à contracter des adhérences avec la plaie, ils ne pourraient plus être abaissés , et ne serviraient peutêtre qu'à déterminer l’ocelusion de l’urètre.
On voit encorese former, autour du gland, de ces tubercules que les Grecsnomment oüwata. II faut les cautériser avec le fer ou les médicaments, et, lorsque les escarres sont tombées, les saupoudrer avec de la limaille de euivre, pour prévenir toute récidive.
3. Ces divers symptômes n’appartiennent pas à la gangrène, qui peut compliquer les ulcères de toutes les parties du corps, mais plus spécialement ceux de la verge. On la reconnaît à la couleur noire qu’elle prend au début; et lorsqu'elle est
malique odoris, non coacta, at aquæ similis , in qua caro recens lota est; doloresque is locus, et punctiones habet. Id genus quamvis inter purulenta est, tamen lenibus medicamentis curandum est; quale est emplastrum +etpapépuaxov ex rosa liquatum , sic, ut thuris quoque paulum ei miscealur ; aut id , quod ex butyro , rosa , resina, melle fit; supra vero a me positum est. Pracipueque id ulcus multa calida aqua fovendum est, velandumque, neque frigori committendum. Interdum autem per ipsa ulcera coles sub cute exesus est, sic, ut glans excidat. Sub quo casu cutis ipsa circumcidenda est. Perpetuumque est, quoties glans, aut ex cole aliquid, vel excidit, vel abscinditur , hanc non esse servandam, ne considat , ulcerique agglutinetur, ac neque reduci possit postea, et fortasse fistulam quoque urinæ claudat.
Tubercula etiam, quæ çôuare Græci vocant , circa glandemoriuntur : quæ vel medicamentis, vel ferro aduruntur ; et cum crustæ exciderunt, squama æris inspergitur , ne quid ibi rursus increscat.
3. Hæc citra cancrum sunt ; qui cum in reliquis partibus, tum in his quoque vel præcipue ulcera infestat. Incipit a nigritie : quæ si cutem occupavit, protinus specillum subjiciendum, eaque incidenda est, deinde oræ
située sur la peau, on doitimmédiatement, à l’aide d’une sonde glissée sous les téguments, pratiquer une incision , saisir avec les pinces les lèvres de la plaie, emporter tout ce qui paraît altéré, en coupant mêmeun peu dans le vif, et cautériser ensuite. Il faut toujours faire suivre la cautérisation d’une application de lentilles ; et, dès que les escarres sont détachées, on panse ces plaiescomme toutes les autres. Mais si la gangrène attaque le corps même de la verge, il y a lieu d'employer certains caustiques en poudre, et surtout celui qu’on prépare avec la chaux, le chalcitis et l’orpiment. Quand les médicaments ne peuvent triompher du mal, on emporte les parties viciées avec l'instrument , qui doit empiéter aussi sur le vif; et, conformément au précepte, on cautérise l’ulcère après l’excision de la gangrène. Cependant, lorsque les escarres qui succèdent à la cautérisation par le fer ou les médicaments prennent une forme calleuse, il est bien à craindre qu’en se détachant elles n’entrainent une hémorragie de la verge. Aussi faut-il condamner le malade au repos et presque à l’immobilité, jusqu’à ce que les escarres bien détergées tombent doucement d’elles-mêmes. Si l’on commet volontairement ou non l’imprudence de marcher trop tôt, que de là résulte une déchirure de l’escarre et par suite un écoulement de sang, il faut recourir à des applications d’eau froide, et, en cas d’insuccès, aux remèdes connus contre l’hémorragie, ou même, s’ils échouent, à la cautérisation faite exactement, mais avec réserve. Deplus,on doit s’interdiretout mouvement, pour ne pas donner lieu à denouveaux accidents.
4. La verge est aussi le siége d’une espèce de chancre que les Grecs ont nommé phagédénique. Cet ulcère n’exige pas d’autres remèdes que
vulsella prehendendæ, tum, quidquid corruptum est, excidendum , sic , ut ex integro quoque paulum dematur, idque adurendum. Quoties quid ustum est, id quoque sequitur , ut imponenda lenticula sit ; deinde , ubi crustæ exciderunt , ulcera sicut alia curentur. At si cancer ipsum colem occupavit, inspergenda aliqua sunt ex adurentibus , meximeque id, quod ex calce, chalcitide , auripigmento componilur. Si medicamenta vincuntur, hic quoque scalpello, quidquid corruptum est, sic, ut aliquid etiam integri trabat , præcidi debet. Illud quoque æque perpetuum est; exciso cancro, vulnus esse adurendum. Sed sive ex medicamentis , sive ex ferro crustæ occalluerunt, magnum periculum est, ne, his decidentibus, ex cole profusio sanguinis insequatur. Ergo longa quiete et immobili pene corpore opus est, donec ex ipso crustæ puræ leniter resolvantur. At si vel volens aliquis, vel imprudens, dum ingreditur immature, crustas diduxit, et fluit sanguis , frigida aqua adhibenda est : si hæc parum valet, decurrendum est ad medicamenta, quæ sanguinem supprimunt : si ne hæc quidem succurrunt, aduri diligenter et timide debet: neque ullo postea motu dandus eidem periculo locus est.
4. Nonnumquam etiam id genus ibi cancri, quod gayédavx à græcis nominatur, oriri solet. In quo minime
CELSE
le précédent; mais il ne souffre aucun retard, et doitêtre brûlé avec le fer, si les premiers moyens sont insuffisants. Ce mal est parfois accompagné d’une sorte de gangrène, sans douleur, ilest vrai, mais dont les progrès, quand on ne parvient pas à les arrêter, peuvent s'étendre jusqu’à la vessie; et le cas est alors au-dessus de toutes les ressour= ces de l’art. Si l’ulcère occupe l’extrémité du gland près du méat urinaire, on introduit dans le canal une sonde assez mince pour prévenir l’oc= clusion , puis on cautérise avec le fer. Si le chancre est situé plus profondément, il faut enlever par excision tous les tissus envahis, et suivre ensuite le traitement indiqué pour les autres ulcères chancreux.
5. Onrencontre encore surla verge une sortede tumeur calleuse presque entièrement indolente, et qu'il faut de même exciser. Quant au charbon qui peut se manifester sur ce point, il faut dèg le principe le déterger à l’aide d’injections faites avec une seringue à oreille, puis employer les caustiques, notamment le chalcitis et le miel, ou le verdet et le miel cuit, ou la fiente de brebis grillée, et triturée avec du miel. Les médicaments liquides qu’on met en usage contre les ulcères de la bouche, peuvent être appliqués ici, dès que le charbon est tombé.
6. Dans les inflammations du testicule qui n’ont été précédées d'aucune violence extérieure, il faut pratiquer la saignée du pied, prescrire la diète, et appliquer les topiques suivants : farine de fève bouillie dans de l’hydromel, et mêlée à du cumin écrasé, et bouilli avec du miel; cumin trituré, puis incorporé dans du cérat d'huile rosat; graine de lin grillée, écrasée, et bouillie dans de l’hydromel ; farine de froment bouillie dans
differendum, sed protinus iisdem medicamentis, et, sik parum valent, ferro adurendum. Quædam etiam nigrities est, quæ non sentitur, sed serpit, ac, si substinuimus, usque ad vesicam tendit; neque suceurri postea potest. Si id in summa glande circa fistulam urinæ est, prius in eam tenue specillum demittendum est, ne claudatur ; deinde id# ferro adurendum : si vero alte penetravit, quidquid occupatum est præcidendumest. Cetera eadem, quæ in aliis cancris, facienda sunt.
5. Occallescit etiam in cole interdum aliquid; idque omni pene sensu caret : quod ipsum quoque excidi debet. Carbunculus autem ibi natus, ut primum apparet , per oricularium elysterem eluendus est: deinde ipse quoque medicamentis urendus , maximeque chalcitide cum melle, aut ærugine cum cocto melle, aut ovillo stercore fricto et contrito cum eodem melle. Ubi is excidit, liquidis medicamentis ufendum est, quæ ad oris ulcera componuntur.
6. In testiculis vero, si qua inflammatio sine ictu orta est, sanguis ex talo mittendus est : a cibo abstinendum, imponenda ex faba farina ex mulso cocta cum cumino contrito et ex melle cocto; aut contritum cuminum cum cerato ex rosa facto; aut lini semen frictum, contri: LM tum, et in mulso coctum ; aut tritici farina ex mulso cocta \è
de l'hydromel avec du cyprès; oignon de lis écrasé. Quand les testicules deviennent durs, on emploie la graine de lin ou de fenugrec bouillie dans de l'hydromel , ou bien le cérat de troëne; ou la farine de froment triturée dans du vin, avec addition d’un peu de safran. Si l’induration paraît passer à l'état chronique, onu obtient de très-bons effets de la racine de cencombre sauvage, bouillie dans de l’hydromel, puis écrasée. Si le gonflement des testicules se manifeste à la suite d’un coup, il est nécessaire de tirer du sang ; et cela devient plus urgent encore s'ils présentent une teinte livide. On doit faire
usage del’unedes préparations désignées plus haut
et qui renferment du cumin, ou encore appliquer
cette composition : nitre bouilli P. *. 1 ; résine de
pin,eumin, ana p. *. 11. ; staphysaigre sans les graines P.*. 1v.; miel, quantité suffisante pour lier ces substances entre elles. Quand par le fait d’une lésion externe le testicule éprouve une perte de substance (8 ), il entre presque toujours en suppuration ; et dans ce cas la seule chose à faire est de fendre le scrotum , d'évacuer le foyer, et d'enlever le testicule même.
7. Il peut se déclarer à l’anus un grand nombre de maladies toujours très-importunes, et qui comportent des moyens de traitement à peu près semblables. C’est ainsi qu’on rencontre sur plusieurs points de cette région des fissures que les Grecs appellent rhagades. Si le mal est récent, il faut garder le repos et prendre des demi-bains d’eau chaude. On fait durcir ensuite deux œufs de pigeon, dont on enlève la coquille ; on en laisse un dans de l’eau bien chaude, tandis qu’on frotte doucement la partie malade avec l’autre, et ils
cum cupresso; aut lilii radix contrila. At si idem induruerunt , imponi debet lini vel fœni græci semen ex mulso coctum ; aut ex cyprino ceratum ; aut simila ex vino con- {rita, cui paulum croci sit adjectum. Si vetustior jam durities est, maxime proficit encumeris agrestis radix ex mulso cocta, deinde contrita. Si ex ictu tument, sanguinem mitti necessarium est ; magisque , si etiam livent. Imponendum vero utrumlibet ex iis, quæ cum cumino componuntur, supraque posila sunt; aut ea com- - positio, quæ habet nitri cocti p. *. r. resinæ pineæ, cumini, singulorum p. *. 11. uvæ taminiæ sine seminibus p. *, av. mellis quantum satis sit ad ea cogenda. Quod si ex ictu testiculis aliquid desit, fere pus quoque increscit ; nèque aliler succurri potest, quam si, inciso scroto, et pis emissum, et ipse testiculus excisus est.
7. Anus quoque mulla tædiique plena mala recipit, nec inter se multum abhorrentes curationes habet. Ac primum in eo sæpe, et quidem pluribus locis, cutis scinditur : fxy&ô4 Græci vocant. Id si recens est, quiescere homo debet, et inaqua calida desidere. Columbina quoque ova coquenda sunt, et, ubi induruerunt, purganda : deindealterum jacere in aqua bene calida debet , altero calido foveri locus , sic , ut invicem utroque aliquis utatur. Tum telrapharmacum, aut rhypodes rosa diluendum est; aut æsypum recens mis-
doivent ainsi servir aïîternativement. P our appliquer sur les fissures, on choisit, entre l’emplâtre tétrapharmaque, ou l'emplâtre rhypodes malaxé avec l'huile rosat, ou la graisse de Ja laine en suint mêlée au cérat liquide, auquel on ajoute du plomb lavé, ou la myrrhe avec la térébenthine, ou la litharge d'argent avec de l’huile vieille. Si les rhagades sont tout à fait extérieures et ne s'étendent pas jusqu'à l'intestin, il faut appliquer dessus de la charpie trempée dans l’un de ces médicaments, et recouvrir le tout de cérat. Dans les affections de ce genre, on doit éviter les aliments âcres, grossiers, ou de nature à resserrer le ventre : quand ils sont secs, il est bon de n’en prendre qu’en petite quantité; et mieux vaut faire usage de ceux qui sont liquides, doux, onctueux et gélatineux. Aucune raison n’interdit l’usage d’un vin doux.
8. Le condylôme (9 ) est une excroissance qui d'ordinaire se manifeste après une inflammation. Dès que le mal existe, il faut, relativement au repos, aux aliments et aux boissons, se conformer aux préceptes que nous venons d'établir. On peut de même frotter le tubercule avec des œufs de pigeon, mais il convient auparavant de prendre un bain de siége préparé avec une décoction de verveine et de plantes astringentes. On se trouve bien alors d'employer, en topiques , de la lentille avec un peu de miel; du mélilot bouilli dans du vin; des feuilles de ronces écrasées , puis incorporées au cérat d'huile rosat; des coings écrasés avec le même cérat; la partie intérieure de l'écorce de grenade, qu’on fait bouillir dans du vin ; le chalcitis calciné , broyé, puis mêlé à la graisse de laine et à l'huile rosat; ou enfin la composi-
cendum cum cerato liquido ex rosa facto ; aut eidem cerato liquido plambum elotum adjiciendum ; aut resinæ terebinthinæ myrrha; aut spumæ argenti vetus oleum ; et quolibet ex his id perungendum. Si quidquid læsum est, extra est, neque intus reconditum, eodem medicamento. linctum linamentum superdandum est, et quidquid ante adhibuimus, cerato contegendum. In hoc autem casu, neque acribus cibis utendum, neque asperis , nec alvum comprimentibus : ne aridum quidem quidquam satis utile est, nisi admodum paulum. Liquida, lenia, pingnia, glutinosa, meliora sunt. Vino leni uti nibil prohibet.
8. Condyloma autem esttubereulum, quodex quadam inflammatione nasci solet. Id ubi ortum est , quod ad quietem, cibos, potionesque pertinet ,eadem servari debent , quæ proxime seripta sunt. Jisdem etiam ovis recte tuberculum id fovetur : sed desidere ante homo in aqua debet, in qua verbenæ decoctæ sunt ex reprimentibus. Tum recle imponitur et lenticula cum exigua mellis parte ; et sertula Campaua ex vino cocta ; et rubi folia contrila cum cerato ex rosa facto; et cum eodem cerato contritum vel cotoneum malum , vel malicorii ex vino cocli pars interior ; et chalcitis cocta atque contrita , deinde æsypo ac rosa excepta ; et ex ea compositione, quæ habet thuris p. *. 1- aluminis scissilis p. *. 11. Cerussæ p. *. III. SÇ[UME argenti pa
tion dont voici les substances : encens p. *. 1.; alun de plume e. *. 11. ; céruse p. *. 111. ; litharge d'argent p. *. v., auxquels on ajoute alternativement, pendant la trituration, de l'huile rosat et du vin. Ces diverses applications sont maintenues à l’aide d'un morceau de linge ou d’étoffe dont la forme est carrée ; les quatre extrémités présentent deux anses d’un côté et deux bandes de l'autre. On dispose le bandage de facon que les ouvertures se trouvent sur le ventre, et puissent donner passage aux cordons fixés en arrière et ramenés en avant : après les avoir serrés, on porte à gauche Ja bande qui est à droite, et à droite celle qui est à gauche; et lorsqu'elles ont fait le tour du ventre, onles noue. Si le condylôme existant déjà depuis longtemps est devenu trop dur pour céder à ces préparations, on peut le cautériser avec un médicament composé de verdet p.*. 11. ; myrrhe p. *, rv.; gomme p. *. vit. ; encens p. * XII. ; antimoine, opium, acacia, ana P.*. xvI. Quelques médecins ont recours à cet ingrédient pour raviver les ulcères dont j'ai tout récemment parlé; mais s'ils sont impuissants contre le condylôme, il ne faut pas craindre d'appliquer des caustiques plus énergiques. Dès que le tubereule est détruit, on ne doit plus employer que des topiques adoucissants.
9. Une troisième maladie de l'anus consiste dans le gonflement des veines, qui se groupent en plusieurs capitules et fournissent souvent du sang. Ces tumeurs, qui ont recu des Grecs le nom d'hémorroides, peuvent occuper chez les femmes l'orifice de la vulve. La suppression du flux hémorroïdal n'est pas toujours sans danger; car pour certaines personnes cet écoulement n’est point une cause d’affaiblissement, et constitue plutôt une évacuation salutaire qu’une
*. y. quibus, dum teruntur, invicem rosa et vinum instillatur, Vinculum autem ei loco linteolum aut panniculus quadratus est, qui ad duo capita duas ansas , ad altera duo totidem fascias habet; cumque subjectus est; ansis ad ventrem dafis, a posteriore parte in eas adductæ fasciæ conjiciuntur, atque, ubi arctatæ sunt, dexterior sinistra, sinisterior dextra procedit, cireumdatæque circa alvum inter se novissime deligantur. Sed si vetus condyloma jam induruit, neque sub his curationibus desidit, aduri medicamento potest, quod ex his constat ; æruginis p. *. 11. myrrhæ p. *. 1v. gummi p. *. var. (hurisp. *. x11. stibis , papaveris lacrimæ, acaciæ , singulorum p. *. xvr. Quo medicamento quidam etiam uleera , de quibus proxime dixi , renovant. Si hoc parum in condylomate proficit , adhiberi possuot etiam vehementius adurentia. Ubi consumptus est tumor, ad medicamenta lenia transeundum est.
3. Tertium vitiumest, ora venarum lamquam capitulis quibusdam surgentia , quæ sæpe sanguinem fundunt : aipoéotôus Græci vocant. Idque etiam in ore vulvæ fœminarum incidere consuevit. Atque in quibusdam parum &to supprinitur ; qui sanguinis profluvio imbecilliores
CELSE
maladie ; quelques-unes même ont expié par des affections graves et soudaines la guérison de leurs hémorroïdes, parce que le sang n’ayant plus de voie d'élimination s’est jeté sur la poitrine et les viscères. Toutefoissi l’on souffre trop de cet écou= lement sanguin , il convient de prendre un bain de siége préparé avec une décoction de verveine, et d'appliquer, sur les tumeurs, de l'écorce de grenade pilée et des feuilles de roses sèches écrasées, ou d’autres plantes astringentes. Assez ordinairement on voit survenir de l’inflammation, et cela a lieu surtout quand la dureté des matières vient blesser ces parties. Il faut se mettre alors dans un demi-bain d’eau douce, frotter doucement le siége avec des œufs, et appliquer dessus des jaunes d'œuf servant de liaison à des feuilles de roses bouillies dans du vin de raisins secs. Si les hémorroïdes sont internes, on porte le liniment avec le doigt ; si elles sont externes, on emploie le topique étendu sur un linge. Les remèdes indiqués contre les rhagades récentes sont encore ici d’une utile application , et j’on fera bien aussi d'adopter le même régime alimentaire. Quand ces moyens ne sont pas assez efficaces , il fauten venir à l'emploi des caustiques, pour con: sumer les tumeurs; et si elles paraissent trop anciennes, on doit, d’après Denys, les saupoudrer avec de la sandaraque, puis les recouvrir d’un mélange ainsi fait : écaille de cuivre, orpiment, ana P. *, v.; pierre à chaux p. *. visr. On a soin le lendemain de les piquer avec une aiguille. Lorsque ces tumeurs ont été cautérisées, elles sont remplacées par une cicatrice qui s'oppose à l'écoulement de sang. Pour prévenir cependant les dangers de cette suppression, il est bon de dissiper les humeurs en faisant beaucoup d’exercice; et de plus il est nécessaire de prescrire de
non fiunt : habent enim purgationem hanc , non morbum.
Ideoque eurati quidam , cum sanguis exitum non haberet, inclinatain præcordia ac viscera materia, subitis ef gravis= simis morbis correptisunt. Si cui vero id nocet, is desidere in aqua ex verbenis debet : imponere maxime malicorium, cum aridis rosæ foliis contritum ; aut ex ïis aliqua , quæ sanguinem supprimunt. Solet autem oriri inflammatio , maxime ubi dura alvus eum Jocum læsit. Tum in aqua dulci desidendum est , et id fovendum ovis : imponendi vitelli cum rosæ foliis ex passo subactis ; idque , si intus est, digito illinendum ; si extra , superillitum paoniculo
imponendum est. Ea quoque medicamenta , quæ recentis |
bus scissuris posita sunt, hic idonea sunt. Cibis vero in hoc casu ïüisdem, quibus in prioribus, utendum est, Si ista parum juvant, solent imposita medicamenta adurentia ea capitula absumere. Ac si jam vetustiora sunt, sul» auctore Dionysio inspergenda sandaracha est : deinde im-
ponendum , quod ex his constat : squamæ æris , auripig-
menti, singulorum p. *, v. saxi calcis p. * vu. Postero die acu compungendum. Adustis capitulis fit cicatrix, quæ sanguinem fundi prohibet. Sed quoties is suppressus est, ne quid périculi afferat, mulla exercitatione digerenda
temps en temps une saignée du bras tant aux hommes , qu'aux femmes dont les menstrues ont cessé de couler.
10. S'il y a chute du fondement ou de la matrice (car cet accident se présente quelquefois), il faut d’abord examiner si l'organe atteint de prolapsus est ou n’est pas chargé de mucosités. S'il est bien détergé, on doit prendre un bain de siége à l’eau salée , ou préparé avec une décoction de verveine ou d'écorce de grenade. Si l'on trouve un enduit muqueux, on lave la partie avec du vin astringent, et l'on applique dessus de la lie de vin brülée. Après avoir rempli l’une ou l'autre indication , on fait rentrer l'organe, et comme topique on se sert de plantain écrasé ou de feuilles de saule bouillies dans du vinaigre; le remède étant couvert d’un linge, puis d’un morceau de laine, on maintient le tout à l’aide d’un bandage qui doit tenir les jambes rapprochées.
11. L’anus et la matrice peuvent aussi être affectés d’un ulcère qui ressemble à un fongus. Si le mal se déclare pendant l'hiver , on devra le fomenter avec de l'eau tiède, et se servir d’eau froide dans toute autre saison. Il faut après les fomentations saupoudrer lulcère avec de l’écaille de cuivre, et faire des applications de cérat préparé avec l'huile de myrte, auquel on incorpore un peu de limaille de cuivre, de suie et de chaux. Si ce traitement ne fait pas disparaître le fongus, on passe à des caustiques plus énergiques, ou l'on cautérise avec le fer,