INTRODUCTION XV
diverses publications, notamment en un travail remarquable intitulé : ^Enseignement intégral, qui parut dans la Philosophie positive, revue dirigée par MM. Littré et Wyrouboiï'. Il tenta de réaliser à Gempuis ses conceptions sur l'éducation intégrale, dont l'un des j)lus importants chapitres est la coédiieation des sexes, la vie en commun des fillettes et des garçons.
Deux cours extraits de ses écrits résumeront sa doctrine et donneront une idée de l'iuiportance de sa tentative :
« L'éducation intégrale, sans avoir la folle prétention de faire de Ions des savants omniscients, comprend et réunit les trois divisions ordinaires, dites éducation physique, intellectuelle et morale; elle s'applique à donner naissance et développement à toutes les facultés de l'enfant, lui fait aborder toutes les branches de l'activité humaine, de manière à ne lui inculquer que des notions parfaitement justes. Mais, après avoir otfert à tous cette indispensable première base de réalités objectives, elle laisse à. chacun le soin de continuer,
1. Ces articles parurent dans les livraisons de septembreoctobre 1869; juillet-août 1870, juillet-août 1872. Le premier traite de l'enseignement intégral au point de vue général; le second, de l'acquisition spontanée des sciences et de leur enseignement dogmatique; le troisième esquisse, le plan d'un établissement d'éducation intégrale.
Il est intéressant de noter que Littré lit paraître le second article avec ce renvoi :
« Dans le passage si ditlicile et si controversé de l'éducation ancienne et présente à l'éducation future et positive, il n'est pas inutile de mettre sous les yeux du public des projets où l'expérience proprement dite cède le pas aux idées systématiques. Les idées systématiques sont des suggestions à examiner. (xYo/c de la rédaction.) »
XVI INTRODUCTIOiN
(l'achever son développement suivant les circonstances, les nécessités, l'initiative personnelle, et de ne se rapprocher du savoir et de l'art complet que dans les branches desquelles dépend la satisfaction de ses besoins physiques et moraux^... »
« D'ailleurs, admettre que certains travaux devront être exclusivement réservés à l'un des sexes n'entraîne pas la nécessité de leur donner une éducation morale différente, ni de les élever séparément. Destinés à vivre ensemble dans la société, les hommes et les femmes doivent s'y habituer par la vie, les études, les travaux en commun dès leur plus tendre jeunesse. Il est certain que des précautions nombreuses devront être prises au (k^but pour empêcher les effets du pervertissement précoce dû à notre société corrompue; mais bientôt le mélange des sexes ne pourra plus nous faire redouter aucun fâcheux accident. L'immoralité, trop souvent constatée chez de très jeunes enfants, provient en effet non de la nature humaine, mais bien de l'éducation énervante donnée aujourd'hui dans les casernes-séminaires servant d'écoles publiques, de questions scabreuses faites par les prêtres dans la confession auriculaire, de l'étude plus ou moins prématurée de certains classiques, de la privation du mouvement si nécessaire aux enfants; elle disparaîtra entièrement par l'application de la méthode d'éducation'-' fondée sur la