‹ Cendrillon comedie en cinq actesChapitre 89 sur 95 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

n’importe !... Je vom le jure encore, si tous l'eiiges, je re> nonceierai à cet amour, George y renoncera lui-même, j’en réponds... S’il le faut, même demain, il me haïra, et il retournera auprès de Blanclie, et il redeviendra pour elle ce qu’il était il y a quelques jours, et Blanche sera heureuse! et vous serez heureuse aussi, ma mère.

MADAME F O NT BN AT, au paroxytm; de l’agilation.

Et toi, tu mourras, dis- tu?

MARIE. • '

Qu’importe?

MADAME FONTENAY, avec des larmea.

Mais je ne veux pas que tu meures non plus, toi!... mais je ne veux pas que lu souffres non plus !

MARIE, qui peut à peine se contenir.

Ma mère!

MADAME FONTENAY, dans le plus grand désordre,.

Que faire? mon Dieu! que faire?... Mais cet horamc-là va donc me tuer mes deux enfants, à présent?... (Avec un cri.) Ah! oui... c’est cela... nous partirons toutes trois, nous quitterons la France, l’Europe. Il ne sera ni à l’une, ni à l'autre, et je saurai bien vous forcer à l’oublier!.., je saurai bien vous forcer à vivre pour moi, pour votre mère!... Mais je ne veux pas que tu te sacrifies! je ne veux pas que tu sois malheureuse!... (ta serrant contre son cœur.) Marie! ma fille!...

MARIE, ne se contenant plus et avec un cri.

Ah! tu l’as redit!... c’est bien cela! et je te retrouve, nia mère!... ma mère!... Oh! parle encore! embrasse-moi encore! encore !... (Elle «si à genonx di-vaul sa mère.)^ . .

MADAME FONTENAY, l’embrassant et avec terreur.

Eh bien ! qu’est-ce que tu as? Est-ce que tu vas devenir folle aussi, toi ?

MARIE, riant c( pleurant pn jauirne temps.

Non, non, chère mère !... Je voulais avoir le dernier mot de ton coeur! ce dernier mot, que tu ne me disais jamais!... Je t’ai trompée! je ne l’aime pas, ma mère!... Je n’aime que toi au monde, je te le jure devant Dieu! Sur la vie, je ne l'aime pas! je ne l’aime pas!...

CENDhILLON

‘.HAfrAM'K FONTENAY, après un mouvement de stupéfaclien, couvrant 1 t— ^ '^liarie de baisers convulsifs.

Ah ! méchante enfant 1 que tu m’as fait de mal !...

M A Rt E, avec amour.

Oh ! chère mère ! que lu m’as fait de bien !

MADAME FONTENAY, l’cutourant de ses bras-

C’est donc bien vrai, que je ne t’aimais pas autaht qu’elle, pauvre petite? (Lui prenant la tète dans scs mains.) Oui, au fait! tes yeux sont rougis!... Tu as souvent pleuré? Oh ! pardon, encore une fois, Marie, pardon!... Je me souviens de tout, maintenant, de tout ce qui m’échappait jadis \...de ces riens, comme disait Claude, qui étaient des mondes pour toi, •pauvre scnsilivo.!... (L’embrassant follement.) Oh ! tiens ! j’ai pCUF, maintenant, de t’aimer plus qu’elle!... (Se souvenant.) Mais , mou Dieu! j’y pense!... et George? Qu’importe que tu ne l'aimes pas, s’il t’airae> lui? (Elles se lèvent.)

MARIE

S’il m’aime? (souriant.) Oh! s’il m’aime, je sais bien pourquoi; je ne me trompe pas, va ! Et, je te le jure , bientôt il ne m’aimera plus que comme une sæur, comme une amie !

MADAME FONTENAY

Que veux -tu dire?

MARIE

Tu le sauras plus tard... Laisse-moi faire... aujourd’hui même. Blanche sera consolée, heureuse ! Vous verrez, tu verras, ma mère... Retourne auprès de Blanche. Tout à l’heure, je lui ai dit d’espérer... dis-le-lui encore! va, va’! *

MADAME FONTENAY

Et toi î

MARIE, se jetant dans set bras.

Moi?... Tu 'm’aimes, je ne désire plus rien au monde ! A tout à l’heure, à tout à Theure. (Madame Fontenay sort par la droite.)

* Marie, Madame Fontenay.

Digilizec ^

Page 1