‹ Celse, Vitruve, Censorin (œuvres complètes), FrontinChapitre 6 sur 265 · III. Dès qu'un malade a la fièvre, il convient · texte numérisé non relu

III. Dès qu'un malade a la fièvre, il convient

bra sunt ; si crebra ulcera oriuntur; si corpus supra consuetudinem incaluit ; si gravior somnus pressit ; si tumultuosa somnia fuerunt; si sæpius expergiscitur aliquis, quam assuevit, deinde ilerum soporatur ; si corpus dor mientis circa parles aliquas contra consueludinem insudat, maximeque si circa pectus, aut cervices, aut crura, vel genua, vel coxas. Item, si marcet animus; si loqui et moveri piget; si corpus torpet; si dolor præcordiorum est, aut totius pectoris, aut, qui in plurimis evenit, capitis ; si salivæ plenum est os; si oculi cum dolore vertuntur; si tempora adstricta sunt; si membra inhorrescunt ; si spiritus gravior est ; si circa frontem intentæ venæ moventur ; si frequentes oscitationes ; si genua quasi fatigata sunt, totumve corpus lassitudinem sentit. Ex quibus sæpe plura, numquam non aliqua febrem antecedunt. In primis tamen illud considerandum est, num eui sæpius horum aliquid eveniat, neque ideo corporis ulla difficultas subsequatur. Sunt enim quædam proprietates hominum, sine quarum notitia non facile quidquam in futurum præsagiri polest. Facile itaque securus est in iis aliquis, quæ sæpe sine periculo evasit : ille sollicitari debet, cui hæe nova sunt; aut qui ista numquam sine custodia sui tuta habuit.

HI. Ubi vero febris aliquem occupavit , scire licet, non periclitari, si in latus aut dextrum aut sinistrum, ut

de savoir qu'il n'est point en danger, s'il peut comme bon lui semble se coucher indifféremment des deux côtés, les cuisses étant un peu fléchies , position naturelle de l'homme en santé. Il n’est point exposé non plus s’il se retourne aisément, s’il dort la nuit et reste éveillé tout le jour, si sa respiration est libre, s’il n’a point de tristesse, si le bas-ventre et la région ombilicale conservent leur embonpoint, si les hypocondres ne sont point douloureux et sont également souples de chaque côté, ou si, nonobstant un peu de gonflement, ils cèdent à la pression des doigts , sans accuser de sensibilité. Alors, quoique l’état morbide puisse durer quelque temps, il doit avoir une heureuse terminaison. On n’a pas à s’alarmer davantage, si le corps cst dans un état de souplesse et de chaleur convenables, si la sueur se répand également sur tous les membres, et sielle sert à juger la fièvre. L'éternument est encore un indice favorable, de même que l'appétit, soit qu'il ait toujours persisté, soit qu'il succède à l’inappétence. Une fièvre qui ne dure qu’un jour ne peut inspirer d'inquiétude , non plus que celle dont la durée est plus longue, mais qui s’évanouit d'elle-même avant un nouvel accès ; si bien que le corps revient à son intégrité, état que les Grecs appellent etlxprvès. 1 n’y a pas à s’effrayer s’il survient des vomissements mêlés de bile ct de pituite, et si l’on remarque dans les urines un sédiment blane, lisse et uni, ou quelques nuages à la surface, qui ne tardent pas à se précipiter. On est exempt de tout péril, quand les selles sont molles et moulées comme dans l’état de santé, qu'elles arrivent à peu près aux mêmes heures, et se trouvent dans un rapport convenable avec les ali-

ipsi visum est, cubat, cruribus paulum reductis; qui fere sani quoque jacentis habitus est; si facile convertitur ; si noctu dormit, interdin vigilat; si ex facili spirat ; si non conflictalur; si circa umbilicum et pubem cutis plena est; si præcordig ejus sine ullo sensu doloris æqualiter mollia in utraque parte sunt. Quod si paulo tumidiora sunt, sed tamen digitis cedunt et non dolent, hæc valeludo, ut spatium aliquod habebit, sic tula erit. Corpus quoque, quod æqualiter molle et calidum est, quodque æqualiter totum insudat, et cujus febricula eo sudore finitur, securitatem pollicetur. Sternutamentum etiam inter bona indicia est, et cupidilas cibi vel a primo servata, vel etiam post fastidium orta. Neque terrere debet ea febris, quæ codern die finita est; ac ne ea quidem, quæ quamvis longiore tempore evanuit, tamen ante alteram accessionem ex tolo quievit, sic ut corpus integrum, quod etlexpevèc Græci vocant, fieret. Si quis autem incidit vomitus, mistus esse et bile et pituita debet : et in urina subsidere album, læve, æquale; ‘© ut efiam, * si quæ quasi nubeculæ innalariet, in imum deferantur. At venter ei, qui a periculo tutus est, reddit mollia, figurata, atque eodem fere tempore, quo secunda valetudine assuevit, modo convenientia jis. quæ assumuntur.

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ments ingérés. Le flux de ventre est plus à craindre ; mais il ne faut pas s'inquiéter prématurément, si le ventre est moins relâché chaque matin, s'il se resserre par degrés au bout de quelque temps ,et siles matières jaunâtres n'ont pas plus de fétidité que chez l’homme bien portant. Il n’y a rien de fâcheux non plus à rendre quelques lombries sur la fin de la maladie. Quand les gaz déterminent à la région supérieure du ventre du gonflement et de la douleur, c'est un bon signe que les borborygmes gagnent les parties inférieures; et ce qui vaut mieux encore, c'est d’expulser ces gaz sans difficulté avec les matières alvines.

IV. On doit s'attendre au contraire à une affection des plus graves, lorsque le malade est couché sur le dos les bras et les jambes étendus ; lorsque , dans la violence d’un état aigu, d’une inflammation des poumons surtout, il veut rester assis ; lorsqu’enfin it est tourmenté d'insomnies pendant la nuit, bien qu'il obtienue le jour un peu de sommeil; et encore ce sommeil est-il moins bon entre la dixième heure et la nuit, qu'à partir du matin jusqu’à dix heures (1). Cependant si le malade ne repose ni jour ni nuit, le présage est bien plus alarmant; car il est pour ainsi dire impossible qu'une pareille insomnie n'ait as sa cause dans une douleur constante. C'est un signe également contraire qu'un sommeil excessif ; et il devient plus sérieux encore, si l'assoupissement se prolonge le jour et la nuit. Voici ce qui dénote aussi la gravité du mal : une respiration fréquente et laborieuse, des frissons commencant le sixième jour, des erachats purulents, la difficulté de l’expectoration, la continuité des souffrances, l'impatience à supporter

Pejor cita alvus est; sed ne hæc quidem terrere prolinus debet, si malutinis temporibus coacta magis est, aut si procedente tempore paulatim contrahitur, et rufa est, neque fæditate odoris similem alvum sani hominis excedit. AG lumbricos quoque aliquos sub fine morbi descendisse, nihil nocet. Si inflatio in superioribus partibus dolorem tumoremque fecit, bonum signum est sonus ventris inde ad inferiores partes evolutus; magisque cliam, si sine difficultate, cum stercore excessit.

IV. Contra gravis morbi periculum est, ubi supinus æger Jacet, porrectis manibus et cruribus; ubi residere vult in ipso acuti morbi impelu, præcipueque pulmonibus Jaborantibus ; ubi nocturna vigilia premitur, etiamsim interdiu somnus accedit; ex quo lamen pejor est, qui inter quartam horam et noctem est, quam qui matutino tempore ad quarlam. Pessimum lamen est, si sompus neque noctu, neque interdiu accedit : id enim fere sine continuo dolore esse non potest. Æque vero signum malum est etiam somno ultra debitum urgeri; pejusque, quo magis se sopor interdiu, noctuque continuat. Mali etiam morbi testimonium est, vehementer et erebro spirare ; a sexfo die cœpisse inhorrescere ; pus exspuere ; vix exscreare ; dolorem habere continuum; difficulter

son mal, l'agitation déréglée des bras et des jambes, les pleurs involontaires, l’enduit visqueux qui s'attache aux dents, l’amaigrissement des régions ombilicale et pubienne , l’inflammation des hypocondres avec douleur, dureté, tension et gonflement , phénomènes plus dangereux du côté droit, et auxquels peut s'ajouter enfin le plus périlleux de tous , le battement violent des vaissceaux deces parties. Autres signes fâcheux : émaciation rapide, froid à la tête, aux mains et aux pieds, et en même temps chaleur au ventre et aux côtés, froid des extrémités au plus fort d’une affection aiguë, frissons après la sueur, hoquets ou rougeur des yeux après avoir vomi, dégoût des aliments succédant à l'appétit ou à des fièvres de longuedurée, sueurs immodérées, selles qui sont froides surtout, ou bien celles qui ne sont pas générales et ne jugent point la fièvre. Il faut craindre les fièvres qui reviennent chaque jour à la même heure , qui ont des accès semblables etne diminuent pas le troisième jour, ou qui se composent de redoublements et de rémissions, sans jamais offrir d'intermittence. Mais les plus redoutables sont les fièvres continues quise maintiennent toujours au mème degré de violence.

11 y a danger quand la fièvre se déclare après la jaunisse, surtout si l'hypocondre droit est resté dur. Quand la douleur persiste dans cette partie, toute fièvre aiguë doit donner de vives inquiétudes; il en est de même des convulsions qui se manifestent dans le cours d’une fièvre aigué, ou qui surviennent au réveil. Li est de mauvais augure de s’effrayer en dormant, de présenter dès le début de la fièvre du désordre dans

ferre morbum; jactare brachia et crura; sine voluntate facrimare; habere humorem glutinosum denüibus inhærentem; cutem circa umbilicum et pubem macram ; præcordia inflammata, dolentia, dura, tumida , intenta , magisque, si hæc dextra parte quam sinistra sunt ; periculosissimum lamen est, si venæ quoque ibi vehementer agitantur. Mali etiam morbi sigoum est, nimis celeriter emacrescere; caput et pedes manusque frigidas habere, ventre et lateribus calentibus; aut frigidas extremas partes acuto morbo urgente ; aut post sudorem inhorrescere ; aut post vomitum singultum esse, vel rubere ocnlos ; aut post cupiditatem cibi, postve longas febres hunc fastidire; aut multum sudare, maximeque frigido sudore ; aut habere sudores non per totum corpus «æquales, quique febrem aon finiant ; et eas febres, quæ quotidie tempore eodem revertantur; quæve semper pares accessiones habeant, neque tertio quoque die leventur ; quæve sic continuent, ut per accessiones increscant, per decessiones tanium molliantur, nec umquam integrum corpus dimittant. Pessimum est, si ne levatur quidem febris, sed æque concitata continuat. Periculosum est etiam, post arquatum morbum febrem oriri; utique si præcordia dextra parte dura manserunt. Ac dolentibus ïs, nulla acuta febris leviter terrere nos debet; neque umqnam in acula febre, aut a somno non est erribilis nervorum distenlio. Timere

l’intellisence, ou d'être atteint de paralysie par tielle. Dans ce dernier cas on peut bien ranimer Je membre affecté, mais presque jamais il ne reprend la force qu'il a perdue. Les vomissements de bile ou de pituite pure ont de la gravité, surtout si les matières vomies sont vertes ou noires. L'urine dont le sédiment est rouge et uni est mauvaise ; elle l’est plus encore quand elle laisse voir des espèces de lamelles minces et blanches; et la plus mauvaise enfin est celle où l’on apercoit des nuages furfuracés. L'’urine ténue et sans couleur (2) est aussi défavorable, principalement dars la frénésie. L'extrême constipation est à redouter, mais pas plus que le dévoiement qui survient pendant la fièvre et ne permet pas au malade de rester au lit ; le danger même augmente, si les matières sont très-liquides, décolorées, blanchâtres ou écumeuses , ou bien peu abondantes, glaireuses, lisses , blanches, un peu pâles , ou encore, si elles sont livides, bilieuses, sanguinolentes, et d'une odeur plus forte qu’à l'ordinaire. IL n’est pas bon enfin que les évaeuations soient sans mélange après les fièvres de longue durée. V. Quand les symptômes que nous venons d’exposer se rencontrent, il est à désirer que la maladie se prolonge; et même il faut qu’il en soit ainsi ou ie malade succombe. La seulechance de salut dans les affections graves , c’est d’épuiser leur violence en gagnant du temps, jusqu'au moment où l’on peut faire prévaloir les moyens curatifs. Il est perinis cependant d’entrevoir dès le début, à l’aide de certains signes, qu’une maladie traînera en longueur, sans être pour cela mortelle. On portera ce jugement, si dans une

eliam ex somno, mali morbi est; itemque in prima febre protinus mentem esse turbatam, membrumye aliquod esse resolufurm. Ex quo casu quamvis vita redditur, tamen id fere membrum debilitatur. Vomitus etiam periculosus est sinceræ pituitæ, vel bilis; pejorque, si viridis, aut niger est. At mala urina est, in qua subsiduntsubrubra et lævia : deterior, in qua quasi folia quædam tenuia atque alba : pessima ex his, si tamquam ex furfuribus factas nubeculas repræsentat. Diluta quoque, atque alba, vitiosa est, sed in phreneticis maxime. Alvus autem mala est, ex toto suppressa. Periculosa etiam, quæ inter febres fluens conquiescere hominem in cubili non palitur; utique, si quod descendit, est perliquidum, aut albidum, ant pallidum , aut spumans. Præler kæc periculum ostendit id, quod excernitur, si est exiguum, glutinosum , læve, album, idemque subpallidum : vel si est aut lividum, aut biliosum, aut cruentum, aut pejoris odoris, quam ex consuetudine. Malum est eliam, quod post longas febres sincerum est.

V. Post hæe indicia, votum est longum morbum fieri : sic enim necesse est, nisi occidit. Neque vitæ alia spes in magnis malis est, quam ut impetum morbi trahendo aliquis effugiat, porrigaturque ià id tempus , quod curationi locum præstet. Protinus tamen signa quædam sunt, ex

: quibus colligere possumus, morbum, etsi non intereme-

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fièvre non aiguë on observe des sueurs froides limitées à la tête et au cou, ou des sueurs générales avec persistance de la fièvre; s’il y a des alternatives de chaud et de froid ; si la coloration varie d’un instant à l’autre, si les abcès survenus dans le cours d’une fièvre ne se guérissent pas; si le malade à peu maigri comparativement à la durée de son affection; si l'urine est pure, limpide dans untemps et un peu sédimenteuse dans un autre; si le dépôtest lisse, blanc ou rouge, ou bien formé de petits grumeaux, ou s’il s'élève de petites bulles à Ja surface.

VI. Malgré le danger que font craindre de pareils symptômes, tout espoir n’est pas perdu; mais il y a présage de mort quand le nez est effilé, les tempes affaissées, les yeux caves, les oreilles froides sans ressort, relevées légèrement par en bas, la peau du front dure et tendue, et la coloration noire ou blème. L'imminence est plus grande encore, s’il n’y a eu précédemment ni veilles prolongées , ni diarrhée, ni abstinence extrême. Ces causes peuvent quelquefois produire la même altération dans les traits; mais leur influence ne s’étend pas au delà d'un jour, et quand cet état persiste, il annonce la mort. Elle est prochaine si ces symptômes durent depuis trois jours, à une époque avancée dela maladie, surtout si les yeux fuient la lumière et se remplissent de larmes, si le blanc se colore en rouge et que les veinules apparaissent avec une teinte livide , si l'œil est rempli de chassie qui s’attache principalement aux angles , si lun est plus petit que l’autre, s'ils sont profondément enfoncés ou saillants, si pendant le sommeil et sans diarrhée précédente les paupières entr'ou-

rit, Jongius tamen tempus habiturum : ubi frigidus sudor inter febres non aculas circa caput tantum, et cervices oritur; aut ubi, febre non quiescente, corpus insudat ; aut ubi corpus modo frigidum, modo calidum est, et co- Jor alius ex alio fit; aut ubi, quod inter febres aliqua parte abscessit, ad sanitatem non pervenit; aut ubi æger pro spatio parum emacrescit : item, si urina modo liquida et pura est, modo habet quædam subsidentia; si lævia atque alba rubrave sunt, quæ in ea subsidunt ; aut si quasdam quasi miculas repræsentat ; aut si bullulas excitaL. VI. Sed inter hæc quidem , proposito melu, spes tamen superest. Ad ullima vero jam ventum esse testantur, nares acutæ, collapsa tempora, oculi concavi, frigidæ languidæque aures et imis partibus leniter versæ, cutis circa frontem dura et intenta, color aut niger aut perpallidus; multoque magis, si ita hæc sunt, ut neque vigilia præcesserit, neque ventris resolutio, neque inedia. Ex quibus causis interdum hæc species oritur, sed uno die finitur : itaque diulius durans, morlis index est. Si vero in morbo velere jam triduo talis est, in propinquo mors est; magisque, si præter hæc oculi quoque lumen refugiunt, et illacrimant; quæque in ïis alba esse debent, rubescunt ; atque in jisdem venülæ pallent; pituitaque in iis innatans, novissime angulis inhærescit; alterque ex his minor est; iique aut vehementer subsederunt, aut

vertes font apercevoir une partie du blane de Jæil , si les paupières sont pâles et que cette pâleur décolore aussiles lèvres et les narines, si le nez, les lèvres, les yeux, les paupières et les sourcils, ou seulement quelques-uns de ces traits, sont décomposés; si le malade enfin en raison de sa faiblesse est incapable de voir et d'entendre. Ce qui dénonce également une terminaison fatale, c’est quand le malade est couché sur le dos, les genoux serrés l’un contre l’autre, qu'il se laisse continuellement glisser vers les pieds du lit, qu'il découvre ses brasetses jambes et les jette çà et là, qu'il a les extrémités froides, qu’il reste la bouche ouverte, qu’il dort sans cesse, qu'étant sans connaissance il est pris d’un grincement de dents qui ne lui était pas familier, et qu'une plaie survenue avant ou pendant la maladie devient sè-: che, pâle ou livide. Voici encore des indices funestes : les ongles et les doigts prennent une teinte livide, l’haleine est froide; le malade, dans une fièvre, une affection aiguë, le délire, l’inflammation du poumon ou la céphalaigie, arrache brin à brin le duvet, ou étend les franges de ses couvertures, ou cherche à détacher les paillettes du mur. Les douleurs des hanches et des extrémités inférieures, qui après, avoir passé dans les viscères, disparaissent tout à coup, témoignent que la mort est proche, surtout quand d’autres signes s'ajoutent à celui-ci. Si pendant la fièvre, et sans apparence de tumeur, le malade est atteint de suffocation et ne peut avaler sa salive, ou s’il éprouve une distorsion du eou qui l’empêche de rien prendre, on ne parviendra pas à le sauver, Ilsuccombera de mème, si, dans le cours d’une fièvre continue, il est pris d’une fai-

facti tumidiores sunt; perque somnum palpebræ non commiltuntur, sed inter has ex albo oculorum aliquid apparet, neque id fluens alvus expressit ; eædemque palpebræ pallent, et idem pallor labra et nares decolorat; eademque labra, et nares, oculique, et palpebræ, et supercilia, aliquave ex his pervertuntur; isque propter imbecillitatem jam non audit, aut non videt. Eadem mors denunciatur, ubi æger supinus cubat, eique genua contracta sunt; ubi deorsum ad pedes subinde delabitur ; ubi brachia el crura nudat, et inæqualiter dispergit, neque äis calor subest ; ubi hiat; ubi assidue dormit; ubi is, qui mentis suæ non est, neque id facere sanus solet, dentibus stridet; ubi ulcus, quod aut ante, aut in ipso morbo natum est, aridum, et aut pallidum, aut lividum factum est. Illa quoque mortis indicia sunt, ungues, digitique pallidi ; frigidus spiritus ; aut si manibus quis in febre, et acuto morbo, vel insania, pulmonisve dolore, vel capilis, in veste floccos legit, fimbriasve diducit, vel in adjuneto pariete, si qua minula eminent, carpil. Dolores etiam circa coxas et inferiores partes orti, si ad viscera transierunt, subiloque desierunt, mortem subesse teslantur; magisque, si alia quoque signa accesserunt. Neque is servari potest, qui sine ullo tumore febricitans, subito strangulatur, aut devorare salivam suam non potest; cuive in eodem febris corporisque habitu cecvix

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blesse extrême; si, la fièvre persistant, il est saisi de froid à la surface du corps, tandis qu'à l’intérieur la chaleur est assez grande pour exciter la soif, ou s’il est à la fois en proie au délire et à la difficulté de respirer ; s’il tombe en convulsion pour avoir pris de l’ellébore, ou

s’il perd Ja parole à Ja suite d’un état d'ivresse.

Sa perte est assurée dans l’un et l’autre cas, à moins que la fièvre ne vienne le délivrer des convulsions, ou que, l'ivresse étant dissipée, il ne commence à recouvrer la parole. Les maladies aiguës chez les femmes enceintes sont fréquemment suivies de mort. On doit la présager aussi, si le sommeil augmente la douleur, si l'on rend spontanément de la bile noire par haut ou par bas au commencement d'une maladie, ou si cette évacuation s'opère par l’une ou l’autre voie chez un sujet épuisé déjà par la durée de son affection. Même présage, si l’on expectore de la bile et du pus à la fo's ou séparément. Quand ces crachats surviennent vers le septième jour, c’est vers le quatorzième que la mort a lieu généralement, à moins qu'il ne se manifeste de nouveaux symptômes moins violents ou plus graves, dont le résultat serait alors de rendre cette terminaison plustardive où plus prompte. Dans les fièvres aiguës , les sueurs froides sont funestes, et dans toute maladie on en peut dire autant des vomissements qui varient et sont de plusieurs couleurs, surtout quand les matières sentent mauvais. Vomir le sang pendant la fièvre n’est pas moins funeste. L’urine, quand elle est rouge et ténue, accuse une grande crudité, et souvent le malade est enlevé avant qu'elle ait pu venir à coction; de sorte que ce caractère, en persévérant, an-

convertitur, sic ut devorare æque nihil possit; aut cui simul et continua febris et ultima corporis infirmitas est; aut cui, febre non quiescente, exterior pars friget , interior sic calet, ut etiam sitim faciat; aut qui, febre æque nou quiescente, simul et delirio et spirandi difficultate xexatur; aut qui, epoto veratro, exceplus distentione nervorum est; aut qui ebrius obmutuit. Is enim fere nervorum distentione consumitur, nisi aut febris accessit, aut eo tempore, quo ebrietas solvi debet, loqui cæpit. Mulier quoque gravida acuto morbo facile consumitur ; etis, cui somnus dolorem auget; et cui protinus, in recenli morbo, bilis atra vel infra vel supra se ostendit; cuive alterutro modo se prompsit, cum jam longo morbo corpus ejus esset extenuatum et affectum. Sputum etiam biliosum , et purulentum , sive separatim ista , sive mista proveniunt, interitus periculum ostendunt. Ac si cirea septimum diem tale esse cæpit, proximumest, ut is circa quartumdecimum diem decedat, nisi alia signa meliora pejorave accesserint : quæ, quo leviora graviorave subsecula sunt, eo vel seriorem mortem, vel maturiorem denunliant. Sudor quoqgue frigidus in acula febre pestiferus est : atque in omni morbo vomitus, qui varius, el multorum colorum esl; præcipueque, si malus in hoc odor est. Ac sanguinen\ quoque in febre vomuisse, pestiferum est. Urina vero rubra et tenuis in magna cruditate esse con-

nonce une issue fatale. La plus pernicieuse néanmoins, celle qui précède la mort, est l’urine noire, épaisse et fétide ; et c’est pour les hommes et les femmes la plus à craindre, de même que pour les enfants celle qui est aqueuse et ténue. Les selles qui varient attestent un égal péril; elles sont composées de matières semblables à des râclures,, de matières bilieuses, sanguinolentes et verdâtres , rendues isolément de temps à autre, ou évacuées tout à la fois, et quoique mélangées demeurant distinctes. Malgré cela, le malade peut traîner encore quelque temps ; mais il touche évidemment à sa fin, s’il a des selles liquides, noires, livides ou graisseuses, et caractérisées surtout par leur fétidité. On peut me demander sans doute comment il se fait, puisqu'il y a des indices certains de la mort, que des malades abandonnés dés médecins aient néanmoins recouvré la santé, et que d’autres soient revenus au monde du sein même de leurs funéraiiles. On ajoutera que Démocrite, homme d’un si grand nom, prétendait que, pour établir la cessation de la vie comme fait accompli, on n’avait pas de caractères assez positifs ; et qu’à plus forte raison il était éloigné de convenir qu’on püt pronostiquer une mort éventuelle par des signes irrécusables. Je ne chercherai pas à prouver que l’analogie qui existe souvent entre plusieurs symptômes peut en effet égarer, non le praticien habile, mais le médecin sans expérience ; qu’Asclépiade par exemple, rencontrant un convoi, sut bien reconnaître à l'instant que celui qu'on allait inhumer n'avait point cessé de vivre, et qu'après tout l’art n’est pas responsable des fautes de celui qui l’exerce. Je dirai plus simplement :

suerit ; et sæ&pe, antequam spatio maturescat, hominem rapit : ifaque , si talis diutius permanet, periculum mortis ostendit. Pessima lamen est, præcipueque mortifera, nigra, crassa, mali odoris. Atque in viris quidem et mulieribus talis deterrima est : in pueris vero, quæ tenuis et diluta est. Alvus quoque varia, peslifera est, quæ strigmentum, sanguinem , bilem, viride liquid, modo diversis temporibus, modo simul, et in mistura quadam, disereta tamen repræsentat. Sed hæc quidem potest paulo diutius tiabere : in præcipili vero jam esse denuntiat, quæ liquida , eademque vel nigra, vel pallida, vel pinguis est ; ulique, si magna fœditas odoris accessit. Illud interrogari me posse ab aliquo scio : si certa futuræ mortis indicia sunt, quomodo interdum deserti a medicis convalescant , quosdamque fama prodiderit in ipsis funeribus revixisse ? Quin etiam vir jure magni nominis Democritus, ne finitæ quidem vitæ satis cerlas nolas esse, proposuit, quibus medici credidissent : adeo illud non reliquit, ut certa aliqua signa futuræ mortis essent. Adversus quos ne dicam illud quidem, quod in vicino sæpe quædam notaæ positæ, non bonos, sed imperitos medicos decipiunt ; quod Asclepiades funeri obvius intellexit, eum vivere, qui efferebatur : nec protinus crimen artis esse, si quod professoris sit. IIla tamen moderatius subjiciam : conjecturalem artem esse medicinam , rationemque conjecturæ

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La médecine est un art conjectural qui doit par cela même abuser quelquefois, bien que presque toujours l'événement donne raison à ses conjectures; et lorsque sur mille personnes l'erreur se rencontre une fois à peine, la confiance n’en saurait être ébranlée , puisqu'elle repose encore sur le témoignage d'une foule innombrable. Ce que je dis ici des signes funestes s'entend écalement de ceux qui sont d’un heureux présage ; car on est parfois déçu dans ses espérances, et tel vient à succomber, dont l’état n’inspirait d’abord aucune inquiétude. De même , les remèdes employés pour guérir produisent quelquefois un effet contraire. C’est le sort de la faiblesse humaine de ne pouvoir échapper à ces déceptions, au milieu de la diversité si grande des tempéraments ; et cela ne doit pas empêcher de croire à la médecine, par cette raison que, dans la plupart des cas et chez le plus grand nombre de malades, elle est évidemment utile. Il ne faut pas ignorer cependant que c'est principalement dans les maladies aiguës que les indices de vie et de mort sont trompeurs.

VIL. Après avoir exposé les signes communs à toutes les maladies, j'arrive à m'occuper de ceux qui sont propres à chaque espèce. Quelques-uns dénotent avant la fièvre, et d’autres durant l’état fébrile, ce qui se passe à l’intérieur, ou ce qui doit survenir. Avant la fièvre, s'il y a pesanteur de tête, si au sortir du sommeil la vue reste obscurcie, ou si l’on observe de fréquents éternuments, on peut craindre un afflux de pituite vers la tête. Y a-t-il pléthore sanguine , augmentation de la chaleur, une hémorragie a lieu d'ordinaire par quelque partie du corps. Si l’on maigrit sans motif, on est menacé de tomber

talem esse, ut cum sæpius aliquando responderit, interdum tamen fallat. Non itaque, si quid vix in millesimo corpore aliquando decipit, fidem non habet, cum per innumerabiles homines respondeat. Idque non in iis tantum, quæ pestifera sunt, dico; sed in iis quoque, quæ salutaria. Siquidem etiam spes interdum frustratur, et moritur aliquis, de quo medicus securus primo fuit : quæque medendi causa reperta sunt, nonnumquam in pejus alicui convertunt. Neque id evitare humana imbecillitas in tanta varietale corporum potest. Sed est tamen medicinæ fides , quæ multo sæpius, perque multo plures ægros prodest. Neque famen ignorare oportet , in acutis morbis fallaces magis notas esse et salutis, et mortis.

VII. Sed cum proposuerim signa, quæ in omni adversa valetudine communia esse consueverunt; 60 quoque transibo, ut, quas aliquis in singulis morborum generibus habere possit notas, indicem. Quædam autem sunt, quæ ante febres, quædam quæ inter eas, quid aut intus sit, aut venturum sit, ostendunt. Ante febres, si caput grave est, aut ex somno oculi caligant, ant frequentia sternutamenta sunt, circa caput aliquis pituitæ impetus timeri potest. Si sanguis, aut calor abundat, proximum est, ut aliqua parte profluvium sanguinis fiat. Si sine causa quis

dans la eachexie. Quand il y a douleur ou gonflement extrême des hypocondres, ou lorsque pendant tout le jour les urines n’offrent pas les caractères de la coction, il est manifeste que la digestion se fait mal. Ceux qui, sans avoir la jaunisse, conservent longtemps de mauvaises couleurs, sont affligés de maux de tête, ou portés à manger de la terre. Les personnes qui, depuis longtemps aussi, ont le visage pâle et boufi, souffrent de la tête, des viscères ou des entrailles. Si dans une fièvre continue, un enfant ne va point à la selle, s’il change de couleur, qu'il n’ait point de sommeil et pleure constamment, les convulsions sont à craindre. Des rhumes fréquents chez les sujets dont le corps est gréle et allongé feront appréhender la phthisie. Lorsque depuis plusieurs jours il n’y a pas eu d'évacuations alvines, il faut s'attendre à une diarrhée subite ou à une fièvre légère. Quand les pieds sont enflés, que les déjections se prolongent, qu’on ressent de la douleur dans le basventre et dans les hanches , l'hydropisie est menaçante, et c’est ordinairement vers les flancs qu'elle commence à paraître. On court le même danger lorsque, malgré les envies d'aller à la selle, on ne rend rien que des matières dures et avec beaucoup de peine, quand on a de plus les pieds enflés, et que l’enflure occupe aussi tantôt le côté droit, tantôt le côté gauche du ventre, où elle se montre et disparaît tour à tour. Dans ce cas, la maladie semble partir du foie. Comme indices de la mème affection , on notera les tranchées autour de l’ombilic (crosot en grec), et les douleurs persistantes des hanches, auxquelles le temps et les remèdes n'apportent aucun soulagement. Les douleurs articulaires qui ont leur siége

emacrescit, ne in malum babitum corpus ejns recidat, metus est. Si præcordia dolent, aut inflatio gravis est, aut loto die non concocta fertur urina, cruditatem esse mapifestum est. Quibus diu color sine morbo regio malus est, hi vel capitis doloribus conflictantur, vel terram edunt. Qui diu babent faciem pallidam et tumidam, aut capite, aut visceribus, aut alvo laborant. Si in continua febre puero venter nihil reddit , mulaturque ei color, neque somnus accedit, ploratque is assidue, metuenda nervorum distentio est. Frequens autem destillatio in corpore tenui longoque, tabem limendam esse testatur. Ubi pluribus diebus non descendit alvus, docet, aut subitam dejectionem, aut febriculam instare. Ubi pedes turgent, longæ dejectiones sunt, ubi dolor in imo ventre et coxis est, aqua inter culem instat. Sed hoc morbi genus ab ilibus oriri solet. Idem propositum periculum est iis, quibus voluntas desidendi est, venter nihil reddit, nisi et ægre et durum, tumor in pedibus est, idemque modo dextra, modo sinistra parte ventris, invicem oritur atque finitur. Sed a jocinore id malum proficisci videtur. Ejusdem morbi nota est, ubi cirea umbilicum intestina torquentur, otp6gous Græci nominant, coxæque dolores manent; eaque neque tempore, neque remediis solvuntur

TRAITÉ DE LA MÉDECINE, LIV. Il.

aux pieds, aux mains, ou à quelque autre partie, et qui déterminent en cet endroit la rétraetion des nerfs, ou bien la lassitude dans Îles membres pour la cause la plus légère, et la sensibilité au froid et au chaud, seront considérées comme avant-coureurs de la goutte, laquelle se fixera soit aux pieds, soit aux mains, ou sur

toute autre articulation affectée de la même ma-.

nière. Ceux qui dans leur enfance étaient sujets aux hémorragies nasales, et chez qui elles ont cessé de paraître, sont infailliblement exposés à des maux de tête, à de graves ulcérations

dans les articulations, ou à quelque autre mala-

die. Les femmes qui ne sont pas réglées éprouveront des maux de tête excessifs , ou seront tourmentées par d’autres affections. Il n’y a pas moins de péril pour ceux qui, sans avoir la goutte vu des maladies analogues, sont pris de douleurs et de gonflements articulaires , avec des aiternatives de retour et de rémission complète, surtout lorsau’à cet état s'ajoutent la douleur des tempes et des sueurs nocturnes. La démangeaison au front fait craindre une ophthalmie. La femme qui ressent après l'accouchement de vives douleurs, sans autres signes fâcheux, est menacée d’une épistaxis vers le vingtième jour, ou d'un abcès des parties inférieures. L'une ou l'autre terminaison s’observera toutes les fois que les tempes et le front seront le siége d’une douleur intense; mais l’hémorragie se manifestera de préférence chez le jeune sujet, et la suppuration chez le vieillard. Une fièvre qui disparaît subitement, sans raison et sans signes favorables, se reproduit presque toujours. Celui qui jour et nuit a le sang à la bouche, sans qu'il y ait eu précédemment ni maux de tête, ni douleur

Dolor autem articulorum , prout in pedibus, manibusve, aut alia qualibet parle sic est , ut eo loco nervi contrahantur; aut si id membrum, ex levi causa fatigatum , æque frigido, calidoque offenditur, roètypæv yztptyoæv ve, vel ejus articuli, in quo id sentitur, morbum futurum esse denuntiat. Quibus in pueritia sangnis ex naribus fluxit, dein fluere desiit, hi vel capitis doloribus conflictentur necesse est, vel in articulis aliquas exulceraliones graves habeant, vel aliquo morbo etiam debilitentur. Quibus fœminis menstrua non proyveniunt, necesse est capilis acerbissimi dolores sint, vel quælibet alia pars morbo infestetur. Eademque ïis pericula sunt, quibus articulorum vilia, dolores tumoresque, sine podagra similibusque morbis, oriuntur, et desinunt : utique, si sæpe tempora tisdem dolent, noctuque corpora insudant. Si frons prurit, lippitudinis metus est. Si mulier a parlu vehementes dolores habet, neque alia præterea signa mala sunt, circa vicesimum diem aut sanguis per nares erumpet, auf in inferioribus parlibus aliquid abscedet. Quicumque etiam dolorem ingentem circa tempora et frontem habebit, is alterutra ratione eum finiet; magisque, si juvenis erit, per sanguinis profusionem , si senior, per suppurationem. Febris aulem, quæ subito sine ratione, sine bonis signis &nita est, fere revertitur. Cui fauces sanguine et interdiu

aux hypocondres, ni toux, ni vomissement, ni fièvre légère, celui-là doit avoir un ulcère dans les narines ou l’arrière-sorge. Une tumeur à laine, accompagnée d’un mouvement fébrile, et survenant chez une femme sans cause apparente, dénonce un uleère à la matrice. Une urine épaisse , et dont le sédiment est blanc, signifie qu'il existe de la douleur dans les articulations ou les viscères , et que la maladie peut s’en emparer. Celle qui est verte accuse dans les viscères dela douleur, ou l'existence d’unetumeur qui peut offrir du danger; elle témoigne en tout cas que la santé a subi quelque altération. Si l’on remarque dans l'urine du sang ou du pus, c’est que les reins ou la vessie sont ulcérés. Si l'urine est épaisse et présente des filaments minces comme des cheveux ; si des bulles s’en dégagent , qu’elle soit de mauvaise odeur, que parfois elle charrie du sable et parfois du sang; si les hanches et la région pubienne sont douloureuses, qu'il y ait des rapports fréquents, quelquefois des vomissements bilieux, refroidissement des extrémités, envie fréquente et en même temps difficulté d'uriner; si l'urine expulsée est aqueuse ou jaune ou pâle, et que son émission amène pourtant un peu de soulagement ; si beaucoup de gaz enfin s'échappent avec les selles, cela prouve que les reins sont affectés. Mais le mal est dans la vessie si l'urine sort goutte à goutte, si le sang s’y trouve mêlé, ou se présente à l’état de caillot qu’il faut rendre avec effort , et si l’on ressent vers le pubis des douleurs internes. Les signes suivants feront reconnaître la présence d’un caleul : on urine difficilement et en petite quantité; quelquefois le liquide s'échappe involontairement goutte à goutte, chargé de sable, mêlé de sang

etnoctu replentur, sic ut neque capitis dolores, neque præcordiorum, neque tussis, neque vomilus, neque febricula præcesserit, hujus aut in naribus, aut in faucibus ulcus reperietur. Si mulieri inguen et febricula orta est, neque causa apparet, uleus in vulva est. Uriva autem crassa, ex qua quod desidit, album est, significat circa articulos, aut circa viscera dolorem, metumque morbi esse. Eadem viridis, aut viscerum dolorem, tumoremque cum aliquo periculo subesse, aul certe corpusintegrum non esse, Lestatur. Atsisanguis aut pus in urina est, vel vesica vel renes exul. cerali sunt. Si hæc crassa, carunculas quasdam exiguas quasi capillos habet, aut si bullat, et male olet, et interdum quasi arenam, interdum quasi sanguinem trahit, dolent autem coxæ, quæque inter has superque pubem sunt, et accedunt frequentes ructus, interdum vomitus biliosus, extremæque partes frigescunt , urinæ crebra cupiditas , sed magna difficultas est, et quod inde excretum est, aquæ simile, vel rufum , vel pallidum est, paulum tamen in eo levamenti est, alvus vero cum mullo spiritv redditur, utique in renibus vitium est. At si paulatim de stillat, vel si sanguis per hanc editur, et in eo quædan? cruenta concreta sunt, idque ipsum cum difficultate red ditur, et circa pubem interiores partes dolent, in eadem vesica vilium est. Calculosi vero his indiciis cognoscu-

32 me CELSE.

où de matières sanguinolentes ou purulentes. Les uns ürinent plus facilement debout, les autres étant couchés sur le dos, principalement ceux qui ont des calculs volumineux; quelques-uns ont besoin de se courber et d’allonger la verge pour diminuer la douleur. On éprouve dans cette partie un sentiment de pesanteur qui s’augmente par la course et le mouvement. II en est qui dans Ja violence du mal croisent alternativement les jambes l’une sur l’autre. Les femmes sont obligées souvent d'appliquer la main à l'orifice des parties naturelles et d'y exercer des frotterments; si même elles pressent avec le doigt le col de la vessie elles sentent le caleul. Le sang écumeux, rendu par l’expectoration, indique une affection des poumons. Un dévoiement considérable peut devenir chez une femme enceinte une cause d’avortement. Si pendant la grossesse le lait s'échappe des mamelles, le fœtus renfermé dans l'utérus est débile; il est vigoureux au contraire, quand les seins sont durs. Des hoquets répétés ,et qui se prolongent d'une manière insolite, annoncent l'inflammation du foie. Si des plaies accompagnées de gonflement s’affaissent subitement, et que cela ait lieu à la partie postéricure du corps, on peut redouter des mouvements convulsifs ou la rigidité des nerfs ; si c’est à la partie antérieure, on doit s'attendre à une pleurésie aiguë ou au délire. La diarrhée qui survient quelquefois est alors très-favorable. La suppression brusque d’un écoulement de sang habituel peut être suivie d’hydropisie ou de phthisie. Cette consomption se déclare aussi, lorsque la suppuration qui s’est manifestée à la suite d’une pleurésie n’a pu être tarie dans l’es-

tur : difficulter urina redditur, paulatimque, interdum etiam sine voluntate, destillat; eadem arenosa cst; nonnumquam aut sanguis, aut cruentum, auf purulentum aliquid cum ea excernitur ; eamque quidam promptius recli, quidam resupinali, maximeque ii, qui grandes calculos habent, quidam etiam inelinali reddunt, colemque extendendo, doloremlevant. Gravitatis quoque eujusdam in ca parte sensus est : atque ea Cursu , omnique motu augenlur. Quidam etiam , cum torquentur , pedes inter se, subinde mutatis vicibus, implicant. Fæminæ vero oras na- Luralium suorum manibus admotis scabere crebro coguntur : nonnumquam, si digitum admoverunt, ubi vesicæ cervicem is urget, calculum sentiunt. At qui spumantem sanguinem exscreant, his in pulmone vitium est. Mulieri gravidæ sine modo fusa alvus elidere partum polest. Eidem silacex mammis profluit, imbecillum est quod intus gerit : duræ mammæ, sanum illud esse, testantur. Frequens singnltus, et præter consuetudinem continuus , jeeur inflammatum esse, significat. Si tumores super ulcera subito esse desierunt, idque a tergo incidit, vel distentio nervorum, vel rigor timeri potes : at si a priore parte id eve nit, vel lateris acutus dolor, vel insania exspectanda est ; interdum eliam ejusmodi casum , quæ tutissima inter hæc est, profusio alvi sequitur. Si ora venarum, sanguinem solita fundere, subito suppressa sunt, aut aqua inter cu-

! raro quis et vehementer spirat, venasque concitatas habet,!

pace de quarante jours. Une tristesse opiniâtre, accompagnée de frayeurs et d’insomnies, conduit à l’atrabile. Ceux qui sont sujets aux saignements de nez sont exposés au gonflement de la rate, ou à des maux de tête, pendant lesquels ils voient certaines images voltiger devant leurs yeux. Les personnes qui ont de grosses rates ont les gencives en mauvais état, l'haleine forte , et sont sujettes à divers écoulements de sang. Quand ces symptômes ne se rencontrent pas, , les jambes sunt affectées d’ulcères de mauvaise * nature, qui laissent après eux de noires cicatrices. S'il existe une cause de douleur et si le malade paraît insensible, il y a démence. Le sang qui s’'épanche dans le ventre se convertit en pus. Si la douleur passe des hanches et des parties inférieures à la poitrine, sans donner lieu d’abord à aucun signe facheux , on court le risque de voir Ja suppuration s'établir en cet endroit. Lorsqu’en l'absence de toute fièvre, une partie du corps devient le siége d’une douleur ou d’une démangeaison accompagnée de rougeur et de chaleur, il doit s’y former un abcès. Une urine claire, chez un homme mal portant, fait présager quelque suppuration vers les oreilles.

Si à l'aide de ces indices, et sans que la fièvre existe, on est sur la voie des affections cachées ou futures, le jugement devient bien plus assuré quand la fièvre s'ajoute à ces symptômes. Alors aussi on voit surgir les signes particuliers à d’autres maladies. Par exemple Le délire est imminent, lorsqu'un individu laisse échapper tout à coup des paroles plus brèves que de coutume, et montre dans ses discours une assurance et une loquacité qui ne lui étaient pas ordinaires; lors-

tem, aut tabes sequitur. Eadem tabes subit, si in lateris dolore orta suppuratio intra quadraginta dies purgari non potuit. At si longa tristitia cum longo timore el vigilia est, atræ bilis morbus subest. Quibus sæpe ex naribus fluit sanguis, his aut licnis Lumet, aut capitis dolores sunt; quos sequitur, ut quædam ante oculos tanquam imagines obversentur. At quibus magni lienes sunt, his gingivæ malæ sunt, et os olet, aut sanguis aliqua parte prorumpit : quorum si nihil evenit, necesse est in cruribus mala ulcera, et ex his nigræ cicatrices fiant. Quibusg causa doloris , neque sensus ejus est, his mens labat. Si in ventrem sanguis confluxit, ibi in pus vertitur. Si a coxis, et ab inferioribus partibus dolor in pectus transit, neque ullum sigoum malum accessit, suppurationis eo loco periculum est. Quibus sine febre aliqua parte dolor, aut prurigo, cum rubore et calore est, ibi aliquid suppurat. Urina quoque, quæ in homine sano parum liquida est, circaaures futuram aliquam suppurationem esse denuntiat.

Hæc vero, cum sine febre quoque vel latentium, vel futurarum rerum notas habeant, multo certiora sunt, ubi febris accessit ; atque etiam aliorum morborum tum signa nascuntur. Ergo prolinus insania timenda est, nbi expeditior alicujus, quam sani fuit, sermo est, subitaqu loquacitas orta est, el hæc ipsa solito audacior : aut u

ses vaisseaux battent avec force et que les hypocondres sont durs et gonflés. Les mouvements fréquents des yeux, la céphalalgie avec obscureissement de la vue, la privation de sommeil sans qu'il y ait douleur, et l’insomnie persistant jour et nuit, annoncent également le délire. On portera le même pronostic, si le malade, contrairement à ses habitudes et sans y être forcé par la douleur, se tient couché sur le ventre, et si, conservant encore ses forces, il éprouve un grincement de dents insolite. La rétrocession d’un abcès avant sa suppuration, et cela quand la fièvre dure encore, entraîne d’abord un délire furieux et la mort ensuite. Une douleur aiguë de l'oreille, "accompagnée d’une fièvre continue et violente, porte souvent aussi le désordre dans l'intelligence. Les jeunes gens suecombent quelquefois dans ce cas vers le septième jour etles vieillards plus tard, par la raison que chez eux les fièvres intenses et le délire surviennent moins facilement; de sorte qu'ils se soutiennent jusqu’au moment où la sup- puration s'établit. La congestion sangume des mamelles sert de même à présager le délire furieux. Les fièvres de longue durée provoquent la formation d’abcès, ou l'apparition de douleurs articulaires. On estmenacé deconvulsions, quand dans le cours d'une fièvre la respiration en traversant le gosier estentrecoupée. Si l’angine cesse tout à coup , le mal se jette sur le poumon, et enlève souvent le malade au septième jour ; si la mort n'arrive pas, il s'établit quelque part un foyer de suppuration. À la suite d'une diarrhée prolongée, survient la dyssenterie ; à celle-ci succède la lienterie, et à des rhumes fréquents la phthisie. Après la pleurésiese déclarent les mala-

præcordiis duris et tumentibus. Oculorum quoque frequens molus ; et in capitis dolore offusæ oculis tenebræ ; vel, nullo dolore substante, somnus ereptus, continuata- . que nocte et die vigilia; vel prostratum contra consuetudinem corpus in ventrem, sic ut ipsius alvi dolor id non coegeril ; item, robusto adhuc corpore, insolitus dentium stridor, insaniæ signa sunt. Si quid etiam abscessit, et antequam suppuraret, manente adhuc febre, subsedit, periculum affert primum furoris , deinde interitus. Auris quoque dolor acutus, cum febre continua vehementique, - sæpe mentem turbal; et ex eo casu juniores interdum intra septimum diem moriuntur ; seniores, tardius ; quoniam neque æque magnas febres experiuntur, neque æque insaniunt : ita sustinent, dum is affectus in pus vertatur. Suffusæ quoque sanguine mulieris mammæ, furorem venturum esse, testantur. Quibus autem longæ febres sunt, . his aut abscessus aliqui , aut articulorum dolores erunt. Quorum faucibus in febre illiditur spiritus , instat his nervorum distentio. Si angina subito finita est, ja pulmonem id malum transit ; idque sæpe intra septimum diem occidit : quod nisi incidat, sequitur ut aliqua parte suppuret. Deinde post alvi longam resolutionem, tormina ; post hæc, inteslinorum lævitas oritur; post nimias destillationes, tabes ; post lateris dolorem, vitia pulmonum; post hæc, CELSE.

que aussi sa respiration est rare et énergique, que |

dies du poumon, qui sont suivies de délire. De même une grande effervescence du corps peut produire la rigidité des nerfs ou des convulsions. Dans les blessures de tête il y a délire, et dans les insomnies douloureuses , convulsions. Quand les vaisseaux qui environnent un ulcère sont animés de battements violents , il faut craindre une hémorragie. La suppuration se manifeste sous l'influence de plusieurs affections. Ainsi, lorsque des fièvres déjà anciennes persévèrent sans douleur et sans cause évidente, la suppuration se fait jour quelque part; mais chez les jeunes gens surtout, car chez les sujets plus âgés le même état donne presque toujours naissance à la fièvre quarte. Si les hypocondres étant durs et douloureux, le malade n’est pas mort avant le vingtième jour, s’il n’y a pas eu d'épistaxis, principalement chez un jeune homme, et si des le commencement il s’est plaint d’un obseureissement de la vue ou de maux de tête, la suppuration s'établit encore; mais alors le dépôt a son siége dans les parties inférieures. Les hypocondres présentent-ils au contraire une tumeur molle durant soixante jours, avec persistance de la fièvre ; la suppuration se formera, mais dans les parties supérieures; et si l'abcès n’occupe pas les viscères , il se manifestera vers les oreilles. Toute tumeur qui dure depuis un temps assez long tend à suppurer, et cette tendance est plus marquée si la tumeur est située dans les hypocondres que si elie se développe dans le ventre; si elle existe au-dessus de l'ombilic qu’au-dessous. Sila fièvre est accompagnée d’un sentiment de lassitude, l’abcès se portera sur la mächoire ou sur quelque articulation. Quelquefois aussi, après avoir rendu pendant longtemps une

insania ; post magnos fervores corporis, nervorum rigor, aut distentio; ubi caput vulneratum est, delirium; ubi vigilia torsit, nervorum distentio; ubi vehementer venæ super uleera moventur, sanguinis profluvium. Suppuratio vero pluribus morbis excitatur. Nam si longæ febres sine dolore , sine manifesta causa remanent in aliquam partem id malum incumbit; in junioribus tamen ; nam in senioribus ex ejusmodi morbo quartana fere nascitur. Eadem suppuratio fit, si præcordia dura, dolentia ante vicesimum diem hominem non sustulerunt, neque sanguis ex naribus fluxit, maximeque in adolescentibus ; ulique, si inter principia aut oculorum caligo, aut capitis dolores fuerunt : sed tum in inferioribus partibus aliquid abscedit. Aut si præcordia tumorem mollem habent, neque habere intra sexaginta dies desinunt, hæretque per omne id tempus febris : sed tum in superioribus partibus fit abscessus ; ac si inter ipsa viscera non fit, circa aures erumpit. Cum que omnis Jongus tumor ad suppurationem fere spectet , magis eo fenditis, qui in præcordiis, quam is, qui in ventre est ; is, qui supra umbilicum, quam is, qui infra est. Si lassitudinis eliam sensus in febre est, vel in maxillis, vel in articulis aliquid abscedit. Interdum quoque urina tenuis et cruda sic diu fertur, ut alia salutaria signa sint; exque eo casu plerumque infra transversum septur

34 CELSE

urine ténue et crue, et quand tous les autres signes sont favorables, on voit un abcès survenir au-dessous de la cloison que les Grecs appellent diaphragme. La douleur du poumon qui n’est point dissipée par l’expectoration, et qui ne cède ni à la saignée, ni au régime, donne lieu quelquefois à des vomiques vers le vingtième, trentième, quarantième et même jusqu'au soixantième jour. Nous comptons, il est vrai, à partir du jour où la fièvre s’estdéclarée, ou bien du jour où le malade a ressenti des frissons ou de la pesanteur dans le côté. La vomique vient tantôt du poumon, tantôt de la plèvre. La suppuration provoque la douleur et l’inflammation des parties avec lesquelles elle se trouve en contact, Il y a là plus de chaleur; et si le malade veut se coucher sur le côté sain, il accuse en cet endroit un sentiment de pesanteur. Quand la suppuration n’est pas encore accessible aux regards, on est assuré néanmoins qu’elle existe, si la fièvre n’abandonne pas le malade, si pendant le jour elle est moins forte et plus intense pendant la nuit, s’il y a des sueurs abondantes, des envies de tousser, et si la toux ne fournit presque rien à l’expectoration. Les yeux caves, la rougeur des pommettes, la décoloration des veines situées sous la langue, la courbure plus prononcée des ongles, la chaleur des doigts surtout à leur extrémité, l'enflure des pieds, l'embarras de la respiration, le dégoût des aliments et l'apparition de pustules sur tout le corps, sontautant de signes à l'appui. S'il y a, dès le début, douleur, toux et difficulté de respirer, la rupture de la vomique aura lieu avant le vingtième jour ou vers cette époque ; mais si ces symptômes ont paru plus tard , il faut

(quod Gtéppayux Græci vocant) fit abscessus. Dolor etiam pulmonis, si neque per spula, neque per sanguinis detractionem , neque per victus rationem finitus est, vomicas aliquas interdutn excitat, aut circa vicesimum diem, a ut cirea tricesimum, aat circa quadragesimum, nonnumquam etiam circa sexagesimum. Numerabimus autem ab eo die, quo primum febricitavit aliquis, aut inhorruit, aut gravitalem ejus partis sensit. Sed hæ vomicæ modo a pulmone, modo a contraria parte nascuntur. Quod suppurat, ab ea parte, quam affcit, dolorem inflammationemque concitat ; ipsum calidius est; et si in partem sanam aliquis decubuit, onerare eam ex pondere aliquo videtur. Omnis etiam suppuralio, quæ nondum oculis patet, sie deprehendi potest : si febris non dimittit, eaque interdiu levior est, noctu increscit; multus sudor oritur ; cupiditas tussiendi est, et pene nihil in tussi exscreatur; oculi cavi sunt; malæ rubent ; venæ sub lingua inalbeseunt; in manibus fiunt adunci ungues ; digiti, maximeque summi, calent; in pedibus tumores sunt ; spiritus difficilius #rabitur ; cibi fastidium est; pustulæ toto corpore oriuntur. Quod si protinus inilio dolor et tussis fuit, et spiritus difficultas, vomica vel ante vel cirea vicesimum diem erumpet : si serius ista cœperint, necesse est quidem incresant ; sed quo minus cito affecerint , eo tardius solventur. Solent etiam in gravi morbo pedes cum digitis unguibus-

qu'ils sedéveloppent; et leur disparition sera d’autant plus lente qu'ils auront mis plus de temps à se prononcer. Dans les maladies graves, il est assez ordinaire que les pieds, les orteils et les ongles deviennent noirs; et si cet état n’entraîne pas la mort et que le malade revienne à la santé, les pieds néanmoins se séparent du corps.

VIII. Je dois parler maintenant des signes particuliers à chaque espèce de maladie, et qui révèlent ce qu'il faut espérer ou craindre. Si, dans les douleurs de vessie, on rend une urine purulente avec un dépôt blanc et uni, on ne doit pas s’alarmer, Dans l’inflammation du poumon, sila douleur est diminuée par l’expectoration, même lorsqu'elle est purulente; si la respiration est facile, que les crachats soient rendus sans effort, et que le malade supporte assez bien son mal, on peut espérer le rétablissement de la santé. Il ne faut pas trop s'inquiéter non plus, en voyant dès le début des crachats jaunes et mêlés de sang, pourvu qu'ils soient rejetés immédiatement. Les pleurésies sont suivies de guérison lorsque la suppuration qui s'était manifestée est tout à fait épuisée dans l’espace de quarante jours. Si l’ab= eès a son siége dans le foie, et si le pus qu'il four nit est pur et blanc, on en revient facilement ; car dans ce cas, le mal est dans une enveloppe. Les abcès sont moins redoutables quand ils se portent vers l'extérieur et se terminent en pointe. Pour ceux qui se dirigent en dedans, les moins graves sont les abeès qui n’intéressent pas la peau adjasente, et qui la laissent sans douleur et sans chan gement de coloration. On doit être affranchi de toute inquiétude, si le pus, quelle que soit son origine, est blane, uni, d’une seule couleur; si

que nigrescere; quod si non est mors consecuta , et reliquum corpus invaluit, pedes tamen decidunt.

VIII. Sequitur, ut in quoque morbi genere proprias notas explicem, quæ vel spem, vel periculum ostendant. Ex vesica dolenti, si purulenta urina processit, inque ea iæve et album subsedit, metum detrahit. In pulmonis morbo, si sputo ipso levatur dolor, quamvis id purulentum est, tamen æger facile spirat, facile exscreat, mor bum ipsum non diffculter fert, potest ei secunda valetudo contingere. Neque inter initia terreri convenit, si protinus sputum mistum est rufo quodam, et sanguine, dummodo statim edatur. Laterum dolores, suppuratione facta, deinde intra quadragesimum diem purgata, fi: niuntur. Si in jocinore vomica est, et ex ea fertur pus purum et album , salus ei facilis : id enim malum in tunica est. Ex suppurationibus vero eæ tolerabiles sunt, quæ in exteriorem partem feruntur, et acuuntur : at ex iis quæ intus procedunt, eæ leviores, quæ contra se eutem non afficiunt, eamque et sine dolore et ejusdem coloris, cujus reliquæ partes sunt, sinunt esse. Pus quo: que, quacumque parte erumpit, si est læve, album, et unius coloris, sine ullo melu est; et quo effuso, febris protinus conquievit, desieruntque urgere cibi fastidium et polionis desiderium. Si quando etiam suppüratio descendit in erura, spulumque ejusdem factum pro rufo purulentum

après son évacuation la fièvre s’apaise, et si la soif et le dégoût des aliments disparaissent. Le danger est moindre lorsqu'un abeès survient à la jambe, et que les crachats, de jaunes qu'ils étaient, deviennent purulents. Dans la phthisie qui doit avoir une heureuse terminaison, il faut que les erachats soient blancs, parfaitement homogènes, de Ja même couleur, et sans mélange de pituite. L’humeurqui descend du cerveau dans lesnarines doit offrir les mêmes caractères. L'absence totale de la fièvre est d’un excellent présage. C’est encore un signe favorable, quand elle est assez légère pour ne pas s'opposer à l'alimentation et ne pas exciter Ja soif. C'est de même une circonstance avantageuse dans cette maladie d'aller chaque jour à la selle, et de rendre des matières moulées et dans un rapportconvenableavec les aliments qu'on a pris. Il est à désirer enfin que le corps ne soit pas grêle, que la poitrine soit large et velue, les cartilages minces et recouverts de chair. Chez une femme atteinte de suppression des menstrues avec douleur persistante à la poitrine et entre les épaules, la phthisie peut s’arrêter, s’il survient tout à coup une éruption des règles. Alors en effet la toux diminue , et la soif ainsi que le mouvement fébrile disparaissent. Mais si le flux menstruel ne revient pas, une vomique se fera jour, quisera d'autant moins redoutable qu’elle sera plus mêlée de sang. L’hydropisie qui se déclare sans aucune affection précédente n’a rien d’inquiétant , non plus que celle qui succède à une maladie chronique, pourvu que les viscères soient en bon état, que la respiration soit facile , qu’on ne ressente ni douleur ni chaleur, qu'il n’y ait point d’enflure aux extrémités, qu'on n’éprouve ni toux , ni soif, ni sécheresse de la langue , même pendant le sommeil, que l'appétit se maintienne,

est, periculi minus est. At in fabe ejus, qui salvus futurus est, sputum esse debet album, æquale totum, ejusdemque coloris, sine pituita; eique etiam simile esse oportet, si quid in nares a capile destillat. Longe optimum “est, febrem omnino non esse; secundum est, tantulam esse, ut neque cibum impediat, neque crebram sitim faciat. Alvus in hac valetudine ea tuta est, quæ quotidie coäcla, eaque convenientia iis, quæ assumuntur, reddit ; corpus id, quod minime tenue, maximeque lati pectoris atque setosi est, cujusque cartilago exigua, ct carnosa est. Super tabem si mulieri suppressa quoque menstrua fuerunt, ét circa‘pectus atque scapulas dolor mansit, subitoque sanguis erupit, levari morbus solet : nam et tussis minuilur, et silis atque febricula desinunt. Sed iisdem fere, nisi redit sanguis, vomica erumpit; quæ quo cruentior, eo melior est. Aqua autem inter cutem minime terribilis est, quæ nullo antecedente morbo cœpit ; deinde, quæ longo morbo supervenit : utique, si firma viscera ‘sunt ; si spiritus facilis; si nullus dolor; si sine calore corpus est, æqualiterque in extremis partibus macrum est; si venter mollis; si nulla tussis, nulla silis ; si lingua, ne per sompum quidem, inarescit; si cibi cupiditas est ; si venter medicamentis movetur; si per se excernit mollia

que le ventre obéisse à l’action des médicaments, qu'il y ait des selles naturelles molles et bien moulées, que l'abdomen s’affaisse, que les urines varient selon le changement de vin et l’usage de certaines boissons médicamenteuses ; qu’enfin le malade n’accuse point de lassitude et supporte sans effort sa maladie. La réunion de toutes ces circonstances ne laisse rien à craindre; et n'y en eût-il qu'une partie, on devrait conserver bon espoir. Les maladies des articles, telles que la podagre et la chiragre chez les jeunes sujets surtout, et lorsqu'elles n’ont pas produit de nodosités , sont susceptibles de guérison. L’amélioration se fait principalement sentir quand il survient de vives coliques ou un flux de ventre, quel qu'il soit. L'épilepsie qui se manifeste avant la puberté disparaît assez facilement ; et quand on sent l'accès commencer par une partie du corps , il vaut beaucoup mieux que ce soit par les piedset les mains, ou au moins par le côté. Le cas le plus grave, c’est de voir l’attaque débuter par la tête. Dans ce genre d’affections, on obtient les meilleurs effets des évacuations alvines. La diarrhée qui n’est pas accompagnée de mouvement fébrile ne peut entraîner aucun inconvénient quand elle s'arrête promptement, que le ventre ne fait sentir aucun mouvement à la pression, et que les gaz sortent librement par en bas. La dyssenterie elle-même n'offre pas de grands dangers, si le sang et les raclures s’écoulent sans fièvre et sans autre complication ; de sorte qu'on peut non-seulement en guérir la femme enceinte, mais aussi conserver l'enfant. C’est une condition favorable dans cette maladie d’être un peu avancé en âge. La lienterie au contraire est plus facile ment combattue dans les premières années, pourvu que les urines eoulent librement et que le

et figurata ; si extenuatur ; si urina, et vini mutatione, ef epotis aliquibus medicamentis mutatur; si corpus sine lassitudine est, et morbum facile sustinet : siquidem in quo omnia hæc sunt, is ex toto tutus est; in quo plura ex his sunt, is in bona spe est. Articulorum vero vitia, ut podagræ chiragræque, si juvenes tentarupt, neque callum induxerunt, solvi possunt : maximeque torminibus leniuntur, et quocumque modo venter fluit. Item morbus comitialis ante pubertatem ortus, non ægre finitur : et in quo ab upa parte corporis venientis accessionis sensus incipit, optimum est a manibus pedibusve initium fieri; deinde, a lateribus; pessimum inter hæc, à capite. Atque in his quoque ea maxime prosunt, quæ per dejectiones excerpuntur, Ipsa autem dejectio sine ulla noxa est, quæ sine febre est ; si celeriter desinit ; si contrectato ventre nullus motus eius sentitur; si extremam alvum spiritus sequitur. Ac ne tormina quidem periculosa sunt, si sanguis et strigmenta descendunt , dum febris ceteræque accessiones bujus morbi absint : adeo ut etiam gravida mulier, n0n solum reservari possit, sed eliam partum reservare. Prodestque in hoc morbo, si jam ætate aliquis processil. Contra, intestinorum lævitas facilius a teneris æ&tas tibus depellitur ; ulique, si ferri urina, et ali ciho corpug

corps eommence à prendre de la nourriture. Le jeune âge influe de même favorablement sur les douleurs des hanches et des épaules, et dans tous les cas de paralysie. Lorsqu'on n'éprouve pas d’engourdissement dans les hanches, mais une légère sensation de froid , la guérison est prompte et facile, malgré l'intensité des douleurs. Tout membre paralysé peut aussi reprendre son intégrité, s’il continue à se nourrir. La paralysie de la bouche peut être guérie par un flux de ventre. Toute évacuation alvine agit efficacement dans les ophthalmies. Des varices , un écoulement subit de sang par les veines hémorroïdales , ou la dyssenterie mettent un terme à la folie. Les douleurs des bras, qui tendent à gagner les mains ou les épaules, disparaissent à la suite de vomissements de bile noire. Celles qui se dirigent vers les parties inférieures sont plus facilement dissipées. L'éternument fait cesser le hoquet, et le vomissement arrête les diarrhées prolongées. Les femmes sont délivrées des vomissements de sang par l'apparition des menstrues. Si elles ne sont pas réglées, un saignement de nez les exempte de tout danger. Celles qui souffrent aux parties sexuelles, ou dont l'accouchement est laborieux, sont soulagées par l’éternument. La fièvre quarte d’été est presque toujours de courte durée.

Le délire est salutaire lorsqu'il y a chaleur et tremblement. La dyssenterie est favorable dans les affections de la rate. Enfin la fièvre ellemême (ce qui doit surprendre encore davantage) est souvent d’un utile secours. En effet, elle dissipe les douleurs des hypocondres lorsqu'il n’y a pas d’inflammation, vient en aide à celles du foie, fait cesser entièrement les convulsions et le tétanos quand elle survient après l’attaque,

incipit. Eadem ætas prodest et in coxæ dolore , et humerorum, et in omni resolutione nervorum. Ex quibus coxa, si sine torpore est, si leviter friget, quamvis magnos dolores habet , tamen et facile et mature sanatur : resolu lumque membrum, si nihilo minus alitur, fieri sanum potest. Oris resolutio etiam alvo cita finitur. Omnisque dejectio lippienti prodest. At varix ortus, vel per ora venarum subita profusio sanguinis , vel tormina, insaniam tollunt. Humerorum doilores, qui ad scapulas vel manus tendunt, vomitu atræ bilis solvuntur : et quisquis dolor deorsum tendit, sanabilior est. Singultus sternutamento finitur. Longas dejectiones supprimit vomitus. Mulier sanguinem vomens, profusis meustruis, liberatur. Quæ menstruis non purgatur, si sanguinem ex paribus fudit, omni periculo vacat. Quæ locis laborat, aut difficulter partum edit, sternutamento levatur. Æstiva quartana fere brevis est. Cui calor et tremor est, saluti delirium est. Esenosis bono tormina sunt. Denique ipsa febris, quod maxime mirum videri potest, sæpe præsidio est. Nam et præcordiorum dolores, si sine inflammatione sunt, finit ; et jocinoris dolori succurrit; et nervorum distentionem rigoremque, si postea cœpit, ex toto tollit; et ex difficulate urinæ morbum tenuioris intestini ortum, si urinaw

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et, par la chaleur qu’elle développe, met l'urine en mouvement, et guérit ainsi l’affection iliaque qui tenait à la difficulté d’uriner. Les maux de tête accompagnés d’obscurcissement de l& vue, de rougeur et de démangeaison au front, ne résistent pas à un écoulement de sang fortuit ou provoqué. Les douleurs qui ont leur siége à la tête et au front, et qui se manifestent sous l’influence du vent, du froid ou de la chaleur, disparaissent devant le rhume et les éternûments: Un frisson-subit enlève la fièvre ardente que les Grecs appellent causus (xavcwônc). Lorsque dans le cours d'uneffièvre l'ouie est devenue obtuse, cet accident ne persiste pas après une hémorra: gie nasale où une évacuation alvine. Rien n’est plus efficace contre la surdité que des selles bi= licuses. Ceux à qui sont survenus dass l'urètre de petites tumeurs (en grec oüuerz), sont rendus à la santé dès que le pus est évacué par le canal Comme ces guérisons arrivent d’elles-mêmes pour la plupart, il ne faut pas ignorer qu’au mi lieu de toutes les ressources de l’art, c’est encore le pouvoir de la nature qui se fait le plus sentirs

Au contraire , la douleur de vessie avec fièvr continue et resserrement du ventre est un acci= dent funeste (3). Ce péril menace surtout les en fants depuis l’âge de sept ans jusqu’à quatoïze: Dans l'inflammation du poumon, si l’expecto= ration n’a pas lieu dès le principe, qu’elle com mence à paraître au septième jour et se pro longe au delà, il y a danger, et il est d'autan plus grand que les couleurs des crachats son plus mêlées et moins distinctes entre elles. E cependant rien n’est plus grave que les crachat sans mélange, qu'ils soient jaunes, sanglants blancs , visqueux , pâles, écumeux. Les crachat

per calorern movet, levat. At Golores capitis, quibus ocu lorum caligo, ét rubor cum quadam frontis prurigi accedunt, sanguinis profusione, vel fortuita, vel etia petila, sammoventur. Si capitis, ac frontis dolores € vento, vel frigore, aut æstu sunt, gravedine et sternuta mentis finiuntur. Febrem autem ardentem, quam Græd zavcwèn vocant, subitus horror exsolvit. Si in febre aura obtusæ sunt, si sanguis e naribus fluxit, aut venter reso: lutus est, illud malum desinit ex toto. Nihil plus adversu surditatem , quam biliosa alvus potest. Quibus in fistul urinæ minuli abscessus, quos oôuara Græci vocant, es! cœæperunt, üis, ubi pus ea parte profluxit, sanitas reddi fur. Ex quibus cum pleraque per se proveniant , sci licet, inter ea quoque, quæ ars adhibet, naturam plurk mum posse.

Contra, si vesica febre continenti dolet, neque vente quidquam reddit, malum alque mortiferum est; maxime= que id periculum est pueris, a sepfimo anno ad quartum decimum. In pulmonis morbo, si sputum primis diebu pon fuit, deinde a septimo die cœpit, et ultra septimum mansit, periculosum est; quantoque magis mistos, neque inter se diductos colores habet, tanto deterius. Et lamen nihil pejus est, quam sincerum id edi, sive rufum

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noirs néanmoins sont encore les plus funestes. "La toux, le coryza et même l’éternument, qui dans d’autres cas est salutaire, ajoutent à la gra- -wité de cette affection, etle péril devient extrême quand il survient une diarrhée subite. En bien ou en mal, ces signes ont la même valeur dans “la pleurésie que dans la pneumonie. Dans les abcës du foie, si le pus qui se fait jour est san- -guinolent , le cas est mortel. Les abeès les plus “à craindre sont ceux qui tendent à devenir profonds ou qui altèrent la couleur dela peau. Quant à ceux qui se portent à l'extérieur, les plus mauwais sont les plus étendus et les moins saillants. S'il y a eu rupture d’une vomique, ou que le pus se soit frayé une issue au dehors , et que la fièvre ne tombe pas ou reparaisse après avoir cessé, s'il y a soif, dégoût des aliments et dérangement du ventre, si le pusestlivide et pâle, et que le majade n’expectore qu'une pituiteécumeuse, le péril est certain. Les vieillards sont presque toujours enlevés par la suppuration qui succède aux affections du poumon. Celle qui s'empare des autres viscères emporte plutôt les jeunes gens. Les crachats mêlés de pus dans la phthisie et chez un sujet débile, ainsi que la fièvre continue qui ne permet de prendre aucune nourriture et provoque la soif, témoignent qu’il y a danger. Si le malade latte encore quelque temps contre cette affection, il ne tarde pas ensuite à mourir dès que ses cheveux commencent à tomber, que les urines présentent un sédiment semblable à des toiles d’araignée, qu'elles sont d’une odeur fétide, et, en dernier lieu, dès que le dévoiement survient. Cette terminaison est plus fréquente en automne, époque où finissent le plus souvent les malades

est, sive cruentum, sive album, sive glutinosum, sive pallidum, sive spumans : nigrum tamen pessimum est. Au eodem morbo periculosa sunt tussis, destillatio ; etiam, quod alias salutare habetur, sternutamentum : periculosissimumque est; si hæc secula subita dejectio est. Fere vero quæ in pulmonis, eadem in lateris doloribus , et mitiora signa, et asperiora esse consuerunt. Ex jocinore si pus cruentum exil, mortiferum est. At ex suppurationibus eæ pessimæ sunt, quæ intus tendunt, sic ut exteriorem quoque cutem decolorent : ex iis deinde, quæ in exteriorem partem prorumpunt, quæ maximæ, quæque - planissimæ sunt. Quod si, ne rupta quidem vomica, vel pure extrinsecus emisso, febris quievit, aut quamvis quieverit , tamen repetit; item si sitis est, si cibi fastidium , si venter liquidus, si pus est lividum et paltidum, si nibil æger exscreat nisi pituitam spumantem, periculum certum est. Atque ex is quidem suppurationibus, -quas pulmonum morbi concitarunt, fere senes moriunlur ; ex ceteris juniores. At in {abe sputum mistum purulentum, febris assidua , quæ et cibi tempora eripit, et siti affligit, in corpore tenui periculum subesse testantur. Si quis eliam in eo morbo diutius traxit, ubi capilli flaunt ; ubi urina quædam araneis similia subsidentia ostendit, atque in his odor fœdus est; maximeque ubi post hæc orta dejectio est, protinus moritur : utique si tempus

qui ont langui pendant le cours de l’année. Cesser tout à coup de rendre du pus après en avoir craché est un indice mortel. Chez les jeunes gens, la phthisie donne ordinairement naissance à des vomiques et à des fistules dont il est difficile d'obtenir la guérison, à moins qu’elle ne soit secondée par le concours d’un grand nombre de signes favorables. Il est bien moins facile encore de guérir les filles et les femmes atteintes de cette maladie, et chez lesquelles il y a suppression des règles. L'homme surpris en santé par un mal de tête subit, qui tombe ensuite dans un sommeil profond et stertoreux dont on ne peut Île tirer, doit périr vers le septième jour, surtout si ses paupières entr'ouvertes laissent apercevoir le blanc de l'œil, bien qu'il n'y ait pas eu de diarrhée précédente. La mort est alors inévitable, si la fièvre ne vient dissiper tous les accidents. L’hydropisie qui se déclare à la suite d’une affection aiguë est rarement susceptible de guérir; elle le sera d’autant moins qu’elle s’accompagnera de signes contraires à ceux que nous avons établis plus haut. Dans ce cas aussi la toux ne laisse aucun espoir : il en est de même s’il y a des hémorragies par haut et par bas, et si l’eau envahit le milieu du corps. Quelques hydropiques voient survenir des tumeurs qui disparaissent pour se montrer de nouveau. Ceux-là sont moins exposés queles autres, s'ils savent s’observer; mais presque toujours ils sont victimes d’un excès de confiance dans le retour de la santé. On pourra s'étonner que certains maux qui nous affligent puissent en quelque sorte devenir nécessaires ; et cependant si l’on évacue tout à coup l’eau qui constitue

autumni est, quo fere, qui cetera parte anni traxerunt, resolvuntur. Item pus exspuisse in hoc mo:bo, deinde ex toto spuere desiisse, mortiferum est. Solent etiam in adolescentibus ex eo morbo vomicæ fistulæque oriri; quæ non facile sanescunt, nisi si multa signa bonæ valetudinis subsecnta sunt. Ex reliquis vero minime facile sanantur virgines, aut eæ mulieres, quibus super tabem menstrua suppressa sunt. Cui vero sano subitus dolor capitis ortus est, dein somnus oppressit, sic ut stertat, neque expergiscatur, intra septimum diem pereundum est; magis, cum alvus cita non antecesserit, si palpebræ dormientis non coeunt , sed album oculorum apparet. Quos lamen ita mors sequitur, si id malum non est febre discussum, At aqua inter cutem, si ex acuto morbo cœpit, ad sanitatem raro perducitur : utique si contraria jis, quæ supra posila sunt, subsequuntur. Æque in ea quoque tussis spem tollit : item, si sanguis sursum deorsumque erupit, et aqua medium corpus implevit. Quibusdam etiam in hoc morbo tumores oriuntur, deinde desinunt, deinde rursus assurgunt. Hi tutiores quidem sunt, quam qui supra comprehensi sunt, si attendunt; sed fere fiducia secundæ valetudinis opprimuntur. Ilud jure aliquis mirabitur, quomodo quædam simul et affligant nostra corpora, et parte aliqua tueantur. Nam , sive aqua inter cutem quem implevit, sive in magno abscessu multum puris coiit, #i-

f'épanchement ou le pus d’un vaste abeès, le cas n’est pas moins mortel que si, dans l’état de santé, l'on venait à perdre tout son sang par une seule blessure. Les tumeurs calleuses qui succèdent aux douleurs articulaires ne peuvent plus se résoudre. On peut parfois calmer ces douleurs, soit qu'elles arrivent dans la vieillesse ou qu’elles persistent depuis la jeunesse jusqu’à un âge avancé; mais on ne peut jamais les dissiper entièrement. Après vingt-cinq ans, l’épilepsie ne cède pas facilement; mais passé quarante ans, elle devient tellement rebelle, qu'il faut plutôt placer son espoir dans les efforts de la nature que dans les secours de l’art. Si tout le corps est ébranlé dans les attaques, et qu'au lieu d’être averti de l'invasion du mal par une sensation partielle, le sujet tombe à l’improviste, quel que soit l’âge du malade, sa guérison est bien douteuse; mais s’il y a lésion de l'intelligence ou paralysie, la médecine n’a plus rien à faire. Quand le dévoiement s'accompagne de fièvre, d’inflammation du foie, des hypocondres ou du ventre, et de soif immodérée; quand cet état dure depuis longtemps et qu'il y a des selles variables avec douleur, la mort est à craindre, surtout si les tranchées sont déjà anciennes. Cette maladie sévit principalement sur les enfants jusqu’à l’âge de dix aus: les autres époques de la vie y résistent plus facilement. La femme erceinte peut être enlevée par une affection de ce genre; et si elle se rétablit, elle n’en perd pas moins l'enfant qu’elle portait. La dyssenterie causée par l’atrabile est mortelle. Elle l’est encore lorsque le malade étant épuisé déjà par les déjections , des selles noires se déclarent tout à coup.

mul id omne effudisse, æque morliferum est, ac si quis sani Corporis vulnere factus exsanguis est. Articuli vero cui sic dolent, ut super eos ex callo quædam tubercula innata sint, numçquam liberantur : quæque eorum vitia vel in senectute cœperunt, vel in senectutem ab adolescentia pervenerunt, ut aliquando leniri possunt , sie numquam ex toto finiuntur. Morbus quoque comitialis post annum quintum et vicesimum ortus ægre curatur; multoque ægrius is, qui post quadragesimum annum cœæbpit ; adeo utin ea ætate aliquid in natura spei, vix quidquam in medicina sit. In eodem morbo, si simul totum corpus afficitur, neque ante in parlibus aliquis venientis mali sensus est, sed homo ex improviso concidit, cujuscumque is ætatis est, vix sanescit : si vero aut mens læsa est, aut nervorum facta resolutio, medicinæ locus non est. Dejectionibus quoque si febris accessil ; siinflammatio jocinoris, aut præcordiorum, aut ventris; si immodica sitis; si longius lempus; si alvus varia; si cum dolore est, etiam mortis periculum subest : maximeque, si inter hæc tormina vetera esse cœperunt. Isque morbus maxime pueros absumit usque ad annum decimum : ceteræ ætates facilius sustinent. Mulier quoque gravida ejusmodi casu rapi potest; atque etiamsi ipsa convaluit, parfum tamen #erdit. Quiu eliam tormina ab atra bile orsa mortifera sant; aut si sub his, exlenualo jam corpore , subito nigra

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La lienterie est plus dangereuse quand les éva= euations sont fréquentes et se reproduisent à toute heure, avec ou sans borborygmes , la nuit aussi bien que le jour; quand les matières sont crues ou noires, lisses et fétides , que la soif est ar dente, que les boissons n’amènent point d’urines (ce qui tient à ce que les liquides au lieu de se rendre à la vessie descendent dans les intestins); quand la bouche présente des ulcérations, que le visage est rouge et parsemé de taches de toutes les couleurs, que le ventre est comme ballonné, gras et rugueux, et qu'enfin le malade à perdu l'appétit. Bien qu'avec de pareils symptômes la mort soit évidente, elle le devient beaucoup plus encore lorsque la maladie est ancienne, et que déjà le corpsestaffaibli par l’âge. Dans l'affection iliaque, le vomissement, le hoquet, les convulsions et le délire sont de mauvais augure. Il en est de même de la dureté du foie dans la jaunisse, Si la dyssenterie vient se joindre à une maladie de la rate, et qu’il se manifeste ensuite une hy= dropisie ou la lienterie , il n’y a presque aucun moyen de soustraire le malade au danger. La passion iliaque, lorsqu'elle n’a point de solution prompte, tue le malade en sept jours. La femme qui est prise, à la suite de son accouchement, de fièvre et de céphalalgie intense et continue, est en danger de mort.

Si les parties qui renferment les vicères sont atteintes de douleur et d’inflammation, et si la respiration est fréquente , le présage est mauvais. S'il s’est manifesté sans motif une douleur de tête prolongée qui passe ensuite au cou et aux épaules, pour remonter à la tête, ou qui de primeabord s'étend de cette partie au cou et aux

alvus profluxit. At intestinorum lævitas periculosior est, si frequens dejectio est; si venter omnibus horis et cum sono et sine hoc profluit ; si similiter noctu et interdiu ; si quod excernitur, aut crudum est, aut nigrum, et præter id, etiam læve, et mali odoris; si sitis urget; si post potionem urina non redditur (quod evenit, quia tune liquor omnis non in vesicam, sed in intestina descendit), si os exulceratur, rubet facies, et quasi maculis quibusdam colorum omnium distinguitur ; si venter est quasi fermentatus, pinguis atque rugosus; si et cibi cupiditas non est. Inter quæ cum evidens mors sit, multo evidentior est, si jam longum quoque id vitium est; maxime etiam si in corpore senili est. Si vero in {enuiore intestino morbus est, vomitus, singultus, nervorum distentio, delirium, mala sunt. At in morbo arquato, durum fieri jecur, permiciosissimum est. Quos lienis male habet, si tormina prehenderunt, deinde versa sunt vel in aquam inter cutem, vel in intestinorum lævitatem, vix ulla medicina periculo subtrahit. Morbus intestini tenuioris nisi resolutusest, intra septimum diem occidit. Mulier ex partu, si cum febre vehementibus etiam et assiduis capitis doloribus premilur, in periculo mortis est. Sidolor atqueinflammatio est in üis partibus, quibus viscera continentur, frequenter spirare, signum malum est. Si sine causa longus dolor capitis est, et in cervices ac scapulas {ransit,,

épaules, cela peut être pernicieux , à moins qu'il ne survienne une vomique dont le pus serait rendu par expectoration, ou bien quelque hémorragie, où un porrigo sur toute la tête, ou des pustules sur tout le corps. Comme accidents également fâcheux , il faut noter l’engourdissement et la démangeaison accompagnés d’une certaine sensation de froid , et envahissant, soit la tête en entier, soit seulement une partie, ou se faisant sentir jusqu’au bout de la langue. La guérison est d'autant plus difficile dans des cas pareils, qu'ils sont plus rarement suivis d’abcès qui leur offriraient une solution favorable. Dans les douleurs sciatiques s’il ya beaucoup d’engourdissement, et refroidissement de la hanche et de la cuisse; si les déjections n’ont lieu qu'avec effort et sont chargées de mucosités, et si le malade a plus de quarante ans, la maladie durera très-longtemps, au moins une année, et ne se terminera qu'au printemps ou à l'automne. A l'âge dont nous parlons on vient encore difficilement à bout de guérir les douleurs des bras qui s'étendent vers les mains ou les épaules, Jorsqu’il survient de l’engourdissement sans cessation de la douleur, et qu’un vomissement de bile n’a pas amené de soulagement. Quel que soit le membre atteint de paralvsie, s'il est frappé d'amaigrissement et d’immobilité il reviendra d'autant moins à son premier état que l’affection sera plus ancienne, et le malade plus avancé en âge. L'hiver et l'automne ne sont nullement favorables au traitement de la paralysie, mais l'influence du printemps et de l'été peut donner quelque espoir. A peine guérit-on la paralysie incomplète; celle qui est confirmée est tout à

rursusque in caput revertitur, aut a capite ad cervices scapulasque pervenit, perniciosus est ; nisi vomicam aliquam excitavit, sic ut pus extussiretur, aut nisi sanguis ex aliqua parte prorupit, aut nisi in capite multa porrigo, totove corpore pustulæ ortæ sunt. Æque magnum malum est, ubi torpor atque prurigo pervagantur, modo per totum caput, modo in parle; aut sensus alicujus ibi quasi frigoris est; eaque ad summam quoque linzuam perveniunt. Et cum in iüisdem abscessibus auxilium sit, eo {amen difficilior sanitas est, quo minus sæpe sub his malis illi subsequuntur. In coxæ vero doloribus, si vehemens torpor est, frigescitque cruset coxa; alvus nisi coactanon reddit, idque quod excernitur, mucosum est; jamque ætas ejus hominis quadragesimum annum excessit; is morbus erit longissimus, minimumque annuus, neque finiri poterit, nisi aut vere, aut autumno. Difhcilis æque euratio est, in eadem ætate , ubi humerorum dolor vel ad manus pervenit, vel ad scapulas tendit, torporemque et dolorem creat , neque bilis vomitu levatur. Quacumque vero parte corporis membrum aliquod resolutum est, si nèque movetur, et emacrescit, in pristinum habitum non reverlilur; eoque minus , quo vetustius id vitium est, et quo magis in corpore senili est. Omnique resolutioni nerxorum ad medicinam non idonea tempora sunt hiems et autumnus : aliquid sperari potest vere et æstate. Isque

fait incurable. Toute douleur qui se porte vers les parties supérieures est moins accessible aux remèdes. Si les mamelles diminuent tout à coup chez une femme enceinte , il y a danger d’avortement. Celle qui n’est point accouchée et qui n’est pas en état de grossesse ne peut avoir de lait sans suppression des menstrues. La fièvre quarte d'automne est presque toujours de longue durée, surtout quand elle commence aux approches de l'hiver. S'il survient une hémorragie suivie de délire et de convulsions, la vie est menacée. Il en est de même siles convulsions se manifestent après un purgatif, le malade étant encore affaibli; ou si dans la violence de la douleur les extrémités se refroidissent. On ne peut rappeler les pendus à la vie, s'ils ont été détachés, ayant déjà l'écume à la bouche. Des selles très-foncées et semblables à du sang noir se déclarant tout à coup, avec ou sans fièvre, constituent un signe pernicieux.

IX. Maintenant que nous connaissons les signes qui font naître l’espoir ou la crainte, nous allons passer au traitement des maladies. Les moyens curatifs sont généraux ou particuliers ; les premiers peuvent être employés contre un certain nombre d’affections, et les seconds s’adressent à des maladies spéciales. Je parlerai d’abord des moyens généraux, parmi lesquels il en est d'aussi utiles à l'homme bien portant qu'au malade ; et d’autres qui ne sont applicables qu’au dérangement de la santé. Tout remède a pour but de retrancher ou d'ajouter, d'attirer ou de réprimer, de rafraîchir ou d’échauffer , de raffermir ou de relâcher. Quelques-uns n’agissent pas d’une seule manière, mais produisent deux

morbus mediocris vix sanatur, vehemens sanari non potest. Omnis etiam dolor minus medicinæ palet, qui sursum procedit. Mulieri gravidæ si subito mammæ emacuerunt, abortus periculum est. Quæ neque peperit, neque gravida est, si lac habet, a menstruis defecta est. Quarlana autumnalis fere longa est; maximeque, quæ cœpit hieme appropinquante. Si sanguis profluxit, deinde secuta est dementia cum distentione nervorum , periculum mortis est : itemque, si medicamentis purgatum, et adhuc inanem, nervorum distentio oppressit, aut si in magne dolore , extremæ partes frigent. Neque is ad vitam redit, qui ex suspendio, spumante ore, detractus est. Alvu nigra, sanguini atro similis, repentina, sive cum febre, sive etiam sine hacest, perniciosa est.

IX. Cognitis indiciis, quæ nos vel spe consolentur, vel metu terreant, ad curationes morborum transeundum est. Ex his quædam communes sunt, quædam propriæ : communes, quæ pluribus morbis opitulantur; propriæ, quæ singulis. Ante de communibus dicam : ex quibus tamen quædam non ægros solum, sed sanos quoque sustinent; quædam in adversa tantum valetudine adhibentur. Omne vero auxilium corporis, aut demit aliquam materiam, aut adjicit, aut evocat, aut reprimit , aut refrigerat, aut calefacit, simulque aut durat, aut mollit. Quædam non uno modo tantum, sed etiam duobus inter se non

effets qui ne se contrarient point. On retranche par la saignée , les ventouses, les déjections, le vomissement, les trictions, la gestation, par tous les exercices du corps, par l’abstinence et lasueur. Je vais m'occuper immédiatement de ces moyens.

X. Tirer du sang par l'ouverture d’une veine n'est pas chose nouvelle; mais ce qui est nouveau, c’est de recourir à la saignée dans presque toutes les maladies. Emplover ces émissions sanguines chez les jeunes sujets et les femmes qui ne sont point enceintes , est encore une pratique ancienne; mais c’est récemment qu'on en a fait l'essai sur les enfants, les vieillards, et les femmes en état de grossesse. Les anciens, en effet, pensaient qu'aux deux extrémités de la vie ce remède n’était pas supporté, et qu'il y avait là pour la femme qui a concu une eause d’avortement. Mais depuis eux l'expérience a fait voir qu'à cet égard il n’y a rien de constant, et que la conduite du praticien doit se régler plutôt sur d’autres considérations. Ainsi, il est moins important de s'arrêter à l’âge ou à la grossesse, qu’à l’état des forces. S'il s’agit par exemple d’un jeune homme débile, ou d’une femme qui, bien que n'étant pas enceinte, n’a pas grande vigueur, on saignerait alors mal à propos, car on enlève— rait au sujet le peu de forces qu'il conserve; tandis qu'on peut saigner en toute sécurité un enfant vigoureux, un vieillard robuste, ou une femme enceinte fortement constituée. Il est vrai que le médecin sans expérience peut s'égarer surtout dans des cas de ce genre, parce qu’en effet l'enfance et la vieillesse ont moins de vigueur, et que la femme enceinte, après sa guérison, a besoin de toutes ses forces non-seulement pour

contrariis adjuvant. Demitur materia, sanguinis detractione, cucurbitula , dejectione , vomitu, frictione, gestatione, omnique exercitatione corporis, abstinentia, sudore. De quibus protinus dicam.

X. Sanguinem , incisa vena, milti novum non est : sed nullum pene morbum esse, in quo non mittatur, novum est. Item, mitti junioribus, et fæminis uterum non gerentibus, vetus est : in pueris vero idem experiri, et in senioribus, et in gravidis quoque mulieribus, vetus non est : siquidem antiqui, primam ultimamque ætatem sustinere non posse hoc auxilii genus judicabant ; persuaserantque sibi, mulierem gravidam, quæ ita curata esset, abortum esse facturam. Postea vero usus ostendit, nihil in his esse perpetuum , aliasque potius observationes adhibendas esse, ad quas dirigi curantis consilium debeat. Interest enim , non quæ ætas sit, neque quid in corpore intus geratur, sed quæ vires sint. Ergo si juvenis imbecillus est, aut si mulier, quæ gravida non est, parum valet, male sanguis mitlitur : emoritur enim vis, si qua supererat, hoc modo erepta. At firmus puer, et robustus senex, et gravida molier valens, tuto curatur. Maxime tamen in his medicus imperitus falli potest : quia fere mipus roboris illis ætatibus subest; mulierique prægnanti post curationem quoque viribus opus est, non tantum ad

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ces, pour juger ensuite si celles qu’on laisserait àn l'enfant, au vieillard ou aux deux êtres que re” te la femme enceinte, seraient suffisantes Il faut distinguer en outre entre l’homme vigous reux et l Homme obèse, entre le sujet maigre et le sujet débile. Les individus maigres ont “. de sang, et les gras plus de chair. Par conséquent: les premiers supporteront mieux la saignée, et les personnes trop chargées d’embonpoint seront plus facilement abattues. De sorte que l'appé rence du corps ne permet pas d'estimer sa Vis gueur réelle, aussi bien que l’état du pouls. Indépendamment de cette considération, il faut préciser l’espèce de maladie, savoir s’il y a 1é= sion par excès oupar insuffisance, et si la constis tution est viciée ou conserve son intégrité; car iln'y a pas lieu de tirer du sang, si la matière fait, défaut ou si elle n’est point altérée. S'il y a au contraire excès de plénitude ou altération des hu” meurs, la saignée devient alors le meilleur re mède. Une fièvre intense, avec rougeur de à peau, plénitude et gonflement des veines, exige done une déplétion sanguine, de même qué les affections des viscères, la paralysie, le té tanos et les convulsions. On doit y recourir aussi dans les maux de gorge avec menace de suffo= cation, dans l’extinction subite de la voix, dans les douleurs excessives, et dans tous les cas où,

par une cause quelconque, il y a quelque chose:

se, sed etiam ad partum sustinendum. Non quidquid au tem intentionem animi et prudentiam exigit, protinus ejisM ciendur est; cum præcipua in hoc ars sit, quæ non ans nos numeret, neque conceplionem solam videat, sed viresA æstimet, et ex eo colligat, possit necne superesse, quod vel puerum, vel senem, vel in una muliere duo corpora simul sustineat. Interest etiam inter valens corpus, ét obesum; inter tenue, et infirmum : tenuioribus magis sanguis , plepioribus magis caro abundat. Facilius itaque illi detractionem ejusmodi sustinent; celeriusque ea, Si nimium est pinguis, aliquis affligitur. Ideoque vis corpo* ris melius ex venis, quam ex ipsa specie æstimatur. Ne= que solum hæc consideranda sunt, sed etiam morbi genus quod sit : utrum superans, an deficiens materia læserity corruptum corpus sit, an integrum. Nam si maleria vêl deest, vel integra est, istud alienum est : at si vel copiä sui male habet, vel corrupla est, nullo modo melius suc: curritur. Ergo vehemens febris, ubi rubet corpus, plet næque venæ tument, sanguinis detractionem requirité item viscerum morbi, nervorumque resolutio, et rigor, et distentio : quidquid denique fauces difficultate spiritus strangulat ; quidquid subito supprimit vocem; quisquis intolerabilis dolor est; et quacumque de causa ruptum aliquid intus atque collisum est : item malus corporis l&

TRAITÉ DE LA MÉDECINE, LIV. Ii.

de froissé ou de brisé à l’intérieur. La cachexie, ettoutes les maladies aiguës qui résultent, non de l'insuffisance mais de l'excès, appellent encore ce remède. Il peut arriver néanmoins que la maladie réclame l'émission sanguine, et que le ma- Jade soit à peine en état de la supporter. Dans ce cas, si l’on n’apercoit pas d'autre moyen, et que le malade ne puisse être sauvé que par une tentative téméraire, il est d’un bon médecin, taut en reconnaissant que la saignée peut avoir

: de graves conséquences , de démontrer que sans

elle il n’est plus d'espoir; et enfin si on l'exige, il faut la faire. On ne doit pas même hésiter en pareille circonstance, car mieux vaut employer un remède incertain que de n’en essayer aucun. Ilimporte surtout d'agir ainsi dans la paralysie, la perte subite de la voix et l’angine suffocante ; ou lorsqu'un premier accès de fièvre ayant déjà compromis les jours du malade, on peut en redouter un second d’une égale violence, auquel les forces du sujet ne résisteraient pas. Bien qu'il soit interdit desaigner quand les aliments ne sont pas digérés, cette règle n'est pas sans exception, car il est des cas qui n’admettent pas le délai nécessaire à la digestion. Si par exemple on est tombé d’un lieu élevé, si l’on s’est fait des contusions, ou si l’on est surpris tout à coup par un vomissement de sang , alors , quand même on aurait mangé peu de temps avant, il n’en faut pas moins tirer du sang, de peur qu’il n’en ré— sulte un dépôt qui amènerait des accidents.

Cela s'applique également à tous les cas où il y a menace imminente de suffocation. Mais toutes les fois que la nature de la maladie le permet, on doit attendre pour agir qu’il ne reste plus aucune trace de crudité. A cet effet il

bitus, omnesque acuti morbi, qui modo, ut supra dixi, non infirmitate , sed onere nocent. Fieri tamen potest, ut morbus quidem id desideret, corpus autem vix pati posse videatur : sed si nullum tamen appareat aliud auxilium , perilurusque sit qui laborat, nisi temeraria quoque via fuerit adjutus; in hoc statu boni medici estostendere, quam nulla spes sit sine sanguinis detractione faterique, quantus in hac ipsa metus sit : et tum demum, si exigetur, sanguinem mittere. De quo dubilare in ejusmodi re non oportet : satius est enim anceps auxilium experiri, quam pullum. Idque maxime fieri debet, ubi nervi resoluti sunt ; ubi subito aliquis obmutuit ; ubi angina strangulatur ; ubi prioris febris accessio pene confecit, paremque subsequi verisimile est, neque eam videntur sustinere ægri vires posse. Cum sit autem minime crudo sanguis iittendus, tamen ne id quidem perpetuum est : neque enim semper concoctionem res exspectat. Ergo si ex superiore parte aliquis decidit, si contusus est, si ex aliquo subito casu sanguinem vomit ; quamvis paulo ante sumpsit cibum ; tamen protinus ei demenda materia est, ne, si subsederit, corpus aflligat. Idemque etiam in aliis casibus repenlinis, qui strangulabunt, dictum erit. At si morbi ratio patiatur, tum demum nulla cruditatis suspi-

paraît plus convenable de remettre la salgnée au second ou troisième jour; et, quoiqu'il y ait parfois nécessité de la pratiquer dès le premier jour, il n’est jamais utile d'y recourir après le quatrième, puisque dans cet espace de temps la matière est épuisée ou à déjà vicié le corps; de sorte que la perte de sang ne peut qu'affaiblir le malade sans lui rendre la santé. Saigner un homme au plus fort d’une fièvre intense, c’est le tuer : il faut donc attendre la rémission. Mais s’il n’y a pas lieu de l’espérer , si l’état fébrile n’a pas diminué, mais a cessé seulement de faire de nouveaux progrès, alors, quoique cette occasion soit plus défavorable , comme c’est la seule qui se présente , il faut pourtant la saisir. Lorsque la saignée est devenue nécessaire , on doit la pratiquer en deux jours ; Car il vaut mieux souiager d’abord le malade, pour le débarrasser ensuite entièrement , que de l’exposer à la mort, en lui laissant perdre toutes ses forces à la fois. S'il est utile de procéder ainsi pour évacuer une colleetion purulente ou les eaux de l’hydropisie, il l’est bien plus encore quand il s’agit de soustraire du sang. Lorsqu'on veut dégager tout le corps, c’est du bras qu’il convient de tirer du sang ; si l'on veut remédier à une affection locale, il faut agir sur l'endroit même ou sur la partie la plus proche, puisque cette opération ne se fait pas sur 1n point quelconque, mais seulement aux tempes, aux bras et aux pieds. Je n'ignore pas que, selon certains médecins, il faut saigner le plus loin possible du siège de la lésion, parce que l’on détourne ainsi le cours du sang; tandis qu’on l’attire par la méthode contraire, là où déjà existe un afflux sanguin. Mais c’est une opinion mal fondée, car les vaisseaux les plus voisins com-

cione remanente id fiet. Ideoque ei rei videtur aptissimus adversæ valetudinis dies secundus , aut tertius. Sed ut aliquando etian primo die sanguinem mittere necesse est , sic numquam utile post diem quartum est, cum jam spatio ipso materia et exhausta est, et corpus corrupit : ul detractio imbecillum id facere possit, non possit, integrum. Quod si vehemens febris urget, in ipso impetu ejus sangninem mittere, hominem jugulare est. Exspectanda ergo remissio est ; si non decrescit, sed crescere desit, neque speratur remissio, {um quoque, quamvis pejor, sola tamen occasio non omittenda est. Fere etiam ista medicina , ubi necessaria est, in biduum dividenda est : satius est enim, primum levare ægrum, deinde perpurgare, quam simul omni vi effusa fortasse præcipitare. Quod siin pure quoque aquaque, quæ inter cutem est, ita respondet, quanto magis necesse est in sanguine respondeat ? Mitti vero is debet, si totius corporis causa fit, ex brachio ; si partis alicujus, ex ea ipsa parte, aut certe quam proxima : quia non ubique milti potest, sed in temporibus, in brachiis, juxta talos. Neque ignoro , quosdam dicere, quam longissime sanguinem inde, ubi lædit, esse mittendum : sic enim averti materiæ cursum; at illo modo in idipsum , quod gravat evocari. Sed id falsum est :

mencent par se vider, et les plus éloignés ne se dégagent qu’autant que la saignée reste ouverte. Or, dès que la veineest fermée, le sang qui n’est plus attiré ne peut plus affluer. L'expérience cependant paraît avoir appris que, dans les blessures de la tête, il est préférable de saigner du bras; de même qu’un bras étant malade, il vaut mieux, pour tirer du sang, choisir le membre opposé : et cela, je suppose, parce qu’en cas d'accident les parties déjà souffrantes sont beaucoup plus aecessibles au mal.

On peut aussi quelquefois détourner le cours du sang qui s'écoule d’un côté, en saignant d’un autre;etsi, contrairement à la volonté, ils’échappe par certains endroits, on l’arrête, soit en Jui faisant obstacle, soit en lui ouvrant une autre issue.

Pour le chirurgien exercé, la saignée est sans doute une opération des plus faciles ; maiselle offre de très-grandes difficultés à celui qui n’a pas les notions nécessaires. La veine en effet est accolée aux artères, de même que les nerfs; or la blessure d’un nerf est suivie de convulsions qui font périr le malade d’une mort cruelle. L’artere une fois ouverte ne peut ni se réunir ni guérir, et quelquefois même elle laisse le sang s'échapper avec violence. Quand la veine est entierement divisée, les orifices se resserrent et ne fournissent plus de sang. En maniant la lancette avec timidité, on coupe seulement la peau sans ouvrir la veine. Quelquefüis encore, il arrive que le vaisseau n’est pas apparent et qu’on a de la peine à le découvrir ; et ce sont justement toutes ces circonstances qui rendent si compliquée pour l’ignorant unè opération si simple pour l’homme habile. C’est au milieu de la veine qu'il faut faire

CELSE

doit examiner sa consistanceetsa couleur ; car s’il est noir et épais, c'est une preuve qu'il est altéré, et dans ce cas il est avantageux d'en tirer. Mais s’il est rouge et transparent, il a toutes ses qualités ; et dès lors l'émission sanguine , loin d'être favorable , est nuisible. 11 faut donc l'arrêter surle-champ. Cet accident d’ailleurs ne peut jamais arriver au médecin qui sait dans quelles circonstances il convient de tirer du sang. Il est moins rare de voir le premier jour le sang sortir toujours également noir; mais iln’en faut pas moins l'arrêter lorsqu'il a suffisamment coulé, et ne jamais attendre que la défaillance survienne. On a soin de bander le bras après avoir appliqué sur la piqûre une compresse imbibée d’eau froide ; et le lendemain, en frappant la veine avec le doigt médius, on détruit son adhésion récente, et le sang s’échappe de nouveau. Soit au premier, soit au second jour, dès que le sang, qui d’abord se montrait noir et épais, devient clair et vermeil, il n'en faut plus tirer, car ce qui reste est pur. Aussi la bande qu'on pose immédiatement doit-elle demeurer en place, jusqu'à la formation d’une cicatrice qui se consolide très-rapidement dans les veines.

XI. II y a deux sortes de ventouses : les unes sont en cuivre, et les autres en corne. Celles de

cuivre sont ouvertes d’un côté et fermées de l’au-

tre. Celles de corne présentent la même ouverture à la base, et une autre très-petite au sommet. Dans les premières, on jette une mèche enflammée, et l'on tient la cloche en contact exact avec le corps, jusqu’à ce qu’elle s’y attache fortement. Pour les ventouses en corne, on les appiique simplement sur la peau ; et par le trou qui existe à la

l'incision : et au moment où le sang jaillit, on | partie supérieure, on soustrait l’air avec sa bou-

proximum enim locum primo exhaurit ; ex ulterioribus autem eatenus sanguis sequitur, quatenus emittitur ; ubi is suppressus est, quia non trahitur, ne venit quidem. Videtur tamen usus ipse docuisse, si caput fractum est, ex brachio polius sanguinem esse mittendum ; si quod in humero vitium est, ex altero brachio : credo, quia si quid parum cesserit, opportuniores eæ partes injuriæ sunt, quæ jam male habent. Avertilur quoque interdum sanguis, ubi alia parte prorumpens , alia emittitur : desinit enim fluere qua nolumus, inde objectis quæ prohibeant, alio dato itinere. Mittere autem sanguinem cum sit expeditissimum, usum habenti; tamen ignaro difficillimum est. Juncta enim est vena arteriis, his nervi : ila, si nervum scalpellus attingit, sequitur nervorum distentio, eaque hominem crudeliter consumit. At arteria incisa neque coit, neque sanescit ; interdum etiam, ut sanguis vehementer erumpat, efficit. Ipsius quoque venæ, si forte præcisa est, capita comprimuntur, neque sanguinem emittunt. At si timide scalpellus demiltitur, summam cutem lacerat, neque venam incidit. Nonnumquam etiam ea latet, neque facile reperitur. Ita multæ res id difficile inscio faciunt , quod perito facillimum est. Incidenda ad medium vena est : ex qua cum sanguis erumpit, celorem ejus habitumque oportet attendere. Nam si is crassus et niger

est, viliosus est; ideoque uliliter effunditur : si rubet et pellucet, integer est; eaque missio sanguinis adeo non prodest, ut etiam noceat ; protinusque is supprimendus est. Sed id evenire non potest sub eo medico , qui seit ex quali corpore sanguis mittendus sit. Illud magis fieri solet, ut æque niger assidue primo die profluat : quod quamvis ita est, tamen si jam satis fluxit, supprimendus est ; semperque ante finis faciendus est, quam anima deficiat. Deligandumque brachium superimposilo expresso ex aqua frigida penicillo : et postero die adverso medio digito vena ferienda , ut recens coitus ejus resolvatur, iterumque sanguinem fundat. Sive autem primo, sive secundo die sanguis , qui crassus et niger initio fluxerat, et rubere, et pellucere cœpit, satis materiæ detractum est, atque quod superest, sincerum est : ideoque protinus brachium deligandum, habendumque ita est, donec valens cicatricula sit; quæ celerrime in vena confirmatur. XI. Cucurbitularum vero duo genera sunt; æneum , et corneum. Ænea, allera parte patet, altera clausa est : cornea , allera parte æque patens, altera foramen habet exiguum. In æneam linamentum ardens conjicitur, ac si os ejus corpori aptatur, imprimiturque, donec inhæreat. Cornea per se corpori imponilur; deinde, ubi ea parte, qua exiguum foramen est, ore spiritus adductus est. su-

che. Cela fait, on ferme l'ouverture avec un peu de cire, et la ventouse demeure également adhérente. Il n’est pas nécessaire que ces deux sortes de ventouses soient en cuivre ou en corne; on peut en faire avec toute espèce de matière, et même, à défaut d'autre chose, se servir d’une petite coupe, ou de tout vase dont l’orifice serait rétréci. Après l'application de la ventouse, si l’on fait des scarifications avec la lancette, on obtient du sang ; et si on laisse la peau intacte, on attire l'air. On aura donc recours au premier moyen si la cause du mal est dans le sang, et au second s'il paraît dépendre d’une accumulation d'air. Les ventouses n’ont pas pour objet de remédier à un vice général du corps , mais plutôt à un vice local, qu'il suffit de soustraire pour ramener la santé, Cela prouve encore, lorsqu'un membreest malade, que la saignée par la lancette doit être faite de préférence à l'endroit affecté; car personne, si ce n'est dans le but de réprimer une hémorragie par révulsion, n’appliquera des ventouses ailleurs qu’au siége du mal et sur le point même que l’on veut guérir. Les maladies chroniques et déjà anciennes , soit qu’elles dépendent de l'altération des humeurs ou de l’état des esprits, peuvent réclamer les ventouses, de même que certaines affections aiguës où il faut soulager le malade, bien que ses forces ne permettent pas de le saigner. Ce remède est ainsi moins violent et plus sûr, et n'offre jamais de danger, même au plus fort de la fièvre et quand la digestion n’est pas faite. Il suit de là qu'il faut préférer les ventouses quand il est nécessaire de tirer du sang et qu'on ne peut ouvrir la veine sans péril, ou lorsqu'il s’agit simplement d’une affection locale.

perque cera cayum id elausum est, æque inhærescit. Utraque non ex his tantum materiæ generibus, sed etiam ex quolibet alio recte fit. Ac si cetera defecerunt , calicu- Jus quoque aut pultarius, oris compressioris , ei rei commode aptater. Ubi inhæsit , si concisa ante scalpello cutis est, sanguinem extrahit; si integra est, spiritum. Ergo ubi materia, quæ intus est, lædit, illo modo ; ubi inflatio, hoc imponi solet. Usus autem cucurbitulæ præcipuus est, ubi non in toto corpore, sed in parte aliqua vitium est, quam exbauriri ad confirmandam valetudinem satis est. Idque ipsum testimonium est, etiam scalpello sanguinem, ubi membro succurritur, ab ea potissimum parte, quæ jam læsa est, esse mittendum, quod nemo cucurhitülam diversæ parti imponit, nisi cum profusionem sanguinis eo avertit; sed ei ipsi, quæ dolet, quæque liberanda est. Opus eliam esse cucurbitula potest in morbis longis, quamvis et ïis Jam spatium aliquod accessit ; sive corrupla materia, sive spiritu male habenle : in acutis quoque quibusdam, si et levari corpus debet, et ex vena sanguinem mitti vires non patiuntur. Idque auxilium ut minus vehemens, ila magis tutum; neque umqguam perieulosum est, etiamsi in medio febris impetu, eliamsi in cruditate adhibetur. Ideoque ubi sanguinem mitli opus est, si incisa vena præceps periculum est, aut si in parte &orporis etiam vilium est, huc potius confugiendun est :

Mais il est bon de savoir que si ce moyen n’entraîne aucun accident, il est aussi d’un secours moins puissant, et que dans les cas graves les remèdes doivent avoir une énergie égale à l’intensité du mal.

XIE. 1. Les ancienssollicitaient le relâchement du ventre dans presque toutesles maladies par des lavements et différents purgatifs. Ils donnaient l'ellébore noir, 1e polypode, l'écaille de cuivre (en grec Xertç, yxhxod) et le sue de tithymale, dont une goutte mêlée à du pain purge abondamment. Ils faisaient prendre aussi le lait d’ânesse, de vache ou de chèvre ; ajoutaient un peu de sel à ce lait, le faisaient bouillir, et, séparant ensuite la partie caillée , preserivaient comme boisson la partie séreuse. Mais ces médicaments dérangent presque toujours l’estomac ; et s'ils provoquent des selles trop abondantes ou trop rapprochées, ils affaiblissent le malade. On ne doit done jamais administrer des remèdes de cette espèce dans une maïadie, à moins qu’il n’y ait point de fièvre. Ainsi l’on pourra donner l’ellébore noir dans l’atrabile, ja folie mélancolique, ou dans une paralysie partielle ; mais, dès que la fièvre existe, il est plus convenable de prendre des aliments et des boissons, qui tout à la fois nourrissent et tiennent le ventre libre. Il y a telles maladies où il est utile de purger avec le lait.

2. La plupart du temps, il est préférable de recourir aux lavements, Cette pratique , adoptée par Asclépiade avec réserve, est à peu près mise en oubli de nos jours; et cependant l'usage modéré qu'il faisait de ces remèdes me paraît offrir les plus grands avantages : car il n’est pas néces-

l saire de les prescrire souvent, mais une fois seu-

cum 60 famen, ut sciamus, hic ut nullum periculum, itia levius præsidium esse; nec posse vehementi malo, ris æque vehemens auxilium succurrere.

XII. 1. Dejectionem antem antiqui variis medicamentis, crebraque alvi ductione in omnibus pene morbis moliebantur : dabantque aut nigrum veratrum, aut filicuiam, aut squamam æris, quam Aeriôx yz)xod Græci vocant; aut lactucæ marinæ lac, cujus gutta pani adjecta abunde purgat ; aut lac vel asininum, vel bubulum , vel caprinum, eique salis paulum adjiciebant, decoquebantque id, et sublatis iis, quæ Coierant, quod quasi serum supererat , bibere cogebant. Sed medicamenta stomachum fere lædunt : alvus si vehementius fluit, aut sæpius ducitur, hominem infirmat. Ergo numquam in adversa valetudine medicamentum ejus rei causa recte datur, nisi ubi is morbus sine febre est; ut cum veratrum nigrum aut atra bile vexatis, aut cum trislitia insanientibus, aut üis, quorum nervi parte aliqua resoluti sunt, datur. At ubi febres sunt, satius est ejus rei causa cibos potionesque assumere, qui simul et alant, et ventrem molliant. Suntque valetudinis genera, quibus ex lacte purgalio convenit.

2. Plerumque vero alvus potius ducenda est; quod ab Asclepiade quoque sic temperatum, ut tamen servatum sit, video plerumque sæculo nostro præteriri. Est auten: ea moderatio, quam is secutus videtur, aptissima : nt ne-

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lement ou deux fois au plus, s’il y a pesanteur le tête, obseurcissement de la vue, affection du 3ros intestin que les Grecs nomment célon, douleurs dans le bas-ventre ou dans les hanches, amas de bile, de pituite ou d'une humeur aqueuse dans l'estomac, difficulté d’expuiser les gaz, constipation, séjour trop prolongé des matières fécales dans le rectum ; ou bien encore si le ma- Jade, sans pouvoir aller à la selle, rend des gaz d’une odeur stercorale, si les matières alvinessont corrompues, si la diète observée d’abord n’a point enlevé la fièvre, si l’on ne peut faire une saignée nécessaire, parce que les forces du sujet s’y refusent, ou qu’on n’a pas saisi le moment convenable; si lon a bu avec exeès avant de tomber malade, ou enfin si la constipation succède brusquement à un relâchement du ventre, hcbituel ou accidentel. Les préceptes à suivre à cet égard sont de ne point ordonner de lavement avant le troisième jour, lorsque la digestion n’est pas tout à fait terminée, ou que le malade est épuisé déjà par une affection de longue durée. On s’en abstiendra de même, s’il y a chaque jour des selles convenables ou de lædiarrhée, ou si la fièvre est dans son redoublement, parce qu’alors le liquide injecté et retenu dans les intestins peut de là se porter à la tête, et ajouter beaucoup à la gravité du mal. Pour se préparer à cette médication , le malade devra la veille observer la diète, et le jour même, avant le remède, boire de l’eau chaude, afin d’humecter les parties supérieures. Si l’on veut après cela se contenter d'un effet médiocre, on prendra un lavement d’eau pure, ou d’eau miellée, ce qui le rendra un peu plus actif. S'il doit être adoucissant, on se

que sæpe éa medicina tentetur, et Lamen semel, vel summum bis, non omittatur, si caput grave est; si oculi caligant; si morbus majoris intestini est, quod Græci x6)0v nominant; si in imo ventre, aut in coxa dolores sunt; si in stomachum quædam biliosa concurrunt, vel etiam pituita eo se, humorve aliquis aquæ similis confert; si spiritus difficilius redditur; si nihil per se venter excernif; utique , si juxta quoqne stercus est, et intus remanet; aut si stercoris odorem nihil dejiciens æger ex spintu suo sentit ; aut si corruptum est, quod excernilur ; aut si prima inedia febrem non sustulit; aut si sanguinem milti, cum opus sit, vires non patiuntur, tempusve ejus rei præteriit ; aut si mullum ante morbum aliquis potavit; autsiis, qui sipe vel sponte, vel casu purgatus est, subito habet alvun suppressam. Servanda vero illa sunt : ne ante diem tertium ducatur; ne ulla cruditate substante; ne in corporeinfirmo, diuque in adversa valeludine exhausto ; neve in 60, cui satis alvus quotidie reddit, quive eam liquidam habet; neve in ipso accessionis impetu, quia, quod tum infusum est, alvo conlinetur, regestumque in caput, multo gravius periculum effcit. Pridie vero abstineri debet æger, ut aptus tali curationi sit : eodem die ante aliquot horas aquam calidam bibere, ut superiores ejus partes madescant. Tum immittenda in alvum est, si levi medicina contenti sumus, pura aqua; si vaulo valentiori, mulsa;

servira d’une décoction de fénu-grec, d’orge ou de mauve; et pour qu’il soit astringent, d’une décoction de verveine. L'eau de mer et l’eau chargée de sel, qu'il vaut mieux faire bouillir, composent un remède excitant; et il devient plus stimulant encore, si l’on ajoute de l'huile, du nitre ou du miel. Plusil est âcre et plus ilopère, mais moins il est facile de le supporter. On ne le prendra ni froid nichaud, pour éviter l'influence fächeuse de ces deux conditions. Quand ilest pris, le malade doit rester au lit le plus longtemps possible, ne point céder au premier besoin d’évacuer, et n’obéir enfin qu’à une nécessité pressante. Presque toujours l’évacuation que produit le remède soulage les parties supérieures et améliore l’état morbide. Si le malade s’est fatigué en allant fréquemment à la selle, il devra se reposer un peu, et ce jour-là prendre de la nourriture pour prévenir une trop grande faiblesse. L'alimentation sera plüs ou moins forte, selon qu'on aura à redouter un accès prochain, ou qu’on sera sans inquiétude à ce sujet.

XIII. Le vomissement, qui même en état de santé est souvent nécessaire aux personnes bilieuses , l’est également dans les maladies provoquées par la bile. Il est nécessaire à tous ceux qui éprouvent des frissons et des tremblements avant la fièvre, aux personnes atteintes de choléra, à celles dont le délire est accompagné d’une certaine hijarité, et enfin aux épileptiques. Mais dans les maladies aiguës et dans les fièvres (4) il ne faut pas employer de vomitifs trop violents, ainsi que je l’aidit plus haut en parlant des évacuations. Isuffit d’exciter le vomissement par les moyens que j'ai conseillés aux personnes bien

si leni, ea in qua fœnum græcum, vel ptisana, vel malva decocta sit ; [si reprimendi causa, ex verbenis.] Acris autem est marina aqua, vel alia sale adjecto : atque utraque decocta commodior est. Acrior fit adjecto vel oleo, vel nitro, vel melle : quoque acrior est, eo plus extrahit, sed minus facile sustinetur. Idque quod infunditur, neque frigidum esse oportet, neque calidum; ne alterutro modo lædat. Cum infusum est, quantum fieri potest, continere se in lectulo debet æger, nec primæ cupiditati dejectionis protious cedere : ubi necesse est, tum demum desidere. Fereque eo modo dempla materia, superioribus partibus levatis, morbum ipsum mollit Cum vero, quolies res coegit, desidendo aliquis se exhausit, paulisper debet conquiescere ; et, ne vires deficiant, utique eo die cibum assumere : qui plenior, an exiguus sit dandus, ex ratione ejus accessionis , quæ exspeclabitur, aut in metu non erit, æstimari oportebit.

XIII. At vomitus, ut in secunda quoque valetudine sæpe necessarius biliosis est, sie etiam in üis morbis, quos bilis concitavit. Ergo omnibus, qui ante febres horroré et tremore vexantur, omnibus, qui cholera laborant ; ompibus eliam cum quadam hilaritate insanientibus; et comitiali quoque morbo oppressis necessarius est. Sed si acutusl morbus est, si febris est, asperioribus medicamentis opus non est; sicul in dejectionibus quoque supra dictum est :

portantes. Au contraire, dans les affections vio- . lentes et chroniques , mais sans fièvre, comme

Vépilepsie ou la folie, on peut administrer l’ellébore blanc. On nele prescrit jamais avec succès en hiver ou pendant l'été, mais il réussit trèsbien au printemps et passablement en automne. Avant de le donner il faut préparer le corps en l’humectant. Il ne faut pas ignorer que les médicaments de ce genre pris en boisson ne sont

pas toujours utiles aux malades, et nuisent tou- jours aux gens bien portants.

XIV. Daos son livre intitulé Des secours géméraux, Asclépiade s'est occupé de la friction comme s'il était l'inventeur de ce moyen. Ces secours pour lui se réduisent à trois : la friction d’abord à laquelle il a consacré la plus grande place, puis l’eau et la gestation. Sans doute ilne faut enlever aux modernes, ni la gloire de leurs découvertes, ni le mérite de leurs imitations ; mais on n’en doit pas moins restituer à des auteurs plus anciens ce qui se trouve consigné déjà dans leurs écrits. Personne assurément n’a exposé avec plus de détails et de clarté qu'Asclépiade comment et sur quelles parties on devait employer Îes frictions , et cependant à cet égard il n’a rien fait connaître qui nesoit exprimé par le vieil Hippocrate de la manière suivante : Les frictions énergiques durcissent la fibre ; légères, elles la ramollissent; continuées longtemps, elles font maigrir ; faites avec modération, elles engraissent. Par conséquent, il est bon de s’en servir pour fortifier les organes relâchés , rendre de la souplesse à ceux qui sont trop fermes, dissiper un état de plénitude devenu nuisible, ou donner du corps

satisque est, ea vomilus causa sumi, quæ sanis quogue sumenda esse proposui. At ubi longi valentesque morbi sine febre sunt, ut comitialis aut insania, veratro quoque albo utendum est. Id neque hieme, neque æstate recte datur ; optime vere ; {olerabiliter autumno. Quisquis daturuserit, id agere ante debet, ut accepturi corpus humidius sit. Illud scire oportet, omne ejusmodi medicamentum, quod potui datur, non semper ægris prodesse , sem. per sanis nocere.

XIV. De frictione vero adeo multa Asclepiaces, tamquam inventor ejus, posuit in eo volumine, quod communium auxiliorum inscripsit, ut, cum trium tantum faceret mentionem, hujus et aquæ et gestationis, tamen maximam parlem in hac consumpserit. Oportet autem neque recentiores viros in üis fraudare, quæ vel repererunt, vel recte secuti sunt; et tamen ea, quæ apud antiquiores aliquos posita sunt , auctoribus suis reddere. Neque dubitari potest, quin latius quidem , et dilucidius, ubi et quomodo frictione utendum esset, Asclepiades præceperit; nihil tamen repererit, quod non a vetustissimo auctore Hippocrate paucis verbis comprehensum sit : qui dixit, frictione, si vehemens sit, durari corpus ; si lenis, molliri; si multa, minui; si modica, impleri. Sequitur ergo, ut tum utendum sit, cum aut adstringendum corpus sit, quod hebes est; aut molliendum, quod induruit ; aut digerendum in

aux sujets grêles et sans vigueur. Si l’on réfléchit plus attentivement à ces différents modes d’action {ce qui déjà n'appartient pas au médecin), on remarquera facilement qu’ils consistent tous dans la suppression du principe morbide. En effet, on se trouve resserré, après avoir écarté la cause qui produisait le relâchement ; on obtient la mollesse des parties en supprimant ce qui leur donpait de la dureté, et l’on engraisse non par un effet direct desfrictions, mais parce qu’à l’aide de ce moyen la peau, devenue plus souple, peut se laisser pénétrer ensuite par les substarees nutritives. La différence de ces résultats tient au procédé qu’on emploie. L’onction, par exemple, ne ressemble pas à la friction. L’onction et la friction légère sont applicables aux maladies aiguës et récentes, encore faut-il choisir le moment de la rémission , et les pratiquer à jeun ; au lieu qu’on doit s’interdire les frictions prolongées dans les affections aiguës, surtout à leur période d'accroissement, excepté pourtant quand il s’agit de favoriser le sommeil chez les frénétiques. Leur secours est utile, au contraire, dans les maladies chroniques qui déjà touchent à leur déclir. On peut dire, je le sais, que tout remède est nécessaire au début des maladies, et non lorsqu'elles seterminent d’elles-mêmes. Mais cela n'est pas exact; car celles qui tendent naturellement à finir doivent encore à la médecine une solution plus prompte; et il faut y recourir pour deux raisons, qui sont d'assurer d’abord le rétablissement de la santé, et d'empêcher ensuite qu’une affection qui se prolouge ne s’exaspère de nouveau sous l'influence de la cause la plus

eo, quod copia nocet ; aut alendum id, quod tenne et infirmum est. Quas tamen species si quis curiosius æstime, (quod jam ad medicum non pertinet) facile intelliget, omnes ex una causa pendere, quæ demit. Nam et adstringitur aliquid , eo demplo, quod interpositum, ut id laxarelur, effecerat ; et mollitur, eo detracto, quod duritiem creabat; et impletur, non ipsa frictione, sed eo cibo, qui postea usque ad cutem, digestione quadam relaxatam , penetrat. Diversarum vero rerum in modo causa est. Inter unctionem autem et frictionem mullum interest. Ungi enim , leniterque pertractari corpus, etiam in acutis et recentibus morbis oportet; in remissione tamev, et ante cibum : longa vero frictione uti, neque in acutis morbis, neque increscentibus convenit; prælerquam cum phreneticis somnus ea quæritur. Ainat autem hoc auxilium valetudo longa, et jam a primo impetu inclinata. Neque ignoro, quosdam dicere, omne auxilium necessarium esse increscentibus morbis, non cum jam per se finiuntur. Quod non ita se habet. Potest enim morbus, etiam qui per se finem habiturus est, citius tamen adhibito auxilio tolli : quod duabus de causis necessarium est; et ut quam primum bona valetudo contingat ; et ne morbus, qui remanet, iterum, quamyis levi de causa, exasperetur. Potest morbus minus gravis esse, quam fuerit, neque ideo tamen solvi, sed reliquiis quibusdam inhærere, quas admotum

légère. Une maladie peut avoir perdu de sa gravité, sans cesser d'exister, et ses derniers symptômes seront dissipés par des soins convenables. Les frictions sont done aussi favorables quand la maladie commence à décliner, qu’elles sont nuisibles lorsque la fièvre augmente. Ainsi pour en faire usage, il faut le plus possible attendre la disparition de l’état fébrile, ou du moins saisir l'instant de la rémission. On exerce des frictions sur tout le corps comme dans le cas où l’on veut fortifier un sujet débile, ou sur une partie seulement, pour remédier à la faiblesse d’un membre ou à quelque autre affection locale. Elles apaisent par exemple les douleurs de tête invétérées, pourvu toutefois qu’on n’agisse pas au plus fort du mal, et rendent quelque vigueur au membre paralysé. Le plus souvent néanmoins, on doit les pratiquer loin du siége de Ja douleur : ainsi lorsqu'on a pour but de dégager les parties supérieures et moyennes, on frictionne les extrémités inférieures. Ceux qui veulent déterminer le nombre exact de frictions auxquelles on peut être soumis ne méritent pas la moindre attention, carelles se mesurent aux forces des individus. Tel sujet affaibli n’en supportera que cinquante, et tel autre plus robuste ira jusqu’à deux cents. Entre ces deux termes, on procédera selon la vigueur de chacun. Il suit de là que, dans l'emploi de ce moyen, les femmes réclament plus de ménagement que les hommes, les enfants et les vieillards plus que les jeunes gens. Enfin, appliquées à certains membres, les frictions seront faites énergiquement et longtemps, parce qu'en agissant partiellement on n’a pas à craindre l’affaiblissement rapide du corps, et qu’il est nécessaire aussi de résoudre le plus possible la matière mor-

aliquod auxilium discutit. Sed ut, levata quoque adversa valetudine, recte frictio adhibetur; sic nunquam adhibenda est febre increscente : verum, si feri poterit, cum ex toto corpus ea vacabit; sin minus, certe cum ea remiserit. Eadem autem modo in totis corporibus esse debet, ut cum infirmus aliquis implendus; modo in partibus, aut quia ipsius ejus membri imbecillitas id requirit, aut quia alterius. Nam et capilis longos dolores ipsius friclio levat; non in impelu tamen doloris : et imembrum aliquod resolutum ipsius frictione confirmatur. Longe lamen sæpius aliud perfricandum est, cum aliud dolet; maximeque cum a summis, aut a mediis partibus corporis evocare maleriam volumus; ideoque extremas parles perfricamus. Neque audiendi sunt, qui numero finiunt, quolies aliquis perfricandus sit. Id enim ex viribus hominis colligendum est . et si is perinfirmus est, polest satis esse quinquagies; si robustior, potest ducenties esse faciendum; inter utrumque deinde, prout vires sunt. Quo fit, ut etiam minus sæpe in muliere, quam in viro; minus sæpe in puero, vel sene, quam in juvene, maaus dimovendæ sint. Denique, si cerla membra perfricantur, multa valentique frictione opus est. Nam peque totum corpus infirmari cilo per prartem potest, et

bide, soit pour en débarrasser le membre sur lequel on opère, soit pour la détourner d’une autre partie. Mais si la faiblesse de la constitution nécessite des frictions sur tout le corps, il faut les rendre plus légères et moins longues, en se proposant seulement d’amollir l’épiderme, afin de permettre à la peau de puiser plus facilement, dans les aliments qu'on vient de prendre, des matériaux nouveaux. J'ai déjà noté comme signes fâcheux le refroidissement à la surface, tandis qu’on éprouve à l’intérieur de la chaleur et de la soif. La seule chose à faire dans ce cas, c’est de frictionner le malade; et si l’on vient à bout de rappeler la chaleur à l'extérieur, il y aura lieu d'employer alors d'autres moyens curatifs.

XV. La gestation n’est pas moins utile dans les maladies chroniques, et qui tirent à leur fin. Elle convient à ceux que ia fièvre a quittés, mais qui n’ont pas encore la force de s’exereer euxmêmes, et réussit également aux personnes chez lesquelles les maladies ont laissé des traces opiniâtres qu’on ne peut effacer autrement. Asclépiade la conseille même au début d’une fièvre intense et principalement d’une fièvre ardente, comme un remède propre à les dissiper. C'est là toutefois une méthode dangereuse, et il vaut mieux subir en repos le premier effort de la maladie. Si cependant on en veut faire l'épreuve, il faut au moins qu’il n’y ait ni sécheresse de la langue, ni tumeur, niinduration, ni douleur dans les viscères, à la tête ou aux hypocondres. Mais on doit plutôt renoncer à la gestation quand on est atteint de douleurs générales ou partielles, à moins qu’elles n’affectent seulement les nerfs. IL faut s’en abstenir aussi, quand la fièvre augmente, et choisir le temps de la rémission. Il y

opus est quam plurimum materiæ digeri, sive idipsum membrum, sive per id aliud levamus. At ubi totius corporis imbecillitas hanc curatignem per totum id exigit, brevior esse debet et lenior; ut tantummodo saummam cutem emolliat, quo facilius capax ex recenti cibo novæ materiæ fiat. In malis jam ægrum esse, ubi exterior pars corporis friget, inlerior cum siti calet, supra posui. Sed tunc quoque unicum in frictione præsidium est; quæ si calorem in cutem evocavit, potest alicui medicinæ locum facere.

XV. Gestatio quoque longis et jam inclinatis morbis aptissima est : utilisque est et is corporibus, quæ jam ex Loto febre carent, sed adhuc exerceri per se non possunt ; et üis, quibus lentæ morborum reliquiæ remanent , neque aliter eliduntur. Asclepiades etiam in recenti vehementique, præcipueque ardente febre, ad discutiendam eam, gestafiore dixit utendum : sed id periculose fit; meliusque quiete ejusmodi imvetus sustinetur. Si quis tamen experiri volet, sic experiatur, si lingua non erit aspera, si nullug tumor, nulla durities, nullus dolor visceribus, aut capiti, aut præcôrdüs suberit. Et ex toto numquam gestari corpus dolens debet, sive id in toto, sive in parte est ; nisi tamen solis nervis dolentibus ; neque umquam increscente febre, sed in remissione ejus. Genera autem gestationis plura

à plusieurs manières de pratiquer la gestation, qu’il faut savoir proportionner aux forces et à Ja fortune des malades, dans le double but d’épargner une fatigue trop grande aux sujets affaiblis, et de ne pas enlever cette ressource à ceux dont la position est humble. La promenade en bateau, dans un port ou sur un fleuve, constitue Ja gestation la plus douce. Elle devient plus active si l’on gagne la baute mer ou si l’on se fait porter en litière, et l’exercice est encore plus vifs’il a lieu en voiture : chacun de ces moyens estsusceptible de développementou de restriction. Si l’on n’a aucun d’eux à sa disposition , on peut placer le malade dans un lit suspendu, auquel on imprime des impulsions contraires. 11 suffit même, faute de mieux, de soulever un pied du lit à l’aide d’une cale, et de lui communiquer ensuite le même balancement. Ces exercices modérés conviennent aux constitutions affaiblies, mais il en faut de plus forts à ceux qui déjà depuis plusieurs jours sont délivrés de la fièvre, ou qui, sans l’avoir encore, ressentent les premières atteintes de maladies graves , ainsi qu'on l'observe dans la phthisie, les affections de l'estomac, l'hydropisie et quelquefois la jaunisse, ou dans d’autres maladies, comme l'épilepsie et Ja folie, qui persistent longtemps, bien que sans état fébrile. Ces affections réclament aussi les différents exercices qui se trouvent indiqués à l'endroit où nous traçons des règles de conduite aux personnes bien portantes, mais d’une faible constitution.

XVI. Il y a deux sortes de diète : l’une où le malade ne prend rien, l’autre où il ne prend que le nécessaire. Au début des maladies, on doit supporter la faim et la soif. Plus tard, il faut régler l’alimentation avec discernement,

sunt ; quæ adhibenda sunt et pro viribus cujusque, et pro opibus ; ne aut imbecillum hominem nimis digerant, aut humili desint. Lenissima est navi, vel in portu, vel in flumine; vehementior vel in alto mari nave, vel lectica ; etiamnum acrior vehiculo. Atque hæc ipsa et intendi et Jeuiri possunt. Si nihil horum est, suspendi lectus debet, et moveri : si ne id quidem est, at certe uni pedi subjiciendum fulmentum est, atque ita lectus huc et illuc manu impellendus. Et levia quidem genera exercitationis infixmis conveniunt : valentiora vero iis, qui jam pluribus diebus febre liberati sunt ; aut iis, qui gravium morborum initia sic sentiunt, ut adhuc febre vacent (quod etin tabe, etin stomachi vitiis, et cum aqua cutem subiit, et interdum in morbo regio fit) aut ubi quidam morbi, qualis comitialis, qualis insania est, sine febre, quamvis diu, manent, In quibus affectibus ea quoque geera exercilationum necessaria sunt, quæ comprehendimus eo loco, quo, quemadmodum sani, neque firmi homines se gererent, præcepimus.

XVI. Abstinentiæ vero duo genera sunt : alterum, ubi nihil assumit æger ; alterum , ubi non nisi quod oportet. Anitia morborum primum famem, sitimque desiderant :

tant pour la qualité que pour la quantité ; car il est dangereux de passer brusquement de l’abstinence à la satiété. Si cette transition est à craindre pour les personnes en santé lorsque les circonstances leur ont fait subir un jeûne pro-

longé, à plus forte raison est-elle à redouter pour

.les malades. Rien au contraire ne peut leur être

plus utile que la diète observée à propos. Il y a chez nous bien des gens qui dans leur intempérance veulent désigner eux-mêmes au médecin les heures où ils doivent prendre dela nourriture; d’autres lui font la grâce de reconnaître que c'est à lui d'indiquer le Moment convenable, mais ils se réservent le droit de fixer l'étendue des repas; quelques-uns enfin croient se conduire généreusement en laissant juge du traitement celui qui les soigne, pourvu qu'ils aient toute liberté de choisir des aliments à leur goût : comme s’il s'agissait ici des prérogatives du médecin, et non de ce qui est salutaire au malade. Chaque faute que celuici commet cependant, relativement à l’opportunité, à la mesure et au choix du régime alimentaire, tourne sérieusement à son préjudice.

X VIT. On provoque la sueur de deux manières : par lachaleur sècheet par le bain. La chaleur sèches’obtient à l’aide du sable chaud, des étuves, des fours, et de quelques étuves naturelles où l’on renferme la vapeur chaude qui s'élève de la terre dans un édifice semblable à celui qu’on trouve au-dessus de Baïes, dans un endroit planté de myrtes. Le soleil et l'exercice favorisent également la transpiration ; et toutes les fois que les humeurs exercent à l’intérieur une influence nuisible et qu'on cherche àles éliminer, ces différents moyens peuvent être employés. Ils produisent aussi d'excellents effets dans certaines affections des nerfs ; mais les premiers conviennent mieux

ipsi deinde morbi, moderationem, ut neque aliud quam expedit, neque ejus ipsius nimium sumatur. Neque enim convenit juxta inediam protinus satietatem esse. Quod si sanis quoque corporibus inutile est, ubi aliqua necessitas famem fecit ; quanto inutilius est in corpore eliam ægro ? Neque ulla res magis adjuvat laborantem, quam tempestiva abstinentia. Intemperantes homines apud nos, ipsi cibi lempora curantibus dant. Rursus alii, tempora medicis pro dono remittunt, sibi ipsis modum vindicant. Liberaliter agere se credunt, qui cetera illorum arbitrio relinquunt, in genere cibi liberi sunt ; quasi quæratur, quid medico liceat, non quid ægro salutare sit. Cui vehementer nocet, quoties in ejus, quod assumitur, vel tempore, vel modo, vel genere peccalur.

XVII. Sudor etiam duobus modis elicitur : aut sicco calore, aut balneo. Siccus calor est, et arenæ calidæ, et laconici, et clibani, et quarumdam naturalium sudationum, ubi terra profusus calidus vapor ædificio includitur, sicut super Bajas in myrtetis habemus. Præter hæc, sole quoque, et exercitatione movetur. Utiliaque hæc genera sunt, quoties humor intus nocet, isque digerendus esé, Ac nervorum quoque quædam vitia sic optime curantur.

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aux geps faibles : le soleil et l'exercice ne réussissent qu'aux sujets robustes, et encore il faut qu'ilssoient exempts de fièvre, soit au début d'une maladie, soit pendant la durée de quelques affections graves. On ne doit d’ailleurs exciter la sueur par aucune méthode quand la fièvre existe, ou que la digestion n’est pas faite. Le bain répond à un double objet. Tantôt l’état fébrile ayant disparu, il prépare le malade à une nourriture plus substantielle et à un vin plus généreux ; tantôt il sert à dissiper la fièvre elle-même. On l’emploie presque toujours dans le but d’assouplir la peau, d'attirer au dthors les humeurs corrompues, et de changer l'habitude du corps. Les anciens faisaient usage du bain avee trop de réserve ; Asclépiade l'employaitavecexagération. Ce moyen, quand on y a recours à propos, ne donne jamais d'inquiétude; pris à contre-temps, il est nuisible. Quiconque est délivré dela fievre et ne l’a pas vue reparaître pendant un jour entier, peut dés le lendemain se baigner en toute sécurité, après avoir laissé passer le temps ordinaire de l'accès. Si la fièvre a la forme tierce ou quarte, le bain sera pris impunément dans l'intervalle des accès. On peut de même en faire usage quand les fièvres lentes se prolongent sans intensité, pourvu néanmoins qu'il n'y ait ni dureté, ni gonfiement des hypocondres, ni sécheresse de la langue, ni douleur de poitrine ou de tête, et qu'on ne choisisse pas le temps du redoublement fébrile. Dans les fièvres qui parcourent régulièrement leurs périodes, il y a deux temps marqués pour les bains : l’un avant le frisson, et l’autre après l'accès. Dansles fièvres lentes , il faut attendre également la fin complète de l'accès, ou du moins une amélioration aussi

Sed cetera infirmis possunt convenire : sol, etexercitatio tantum robustioribus; qui tamen sine febre, vel inter initia morborum, vel etiam gravibus morbis tenentur. Cavendum autem est, ne quid horum velin febre, vel in cruditate tentetur. At balnei duplex ueus est. Nam modo, discussis febribus, initium cibi plenioris, vinique firmioris, Valetudini facit; modo febrem ipsam tollit. Fereque adhibetur, ubi summam eutem relaxari, evocarique corruptum humorem, et habitum corporis mulari expedit. Antiqui Limidius eo utebantur : Asclepiades audacius. Neque terrere autem ea res, si tempestiva est, debet : ante tempus, nocet. Quisquis febre liberatus est, simulatque ea uno die non accessit, eo qui proximus est, post tempus accessionis, tuto lavari potest. At si circuitum habere ea febris solita est, sic ut tertio, quartove die revertatur, quandocumque non accessit, balneum tutum est. Manentibus vero adhuc febribus, si hæ sunt lentæ, lenesque jamdiu male habent, recte medicina ista tentatur : cum eo tamen, ne præcordia dura sint, neve ea tumeant, neve lingua aspera sit, neve aut in médio corpore, aut in capite dolor ullus sit, neve tum febris increscat. Et in iis quidem febribus, quæ certum cireuitum habent, duo balnei tempora sunt; alterum, ante horrorem ; alteram, febre finita : in is vero, qui lentis

CELSE

prononcée qu’elle peut l'être dans ce genre d’affection. Les personnes faibles auront soin d’éviter le froid avant dese mettre au bain; lors-

qu'elles y sont entrées, elles doivent se tenir …

quelque temps en repos, pour voir s'il se manifeste aux tempes du resserrement et de la sueur. Si l’on n’observe que le premier effet, le bain ne peut leur être utile ce jour-là. IL faut alors en sortir, se faire oindre légèrement , se soustraire à l’action du froid , et garder la diète. Si au contraire la sueur se déclare aux tempes sans qu’il y ait eu resserrement, et si elle se répand ensuite sur les autres parties du corps, on doit fomenter la bouche avec de l’eau chaude, entrer dans le bain, puis examiner de même si le premier contact de l’eau détermine des frissons à la surface du corps; ce qui n'arrive presque jamais quand les signes ont été favorables au début, mais ce qui serait la preuve que le bain est nuisible. C’est l’état particulier du malade qui décide si l’on doit pratiquer les onctions avant ou après le bain. Presque toujours cependant, à moins d’une contre-indication expresse , on commence dès qu’on est en sueur à faire des onctions légeres, et ensuite on se met dans l’eau chaude. Pour la durée de l'immersion, il faut encore consulter les forces du sujet, et ne pas l’exposer à tomber en faiblesse parl’excès de la chaleur. fl faut donc le faire sortir du bain avant la défaillance, l’envelopper avec soin, pour que le froid ne puisse pénétrer jusqu’à lui; et, sans sortir de la salle, exciter la transpiration avant de lui donner au— cun aliment. On fait aussi des fomentations chaudes avec le millet, le sel et le sable. On emploie l'un ou l’autre de ces remèdes contenu dans un linge; et si même on n'a besoin que d’une action

febriculis diu detinentur, cum aut ex foto recessit accessio ; ant, si id non solet, certe lenita est , jamque corpus tam integrum est, quam maxime esse in eo genere valetudinis solet. Imbecillus homo, iturus in balneum, vitare debet, ne ante frigus aliquod experiatur : ubi in balneum venit, paulisper resistere, experirique, num tempora adstringantur, et an sudor aliquis oriatur : illud si incidit, hoc non secutum est, inutile eo die balneum est ; perungendusque is leniter, et auferendus est, vitandumque omni modo frigus, et abstinentia utendum. At si temporibus integris, primum ibi, deinde alibi sudor incipit, fovendum os aqua calida; tum in solio desidendum est; atque ibi quoque videndum , num sub primo contactu aquæ calidæ summa culis inhorrescat : quod vix tamen fieri potest, si priora recte cesserunt; certum id autem signum inutilis balneï est. Ante vero, quam in aquam calidam se demittat, an postea aliquis perungi debeat, ex ratione valetudinis suæ cognoscat. Fere tamen , nisi ubi nominatim, ut postea fiat, præcipietur, moto sudore leniter corpus perungendum; deinde in aquam calidam demittendum est. Atque hic quoque habenda virium ratio est, neque committendum, ut per æslum anima deficiat ; sed maturius is auferendus, curioseque vestimentis involvendus est, ut neque ad eum frigus aspiret , etibi quoque,

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