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EXPERTS

M"" Marchef-Girard, inspectrice à Paris. — M'"*" SciiÉ- FEK, inspectrice à Paris. — M"'' Toussaint, seci'étaire de la Société d'enseignement professionnel pour lesfemmes.

— Regnard (Paul), professeui' à l'Institut national agronomique et sous-directeur de l'Ecole des hautes études.

— DuPAiGNE, inspecteur général de l'enseignement du chant.

« En somme, voilà un établissement ou plutôt un organisme vivant, s'il en fut. Il n'y a pas la seulement des enfants qui ont trouvé un asile et des classes et des ateliers bien dirigés. 11 y a un essai d'ÉDucATiON COMPLÈTE PRÉPARANT A LA VIE, habituant ics eufauts à aimer le travail, respectant et encourageant la spontanéité de chacun, éveillant l'enthousiasme pour le bien, leur donnant la foi a l'idéal sans aucun recours AU DOGME. Le fervent directeur de cet Orphelinat, M, Robin, appelé par le jury a exposer ses théories, a répondu avec une entière sincérité aux questions de plusieurs jurés sur la coéducation et sur l'enseignement DE, LA morale POSITIVISTE.

« Notre collègue pour la Suisse. M. Gobai, vice-prési-

dent du groupe II, a pul)li(' dans son rapport un récit de cette séance animée ; il y exprime le regret que la médaille d'or votée primitivement n'ait pas été maintenue à rOrphelinat Prévost lors de la revision des récompenses ; il a même essayé de demander au jury supérieur de la rétablir. Mais si quelques, memtjres du jury on fait des réserves à propos de ces deux questions controversées et un peu délicates, en effet, de la coéducal'uiu des deux sexes et de la nujrale sans hase religieuse, nous croyons exprimer l'avis unanime en assurant l'OrpheliuatPrévo^tque pour tout le reste les méthodes pédagogiques de Gempuis ont été unanimement approuvées. Pour nous qui avons visité plusieurs fois l'Orphelinat et avons suivi avec intérêt l'expérimentation qui se fait dans cette maison, il nous semble qu'elle méritait d'être encouragée malgré sa hardiesse même, et il était bon ([u'elle figurât à une Exposition qui fêtait une grande date d'émancipation politique et sociale. Nous sommes satisfaits d'apprendre qu'on va la voir de plusieurs points de l'élrangei', comme jadis on allait voir à YviM'don les essais de Pestalozzi, et que des pédagogues russes et belges prennent à Gempuis leurs inspii'ations. »

Voici mainfrtiant les conclusions du rapport de M. Gohaf,^ directeur de rEnseiguemcnt priuuiire à Berne, vice-président pour la Suisse du r/roupe II, conclusions auxquelles fait allusion M. H. Buisson :

« Ces doux principes, la coi'ducatiou et renseignement de la morale réduit à des déductions pratiques, ont soulevé de vives discussions au sein du jury de classe.

(( [)e Paris de quelques mendjres, l'Orphelinat Prrrost ne devait être jugé que d'après ces deux principes éducatifs, et comme ces membres ne les approuvaient pas^ rétablissement ne pourait, d'après eux, recevoir une haute récompense. Grâce au VOTE UNANIME DES JUBÉS ÉTBANGEBS, LA MÉDAILLE D'OB fut décernée à l'Orphelinat I^révost, le JUBY se trouvant presque au COMPLET, soit au nombre de 15 a 2U MEMBRES. Mais quelque te)nps après, tout à la fin des opérations, alors que plusieurs Jurés étaient partis, que d'autres n'assistaient plus aux séances, abandonnant le reste de la besogne au bureau, LESJLÎIaI'^S, UI^DniS A QUATRE OU CINQ, cassèrent la décision précédente et adjugèrent à l'Orphelinat Prévost LA MÉDAILLE D'ARGENT. J'ai vainonent protesté, au jurij supérieur. contre ce procédé et réclamé la médaille d'or.

« Il est regrettable que les choses se soient passées ainsi. Car on peut en déduire la fâcheuse conséquence que le jurij a condamné les principes éducatifs de l'Orphelinat Prévost; pourtant cet établissement se trouve placé sous l'autorité du préfet de la Seine, qui devrait

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le réformer, si ces principes sont manvais, mais qui se gardera bien de le faire, parce que TORPHELINAT PRÉVOST, — s'il m'est permis de le juger par ses actes, — EST UNE DES PLUS BELLES INSTITUTIONS DE ERANCE.

« Son exposition prouve qu'il est resté lidéle à son programme. Les méthodes d'enseignement sont simples et pratiques; l'enseignement est encyclopédique, dans ce sens que rien de ce qui intéresse la vie pratique ne reste étranger à l'élève. On a le sentiment qu'une foule de choses s'apprennent au moyen de l'observation, la meilleure institulrice, celle dont les leçons se gravent le mieux et avec le moins d'etï'orts dans l'esprit.

« Les ouvrages exposés étaient, ou des travaux manuels proprement dits, qui se distinguent par une très bonne graduation, ou des travaux de toute espèce, d'apprentis ou d'apprenties, photographie, typographie, cartonnage et reliure, cordonnerie, mécanique, ferbhmterie, menuiserie, modelage, coupe, couture, etc.. Une chose m'a beaucoup plus dans l'exposition des travaux du sexe : l'absence de colifichets.

(( J'avais perdu Lhabilude de contempler la simplicité, je l'ai retrouvf'C à rOr|dielinat F*révost'. »

\. Instruction publique. Clauses 6, 7, 8. Rapporteurs, M fiobat. Conseiller d'Etal à Berne; M. Hunziker, professeur à Aarau.

Expositions (suite)

En 1891, Exposition à Moscou. (Il n'a étô décerné de récompense à personne.)

Exposition d'hygiène à Paris. Diplôme d'honnenr.

Exposition de sténographie à Nenchâtcl (Suisse). Diplôme d'honneur.

En 1892, prix du ministère de l'Instruction publique, prix Bisschofsheim. En 1893, Exposition universelle de Chicago. En 1894, Exposition universelle de Lf/o/i ; Exposition internationale à Anvers.

Exposition spéciale de l'Orphelinat au Musée Pédagogique de la Ville de Paris, du 3 au Ifi juillet 1894.

Con/crcnces

Du 22 juin au 14 août 1890, conférences pédagogiques dans le département de l'Oise, à Beauvais, Chaumont, Méru, Sentis, Creil, Noyon, (^onipiègne, Gempuis (Orphelinat), Saint-.lust, Glermont, Crépy-en- Valois, Beauvais (2™" conférence).

Du 3 au 16 juillet 1894, conférences au Musée Pédagogique de la Ville de Paris, à l'occasion de l'Exposition de l'Orphelinat.

Pendant les années 1890 et suivantes, à diverses occasions , conférences nombreuses , dans les écoles normales ou autres locaux , Paris , Beauvais , Rouen, le Havre, Caen, Brest, Amiens, Arras, Sens, Troyes, Dijon, Lyon, Saint-Etienne, Grenoble, Vienne, Genève, sur la pédagogie, la musique, la sténographie, les travaux manuels, par MiM. Robin, Guilhot, Delon;

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Sessions

En 1890, institution des Sessions normales annitelles de pédagoc/ie pratique à l'Orphelinat : conférences, démonstrations et expérimentations , fêtes et promenades scolaires.

La première session a eu lieu du l'"' au S septembre 1890; une trentaine d'instituteurs, institutrices et autres personnes s'intéressant aux questions d'enseignement ont pris part aux séances.

Du 23 août au l"'' septembre 1891 a eu lieu la Session pédagogique^ qui a réuni une soixantaine de participants.

Du 23 au 30 août 1892, la troisième session normale, à laquelle ont assisté environ 70 participants.

Du 23 au 31 août 1893, la quatrième session normale ; nombre de sessionnistes, 64.

En outre, les professeurs de l'Orphelinat et les élèves eux-mêmes, pendant un Voyage en Belgique^ ont pris part à la Session inlernaliuiiale de prdagogit\ inaugurée à Gand sur le modèle des sessions normales de l'Orphelinat, du 12 au 16 août 1893.

Du 23 au 30 août 1894, a eu lieu la cinquième session, à laquelle ont assisté une (jiiaranlaiue de ])arti('ipants.

EjLcarsions el rogages reniarquah/i's

En 1882, une quinzaiu(» d'élèves sont à pied au 7Vrport en trois jours.

En 1884, une quarantaine d'élèves vont en cinq jours à Amiens^ Abheville, Saint-Valery, Trrport, à pi(>d

avec leurs instruments. La même année, une quinzaine reviennent par Dieppe et Rouen.

En 1886, voyage à pied de cinq jours par une cinquantaine d'enfants au Tri' port par Formerieî^ , NeufchateL Dieppe.

En septembre 1891, après la session, grande excursion scolaire de 16 jours, du l" au 16 septembre, par les enfants de FOrphelinat accompagnés de plusieurs des sessionnistes; par Rouen, Le Havre., Etrr/at, Feceunj), Sainf-Va/ert/, Dieppe^ le Tréport.

En août 1890, premier grand voyage an Belgique : 65 élèves accompagnés de leurs professeurs, par /)o?^rt/, Valenciennes , Oiiiévrain , Bruxelles, Anvers. Grandes fêtes publiques, démonstrations pédagogiques. Réception enthousiaste; sept jours.

En août 1893, second grand voyage en Belgique, d'ant' soixantaine d'élèves, accompagnés par leurs professeurs, par Amiens, Bruxelles Gand, Bruges, Blankrnberglie; retour par Lille. Grandes fêtes publiques et démonstrations pédagogiques à Bruxelles et à Gand. Réception enthousiaste partout; six jours.

Publications périodiques

En 1882, fondation du Bulletin de t Orphelinat Prévost qui s'est continué à partir du 1"' janvier 1891 jusqu'en 1894 sous le titre f Education Intrgrale.

En juillet 1888, l'Orphelinat commence l'impression régulièrement continuée, du journal musical intitulé le Galiniste et qui, en 1892, a repris le titre de la Bcforuie musicale, organe de l'Association Galiniste. (Mensucd, 16 pages et suppléments.)

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En 1890, nos presses lithographiques commencent l'impression régulièrement continuée jusqu'à ce jour, du Bulletin stihiographiquc, organe de la Société de sténographie Aimé Paris;

OUVRAGES PÉDAGOGigUES, JEUX

Livres, hrochures, feuillets., produil s. à F Orphelinat ou hnprhnés sur ses presses :■

Pédagogie : Fêtes pédagoc/iques, comptes rendus des sessions normales. Le premier volume achevé (1890, 1891, 1892), le second volume (1893, 1894) inachevé.

Histoire : Les Pai/sans, histoire d'un village, par C. Delon, 1 vol. (publié sous 2 formats différents).

Hygiène: La Santé de P Enfant, par le D'' Toussaint, avec préface, par P. Robin, 1 vol.

Les Bains, feuillet, P. Robin. — - ]j Antliropcnnélrie à Vècole, guide de l'observateur, brochure, P. Robin. — Feuilles indiriduelles, typographiées, pour les inscriptions anthropométriques. — Papier (piadrillr spécial, lith., pour les inscriptions des courbes anthro|)ométriques.

Brochures pédagogiques diverses : L'Orphelinat Prévost ,hi'Ochuve, P. Robin.

Du rôle de la femme dans V enseifinemenl , feuillet, P. Robin. — V enseignement de la lecture, feuillet, P. Robin. — Alphcdtet grec comparé à l'alphabet français, feuillet, P. Robin. — Commandenu^nts par les signan.r, feuillet, P. Robin. — Cinnpter, mesurer, peser, brochure, P. Robin. — Bèglement des observations météorologiques, feuillet. — Feuilles d'observations

mêtmrologiqiic^^ modôlo des Ecoles normales, lithographiécs. — Ahaqtic rvdiictcuv à 0° des observations barométriques, gravure sur pierre, P. Uobin. — Triangle de P«.sc«/, 25 lignes, avec notice, P. Robin. — Tableau trigonométrique ^ feuillet, P. Robin. — Nos ateliers^ pédagogie des travaux manuels, feuillet, P. Robin.

Lex métiers^ I\ Robin; brochure reproduite du Dictionnaire Pédagogique de M. F. Ruisson. — Clic liage en caoutchouc^ feuillet, P. Robin. — Z'incograpkie (F aiual cui\ feuillet, par divers. — Notre hoix, poésie pour Tanniversaire de la mort de M. Prévost, feuillet, par F. D. R.

— Les deux héros, feuillet, dialogue en vers, par F. D. R.

— Le printemps, feuillet, bluette <L>n prose, pour fête scolaire, par divers. — f^es clefs du Pw/W/s, par divers, arrangée daprés Vadier. — La tabatière et la pipe, reproduction. — E./cursions scolaires, colonies de r</67///67'.s, détails praThiues; hrochure, P. I{(djiii.

Publications sTÉNodKAi'Uini i;s, méthode Aimé Piiiis : enseignement, exercices.

La Sténographie popularisée, brochure, par Aimé Paris. — JJalphahet sténographique, feuillet, P. Robin.

— Cours de sténogrrfphie, méthode d'Aimé Paris, partie de l'élève et partie du maître, par M. E. Fauveuu, professeur, élève du maître. — La Sténographie Aimé Paris, carte pour la poche, E. Guénin, sténographe au Sénat.

Guide pour l' enseignement de la Sténographie, L.-P. Guénin, sténographe-réviseur au Sénat. — Histoire de la Sténographie Aimé Paris, 1 vol. L.-P. Guénin. — Quelle est la nu'il Icare Sténographie? étude comparative, 1 vol., J.-P.-A. Martin, sténographe de Pagence Reuter, à Londres. — Feuillets de propagande

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pour la Sténographie Aimé Paris, P. Robin. — Exercices de Sfénographie, V et 2" parties, 2 brocliures, par E. Gnénin.

Lectures et traductions^ cours élémentaire et moyen, brochure ; cours supérieur, brochure. Lectures et traductions en Sténographie abrégée. — Traductions, cours élémentaire et moyen. Traductions, cours supérieur.

Résumé du cours dliygiène, par le D"" Elie Pécaut. — Le Pour et le Contre à propos du tabac, saynète, G. Bonnet. — Les Paysans, histoire d'un village [extraits), par G. Delon. — La Fontaine, fables choisies. — F/orian, fables choisies. - Aventures de Télémaque, extraits. — La Bruyère, extraits. — Corneille, scènes choisies. — Racine, scènes choisies. — Molière, scènes choisies. — Roi/eau, morceaux choisis.

Pédagogie musicale : Théorie de la (janune, brochure, P. Uobin. — Pkonorninàe musicale, brochure. — Les tableaux muraux, brochure. — Le Mêloplaste de Galiu. tableau. — Le tableau des accfwds, lirochure. — Le tableau modal; Indications des nuances. — Prot/rammes d'études et d'examens de musique cocide, brochure. — Tous ces ouvrages par le Comité de l'Association Galiniste.

Vinstituteur et Milèvc musiciens, cours complet d'enseignement de la musique vocale, méthode modale Galin-Paris-Ghevé ; comprenant cinq parties : Cours préparatoire, Cours élé?neutaire. Cours tnoyen, Cours sujjérteur. Cours contplémentaire, cl pour chacune des parties le livre du maître et le livre de l'élève. lU vol., par le Comité de l'Association Galiniste.

Lecture musicale et chants : 300 airs en notation

chiffrée, 1 vol. — inO Duos, l vol. — 60 trios pour voix égales, 1 vol. — Q//</J.>/ors pour voix dliouinies, 1 vol. — Quatuors pour voix mixtes, 1 vol., par le Comité de TxXssociation Galiniste. (P. Guilhot, Bonnet.)

Lrs petits (liants du cours élémentaire et moyen, 1 vol. — Lps petits chants du cours supérieur, 1 vol. — Renif'il de chants faciles en notation chiffrée, 1 vol. — Les trios du cours supérieur, 1 vol. — Chœrirs à trois voix égales, publiés par livraisons, les 4 premières livraisons réunies, 1 vol. — Chwars pour 4 voix d'hommes, 1 livraison de 3 cho'urs. — Chcj^ars pour 4 voix mixtes, 2 livraisons, 1) chœurs, par le Comité de l'Association Galiniste.

Musique I^STRUwEl^TALE : Tableaa des accords, avec brochure explicative. — Masicpae instranientale en cliiffres, feuillet. — Ecole de fanfare en notation chiffrée, brochure, par le Comité de l'Association Galiniste.

Morceaux de fanfare en notation chiffrée, j)artitions et parties séparées.

Pas redoubb'>s : Le serment; Soncoart ; Toaloase ; Le Drapeau ; Le Coureur; Baudéniont. — Marches : l' Amicale ; Jour de fête. — Boléro : Le Castillan. — Mazurka : Stella. — Mélodies : L'amitié; Air national Russe; If ////nie Autrichien. — Fantaisies; Joseph; La Dame Jilanche ; J^e Comte C)ri/ ; Le retour au Pai/s, par divers auteurs.

Jeux instructifs, [)ubliés à l'Orphelinat, matériels et notices explicatives ; fournitures spéciales pour des applications diverses.

Jeu des stibstcintifs ou des petits ronds, dessins colo-

ri(''S, cartons, jetons, avec notice, P. Robin (1886). — Jpii dt's v/'t'hfs, dessins coloriés, cartons, jetons, avec notice, P. Robin (1888). — Je?( des pronoms, dessins coloriés, cartons, avec notice, P. Robin (1893). — Jei( def^ conjonctions, dessins coloriés, cartons, avec notice, P. Robin (1893). — Les nondjves i/hisfrés, 12 feuilles de dessins coloriés, inachevé, P. Robin. — Le loto de Pijlhagore,]Q\x de nombres, avec notice, P. Robin (1891). — Jen des trois circonférences, pièces métalliques mobiles, avec notice, P. Robin (1890). — Jeu des anneaux, pièces mobiles métalliques, avec notice, méthode Frœbel. — Jea des poh/gones, carrelages géométriques, pièces mobiles métalliques, avec notice, P. Robin (1888). — Papier pointillé spécial pour les applications de ce jeu, P. Robin. — Lettres mobiles sur carton, pour le jeu des lettres. — Jeu des éléments de lettres, P. Robin, (1887).

Mnnifcf^tr cmx amis de ri/ift/n/rfin/i ol: du progrH pour la diffusion des principes^ iué/Jiodes et procédés de F édiication intégrale.

Lo siôclo qni va finir n'aura point passi' on vain. Il a creusé dans Thistoire un sillon que nul n'offacera. Une révolution s'est accomplie, plus profonde que celles qui bouleversent les empires : quelque e/iose est eluiru/é dans la manière de procéder de l'esprit humain. On pense autrement qu'autrefois. Et cela est si vrai que celui qui revit le passé par l'histoire est sans cesse obligé de faire efl'ort sur lui-même pour comprendre les hommes et les choses de ces temps, rapprochés par la date, lointains par la distance parcourue. Il lui semble être transporté dans un autre monde et parmi des êtres d'une espèce difTérente.

Ce grand phénomène historique auquel nul autre ne peut être covi\\mvé, Yavèneinent de la science^ appartient à notre époque. Les génies des autres âges n'ont été que des précurseurs, leurs plus grandes découvertes que des éclairs. Aujourd'hui la science est constituée. Elle possède, désormais, son outillage, ses méthodes ; elle pousse à fond ses analyses, elle bâtit de grandioses synthèses ; en même temps, elle repé-

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trit la cervelle humaine sous une forme nouvelle et tout à Fenvers du vieux moule. La science et l'esprit de la science sont partout. Quiconque pense, pense selon ses formules ; et celui-là même qui veut la combattre est forcé d'emprunter son langage. Son inlluence pénètre jusque dans les couches sociales profondes, indirectement, il est vrai, et par ses productions matérielles, ses machines, ses chemins de fer, ses télégraphes ; elle change les habitudes de la vie et de la direction des idées. Transformation irrésistible : l'enrayer est aussi impossible que d'arrêter une planète dans son orbite.

Tout se tient, tout s'enchaîne. Telle conception de l'univers et de ses lois, de l'homme et de la société, telle morale, et aussi telle pédagogie. L'ancien monde eut la sienne, autoritaire, compressive, négative, tendant à l'amoindrissement de la vie, en parfaite concordance avec sa philosophie sans substance et sa morale édifiée dans le vide. Avec une logique non moins rigoureuse, l'esprit moderne, l'esprit de la science impose un idéal tout opposé d'éducation, d'une éducation positive, émancipatrice et ex[)ansive, ayant pour but l'agrandissement de l'être et le développement de toutes ses activités, conséquence irréfragable d'un concept nouveau de la nature et de la vie, de la destinée humaine et de l'organisme social. Cela s'impose, disonsnous. Conserver dans l'enseignement ce qui n'est plus dans les idées ni dans les mœurs, élever les enfants au xx'" siècle comme s'ils devaient vivre au xiii", c'est un état contradictoire et violent qui ne |)eut pas durer : rien ne dure contre la logique.

Notre époque a été une époque de doute et de tran-

sition. Do là sa tristesse que tous ont sentie, et dont on n'a pas compris ou pas voulu dire la raison profonde. Chacun de nous en son*proprp être et pour sa part a dû refaire cette laborieuse histoire de son siècle. Nous avons reçu de nos pères, en outre d'hérédités cérébrales obscures, toutes les figures du vieux monde, Tempreinte profonde des idées d'avant la science. Alors il nous a fallu, arrivés à l'âge oii l'on pense, oublier avant d'apprendre, détruire avant de construire et, sur un autre plan, défaire et refaire pierre à pierre l'édifice de notre éducation. Dur travail, et ingrat, qui ne va pas sans d'intimes soull'rances. Plus d'un en est sorti brisé ; et combien sont restés à mi-chemin, associant on ne sait comment (hms leurs cerveaux des idées disparates, inconciliables, résumant en eux-mêmes tout le désordre intellectuel de leur temps.

Ne léguons pas une pareille tâche à ceux qui viendront après nous. Faisons, s'il se peut, à nos fils une âme plus sereine que la nôtre ; qu'ils ignorent nos luttes et nos contradictions. Laissons-leur une heureuse enfance du cœur, un esprit simple et droit en face des réalités, une imagination délivrée de fantômes. Préparons-les non, comme on le dit trop souvent, en vue de la hitfe pour la vie, mais de l'aide réciproque pour la vie, en vue et dans l'espoir de la pacification sociale. Que la génération qui nous oubliera reçoive de nous quelque chose du moins dont elle se souvienne : l'éducation de la raison et (h' la science, cette éducation guérisseuse et libi'i'atrice, progressive par essence, et telle qu'on puisse y ajouter toujours sans avoir rien à rejeter jamais.

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Eliminant résolnnient de la formnlo los facteurs imaginaires, la science considère l'être humain comme un tout solidaire, comprenant des organes, des énergies, des facnltc^s de divers ordres, dont les activités multiples s'expriment par cet ensemble d'actes physiques, intellectuels et passionnels qui est la vie. Concevez ces éléments de nature différente comme atteignant chacun la limite la ])lus ('levée de son développement normal, et en même temps se coordonnant, s'équilibrant, se concertant dans une parfaite harmonie : c'est l'idéal scientifique, le type de l'homme résumant toutes les conditions de perfectionnement et de bonheur. Réaliser en soi-même cet idéal, s'en rapprocher du moins le plus possible, c'est toute la morale ; travailler à le reproduire en autrui, c'est toute l'éducation.

La première condition de l'ordre, en toutes choses, est XinlvçiralUr. De môme que l'être à qui manque un sens, un organe, l'homme auquel une des facultés essentielles à l'espèce fait défaut est un exemplaire incomplet et difforme. Ainsi que la santé physique consiste dans la pondération des divers systèmes organiques et leur fonctionnement synergique, la santé intellectuelle et morale est la résultante des facultés normalement développées et toutes harmoniquement convergentes. C'est la disproportion des facultés, les unes inconsciemment ou systémati(|uement déprimées, les autres exaltées outre mesure et jelées hors de voie, faute de contrepoids, qui fait toutes ces organisations malheureuses et nuisibles, déséquilibrées, et ces luttes

intérieures qui assombrissent l'existence, comme aussi ces (Uranges maladies endémiques de l'amo qui oITraiont dans l'histoire et dont l'humanité n'est pas encore guérie.

Les sociétés sont des résultantes : elles valent ce que valent les hommes. Comment le tout serai l-il sain quand la partie est viciée? Et comment l'accord serait-i] dans les faits, quand la discordance est au fond des esprits? L'histoire ne se fait pas toute seulo ; en définitive, les événements dépendent des volontés, les formes en arrivent toujours à se modeler sur les idées. La cause profonde des grands désordres sociaux est dans rin('galit(' excessive qu'il y a entre les hommes au point de vur» intellectuel et dans la divergence absolue de leurs pensées. Cette inégalité, conséquence fatale de certains facteurs naturels ou historiques, tout a été fait, semble-t-il, consciemment ou inconsciemment, pour la porter à l'extrême, non pas seulement par l'ignorance dans laquelle on a laissé les masses, mais plutôt par l'éducation à l'envers qui leur a été faite, la contre-éducation, antirationnelle et immorale, différente et divergente, tendant à exagérer les oppositions au lieu de les atténuer. Il semble qu'il n'y ait plus d'idées communes entre les hommes, ni de langue pour se comprendre. Si pourtant il y avait un fond commun de raisonnement, on pourrait espcu'er de s'entendre. L'entente viendrait entre des êtres semblables aussi naturellement, aussi nécessairement que la discorde et la guerre entre des êtres foncièrement dissemblables, contradictoirement organisés. Hâtons-nous donc de mettre un peu d'ordre dans les cerveaux, si nous voulons qu'il y en ait dans les choses. Nous ne

savons pas au juste quelle sera la formule sociale de demain. Quelle qu'elle soit, si nous voulons que révolution inévitable, imminente, s'accomplisse par Taccord des volontés ri'llf^chies, non sous la poussée aveugle des instincts, il est temps de donner aux hommes une éducation qui les rapproche au lieu de les diviser.

L'infinie complexité des sciences, des arts, des industries modernes exige absolument que celui qui veut atteindre un certain degré de perfection dans une sphère quelconque se spécialise dans un ordre donné d'étude ou d'apprentissage; d'autre part, l'individu, dans le grand corps social où il joue le rùle d'organe, est obligé, comme tout organe, de s'adapter à un mode déterminé de fonction. Cette nécessité de la division du travail peut être une condition de progrès et de bonheur pour l'individu comme pour la société ellemême. 11 serait trop absolu, dis-je, de considérer le développement intégral comme la part accordée au bonheur individuel, et la spécialisation comme un sacrifice fait aux réciprocités sociales : cela n'est vrai que dans une certaine mesure. La spécialisation peut être un élément de bonheur individuel en tant qu'elle correspond à la diversité des organisations et des aptitudes, tandis que d'autre part la société a un intérêt suprême au développement équilii)ré et normal de tous ses membres. Au reste, ces choses ne sont pas inconciliables; il suffit que chacun soit mis en possession d'un certain degi'é de culture intégrale, comme d'une large base, ferme et bien liée, sur laquelle alors pourra se superposer sans rupture d'équilibre la spécialisation fonctionnelle, ainsi que de solides fondements bien nivelés portent sans fb'cfiir le poids inégal des parties

les plus élancées de l'édifice. Mais la spécialisation à outrance, étroite et commencée trop tôt, sans base d'instruction générale, est la cause la plus active de la misère et de la désorganisation sociale. C'est la forme moderne de l'esclavage. Elle fait des êtres instinctifs, incapable de raisonner, sans défense contre les cbocs subits des événements, voués d'avance à toutes les exploitations : des machines et non pas des hommes. Or la machine travaille, inconsciente, engrène, mord le fer... jusqu'au jour où, trop surchargée, elle éclate et broie tout. Quel peut donc être la pensée de ceux qui parlent de borner l'instruction des enfants du peuple à l'apprentissage d'un métier? Mais c'est la formuk' môme et la doctrine secrète du despotisme !

On ne change point les cerveaux en un jour, ni en vingt ans. La génération sacrifiée qui s'agite aujourd'hui achèvera ses destinées. Laissons passer le Ilot trouble. — Tout notre espoir est dans l'enfance.

Voilà pourquoi la grande œuvre de notre temps, c'est l'éducation. C'est elle qui réclame tous les ellorts, tout le dévouement de ceux dont la pensée va au-delà des vaines luttes du moment, et qui ne prennent point pour une aurore les rougeurs de ce soir orageux.

Cette éducation libératrice et pacificatrice, capable de former des organisations saines et bien équilibrées, une génération moins désunie à laquelle nous puissions léguer sans trop de crainte la solution des difficiles problèmes de l'avenir, elle est définie par cela

môme qu'on a déiiioiitrc le but à attoiudre, l'idéal à réaliser. On peut la caratériser par des attributs divers : on ra|)p(dlera éducation rnlionnclh^ ("ducation scicntiliquo, parce qu'elle est bas('e sur la raison et conforme aux principes de la science : on la dira unirersellt\ parce qu'elle devra être commune à tous, du moins en ce qui est essentiel. Nous la désignons par le mot à'intégrale, qui contient sa délinition : l'éducation tendant au développement parallèle et harmonique de l'être tout entier. Elle comprend nécessairement l'instruction intégrale, qui servira de base à l'enseignement spécialisé, à l'apprentissage pi'ofessionnel.

Les principes établis, les grandes lignes du plan arrêtées, le reste est afl'aire aux hommes de l'art, aux éducateurs de vocation, préparés par de longues études : la coordination des m<iyens en vue du but, la méthode, le tracé de la voie progressive et des (Hapes, les procédés à mettre en rapport avec l'objet et le sujet, les • diverses matières de l'enseignement, l'âge et les dispositions des élèves, etc. Les programmes ainsi élaborés pourront, devront même, varier dans le détail selon les [vmps et les li(>ux, les conditions, se perfectionnant avec le progrès de la science et des mœurs intellectuelles : les traits essentiels demeureront, parce qu'ils sont l'expression môme des nécessités logiques, et le caractèi'e Intf'f/ral qui les distingue ne laisse plus })lace qu'à des modilications d'oi'dre secondaire.

Dès ([u'on veut établir la sériation des idées, force est de procéder analytiquement. Sans jamais perdre de vue l'ensemble, la solidarité du tout, la ré'ciprocité des organes et des fonctions, des actes et fies ('tais, au moment de tracer le programme nous sommes obligés

de diviser la matière. Nous considérerons successivement YrdiicarKin jtlii/si<iHr ^ V(klucalioti inlcllcchicllr . à Lujuelle vienl se rattacher l'enseigaenienl t<'rliiii(|U(', cl Vcducation moraU;. Cette division en vaut une autre; elle est dans les habitudes des esprits, elle ne nous éj?arera point s'il est bien compris que ce n'est là qu'un procédé mélliodique, et si notre pensée se reporte toujours du particulier en général, du j)oint de vue analytique à la synthèse.

D'abord donc, avant toute au Ire chose, cont'ormémeut à l'ordi'e des nécessites logiques, envisageons l'éducation physique, dans laquelle il y a lieu de distinguer deux côtés : le régime général hygiénique, ayant pour but le développement normal et ce bel équilibre organique et fonctionnel que nous apptdons la s(inff'% au sens large et philosophique du mol, et l'éducation spéciale des organes de relation, considérés comme instruments de perception et d'action, en tant qu'outillage, si vous voulez.

Ne craignons pas de descendre dans le détail, pour être précis. A la base du régime hygiénique, mettons l'alimentation abondante, simple, un peu rustique, variée cependant; exclusion gi'iK'rale, sauf exception motivée, des excitants, vin, caff', elc. ; heures de repas réglées. Equilibre d'action et de repos, alternance des divers modes d'activité et des divers ordres d'exercices; }»roi)ortion, distribution ('tudiée, selon les âges, des heures de travail intellectuel, d'exercice physique, de sommeil. L'air et la lumière à flots, à la jeune plante humaine; la vie à la campagne, s'il se })eut, au dehors autant (ju'il se peut; la classe mèuu' sous le ciel, au jardin, dans les bois, quand le temps le permet. Gym-

nastique naturelle, libre exercice au grand air, jeux organis('s, promenades, excursions, saisons de bains de mer; gymnastique méthodique pour compléter et équilibre!' les effets du mouvemf^nt spontané; exercices d'application, course, saut, natation, qui développent le courage physique et mettent Ihomme en état de se tirer du péril et de venir en aide à ses semblables; gymnastique fin'f/i'hnnque, donnant la souplesse et la grâce. Vêtement conforme aux prescriptions de l'hygiène, en même temps simple et non sans élégance. Propreté surveillée, bains, ablutions fréquenles. Le tout sous le contrôle des mensurations anthropométriques, qui permettent de suivre le développement physique de l'enfant.

Entre cette éducation hygiénique d'élevarjr et l'éducation intellectuelle, non sans de nombreux points de contact avec Tune et l'autre, vient logiquement se placer ce que nous appellerons, faute d'un mot consacr(% V ('ducat ion otr/aniqnc, qui tend à développer racuil(', la précision, la dc'licatesse des sens, à perfectionner les instruments d'expression et de travail, particulièrement cet outil merveilleux d'universalité qui est la main. Toutefois, si des exercices spéciaux, appropriés, sont nécessaires dans une certaine mesure, d'une manière générale l'éducation des sens et celle de l'adresse manuelle se font simultanément par la pratique des observations et manipulations, les études d'art et les travaux manuels, éléments négligés par l'ancienne pédagogie, auxquels la nôtre fait au contraire une part si large.

Dans l'éducation intellectuelle, même principe : développement simultané, équilibre de toutes les

fcic'iiltes sans exclusion; facultés d'assimilation ot de production, facultés d'ordre scientifique et d'ordre artistique, esprit d'observation, jugement, mémoire, iinag'ination, sentiment du beau. L'instruction inl(''(/rah\ réciproquement but et moyen d'éducation, se délinit : un ensemble complet, enciiaîné, synthétique, parallèlement progressif, en tout ordre de connaissances, et cela à partir du plus jeune âge et des premiers éléments. Dans toutes les grandes branches du savoir humain qui plus loin vont en se ramihant à l'infini, il est à l'origine, à la base, des vérités simples, primordiales, fondamentales, facilement observables et intelligibles même pour les jeunes enfants : elles doivent constituer le premier trésor de notions possédé par le petit élève et destiné à s'enrichir graduellement.

Appelons à notre aide une figure pour préciser nos idées. Symbolisons ce que l'on appelle, })ar une belle métaphore couramment reçue, le champ des connaissances humaines, par une surface indéfinie en étendue, ses bornes reculant sans cesse; représentons-nous les diverses sciences, figur('es par des lignes rayonnantes, divergentes, à partii* d'un ])oint central, s'éloignant dans toutes les directious, divisant l'étendue en secteurs contigus, sans interruption et sans vide. Le point central signifiera le zéro du départ, l'ignorance absolue, mais provisoire, du petit enfant. Représenlons maintenant par une petite prise sur ce champ du savoir universel un premier degré de connaissance : ce sera un petit cercle, ayant |)Our centre le point noir, un cercle étroit, mais entier, achevé en son contour, rendant sensible aux yeux cette idée que les premières notions, qui sont à l'origine de toutes les sciences et

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