‹ Cendrillon comedie en cinq actesChapitre 86 sur 95 · MADAME FONTENAY, MARIANNE, BLANCHE · texte numérisé non relu

MADAME FONTENAY, MARIANNE, BLANCHE

rnis MARIE. (Blanche, toujours dans ses habits de bal, est endormie une chaise longue, devant la cheminée. Marianne et madame Fontenay - ,

sont assises et causent à voi( basse sur le devaut de la scène.*)

MADAME FONTENAY

Ob! Uarianne! quelle nuill... Pauvre enfant!...

MARIANNE

Elle s'est enfin assoupie, madame.

Elle est brisée!... Ah! je te jure, Marianpe! uq instant j’ai cru que j'allais la perdre. (Baissant encore plus la vois.) Ainsi, d’après l'horrible révolution que lui a causée ce seul mot de séparation, juge de ce qui pourrait arriver si Blanche connaissait toute la vérité.

MARIANNE

Et entin, que coraptez-vou.s faire, madame? Reparlerezvous à monsieur George ?

MADAME FONTENAY

Non, je parlerai à Marie, j’y suis décidée!... Je l’ai fait prier de descendre, elle va venir, et quand qpus aupons pu enfîn reconduire Blanche à son apparteraenf... Qb! oui, oui, je veux pat 1er à Marie. 11 faut que je sort^ à lout prix de cette horrible perplexité.

MARIANNE, te Ic'snt et allacl vert Blanche.

.Madame, mademoiselle Blanche se réveille. .

* Madame Fontenay, Blanche, Marianne. ' s

r-t;\DlUL LON"

>IADA»lt fONTESAY. , ,

‘Oui. (Elle court A elle.) Eh bien?... cuimnenl te sens-tu niaintencuit?

Je ne souffre plus, ma mère.

MA DA MK. FOMLNA Y.

Mais tu pleures, mon ange.

BLANCHE

t Ah! c’est que j’avais oublié tout à l’heure, et ijue iiiainlenaiit je me souviens, (bü».] 11 n’est plus au château , n’est-, ce pas? I

MARIANNE

Mais, pardonnez-moi, notre demoiselle, et il a même envoyé savoir de vos nouvelles pendant toute la nuit.

BLANCHE

Tu ne lui as pas dit la véritable cause de mon mal, n’estce pas?

' MADAME FONTENAY

Non.

BLANCHE

•\hl c’est que je veux qu’il l’ignore!

MADAME FONTENAY, Tirêmoat.

Tu as raison, Blanche, et j’ai bien compté, je te l’avoue, que ta liertc te donnerait le courage de...

BLANCHE , lruten.eiit.

Oh! je crois que tu as eu tort...

madame FONTENAY. ' '

^ BLANCHE, pleorairt.

Je l’airac! maman, je l’aime!... (Anrè» u» lempt.) Mais qu'cst-ce que je lui ai l'ait? Je ne suis pas plus laide maintenant qu’autrefois.

MADAME FONTENAY, »vcc iolenlioD.

Non, mais... tu es moins riche.

BLANCHE. ■’

oh! cc n"est pab telle qui a pu lc faite thaUf;or,

’ ACTE V i:it

- MADAME FONTENAY. '

Mais... -

BLANCHE

' Je sais bien pourquoi tu me dis cela, ma pauvre chérie; c’est pour que je le regrette moins, mais je ne te crois pas.

11 ne m’aime plus... parce qù’il ne m’aime plus, voilà tout; ou bien... parce qu’il en aime une autre! (Très-agitée.) Oui, - /

c’est cela, il en aime une auti’e'.'.. 11 le l*a dd peut-être?... ^ .

MADAME FONTENAY, vireinCDt.

Non, il ne me l’a pas dit, je te le jure! ■

BLANCHE, se calmanl.

OÙ est donc Marie? . .

MA DAME FONTENAY

Chez elle.

BLANCHE

Ah! oui; au fait, il est de bonne heuic... Mais, dis donc, au l'ait, mère, lu ne l'es pas couchée?... et Marianue non plus?

MADAME FONTENAY

Non, Marianne non plus, et, si tu le voulais, elle pourrait aller prendre un peu de repos.

BLANCHE

Mais je le veux bien.

MADAME FONTENAY

Ah ! mais c’est que Marianne ne veut aller se reposer (lue... lorsque tu seras allée te reposer toi-B>êœe.

MAHIANNE.'

Si vous le permettez, mademoiselle, je vous conduirai à votre chambre.

BL ANCH E, à U mère.

Eh bien? Et loi? (eiu u ixtc.)

MADAME FONTENAY

Moi? ü faut que je reste ici, j’ai des ordre à donner (»our notre dépai’t.

BLANCHE, virement.

Notre départ?... Oh l inais je ne veux pas i-clourncr à

- CKKÜKILLON

Paris cet hiver, car je le verrais... là-bas!... et j’apprendrais peut-être un jour ce qu’il t'a caché, ou ce que tu me caches à moi-même. Enûn, j’apprendrais peut-être,., qu’il

se marie... (Avec sd miouvrllemenl de fièvre.) NOO , POU, je ne

veux plus retourner à Paris, plus jamais! Je veux rester ici, toujours, seule avec toi et... avec Marie.

MADAME FON TEN AY, pour I* calmer.

Eh bien !... c’est entendu!... rassure-toü... Je vais dire à l’instant que l’on défasse les lualles que l'on avait faites déjà... Es-tu contente?

B 1. A ISCHE.

Oui... (Aptei U paule cl » voix Iiihc.) Esl-cc qu’il pavtjra ^ns me dire adieu?... Est-ce que je ne le reverrai plus?... Oh ! maman! Laisse-moi le voir encore une fois?... Je le promets de ne pas pleurer.

MADAME FONTE>AY, retenant se> larmei.

Eh bien!... oui, oui. Tu le reverras. (Marie e»i «niré« de b

diolle. Blanche l'aperçoit.) '

BLAKCHG.

Ah ! voilà Marie ! '

MADAME FOMEMAT, avec un mouTeoient.

Marie!.,. (Elle va i Marianne, i|iii e>l prêt d- la cheminer.)

BLANCHE , è Marie, en l’embraaMBt.

bonjour, petite sœur.

MADAME FONTENAY, bas, 6 Marianne. '

Emmène Blanche !

BLANCHE, bas, i Marie.

Oh! Marie! je suis bien malheureuse!...

MARI K, vivenicnl.

Eqière !...

Hciii

Silence !

BLAl^CHE^ ëloaniio.

M.ARIE^ voyant sa m<*re qui

* Marianne, Madame Fontenay, Blanche, Marie.

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