SCÈNE VI
GEORGE, MADAME FONTENAY
MADAME FONTENAY, nir le cuapZ.
Venez vous asseoir près de moi... vous devez âtref&tiguë?'
V GE O HC E, preoanl naa cliaiM.
. Pas le moms du monde. ' > ' - ~
<- MADAME FONTENAY. ' , . " '
Et votre père, comment va-t-il? '
GEORGE
U est moins souffrant. , '
- . 1 . .MADAME FON TENAY.^i, . - ' .. ' ,
Comment êtes-vous veuu ici? '
GEORGE. * ' " '
. A cheval, depuis le chemin de fer. Car vous saurez, madame, que je voyagé avec mes écuries. Vous fous plaigniez
' • ' ‘ . • ACTli; Il àl
de vos chevaux, l’autre jour : alors, ma foi, j’en ai -amené trois, dont un... enragé. Celui-là est pour moi, et, si vous te perraeUez, je prierai ces demoiselles d’accoiiter les deux ' autres, deux moutons de haute école... (Embrassam de nmiTewi l»i inatDt de madame de Fontenay. )Oh ! chère mèfO, pardotmez-UlOtî '
mais quand je suis complètement heureux, je divagué. N'espérez donc pas tirer un mot de raison de votre futur gendre.
Où est mademoiselle Blanche , ma jolie fiancée? Et ma . petite belle-sœur?... Ne les verrais-je pas bientôt? . , .
' M Ai>AMt FOHTEHAY j «aoK. - * ’
Est-ec que vous vous ennuyez déjà avec mol ?
' GEORGE. . ■ ,
Oh! madame î... ' v •
MADAME FONTENAY
i Non. Eh bien! alors, monsieur, et quoi que vous en disiez, tâchez qu’il soit possil^le de mettre, pour un instant, • une sourdineà votre fantaisie, et causons grayemeut, comme de grands parents.
GF.OBGE.
Gravement? A quoi bon, chère mère, puisque toutes ces vilaines questions d’intérêt ont été résolues à la satisfacliorr générale, lors de la visite que vous avez eu la bonté de faire à notre pauvre malade, qui ne pouvait venir à vou.s?
- . ■ - ' madame FÔNTENAY. ‘ '
N’importe. Et il y a encore quelque chose à dire, alors que le notaire a fini de parler» Et, d’abord, croyez- vous que la santé de monsieur le comiehii permettra d’assister à votre mariage? . . ' . •
. ' . ' . ■ GK^OB G E J fÛHit» * \ ' A ,
Oh! il le faudra bien... Si son médecin ne s’arrange pas pour cela, son médecin est un homme mort. Ce pauvre père est si heureux de celte union ! C’est qu’il veut piésidcr à tout dans l’arrangement du joli nid qu’il fait 'ouater pour -, sa petite fille, comme il appelle déjà mademoiselle Bjaochc,
Dès que ses douleurs lui laissent un moment de réiût,,le comte se fait porter de chambré en chambre; et là, il discute la disposition des meublçs, la nuance des tentures. Il ne trouve rién d’assez beau , ni d’assez riche. Mon père nous
CE.\DRILLON
cède, bien entendu, le côté le plus piltorsque du domaine héréditaire : des fenêtres, grandes comme l'Arc-de-Triomphe, ouTrant sur un paysage adorable ; un lac ici, des arbres là, des ruines et des cascades partout. Opi se croirait dans un vieux château féodal. C'est à donner envie de détrousser le& voyageurs.
MADAME FONTENAY, rtant.
. Fou! , . :
GEORGE. ,
Fou comme un amoureux , et amoureux comme un fou.
11 faut me pardonner , je n'ai pas encore eu le temps d'être heureux. Jusqu'à vingt-un ans, l’étude, avec sa grave escorte de grec, d'algèbre et de latin. l)e vingt-un à vingttrois, la campagne africaine, avec ses jours sans pain et ses nuits sans sommeil; et, de vingt-trois à vingt-cinq, la guerre d Orient, avec sa Jérusalem déRvrée !
MADAME FONTENAY, touriant.
.Mais de vingt-cinq à vingt-huit? - ,
GEORGE, HD peu •oibarraiM!.
De vingt-cinq à vingt -huit? Ah ! d'abord, chère maman, il faut retrancher luic année tout entière, ctmsacrcc à extirper certaine balle russe... vous savez?
MADAME FONTENAY
Oui, pauYie garçon! Mais enfin... (aeveMot i u>a uéu pr«micre.) De vingt-six à ving-huit ans, qu’avez-vous fait?
' GEORGE, riant.
J'ai fait... j’ai fait des réflexions sur la vertu des femme»^ cl je suis tout à fait d’avis, à cette heure , que les femmes qui sont honnêtes sont de beaucoup préférables ù celles qui 'iie le sont pas. Enfin, soyez sans craintes, chère maman, je suis assez jeune cncoïc, et cependant déjà assez vieux pour fahe un bon mari. , ' • ’ •
MADAME FONTENAY.' '
Je vous crois. ■ ■ ■ ' ■
GEORGE. ' ^ '
Vraimc it? ’ . - -
> » madame de fübtenaï.
Oui. - . - ./
ACT£ Il
GEORGE) d'un (on carMSAot.
Eh bien! si VOUS envoyiez chercher le notaire?
MADAME FONTENAY, riant.
Le notaire ! le notaire ! Il viendra. ' '
GEOR GE. ' ■
,11 viendra... Mais la fin du monde aussi viendra. Oh! chère mère, c’est que voilà bien longtemps déjà que je l'espère!.. Songez donc, douze grands mois, durant lesquels j'ai eu à peine l'occasion de vous voir dix fois.,. , Car, au théâtre, au concert, dans le monde , ça ne compte pas. Ma parole d'honneur, c'est à peine si je connais ma fiancée, et quant à ma petite belle-sœur , je crois que je ne la connais pas du tout. Elle était si rarement avec vous au bal cet hiver. Est-ce que, si jeune, elle délesterait déjà le monde?
MADAME FONTENAY
Mais pas du tout. Et pour qu’elle ne fût pas au bal quan^ nous y étions iMuis-mêmes, Blanche et moi, il fallait, assurément, qu'il y eût quelque empêchement que je ne saurais , me rappeler aujourd'hui. ' ' »
GEORGE
A la bonne heure ! C'est qu’en vérité, je ne sais plus sielle est blonde ou brune...
MADAME FONTENAY
Mais, voici Blanche 1
GEORGE, ATM jol«.
Ah! enfin...