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pour rinstruction des pères de famille siircharjjrs d'enfants, en 1879, avant d'être en P^rancc, ne peut être appel(' une broclinre oi'dnrirre. C'est nn travail scientifique presque Iraduil de l'ang^lais. Les termes en étaient précis et non orduriers. Cette qualification est plutôt applicable aux périphrases plus ou moins plaisantes qui pourraient les remplacer.
M. Lajndrin. — Les journaux ont dit que ce manuscrit avait été donné aux institutrices pour servir de base à l'enseignement qui devait être donné aux jeunes filles.
M. Robin. — C'est un mensonge absolu. Cette brochure m'a été volée.
M. Stamslas Leven. — Vous avez échangé une correspondance avec le préfet de l'Oise pour réclamer contre le service militaire de votre fils.
M. Robin. — Non. pas avec le préfet. C'est avec le maire de Cempuis.
Extrait de la (h'posithtn de M. Guilkot
DIKECTEL'R PAU INTKKIM
M. GuiLHOT. — M. Robin, dans des conservations absolument intimes, m'a parlé parfois de la question malthusienne. Il m'a toujours dit : « Il y a deux grantles questions dans la vie humaine comme dans l'agriculture : le choix de la graine et l'éducation de la j)lante. Jusqu'à présent, nous faisons r<Miucation de la pbinte. Il y aurait intérêt à ce que la Soci(M(' se régéni'i'AI par le choix de la graine. Les inilli(»ns que l'on (bqxMise
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dans lous les Etats du monde pour venir eu aide aux chétifs. aux scrofuleux, aux syphilitiques, aux aliénés ou autres n'anirni'ut qu'une amf'iioration à peine suffisan'.e j)!)ur leur [)e;n)et!ie de l'aire nùsérablenient leur chemin dans la vie; en même temps la reproduction de ces tristes épaves de la Société donne une graine mauvaise pour les générations suivantes.
«I II y aurait un grand intérêt scientifique à ce que la reproduction ne fût autorisée pour ceux qui pourraient procréer dans les meilleures conditions pour la lutte de la vie.
(( Les millions que l'on dépense dans tous les Étals, pour l'Assistance publique, c'est l'appauvrissement, c'est l'organisation de la dégénérescence piibliqiie. Le point important, c'est de bien choisir la graine. »
M. Ueville. — Quel procédi' voyait-il?
M. GuiLHOT. — Il m'a parlé notamment de celui qui consisterait à empêcher la procréation par tous ceux qui ne seraient pas sains de corps et d'esprit, en disant qu'il voudrait « que dans nos grandes assemblées, où l'on perd souvent beaucoup de temps à des futilités, on s'occupât de cette question primordiale pour l'avenir et le bonheur de l'humanité ».
Du reste, je me permettrai de vous communiquer un écrit qui a été soumis contidentiellement à la Commission administrative, dans lequel, notamment, M. Robin traite de cette question avec une grande hauteur de vues. 11 était très ému de l'infériorité d'une quantité de sujets. Il avait écrit des remarques confidentielles à cet égard.
// ronclanit. qu'il faudrait compléter les expériences d éducation commencées à Cempuis et demander^ avec
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le concours des ancicmics c/cccs habituéçs à soigner leurs jeunes camaraiJes, P organisation d'un pouponnai j)r('nanl les enfants dès leur naissance, de nmnière à se rendre compte de la part d'influence de rhérédité^ d'une part^ et de réducation et du nrilieu^ d'autre part^ dans le développement de chaque sujet, sous le triple rapport physicjue, intellectuel et moral.
D'aulre part, au point do vue scientifique, poussant ses théories dans leurs dernières conséquences, il voudrait « la réunion d'un Congrès de savants, de philosophes, de hienfaiteui's de riuinianité, pour donner au besoin l'autorisation à des médecins spécialistes de stériliser, par des opérations chirurgicales, tels dégénérés ou malades, hommes ou femmes, pour ({u'il ne leur arrive plus de reproduire leur ti'iste espèce ».
Voilà la théorie que j'ai entendu exposer, dans l'intimil(', par M. Robin avec une éloquence et une convielion qu'il m'est impossible de reproduire.
Extrait de la déposition de M. Delon [Charles)
M. Delon. — Depuis longtemps je coimaissais M. Hobin, je suivais ses publications.
M. Robin est venu deux fois chez moi pour me demander des renseignements. 11 m'invita à venir à rOrphelinat.
J'y fus pendant quelques jours et je m'en retournai. Je vivais près de ma fille, qui prtq>arait son examen pour le brevet supérieur.
A diverses reprises, je vins à fOrphelinat passer (pi(d(|iies joui'S.
La demiri-e fois, ma iîllo s'tMaiil mariée, M. Rol)in me proposa de rester clc'finitivement. Je lui promis de rester quelques mois. Ces quelques mois se sont prolongés ; voilà deux ans que je suis ici. Je suis connu |)Our un homme d'une grande austérité, et au point de vue pédagogique mon témoignage a ici quelque valeur.
A la dernière enquête ministérielle, mon nom ligiirait sur une liste. Je demandai à être entendu; on me dit : « La Commission ne vous demande pas. » J'insistai, lant pour apporter mon témoignage en laveur des principes d'éducation et des élèves qu'en faveur de M. Robin.
On me laissa venir, et M. Jacoulet me dit : « Je ne vous ai pas demandé, parce que je savais d'avance ce que vous pouviez dire. » On me posa très peu de questions. Je n'pondis à peu près la même chose que ce que je vais vous dire aujourd'hui.
Voilà ce que j'exposai à ces messieurs :
L'expérience de M, Robin n'est pas si hasardeuse que certaines personnes se l'imaginent.
En théorie, nous avons plagié la famille. Vous avez tous de petits Cempuis chez vous. Ce qui fait ([ue la famille est saine, c'est que les enfants y sont élev<'s depuis le jeune âge; quand arrive le uioment où le sexe se fait sentir, c'est à l'extérieur de la famille.
En classe, les enfants sont sous l'œil de l'instituteur; mais, après cinq heures, ils vont dans la rue, où ils trouvent toutes les excitations que vous savez. Dans nos familles les plus respectables et les plus soigneuses de la moralit(! de leurs enfants, chacun a sa chambre séparée, nitiis c'est sous le même toit.
Ici, los eiifaiils do sexe différenl sont sépari's même de maison.
J'ai été élev(' par le clerg;é, je sais ce qui se passe. Je suis arriv('' ici avec un sentiment de rafraîchissement inouï, sans voir de préoccupations parmi les enfants. Pourquoi?
Levés d(^ l)onne lienre, occupés (oute la journée, vie simple à la campagne, pas d'excitations, travaux manuels, tout cela détoui-ne de cet alibi dont parle Michelet et qui lui faisait dire que les hommes d'action sont préservés bien mieux que ceux qui vivent dans la solitude, même éloignés de leur propre sexe.
Au point de vue religieux, (|ui faisait la grande pr<'occupation de l'enquête dernièr(\ voilà ce (|ue j'ai dû répondre :
Nous ne sommes pas antireligieux, nous sommes neutres.
Il nous serait impossible d'enseigner Dieu sans enseigner un Dieu qui ne soit pas celui d'un tel on un tel.
M. Robin cl moi, nous ne sommes pas de simples athées : nous ne nions pas Diru, uous Tignorons.
Ce qui est démontré, je ne le cj'ois pas, je le sais. Ce qui u'est pas démoutré, je ne le nie pas, je l'ignore.
Nous n'avons pas à intervenir auprès de nos enfants, d'autant plus qu'ils ne sont pas portés au mysticisme.
Nous leur parlons de la morale, de la réciprocité du bien, de la justice, de nous aider les uns les autres, de nos devoirs envers nous-mêmes, etc.
Nous n'avons jamais enseigné à nos enfants à mépriser ceux qui pensent autrement.
On a dit (jue nous avions troublé des cérémonies funèbres avec notre musi(|ue, c'est faux !
Nous respcclons la liberté d'autrui. Passant un jour sur une place, musique en tête, on nous apprit qu'à ce moment ou faisait un oftice. Nous avons fait taire notre musique.
En un mot, nulle excitation contre une religion, quelle qu'elle soit. Ce sont les sentiments de nos enfants et les noires.
Nous ne portons aucune animosit»' ni aux personnes, ni aux choses.
Nous sommes patriotes et humanitaires. Nous aimons tous notre famille d'un amour de préférence, ce qui ne nous empêche pas d'aimer l'humanité.
Nous ne faisons pas la faute, trop commune, de confondre un peuple avec son gouvernement.
Nous ne haïssons pas les nations voisines, nous prc'férons la notre. Nous aimons notre pays de naissance. Moi, je manifeste quelque préférence pour ma Bretagne, et en Bretagne, j'aime mieux mon village.
J'ai publi(' un volume que l'on a bien voulu juger comme patriotique et chauvin.
Ceux qui ont vu les événements de 1870 ne doivent pas aimer la guerre; mais nous pensons qu'il faut se tenir en mesure de la faire; si bien qu'il y a quelque temps, nous donnions un assaut d'armes; M. Robin monta sur la scène et dit à nos enfants : « Nous sommes des pacifiques; ne vous étonnez pas, cependant, si vous voyez en honneur les exercices militaires. Si nous haïssons la provocation, nous pensons que nous devons être prêts à défendre la patrie. »
Du reste, tons nos chants portent ce caractère.
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E.rtrait de la déposition de M. Rousselle