‹ Cendrillon comedie en cinq actesChapitre 90 sur 95 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

MARIE, Puis CLAUDE PARISOT.

MARIE

Oui, oui. Blanche, je te lendrai l’amour de George... comment?... je l’ignore encore, oh! mais je chercherai-i je

trouverai ! (Clsude entre lentement parla gauche, sa main droite est placée dans son habit; il semble souffrir... En voyant Marie, il cherche à l’éviter, mais elle l’aperçoit. — Frappée d’une idée.)*Ah! jesaisj...j’ai trOUVé! Courant à Claude.) Claude, j’ai un service à vous dememder,-

CLAÜDE.

Disposez de moi, mademoiselle.

MARIE

Il faudra dire comme moi, entendez-vous?... Mais d’abord

il faut... (Voyant Claude qui chancelle.) Qu’avez-VOUS donC ?

CL AC DE, s’efforçant de sourire.

J ’ai beaucoup marché ce matin, et je suis las.

MARIE

Asseyez-vous, et écoutez-moi. (Claude se laisse tomber sur un siège.)

MARIE

C’est un grand secret de famille que je vais vous confier là, mon bon Claude, songcz-y bien.

CLAUDE

Oui, mademoiselle.

Un secret, qui, s’il était jamais connu de ma sœur, ferait peut-être le malheur de sa vie tout entière... (Baissantia vois, et presque à l’oreille de Claude.) Sachez donc que Geovge l’aoujilice une heure pour la petite Cendrillon, pour moi, Claude!

CLAUDE

Comment? ‘ .

* Glande, Marie.

MARIE, pliii bas encore.

Hier soir, là, à cette place, George m’a dit qu’il... m’aimait.

CLAUDE, M levant Tivemeot malgré ta douleur.

11 se pum-rait?

MARIE

C’était la pitié qui dictait ses paroles, je le sais bieu et je le lui prouverai... Slais cela ne sufürait pas, pour qu'il m’oublie tout à l'ait à mou tour, et qu’il ne se souvienne plus que de Blanche, il faut qu'il sache que je ne pourrai jamais l’aimer... lors même que ma sœur ne serait pas entre nous, et, pour cela, je veux lui faire croire que j’aimais... que j’aime quelqu’un, et ce quelqu’un-là, mon bon Claude... (caiment.) il faut que ce soit vous!

CLAUDE, effrayé.

Y pensez-vous, mademoiselle?

MARIE, avec tendresse.

Je ne mentirai pas tout à fait , Claude , car, après ma mère et ma sœur, c’est vous que j’aime le mieux... Oh! je ne suis pas ingrate, moi... je me souviens bien de toutes les preuves d’alfection, de tendresse, que vous m’avez données depuis plus de dix ans... Vous partagiez tous mes chagrins, toutes mes larmes vous tombaient sur le cœur, je le sais... Dans mes heures de tristesse, et elles sonnaient souvent, je vous trouvais toujours là, près de moi , consolateur fidèle, infatigable. Quand le bras de ma mère me manquait, et il me manquait bien des fois, c’était sur le vôtre que j’étais heureuse de m’appuyer... (e'Ib pa*»e SOU bras soui celui de Claude.) C’était dans vos yeux que je puisais sans cesse la résignation et le courage !... C’était toujours votre main amie qui séchait les pleurs que d’autres faisaient couler... Je vous le répète donc, Claude, je ne mentirai pas tout à fait en disant à monsieur Geoige que je vous aimais et que je vous aime!

CLAUDE^ duDe voix brisée par l’éinotiou*

C’est impos.-ible, mademoiselle... mon enfant!... Celte ruse que votre tendresse de sœur vous.a inspirée... aurait peut être, dans l’avenir, les conœquences les plus graves au.v jeux du monde, du monde, qui est parfois bien mé-

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