‹ Celse, Vitruve, Censorin (œuvres complètes), FrontinChapitre 96 sur 265 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Du sapin qu'on appelle supernas, et de celui qui est nommé infernas, avec la description de l’Apennin.

L’Apennin commence à la mer de Toscane, et longe l'Étrurie jusqu'aux Alpes : les croupes de cette montagne, qui décrivent, en s’'avançant, comme un demi-cercle,touchent presque,du milieu de leur courbure, la mer Adriatique. Les pays de Toscane et de Naples, qu’elles enferment, sont découverts et fort exposés à la chaleur du soleil : ceux qui sont au delà vers la mer Supérieure, et qui regardent le septentrion, sont partoutcouverts et fort ombragés. C'est pourquoi les arbres y sont nourris de beaucoup d'humidité, ce qui les fait croître extrêmement , et remplit leurs fibres de telle sorte, que quand ils sont coupés et équarris, et qu'ils ont perdu leur faculté végétative, ils se dessèchent ; leurs fibres demeurent alors en leur premier état, sans se serrer les unes contre les autres; le bois devient si lâche, qu’il est incapable de durer longtemps dans les édifices

ribus, quibus proprietatibus e natura rerum videantur esse comparalæ, quibusque procreantur rationibus, exposui : insequitur animadversio, quid ila, quæ in urbe supernag dicitur abies , deterior est, quæ infernas, egregios in ædifi-

ciis ad diuturnitatem præstat usus. Et de his rebus, quem-.

admodum videantur e locorum proprietatibus habere vitia aut virtutes, uti sint considerantibus apertiora, exponam.

De abiele supernate et infernate, cum Apennini descrip-

tione.

Montis Apennini primæ radices ab Tyrrheno mari in

Alpes et in extremas Hetruriæ regiones oriuntur : ejus vero

montis jugum se circumagens et media curvatura prope tangens oras maris Adriatici pertingit circuitionibus contra fretum. Itaque citerior ejus curvatura, quæ vergit ad Hetruriæ Campaniæque regiones, apricis est potestatibus :

namque impetus habet perpetuos ad solis cursum. Ulterior «

autem, quæ est proclinata ad superum mare, septentrio-

pali regioni subjecta, continetur umbrosis et opacis perpez #

tuitatibus. Ilaque quæ in ea parte nascuntur arbores,

humida potestate nutritæ, non solum ipsæ augentur ame 4

plissimis magnitudinibus, sed earum quoque venæ humoris copia repletæ, turgentes liquoris abundantia, saturantur.

Cum autem excisæ et dolatæ vitalem potestatem amiserint,

où il est employé. Au contraire, les arbres qui sont nés dans les lieux découverts, et entre les fibres desquels il n’y a pas tant de vide, s’affermissent en séchant, parce que le soleil qui, en attirant l'humidité de la terre, absorbe aussi l'humidité des arbres , fait que ceux qui sont en des lieux découverts ont les fibres plus serrées etmoinsséparées entre elles, par l’effet d’une trop grande humidité : ce qui les rend bien plus propres pour faire une charpenterie qui soit de longue durée. Voilà, en un mot, la raison pour laquelle les sapins appelés infernates, et qui sont pris dans des lieux découverts, sont meilleurs que ceux qu'on nomme sypernales, etqui viennentdespays couverts.

Telles sont les recherches que J'ai faites avec le plus grand soin qu'il m’a été possible sur toutes les choses qui sont nécessaires pour la construction des édifices, expliquant, par les principes dont elles sont naturellement composées, leurs bonves et leurs mauvaises qualités. Ceux qui pourront suivre ces préceptes en feront leur profit, et se rendront capables de choisir les meilleurs matériaux pour leurs ouvrages. Après avoir ainsi parlé de tous les préparatifs qui sont nécessaires, je vais, dans les livres suivants, donner les règles qu’il faut observer dans la construction de tous les édifices, et je commence, comme le demande la raison, par les temples des dieux, en traitant d'abord de leurs symétries et de Jeurs proportions.

venarum rigore permanente , siccescendo propter raritatem fiunt inanes et evanidæ, ideoque in ædificis non possunl habere diuturnitatem. Quæ autem ad solis cursum spectantibus locis procreantur, non habentes interveniorum raritates, siccitatibus exuclæ solidantur, quia sol non modo ex lerra lambendo sed etiam ex arboribus educit humores. Itaque quæ sunt in apricis regionibus spissis venarum crebritatibus solidatæ, non habentes ex humore raritatem, cum in materiam perdolantur, reddunt magnas utilitates ad vetnstatem. Ideo infernates, quæ ex apricis locis apportantur, meliores sunt, quam quæ ab opacis de supernatibus advehuntur.

Quantum animo considerare potui, de copüs, quæ sunl necessariæ in ædificiorum comparationibus, el quibus temperaturis e rerum natura principiorum habere videantur mixtionem, quæque insunt in singulis generibus virtutes el vitia, ui non sint ignota ædificantibus, exposui. Ergo quoniam de apparalionibus est explicatum, in ceteris voluminibus de ipsis ædificiis exponetur, et primum de deorum immortalium ædibus sacris et de earum symmetoi et proportionibus (ati ordo postulat ) in sequenti perscribam. ;

VITAUVE.

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