Celtes
I ALBfcAT HE LACA1)ÉSJ1E |)E MEDECINE (MÉDAILLE UAItlilîNT CONCOURS CIBVIKfX), ISS» PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ DE MÉDECINE DE l'ABIS, 18G9 WIÉÎIDENÏ DE LA SOCIÉTÉ DANTIinOl'ULUGIE, 187S
CKLTKS, amieu peuple do l'Europe occidentale, particulièrement de la Gaule.
Selon qHÉlqoe»elhnolo«isles, entre autres MM. Ainédée Thierry, Henri Martin, le nom de Celtes aurait signifié tribus ou habitants des forets; il serait dérivé tle Coh.te, Coim.te, Koii.te, forêt, vraisemblablement synonyme, de Koet ou Koat, actuellement usité dans divers dialectes celtiques (Am. Thierry, Hist. des Gaulois, if. I, chap. i, pi I 11), édit. 1802; Henri Martin, Ilisl. de France, t. I, p. lb\ Mit. 1X7)5; pv II, édit. 1838; p. 4, édil. 1855. Voy. Legonidee et Hersait lie la Villernarqué, Dictionnaire breton-français, 1850).
Sous le nom de famille celtique, des historiens, des ethnographes, des linguales ont réuni les Celtes, Kki.tieh, C.ellœ, Kîat-zC Ks/Toijles Celtiques, Celtici, K-/-u.'.l; les Ambrons, Ombres, I soin lires, Insubres, Amiii>a, Amiiiia, Ambronca, Vmlrri, hmibrex, 'AuCpot, 'Oufaot, 'OftAptot, 'OftSptul, 'teopfif ol, "laoufyisç ; les Gaulois, Calls, GaêU, Gaioiieai., Gaouheai,, Gai.laoceij, (ialli, Yaù'A ; les Calâtes, iialalœ, l-//-/-ryt; les Cullckcs, Callicicu-, Callicrns, ('•nllaici, k«/.W/.oî ; les Gallois, Welsb, Welches, Wallons: les Belges, Bâlgœ, IU>y«i ; les Calédoniens,
70(1 CELTïiS.
Culcduui, Ka),(jfîcivtoi; les Cinnnéi iens, CiinWrrs , Kinui, himmerii, Cimbu, Kififié/uot, K^Cpoi, Cymuy ; les Éuètes, Vénèlcs, Veneti, 'Emrol, OMvcrot; les Boïes, Boïens, Boii, Eoïot ; les Yolkes, Volcœ, Ovoixai; les Fir-Bolgs; les Bretons, liiiEizED, etc., etc., nombreux peuples que les aiilhropologistcs ne peuvent pus rapporter à une seule et unique famille ethnique ; mais qu'ils ne peuvent espérer distinguer entre eux et différencier des peuples d'autres races avec lesquels ils se sont trouvés en contact, qu'en embrassant, dans une étude générale et comparative, l'ethnogénie primordiale de nos nations d'Occident. Cette étude, quoique longue et ardue, ne peut avoir la prétention de dissiper les épaisses ténèbres qui obscurciront vraisemblablement longtemps encore les origines si complexes et si multiples de ces nations. Mais, en recherchant les linéaments ethnologiques qui peuvent engager, soit à rapprocher, soit à distinguer les différents peuples, tour à tour confondus sous celte dénomination, si vague, de famille celtique; eu rappelant quelques données linguistiques et archéologiques, relatives à ces peuples ; enfin, en réunissant et comparant les faits anthropologiques rapportés par les auteurs anciens, recueillis, nombres ou observés par les anat omis tes, les statisticiens et les ethnographes actuels, cette étude pourra du moins mettre à même de connaître quelques-uns des principaux éléments ethniques des populations de notre Europe occidentale en général, de la France en particulier.
Dès les temps les plus reculés, l'histoire montre les Celtes habitant l'Europe centrale et occidentale.
Selon Homère et Éphore, cités par Strabnn (1. I. ch. n, § 27 et 28), au delà dus pays connus, vers l'occident, vers le couchant, habitent les Celtes, et les Ibùi ou lesCeltibères mêlés.
Hérodote nous dit que le Danube prend naissance dans le pays des Celtes, qui habitent au delà des colonnes d'Hercule, c'est-à-dire au delà du détroit de Gibraltar (détroit par lequel les navires phéniciens se rendaient dans le nord-ouest du l'Europe), "la-rpo; te yàp 770Tafiôç àpEâp.evoç sx Kê).twv... (Hérodote, 1. II, c. xxx:u, texte et trad lat, de Dindorf et Millier, éd. Didot, 1862; voy. aussi 1. IV, c xlix).
Dion Cassius rappelle que, dans les temps les plus reculés, les habitants des deux côtés du Rhin portaient le nom de Celtes. 'E7reL to ye 7ràw àpycûov Kilzoi htàxtpot oi ïnl à.u&p&9ttt& toO 7roT<moO oîzoOvts; wvoptâÇovro (Dion Cassius, Histoire romaine, I. XXXIX, ch. xlix du t. III; texte et trad. de Gros, 1851).
l'Iine place dans la Celtique le cap Lytarmis, situé près du fleuve Carambucis, qui paraît être le Niémen (Pline, Hist. nat., Il VI, cap. xiv, g 13: éd. Panckoucke).
On dit, remarque Plutarque, que la Celtique, contrée vaste et profonde, s'étend depuis la mer extérieure, sous les climats septentrionaux, vers l'Orient et la Méotidc, jusqu'auprès de la Scythie politique, actuellement la mer d'Azol et la Russie méridionale. Ei'oï Si oî M tàv Ksfctxty SiA pàQoç yùpa; /.où ulytBo; <wrô
ÔTrurptyouffav ànT^Oai toi IK&mi »«lfit*« ^vat (Plutarque, Vie de Marins, g XI, texte et trad. lat. de Dœhner, éd. Didot).
Les Celtes sembleraient donc avoir très-anciennement occupé une grande partie de l'Europe centrale et occidentale. Toutefois la partie la plus occidentale aurait antérieurement appartenu aux peuples de race ibéi ienne, entre autres aux Ligures, queFeslus Avicuus nous dit avoir été chassés par les Celles à la suile de fréquents coinhals, du voisinage des îles (Eslryniniques, ab insulis Wstnnmicis. qui parais
seul èlre, non pas les îles du «oilc-Œstryinniquc actuellement, legollède Gascogne, mais bien les îles situées au nord de ce golte, les îles Cassitérides, maintenant les iles Sorlingues au sud-o^sst de l'Angleterre, où Denys le Périégèle indique aussi la présence des Ibères (Denys le Périégète, vers 563 à 564, texte et trad. latine •de Bertrand, Basilea.)
Suuujuc CeUarym munit, Çrebrisgue dudtitn j)i œliis raautla sunl.
l.iguresquc jntUi
Itut'us Pestas Aviènas, Orce maritimes, vers t'28à 131.) Les Celtes, anciens possesseurs d'une grande partie de l'Europe centrale, parassent avoir longtemps maintenu leur autonomie nationale dans la région de notre pays comprise entre la Seine et la Garonne, entre la mer et les Aies ; vaste région à laquelle tous les auteurs anciens, Pline entre autres, donnent le nom de Celtique.
Ab eo (Sequana) ad Garumnam Celtica... (Pline, Hist. nat., t. III, 1. IV, cap. xxxi, p. 250, éd. Panckoucke).
Dans une région plus méridionale, Strabon nous dit que les habitants de la région située au-dessus de la puissante Narbonnaise portaient anciennement Tzpottgm le nom de Celtes (1. IV, cap. i, § 14, p. 157), et qu'auprès des Pyrénées, les Celtes étaient séparés des Aquitains par la chaîne des Cévennes. 'Azurravoù; piv ryj-j /.ai Ki/Ta; £).î'/ov toù; 7rpo; rf, Hupn'Jri, SivpMjiAivovç t&j K.Et/.fxévu ôpu (Strabon, 1. IV, cap. i, \ 1 ; voy. aussi 1. 11, cap. v, § 28).
Ce géographe nous montre également que les Ligures de la région ligustique, colonisée par les Marseillais, par suite de leur mélange avec les Celtes furent appelés CeltO-Ligures. . .. Ar/vaî "'-ai. tàv yùpccv, jj*J ïya-javj oi Mai7(7«).i(ûT«t, Atyvaziv.rrJ , oi 9'yoOtpùt Ks).to/.Î'/u«; ài>ou.aCov<ri. .. (1. IV, cap. VI, § 5, p. 169).
Divers peuples celtiques babitaient aussi certaines régions delà péninsule bispanique, de l'Espagne et du Portugal actuels.
Strabon dit que les alentours du cap Nspwv, également appelé Celticzim, ai luellemeut cap Finisterre au nord-ouest de l'Espagne, étaient babilés par les Celtiques de même origine que ceux des rives de l'Anas, actuellement la Gu:idiaiia il. III, cap. m, § 5). Pline parle aussi des Celtiques Nériens et des Celtiques Pi œsarnarques habitant non loin des premiers. CelticicognomimNeriœ... Celtici coynomine Prœsaniarci (Hist. nat., I. IV, cap. xxxiv).
Pomponius Mêla mentionne encore d'autres Celtiques dans la région située au sud du lioino. Totam Celtici colunt, sed a Durio... (De situorbis, 1. III, cap. r, His/jania: oui. <:i\<:ilor).
(Juant aux Celtiques des bords de la Guadiana, ils portaient également le nom de Celtes-Clelas, et babitaient au sud du Tage la plus grande partie de la région comprise entre ces deux fleuves. ... tir» p*mfro«ty<feé4 àyoclÇuv, •}» Kftfcubl stfuwrcti
%>iCo (Strabon, b III, cap. i, 6, p. 115, coll. Didot).
Selon Polybe et Strabon, les Turdétans, qui babitaient au sud-est des Celtiques, étaient de même race. Ellinologiipiemenl, peut-être doit-on aussi rapprocher des Turdétaiis des environs de (kidim, actuellement C dix, les Turdules des environ <U- Corduba, Cordouc, car, di>liin:is au temps de Rolybe, ils ne tonnaient plus qu'un seul peuple à l'époque de Slrabon. ...rotç X4vpfar«MoIft *«i toî; Ksfomk h Stiftlivjttnktotv [?,), >;,; lipr^i I ■/■,<.;■ , nù.tc,; ov^lttua (Strabon, L III, eap. ni, g 15, p. 125; rojea aussi I. III, c. i, g 6, p. 115).
D'autres Turdul. s, selon Pline, auraient également babilé au nord de la Lusilanie.aii sud de. L f ■ i n I ». »i r» ) 1 1 1 r. ■ du Douro illisl nul.. I. IV, cap xwv.)
Les Olli! ci ls occupaient (m sud des monts Idubèdes, acluellemeiit Sierra d'Oca, la vaste région centrale d'où partent les sources du Tage et de la Gtiadiana. 'YnipGoùlôvTi Sk tàv 'ttfovêéiîav >j Ke).Tt6/;pia ïcajptufâfym tzoj.'/.o . . . Suà. yàp toOtwti ôte "Ava; fépvcui xaî ô Tâ/o; /.où oi Èyeljij; towceoiat (Slraboil, I. III, cap. iv
Leur nom, ainsi que le disent Slrabon (I. I, cap. u, g 2), Martial (Ep'uj., 1. IV, cap. lv), Lucain (la Pharsale, 1. IV, v. 9), Appien (Guerre d'Espagne, % 2, p. 54 coll. Didot) et Diodore de Sicile, résulterait de la fusion des noms des Celles et des Ibères,, qui, longtemps en guerre, seraient parvenus à s'entendre pour occuper ensemble le même pays, s'allier par mariages, et unir leurs noms. oOtoi jôû tc.
iza.la.ib-j Tzs.pl r/jç yùpaz àÀVfl^oi; 8ia.Tzolzp:r)<Ta.vzeç, oi te "iSïjpeç -/.ai oi Ke/rot, toi i/sra raûTa (JioO.uÔsvtïi; -/.al tïjv %woav zoivïj 7r«-oiy./j<TavTî; , é'ti S'èmya.i/.iaç Tzpiç atà&kovç o-vvOéuevoi, 5ià tàv E7rtpt;iav Taùr/jç é'tu/ov tô; izpouriyoplai; (Diodore de Sicile, 1. V, cup. xxxm, p. 274, coll. Didot).
Les fierons, liabitant au nord des Celtibères, auprès des Canlabres Conisques, selon Strabon, appartenaient également à la race celtique. OtzoOo-i S'ix \œ» :wj
âoxTOV pspûv rot; Ks^Ttêvjpfft j3'Àpwv-;, Kavrâêpoi; ôpiopoi rot; Kovîo-y.oi;, xat auToi toû Ke)>ti-/.où oto),ou ysyowrz;.. . (Slrabon, 1. III, cap. IV. § 12, p. 154).
Quant à l'origine celtique des Astut es et des Cantabres du versant méridional des Pyrénées, mentionnée par Xiphilin, abréviateur de Dion Cassius, qui ne mentionne pas lui-même celte ellmogénie, elle semble complètement inadmissible (Xipbilin , Epit. Rom. Hist. lib., I. III, p. 71, et Dion Cassius, 1. III, p. 588, éd. in-fol., 1592, Henricus Stephanus).
Ce qui précède montre donc que les Celtes, qui au raient occupé anciennement. l'Europe centrale et occidentale, en particulier la vaste région appelée Celtique, située entre la Seine, la Caroline, la mer et les Alpes, dans les îles du nord-ouesl auraient trouvé des Ligures, et des Ibères; de même, vers le midi dans la Narbonnaise et sur le littoral méditerranéen, ils se seraient mêlés aux Ligures ; et dans les régions occidentale, méridionale, et surtout centrale de la péninsule hispanique, ils se seraient unis aux Ibères.
M. Amédée Thierry, admettant un calcul chronologique de Fréret, croit pouvoir fixer approximativement au seizième ou dix-sepliènie siècle avant J.-C la migration des Celtes au sud des Pyrénées (Améd. Thierry, Hist. des Gaulois, Introduction, p. 22-6, et liv. I, ch. i, p. 121, éd. 1862. — Fréret, Œuvres complètes, réd. par de Septchênes, t. IV, p. 200, 1790, an IV).
Ce calcul chronologique est eu partie basé sur le passage de Festus Avienus, qui nous montre les Ligures chassés par les Celtes du voisinage des îles Œslrymniques (Orœ mar., v. 129 à 156); sur un passage de Thucydide, qui témoigne que les Zi/.m'A, Sicancs, avant d'aller donner leur nom à l'île appelée Sicania, avaient été chassés par les Ligures des bords du Sicanus, actuellement la Sègre, aflluenlde L'Èbfe (Hist., t. 111, I. IV, p. 165): enfin, sur les remarques de Pliilisle de Syracuse et d'Ilellanicus de Lesbos, rapportées par Dcnys d'Ilalicarnass, . relativement à l'immigration des Sicules dans celte même île, depuis appelée S initia, la Sicile; dernière immigration qui aurait eu liiu quatre-vingts ans, ou trois générations avant le sac de Troie, c'est-à-dire entre 1264 et 1564 avant J.-C. suivant Fréret, et Bellcnger (Denys d'Malic, I. I, ch. iv, g 2, p. 54, trad. de Bellenger, Paris, 1725).
L'insuffisance de corrélation et l'impossibilité d'apprécier le temps écoulé eûlrc l'expulsion des Ligures par les Celtes du voisinage des îles Œslrynniiqnes, l'expul-
CELThS.
siou îles Sicancs par les Ligures des bords du Siranus, leur i m migration, et plus lard celle des Sicules ei\ Sicile, semblent tout au plus autoriser à supposer que le passage des Celtes an sud des Pyrénées est antérieur au quinzième siècle avant J.-C, sans toutefois permettre de reconnaître à combien de siècles antérieurs remonte ,v(te migration celtique tran^pyrénéenne.
Fréret (t. IV, p. 202) et M. Amédée Tbierry (p. 125-150), ainsi que beaucoup dïiistonens?et d'ethnographes, regardent également les Ombres, Amura (les vaillants), Umhri, 'O^ooî, "Owooizoi, comme des Celtes ayant franchi les Alpes vers le quatorzième siècle av. J.-C. pour se rendre dans l'Italie, dont ils auraient occupé presque toute la partie septentrionale. Selon Polybe, les premiers Celtes, KeAroî, avant franchi les Alpes pour se fixer auprès des sources du Pô auraient été les Laens et les Lébéciens, voisins des Isombres, peuple beaucoup plus important.
Tà us» av» TzpCïzv. -/.ai izipi -ràj àvaro/àç TOÛ Iïâ'îov xdusva Aâot y.cà Aeoîxiot, y.i?à iîs CQwroMs "IiTotxêpî; /.oL-w/.r,vw, o us'/ittov eOvoç flv aùnùv (Polybe, h II, cap. XVII. p. 80, coll. Didot)'.
Quant à ces Ombres, ils occupaient tout le pays, depuis les Alpes, jusqu'au Tibre, au Nar et au Truentus, actuellement la Nera et le Truento. Celte vaste région aurait alors été divisée par eux en trois provinces principales. L'is- Ombrie, c'est-à-dire ta Basse-Ombrie, Insubria, 'laop&plcL, comprenait les plaines circompadanes, ou voisines du Pô. Au nombre des principales villes des lugubres, 1-j<rovëpùw, Ptolémée indique No-jaoia, Novara, Novare, Kwwov, Comum, Côme, etc. L'Oll-Ombrie, ou Haule-Ombrie, Olombria, 'Olop&pia, comprenait les deux versants de l'Apennin. Enfin la Vil-Ombrie, c'est-à-dire l'Ombrie maritime, de vu. ou bil rivage, Vilombria, oùAopëpia, correspondait au littoral situé entre l'Arno et le Tibre, s-oj/yj-rtov, Spoletium, Spolète était une des villes de? Vilouibres Oûeàopêpûv (Claud. Ptolémée, Géograph., L III, cap. i, p. 178 à 182, lexle grec et trad. latine de Willberg, 1858, lissendise).
Sans contester l'origine celtique des Ombres, il faut toutefois remarquer que, selon ['line, les Ombres étaient considérés comme le plus ancien pcuplede l'Italie, comme un peuple ayant survécu à des inondations diluviennes.
lielte puissante nation, qui, ainsi que le remarque le même auteur, avait chassé de leurs territoires les Sicules et les Lihurnes, mais à son tour avait été raineoean onzième siècle av. J.-C. par les Étrusques, paraît néanmoins s'être m intenoe un certain temps, principalement sur la côte Adriatique, au nord des Samnitcs, dans la région que Scylax nous dit avoir Ancône pour capitale.
Umbri eox (Siculos el Liburnos) expulerc, Itos Etruria, hanc Galli. Umhrornm genx aidiguissima Italiœ existimatur, utguos Ombriosa Grœcis puténl dictOS. ipiod inundutionc terrarum imbribus super fuissent (Pline, llisl. nat., I. III, cap. xix, coll. Nisard, p. 175, éd. Duboohet).
'Ou*vzv.. M 57'/. 91 Zeefotreti tfitùf laflv Oy.Zpi/.ol, xai7rôAt; èv aùrjj 'Ayx&iv scrri (Scylax, l'ériple, £ 10, p. 24).
be ce» Ombres, dont le nom s'est longtemps conservé dans celui d'Ombrie comme dénomination d'une province italienne, et se retrouve encore dans celui d'un cours d'eau, l'Ombronc, quelques-uns, fuyant la domination étrusque, se seraient retirés dans quelques vallées des Alpes occupées par les Ligures, connue le? Catnriges, que Pline dit être des Insubres exilés. ...Caturige» Irutlbrutn ouïes. (Pline, |. IM, çap. x\i, p. 175, texte et trad. de Liltré du l. I, coll. Nisard, éd. Knliochet, 1848,.
D'antres, franchissant ces montagnes, sesertlient fixés soit auprès des Helvètes, dans la Suisse actuelle, soit auprès des Kduens, non loin de la Saône.
Telle paraîtrait être l'origine, suivant M. Am. Thierry, des Umbranici, peuplade des bords dn Rhône, mentionnée par PJiîie (l.ill, £ ;>, p. 160, texte et trad. de Littré), et des Insubres Éduens, dont, au sixième siècle av. .I.-C, les conquérants sortis de notre pays pour envahir l'Italie furent étonnés, selon Titc-Live, de retrouver le nom dans l'endroit où. ils fondèrent Mcdiolannm, actuellement Milan (Tilc-Live, 1. V, cap. xxxiv; voy. aussi Pline, I. III, cap. x\i. p. 175).
Pareillement, dans la grande bataille livrée par Marins en l'an 102 av. .I.-C, auprès A'Aquce Sextiœ, actuellement Aix en Provence, d'une part les Ambrons, 'A !/êp<u-.>:ç, alliés des Teutons, auraient été les descendants des Ombres réfugiés auprès des Helvètes, et, d'autre part, les Ligures, auxiliaires des Romains, que Plutarque nous dit marcher au combat en criant leur nom ethnique d'Ambrons, auraient été également les descendants plus ou moins mêlés des Ombres réfugiés parmi les tribus ligures des Alpes, Zyà; yàp «ùtoùç otfttoe ("Auêf wvcç) fëoptfgwtrt *'wà fhot Aiyuzç (Plutarque, Marins, ^X^, texte et trad. lat. de Dœhner, p. 496).
fcln rapprochant ainsi les Ombres des peuples de race celtique, on est amené à reconnaître que les Celtes occupèrent très-anciennement une grande partie de l'Europe, des mers du Nord et des îles Britanniques au Tibre et à la Guadiana.
Les noms de Gaëls, Galls, Galli, ra).âr«i, paraissent liè< anciennement avoir appartenu, ou avoir été donnés, à un autre peuple distinct des Celtes.
« Il faut, dit Diodore de Sicile, faire une distinction que beaucoup de personnes n'ont pas faite. Le nom de Celles appartient aux peuplés qui habitent au-dessus de Marseille dans l'intérieur des terres, et qui \ ivent en deçà des monts Pyrénées jusqu'aux Alpes ; celui de Gaulois (ou mieux de Gaëls) aux peuples qui sont établis au delà de la Celtique, soit dans les contrées inclinées vers le midi ou vers l'Océan, soit sur les monts Hercyniens (actuellement montagne du Harz et de I 1j zgebirge), enfin qui occupent à la suite les uns des autres tout ce vaste espace jusqu'à lâ Scythie (actuellement la Russie). Mais les Romains ont confondu ces nations sous une même dénomination et leur donnent à tous le nom de Gaulois. XoÂffifiov 51<j"ù Siopivcu tô 7rapà nolloU âywovavjov. Toù; yàp invkp Mac(7«)i«; v.t- 70t/oûvT«ç èv T&i ueffo-yôÎG) -/où toù; izapà rx; "A):mç, sri §ï toùç èiri rèA; rwv ITjov;vatwv ôpûv Ke^TOÙç &Wp.â%OV&X; Toù; S vtvïp Tà'vnjç t/;ç Kîlriy.cç Et; rà ttoôî vo'tov vsuov-a uipn xapot. ts tov 'lizeavov xaÎTÔ 'EpzOviov opo; y.a8iiïpvu.évo')ç, xai -ïïx'jxx; toûç sEîj; y-i'/ji -r,; 2xu9(a$ r«),âT«; TtpoçxyopevouaiD. Oi §k 'Pwf/.aïot Tzxktn -nxii-a -raOra rà eSvtî «ru).).^6'îr;v p%& npovoyopiy. mpilcr.pL%û.-jovcnv, 0-ioy.âjlovTZz r«)iâraç SiràvTttç. » (Diodorc de Sicile, Histoire tiniv., h V, ch. xxxu, texte et trad. franc, de Miot 1854; texte et trad. lat. Dindorf et Millier, coll. Didot, p. 273.)
Les Gaëls, distincts dés Celtes, sembleraient donc s'être étendus depuis la Scythie, c'est-à-dire ta Russie, jusqu'à l'océan Atlantique, dans les régions septentrionales de l'Allemagne et de notre pays antérieurement en partie occupées par ces Celtes. A l'appui de cette migration du nord-est vers l'ouest, soit des Certes chassés par les Gaëls, soit des Gaëls eux-mêmes, avec MM. Alfred Maury (Études celtiques, m Revue germanique, t. VIII, 1 8T»9, pi 14) et Aurélien de Courson (Hist. des peuples bretons, t. I, p. 193, etc., Paris, 1 816), on peut faire remarquer la conformité des noms existant, d'une part, entre les Œsttji, anciens habitants de l'Eslhonie, province maritime do la Russie actuelle, que Tacite nous dit parler une langue voisine du breton et porter pour insigne le sanglier comme
d'autres peuples de notre pays; entre les Golhini, anciens habitants de la Silésie actuelle que le même historien nous signale comme parlanl la langue gauloise; enfin entre les Lemovii, habitant anciennement la province de Danlzig; et d'autre part les Ostyœi et les Cossini, anciens habitants du Pen-ak Bed armoricain, notre Bretagne actuelle, et les Lemovices dont, ainsi que le remarque M. Max Peloche, selon César, une peuplade habitait dans cette même Armorique près des Vénètes, des environs de Vannes, et une autre plus considérable , au sud-est des Pictones, habitants des environs de Poitiers, avait pour capitale Lemovices, actuellement Limoges (voy. Maximin Delocbe, De l'existence en Gaule an temps de la conquête de deux peuples Lémoviques : Congrès scientifique de France, tenu à Limoges .-Mémoires de la Société des Antiquaires de France, t. XXII I, p. 597, etc.).
Ergo jam dextro Suevici maris littore GEslgorum génies adluuntur ; quibus ritus habitusque Suevorum , lingna Britannica; propior (Tacite , De moribus Germanorum, XLV).
Gothinos Gallica.... coai-guit non esse Germanos.... (Tacite, De mor. germ., XLUI).
Protinus deinde ab oceano Rugii et Lemovii (Tacite, l. c, XLUI).
Totidem Lemovicibus : octona Pictonibus. . . ; universis civitatibus , quœ Oceanum attingunt quœque eorum consuetudine Armoricœ appellantur (quo sunt in numéro Curiosolites , Rhedones, Ambibari, Caletes, Osismii, Lemovices, Veneli, Unelli) sex... (César, De Bello gallico, 1. VII, c. lxxv).
La migration conquérante des Gaëls de l'est vers l'ouest semble d'ailleurs trouver sa confirmation dans certains passages de Dion Cassius, de Pausanias et d'Appien. Dion Cassius, que nous avons vu signaler la présence des Celtes des deux côtés du Bhin dans les temps les plus reculés, remarque aussi que, depuis, ce fleuve coule « ayant à sa gauche la Gaule et ses habitants ; à sa droite, les Celtes... Telle est la limite qui sépare ces deux peuples depuis qu'ils ont pris des noms différents. »
ïlpoyypw oz Ïtù. ovG-pjv, h àpis-czpv. fièv -r-flv Tî Valaxica v.ux. toùç ÈTroixoûvraç aÛTijv, h '.-.-y/. oï -vi', Kc/toù; à7roTÉpsr«i. ...Outo; yàp o ôpoç iy'ov yE xal èç ?6 didfopo-j
kSn haxkfoim ifixavro, oeOpo àst vof/iÇsrai (Dion Cassius, Histoire romaine 1. XXXIX, cap. xlix, texte et trad. de Gros, t. III, 1851).
« Le nom de Gaulois, dit Pausanias, ne prévalut que très-tard ; ils prenaient anciennement celui de Celtes; nom que les autres peuples leur donnaient aussi. »
'Oyî & T.'r.i c&ctài xeàOaOeu ra).araç i\ïAv;i\gi- KsÀtoî yàp z«t« tô atpàç 7o ao^cûo-j ■/.vi icapâ xtOi a/.Aoïç wjouvZ/j/ro (Pausanias, Description de la Grèce : Attique chap. m, trad. de Clavier, 1814, p. 22).
Appien parle également des Celtes, actuellement appelés Galates et Gaëls. ... Kî'/roi, o7oi rV/âT«iTî xal r«).)ot vûv npoTayopzvo-jTai (Appien, De rébus Hispaniemibm £ i, p. 54, coll. Bidot).
Or un peuple, surtout un peuple comme les Celtes, auxquels Strabon reconnaît de la célébrité, hhqàmtk (I. IV, ch. i), n'accepte un nom étranger que lorsque, étant vaincu, ce nom lui est imposé par le vainqueur.
Il semble même , ainsi que cela s'observe souvent en pareilles circonstance, que les Celtes, confondus sous la dénomination de leurs vainqueurs Gaëls aient cherché à protester encore contre celte dénomination en persistant à sê donner à eux-mêmes le nom de Celtes. En effet, non-seulement la partie moyenne de notre pays, comprise entre la Seine et la Garonne, conserva en particulier lé nom de Gaule celtique, mais César remarque que les habitants de cette région
I»ICT. ESC. XIII. 4^
quoique appelés Galli par les Romains, s'appelaient Celtes dans leur propre langue. Qui ipsorum lingua Celtœ, nostra Galli appellantur (César, De Bello gallico, 1. I, cap. i).
La distinction ethnique des Celtes et des Gaëls concourant à former la population de la plus grande partie de notre pays, déjà remarquée par M. Aurélien de Courson, dont l'opinion serait partagée par M. Fauriel (A. de Courson, Hisl. des peuples bretons, Iiitrod., ch. i, p. 7, 184 G), semble d'ailleurs s'accorder assez bien avec le récit légendaire de Timagène, d'après lequel les premiers Aborigènes se seraient appelés Celtes du nom d'un roi , et Gaéls de celui de leur mère. Aborigènes primos in fiis regionibus quidam, visos esse firmarunt , Celtas nomine régis arnabilis, et matris ejus vocabulo Galatas diclos (Timagène ap. Ammien Marcellin, 1. XV, cap. ix, p, 41, texte etlrad. Nisard, éd. Dubochet) .
D'ailleurs la fusion des deux peuples Celtes et Gaëls, durant longtemps, durant des siècles, parut loin d'être intime et parfaite. Au quatrième siècle ap. J.-C. le César des Gaules, Julien l'Apostat, dans ses récits avait encore soin de distinguer les Celtes des Gaëls, et la Celtique de la Gaule.
TaiaTwv, olp.ai, v.al KsAtwv... Ks)iToî ml YvXôxca â'ôvvj... ZTpc/.xiûzriv Ks)-ov, cr'.a-
tiwtijv èx reàa-rta;... "Exïjti tïjv Talaziav, /.ai tir,-* KÔTîda. .. (Julien : Première harangue sur l'emp. Constantin, /p. 29-34-56, el troisième, p. 124 de l'éd. grecque, latine de 1696).
Au nord-ouest de l'Europe* les Galls, les Gaëls, Gaoidheal occupèrent anciennement la Grande-Bretagne, dont la partie septentrionale porta longtemps le nom de Calédonie, Caledonia, Ka),ïj<î<ma, Cael-Dcn, montagne des Gaëls, et dont la partie occidentale s'appelle encore la principauté de Galles. Tacite d'ailleurs remarquant la ressemblance des habitants de la région méridionale de cette île avec les Galls de notre pays, en induit leur passage du continent (Tacite, Agricolœ vita, XI, passage rapporté plus loin).
Après avoir donné leur nom à l'ensemble de notre pays, à la Gaule, YaXkia., Gallia, Yod.i-M, Gall-Tachd, terre des Galls, suivant M. II. Martin (Hist. de France, t. I, p. 10, 1858) ; après avoir "mêlé leur sang à celui des populations de races celtique et ibérienne occupant antérieurement notre territoire ; après s'être fixés toutefois plutôt au nord qu'au sud de la Garonne, où cependant Strabou nous montre les Bituriges Vivisques, de race gaëlique ra).arix(ûv ISvwv, frères des Bituriges Cubes des environs de Bourges, possédant le port de Durdiqala, actuellementBordeaux, au milieu d'Aquitains, de race différente, de race ibérienne ; ces peuples gaëls se portèrent à des époques plus ou moins reculées, soit vers le midi en franchissant les Pyrénées, soit vers l'est en traversant les Alpes ou en remontant le cours du Rhône.
Mdvov yàp S'o xb tûv BiToupfywv ('Otazwv) toùtoov i'Qvoç ht roïç 'AxuiTOVOtç B&tyuXott Apurai , xal où ffuvTeiet aiiTot;, ïyzi §ï èpnôpiov Jiovpiïîyoàa, (Strabon, 1. IV, cap. II,
Au nord-ouest de l'Espagne, la Galice conserve encoiv actuellement son ancienne dénomination de Gallœcia, du nom des Callaici, KvMauoi , vraisemblablement d'origine gaëlique, habitant à l'occident des Astures (voy. Strabon, 1. III, cap. m, \ 3, p. 126.)
Le nom de la petite ville maritime de Portugaletle, auprès de Bilbao, ainsi que celui de Portugal, dérive de Portus Gallœciœ, Portucalia, Portocalle, anciens noms de la ville de Porto, semblent encore rappeler le souvenir de ces colons gaëls
(ioy. B. Martin, Uist.de France, t. 1, p. 5, note 4. — Alph. Rabbe, introduction de Châtelain, Résumé de l'Histoire de Portugal, Paris, 1824, p. G et 19).
Quant aux migrations des Gaulois ou Gallo-Celtes des Gaules vers le sud-est et vers l'es!, Tite-Live nous dit qu'au temps de Tarquin l'ancien, vers l'année 587 av. J.-C-, selon M. Ain. Thierry, deuxjeunes chefs, neveux d'Anibigat, roi des Ëituriges Cubes, la plus puissante tribu de la Gaule celtique, Sigovèse et Bellovèse, conduisirent de nombreux émigrants dans deux directions dillérenles. Justin porte à trois cent mille bommes (trecenta millia) l'effectif de ces migrations (1. XX, cap. v).
Bellovèse, dit Tite-Live, rassembla ce qu'il y avait de population exubérante chez les Bituriges (anciens habitants des environs de Bourges), chez les Avernes (de l'Auvergne), chez les Sénones (des environs de Sens), chez les Eduens (des environs d'Autun), chez les Ambarres (des environs d'Ambérieux dans l'Ain), chez les Carnutes (du pays Chartrain), chez les Àulerques (vraisemblablement des environs d'É vieux et du Mans). Is, qucd his ex populis abundabat , Bituriges , Arrernos, Senones, sEduos, Ambarros, Carnutes, Aulercos, excivit (Tite-Live, Hist., 1. V, cap. xxxiv).
Après avoir porté secours aux Phocéens de Marseille en guerre avec les Salve*, peuplade ligure voisine de cette ville, les Gaulois de Bellovèse franchirent les Alpes par la gorge Taurine, ou des Taurins, anciens habitants de Turin, c'est-àdire par le mont Genèvre, défirent les Toscans, Tusci, ou Étrusques, sur les bords du Tessin, et, ayant appris que le terrain sur lequel ils se trouvaient s'appelait le champ des Insubres, frappés, ainsi qu'il a été dit antérieurement, de la conformité de ce nom avec celui des Insubres du pays des Éduens, ils y bâtirent Mediolanum, actuellement Milan. Bientôt après, ainsi que l'indiquent Caton, Pline et Tite-Live, conduits par Elitovius, des Cénomans, ou Aulerques Cénomans, anciens habitants des environs du Mans, mais déjà fixés plus au midi à l'ouest de Marseille, dans le pays des Yolces, suivirent les traces de Bellovèse, et vinrent se fixer dans le pays, possédé alors par les Libuens, où ils fondèrent Brescia (Briga, ville fortifiée; et Vérone.
Auctor est Cato : Cenomanos juxta Massiliam habitasse, in Volcis (Pline, Hist. nul., 1. III, eap. xxm, p. 176, coll. Nisard, éd. Dubocbet).
AHa subinde manus Cenomanorum Etitovio duce vestigia priortim secuta, eodem saltu, (avertie Belloveso, cum transcendisset Alpes, %ibi nunc Brixia ac Verona urbes sunt (locos tenuere Libui) considunt (Tite-Live, Hist., lib. Y, cap. xxxv).
Successivement à ces émigrations prirent part des Boïes, frères des Boïes Résina», l'icei Boii, plus tard mentionnés par saint Paulin (Opéra : Poemata. ejwt. IV, p. 477, Antverpia;, 1022),' de ceux, dont la ville, selon M. Elisée Reclus, serait actuellement recouverte parles sables à l'ouest de la Teste-dc-Biieli, jbmfl le voisinage du bassin d'Arcacbon, au sud-ouest de la Gironde (Élis. Reclus, le littoral delà France, lu lievuedes Deux Mondes, lo nov. 1865, p. 405); — des Lingons , anciens babitants des environs de Langres, avec des Anamans ou Ananes ; — enfin, selon Tite-Live et l'olybe, des Sénones, anciens habitants des environs de Sens. Franchissant les Alpes l'ennuies, c'est-à-dire la chaîne du Mont-Blanc, et traversant toute la région entre le Pô et les Alpes, déjà occupée, ils passèrent ce fleuve, et s'emparèrent au nord de l'Apennin du pays des Klrusques et de celui des Ombres, qu'on a vus précédemment s'être maintenus sur le littoral adrialique. Hononia, actuellement Bologne, l'ancienne Felsinaàet Étrusques, ainsi que l in-
CELTUS.
clique Pline (I. III, c. xx, p. 175, coll. Nisard), devint la capitale des Boies, dont M. Am. Thierry limite le territoire à l'est par Y Viens, aujourd'hui leMontone, à l'ouest par le Taro, au nord par le Pô, au midi par l'Apennin. Les Lingons se fixèrent près de l'Adriatique, vraisemblablement entre ce fleuve et sa branche méridionale nommée Padusa. Les Ananes ou Anamans auraient occupé, au nord de l'Apennin, entre le Taro et la Varasa, actuellement la Versa, la région qui correspond aujourd'hui aux duchés de Parme et Plaisance. Enfin les Sénones se portèrent plus -au midi, le long de la mer Adriatique, et occupèrent toute la région comprise depuis Y Viens jusqu'à YGEsis, rivière actuellement appelée leGesano Leur capitale, qu'il ne faut pas confondre avec Sena Julia, actuellement Sienne, fut Zijvvî, Sena Gallica, aujourd'hui Sinigaglia, qui, de nos jours, comme au temps de Polybe (1. II, c. xix) et de Silius Ilalicus, rappelle encore leur nom redouté.
Pennino deincle Boii L'uujonesque transgressé cùm jam inter Paduni atque Alpes omnia tenerentur, Pado ratibus trajecto, non Etruscos modo, sed etiam Vmbros agro pellunt; intra Âpenninum tamen sese tenuere. Tum Sénones, recentissimi advenarum , ab Vtenle flumine usque ad Œsim fines habuere (Tite-Live, Hist., 1. V, cap. xxxv).
Ta Si nspav toO Hxoov -rànEpï tov 'Attswi-jov, izpù-oi pèv "Avavsç, fiezà Si toOto'j; Boïot x«T';>/.r;(7aV 'sêfii ôï toûtcov co; 7rpôç tov 'AJptav Atjyw^;, ~à Si Tels-jraïv. ttgo; 0a).aTTï;
Ujuvzç (Polybe, Hist., 1. II, § 17, p. 80, coll. Didol).
...Senonum de nomme Sena (Silius Italicus, 1. V1I[, c. v, 455, p. 558, coll. Nisaru, éd. Dubochet; voy. aussi 1. XV, c. v. 556, p. 452).
Excepté les montagnes du littoral méditerranéen, à l'ouest, occupées par des peuplades ligures, excepté une portion fort limitée du litoral adriatique, accupé par les Vénètes, dont il Sv,:a plus tard parlé, les émigrants celto-gaëls occupèrent donc la plus grande partie ùs la haute Italie, comprise entre les Alpes au nord, l'Apennin au sud-ouest, et l'Adriatique à l'est. Dès lors ce beau pays, habité conjointement par les descendants des divers peuples qui l'avaient possédé, par des Ligures, des Ombres, des Etrusques, des Gelto-Gaëls lut distingué de notre pays, la Gaule transalpine, Gallia transalpina, par le surnom de Gaule cisalpine, Gallia cisalpina, divisée elle-même en Gaule transpadane, Gallia transpadana, au delà ou au nord du Pô, et en Gaule cispadane, Gallia cispadana, en deçà ou au sud de ce fleuve.
Sans insister davantage sur ces Gaulois d'Italie, étudiés avec grand soin par M. Am. Thierry dans son Histoire des Gaulois (liv. I et III) ; au point de vue ethnographique, qui seul doit nous occuper ici, il suffit de faire remarquer que, malgré les guerres sanglantes qu'ils livrèrent aux Romains; malgré la destruction des Sénones par Dolahellaen 283 av. J.-C., et des Boïes parOuintius Flamininus et Scipion Nasica en 192 et 191 av. J.-C.; malgré l'expulsion des rares survivants de cette dernière nation, queStrabon et Pline montrent avoir été se fixer sur les bords du Danube auprès des Taurisques, à l'est des Noriques, autour du lac Peiso, actuellement lac Neusiedel, ou lac Balaton, selon Ilouzé et Malle-Brun , il est permis de supposer que des descendants des Gaulois durent encore se perpétuer dans la haute Italie, mêlés non-seulement avec ceux des autres peuples antérieurs mais aussi avec les nombreux colons envoyés par les Romains (Houzé, Atlas univ. hist. et géogr. — Malte-Brun, Abrégé de géogr. univ., p. 92,1842).
...Boiou; . . . «Et aorâvTôç S'ùç toù; 7repi tov "lorpov tottou; us-à Taupicxwv tôxouv...
(Strabon, 1. V, cap. i, § 6, p. 179, coll. Didot).
Nùriek junguntur lacus Peiso, déserta Boïorwn (Pline, 1. III, cap. xxvn, p. 179, coll. Nisard, éd. Dubochel).
Quant aux émigrants gaulois, Gallo-Celles, qui, au commencement du sixième siècle av. J.-C, alors que Bellovèse se dirigeait vers l'Italie, se rangèrent sous les ordres de Sigovèse, Titc-Live nous dit qu'ils se portèrent vers la forêt Hercynienne. Tum Sigoveso sortibus dati Hercynii saîtus (Tite-Live, 1. V, c. xxxiv).
Il durent y rencontrer d'autres peuples celto-gaëliques. En effet, on a vu précédemment qu'Hérodote plaçait la source du Danube dans le pays des Celtes (1. II, c. xxxm) ; et peut-être la présence de ces peuples' celtiques, dans la région méridionale de la Germanie explique-t-elle comment Dion Cassius longtemps après, au troisième siècle ap. J.-C, croyait devoir désigner encore sous lu dénomination de Celtes ceux que l'on appelait alors Germains. K=>t&>v y&p twsç, oûç Si) rsp/xavouç zaioûuîv... {Hist. rom., 1. LUI, cap. xn).
Eu outre Tacite et Strabon montrent que les Helvètes etlesBoïes, peuples de race gaélique, babitaient anciennement, les premiers entre la forêt Hercynienne, le Rhin et leMe'm, conséquemment au nord du pays auquel ils ont laissé le nom d'Helvétie; les seconds, une région plus éloignée de la forêt Hercynienne, la Bohême actuelle, qui conserve encore leur nom Boiohemum, Boïes-heim, Bœhmen, demeure des Boïes, malgré qu'ils en aient été chassés par les Marcomans, Markmann.
Hercyniam silvam, Rhenumque et Mœnum avinés, Helvetii, ulteriora Boii, Gallica utraque gens, ienuere. Manet adhuc Bohœmi nomen signatque loci velerein memoriam. (Tacite, De mor. Germ., XXVIII; voy. aussi XLIJ).
"t/îsi Si -/.ai Boto'j; tov 'Épxuvtov Jpupov oixîtv izportpov (Strabon, 1. VII, cap. Il,
A une partie de ces Boïes de Bohême chassés du nord au midi par les Marcomans, ainsi vraisemblablement qu'aux Boïes descendant de ceux que Strabon (1. V, cap. i, \ 6, p. 177) dit être venus d'Italie sur les bords du Danube, paraît également du nom de Boïoaria, la Bavière actuelle, dont Boiodurum actuellement Innstadt, faubourg de Passau, fut une des villes principales. De ces mêmes Boïes, voisins des Helvètes faisaient partie ceux qui, au nombre de trente-deux mille, en l'an 61 av. J.-C. prirent part à l'expédition dans les Gaules, dirigée par Orgétorix, chef des Helvètes. Après la victoire que César remporta sur ces envahisseurs, seuls ces Boïes, réputés par leur vaillance, à la sollicitation des Éduens, alliés des Romains obtinrent du vainqueur de s'établir sur les bords de l'Allier, dans une région qui depuis fit partie du Bourbonnais.
Boiosque, qui trans Bhennm incoluerant et in agrum Noricum transierant César, De Belîo gullico, l. I, cap. v).
Boïos, petentibuê /Lduis, quod egreyiâ virtule erant cogniti, ut in finibtts suis collocarent, concessit; quibllf illi agros dederunt, quosque poslea in parent jur'is, liberlalisque conditionem , atqne ipsi erant, receperunt (Ibid., 1. I, cap. xxviu; voy. aussi cap. xxn).
.M lis ^ïus insister davantage sur ces Boïes, belliqueuse nation gaélique disséminée en Gaule, en Italie, en Germanie, il finit, aux peuplades eclto-gaëliques déjà mentionnées comme habitant le centre et la région méridionale de la Germanie, en ajouter beaucoup d'antres, dont la migration, ou l'établissement dans les pays où l'histoire nous les montre, remonte à une époque indéterminée antérieure ou postérieure à l'émigration de Sigovèse.
Strabon (I. IV, cap. i, ^ \',) et César disent que des Volces Teclosages, Tewd-
(7cr/eç, habitants des environs de Toulouse, à la suite de dissensions violentes abandonnèrent leurs demeures pour venir occuper des terres fertiles auprès de la foret Hercynienne. Galli... pr opter hominum multitudinem agrique inopiam trans Rhenum colonias initièrent. Itaque ea, quœ fertilissima sunt, Germaniœ loca circum lkrcyniam silvarn... Volcce Teclosages occupaverunl atque ïbi consederunt (César, De Bello gallico, l, VJ, cap. xxiv).
Justin dit qu'une portion des Gaulois sortis de notre pays, se laissant, guider par le vol des oiseaux, se portèrent vers les golfes illyriques, en massacrant les habitants, et allèrent s'établir en Pannonie, c'est-à-dire dans la région de l'Autriche actuelle, située au sud et à l'ouest du Danube. ...Elportio ilhjricos sinus ducibus avibus... per strages Barbarorum penelravit et in Pannonia consedit : gens aspera, andax, bellicosa (1. XXIV, c. iv, p. 495, coll. Dubochet).
Les Teuristes et Taurisques auprès desquels on a vu précédemment venir se fixer les Boïes expulsés d'Italie, étaient également de race gaélique, selon Strabon. Leur pays correspond en partie à la Carinthie actuelle Karnthen, au nord des Carnes, anciens Gaëls de la Carniole (voy. H. Martin, Hist. de France, t. I, p. 16, note 2). Tsup£a«raç y.cù Taupterateuç, /.ai toûtouç Tocliza;... (Strabon, 1. VIT, cap. ii, § 2, p. 244).
Plus au sud, auprès du mont Ocra (Acra), mêlés aux Illyriens, habitaient les Iapodes, de race celtique, selon Strabon et Stéphane de Byzance (De urbibus, éd. grecque et latine de Gronovius et Thomas de Piuedo, in-fol. Amsterdam 1678).
K«i oi 'liizoSzç S'z (vjS-ri toûto Imjujcrov 'iWvpioïç v.cà KeVroîç ïO-joc) Trzpï tovtov; oî-
ZOÛfft TOÙÇ TÔ7TOUÇ, y.OÙ ÏJ "Ov.pO. Tclr^loV TO-JT&JV SOTIV (StrabOll, 1. IV, Cap. VI, §10,
p. 172 ; voy. aussi 1. VII, cap. v, § 2, p. 260, collection Didot).
Arrien et Strabou (I. VII, cap. m, § 8) placent aussi dans la région montagneuse du littoral de la mer Adriatique, nzp'nav 'Afyi'av, près du cap Ionique, le pays occupé par les Celtes qui parurent si arrogants à Alexandre, lorsque, interrogés par ce roi de Macédoine, vers l'année 340 av. J.-C, ils répondirent : « Nous ne craignons rien que la chute du ciel ; cependant nous estimons l'amitié d'un homme tel que toi. »
Kcd T.a.où. Ks/twv §z twv zm tw 'Iovî&j y.oXizm &j/.î<7f/.évc«jv îjxov (Arrien, l. I, cap. IV,
Des peuples celtiques et gaéliques étaient donc répandus dans toute la vaste région, qui depuis le Rhin et le Mein, parla vallée du haut Danube, et celle de la Save, par les Alpes orientales, s'étendait le long du littoral montagneux de l'IUyrie jusqu'à la mer Ionienne.
Tandis que bien au nord du Danube, les Rutbènes qui habitent une partie de la Galicie semblent rappeler le nom des Ruteni des Gaules, anciens habitants du Piouergue, actuellement le département de l'Aveyron, ainsi que l'a rappelé M. le baron J. Gaujal (Mém. sur les Ruthènes de Gallicieet de Hongrie, t. III, p. 117 des Éludes historiques sur le Rouergue, 4 vol. in-8, 1858-59. Paris). Tandis que les Bastharnes ou Basternes, habitant la région qui correspond à la Podolie et à la Moldavie actuelle, où se trouve la ville de Galatz, sont considérés par Plularque comme des Gaulois.
...Kcd Talx-ct; toù; tzzpi-.m "larpov &V/.»^bou; BaorÉovat sca).oOvTai.. « (Plutaïque, Paul Emile, § IX, p. 510, coll. Didot; voy. aussi Strabon, 1. VII, cap. t, § i, p. 240, coll. Didot).
Tandis qu'auprès de ce fleuve, maintenant encore, les Valaques ou Welches d'Orient rappelleraient l'élément gaélique de la population roumaine, selon
H. H. Martin (Hist. de France, t. 1, p. 477 et suiv., nota 12 sur Y Origine de la Roumanie.). Au sud du Danube on voit donc qu'anciennement de nombreux peuples ealU^gaëliques se répandirent jusqu'aux frontières de la Thrace, de la Péonie, de la Macédoine et de l'Épire. Aussi la présence de nombreux émigrants dans les montagnes anciennement appelées Alban , actuellement encore Albanie, explique comment de nos jours, selon Pouqueville, les belliqueux Arnaoutes se prétendent les descendants des Français, ou plus exactement des anciens habitants de la France (Pouqueville, Voyage en Morée, à Constanlinople, en Albanie, t. III, p. 20 et 21. Paris, 1805).
Longtemps les peuples celto-gaëliques du bassin du Danube et des montagnes de l'Illyrie lirent des incursions dans les Etats du nord de la Grèce. Un Brenn, Bofwov, ou chef de guerre de la tribu des Praus, ripaOcov, selon Strabon (1. IV, cap. i, § 15), vraisemblablement les mêmes que les Thrauses, Thrausi, que Tite- Live mentionne au nord de la Thrace (Hist., 1. XXXVIII, cap. xli), après avoir réuni les guerriers de nombreuses peuplades celto-gaëliques et germaniques, battit par lui-même et par ses lieutenants l'armée macédonienne de Ptolémée Ceraunus, le Foudre, et de Sosthènes, celle des Grecs coalisés pour défendre le passage du Sperchie et le défilé des Thermopyles, et vint piller le temple de Delphes, en l'an 279 av. J.-C. Mais la plupart des guerriers, qui n'avaient pas péri dans ces expéditions, retournèrent dans leurs pays, au nord de la chaîne de l'Hémus, actuellement les Balkans, dans le bassin du Danube, ou à l'ouest, dans les régions montagneuses de l'Illyrie. Peu d'entre eux se fixèrent dans les pays qu'ils venaient de parcourir et de dévaster. D'après Justin (1. XXXII, cap. m, p. 518), Tite-Live et Athénée (1. VI, p. 254, texte et trad. lat. Casaubon, 1598, et p. 256, cap. v : Animadversiones, 1600), quelques-uns au retour de l'expédition de Delphes, revenus au nord du mont Scordus, actuellement Tchardagk ou monte Argentaro, en Epire constituèrent le redoutable peuple des Gaulois Scordiskes, Ko/j&ara ou SzoooiTzoï r«).«Tat, selon Strabon (l. VII, cap. n, §2, p. 244), qui, après s'être fixés sous la conduite de Balhanat, Ba0âv«Toç, au confinent du Danube et de la Save, s'étendirent, en soumettant les populations de ces régions, depuis la Thrace jusque dans la Pannonie, dont ils possédèrent une partie, jusqu'au pays des Taurisques, dans les vastes contrées qui correspondent actuellement à la Servie, à la Bosnie, à l'Herzégovine, à la Dalmatie, à la Croatie, à l'Illyrie et à l'Esclavonie. Quœ Thraciœ natio, Gallicam originem a tempore Brenni repetebat. Nam amisso apud Dell'hoz ImperaUjre, reliquas copias qua polerant rediisse domnm; suos majores, duce Balhanato, cujus lum adlnic sub eodem vocabulo manebat genus, ad 'onfluenles Danubii et Savi, sedibus caplis, Scordiscos appcllari cœpisse. Al hoebtitio, paulatim submotis accolis, regioncm salis amplam occuparcrunt, nt finilimi Pnnnoniis adeoque Pannoniœ pars, a Tauriscis monte Claudio disjuncti, Utque Tkraciam dilione prolala, illius populis acccnserenlur (Tite-Live, Hist. qnod exttat cum integris Fremshemii supplcmenlis , t. Il , p. 1 ,
hb. tarai, 1 1). *
D'autres Gaulois, d'après Polybe, sous le commandement de Comcnlor, Kcyv,-ov.-.;, iraient demeuré* en Thrace au sud du mont Hennis. De leur capitale ri.yle, t///(, ils dominaient le pays, et imposaient un lourd tribut aux habitants de Byzance (Poljhe, l. iv, cap. xm, p. 255, coll. Didot).
D-s Tectosagcs, qui, ainsi que l'indiquent Strabon (I. IV, cap. i, g 15, p. 156) et Justin, avaient pris part à l'expédition de Delphes, les uns, non' contents do. retourner en Germanie, près de la forêt Hercynienne, où deux siècles plus tard César
signale leur présence (1. VI, cap. xxiv), reportèrent , jusqu'à Toulouse, leur ancienne patrie, les dépouilles de la Grèce (Justin, 1. XXXII, cap. ni, p. 518).
Les autres, avec d'autres guerriers gallo-celtiques et germains passèrent en Asie. Conduits selon Strabon (I. XII, cap. v, p. 485) et Tite-Live par Lular ou Lotliaire, Lutarius, et Léonor, Lconorins, Asowôptoç, ces guerriers, appelés en Asie par Nicomède, roi de Bithynie, pour repousser l'usurpation de Zybétas, se montrèrent partout victorieux, et quoique réduits de vingt mille à dix mille combattants, mais bientôt suivis d'autres émigrants occidentaux, ils établirent leur domination sur toute l'Asie Mineure située à l'ouest duTaurus. Sous les dénominations de Tectosages, de Trocmes et de Tolistoboïes (mélange de Boïes et deTolosates, Tectosages habitant les environs de Toulouse (voy. Diefenbacb, Celtica,]\, etAm. Tbierry, /. c, 1. II, ch. i, p. 225, noie), dénominations rappelant moins les noms de chefs, ainsi que le pense Strabon pour les derniers, que les noms ethniques des combattants, ces Gaulois, partagés en trois hordes distinctes, se distribuèrent le vaste territoire soumis par leurs armes. Les Trocmes, ainsi que l'indique Tite-Live, eurent en partage la côte de l'Hellespont , région maritime du nord-ouest de l'Asie Mineure, correspondant actuellement au détroit des Dardanelles. Les Tolistoboïes eurent lVEolide et l'Ionie, correspondant au littoral occidental. Les contrées de l'intérieur échurent aux Tectosages. Ainsi toute l'Asie située en deçà du mont Taurus, payait tribut à cette nation, dont le principal établissement était fixé sur les rives du fleuve Halys. Enfin l'accroissement successif de leur population les rendit si redoutables, que les rois de Syrie euxmêmes n'osèrent refuser d'être au nombre de leurs tributaires. Postremo cum ires essent gentes, Tolistoboii, Trocmi, Tectosagi ; in très partes, quâ cuiqne populorum suorum vectigalis Asia esset diviserunt. Trocmis Hellesponti ora data; Tolistoboii, JEolida atque Ioniam; Tectosagi mediterranea Asiœ sortiti sunt. Et slipendium totâ cis Taurum Asiâ exigebanl; sedem autem ipsi circa Ealyn flumen ceperunt : tantusque terrer eorum nominis erat mullitudine eliam magna sobole aucta, ut Syviœ quoque ad postremum reges stipendium dure non abnuerent (Tite-Live, Hist. Rom., lib. XXXVIII, § xvi, trad. de Dureau de la Malle et Noël).
D'abord disséminés dans quelques camps retranchés, ou allant de villes en villes au milieu des populations grecques et asiatiques qui leur payaient tribut en argent et en vivres, mais continuaient à se gouverner elles-mêmes, après les defaites que le roi de Syrie, Anliochus le Sauveur et son général Théodolas le Rhodien, ainsi qu'Attale, roi de Pergame leur liront éprouver, suivant Lucien de Samosate et Tite-Live, ces peuplades gauloises devinrent sédentaires (Lucien, Zeuxis ou Anliochus, ch. xxn, g 8 à il, p. 247 et 248, coll. Didot. — Tite-Live, 1. XXXY1II, ch. xvi). Selon Strabon, Pline et quelques antres auteurs, les Tectosages, et une tribu de moindre importance, vraisemblablement germanique, les Teutobodiaque se fixèrent dans la Grande-Phrygie, à l'occident du fleuve Halys, actuellement le Kisil-lrmak. Ils eurent Ancyre, maintenant Angora ou Angorieh pour capitale. Les Tolistoboïes, avec les tribus secondaires, les Yotures, et les Ambitues s'établirent plus à l'ouest, auprès de la Bithynie, dans une partie de la Phrygic, surles bords daSangarius, eneoreappelé SaLaria. Ils curent pour villes principales Blaukion et Peion. Pessinunte, Pesinus, apparltint, selon Pline aux Tolistoboïes, suivant Strabon aux Tectosages. Enfin les Trocmes, fixés à 1 est de l'Ilalys et à l'ouest du Pont et de la Cappadoce, eurent pour quartier gênerai Taw ou Tavion. Assez mal délimité, l'ensemble du territoire occupé par ces trois
peuplades, connu sous les noms de Galatie, Galatia, r«).aTi'a, de Gaule asiatique, de Gallo-Grèce, Faftoypaixtec, était donc borné au nord par la Bitliynie, et la Paphlaeonie, à l'ouest par le royaume de Pergame et par la Phrygie maritime, au nord-est par le Pont, et à l'est par la Cappadoce.
Siinul dicendum videtur et de Galatia, quce superposita agros majori ex • parte Pkrygiœ tenet, caputque quondam ejus Gordium. Qui parlent eam insedere Gallorum, Tolistobogi et Voturi et Antbitui vocantur; qui Mœoniœ et Paphlagoniœ reqionem Trocmi. Prcetenditur Cappadocia a septenlrione et solis ortu, cujus uberrimant partent occupavere Tectosages ac Teulobodiaci. Et génies quidem hœ. Populi vero ac tetrarchiœ omnes, numéro CXCV oppida : Tectosagum, Ancyra ; Trocmorum, Tavion; Tolistobogorum, Pesinus (Pline, 1. V, cap. xin, p. 254, texte et trad. de Littré, coll. Dubochet).
"E/o-jti ôï oi urv Tpoxpoixà Tzpb; t<û rtovrco v.cà tîj Ea7wra5ozt«. . . apovpice. S'avxjoïç -i-iiyi-7-a.i "oca, Taouiov. . . Tpoxjxot pèv Sri ■z'x.vr'zyovin là. pipi?, TsxTÔo-a-yeç Sï xà Trpo; tç usjakq <I>svyîa r/j v.a-à. IIeo"<TivoûvTa v.a.1 'Opxaôpzov;' tou-wv S'ïjv ©povpiov "Ayy.vpa.. . . To/iotoom'/ioi oi ôuopoi BiQoyoî; etct scat tt, 'Etuxtôtw vxù.owj.ïrt) $pvyt<f' topovpia. 3 aù-
TûvîffTtTô ts B>(wwovxai*ôIl55iov (Strabou,l. XII,cap. v,§ 2, p. 485-6, coll. Didot).
Ces Gallo-Celtes de la Galatie, qui répond actuellement aux Sandjakats d'Angonrieh et de Kiankari, quoique soumis par Cneius Manlius, en J 87 av. .I.-C. à la domination romaine, n'en continuèrent pas moins à babiler l'Asie Mineure, où récemment M. Georges Perrot remarquait encore leurs descendants parmi les femmes d'Angora (G. Perrot, Souvenirs d'Asie Mineure, in Revue des Deux Mondes, mars, 1865, p. 514).
On voit par l'exposé précédent combien fut étendue l'aire géograpbique des populations gaéliques et gallo-celtiques. Outre quelques peuplades laissées dans la Germanie septentrionale, ces populations occupèrent une grande partie des lies Britanniques, de la Gaule, du nord de l'Espagne et de l'Italie, du midi de la Germanie, del'Illyrie, et enfin après avoir ravagé les régions septentrionales de la Grèce, et y avoir laissé quelques minimes colonies, allèrent fonder en Asie Mineure un État quelque temps puissant et redouté.
Ces Gaëls, rtùàxai, que Diodore de Sicile distingue des Celtes, Kzlrol, et nous dit avoir d'abord occupé les régions maritimes s'étendant de l'océan Atlantique à la Scytbie ou Russie actuelle, ne paraîtraient être que les Cimmériens les plus occidentaux, que les premiers émigrants vers l'occident des populations cimmériennes de l'Orient dont il sera ultérieurement parlé. « Suivant l'opinion de quelques écrivains, ajoute cet historien, ce peuple, devenu fameux par sa férocité, est le même que celui qui, dans les temps anciens, a ravagé toutel'Asie, sous le nom de Cimmériens, dénomination qui, s'étant altérée parle laps des ans, s'est changée facilement en celle de Cimbres. » bitâiïmp-ivm oi ri?; tovtwv êùttfjç /.ai. àyplo-
XHtéi ç.'/Tt Ttv;; h Ttili JCeÛCUàU ypôjoiç TOÛfi Tj}V 'Aa-*av ôVaffav ■/.a.-oiSpa.p.QYtai, ovo- ■''/'.: j.ii'sj- ni K>.y.jipl'jj;, tovtovî zuv.i, Bpcr.yv tov ypovov t/jv ).sçiv fQtlpa'J-oç èv Tij fSn uâàvféK» Ktftûpen xpatnryopla (Diodorc de Sicile, 1. V, ch. xxxn, p. 275, tcxle et trad. lat. de Bindorf et Millier, coll. Bidot ; v. trad. franç. de Miol, 1854).
l'areillement les Gaëls paraissent avoir eu avec les Belges de grands rapports ethniques, qui de nos jours semblent encore être rappelés par la synonymie des populations de ceitaines contrées. En effet le nom des Gaëls ou Galls se retrouve encore actuellement peu modifié dans le nom de Wallons porté par les Belges du Hainaut, des provins de Namur, de Liège, du Brabant et du Luxembourg ; Wallons que M. Henri Martin regarde comme des « Belges de race pure » (les Ilaccs
CKLTES.
brunes etles races blondes, in Revue nationale et étrangère, t. III, p. 127, 1861).
Quant au nom de Welsii donné par les Anglais à l'habitant actuel du comté de de Galles que, d'ailleurs, suivant M. Esquiros, certains elhnologistes regarderaient comme ayant été colonisé par des Belges, de môme que le nom de Wàlsch, Welchc donné encore actuellement, suivant M. de Godron, par les Alsaciens de langue germanique , au Lorrain , ou à tout autre habitant de L'ancienne Gaule, ils présentent également certaines analogies avec le nom de Belge (Godron, Études ethnologiques sur les origines de la population lorraine. Nancy, 1862, p. 44; — Alph. Esqniros, L'Angleterre et la vie anglaise; le Sud du pays de Galles, m Revue des Deux Mondes, 15 levr. 1865, p. 807).
Les Belges, Relgce, Bùy&i, occupaient toute la région nord-est des Gaules comprise entre le Rhin, la mer, la Seine et la Marne, ainsi que l'indiquent la plupart des auteurs anciens, entre autres César. ...A Belgis Matrona et Serjuana dividit... Belgœ ab extremis Galliœ finibus oriuntur ; pertinent ad inferiorem partent fluminis Rheni; spectant in septenlriones et orientent soient (César, De Bell, gall., 1. 1, cap. i).
D'après Strabon, les Belges non-seulement se seraient étendus du Rhin à la Seine et à la Marne, mais auraient occupé toute la région maritime septentrionale des Gaules, s'étendant au nord des Celtes, du Rhin à la Loire, région que précédemment Diodore de Sicile nous a montre être occupée par les Gaëls, Toit-u, qui sembleraient donc encore s'y confondre avec les Belges (Diodore de Sicile, 1. V, ch. xxxii, p. 273, coll. Didot). Cette occupation de notre pays par les Belges remonterait, selon M. Ain. Thierry, approximativement à 280 ans, d'après M. Schayes, entre 200 et 130 avant J.-C. Cette date, vraisemblablement anléiieure, paraît difficile à déterminer (Am. Thierry, Hist. des Gaulois, Introd. Belges et Armorikes, t. I, p. 37, éd. 1862; — Schayes, les Pays-Bas avant et durant la domination romaine, t. I, p. 55, 2 vol., 1857).
Toûtmv Sk toùç B&yaç àpiarou; oao-îv, eiç ■nz-JTtv.aŒv/.a. s'Gvr, rjii>oï!p.Évov:, -.à ui-c/.t'j toO Pjjvou xal rov Asfyrjpoç Tza.poï/.ovv-a. tov wxeavôv... (Strabon, 1. IV, ch. IV, § 0,
p. 163, coll. Didot).
Les Belges d'ailleurs paraissent, pour la plupart, avoir été d'origine germanique. Ainsi que le dit positivement César, ils auraient franchi le Rhin pour s'emparer de contrées fertiles. Au nombre des tribus germaniques établies dans la Gaule belgique, César, Tacite, Strabon (1. IV, cap. m, § 4) indiquent : les Éburons, Eburones, anciens habitants du pays de Liège; — les Tongres, Tungri, qui les premiers des conquérants d'outre-Rhin auraient pris le nom de Germains, Wiieujiann, homme de guerre, et ne seraient venus se fixer dans la région, où ils élevèrent la ville, encore appelée Tongres, dans le Limbourg, que peu de temps avant l'époque de Tacite, vraisemblablement dans la seconde moitié du premier siècle av. J.-C. ; — les Conduisions, Condrusi, anciens habitants du Condrotz dont la petite ville d'IIuy est le chef-lieu ; — les Ctereses, Cœrœsi, et les IVeinanes, Pœmani, anciens habitants du Luxembourg actuel ; — les Nerviens, Nerrii, EtyoutMj peuple énergique qui possédait une grande partie de la région qui correspond actuellement à la Flandre, au Rainant et au Cambrésis; — lcsTrévires, Trereri, Tpnompoi, peuple considérable ayant pour capitale la très-antique ville de Trêves, Trier ; — les Vangions, Vangioncs, des environs de Borbeiomagus, \\ orms ; — les Némètes, Nctnetes, des environs Noviomagus, Spire, Spiep, ; — les Tnboques, Triboci, Tp&ov.yj»., des environs d'Argentoratum, Strasbourg, etc., etc.
Plerosque Belgas esse ortos ab Gcrmanis; Bhemnnguc antiquiius Irons-
ductos, propter loci fertilitatem ibi consedisse Condrusos, Eburones, Cœrcesos, Pœnianos, qui uno nomine Germani appellantur (César, De Bell, gall., t H, cap. iv).
Ceterùm Germaniœ vocabulitm recens et nuper addition : quoniam qui primi Rlienum transgressi Gallos erpulerint, ac mine Tungri, lune Germani vocati sint : ita nationis nomen, non genlis (Tacite, De mor. Germ., II).
...Treveri et Nervii circa affectationem Germanicce originis ultro ambitiosi suiil... Ipsam Rheni ripam hauddubie Germanorum popuU colunt, Yangiones, Triboci, Nemetes (Tacite, De mor. Germ., XXYIII).
Le nom de Belgium paraît avoir été réservé spécialement à une partie assez limitée de la Gaule belgique correspondant aux pays desBellovaques, des Alrébates et des Ambianiens, anciens babitants des environs de Beauvais, d'Arras et d'Amiens {voy. César, De Bell, gall., 1. V, 1. xxiv). Ces importantes tribus belges paraîtraient avoir étendu leur autorité, non-seulement sur les populations babitant antérieurement le pays, mais aussi sur les antres peuplades étant ultérieurement venues de Germanie. La grande autorité et le renom de courage dont jouissaient les Beliovaques, Bellovaci, selon César (1. II, cap. iv) parmi les peuples de la Gaule belgique , sembleraient porter à le croire. D'ailleurs ces habitants du Belgium, ces Belges proprement dits, ainsi que d'autres de la région plus occidentale de la Gaule belgique , vraisemblablement venus aussi d'oulre-Bbin , avaient probablement occupé le nord de notre pays à une époque bien antérieure à celle de l'arrivée des Nerviens , des Tongres et autres peuplades germaniques sus-mentionnées. Cette ancienne immigration des peuples Belges semble admissible, lorsqu'on remarque d'une part que Denys le Périégète place les Bretons, BprravoÉ, au nombre des nations germaniques habitant les montagnes de la forêt Hercynienne, les montagnes du Harz actuel ; et d'autre part que Pline indique les Bretons, Britanni, comme habitant auprès des Beliovaques et des Ambianiens, non loin du Beauvaisis, et de Samarobriva actuellement Amiens. D'après Juste-Lipse, cité par MM. Littré et Roget de Bellogu-.t, des landes marécageuses entre Coveerden et l'Ems porteraient encore le nom de Bruyères Bretonnes, Bretansche Heide. En Ost-Frise, près de Leer, une chaîne de collines conserverait encore celui de Brettenberg. A l'embouchure du vieux Pdiin, près de Cathwyk, aurait existé anciennement Brittenburgo, un fort breton ptoget de Belloguet, Ethnogénie gauloise, p. 251, 1864).
. . . svôa Bpe-ravot Atuxi tî fvXcc •Au.vtxax àpitutniio» I'sp^avi'jv V.o/.-j-jI'j-j îivj'j.'M Tzv.rjc/.OrMT/.o-j-t^ ôpoyzoTJ? .
(Denys h: Périégète, in Geographi grœci minores, Godofrcdi Bernhardy. Lipsise, 1828, texte et trad. latine. V. 284-6.)
Britamti, Ambiani, Bellovaci (Pline, ilist. nat., 1. IV, cap. xxxr, p. 252 et BS5, éd. de Pankoucke).
Les peuplades, Ixdges norKscuIcmcnt occupèrent notre pays jusqu'à la Seine cl à la Marrie, et vraisemblablement quelques-unes s'avancèrent, ainsi que semble l'indiquer Strabon fl. IV, ch. iv, \ ?>), au delà de la Seine jusqu'à la. Loire, mais, selon M. Am. Thierry, certaines d'entre elles se seraient portées plus au midi. Tel> seraient les Volkcs, Voira;, OùoTautl, désignés dans quelques manuscrits gos le nom de Ilolgm, ildfja- (Am. Thierry, HUt des Gaulois, Inlroduct. et P- IV, ch. i, p. 457 du t. I). Ce peuple, dont toutefois l'origine belge reste encore insuffisamment prouvée, se divisait en Volkcs Arécomikcs ayant Nemausus,
Nîmes, pour capitale, et en Volkes Teclosagcs, subdivisés eux-mêmes eu Tolosates des environs de Tolosa, Toulouse (Justin, I. XXXII, cap. m, p. 518), et en Àticini, des environs de Carcaso, Carcassonne. On a vu précédemment que ces Tectosages, en partie émigrés en Germanie près de la forêt Hercynienne, prirent part à l'expédition de Delphes, et constituèrent une des peuplades Galates de l'Asie Mineure. Regio Volcarum Tectosagum.. . Carcasum Volcarum Tectosagum... Nemausum Arecomicorum... Tolosani Tectosagum (Pline, 1. III, c. v, p. 159-160, éd. Dubochet).
Un grand nombre de tribus appartenant, soit aux populations occupant antérieurement la région septentrionale de notre pays, soit aux Belges, passèrent également dans les îles d'outre-Manche, ainsi que le disent Tacite (Agric. vita, XI) et César. Maritima pars (Britanniœ) ab Us quiprœdce ac belli in ferendi causa ex Belgis transierant ; qui omnes fere Us nominibus civitalum appellantur, guibus orti ex civitatibus eà pervenerunt, et be.Ho illato ibi remanserunt, algue agros colère cœperunt (César, De Bell, gall., I. V, cap. xu).
De ces colons, les uns conservèrent le nom général de Belges, comme les Belges, Bélyott, qui avaient pour ville Obiv-cx, Venta Belgarum, actuellement Winchester dans le comté de Southampton, mais s'étendaient au nord-ouest dans la région qui répond aux comtés de Wiltz et de Sommersel. Bétyai -/.ai tô)u; hç, 'xSoczoïQippà Oùsvra (Plolémée, éd. deWilberg, 1838, p. 109).
Les autres conservèrent le nom propre de leur peuplade ou de leur pays ainsi que l'indique César (1. V, cap. xu). Tels furent les Atrébates qui, des enviions d'Arras, des bords de la Scarpe, envoyèrent au sud-ouest de la haute Thamesis, Tamise, des colons qui y conservèrent leur nom d'Atréb.ites, 'ArpsêaTtoi, et eurent pour ville Caleva, Kalyovx. Tels furent aussi les Parisiens, Parisii, riapta-iot, qui fixés sur les bords delà Seine, Sequana, Zqxoava, autour de la petite ville insulaire de Lulèce, Lutœtia, AovxotexÉa, actuellement Paris, paraissent également avoir envoyé des colons au nord de Y Abus, actuellement l'Hurnber, où Ptolémée les montre conservant le nom de Uaplaoi, et ayant pour capitale Peluaria, IlsTouapta, actuellement Burgh au sud du comté d'York.
Tels furent sans doute bien d'autres petits peuples, entre autres les JEAu\, anciens habitants du comté de Sommerset, selon John Hughes, peuplade qui aurait porté le même nom que les JEdui, Éduens continentaux, peuple puissant, non delà Gaule belgique, mais delà Gaule celtique, occupant un vaste territoire autour de Bibracteou Augustodunwn, actuellement Autun (John Hughes, llorœ Britannica: on studies in ancient Bristish history, London, 1819, p. 59).
Elra 'Arpsêariot /al ttoÎiç KaLjoua (Ptolémée, /. C, p. 109).
Ilpoç otç in pi tov EvllpLSvov xô1tzot>, ïlocpicoi xaî 7rà).i; riîTovapta (Ptolémée, /. C. ,
Parmi ces colons continentaux, les Bretons que précédemment Dcnys le Périégète (l. c, V, 284-G), eL Pline (I. IV, cap. xxxi) nous ont montré successivement fixés en Germanie, sur les monts Hercyniens, puis en Gaule belgique auprès des Bellovaques et des Ambianiens, paraissent avoir eu très-anciennement l'honneur de donner leur nom aux îles Britanniques, antérieurement appelées Albion,
'A).outav.
Selon Bèdele Vénérable, ces Bretons qui donnèrent leur nom à la Grande-Bretagne, dont ils occupèrent la partie méridionale, niais aussi quelques points plus septentrionaux comme Dumbarton, Dun-Buitton, la Balclulha des poèmes d'Ossia», sur la cote ouest de l'Écossc actuelle, venaient du littoral armoricain, dénomma-
tion sous laquelle il entendait vraisemblablement, non-seulement la partie nordouest des Gaules appelée Armorike, niais aussi une grande partie du littoral septentrional, correspondant à notre Normandie actuelle, comprise d'ailleurs par César dans les pays armoricains (De Bell, gall., 1. VII, cap. lxxv). 11 est difficile d'assigner une date approximative au passage des Bretons eu Albion, quoique cependant Henri Hunling Donensis croit devoir le rapporter à l'époque, d'ailleurs peu précise, du troisième âge du monde (Ossian, Poésies cjalUques, trad. de Letourueur, t. III, p. 7-11, Carthon, Paris, an VI; — voy. sur Dunbarlon, Houzé, Atlas univ. hist. et géog., Angleterre, carte III; — Henrici archidiaconi Huntendoniensis Historiarum libri oclo, 1. I, p. 501, 1600).
In primisheee insula Brilones solum, à quibus nomen accepit, incolas habuit, qui de tractu Armoricano (ut fertur) Britanniam advecti, australes s ibi partes illius vindicarunt. Beda, Ecclesiasticœ historiée gentis Anglorumlibri quinque : 1. I, cap. i, p. 2, Anlverpiœ, 1550).
Il est toutefois permis de penser que ces migrations transmaritimes eurent lieu successivement depuis des époques assez reculées. M. William Betbam croit devoir rapporter au dix-huitième siècle avant Jésus-Cbrist la première immigration des Belges au Firbolgs en Irlande sous la conduite de Neameid, Nemidius. Ossian, barde du troisième siècle après Jésus-Christ, et Macplierson qui a recueilli ses poésies, signalent Larlhon comme le premier chef des Firbolgs ou Filbogs, c'est-àdire hommes d'arc, ayant passé d'IxiSHUiNA, côte sud-ouest de la Grande-Bretagne, en bisFAiL ou Irlande actuelle, dont la partie méridionale peuplée de ces immigrants aurait porté quelque temps le nom de Bolga. Selon Mac-Geogbegan, qui s'appuie des recherches de O'Flaherty (Ogygia, part.o cap.ix), et suivant William Betbam, ces Firbolgs ou Belgiens, très-anciennement chassés d'Irlande, y seraient revenus deux siècles plus tard sous la conduite d'arrière-petils-fils de Neameid, les cinq frères : Slainge ou Slaingey, Bighraidhe, Bughruighe ou Bory, Garni, Gannan ouGeanann, et Sengau ou Seangann. Les descendants de ces Firbolgs, sous le nom de Ferdomnoins, auraient principalement occupé la Conacie, région occidentale de l'Irlande, qui répond approximativement au Connaught actuel. Ces Firbolgs, vers l'an 50 avant Jésus-Christ, sous le règne d'Eocha ou Eochaid IX se seraient divisés en trois peuplades, les Fircraibs aux environs de Limericum, Limerick; les Gamanrads depuis les environs de Gallovidia, Galloway, jusqu'aux confins de l'Ultonie, l'Ulster, enfin les Tuatha Taidheans dans la Lagénie, le Leinster actuel. Il semblerait donc que les Belges ou Firbolgs auraient anciennement envahi la plus grande partie de la région sud-ouest de l'Irlande correspondant à la Momonia, Munster, à la Conacia Connaught, et au sud de la Lagenia, Leinster ; mais que les anciens possesseurs de l'île auraient su maintenir leur indépendance dans la région nord-est correspondant à YUllonia, Ulsler, et à la plus grande partie de la Lagenia Leinster (Ossian, Poésies galliques, traduites de l'anglais de Macplierson par Letourncur, in-12. Paris, an VI ; t. III, p. 1IG, Me I, p. 147,, note 4, p. 192, note 5, t. IV, p. 03, etc.; — Ma Geoghegan, Histoire de i Irlande ancienne et moderne, 5 vol. 1758, Paris, t. 1, p. 01, etc. — William Bethain, The Gœl and Cgmbri, Dublin, 1834, p. 427 et suiv.).
^ns insister davantage sur les Belgefl continentaux et insulaires dont César (De Bell, gall., I. Il, cap. j v), Tacite (De mor. Germ. n et xxvm), Slrabon (1. IV, cap. m, g4) nous signalent l'origine en partie germanique, il faut actuellement parler des Cimmériens, Cimbrcs, Cymry, qui , d'après Diodorc de Sicile (1. V, ch. xxx/i), auraient des rapports ethniques avec les Gaëls, VeîMitM) et d'après
Tacite (De mor. Germ. x.xxvn) et Pline (1. IV, cap. xxvm) sembleraient également des peuples germaniques.
Ces Cimmériens, Cimmerii, Ki^pépioi, selon Homère, avaient leur ville dans un pays sombre et brumeux (Odyssée, XI, v. 14 et *15, p. 391, coll. Didot). Hérodote, Strabon, Pline (Eist. nat., 1. VI, cap. vi, p. 241), Denys le Périégète (Geocjr. yrœci minores, Godofredi Bembardy, v. 1GG-8. Lipsiac, 1828) et d'autres auteurs nous les montrent habitant anciennement au nord du Pont-Euxin, actuellement la mer Noire, auprès de la Méotide, aujourd'hui mer d'Azof. Dans ces contrées se trouvaient au temps d'Hérodote un pays appelé Cimmérie, les villes de Parthmies cimmériennes et de Cimmérion, et le Bosphore cimmérien actuellement le détroit de Zabache ou d'Iénikalé. De nos jours le nom de la Crimée et celui de la petite ville de Krim, Eski-Krim ou Lewkopol rappellent encore ces anciens Kimmériens.
K«i vOv tari pèv h) z-ç SxuÔix.ïj Kipuépia -:ilyj.a, é'gti Sï 7roo9p;t« Ktajuspia, ïnzi Si y.Cfl yjûpn ovvov.a. Ktp-u.spî/j, sort Si Boo-ttoco; Kittaipio; za/îousvo; (Hérodote, Hist.
l.IV,ch, xn).
De ces Cimmériens, les plus orientaux sans doute firent de nombreuses incursions en Asie Mineure. Strabon dit qu'au temps d'Homère, c'est-à-dire vers le dixième siècle, avant Jésus-Christ, ils ravagèrent ainsi l'Éolide, l'Ionie ; ils attaquèrent tantôt les Paphlagoniens, tantôt les Phrygiens. Lygdamis, un de leurs chefs, pénétra jusqu'en Lydie, s'empara de Sardes et périt en Cilicie (Strabon, 1. III, ch. ii, § 12, p. 123; voy. en outre 1. I, ch. m, g 21, p. 51; 1. I, ch. n, §9, p. 17).
Ces Cimmériens, suivant Eusèbe et Paul Orose auraient fait des incursions en Asie vers la 24° année de l'ère lacédémonienne, 50 ans environ avant la fondation de Rome, c'est-à-dire dans la première moitié du huitième siècle avant Jésus- Christ (Eusebii Caesariensis episcopi Chronicon, fol. 44, éd. pet. in-4°, Henricus Stephanus, 1518). — Pauli Orosii Presbyteri Hispani Adversus paganos historiarum libri septem, 1582, Colonise, in-12, lib. I, cap. xxi, p. 52).
Selon Hérodote, les Kimmériens chassés de leur pays par les Scythes, après avoir enterré leurs morts sur les bords du fleuve Tyras, actuellement le Dniester, où l'on voyait encore de son temps leurs tombeaux , étaient également revenus en Asie vers 670 avant Jésus-Christ , sous le règne d'Ardys II , fils de Gygès, roi de Lydie ; et s'étaient établis dans la presqu'île où s'éleva plus tard la ville grecque de Sinope, actuellement Sinoub dans le Livah
de KastamOUlli.' <I>aîvovTat Si oi KtufAsptoi. asu-yovTS; sç xijv 'A<7Ôjv toùç 2/.09aç scitt (M p^=0(7Ôvïj(7ov xTidavreç, h T?j vOv Stvwmfl 7rdXi; 'EW.à? ot/iarai (Hérodote, 1. IV, ch. XII,
De cette presqu'île, vraisemblablement ils continuaient à faire des expédition dans les contrées voisines. Mais ils auraient été chassés d'Asie Mineure par Abatte II après G10 avant Jésus-Christ et auraient été poursuivis par les Scythes de Madyas, dans le pays des Mèdes et en Assyrie, alors que Cyaxare assiégeait Ninive. Selon Strabon, ce chef Madyas ou Madys, vainqueur des Kimmériens commandés par Cobus, aurait mis fin à leurs incursions (Hérodote, 1. I, ch. xv, xvi et cm; 1. IV, ch. xi, xii, coll. Didot; — Strabon, 1. I, ch. in, § 21).
Que devinrent alors ces Kimmériens refoulés en Asie par les Scythes ? Il est peu vraisemblable qu'ils se soient portés vers le nord d'où ils venaient d'être expulsés. Peut-être se refugièrent-ils dans une région plus centrale de l'Asie. Ne serait-ce pas les descendants de ces Kimmériens qui auraient offert à M. Ware fils, lors de
l'expédition de lord lu-an dans le Bélouchistan le type kymrique à l'état de pureté? (Nouvelles annales des voyages, 1846, t. VII, p. 121.)
Des Kimmériens du sud-est de l'Europe une faible partie, fuyant les Scythes, se porta ainsi en Asie. D'autres Kimmériens en beaucoup plus grand nombre, habitaient plus à l'occident de vastes régions. Suivant Plutarque, qui nous montre une partie des Kimmériens chassés des bords du Palus Mceotides en Asie, d'autres Kimmériens « qui formaient la partie la plus nombreuse et la plus belliqueuse de la nation, habitaient aux extrémités de la terre, près de l'océan Hyperboréen, dans un pays couvert partout de bois et d'ombres épaisses, presque inaccessible aux rayons du soleil qui ne peuvent pénétrer dans ces forêts si vastes et si profondes qu'elles vont se joindre à la forêt Hercynie. » Tô Sï T&zïazov aÙTûv (Ki^îoîwj) /.où
■j.'j.yijL'Jiia.-'j-J l-~ ï^yy-oiç otV.oOv izapcf. Tfp k%a> Qàlocaaa-J yhi> uèv vépscôai gûg/.lov y.cà vknSr, xcti S-j<ri}lio-J îtâ-JTfl Sià fiàQoç xat 7ry/.yôr/jT« Spvp.ûv, ouç jxé^piTwv 'Ep/.wjlw zîatù
fcfcsa (Plutarque, Marius, § XI, texte et trad. lat. de Drelmer, coll. Didot, trad. franc, de Ricard).
Posidonius cité par Strabon, Plutarque, Diodore de Sicile (/. c, 1. V, ch. xxvm) s'accordent à regarder les dénominations de Cimmériens et de Cimbres comme étant synonymes et comme s'appliquant à une même nation qui, il est vrai, s'étendait ou errait des bords de la Méotide, du Bosphore cimmérien ou cimbrique, actuellement détroit de Zabache, à la Chersonèse cimbrique, aujourd'hui le JutlaUd au nord du Danemark. ...01 Kiuêpoi /.ai fts%0c ™v Trspjt tyjv MaiwTtv izoir,(j!x.fJzo arpe- ■ziiarj, v.tt ixEÔMUv oz /.cà b Kipipipio; xkrjBevn BdcTropoç, otov Kipëpw.6;, Kiuj/Epîov; roù; Ktpêpouç ôvoptacrâvTtav t&jv 'EAÀijvwv. (Posidonius cité par Strabon, 1. VII, cap. n, \ 2, p. 244,' coll. Didot.)
On a vu précédemment que, suivant Diodore de Sicile (1. V, ch. xxxn), les Gaëls, Veàâxca-, qui longtemps donnèrent leur nom à notre pays, la Gaule, ne paraîtraient être que des Cimbres ou Cimmériens, qui auraient occupé au nord des Celtes toute la région maritime. Cette occupation gaélique de notre pays, considérée comme constituant l'émigration kymrique la plus occidentale, semble trouver sa confirmation dans le passage suivant des triades Galloises signalé par M. ktaédée Thierry, passage qui mentionne que des Cymry les uns s'établirent dans le pays de Lydaw, c'est-à-dire sur le littoral continental, tandis que d'autres passèrent dans les îles Britanniques (Am. Thierry, 1. I, introduction, p. 109).
Hu Gadarn a ddaetii a Chenedl y Cïmry gyntaf i Ynys Prydain ac o Wlad yr
H\F A ELWIR DeFFROBANI Y DAETIIANT : SEF Y LLE MAC CoNSTINOBLYS A TIIRWY FOR TAWCH Y DAETIIANT UYD YN YNYS PltYDAIN A LLYDAW LLE YDD AR1IOSASAKT (LiLÏMA
diuoedd Ïkti Potmik, 4 : Tue myvyrian arciiaiology of Wales vol. II, p. 57, London, 1801 ).
» Hu Gadarn conduisit la nation des Cymry dans l'île de Bretagne ; ils vinrent du pays de Haf (pays de l'été) qui se nomme Deffrobani, et où se trouve actuellement Constantiiiople. Ils vinrent de là à travers la nier Brumeuse (l'océan Germanique) dans l'île de Bretagne et dans le pays de Lydau (l'Armorikc) où ils se fixèrent. »
Le barde Taliésin en parlant d'anciens habitants de l'île de Bretagne venusd'Asie, de la terre de Gafis (vraisemblablement synonyme de la terre de Haf) semble également témoigner du passage des Cymry dans les" îles Britanniques (The myv. archaiol. of Wales, vol. I, p. 76: Ymawar Llud Bïciian).
Aussi, quoique qaélqnea ethnographes et anthropologies, entre autres M. Pruner-Bey (Bull, rie la Soc. dAnlr., t. V, p. 200, 1864), croient devoir contester la parenté des Cymry des îles Britanniques et des Cimhres et Cimmériens continen-
CELTLS.
taux, contrairement àPinkerton (RecJt. sur l'origine et les divers établissements des Scythes ou Gotlis, fcrâd. franç. Paris, an XII, J804, n. 79, etc.), à jfl. Am. Thierry (/. c, introduction) et à M. William BeLliam (The Gaël and Cymbri, Dublin, 1834), on paraît d'autant plus fondé à rapprocher des Cimbri les Cymry qu'on voit les Cambri ou Cumbri occuper anciennement la région occidentale de la Grande-Bretagne en partie peuplée de ces Cymry, ainsi que se dénomment euxmêmes encore actuellement les Welsh ou Gallois de la principauté de Galles. En effet, anciennement le nom de Cambria, Cambrie, s'appliquait non-seulement au pays de Galles actuel, mais aussi à la contrée plus septentrionale, au Cumberland ou pays des Cimbres, qui longtemps comprit les comtés actuels de Lancaster, de Westmorland, mais maintenant est limité au comté dont Carlisle est le chef-lieu. Suivant quelques géographes, des Cimbri auraient également habité au sud de l'embouchure de la Sabri7ia, la Savern, la région maritime voisine de VHerculis promontorium, pointe d'Hartland à l'entrée du canal de Bristol; mais M. Boger de Belloguet conteste la valeur des documents sur lesquels Bichard de Cirencester s'appuie pour admettre l'existence en ce lieu d'une peuplade cimbrique (Houzé , Atlas univ. hist. et géogr. Angleterre, carte I et suiv. ; — Boger de Belloguet, Ethnoge'nie gauloise, 1. 1, 1861, p. 251).
Selon M. W. Betham, les Pietés du nord-est de l'Ecosse, venus du Danemark d'après les Triades, seraient également des Cymbri (/. c., p. 357). Cette ethnogénie des Pietés semble d'ailleurs n'être pas contredite par l'assertion de Bède le Vénérable, qui en faisant venir les Pietés de la Scythie, actuellement la Bussie, semble rappeler le séjour antérieur de ces Cimbres dans ce pays, sur les bords du Bosphore cimmérien. ...gentem Pictorum de Scythia, ut perhibent (Beda, Eccles. hist. genlis Anglorum, 1. I, cap. i, p. 2, 1560).
Enfin il est bon de remarquer que sur la côte orientale d'Ilibernie, 'lovep-Az, l'Irlande, Plolémée (éd. Wilberg, grec-lat., p. 103, 1838) signale la présence de Chauques, KaOzoï, et de Manapiens, Mavân-iot, auprès de la ville de Manapia, Mava7rta, actuellement Wexford. Or, de ces peuples, l'un semble n'être qu'une colonie insulaire des Cbauques, Chauci, continentaux du littoral compris entre le Visurgis, le Veser, et VAmisus, PEms, non loin des Cimbres, de même race selon Pline (1. IV, cap. xxvm; — voy. aussi Tacite, De mor. Gen/i., XXXV). Quant «à l'autre, son nom rappelle celui des Ménapiens, Menapii, habitant également le littoral, entre la Meuse, Mosa, et l'Escaut, Scaldis.
Les descendants de ces anciens immigrants d'ailleurs actuellement doivent seconfondreavecceux des Flamands venus des mêmes régions continentales à une époque beaucoup plus récente, au moyen âge; Flamands , qui, selon M. Laveleye, se feraient encore remarquer actuellement non loin de Wexford, par leur langage particulier, par leurs habitudes laborieuses et leur extrême propreté (E. D. Laveleye, La question agraire en Irlande, in Revue des Deux Mondes, p. 978, 15 juin 1870).
Les immigrations nombreuses des Gaëls, des Belges, des Cimbres continentaux dans les iles Britanniques, expliquent comment César nous parle de chefs de la Gaule belgique, entre autres de Divitiac, Divitiacus, chef des Suessiones, anciens habitants du Soissonais, de Comm, Commius , chef des Atrébatcs, anciens habitants d'Arras, comme étendant leur autorité sur une partie de la Grande-Bretagne ou jouissant d'un grand crédit parmi les insulaires (César, De Bell. gall. 1. II, cap. iv et 1. IV, cap. xxi)*
D'ailleurs des relations constantes existaient entre les insulaires cl les continentaux. Lois delà guerre de César contre les Vénètes, anciens habitants de Vannes,
des auxiliaiies leur avaient été envoyés de la Grande-Bretagne, aux Ma ex Britannia [De. Dell. gall. L. III, cap. ix).
Plus lard des insulaires de races diverses, confondus sous la dénomination commune de Bretons, lesuns, en petit nombre, appelés par quelques empereurs romains à partir du commencement du quatrième siècle après Jésus-Christ, les autres, beaucoup plus nombreux, fuyant devant les conquérants Anglo-Saxons, aux cinquième et sixième siècles, vinrent se fixer dans la partie occidentale des Gaules qui, antérieurement appelée Armorique, reçut de ces insulaires le nom de Bretagne qu'elle porte encore actuellement. Les passages suivants de Guillaume de Malmesbury, d'Ingomar, de Gilda et d'Ermold Nigell suffisent pour montrer quelques-unes de ces transmigrations de Bretons insulaires dans les Gaules, soit à i'époquc de Constantin qui, vers 506 après Jésus-Clirist, y donna des terres aux troupes de la Grande-Bretagne qui l'avaient proclamé empereur, soit vers l'année 515, sous la conduite de Riowald, ou Ruinall, qui y conduisit un tiers de ses concitoyens de l'un et l'autre sexe, soit à diverses autres époques, lors de l'invasion des Anglo- Saxons dans la Grande-Bretagne (voy. J. Aur. dj Courson, Hist. des peuples bretons, t. I, p. 550, etc. Paris 1846).
Constantinus, ab exercitu imperator consalutatus , expeditione in superiores terras indicta magnam maman militum Drilannorum abduxit per quorum industriam, triumphis ad vola fluentibus brevi rerum polilus, emeritos et laboribus functos, in quadam parte Galliœ ad occidentem super litlus]Oceani collocavit: ubiliodieq. poster i eorum manentes immane quantum coaluere, moribus linguaq. : nonnihil a noslris Drilannibus dégénères (Willielmi monachi Malmesburiensis DeGestis regum Anglorum libri V, 1. I, cap. i, p. 2-5. 1601).
« Ruiuallus, ces choses oyes, print la tierce partie de tous ces compagnons tant masles que femelles et vint par navire de ça la mer en la moindre de Bretagne avecques très-grande multitude de citoyens » (Passage d'Ingomar, chroniqueur du onzième siècle, cité par Pierre le Baud, Histoire de Bretagne, 1658, '.Paris, in fol.).
Alii lransmarinospeleba.nl regiones, cumululalu magno seu celersmatis vice hoc modo sub velorum finibus constantes. Dedisli nos tanquam oves escarum, et in gentibus dispersisli nos (Gildœ sapientis De excidio et conquestu Britannicœ epislola , in Rerum britanuicarum.., scriptores vetustiores, in-fol. 1687, Heidelberg, p. 120, XXV).
Hic populut ventent suj>remo ex orbe Britanni,
Quos modo Britloncs fruncica lingua vocal. Brmoldi Kigelli, Cann. de rébus rjeslis VU. l.ud. piicant., lil). III, vers 11 etsuiv., p. 58 du i. VI des : licrum galUcarum cl francicarum scriptores, de Doui Mart. Bouquet.)
Malgré les émigrations précédemment mentionnées des Gimbres vers les îles du nord-ouest de l'Europe, malgré celles dirigées vers le Midi, dont il sera ultérieurement parlé, les Cimhres, au temps de Strabon, de Pline et de Tacite, existaient encore au nord de la Germanie, et ne paraissaient nullement différer des autres peuples germains. Au nombre (les cinq races germaniques, Pline indique des Cirnbres d'une part parmi celle des Ingœvons, dont font également partie les Teutons et les Chauques ; d'autre pari, parmi les Utœvons, voisins du Rhin. C'est au nord de la Germanie, sur les bords de la mer (pie Tacite place les Cirnbres, ; peu nombreux alors, mais grands par la renommée.
Slrabon indique également les Cirnbres à côté des Sicambres, parmi les Germains septentrionaux s'étciiclanl lu long de la mer, du Rhin à l'Elbe. D'ailleurs, oicr tac. MM. 40
non-seulement longtemps le nom de Ohersouèse cimbrique donné au Jutland, mais actuellement encore le nom de Khnbrishamm porté pur une petite ville de la Skanie, au sud delà Suède, indiquent les régions maritimes septentrionales occupées parles Cimbres (voy. Malte-Brun, Abrégé dè géographie, 3e éd. 18-42, p. 403).
On peut même remarquer que les auteurs anciens semblent admettre la parenté ethnique des Cimbres avec les autres Germains. Tacite ne les dislingue pas des peuples Germains, lui, qui regarde les Germains comme des peuples de race pure, et qui a si grand soin de signaler les Helvètes, les Boïes, les Gotbins et quelques autres peuplades comme étant des Gaulois, ou ayant quelqu'autre origine étrangère (De mor. Germ., XXXVIII, XLIll, etc.). Pline regarde les Cimbres comme de la même famille que les Teutons et les Cbauques. César parle d'un clief des Suèves appelé Cimbérius (l. I, cap. xxxvn). Enfin, Strabon rapproche les Cimbres des Sicambres. Or ces Sicambres, Sicambri, Sigambri, Sugambri, que leur nom signifie Cimbres des bords de la mer See-Cimber, ou des bords de la Siega, la Sie«-, rivière qui afflue au Rhin auprès de Bonn, Donna ; ces Sicambres, que César (De Dello. g., I. VI, cap. xxxv), Tacite ( Annales, cap.xxxix), Suétone (Augustus, XXVI) nous montrent parmi les Germains établis auprès du Rhin, lurent une des principales tribus germaniques qui, plus tard, au commencement du cinquième siècle après Jésus-Christ, sous la dénomination de Francks, prirent part à l'invasion des Gaules. Le chef de guerre des Francks, der Herzog, puis Koning, était un Merowig, un Sicambre.
Germanorum gênera quinque... allerum genus, Ingœvones, quorum pars Cimbri, Teutoni ac Ghaucorum génies. Proximi ailtem Rheno , Islœvoves ; quorum pars Cimbri (Pline, 1. IV, cap. xxvm, p. 202, coll. Nisard, éd. Dubochet).
Eundem Germaniœ situm proximi Oceano Cimbri tenent, parva nunc mitas, sed gloriâ ingens (Tacite, De moribus Germanorum, XXXVII).
Twv Si repf*av<âv, fwrov, ai pà-j ■xpotjûpv.-zioi 7ra/Jor/.oO(7i t3 (w*£avi>, yvwp (Çovfat cTà7ro twv îx&oi&v toO 'JMjvou X*6draç Tyjv àpyw pifât toO "AàSioç. Toutwv S'eiai yvupifuù- -a-zoï lo^apêpoi tu xal Ki^poi (Strabon, l. VII, cap. ir, § 4, p. 244, coll. Didot).
Au deuxièinesiècle avant Jésus-Christ, chassés par des inondations maritimes, analogues à celles qui longtemps après, au treizième siècle après J.-C, en 1258 en particulier, firent du lac Flévo le Zuyderzée actuel, des Cimbres du nord-ouest de la Germanie, ainsi que le disent Slrabon(l. VII, cap. n,§2, p. 244), Florus (Hist. rom 1 III § IV, p. 066, éd. Dubochet) et beaucoup d'autres auteurs anciens, se portèrent vers le Midi, puis repoussés par les Boïes delà Bohème, traversèrent le Danube, attaquèrent les Teuristes, les Taurisques, et, ligués avec les Teutons, voulurent pénétrer dans le nord-est des Gaules. Quoique n'ayant pu vaincre les Belles de celte région, ainsi que.le dit César (1. II, cap. rv), ils laissèrent dans la situation très-forte d'Adua!, peut-être actuellement Witlem ou Falais sur la Méhaigne, non loin de Tongres, en Belgique, leurs nombreux bagages sous la garde de six°mille guerriers (voy., sur la situation d'Aduat: Dcwez, Acad. de Dru.relles, 16 juin 1821, cité par Berlier, Guerre des Gaules, 1. VI, ch. xxxu, noie, p. 23.1, etc., Paris, 1825).
Ipsi (Aduatici) erant ex Cimbris Teulomsque prognati; qui, quum der in provinciamnoslramatquehaliam jacerent, iis impedimentis, quœsecwn agere ac por tare non polerant, titra flumeil Wicnum depositis, cMiodÙÊ ex suis ad prœsidio sex milita hominum reliquerunl (César, De Dell, gatt., 1. II, cap. xxix).
Au nombre déplus de 500,000 combattants, suivis d'un plus grand nombre
de femmes et d'enfants, selon Plutarque (Marias, XI, etc.), ils ravagèrent li-s résions du- sud-est des Gaides, passèrent même les Pyrénées, puis se séparant des Teutons qui allèrent se faire écraser auprès d'Aix en Provence, Aquœ Sextiœ, se reportant au nord des Alpes tridentines, ils les franchirent pour descendre dans la vallée de VAthesis, Adige, et vinrent se faire massacrer en l'an 102 avant Jésus-Christ par Marins dans le champ Raudius auprès de Vercellœ, actuellement Yerceil. Sous le rapport ethnographique, cette migration formidable eut peu d'importance, car de tous ces émigrants la plupart périrent, ou faits prisonniers furent disséminés et ne constituèrent plus une population distincte. Des Cimbres laissés à la garde d'Aduat, Ataataca, aduaticorum oppidum, de ces Adûatiques les descendants vaincus par César en l'an 57 avant Jésus-Christ auraient tous été tués au nombre de quatre mille ou vendus au nombre de cinquante-trois mille (1. II, cap. xxxm). Cependant il faut reconnaître que, malgré le massacre et la vente de tous les Adûatiques, César continue encore à en parler dans les campagnes suivantes (1. V, cap. xxxix).
Serait-ce par suite du mélange ultérieur des descendants de ces Adûatiques avec les Nerviens, NépStot, peuple voisin habitant plus à l'occident, dans le Hainaut et la Flandre actuels qu'Appien croit devoir assigner à ces derniers une origine Teutone et Cimbrique. THo-av §k twv K£u6p<uv /.ai Teurdvwv ànôyovoi (Appien, De rebas gallicis, 1. IV, cap. i, § IV).
Quant aux Cimbres ayant pénétré en Italie, selon Florus (I. III, cap. m), Plutarqûe (Marics, XXVIII) et bien d'autres auteurs, de 60,000 à 120,000 auraient péri sur le champ Raudius, ainsi que leur bouillant chef Boïorix, et 60,000 y auraient été fads prisonniers.
Certains historiens, entre autres La Tour d'Auvergne Corret (Origines gauloises, p. 186. Paris-Hambourg, 1801), M. Botta (Hist. des peuples d'Italie, Paris, 1825, t. 1, p. 205), ont cependant cru devoir regarder comme descendants de ces Cimbres défaits dans les plaines de Verceil une petite population circonscrite, habitant sept ou neuf communes qui se trouvent dans les montagnes situées au nord de Vérone etVicence, au nord-ouest de Bassano, à l'est de Roveredo et au sud-est de Trente. M. Mercey dans un mémoire sur les Setle communi (Revue des Deux Mondes, p. 905, etc., 15 mars 18il), après avoir tenu compte des opinions de Mar/agaglia, Maffei, Marco Pezzo, Betinelli et autres écrivains ayant tour à tour regardé ces montagnards comme les descendants des Cimbres, des Bhètes, des Thuringiens vaincus paT Clovis, pense avec Normayr, l'abbé Agoslino del Pozzo, originaire de ces montagnes, que les montagnards des sept communes reconnaissant ânagO pour capitale, ne sont que des fugitifs Allemands, principalement du Tyrol, dont les habitants, tous charpentiers et ouvriers en bois se donnent encore le nom de Zemberlent, dénomination qui aurait contribué à leur faire supposer une origine Cimbrique (liull. de la Soc. d'anlhr., t. VI, p. 417). M. filisée Reclus, qui mentionne également, dans la môme région un autre groupe de treize communes allemandes au milieu de la population italienne, ne paraît pas non plus leur donner une origine cimbrique Œ. Reclus, Les basques, in Revue des Dcu.r Mondes, 15 mars 1807, p. 529).
Maintenant, avant de terminer cet exposé de la distribution géographique des Cimbres ou Kimmériens, il est peut-être opportun de mentionner un petit peuple asiatique, les Knctes ou Vénètes qui, comme les Kimmériens, auraient émigré d'Orient en Occident.
Ces Énètes, ainsi que BOUS le dit Strabon, habitaient très-anciennement nu
nord do l'Asie Mineure, auprès du fleuve Parthénion, m&p$ivim>, à côté delà Cappadoce, dans la Paphlagonie qui répond au livah actuel de Kastamouni. Mais de son temps ils n'habitaient plus la Paphlagonie. On disait qu'après avoir pris part à une expédition conjointement avec les Kimmériens, ils s'étaient expatriés vers l'Adriatique. Où yàp StlxiivorOad ya.ai vOv 'Evsfoù; h ■:?, r[ocf\arf&iilq... ctWai oà rôXdv-rt -oïç KaTTTTâ'îoHiv 5y.opo-j oroaTîûo-at u.ixà Kiv.yîot'wv, e'it' i/.-cTîh il; rov 'Aooiav (Strabon, 1. XII, cap. m, § 8, p. 465, coll. Didot ; voy. aussi § 5, p. 465).
En effet, ces Enètes, sous le commandement du vaillant Pylœmène, après être allés au siège de Troie, ainsi que le disent Homère (Iliade, 1. II, v. 852, coll- Didot) et Strahon, se seraient révoltés et conduits par Anténor, Avrijvoooj, auraient traversé laTlirace et seraient parvenus en Énétique ou Vénélie. Cette migration est également attestée par Caton et Pline qui regardent les Vénètes comme desTroyens.
... ôrt à;io).oywT«-ov flv T&jv ITay'Àayovcov yû).ov oi 'Evârot, où b ïïvl.cr.ij.hr,- rX v.yX ojj /ai ffovso-rpKTcutxav où-rot aù-rù 7r).ëî(7Tot, à-oêa).6vTec Si ton rjyeuôva Jtlêjjcow sir •njv Qçû./.nv fxerà tïjv Tpoiaç â),M<7w, îr^avcôixevot fî'et; tàv vûv 'EvEftxrpi êwpfxovTO (Strabon, 1. XII, cap. m, § 8 ; voy. aussi 1. XII. cap. m, g 25, p. 475 ; 1. XIII, cap. i, §53, p. 530 et 1. V, cap. i, § 4).
Venetos trojana stirpe ortos, auctor est Cato (Pline, 1. III, g xxrir, p. 170, coll. Nisard).
La guerre de Troie, à laquelle prirent parties Énètes, ayant eu lieu vers le treizième siècle av. J.-C, on semble'devoir rapporter vers cette époque reculée l'expédition qu'ils firent avec les Cimmériens, et leur expatriation. D'ailleurs, ces Enètes ou Yénètes se relrouvent non-seulement dans la Vônétic sur les bords de l'Adriatique et peut-être sur les bords du lac de Constance, lacus Venetus, mentionné par Pomponius Mêla (1. III, cap. n, p. 647, coll. Nisard), mais aussi sur les bords de l'océan Atlantique. En effet, indépendamment des Vénèdes, Yenedi, de Tacite (Demor. Germ., XLVI), qui donnèrent leur nom au sinus Venedicus, actuellement golfe de Dantzig, peuple de même origine, suivant II. Martin (Hist. de France, t. I, 1. I, note 2, p. 20, éd. 1864), habitant des contrées septenlrionales comme celles occupées par les Cimmériens ou Cimbres, des Vénètes, OùsvctoI, Veneti, possédaient sur les bords du grand Océan le pays de Vannes dans l'Armorike, actuellement notre Bretagne. D'ailleurs entre ces Vénètes des bords de l'Océan, vaincus par César (De Bell, gall., 1. III, cap. vu à xvi), et ceux des bords de l'Adriatique, Strabon semble admettre une certaine parenté ethnique, et Polybe signale une ressemblance de coutumes et de mœurs, tout en constatant une certaine différence de langage (Polybe, Hist., 1. II, c. xvu, coll. Didot, p. 80).
Toutou? oïpai toù; Oùîvîtouç (des bords de l'océan) ohirrrà.; shv.i tôv sucra! to-j 'kSplxv (Strabon, 1. IV, cap. iv, § 1 , coll. Didot).
Oi (jLivyùp /.ai aÙToù; ('Evstoù; de l'Adriatique) yao-iv slvat Ke).tcov à-oî/ov; Tâï hpu- (Strabon, 1. V, cap. i, § 4).
Ce sont ces Yénètes ou Gwéned, du pays de Gwan-Gwyn ou de Lyddaw, de notre Armorique, ce sont aussi les anciens habitants de la partie septentrionale du pays de Galles en Angleterre appelée Gwynedd, Venetia, Venedotia que M. Henri Martin regarde comme ayant pris part aux premières immigrations kimmériennes ou kymriques en Occident (Bull, de la Soc. d'attthwp., t. VI, p. 573, 15 juin, 1865. — Congrès intern. d'anlhr. et d'arch. préhistorique de Paris en 1867, p. 502). En remarquant que ces Vénètes, compagnons des Kimmériens dans leurs migrations vers l'occident, sont placés par Strabon au nombre des Delges occupant eu Gaule le littoral de l'Océan, on est amené à se demander également si
les Belges eux-mêmes n'auraient pas constitué un second banc d'émigrants cimmériens, analogue au banc antérieur constitué par les Gaëls, que Diodore de Sicile dit se rattacher aux Cimbres et aux Cimmériens (Diodore, 1. V, ch. xxxii). ...■zàïomà.
BÙySfj sotiv iùvr, xwv jrapuxeoïtxûv, OùsvîToi {jlïj dau... (Stl'al)Oll, 1. IV, cap. IV,
g I, p. 162, Huiler et Dûbner, coll. Didot.)
Ainsi qu'on a pu le voir précédemment l'aire géographique cl ethnogéniqUe des Cimmériens, des Cimbres, des Cymry parait se borner d'une paît aux vastes régions de l'Europe centrale, qui de la Crimée au sud-est, atteignaient au nord la Chersonèse cimbrique, actuellement le Jutland, la mer du Nord, et d'autre part au-delà de cette mer, à une partie de la Grande-Bretagne ; les très-anciennes expéditions des Cimmériens en Asie, de même que celle des Cimbres dans les Gaules et en Italie (levant être considérées plutôt comme des incursions dévastatrices, que comme des immigrations colonisatrices.
Après avoir longuement insisté sur la distribution géographique des peuples Celtes, Gaëls, Belges, Cimbres, Cimmériens souvent confondus sous la dénomination de peuples celtiques , il importe de rappeler brièvement les études de linguistique en général, et de paléontologie linguistique en particulier, qui permettant de reconstituer la langue des anciens Aryas, et mettant en évidence certaines analogies existant entre les langues celtiques et les langues aryennes, assigneraient aux Celtes une origine asiatique.
Selon la plupart des linguistes, depuis les travaux de M. J.-C. Prichard, surtout depuis ceux de M. Ad. Pictet, qui est arrivé à reconnaître que les différences entre le celtique et le sanscrit sont « exclusivement limitées à la permutation des consonnes initiales et à la composition des pronoms personnels avec les prépositions », et que « le fond des racines celtiques est en grande partie identique à celui des radicaux sanscrits », les Celtes ne seraient plus regardés que comme constituant le rameau le plus anciennement séparé des Aryas, peuple qui dans la plus haute antiquité, aurait occupé l'Airyanem Vaèjô, l'Éraii, vastes régions situées au nord de l'ancienne Baktriane, entre la mer Caspienne et la chaîne de l'Hindo-Koush, répondant approximati veinant au Tuikestau actuel. On peut d'ailleurs remarquer que, selon Tacite, des Ariens, Arii, sous le règne de Claude, environ 50 ans apr. J.-C. habitaient encore sur les bords du Sinde, qui paraît être l'Ilérirut ou rivière d'Hérat, l'ancienne Aria, et non pas le Siud actuel, l'ancien Indits, qui sépare le Bélouchislan du Penjâb et de l'Inde (Tacite, Annales, 1. XI, c. x).
Sans indiquer la voie ou les voies suivies par les peuples celles dans leurs migrations vers l'occident ainsi que cherche à le faire M. Charles Meyer, sans surtout, avec M. Moreau de Jonnès, assigner de dates, même approximatives, à ces migrations, qui remonteraient à des temps extrêmement reculés, M. Pictet pour exprimer graphiquement les rapports linguistiques des langues de la grande famille fado-européenne avec les langues des Celtes, leur rameau le plus occidental, trace une ellipse allongée dont l'un des foyers figure le point de départ de la race ai jeune, d'ofl auraient émigré les populations celtiques, latines, grecques, germaniques, hthnano-slaves de l'Kuropo, indiennes et iraniennes, de l'Asie (J.-G. l'rifebard, TheEastern ()ri;/in of the Cellic Nations proved by a comparison of Wetr Dialectes with the Sanskrit, Greek, and Teulonic, London, 1851, — pictet, De t affinité dis langues celtique» avec le sanscrit. M6m. couronné par 1 In^tut, 1857, Par», p. 104-170.— Ad. Mm, Le* origines indo-européennes ou les Aryas primitifs v essai de paléontologie linguistique , Paris-Genève,
CELTKS.
2 vol. gr. in-8, 1859-1863, t. I, p. 50, etc. — Charles Meyer, Ofthe importance oftlie Study of the Cellic Language as exhibiled by the modem Cellic Dialecte sHll extant : the Report of the Brilish association for the advancement of science, 1847, Seventeenth meeting, p. 303. — Moreau de Jonnès, La France avant ses premiers habitants, Paris, 1856, p. 104. — \'oy. aussi Girard de Rialle, Pruner-Bey, Liétard, Bnll. de îa<Soc. d'anthropologie, t. V,p. 225, 554, 550, 657 etc., 1864. — Girard de Rialle, Sur les Aryas primitifs : Zend et Sanscrit, in Revue des cours littéraires d'Yung et d'AIglave, 3 juillet 1869, etc).
Germains. Lithuano-Slaves.
Iraniens.
Indiens.
Latins. Grecs.
(Juoique opposé à l'opinion de Pott, qui, tout en reconnaissant que les langues celtiques sont mêlées d'éléments sanscrits, les regarde comme appartenant à une souche toute particulière, tout à fait étrangère à celte famille de langues, M. Pictet constate cependant que les langues celtiques présentent un mélange plus ou moins considérable d'éléments étrangers. « Je suis loin de prétendre, dit ce linguiste, que tout ce qui se trouve dans les idiomes celtiques soit d'origine indoeuropéenne. Toutes ces langues, et en particulier l'irlandais, offrent des traces de mélange avec des éléments étrangers à cette famille » (Pott, Etymol. Forschungenrt. II, p. 478; — Pictet, De l'affinité des langues celtiques, p. 164). Cette remarque a son importance, car, pour les ethnographes, qui, comme M. d'Omalius d'Halloy, M. N.-J. Périer et moi, trouvons insuffisantes les preuves de l'origine asiatique des Celtes, dont aucun vestige ne semble se retrouver en Orient, pour ceux qui sont loin d'admettre sans conteste les traditions bibliques qui font sortir la plupart des peuples, sinon tous, d'une souche commune, d'un centre commun asiatique, cette remarque du savant linguiste de Genève porte à se demander si les éléments qu'il considère comme étrangers, et qui constituent un des caractères différentiels de ces langues celtiques, ne seraient pas plutôt des éléments linguistiques, encore subsistants, véritablement spéciaux aux peuples celtiques de notre Occident, et si les éléments communs , plus ou moins fondamentaux, que les langues celtiques présentent avec les langues indo-européennes ne trouveraient pas une suffisante explication dans l'immixtion de peuples venue d'Orient ou au moins ayant, antérieurement aux Celtes, et plus complètement queux, adopté les langues aryennes (d'Omalius d'Halloy, Périer, etc. : Bull, de la Soc. d'anthr., t. V, p. 187, 242, 264, 590-624, etc.).
Loin d'admettre, avec M. le général Renard et divers linguistes allemands, une conformité de langage entre les Celtes et les Germains, on pourrait, par cette immixtion des langues germaniques dans la plupart des dialectes celtiques, expliquer, peut-être, l'aryamsation de ces dialectes, auxquels plus tard, d'ailleurs, dans beaucoup de régions se substituèrent plus ou moins complètement, soit ces langues aryennes germaniques, soit les langues aryennes latines, ou plus exactement romanes (Gal Renard, troisième lettre : Vieux langage des Celtes, M Bull, de fAcad. de Belgique, 1856, t. XXIII, p. 560).
« Par le mélange de la langue des Celtes avec celle de leurs conquérants
Ct LTE S.
(lîelges, Cinabres ou kymri), il s'est formé, dit Fr. Sciiœll, une troisième langue également. composée des idiomes celtique et germanique... C'est dans le pays de Galles et de Cornouailles et dans la basse Bretagne que se trouvent encore les descendants des Cimbres, et que s'est conservée leur langue en deux dialectes » (Tableau des peuples qui habitent l'Europe classes d'après les langues qu'ils parlent : Peuples Cimbriques, p. 29-50, Paris. 1812). v Le kumbre (Cymraëg ou celtico-belgique), suivant A. Balbi, parait être formé primitivement du mélange du bas-allemand ou nieder-deutsch avec le celtique pur » (Atlas ethnographique du globe, labl. XI, p. 156). « Les langues celtiques, et principalement leur brandie kymrique, remarque M. Sasse, deZaardam, offrent de nombreux points de contact avec le bas-allemand, à savoir le néerlandais (hollandais) et le bas-saxon » (Bull, de la Soc. d'anthr., t. VI, p. 276). Fr. Scblegel, qui réfute « l'erreur de ceux qui veulent que les Celles et les Germains aient été le même peuple et aient parlé la même langue, » dit « qu'ils puisent les preuves de cette identité dans les traces de mélange qui existent surtout dans le dialecte breton » [Essai sur la langue et la philosophie des Indiens, p. 88, trad. de l'allemand par A. Mazure, Paris, 1837). « A n'en pas douter, remarque M. Théod. Pavie, les dialectes que parlaient les bordes de la Germanie oflraient une grande analogie avec ceux dont se servaient les tribus gauloises (Les origines et les transformations de la langue française à propos du Dictionnaire Littré, in Revue des Deux Mondes, 15 juin, 1864, p. 865).
Ces analogies linguistiques entre les Germains et les Celtes, témoigneraient alors, non pas de leur parenté ethnique, mais de l'immixtion en diverses proportions des premiers avec les seconds, occupant antérieurement notre Occident, car dans les régions où ces deux éléments ethniques ne s'étaient pas mêlés, la différence entre la langue des habitants des Gaules et celle des Germains restait évidente; ainsi qu'il est permis de l'inférer du passage de César, dans lequel ce conquérant dit avoir choisi C. Valerius Procillus, Gaulois de la province romaine pour l'envoyer en députation auprès du Germain Ariovisteou Heervest, parce qu'il connaissait la langue gauloise qu'Arioviste avait apprise par un long usage. ...Propter linguœ gallicœ scientiam, qnâ mullâ jam Ariovistus longinquâ consuetudine ulebalur (De Bell, gall., 1. I, cap. xlvii ; voy. aussi cap. xix et un).
Les langues celtiques paraissent avoir été parlées anciennement dans une grande partie de l'Europe occidentale. D'ailleurs les populations de plusieurs régions du Nord-Ouest en parlent encore divers dialectes.
!)ans la plupart des pays où le celtique n'est plus aujourd'hui usité, de nombreux noms d'hommes ou de villes conservés par l'histoire témoignent encore de son ancien usage. Tels sont les quelques mots suivants rapportés par MM. Am. Thierry (/. c, p. 06, 49, etc.), Henri Martin (/. c, t. I, 1. IV, p. 163, 106, 150, etc., notes) , Ilerzart do la Yillemarquc,(D<e<. de Legonide.c, p. vi et suiv.) , Mou/'': (Atlas univ. histor. et geograph.), etc., etc.
VercmgetoriXi Yk^kk.nn-kkiio-iiimi. grand chef des cent têtes ou chefs, nom du chef arverne ou auvergnat, chef supérieur dans les guerres contre César.
\ irdumnrn*, \ kh-i.i -mah, grand homme noir, non d'un chef des Fducns, anciens habilanls d'Aulim.
Orgetoriz, Ou u. m moir, chef des cent montagnes, nom d'un chef des Helvètes, DflbilanU de la Suisse.
Luern, LoiM ou Loi ann , renard, non d'un riche chef arverne ou auvergnat.
Bathanatus, Baetii-anet, fils du sanglier, nom d'un clief des Scordiskes des bords du Danube et de la Save.
Vergobretus, Vergobrelh, Ver-go-breitii, bonime pour le jugement, litre du premier magistrat des Éduens, habitants d'Autun (voy. César, De Bell, gall., 1. [, cap. xvi).
Magum, Magus, Magii ou Mag, plaine, mot entrant dans la composition de beaucoup de noms de villes situées dans la plaine : Noviomagvs, dénomination commune à Nevers, Lizieux, Noyon, Nimègue, Spire; — Rotomagus, Rouen; — Magontiacum, Mayence.
Danum, Dun, montagne ou colline, terminaison de beaucoup de nom de villes situées sur une hauteur : Verodunum, Verdun; — Segodunum, Rhodez ; — Uxellodunum, le Puy-d'Yssolu dans le Qnercy ; — Ebrodunum, Embrun ; — Augustodunum, Autun ; — Camalodunum, Colchester; — Singidanum, Belgrade, etc.
Briva, Briga, Brig, pont, mot entrant dans la composition de beaucoup de noms de villes : Samarobriva, Amiens ou Pont-sur-Somme ; — Conimbriga, Goïmbre, etc. Brixia, Brescia viendrait également de Briga, signifiant aussi ville fortifiée, selon M. Arn. Thierry (Hist. des Gaul., I. I, ch. i, p. 149, note 5, éd. 1867).
Caledonia, Cael-Dun, ancien nom de l'Ecosse, montagnes desGaëls. Lugdunum, Lyon, Laon et Leyde, montagnes des marais, Lxc'k, marais, Dus, colline.
Aouy.oTe-/.(a, Lutœtia, Lutèce, Paris. Luc'k. ou Loukh-Teith, lieu ou ville des marais.
B/3ÉWOÇ, Brennus, Brenn, Bren'yn, chef de guerre, roi, litre porté par les chefs Gaulois qui dirigeaient le expéditions militaires. Ge titre fut considéré à tort par certains auteurs grecs et latins comme un nom propre particulier au chef qui prit Rome et à celui qui pilla le temple de' Delphes; dernier Brenn que toutefois Pausanias (1. X, ch. xix, §5, p. 516) et Justin (I. XXIV, g Y, p. 496, Dubochet) disent s'appeler Bd^toç, Belgius.
Morimarusa, Mor Marwsis, mer morte, et Cronium, Kpovir,, Cronn, coagulée, gelée, dénominations qui, synonymes de mare pigrumac prope immotum (Tacite, De mor. Germ., XLV), d'après Denys le Périégèle (vers 48, in-12, 1620, Mussiponti), Philémon et Pline sembleraient avoir longtemps été conservées aux mers du Nord par les Cimbrcs de la Germanie septentrionale, où d'ailleurs Pline mentionne aussi un cap celtique (1. VI, cap. xiv, g 13).
Philémon Morimarusamà Cimbris vocari, hoc est morluum mare, usque ad promontorium Rubeas, ultra deinde Cronium (Pline, 1. IV, cap. xxvn, p. 201).
Sans insister longuement sur les rapports existant entre les divers dialectes celtiques étudiés par MM. Diefenbach, Zeuss, Brandes, Roget de Belloguet et au-
tres linguistes et ethnographes, il fout néanmoins rappeler que la plupart des auteurs rapportent ces langues à deux branches distinctes, le gaélique et le kymriqueoù cymraëg répondant à deux des grands peuples, qu'on a vu précédemment cire confondus sous la dénomination commune de Celles. Relativement a la langue parlée par les anciens habitants de la Gaule, les opinions sont a.scz cou - adictoires, tandis que MM. Zeuss et J. Grimm seraient assez d.sposes a aucymrique, M. Ad. Pictet étudiant sept inscriptions gauloises recueillies a Wnron, à Alise, à Autun, à Volnay, à Dijon, à Nevers et sur le n.cnhu du vieux l o tie! s, a été amené, ainsi que précédemment M. Am. Thierry, a penser qu un
dialecte gaélique était parlé anciennement dans une grande partie de notre pays, sauf peut-être dans une partie de la Gaule belgique où un dialecte cymrique aurait été en usage (D.-L. Diefenbach , Celtica I : Sprachliche Documente zur Geschichte der Kelten, 1839 , Celtica II : Versuck einer genealogischen Geschichte der Kelten, Stuttgart, 1840; — J.-C. Zeuss, Grammatica celtica, 2 vol. gr. in-8, Lipsiaj, 1855; — Glu-. Brandes, Dus ethnùgrâphiscke Verhâltniss der Kelten und Germa nen, Leipzig, 1857; — J. Grimm, Ueber die Marcellinischen Formeln, in Abliandl. der Berliner Akademie, 1855 ; — Ad. Piclet, Essai sur quelques inscriptions en langue gauloise. Genève, Paiis. 1859 ; etc.).
D'ailleurs une certaine conformité de langage existant entre les populations de la Gaule celtique et celle de la Gaule 'belgique, ainsi qu'entre celles du littoral gaulois, et celles des îles Britanniques, comme le dit Tacite, conformité linguistique en rapport avec l'origine commune, plus ou moins celtique de ces populations, ne serait nullement contredite par la remarque de.l. César qui, distinguant les peuples de la Gaule, montre ceux de la Celtique et ceux de la Belgique différant entre eux par la langue et les institutions.
Sermohaud multum diversus (Tacite, Agricolœ vita, XI).
Eiomnes linguâ, inslilutis, legibus inter se différant (César, De Bell, gall., 1. 1, cap. i).
Sans parler des Aquitains du sud-ouest des Gaules, distincts, selon Strabon, des autres habitants de notre pays par la langue comme par les caractères physiques (1. IV, cap. i, § 5, p. 146 et cap. n, § 1, p. 157), la différence linguistique existant entre les populations du Centre et du Nord paraît avoir persisté longtemps. Un historien de la fin du quatrième siècle apr. J.-C, Sulpice Sévère, semble mettre à même de reconnaître que de son temps la langue gaélique différait encore du la langue celtique. A un Gaulois du Nord s'excusant de s'exprimer difficilement en latin, il nous montre qu'un auditeur répond : Parle celte, ou si tu le préfères parle gaëlic; pourvu que lu nous parles de Martin. Velcellice, aul, si mavis gal- Uceloquere, dummodo jam Martinum loquaris (Sulpice Sévère, Dialog.l, n° 20).
En outre, les idiomes véritablement germaniques devaient être en usage parmi les peuples de la Gaule belgique, limitrophes du Rhin, peuples que César (1. II, cap. iv), Tacite (De mor. Germ., n etxxvm), Strabon (I. IV, cap. m, §4) disent être d'origine germanique, par exemple chez les Ncrviens, chez les Trévires, anciens habitants de Trêves, dont saint Jérôme retrouve la langue encore usitée, presque sans mélange, chez les Galates de l'Asie Mineure, au quatrième siècle de notre ère. Galatas excepta sermone Grœco, quo omnis Oriens loquilur, propr'mm linguarn eamdem pene liabure quam Treviros, nec referre si aliqua exinde corruperint (S. Hieronym., t. IV, la pars, p. 255, Commenlarium in epist. ad Galatas, lib. I, cap. m, éd. en 5 vol. 170G, Paris, in-fol.).
Ce passage de saint Jérôme relatif à la conformité de langue de ces Galates et des Germains de Trêves [s'explique, non-seulement par la présence parmi ces Galates des Teiilobodes, très-vraisemblablement Germains, niais aussi par celle des Volkes Tecto-ages une des trois grandes peuplades Galates. Leur langage germanique ferait en rapport avec leur origine belge, admise par M. Am. Thierry u. c, 1. IV, ch. i, p. 457), et avee leur séjour en Germanie auprès de la forêt Bercynienne, suivant César {De Bell, gall., I. VI, cap. xxiv). D'ailleurs Strabon fait observer que ces trois «rand* s peuplades parlaient ufle même langue, ne différant en rien. TjfMfiV -ïi (htm VhSrt v/o///,,tt&jv /.al z«t'«/>.o vAvt sV>)?y'/svwv... (1. XII, cap. v, p. §85).
Des remarques exposées antérieurement à cette-courte digression sur la langue des Calâtes d'Asie-Mineure, il semble résulter qu'anciennement sous le rapport linguistique, entre les Celtes véritables, les moins môles de sang immigré, vraisemblablement ceux dn centre de notre pays, parlant celliquement, cellice, et les T révires ou autres peuples des bords du Rhin parlant la langue germanique, il existait non-seulement lesGaëls, parlant galliquement, (jallice, parlant le gaélique, dialecte celtique vraisemblablement composé de la langue des Celtes occupant antérieurement le pays, et de l;i langue des Gaëls, ra/sérai, que Diodore de Sicile (1. V, cap. xxxn) nous dit s'être étendus au nord des Celtes depuis la Scythie, Russie actuelle, depuis les monts Hercyniens, montagnes du Ilarlz, dans les régions maritimes jusqu'à l'océan Atlantique ; mais aussi les Belges du nord-est de notre pays et des îles Britanniques parlant un dialecte celtique beaucoup plus germanisé encore, en rapport avec une immixtion beaucoup plus considérable des immigrés d'oulre-Bbin. Sans m'arrêter davantage à cette manière de considérer le gaélic comme une branche de la langue celtique primitive, non pas pure, mais moins mêlée, moins aryanisée que la branche kymrique, cymraëg ou belge, qu'on a vu A. Balbi, Schoell et autres linguistes regarder comme étant fort mélangée d'éléments germaniques, je me bornerai à résumer, d'après Balbi, Prichard, MM. Pictet, Betham, Meyer, les divisions et subdivisions des langues dites cel. tiques (Prichard, The Eastern Oriçjin, 1. c, London, 1831. — Balbi, Betham, Meyer, Le; — Pictet, De Vaffin. deslang. celt., 1. c, p. 169, etc.).
Les langues celtiques se divisent en deux groupes distincts, le groupe gaëlic, gadhelic ou erse, et le groupe cymraëg ou kymrique. Le groupe gaëlic se divise lui-même en gaëlic ou erse, et en manx, dialecte assez mêlé, parlé dans l'île de Man. Le gaëlic ou erse se subdivise en irish , fénish ou gaëlic eironach parlé en Irlande, et en gaëlic albanach ou scotlisch parlé dans les montagnes d'Ecosse et les îles voisines. Le groupe kymrique, dont faisait partie anciennement le kumbre ou celtico-belge, se divise en cymraëg, ivelsh, gallois ou cambrieu , parlé dans la principauté de Galles, dans le Cumberland à l'ouest de l'Angleterre, dans les montagnes du Galloway, dans le comté de Wigton, au sud-ouest de l'Écosse; en cornish ou comique, parlé dans l'archipel du Scilly ou Sorlingues, et anciennement dans la Cornouaille anglaise, Cornish ire, Devonshire, etc.; enfin en armoricain, bas-breton, breizad oubrezonek, parlé dans la Bretagne française. Le hreizad se subdivise lui-même en quatre sous-dialectes : le tréger ou trécorien, parlé dans les environs de Tréguier, partie occidentale du département des Côtes-du- Nord; le léon ou léonard, parlé dans les environs de Saint-Pol-de-Léon, partie nord-est du déparlement du Finistère; le kerné ou comique, parlé dans les environs de Quimper, partie sud-ouest de ce même département ; et enfin le gwexed ou la vannelcuse, parlé clans les environs de Vannes, dans le département du Morbihan.
D'après la carte de Bretagne donnée par M. Aurélien de Courson, au neuvième siècle, la limite du breizad et du français prenait au-dessus de l'embouchure de la Loire entre Saiut-Nazaire et Savenay, laissait à l'est ClnUeau-riria.il, Bennes, comprenait à l'ouest Montfort et Dol, et aboutissait au nord au Cocsnon entre celte ville et Avranche. Au douzième siècle, suivant M. H. de la Villemarque, le breizad n'était plus en usage à l'est des embouchures de la Rance et de la Aillaine. Actuellement celle limite serait portée un peu plus vers l'occident, la langue hasbretone cédant du terrain à la langue française. Commençant encore vers la VUS laine au sud-ouest du département du Morbihan, selon M. de Courson, elle se
terminerait au nord entre Étables et Plouha dans le département des Côtes-du- Nord, selon M. le docteur Guibert (Aur. de Courson, Carlidaire de Redon, carte, etc., 1 8 1>3 . — H. de la Villemarqué, Introduction du Dictionnaire fran caisdeLe Gonidec, p. xx. — Guibert, Ethnologie armoricaine. Congrès celtique de 1867, Saiut-Brieuc, 1868).
On peut représenter de la manière suivante les divisions et subdivisions de la famille des langues celtiques.