‹ Cendrillon comedie en cinq actesChapitre 82 sur 95 · ACT€: IV · texte numérisé non relu

ACT€: IV

CI.A CD T.f qui k prâ aor dp'lerm iialidn, (’«it approché d'Antoiof,

Monsieur Antoine, je voudrais vous parler.

ANTOINE

De quoi?...

CLAUDE

De... mademoiselle Marie.

ANTOINE

Ah!

CLAUDE

Et de sa soeur... Je voudrais... je... ah ! tenez, monsieur Antoine, je vais tout vous dire en deux mots, j’aime mieux ça.

ANTOINE

Moi aussi.

Vons êtes un liounêle homme...

ANTOINE, à pan. ...

11 a besoin de moi.

GLA.UDE^ achevant. . '

Vous me comprendrez.

ANTOINE

Ça m'ctonnerait, car Tautn; jour, nous ne nous sommes guère entendus, monsieur Claude, je m'en souviens ben.

CLAUDE

Oubliez-le, monsieur Antoine, et écoutez-moi... Une Ibis déjà madame Fontenay a fait un appel à votre loyauté à propos de ce procès... vous savez?

ANTOINE

Oui, oui, je sais.

CLAUDE

Vous avez repoussé, d'abord, tout an angeinenl, et le premier mouvement passé, vous êtes venu de vous-même...

ANTOINE

Eu propos*.’!' UH .lUtie, el on l’a refusé.

CLAUDE

F.li bien, ce inèii.e airaugcmeiit, ji’ n iras vous supplier

CENDRILLOiN

lt2

de le refusera votre tour', maiatenant qiie voudrait bien l’accepter peut-être. . w

A NT O IME, avec un brusque mouvenieal de joie. i

Qu'est-ce que VOUS dites? Marie .. consentirait? , -

CLAUDE

Marie?... non, monsieur, mais sa mère, qui, cédant a la nécessité...

ANTOINE

Ah! nous y voilà!... Elle y vient donc!... Eh ben, mais je suis toujours dans les mômes intentions. Ce que j’ai olfert déjà, je l’offre encore.

CLAUDE

Mais vous ne me comprenez pas' monsieur Antoine.

ANTOINE

Comment?

CLAUDE

Ce que je vous demande, c’est justement de ne pas faire de mademoiselle Marie une victime; c’est de ne pas profiter d’un couseritement que sa mère va Jui arracher peut-être... '

ANTOINE, d’uo air moqueur.

Oui da?... c’est-à-dire que vous voulez que je repousse la main de mademoiselle Marie, si celte main se pose dans la mienne?... Mais non, mais non, pas si bête! -

CLAUDE, so coDt«naot.

Mais, monsieur, cette main, songez-y, donc, ne se posera pas d'elle-même dans la vôtre... on l’y placera de force.

ANTOINE

Eh bien, plus tard, elle- y restera peut-être de bonne volonté.

CL AUDE, vivemenl.

Ne l’espérez pas.

ANTOINE

Ça, c’est mon affaire, monsieur Claude' Par isot.

CLAUDE

Voyons, monsieur Antoine, il y a si peu de temps que vous avez revu mademoiselle Marie... vous ne pouvez pas l’aimer d’un bien grand amonr.

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ACTJiîl V

antoim:.

Moi'?.... Ah! tene*, monsieur Claude, piiisqtie Mat4e%-i ' pas de secrels pour vous* je n’en aurai pas non plus. Je vous dirai donc que je ne sais pas comment je l’aime , mais ce ' qu’il -y a de sûr, c’cst que je ne bals plus que d’une aile depuis que je sais qu’elle ne m’aime pas... Enfin, je ne sais pas si mon amour est un amour comme un autre, mais ce que' je sais bien toujours, c’est que, si on me la donne, je la prends... Voilà tout ce que j’ai à vous dire.

CLAUDl:^ tcfalatil. ^

Eb bien, eh bien ! je dis, moi, que vous ne la prendrez pas.

ANTOINE

Ah ça, mon petit professeur ! t sl-ce que je vous trouve- ' , rai encore longtemps coin rriê‘ ça dans mes jambes?... Savezvous bien qu’un de cès jour» vous vous ferez marchor’^sm-

les pattes?.-., jclaudc haus&e tes ëpaiiL^s.) Et pUlS... (passant deTant lui)

qu’est-ce que vous venez donc m’ennuyer* avec vos phrases de sacrifice par-ci? de victime par-là?... ne dirait-on pas... Après tout, elle est donc bien difficile, la petite cousine?;..

( Asec une rooqnrrin brutale . ) Est-Ce parce qu'oil l’a SUmOmiUée, dailS

le pays, la petite Cendrillon, qu’elle croit que, comme Cendrillon, elle épousera un prince? . -

Claude, avec colère.

Non, monsieur Antoine, mademoiselle Marie n’a pas l’ambition d’épouser un prince, mais elle ne voudrait pas non J plus lier sa destinée à celle d’un homme qui ne saurait lui inspirer ni amour, ni respect!...

ANTOINE-

Eh ben! en voilà un insolent!... Ah ça! mais, au fait, pourquoi donc vous mêlez-vous de ça, vous? Est-ce que vous êtes le tuteur de Marie? est-ce que vous êtes son frèrCj.son parent?.,. Eh! non, vous n’êles rien du tout. De quel droit VOU.S mêlez-vous donc de ce qui la regarde?.., (Avec use gaieté

brutale.) Est-c6 que VOUS êtes son promis, son amant?... . ,

C LAUDE, s elar.çanl.

Qu’est-ce que vous avez dit? ” ' ,

♦Claude, Aritolue. j ^ ^ '

CENDRILLO.N

ANTOINE, d’uD lir goguenard.

Eu tout cas, elle a uiaavais goût. Monsieur Claude Parisol! l’amant do mademoiselle Marie!

CLAODR, arec un cri il'indigualioD.

Oh ! (Il s'élance sar Antoine, qui le repousse d'un coup de coude en riant.)

Oh! VOUS VOUS battrez!

ANTOINE

4e te battrai. ' . ,

CLAUOE, loiijouri à deini-roix.

Ah ! vous avez osé toucher à la pureté de mademoiselle Marie!... Vous vous battrez, n’csl-ce pas? Oh! mais, ditesnuû donc que vous vous batti ez !...

A N TOI N K, liant plut fort.

Je vous jetterai par la fenêtre ! Voilà tout ce que je puis faire pour vous.

Eh bien ! je dirai partout que monsieur Antoine Fontenay, qui a été soldat, a eu peur de Claude.

ANTOINE

Hein? ' - , .

CLAUDE

Je dirai que vous êtes un lâche !

ANTOINE, iérieusemant,

. Ah ! tout beau, là! mousieur le roquet... Vous voulez une leçon, on vous la donnera...

CLAUDE

Soit!

ANTOINE

Quand je le disais, que vous finiriez par vous faire écraser les pattes !...

MABIANNE, paraissaut au fond.

Monsieur Antoine, votre chambre est prête.

ANTOINE, bai, à Claude, raillaut.

(Comment nous battrons-nous, mon petit professeur?... A cuups d’eticrici', ou à coups de dictionnaires?...

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