FAMILLE DES LANGUES CELTIQUES
Gaëlic Giuduelic ou Er.sE.
Cymraëg Kymrique ou Gallic.
Gaëlic Ma ni
ou Erse. (dansl'iledeMan).
Irish, Fémc Gaelic Aldanacii
ou (en Ecosse).
Gaelic Eirosach
(en Irlande).
CïMIUËG,
Kymrique;
KlIHBRE,
Cambrien; Welsii, Gallic ou Gallois (dans le Cumberland et la principauté de Galles).
Cor.msii ou Comique
(dans la Cornouaille anglaise :
Cornisbire, Devonsbire, dans l'archipel
des Scilly ou Sorlingucs).
Armoricain Bas-Breton,
Breizad ou Erezonek (dans la Basse- Brelagne française).
Treger Léon Kbrse Gwened
ou Trécoricn ou Léonard ou Comique ou Vanneteuse
(dans les environs (dans les environs (dans les environs (dansles environs
de Tréguier). de Saint-Pol de Quimper). de Vannes).
de Léon).
Dans ces langues celtiques, qui semblent avoir conservé la dénomination générale de celtifpLes comme témoignage de l'antériorité des Celtes clans ces diverses régions, le nom des Galls se montre aussi bien dans le groupe cymraëg, kymrique ou gallois, que dans le groupe gaëlic ou gadhelic comme pour rappeler que les Gaëls répandus en Irlande, en Écosse, dans le pays de Galles et dans les Gaules, devaient, conformément à l'opinion de Diodore de Sicile (I. Y, cb. xxxn), être rapprochés desCimbres ou des Kinimériens, que Tacite (De mor. Germ., XXX VII), Strabon (I. VII, cap. n, § 4), regardent comme une nation germanique.
Les significations celtiques primitives d'étrangers, de valeureux, de blonds données au mot cael, gai.l, au pluriel gallaoued, selon La Tour d'Auvergne Corr-.'t (Origines gauloises, p. 210, 1796), Macpherson (Ossian, Poésies galliques, t. I, p. *5. an VI, traduites de l'anglais par Lctourneur), Mac Lean (Comp. anthr. of Scotland, in Anthr. Ileview, t. IV, 'p. 213, 1866) et Le Gonidec (Diction, breton-français, avec addition par Ch. Herzart de la Villemarqué, t. II, p. 526, 1850;, viennent encore témoigner delà vraisemblance de l'immigration de ce peuple Considéré comme le plus occidental des peuples germaniques ; peuple qui, alors, aurait imposé son nom aux populations celtiques delà Calédonic, du pays de Galles, de la Gaule, de la Galice, comme plus tard les Francks, peu nombreux imposèrent le leur à l'ensemble de la population antérieure de la Gaule, à elbnogénie si complexe.
Les langues gaéliques ont cinq voyelles : a, e, i, o, u (ou). Le gallois en a sept: a, e, i, o, u, w fou), et y qui se remplace par e en breton. Ces voyelles se combinent non-seulement par deux, par trois, mais quelquefois en beaucoup plus grand nombre, comme dans OWABWAWfl action de jeter une lance. Dans tous les idiomes celtiques , il n'y a que treize consonnes : b, c ou k, d, f, g, b, I, m, n, p, i , s, t.
Dans le nord-ouest de l'Europe, la langue cellique parait d'abord a von été écrite eu caractères ogham ou oghum formés de petites lignes verticales ou obliques plus ou moins nombreuses, abaissées sur une longue ligne horizontale. Ma-Geoghegan , O'Conor et beaucoup d'autres savants irlandais ont recueilli de ces inscriptions ogham gravées sur des pierres sépulcbrales (Ma-Geoghegao, Histoire de l'Irlande ancienne et moderne, 3 vol., 1758, Paris, t. I, p. 32, etc.; — O'Conor, Rerum Itibernicarnm scriploresveteres,A \o\.,\8l4,Backimghamiœ, 1. 1, p. XXXIII, etc., 18.14). L'inscription suivante est rapportée par O'Conor qui croit pouvoir l'exprimer par les lettres placées au-dessous et la traduire ainsi en latin (1. c, t. II, 2e part., p. 136) :
m i imi^-ii jiijj i /// hi /• twtw \\y/ i lŒtF, l
fa n - li daf i t a-conal - col gac-cosobmda
fan lida fi ta conaf colgac cosobmda
sub hoc saxo jacet Conan ferox, agilis pedibus
sous cette pierre repose le fier Conan, aux pieds agiles
Dans le midi des Gaules et en Hispanie , Espagne , les Celtes se trouvant , ainsi que les Ibères, en relation avec les Phéniciens, adoptèrent très-anciennement les caractères en usage chez ces Asiatiques. Sous le nom de médailles cel libériennes les numismates désignent les anciennes monnaies du sud-ouest de l'Europe, qui présentent ainsi des, caractères phéniciens.
Lorsqu'à partir du sixième siècle av. J.-C. les Phocéens et autres Grecs vinrent fonder Marseille Maasalix, Agde 'Ayaôvj Tvyji, Nice Nîxata, Antibe 'Avtîjtoaiç, et plusieurs autres villes du littoral méditerranéen, les habitants des Gaules adoptèrent peu à peu les caractères grecs, ainsi que l'attestent de nombreuses médailles.
En l'an 61 av. J.-C, lors de la défaite des Helvètes d'Orgétorix par César, on trouva dans leurs camps des tablettes indiquant les noms et le nombre des émigrants, écrites en caractères grecs : ln castris Helvetiorum tabulée reperlœ sunt, litteris qrœcis confectœ, et ad Ccesarem relatœ... (César, De Bell, gall., 1. I, cap. XXIX).
Plus tard longtemps après la réduction du sud-est des Gaules en province remaille, Provincia, la Provence actuelle, voire même assez longtemps après les conquêtes de César, les caractères latins se substituèrent aux caractères grecs. Les sept inscriptions gauloises, étudiées par M. Pictet, étaient ainsi en caractères grecs ou latins (voy. Aperçu général sur la numismatique gauloise, extrait de Y introduction du Dictionnaire archéologique {époque celtique), publié par les soins de la commission de la topographie des Gaules, 1866, Paris; Revue archéologique. — A. Pictet, Essai sur quelques inscriptions en langue gauloise, Genève- Paris, 1859, br.).
Sous le rapport archéologique , sans s'arrêter davantage à ces remarques sur la numismatique et sur les divers caractères graphiques employés par les peuples celtiques, il faut rappeler que les Celtes ont été tour à tour regardés comme se servant débâches en pierres polies, comme les introducteurs du bronze dans notre Europe occidentale, enfin comme les constructeurs des monuments mégalithiques.
Longtemps, en effet, on a désigné et l'on désigne encore sous le nom de hache cellique, la hache en silex poli, à tranchant plus ou moins rectiligne , à extrémité
opposée conique , à faces latérales plates, à bords arrondis, emmanchée dans un morceau de bois, dans un os ou bois de cerf, lui-même fixé dans un manche de bois plus ou moins long. Celte hache qui, dans la série des temps préhistoriques, commence à se montrer longtemps après la hache taillée par éclats, doit cire restée en usage durant de longs siècles. D'ailleurs, les instruments en pierres polies continuèrent à èlrc employés principalement dans les pays du nord-ouest de l'Europe longtemps après l'introduction de l'usage des métaux. Alors la confection de ces armes et instruments de pierre , de formes très-variées était arrivée à un degré de grande perfection. Selon M. Wilde cité par M. Prunèr-Bey (Bull. de. la Soc. d'anthr., t. Y, p. 667), en Irlande, le pays du Nord « peut-être le plus cellique, » la transition des instruments de silex aux instruments de métal dût se faire trèsgraduellement. « Au début, l'usage du métal était limilé aux rois et aux chefs, et servait l'indiquer le rang. Jusqu'au neuvième siècle, les armes en pierre étaient en vogue en Irlande, et de pareils ustensiles se fabriquaient encore même à l'âge de fer. »
Néanmoins, lorsque les travaux de paléontologie linguistique eurent fait attribuer aux Celtes une origine aryenne, la plupart des arcbéologues furent amenés à les regarder comme les importateurs du bronze en Occident. En effet , les linguistes , en particulier M. A. Pictet, ont cru devoir inférer de leurs savantes recherches comparatives qu'avant la séparation des Celles, les Aryas primitifs possédaient déjà non-seulement l'or, le cuivre et le bronze qui implique la connaissance de l'étain, mais aussi l'argent et le fer (Pictet, les Origines indo-européennes , t. I , § 27 , p. 184). Dès lors, beaucoup d'archéologues, trouvant dans noire occident quelques objets d'or et surtout de bronze, soit conjointement avec des objets de pierre polie, soit isolément , crurent devoir attribuer aux Celtes cette introduction des métaux en notre Europe. Les Celles furent alors regardés comme ayant les premiers portés en Occident les haches de bronze, métal qui caractérise principalement l'époque archéologique qui succède à celle de la pierre polie. Parfois même on crut devoir désigner sous le nom de kelles ces haches de bronze qui se présentent sous deux formes principales. A l'opposé du tranchant, ordinairement peu large, les unes ayant une extrémité plate avec des rebords, s'emmanchaient dans un bois fendu, maintenu par un lien. Les autres portaient une douille qui recevait l'extrémité du manche.
CeUë hypothèse de l'introduction du bronze par les Celtes, acceptée par la plupart ièt linguistes et des archéologues, semble cependant ne pas devoir être admise «ans conteste par les ethnographes qui, comme MM. D'Omalius d'Halloy et Perier, mettent en doute l'origine arienne des Celles (Bull, de la Soc. d'anthr., t. IV, p. 187, 242< 284, 590, etc.) En effet, quand môme la fabrication du bronze eût été découverte en Orient, de son importation en Occident, on ne peut nullement inférer l'origine orientale des Celles. Même en admettant avec les lùlr guistes que roiremor , cuivre dans la langue celtique gaélique, rappelle, quoique d'un peu loin; le kamala qui aurait on sanscrit la même signification (Bull, de la Soc. d'anthr., t. V, p. 552), on peut faire observer qu'un peuple qui reçoit un nouveau produit d'un peuple étranger, est souvent amené à lui emprunter • gaiement, en la modifiant plus ou moins, l'expression servant à désigner ce produit. Les Celtes, habitants rie l'Europe centrale et occidentale, auraient donc
.parfaitement pu recevoir d'Asie la fabrication du bronze, sans reconnaître euxmêmes une origine orientale.
D'ailleurs, à supposer que le bronze ait d'abord été importé d'Orient , peut-être
serait-on autorisé à regarder son importation comme ayant eu lien, moins par l'intérieur du continent, c'est-à-dire par les pays qui séparent l'Arye asiatique de la Celtique gauloise , voie qu'auraient dù suivre les Celles prétendus d'origine aryenne, que par les relations commerciales existant entre les différents peuples du bassin méditerranéen. Beaucoup d'auteurs, avec M. Am. Thierry (Z. c, t. f,p. 119), pensent que ce lut le commerce étranger qui apporta aux Occidentaux les armes en métal , et l'art de les fabriquer eux-mêmes avec le cuivre et le fer de leurs mines. Pareillement M. Nilsson regarde les Phéniciens comme les introducteurs du bronze dans les pays Scandinaves, pays où les instruments de pierre paraissent être restés en usage beaucoup plus longtemps que dans la Gaule méridionale , et en Espagne , en relation depuis des temps très-reculés avec les commerçants phéniciens, égyptiens, grecs, étrusques, romains. Toutefois, d'après les analyses de MM. Damour, Wiebel, Fellenberg et Gôben de Dorpat, et d'après les observations de MM. Broca, Desor, C. Vogt, de Longpérier et de Schaalïhausen sur la composition du bronze, les instruments recueillis dans le nord de l'Europe, ainsi que dans les cités lacustres de la Suisse , seraient d'un bronze bien plus pur que ceux des Étrusques, des Grecs et des Romains. Fabriqués par la fusion non des métaux, mais directement des minerais , composés en moyenne de 90 parties de cuivre et 10 d'étain, ils ne contiennent ni plomb, ni zinc comme souvent les bronzes île ces derniers peuples. Suivant M. de Mortillet, « le bronze est arrivé dans l'Occident avec lenteur; sa fabrication aurait été introduite du dehors; » mais, remarque M. Desor, « les premiers objets en bronze ont été de simples imitations des objets analogues en pierre ou en os d'un usage antérieur... En archéologie , comme en géologie, on ne peut plus faire intervenir les changements subits, imprévus... On ne peut plus dire, par exemple, que des populations originaires de l'Orient sont venues, à plusieurs reprises, envahir la Suisse et détruire complètement les villages et les habitants qu'elles rencontraient » (Congrès international d anthropologie et d'archéologie préhistoriques de Paris, 1867, p. 258-257, Paris, 1808).
Contre l'hypothèse de l'importation du bronze d'Asie en Europe, peut-être aussi est-il bon de faire observer que, puisque les linguistes admettent que les Aryas primitifs connaissaient le fer avant que les Celtes ne quittassent les régions voisines de l'Ilindo-Koush (voy. Pictet, Origines indo-eur., 1. 1, p. 184; — Girard de Bialle, Bull, de la Soc. d'anthrop., t. V, p. 550, etc.), il est au moins étrange que dans notre Europe, le fer, métal bien autrement utile que le bronze, paraisse avoir été inconnu durant la longue période archéologique du bronze, dont on prétend que les Celtes furent les importateurs. Or, non-seulement les fouilles archéologiques témoignent d'une période du bronze antérieure à celle du fer, mais les documents historiques, tirés de Polybe et de Polyen, établissent suffisamment que les Celtes, que les peuples sortis de la Gaule, lorsqu'ils vinrent combattre les liomains dans l'Italie centrale, se servaient encore au quatrième siècle av. J.-C. d'armes en métal, bronze ou fer, tellement mal trempé, qu'après avoir frappé un premier coup, souvent mortel, les combattants étaient obligés de redresser sous le pied leurs épées déformées ou incurvées en longueur ou en largeur. Au temps de Tacite, au premier siècle ap. J.-C, les /Estgi, Estions, dont l'EslIionie sur les bords de la Baltique rappelle encore le nom, bien moins civilisés que les Celtes, quoique plus près qu'eux de l'Asie regardée comme le foyer de loutes les connaissances, ne faisaient encore que rarement usage du fer (Polybe, I. 11, cap. XXXlirj p. 91, éd. Didot; — Polyen, 1. VIII, cap. vu, Camille, p. 707, grec-latin, Casaubon, 1090. — Tacite, De mor. Gcrm., XLV).
A propos des objets de bronze, non pas de ces temps historiques, mais des temps plus reculés, de l'époque lacustre, il importe, sous le rapport anthropologique, de nppelei mie M. Desor, ainsi que M. Troyon, et la plupart des observateurs ont été frappés de la petitesse de leurs dimensions. La brièveté des poignées des armes et . instruments, le court diamètre des bracelets semblent indiquer les petites proportions des individus de l'un et de l'autre sexe, auxquels ils étaient destinés. Le peuple qui le premier fit usage du bronze dans notre Occident semble donc avoir été de petite taille (Desor, Congrès int. d'antlirop. et d'archéol. préhist., de Paris, p. 504. — Fr. Troyon, Habitations lacustres, Lausanne, 1860. — Elisée Reclus, Un peuple retrouvé, in Revue des Deux Mondes, 15 fév. 1862, p. 901, etc.).
Sous le nom de monuments celtiques ou druidiques, jadis la plupart des archéologues, et actuellement encore quelques-uns des plus connus, entre autres MM. Henri Martin, Prosper Mérimée, désignent et attribuent aux Celtes ou aux Gaëls certains tom ou tumuli, carns, cairns, amoncelements de terre ou de pierres, et divers monuments mégalitbiques ou formés de grandes pierres , tels que le Roulers, pierre branlante ou tremblante, placée en équilibre sur une autre; — le dolmen ou table de pierre portée sur deux ou plusieurs pierres ; — le men-hir, peulvan, lekh, leac, pierre levée, pierre longue, pilier de pierre ou'pierre debout placée verticalement ; — le crom-lekh ou cercle de pierres ; — les alignements, séries ou quinconces de pierres verticalement placées; — les allées couvertes ou galeries souterraines divisées en plusieurs ebambres ; — les stones-cits ou coffres de pierre, etc., etc. Ces monuments anté-bisloriques sont vraisemblablement l'œuvre de strates ethniques, successives et diftérentes que jusqu'à présent il semble difficile de préciser. Cependant M. Henri Martin, qui, ainsi que M. Am. Thierry, ne croit pas devoir distinguer les Celtes des Gaëls ayant pu toutefois constituer deux éléments d'un même peuple, et qui, au contraire, les distingue des Kymris, rapporte aux nations issues du mélange de ces deux peuples, les dolmens, menhirs, cromlekhs, alignements qu'on observe dans l'Europe occidentale, principalement dans l'ancienne Armorique, notre Bretagne actuelle, ainsi que les (ours rondes, de plus récente construction, appelées Feid nebnheidh, de l'Irlande, et les tumuii, très-communs dans les steppes de la Russie méridionale, de la Crimée , jadis babitée par les Kimmériens, de même que dans les pays occidentaux anciennement envahis par eux. Pour se convaincre des rapports existant entre les monuments mégalithiques et les croyances et les rites funéraires gaulois, selon cet bistorien, il suffit de jeter les yeux sur les poésies des bardes. On y parlerait de la pierre de l'équilibre, c'est-à-dire du roulers ou pierre branlante, emblème du destin. Le monde infini, l'orbe de la terre aurait eu pour emblème le cromlekh ou cercle de pierre. On ferait mention des dolmens, sous lesquels on nourrissait des serpents sacrés, dans le chant d'IJtlier Pcn Dragon rapporté par M. H. de la Villomarqué (Contes des anciens Bretons, t. II, p. 292), chant que le poëte place dans la bouebe d'un bomme se dévouant au sacrifice dans le cercle de pierres. Le passage suivant, relatif à un chef irlandais lué vers 285 ap. J.-C, extrait d'un ancien manuscrit, montre également que le carn ou amas de rochers et que le leac ou pierre levée avaient encore un usage funéraire au troisième siècle de notre ère. « Au-dessus de celui qui est en terre, il y a un carn, et sur ce carn, il y a un leac debout, et à l'extrémité du leac est écrit un Ogatn , et ce qu'il y a d'écrit sur le leac, le voici : Lochaitl Mrgtheach est ici n (Henri Martin, ffiêt. de France, t. I, p. 14, noie, p. 48 à 52, etc., et Congrès int. d'antlir. cl d'archéol.
prçhi&t. de Paris, p. 195, 207, etc.; Les races brunes et les races blondes, in Revue nationale et étrangère, 9e livr., t. Il[, 10 mars 1801 , p. 1 27 — p. Mérimée, L'Atlienœum français, 1852, t. Il, p. 109-171 (Des monuments dits celtiques ou dru idiques). — Il.de. la Villemarqué, De l'origine des monuments mégalithiques, les pierres et les textes celtiques, m Congrès inl. celtique de Saint- Brieuc, 18G7; — Revue archéol., XVII'' vol., 1807, p. 148).
Dans les poésies d'Ossian, il est aussi fait mention du cercle de Loda , et de la pierre du pouvoir, auprès de laquelle ou invoquait l'esprit de Loda, vraisemblablement Odin, divinité guerrière, non par des Celtes, mais des Scandinaves (Ossian, Poésies galliques, Irad. de Letourneur, t. Il, p. 60, Carriclura; t. IV, p. 141, Cathloda; t. III, p. 45, t. IV, p. 120, etc.). Longtemps, au moins jusqu'au neuvième siècle ap. J.-C., jusqu'à Kenuet, fils d'Alpin, lord des îles, le chef des clans de l'ouest de l'Ecosse, montait sur une pierre sacrée lors de son avènement (voy. Joanne, Itinéraire de l Ecosse, Paris, 1852, p. 275).
Tout en tenant grand compte des documents qui semblent témoigner qu'à une époque relativement rapprochée quelques-uns de ces monuments étaient encore élevés dans un but religieux, ou du moins restaient encore l'objet de la vénération des habitants, la nature même des objets trouvés au pied de ces monuments, la distribution géographique de ces diverses sortes de monuments suffisent pour autoriser à penser qu'ils ne sont pas l'œuvre d'un seul et même peuple, et qu'ils ont été élevés à diverses époques plus ou moins reculées.
Si, dans l' ancienne Armorique, dans la Bretagne actuelle , on observe de nombreux monuments mégalithiques, dans le centre des Gaules qui également faisait partie de la Gaule ceUique, sauf de nombreuses exceptions signalées par MM. Dureau, Lalande, Henri Martin et autres observateurs, les dolmens scraienl relativement rares, selon M. A. Bertrand. Cette absence relative de dolmens dans le centre de la Celtique tendrait peut-être à faire croire que ces monuments n'ont pas été élevés par les Celtes. Pareillement la rareté relative des tumuli dans le centre de celte partie des Gaules semblerait devoir empêcher de leur attribuer l'élévation de ces tertres artificiels.
Outre les monuments mégalithiques du nouveau continent, en particulier du Pérou, signalés par MM. Squieret Alf. Maury, des dolmens, cronilekhs ont été indiqués dans les Indes, dans le Dekkan par MM. Médodows Taylor, Desnoyers et Bouvet, dans le Cachemire par M. Lejean, en Palestine par MM. A. de Longpérier, le duc de Luynes, Louis Lartet et Girard de Rialle. Dans notre Europe, les recherches de M. Alex. Bertrand, complétées par les indications de M. Worsaœ, montrent qu'ils sont distribués principalement dans les contrées maritimes et dans le voisinage des grands fleuves et de leurs affluents, depuis l'emhouchure de la New), le long du littoral de la Baltique, de la mer du Nord, de la Manche et de l'Océan, en Esthonie, en Livonie et en Courlande , en Prusse , dans le Mecklcmbourg, dans la Skanie au sud de la Suède, en Danemark, dans le llolstein, dans le Hanovre, la Thiiringe, en Hollande, dans les îles Britanniques, dans la partie occidentale de La France, surtout depuis l'embouchure de l'Orne jusqu'à celle de la Gironde, mais principalement dans l'ancienne Armorique, sur nos côtes méditerranéennes, auprès de 1 Ardècbe et du Rhône, enfin dans le Portugal où ils ont été étudiés par M. Pereira da Costa, et en Italie où ils ont été ohservés par M. G. da Mortillet, voire même dans les îles Baléares et en Sardaigne où ils ont été mentionnés par M. le comte AIL», de la Marinora. Des monuments mégalithiques ont également été observés dans les provinces d'Aller et de Constan-
une par MM. Christy , Faraud, Calmet, Bourguignat, Sergent et le général Faidberbe, à Roknia, Maria, Mazela , Raz-ain-Bou-Merzoug , etc. ( Medodows Xajlor, Descript. of Cairns, Cromlechs, and other Geltic, Druidical or Scythian 'Monuments in the Dekan, p. 529-Z62, m Transact. of the Irish Aeademy, ». XXIV, Ântiguities Part.,\., Dublin, 1865, in-4°. — Voy. Congrès int. d'anthr. et d'archéol. de 1867, p. 167 à 223, A. Bertrand, Maury, Lalande, Pereira da Costa, Wocsaae, H. Martin, de Morlillet, Ad. Longpérier, L Lartct, Dnreau, Desnoyers, Bouvet, Girard deRialle.... — A. Bertrand, Monuments primitifs delà Gaule, monuments dits celtiques, dolmens et tumulus, distribution des dolmens sur la surface de la France, in Revue archéologique, nouvelle série, 4e année, 1863, t. IV, p. 217, etc., etc.; De la race qui a élevé les dolmens, in Bull, de la Soc. d'anthr., t. V , p. 373, etc.; Sur les fouilles de Roknia, in Bull, delà Soc. d'Anlhr., 2e série, t. III, p. 628. — Comte Alb. de la Marmora, Voyage en Sardaigne ou description stat., phys. et polit. , ch. u du supplément, p. 562, t. II, lre éd., Paris-Turin, 1859. — Faidberbe, Sur les tombeaux mégalithiques et sur l'ethnographie du nord de l'Afrique, in Bull, de la Soc. d'anthr., 2e série, t. IV, p. 532, et t. V, p. 48, etc.; et Nécropoles mégalithiques de Boknia et Maria, in Revue archéologique, 1868, XVIIIe année, p. 216, et broch., in-8°, Bone, 1868. — Feraud et Christy, Dolmen sur le bord de l'Oued-Bou-Merzoug, in Mag. pitlor., p. 80, 1864).
La présence de monuments mégalithiques sur tant de points divers du globe , impliquant forcément la multiplicité des peuples les ayant élevés, M. Henri Martin croit pouvoir en indiquer deux, les Hébreux et les Celtes (Congrès, 1. c, p. 194). Sans prétendre trancher prématurément la question d'archéologie anthropologique très-complexe, relative aux peup' es constructeurs des dolmens, j'ai cru devoir faire remarquer, il y a quelques années, que leur répartition géographique précédemment indiquée, dans le nord de la Germanie, dans les Iles-Britanniques, dans les Gaules et dans la Péninsule hispanique , rappelle assez exactement la distribulion géographique des anciens Gaèls, TaXâ-ai, que Diodore de Sicile (1. V, ch. xxxn) nous dit occuper au nord des Celtes les pays maritimes s'étendant de la Scythie, Russie actuelle, à l'Océan; des Gaëls, qui donnèrent leur nom à la Calédonie au pays de Galles, aux Gaules età la Galicie (voy. Congrès,]. c, p. 199). Celte coïncidence archéologique et ethnologique semblerait se montrer encore en Afrique, si, comme le remarque M. le général Faidberbe, on pouvait avec M. Henneberl considérer comme le nom des Galles plus ou moins altéré, celui des Djouhala donné par les indigènes au peuple constructeur des dolmens de l'Algérie (Bull, de la Soc. d'anthr., 2e série, t. V, p. 50). D'ailleurs quand même celle dénomination de Djouhala n'aurait d'autre signification que celle d'ignorants ou de païens, l'ancien peuple l'ayant portée, n'en paraîtrait pas moins avoir été de race blonde, et être venu du Nord, d'après M. le général Faidberbe (Congres inlern. d'anlhrop. et d'archéol. prêtant, de Bruxelles, \ 872).
Quel qu'ait été le peuple ayant élevé ces monuments mégalithiques en Europe, il e-t hou de faire remarquer que si sous les dolmens du nord de la Germanie, particulièrement du Danemark actuel, MM. Thouiscu, Wieki'eld, Worsaic, ne trouvent que des instruments de pierre et quelques rares objets de bronze et d'or, d'un or, qui, suivant ce dernier archéologue, serait identique :\ celui qu'on extrait des monts Durais, en France, suivant. M. Al. Bertrand, a coté des objets principalement de pierre, se montrait plus fréquemment, surtout dans le Midi, les objets de bronze, et en Afrique se trouvent non-seulement des objets de bronze, mais