‹ Cendres et poussièresChapitre 9 sur 10 · DEVANT LA MORT · texte numérisé non relu

DEVANT LA MORT

O Morte que j'aimais, ô Pâleur étendue Dans l'immobilité des néants noirs et froids, Je n'ose l'apporter que les fleurs d'autrefois Et mes sanglots païens sur ta beauté perdue.

Les Arbres

LES c4'I{'B'\ES

ANS l'azur de l'avril et dans l'air de l'automne, Les arbres ont un charme inquiet et mquvant.

Le peuplier se ploie et se tord sous le vent, Pareil aux corps de femme où le désir frissonne.

Sa grâce a des langueurs de chair qui s'abandonne; Son feuillage murmure et frémit en rêvant, Et s'incline, amoureux des roses du Levant... Le tremble porte au front une pâle couronne.

Vêtu de clair de lune et de reflets d'argent, Le bouleau virginal à Tivoire changeant Projette avec pudeur ses blancheurs incertaines.

Les tilleuls ont Todeur des âpres cheveux bruns. Et des acacias aux verdures lointaines Tombe divinement la neige des parfums.

Vers d'amour

VE1{S VoiéMOU'R^

u gardes dans tes yeux la volupté des nuits, O Joie inespérée au fond des solitudes!

Ton baiser est pareil à la saveur des fruits Et ta voix fait songer aux merveilleux préludes Murmurés par la mer à la beauté des nuits.

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Tu portes sur ton front la langueur et l'ivresse, Les serments éternels et les aveux d'amour.

Tu semblés évoquer la craintive caresse Dont l'ardeur se dérobe à la clarté du jour Et qui te laisse au front la langueur et l'ivresse.

Lassitude

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Lo4SSlTUVE

E dormirai ce soir d'un large et doux sommeil... Fermez bien les rideaux, tenez les portes closes. Surtout, ne laissez pas pénétrer le soleil.

Mettez autour de moi le soir trempé de roses.

Posez, sur la blancheur d'un oreiller profond, De ces fleurs sans éclat et dont Todeur obsède. Posez-les dans mes mains, sur mon cœur, sur mon front. Les fleurs pâles au souffle amoureusement tiède.

Et je dirai très bas : « Rien de moi n'est resté... Mon âme enfin repose... ayez donc pitié d'elle. Qu'elle puisse dormir toute une éternité. »

Je dormirai, ce soir, de la mort la plus belle.

Que s'effeuillent les fleurs, tubéreuses et lys.

Et que meure et s'éteigne, au seuil des portes closes,

L'écho triste et lointain des sanglots de jadis.

Ah! le soir infini! le soir trempé de roses!

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Epitaphe

ÊTIToiTHE

oucEMENT tu passas du sommeil à la mort, De la nuit à la tombe et du rêve au silence, Comme s'évanouit le sanglot d'un accord Dans Tair d'un soir d'été qui meurt de somnolence. Au fond du Crépuscule où sombrent les couleurs, Où le monde pâli s'estompe au fond du rêve, Tu semblés écouter le reflux de la sève

CENDRES ET I^OUSSIÈRES

Murmurer, musical, dans les veines des fleurs. Le velours de la terre aux caresses muettes T'enserre, et sur ton front pleurent les violettes.

Table

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