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CONDITIONS D ADMISSION

(^oiiformômeiit aux intentions du fondateur, M. Prévost, Torplielinat est exclusivement réservé aux enfants des deux sexes du département de la Seine'.

Sont considérés comme orphelins du département de la Seine :

Les enfants des deux sexes, orphelins de père et de mère ou de lun d'eux seulement, et dont les parents comptent au moins deux années de domicile dans ce département.

Pourront être seuls admis les enfants de quatre à dix ans j)arliciilièrement hieii doués et aptes par leurs (|ualités physiques, morales et intellectuelles, à profiter de l'éducation spéciale donnée dans rétablissement'-'.

Les demandes d'admission doivent être adressées à M. le préfet de la Seine (direction des Affaires départementales, 1''^ division, l" bureau) avec des renseignements de nature à faire juger de la valeur des candidats et des circonstances que peut invoquer la famille pour obtenir leur admission :

1. M. Prévost destinait bien son établissement aux deux sexes, mais aux deux sexes élevés séparément. Et, en efîel, avant 1880, fillettes et garçons vivaient chacun de leur côté.

2. Ce programme, pour de nombreuses raisons, dont nous avons fait connaître quelques-unes au cours du présent volume. ne fut suivi que de très loin.

Noms el prénoms des candidats, date el lien de naissance, lieux qu'ils ont habités, écoles qu'ils ont fréquentées, avec date et certificats des instituteurs.

La direction des Affaires départementales de la Préfecture de la Seine enregistre les demandes, se fait présenter les candidats, les soumet à la visite dun médecin, s'entoure de tous les renseignements possibles, en un mot établit le dossier de chaque candidat pour être soumis à l'examen de la Commission administrative. .

Adnmsion provisoire des candidats comme stagiaires

Une délégation de la Commission administrative examine les enfants et leur fait subir un premier examen au point de vue intellectuel et moral. La Commission, ensuite réunie, prend connaissance des dossiers et décide, s'il y a lieu, de l'admission provisoire des candidats de l'orphelinat.

Les parents ou tuteurs des enfants admis au stage devront prendre l'engagement écrit de rembourser au département le montant des frais de séjour de leurs enfants à l'établissement, dans le cas oii ils voudraient les retirer avant l'âge de seize ans accomplis.

Les parents ou tuteurs n'ont rien à fournir aux enfants : l'établissement fournit tout.

Admission définitire ou renvoi des candidats

Les enfants admis à l'essai sont, après un stage de trois à six mois, l'objet d'un rapport du directeur de

rOrphelinat, après lequel la Commission administrative rejette ou prononce leur admission définitive.

Toutefois les enfants dont Finconduite, les mauvaises habitudes, etc., constitueraient un danger pour leurs camarades, sont renvoyés d'urgence de l'Orphelinat avant môme rexpiration de leur stage.

Les enfants qui ne pourront être maintenus à Torphelinat seront rendus à leur famille.

• Séjour des élèves

Les garçons et les llUes de l'orphelinat, élevés en commun, s'instruisent quotidiennement suivant leur âge et leur avancement, dans les sept classes comprises depuis la classe maternelle, jusqu'au cours complémentaire composé des élèves ayant leur certificat d'études ; ils développent leur habileté manuelle en s'exerçant, jusqu'à leur treizième année et d'après un roulement établi, aux divers travaux d'agriculture, de jardinage, de ferme et à chacun des métiers, au nombre d'une quinzaine, enseignés à l'Orphelinat.

A l'âge de treize ans, les élèves, d'après leurs goûts et leurs aptitudes, se spécialisent dans l'apprentissage d'un métier et simultanément dans la préparation des examens pour les divers diplômes de l'enseignement primaire ou pour l'entrée aux diverses écoles spéciales : normales d'instituteurs, d'agriculture, d'arts et métiers, de commerce, etc. Ils apprennent, en outre, la musique vocale et instrumentale, la gymnastique, etc.

Sortie normale des enfants de l'orphelinat

Les enfants dont la conduite et le travail auront été tout à fait satisfaisants recevront à leur sortie de l'orphelinat, à leur seizième année, outre les diplômes conquis aux examens, un certificat d'apprentissage ou do fin d'études destiné à faciliter leur placement.

Ces mômes élèves trouveront aide et assistance fraternelles auprès de leurs anciens camarades de la Société amicale des anciens élèves de r Orphelinat^ patronnée et subventionnée par le Conseil Général de la Seine.

Relations des familles avec les élèves de l'orphelinat

Dès leur arrivée à l'Orphelinat, les élèves écrivent a leurs parents, tuteurs ou protecteurs, pour leur donner de leurs nouvelles et leur faire part de leurs premières impressions ; les professeurs font les lettres des enfants qui ne peuvent écrire eux-mêmes.

Une correspondance régulière est établie, tous les deux mois, entre les enfants et les familles ; les lettres des enfants sont accompagnées d'un bulletin résumant les notes de santé^ de conduite^ de travail classiqne et de travail manuel.

Les lettres des enfants sont affranchies aux frais de l'Orphelinat.

Les parents, tuteurs ou protecteurs reçoivent en outre gratuitement tous les deux mois le Bulletiif de r Orphelinat, petit journal de 16 pages in-8°, imprimé par les enfants; ce bulletin donne des nouvelles gêné-

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raies et fait connaître le genre d'instruction et d'éducation adopté à l'Orphelinat.

Les parents écrivent quand ils veulent aux enfants ou à la Direction ; ils sont priés de toujours mettre leur adresse sur les lettres qu'ils envoient et de faire savoir immédiatement leur changement de domicile quand il y a lieu, fut-ce par simple envoi d'une carte de visite, sous bande affranchie à 1 cenliu.e, indiquant la nouvelle adresse. Les négligences à cet égard sont la source de désagn'ments nombreux.

A l'époque des vacances, les enfants (qui ne quittent jamais leurs maîtres) sont conduits aux bains de mer, à Mers près du Tréport, où ils séjournent dans une maison loui'C et aménagée pour eux; ils font en outre de nombreuses excursions et même de petits voyages.

Visi/j's

Les parents, tuteurs ou protecteurs qui ont des enfants élevés à l'Orphelinat Prévost peuvent les visiter aux ('poques de leur choix. Ils reçoivent deux fois par an des bons pour billets de demi-place dus à la bienveillance de la Compagnie des Chemins de fer du Nord en adressant une demande au Directeur de l'Etablissement autant que possible une quinzaine de jours avant le moment où ils désirent utiliser ces bons. Le Directeur leur envoie en même temps un imprimé donnant les indications nécessaires pour le voyage, départ des trains, itinéraires. Les parents qui viennent à l'Orphelinat sont admis à voir leurs enfants tous les jours de onze heures à six heures du soir dans le parloir ou dans la cour.

Le diniaiiclic, les onfaiitssonl ^éiK'ralemeul aiiloris(''s à passer la journée t'iilière avec leurs parents.

Les visiteurs Iroiiveroiil la Jtoiin'iliiie à rOrplicliuat moyennant 75 centimes par repas.

Circulaire adre>isée aux candidats qui se présentent aux situatioîis vacantes à P Orphelinat Prévost [avril

En ivponse générale aux candidats qui se présentent pour les situations vacantes à l'Orphelinat Prévost, le Directeur a Thonneur de fournir les renseignements suivants :

Un instituteur à ses débuts ou à peu près sera proposé aux appointements de 1.200 francs avec nourriture, logement, éclairage, blanchissage; une institutrice à ceux de 1.000 francs. C'est là un minimum susceptible d'augmentation notable si Ton réussit bien, ou même immédiatement en présence des talents, et de titres spéciaux.

Les candidats doivent être bien pénétrés de l'idée que les situations à l'Orphelinat n'ont rien de comparable à celle d'une école d'externes. 11 ne s'agit point de donner une petite portion de son temps et d'être dans les intervalles dégagé de tout souci et de toute responsabilité. Les maîtres de notre Orphelinat doivent se considérer comme formant une association d'adultes, dont chacun a autant de devoirs et pas pkis (k' liberté' qur le père ou la mère de la pUis nombreuse famille. lN)iir accepter ces siluations, il faut trouver vraiment du bonlieur à vivre au milieu des enfants et non seu-

lemont de les instruire en classe, mais surtout à s'occuper sans cesse de leur éducation morale et physique, à table, pendant les récre'ations diverses ; il faut prendre plaisir à jouer avec eux. C'est une œuvre à laquelle il faut se livrer, ne disons pas avec dévouement — le Directeur et les excellents collaborateurs dont il a eu le bonheur de s'entourer sont trop ravis de cette existence pour parler de sacrifice, — mais avec un entrain qui ne se lasse jamais. Il faut savoir se mettre avec joie à toute besogne, et au milieu de la variété des occupations, se reposer d'un travail par un autre, guider les enfants dans les travaux classiques, intellectuels, manuels, artistiques, champêtres, dans les services d'ordre et de propreté, et savoir toujours les entraîner par l'exemple.

Parlant des qualit('s de l'instituteur agriculteur, voici ce que disait en 18(38 l'interprète de l'œuvre Prévost : « Il faut qu'il sache tenir la charrue et la plume ; aucun travail ne doit lui paraître trop pénible ou répugnant; il faut qu'il donne l'exemple aux élèves. Il ne faut pas qu'il soit un ntonsieur; le père doit percer partout et toujours. Travailler, jouer, manger avec eux, être au milieu d'eux presque toujours, partager leurs peines et leurs plaisirs, voilà sa vie, voilà sa tâche... L'Orphelinat n'est pas seulement une école, mais une fatnille et surtout une famille... »

Ceci dans l'Orphelinat agrandi comme nombre, comme but, comme moyens, doit être la règle de tous les éducateurs.

Comme il est désirable que les personnes entrant à l'Orphelinat aient le vif désir d'y passer leur existence, le genre de vie y a été rendu le plus agréable possible,

et doit s'améliorer eneore par la collaboration de tous. Musées, bibliothèques, jardins, fêtes fr('quentes avec chants, musique instrumentale, jeux gymnastiques, grandes excursions, vienn<'nl l'oiirnir un excellent emploi des loisirs de tous.

Dans le môme but la préférence serait donnée à litre égal à un couple marié, notamment quand la femme est inslituli'ice. Toutefois les femmes d'instituteurs ayant les qualités de bonnes mères de familles actives, laborieuses, trouveraient également à l'Orphelinat un emploi avantageux de leur temps, et les célibataires, hommes ou femmes, ne sont pas rejetés a priori.

La situation toute spéciale de l'Orphelinat oblige le Directeur à prier les candidats de lui dire bien nettement^ mais en toute contidence, s'ils ont des attaches religieuses, s'ils sont absolument dégagés de goûts particuliers, boissons, tabac, etc.

Par suite du nombre considérable des demandes, les candidats sont aussi priés de donner les détails les plus circonstanciés, leur ùge, celui de leur femme, de leurs enfants, services, brevets, matières facultatives, spécialités diverses dans les lettres, les sciences, arts, métiers, copie ou extraits de certificats s'ils en ont, indication de références. — Une note détaillée sur les vues particulières qu'ils peuvent avoir sur l'éducation dont il s'agit serait utile au Directeur pour l'aider à choisir pour le plus grand bien de l'Orphelinat les sujets à présenter à l'Administration.

Les candidats peuvent être assurés que leurs démarches resteront inconnues de tous, excepté des personnes qu'ils indiqueront comme références et encore

ces références ne seront utilisées que pour les candidats déjà presque agréés.

Cette note est accompagnée d'un imprimé ([ui fera connaître des détails intéressants sur l'Orphelinat.

Le Directeur tir l'Orphelinat Prrros/^ Paul Robin.

Cempuis i^Oise), avril 1883.

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