ET AUX ÉLIGIBLES
PARIS
IMPRIMERIE D'AUGUSTE HARTHELBMY,
«t'I DIS DI^ims-ASCDSTrilS, H» 10, SEPTEMBRE 1827.
nir da soin d'apporter remède aux maux du temps présent ? Quand nous disons que le genre humain est perfecti|)le , qu un jour viendra où des ministres le gouverneront à son profit autaM qu'au leur, qu ainsi If v^ut laforc$ 4es choses, savons-nous bien , en nous berçant de ces consolantes paroles , tout ce quelles renferment de paresse? Prenons garde d'oublier-, p?r trop de. confiance et d'espoir, qu'il n est pas possible à cette force des choses, quelque bonne opinion que nous ayons d'elle, de travailler pour nous et
à notre place.
La véritable force des choses c'est la force de l'homme ; c'est celle de tous les hommes réunis. Puîsqu*il f^agit aujourd'hui de nos droits politiques, dont l'inventaire ne serait malheureusement pas long à dresseï*, ni&Upns^naus courageusement à l'oeuvre pour n'ei» riew perdra. 5i no^s sooimes unis et fermes , au lieu de Toir décroître w>s droits hou^ viendrons à bout de les agrandir» ConveiStÇir lilwpament dans nos journaux ayec nos cpQoitQjeii^- *ur ûPS affaires était l'un de ceui^ qui nqus tenaient l^ plus au çqbup. On nous l'a enlevé ; sur-le-champ mille braclmras put parlé à leur place ; les associations se sont formées ; |a ^\^Ym$é a survécu aux journaux, et qAiatrç-vingt ipijle hpiumea a'piM pas eu besoin d'être avertis par eux pour v<enîr),.|>»r un Qoi^cert patriotique, accompagner jusqu'à sa dernière de* meure rpn des plus courageux défenseurs dq leur^ droits.
Le véritable emploi de nos paroles, si np<:u» ne. voulons paj qu'elles soient desi s^Bmences perdues , c*e#t d<Q. le» jeter au milieu de np^ concitoyen^. Pourquoi iiou« adr^ss^rion^r nous aux ministres? San? daute, si Ven¥if nw»s prenait d'entrer en conversation avec eux la matière n^ flanquerait pa^; mai$ nou9 nouç ei^poseripUS ^^^ ^J^^ à» W^ P^f* 1er qu'à des sourcU. '
Ils n'ont rien réppndu à ^Q\^te^ .1^9 vo\|» élo^UQntOfc qui de^puis si lqng-teing$ leui:.dea)^p4^^ cpsapt^ d^ leiurinlAiv minaj)le adpfç^pi^J^iaiipn ; il^ n'ont pas dit, pn C^veuf de ^uel
complot iU ont tenté désoler les dtoyens par la censure , ni datis quel but le tribunal secret de leurs censeurs , ra'ssemr blés à si grand'pëine, a reçu sa juridiction suprême sur toutes les pensées du pays, sur celles du pair de France et du.plâ>éien , de 1 électeur et du député » du plaideur et du magistrat. Que de choses à leur demander ! Où en êtes-YOus avec le clergé F A quelles exigences cédez*vous lorsque vous étendez sur les crimes de quelques-uns de ses ihembres TofEcieux manteau de votre silence? Avez* vous compté, sur TOtre glorîeuBe guerre contre le dey d'Alger pour faire, rererdii^ les vieux lauriers de la France f Verrons-nous longtemps les insultes d*un petit despote barbaresque ^enir en écbéc notre navigation dans la Méditerranée, et effrayer rOcéati par la présence des corsaires que vous ne savez pas empêcher d y passer? Quand Tindustrie française, qui est fôtt aise de voir exposer ses produits, mais qui aimerait encore mieux les vendre, jouira-t-*elle de la même liberté tjvte celle des pays voisins? Quand les ports des républi'queis américaines salueront-ils avec joie notre pavillon? Quand la Charte octroyée par Don Pèdre sera-t-elle légitime ? Quand ne paierons-nous plus l'Espagne pour essuyer ses mépris et pour assister, Tarme au bras, à son anarchie et à^ses supplices ? Quand le cercueil de nos gens de bien ne sera-t-il plus brisé dans la boue? Quand les corps des défenseurs et des amis du peuple pourront-ils recevoir paisiblement le douloureux hommage de son admiration et de s&i regrets ? Quand se ralentiront vos attaques conti'e tout ce qui est grand^ noble , généreux ?
Voilà bien des questions; et Ton ne serait pas en peine poar en grossir la liste. Mais nos ministres ont bien d autres affaires que de s'arrêter à les écouter. Ne fkutil pas f^ire rentrer les impôts et tirer des contribuables le plytf d'argent possible afin de vivre à leurs dépens; endormir le clergé qui gronde, sans lui céder tout, niais sans le fÂcher ; lier les ailes du temps, puisque aucune main humaise ne
peut les couperP Ne nous adressons donc pas aux minisires; ce serait Touloir diak^er tout seul et parodier les soliloques du Moniteur i lorsqu'ils se sont débarrassés des jour* naux, ce n'a pas été pour lire nos brochures.
Nous pouvons mieux employer notre temps : parlons à nos concitoyens* Avec eux . nous avons bien des choses à dire, car ils sentent comme nous combien il est urgent de s entendre pour que la presse ne périsse pas sous les attaques de nos communs ennemis, pour que les registres de letat civil ne soient pas mis aux mains du clergé, pour que le privilège impie de Taînesse ne revienne pas répandre la discorde et les haines dans nos familles. Notre grande affaire commune, celle qui touche les grands et les petits, les riches et les pauvres, les enfans et leurs mères, c'est d'à* voir de bons députes. Les ministres aimeraient mieiix nous enteni^re causer de la girafe ou des sauvages; mais Je bon temps des innocentes distractions de Tancien régime n'est plus le nAtre, et nous aimons à songer » avant tout, à ce qui nous intéresse le plus.
Pour avoir de bonnes élections , l'important est .d a« bord de réunir beaucoup d électeurs , afin que Texpressior. de l'opinion générale sorte des urnes au jour décisif. Nous l'avons dit cent fois, nous le redirons mille i Inscrivez-voui^ n'abdiquez pas vos droits; songez que les listes du jury sont les listes électorales; n^oubliez pas que si vous laissez passer le trente septembie vous aurez perdu peut-être , et par votre faute, une partie décisive» que nos ministres, infidèles à d'anciens engagemens, se refusent à jouer cartes sur table. Puisque les avis salutaires qui gourmanderaient la paresse des électeurs n'ont pu long-temps se glisser dans les journaux qu'à la dérobée» puisqu'ils n'y paraissent encore qu'en des termes qui n'en laissent pas apercevoir toute l'importance, suppléez à ce silence funeste en vods associant pour vous soutenir. Laissons la Gazette de France persif&er avec un rare bon goût ceux qui, sans être élec*
leurs, s occupent délections; jeunes ou vieux, salariés, rentiers ou propriétaires , songeons bien , songeons tous que les élections et le jury sont presque notre seule vie politique , et que du choix de nos députés dépend la législation qui régira Tintérieur de nos familles»
Les hommes qui s*en remettent sur le temps du soin de tout faire méritent qu'il ne leur apporte rien de bon. Les électeurs qui comptent sur leurs voisins plus que sur euxr mêmes ^ et qui, se réjouissant tout bas quand le nom d'un député anti-ministériel sera sorti de l'urne, songeront avec délices qu'ils ne se seront pas compromis en lui donnant leuTToix, ces hommes-là sont des lâches qui méritent d'être toujours battus.
 mesure que notre éducation' s'avance, un peu plus de mépris s'attache à ces trerobleurs égoïstes; mais le mieux n'esi pas de les dédaigner , c'est de les guérir. Que n'essayons-nous de les mettre en compagnie, etde les rétablir à leurs propres yeux en les mêlant aux bons citoyens? 11 y a beaucoup de cçs lâchetés que Ton se dit tout bas à soimême, et dont on rougirait devant trois personnes assemblées« Dix ou douze poltrons mis ensemble s'évertuent pour avoir du courage ; et pour peu qu'un homme de sens et de cœur se trouve avec eux, il n'a pas depeine à les faire crier beâu(!;oup plus haut que lui.
Réunissez-vous donc, chauds ou tièdes, hardis ou circonspects : songez que l'avenir est long, et que celui qui vit au jour le jour n'est jamais sûr de son lendemain. Marchez à un régime qui ne spécule pas sur les consciences timorées, qui ne mette pas un homme entre son devoir et son pain. Comptez vous-mêmes votre propre voix pour quelque chose y si vous voulez que bien des gens viennent vous la demander , et s'arrêtent avec respect devant vos refus.
Le courage politique, tout rare qu'il est, n'est pourtant pas toujours difficile. Que le plus peureux nous dise ce qu'il perdrait à débiter tout haut les choses que chacun sait
qu'il pense tout bas. A Paris Fon^eàt maintenant assez à l'aise là-dessus. Pourquoi t:e s'y mettrait-on pas dans les départemens ? Quel danger courraient les personnes d une même opinion à se réunir pour causer de leurs affaires , et à gagner à coup sûr la poignée de main cordiale de leurs concitoyens , en hasardant de perdre le sourire affable de leur préfet?
Grice au ciel , Toilà que , dans bien des endroits , cette nécessité est parfaitement comprise. La France se couvre de sociétés pleines tout à la fois d'ardeur pour le bien , et de respect pour la légalité. Ces sociétés^ qui fuient le mystère et qui invoquent Tordre l^al , parce qu'elles se plaisent à ▼ÎTre au grand jour , seront le gage de la liberté du pays ; la force • d'opinion ne peut jamais tarder long*temps à appartenir à ceux qui osent confesser tout haut leurs pensées.
Le point capital maintenant • c'est donc de lier en tous lieux des associations électorales. Leur premier objet , le seul à Tordre du jour, c'est de faire inscrire les élecieurs ; plus tard, il sera temps de causer des éligibles.Il est cependant un signe auquel on peut, dès à présent, distinguer ceux qui auront droit à la confiance de leurs concitoyens. Si vous voyez des hommes ^ immobiles au milieu du^ grand mouvement qui s'opère, se retirer de la foule de peur d'y être froissés, et établir leurs calculs sur l'effet des démarches qu'ils voient faire à d'autres , attendez peu de ces hommes si personnels, si prudens à ne pas se jeter dans la mêlée» et qui seraieut, au besoin , toat prêts à voler au se* cours du vainqueur. Mais ceux que vous verrez souhaiter que leur opinion prévale , la croire assez bonne pour imaginer qu'elle mérite de s'occuper d'elle , former des àsso* dations de patriotes, gourmander les retardataîVes, se plaire à fonder des institutions utiles , travailler à créer des résistances légales , à diminuer le nombre des ignorans et des oisifs, ceux-là, jugez d'avance à leurs œuvres qu'ils ont droit à devenir vos élus; croyez qu'ils ne dédaigneront pas
vos afAiiies puisque déjà ils les regardent comme les leurs; aidez'Ies plus tard puisqu'ils vous aident aujourdliui.
Éligibles, que Ton vous reconnaisse à votre ardeur pour préparer les esprits. Faites que nous sachions si yqus avez à cœur les opinions qui sont les nôtres. Nous qui sommes pour elles pleins de foi et damour, nous n^ consentirons pas à les amoindrie et à les éteindre en Icfs faisaiitTepiésenter par des homnes qui les priseraient assez peu pour se regarder comme des fous s'ils s'échauffiiient pour elles. ËUgibles y les fatigues de cette active candidature ne •auraient sans injustice être exigées de vous tous. Il en est parmi voub qui ont des droits au repos j et dont la tranquillité laborieusement achetée ne sera jamais taxée de paresse. A ceux-là, pleins de services et de gloire, leur nom suffit, leîir nom que les amis de la liberté sont fiers dlnscdre sur leurs bulletins.
Mais vous qui arrivez aux affaires» publiques , riches surtout de nos espérances et de vos promesses > vous dont la vie est entourée de loisirs , dont la fortune déborde en superflu, dont les talens n'ont pas subi encore ces épreuves décisives où l'on j)rend à jamais possession de Testiitie pu-^ blique, vous tous, qui formez le plus grand nombre , travaillez pour nous afin que nous travaillions pour vous; aidez-nous pour que^nous vous aidions; aidez- vous pour que le ciel nous aide; ilfaaU semer pour recueillir.
^Naa**
Les nouvelles dun grand nombre de départemens annoncent la formation de sociétés électorales qui travaillant à stimuler le zèle des électeurs. Il existe de ces associatioiis publiquement organisées dans VAube^ VAude^ le Caivaehf, le Cher^ la Côted^Or , la Drame ^ Eure-et-Loir , le Gard, YHéraidt^ Y Indre y Indre-et-Loire y VI sire, Maine ei" Loire, la Meurthe^ le Puy-de-Dôme , le Haut-Rhin, le Rhône , Saôneet-Loire, la Seine, la Seiné-lnférieure, Seine-eê-Marne y sstns parler des sociétés dont Torganisation n est pas encore plète.ou dont la formation ne nous est pas connue.'