ANTOINE, MADAME FONTENAY
MADAME FbNTENAY, «^esl auùc lur le eanjtpe', réferdiini' Aniéln^ i|<l1 ■ >.
■" ■' ïette debout, k^ot dtooaeMent.
Vous ne VOUS asseyez pas? ' ' ^ ‘ "
AKTOINE. ' V ^ ■ ■'
Non, raa tante; je... je sais trop bien Ce que je vous dois, -
pour... '-.i- L . 'V. •.. . ■ ■ r
MADAME FONTENAY, t pari, '
Ah! mon Oieq.! mais Bkncbe avait raLsop; c’est , une *
transformation complète. ^ -
ANTOlIiE, (le plus en plut emberrasid de Jni-mème.
Vous... vous êtes étonnée de me revoir, n’est-ce pas, ma tante?
MADAME FONTENAY
En effet, je l’avoue. ' ■• , ' , ^
ANTOINE. " •“ ’ •
Ah ! je vas vous dire... Mais je ne vous dérange pas? vous ^ n’alliez pas dîner?...' " .,• > - '* '• - . i-
MADAME FONTENAY, lourianl. -V,.*- ..
Non, monsieur Antpin^ pas .encore. . .. ‘
, . ,v , ANTOINE, ... -
Ah ! faites excuse... raa tante ; ^ais c'est que, vous savez, ■ ’ dans nos campagnes, c’est ordinairement à deux heures * • que... mais enfla... c’est égal... une supposition que je vous dérangerais, je pouirais revenir?... ‘i
MADAME FONTENAY
Vous ne me dérangez pas, vousdls-je,‘ veuillez donc m’ex- •' ^
pliquer... ' . - -
ANTOINE. T . ' -
Hem! hem î.^. voilà ce que cîest,. ma..taiitej Quand je/ '
n CBNDRILLON
TOUS ai e« quittde, t'aotré |oirr...'je me suis en allé comme ça, tout doucement,' au pas de ia Grise, enfin... {Hane,piane, qnoi!... J'avais un bon ruban de queue à faire pour regagner la ferme... et. Cependant, Je ne sais pas pourquoi, je ne me pressais pas. LaGrise s’arrêtait, detempsentempa, pour dire deiix mots aux buissous et croquer les jeunes pousses de ci et de là, et je la laissais faire, parce que... tant il y a que je réfléchissais sur notre conversation du tantôt. Je me disais comme ça, dans mon fur intérieur, que TOUS aviez, peut-être raiaon et que moi. je n'avais peut-.êti'« pas tort; maiti que, néanmoins, c’était pas encore ane raison pourvue, entre parents... eutiu, j'avais, quasi regret. dcj ce que je vous avais dit... ^ ’ ' , • ,
, MAOAME FO«XEÎIAY. y ç! , y -
11 y a toujours du mérite, Antoine, à rectwinaître... , v. -, ,
ANTOINE, vitemenl et en •’anejaht.
Ah ! distinguons, ma tante, c'est pas à dire que je doute de la bonté de ma cause, et que, atreas oü'céquej’aià vous proposer ne vous agréerait pas, je sois disposé à renoncer à... Ah! mais non!... > " ’ *
C'est bien, Antoine, et je n’ai pas l’intentiod de surprendre votre religion.
«1 , r ANTOINE, Aonnë. . ’ •
S'il VOUS plaît? Ah ! vous savez, je ne suis pas un païen,
mais... . . "
MADAM-E FONTENAY, avec 'on mouvement imperceptible '^d'<‘paule.
Monsieur' Antoine, vouléz-vous être assez bon pour en arriver au bût de votre vfsih;? ' ■ ' •
, ANTOIISË. UOMbl'é*
Pardon, ma tante, mais, vous savez, je vous ai mise à votre aise» et si vous aviez affaire.,, je pourrais...
' . MADAME FONTENAY, nvM impirtiénM.
Mais non, monsieur Antoine, je n’ai, je vous le répète, rien de mieux à faire que de vous écouter; mais encore ftiut-ff que je comprenne ce que vous voulez me dire. -
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• ' ACTÈ'ÏII - 75.
Eb bieû! tenez, ma tante', je n'irai’ pas par quatre che-^ mlns, et, après tout, comme on dit, il ne , faut pas tant dé lard pour faire uh'^qiiarteron. Je \ous dirai donc que vos pa^ rôles de l’autre fois m'ont tout rctourm^ , qite je ne me reconnaissais plus en Vous qTiittant, et que j'avais comme uuè envie de me gourracr crimpoflance , pour les méchants propos que j'avais laissés torabêr devant vous,
MADAME FOM£NAY. , ^
. Je ne me les, rappelle pas. ,h>
, , ^ ANTOINZ. . 'j- ;.1|’
Je me disais comme ça à moi même, et pendant que /d'' , Grise broutait : VoLs^tUj Antoine, tu es un happe-chair, un avaricieuijlu n’as pas besoin de ce milHon-là, attendu que tu as la plus belle fortune qui soit à vingt lieues à la ronde. Tu possèdes trois feiraes superbes et quatre moulins , qui ne ^ suffisent pas à moUdre tout* le grain de tes champs, et d’une... Tu as encore avi c ça un intérêt... majeur dans quelques mines de fer et de charbon du Morvan, et de plus, nn arpent de vignes à Richobonrg, un demi à la Romanée et trois à Volnay, sau^ cimipter trois ou quatre ceuts châtaigniers, qui, bon mal an, peuvent bien...
MADAME FONTENAY, fTif: plu« eocora:
Vous êtes riche, très-riebe, je le sais... ,• - ' -i.
ANTOIWl.i' - ... J .
Oui, ma tante, que suis très-riche; d’autant plutf riche, n’est-ce pas, que je n’ai que moi h penser? Car, (utfin...
(«*re soe inli«U<Hi4s pto. es plus marqué) je H’aî paSc^C; famiile ,
moi, en dehors de vous, s'entend, de vous que j'estime et que j'aime, notez bieo;^ mais, je veux dire que je n'ai pas de femme, pas d'enfants... des amoui eltes par-ci, par4à, c’est vrai; mais ça n’est pas le bonheur, vous m'entendez bien J Et puis, après moi, à qui qu’elte reviendra cette fortune, un supposé que je reste, lu dcniiei ? A la paroisse ? C'est pas utile; pas vrai? Tant, il y a que... - ■ i '
MADAME FONTEN AT, ne M CopUsniin. pl«».
Achevez, Antoine, je vous en supplie ! • •
CEADRILLON
AKTOING, prfiitnt ;on conregi' i 4«iix imini.
Ëh bi€n ! nia tante... (s'anèiam encore.) Ohl mais.^ je vous en' prie, prenez patience encore un brin.., Dans un instant. Vous saurez quel ai rangement je vous propose, pour finir loijs nos différends... Seulement, dame!... mettez-vous à nta place... t’est im peu difficile à dire, mais... (prappô aW née.) Mais, tenez, tenez, matante... dans le Moi-van, à la première visite du jeune à marier chez ccUe-là qu'il a choisie, il re^garde bien attentivement ce qui se passe à son arrivée... Si (Hi dresse en l'air les tisons du feu, c’est de mauvais augure; si, à son départ, l'on trace des croix dans les cendrés, c'est un congé... Mais, s’il est agréé... ab ! s’il est agréé... im re- * pas se prépare... . ....... '
, . MADAME FOXTENAY.. . . * ‘ ' *
Eh bien? , ,
ANTOINE
Eh bien! ma tante, je serais bien heureux si... un jour ou l'autre... TOUS vouliez m’invitor il dîner. - -
HAD AME rONTENAT. - ■ '
Moi?... Ah ça, Antoine! est-ce que vous me demande* ma main?... ‘ ' . '
ANTOINE, «e récriint. '
Ah ! ma tante !... je'sais trop ce que je vous dois!... Non. C’est ma cousine Marie que j’aime, et je viens vous deman- ' der de me la donner pour femme. ^
■ MADAME FONTKNAT, iiirpriw. lU le lATeD'.,
. Je VOUS assure, Antoine, que j’étais loin de m’attendre...
ANTOINE
Que voulez -vons, matante?... Je vous l’ai dit, je suis las d’être garçon... Et ilepui.s l’anli e fois, depuis que j’ai revu Marie, si brave et si mignomie, je me suis souvenu tout à coup du temps de ses quatorze ans, où elle s’endormait quelquefois sm* mes genoux à la veillée... les jours où elle venait dîner à la ferme.... et c’est à elle que je pensais déjà tout lé long du obauin, en m’en retournant... Et depuis... eh bien! depuis, je suis venu soir et matin rôder autour du parc pour tâcher de rehlievoir à. Ira vers la feuillée... Je l’ai revue, et ça n’a plus été au passéj|.qirc j’ni sonté, mais à l’avenir... et