‹ Cendrillon comedie en cinq actesChapitre 71 sur 95 · MARI B. - . A · texte numérisé non relu

MARI B. - . A

Digitizc-c Ly Googl

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•• ■ •'i'*'' 'VlANCRËj toujonrt /aenréir.' -i.v'*r’

Les oreilles me tintent, sans doute... (Elle TA à U chcmioée^ «t

ift (hauffe 1» pieds. JeUnI ua coup d'œil sur les vitres de la feuèue. ) Lê ciel

a ouvert toutes ses cataractes, à ce qu’il parait.

maiuanne. ■ /

C'est que voilà quinze jours que ça dure !

JULIETTE

Et c’est bien malheureux, car toute la campagne est inondée... les ruisseaux sont larges comme des rivières, et... (a mom.) Vous savez bien, mademoiselle, le lac où vous avez été cueillir des fleurs pour la fêle de madame? eh bien! il a tellement grossi que, l'autre soir, une des chèvres du petit Jacques y est tombée, en croyant suivre la route, et s'y est noyée. ' ' . . -

Ahî'

MARIE, aveccbagriD,

BLANCHE, effrayée. -, .:C-

Ah! mon Dieu!... Mais monsi^r George est forcé de suivre cette route-là, en quittant le chemin de Xer, et »... dans cette obscurité. . . ' ’ '

, ^ MARIE. - . i .

C'est vrai!... ‘ ■

JL'tlEtTE.

Oh! rassurez-vous, mesdemoiselles... Monsieur George n’est pas un enfant et, d-’aillenrs, Pierre est allé au-devant dé^oiavec la voilure... et Pierre conn^iU le pays.. «

■ ' •• IIAHIANNE.-'-

I Certainement. . ' •

BLANCHE

Oh ! c'est égal ! je voudrais être à demain. J’ai la mort dans l’àme ce soir... il me semble qu’un malheur plane au-

dessus de ma' tête, (a ces mol«. Mairie a trestailli et legarvle aa Msur. Julicllt- *t la FeoMnc de chambre sont parties, Marianne achève de ranger.) BLANCHE, haa à Mane en t'assejranl préi d’elle.''

•'Tu ne sais p.is,' Marie, ce que'j’ai dit à ma mère ?*Bh bien, c'est qu'il me semble que George m*aime moins de joùf en

' Marfaaoe, Blanche, Mûrie. - <-

CBNDBILLON

jour, (utria M détourne on pru.) NoD, H n’cst pIus le Tnêtue qu’autrefols... Quand nous sommes seuls ensemble, il est agUd, presque impatient... il seml»lc loujours qu’il ait hâte de voir interrompre notre tête à -tète. Est-ce que tu n’as rien remarqué, toi?

MARIE. a*noe voix iroMb)^.

Moi? non.

BLANCHE, arre effroi.

Mon Dieu! s’il eu aimait une autre? . .

MARIE, même jen.

Mais tu es folle, Blanche ! >

' BLANCHE

Non, mars je crois que je le deviendrais s’il en était ainsi, (Avk (4'tinn. ) Car c’est surtout depuis que je songe qu’il pourrait ne plus m’aimer, que je sens à quel point, moi, je i’aime. .. Oh ! oui, vois-tu, j’en deviendrais folle ou j’en mourrais...

' ' * M A R I B, la preniDl dan< tes bran.

Vcnx-lu bien te taire ! ■ - .

BLAI^CHE, i «Jetni-voix.

Petite sœur, si tu voulais?... ’

MARIE

Quoi? .. ■ . . •

BLANCHE

Sans en avoir l’air, tu pourrais savoir ce qui se passe M lui... S'il a des tourments, des chagrins, qu'il te les dise, qu’il nous les confie, mais qu’il ne me laisse pas’ croire qu’il m'oublie, qu’il veut m’abandonner, car je souffre trop, . >

' marie, ém«p. •' ’

Blanche! ' ' ' , ;

blÀncué.

Tiens, sais -tu ce qu’il faut faire? S’il revient ce soir,comme il sera trop fatigué pour nous accompagner au bai* et puisque toi-même tu vesles ici, tu pourras le trouver s«ilè avec lui, et... ~ . .

ACTR tV

MARIE, avec un moiivemenl d’elTroi.

Non. (se remeiiani.) Notrc mère ne serait pas contente s'il n'aliait pas avec vous... et... il faut qu'il y aille... (s'efforçaoi d« sourire. ) Trop fatigué, dis-tu?... lui, un soldat!...

BLANCUE.

Mais c'eût été une occasion pour toi de faire ce que je te demande... Tu aurais eu tout le temps de savoir la vérité,

et...

.MARIE, ttè.-éaiue, se levant.

Non.,, ce n’est pas possible, Blancbc,pour... pour ce soir... Demain... un autre jour.

BLANCHE, la regardant.

Mais qu'est-ce que tu as donc? (eüo se lève.)

MARIS, trèi-agilce.

Je n’ai rienj seulement.., tu dois bien comprendre... si

j’allais, comme cela... tout de suite... il pourrait se douter...

BLANCHE

Tu as peut-être raison ; mais si tu venais avec nous au bal, et si George était encore avec moi aussi... distrait, aussi... indifférent qu’il l’est depuis quelque temps, tu aurais une occasion toute naturelle, en dansant ou en valsant avec lui...

MAR I E, mène jeu.

Y penses-tu?... au milieu d’un bal... devant tant de monde...

BLANCHE. •

Tu me refuses?. . Je parie... oui... (ircs-agiide) je parie que c'est parce que tu as fait les mème.'^ remarques que moi... et parce que tu trembles d’apprendre de sa bouche mème..^

MARIE, Irèi-enilurrastc*.

Blanche, calmcdoi, je t'en prie. Tu te rendras malade.

, BLANCHE

Ah! ça m'est bien égal.... Dis-moi que je me trompe... Marie, dis-moi que tu es sûre que George m’aime toujours, ou du moins que tu ne partages pas mes craintes... (Trèt-»giide. Juie-le-inoi, Marie, jure-le-inoi sur notre mère I...

MARIE^ éperdue.

filânchsi... (Blanche eM suspendue aux lèsrei de Marié. — Plutienrs coopa de cloche reteotisient an loin.)

MARIANNE^ qui, pendant tout ce qui ptécède, ëlail ncrupee à un travail de

coulure. ^

On sonne à la grille du parc. - ' - ' '

MARIE, remontant viveinenl.

C’est monsieur George, sans doute.

Marianne, qui a ouvert la feiiâtre et qui regarde dans le parc.

Oui, oui,' je vois deux lanternes qui courent dans la nuit; je reconnais la voilure.

MARIE, à part, avec effroi.

Le voilà!...

BLANCHE

Va vite, Marianne... descends par le petit escalier, c’est plus court pour aller dans le parc. (eUo montre une porte à gauche’.} Tiens, prends une lampe, sa clarté guidera Pierre de ce côté, j’ai hâte de voir monsieur George. Va, va. (Marianne prend u

lampe et sort par la gauche. — Mettant U main de Uatie sur aoa coeur.}

Tiens, seus comme mon cueur bal... Il me semble que George ne revient ici que pour me dire adieu. ^

' MARIE. ' ’

Encore une t'ois, calme-toi, Blanche.

BLANCHE, écoulant.

Ah! la voiture approche... elle s’arrête! on abaisse le marchepied, dans une miaule George sera ici... (Mario fait un

mouvement comme pour se retirtîi'; blanche la retient. } ItCSle , leslC', jC

t’en prie!

MARIANNE, rentrant avec la lampe. ^ .

Voilà monsieur George ! (George parait, 11 donne son manieaii à Marianne.) Je VaiS prévenir madame. (Elle tort par la droite.)

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