A LA LIBRAIRIE DE L'INDUSTRIE, RUE SAINT-MARC , H
%t CHEZ 8JLUTELET ET C. , l^LACE DE LA BOURSE. BfiPTSMBRB 189L7.
MONU]lfE^*T A ELEVER SUR LA TOMBE DE MANUEL, ANCIEN DEPUTE DE LA VENDEE.
Liste des conunissc^res qui se chargent de recevoir les souscriptions dans les x^J^érens quartiers de Paris»
MM. Amphoux, négociant , roe des Fossés-Montmartre 9 n« 27. Bérviger , rue des Martyrs , n<» a3, Bott^uero, négociant, rde Royale-Saint-Antoîne , n*> 18. Boulay ( Emile) , médecin , pa«sa|^ Dauptii^e , escalier H. Bompierre , négociant, île Saint-Louis , rue Bretonvitliers, n"" 3. Cadet de Gassicourt, pharmacien, rue Saint-Honoré 9 n<* 108. Duhief , joaillier, rué Richelieu , n* o4. Dumoulin, négociant, rue Bertin-Poirée, n* i4« Decrusy, afOOn^t^^ual de l'École , Kl<* a^ Febvre ^ c^rf^n, ftuh* ^ajt-Mar|in , H^ i95i^ Hubert, ancien notaire « rue Bergère n» 3. Hamelin, marchand balancier, rue Saint- Denis, n* 78. Lavé , négociant e,u vins , k Bercy.
Lamy, ancien notaire , rue de Seine , n^ 3a. Moisson frères , négocians , rue de Tracy, n^ 4* Moutardier j, café du Phénix, au Palais-Royal. Pinel-Qranc^mp , rue Saintc-Hyacinthe-Saint-Michei , 0*9. Simon, médecin , me Saint-Louis au Marais , n» 8. Thibttudean , négociant , r«e des Petites-Écuries , n* 18. VilleMe , bnttseur ^ faub. Saint- Antoine , n« a85. On souscrit aux bureaux t du ConsiUttiitmnei f hie Montmartre , n. lai. Courrier Français y rue Tiquetonne , n. i4. Journal du Commerce ^ rue St-Marc , n. 10. Giobe , rue St-Benoît , n. 10, faubourg St-Germain. Les fonds seront déposés chez M. LafBtte, me d'Artois*, n. 19, qui reçoit aussi les souscriptions. •
Un comité déterminera la forme du m/^ument d'après un concours pablic.
La liste des souscripteurs sera publiée à l,a suite du ^^ueil des discours que Moiuieta piK>noncc8 pendant la durée de sa carrière législative.
I^ÏPRIMERIE DE SELLIGUE,
BMirtré roUR lm presses kscahiqdbs et a tanvr , Rue lie» JedneurSy N. i4.
AU GON^IL CHARGÉ DE LA SUHV£U.LANGlt4.
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tr «rRABOm>AMMENT
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Sur la demande (}u.i vous fut adressée, le 1 4 juillet dernier, par mon collaborateur et ami M. Bert, .au nom des propriétaires et rédacteurs du Joumatdu Commerce y tendant à ce qu^il vous' plût de leur faire connaître l^a marqhe k cuivre pour vous sou^ mettre les preuves de l'injustice et dé la violence du bureau de censure à leur égard, vous lui fîtes rjionneur de lui marquért^M suffisait d'exposer nos griefs dans un mémoire adressé à la chancellerie. Aussitôt, supposant que Pinvitation de vous adresser un mémoire renfermait de votre part la promesse, de Texami^ier et d'y faire droit, M. Bert, en sa qualité de rédacteur en clîef, se chargea d'en rédiger un, dont un exemplaire a été envoyié à chacun de vous. Nous l'avons fait imprimer parce que, bien que disposés en théorie à déplorer l'innovation funeste qui a substitué la presse' à l'industrie des copistes, vous préférez sans doute dans la pratique le nouveau procédé à l'ancien , en ce qui touche votre commodité personnelle.. Cette marche nous était tracée par la conduite du bureau de censure qui nous oblige à faire imprimer nos articles avant de les lui soumettre^ "bien que la loi de son institution n'exige de nous que la présentation du manuscrit (art. 4 de delà lôîdu 3i mars 1820).
Six seniaînes se sont écoulées depuis ce temps , et le silence <r*e vous avez gardé sur les faits révoltans que contient le mé-
moire do^fil. Séi^kr-^te^S^'À^^çtl^set Jç j^&>pll^^ avoir
cru que vos fonctions étaient autre chose que des sinécures, et qiic' Votre siitvelllaiioS vôulait.étre xéclai^ée^^ ''M^iSa ^^^ piduvail s'attendre à un pareil qi^bU^&l^ Justice ;,|4insi que des bienséances le$ plus comiAiinésf Lorsqu'un ti^itiunal ordonne une instruction écrite , ou une enc[uéte sur faits et articles, il donne acte aux parties de leurs dires, juge d'après eux, et motive ses décisions qui sont p^ti£ée| au. Intér^ssës^ous mêmes, Messieurs, lorsque Mf(le«)£}^0^oiseui vous^acli'essa une récla^ mation énergique contre Tlnsolence de la censure qui avait mis à l'index les témoignages flatteurs de vénération et de gratitude adressés par les gardes nationaux de la capitale à leur ancien aide-major-général, vous lui fîtes connaître la déécision que vous aviez rendue. Bien que M. Bert n^ait pas l'Honneur d'être pair de Fra.nce , ce précédent, le seul,qi:^i pût éclairer le public sur les procédés suivant lesquels vous, vous proposiez d'exercer le ministère qui vous est dévolu, l'autorisait, ce semhle^ à attendre une réponse telle quelle de votre part. Il est vrai qu'il ne s'agit dans cette affaire ni de justice ni de convenance, mais de censure y ce qui est bien différent.
Il paraît, Messieurs, que les lauriers des aides de M* Lourdoueix vous empêchent de dormir. Témoins du beau triomphe qu'ils ont remporté sur la France chrétienne , par le simple refus de leur ministère, vous n'avez pas voulu rester en arrière: nous connaissions les effets du déni de censure^ vous avez imaginé le déni de surveillance : il ne paraît pas qu'après ces deux découvertes qui ont manqué à la glou*e de toutes les censures paissées, cette belle institution soit susceptible d'être enrichie de nouveaux perfectlonnemens. Nous ne pouvons vous contraindre à remplir vos devoirs : vous êtes , ainsi que vos subalternes , hors de l'atteinte des lois du pays, comme si ^ous exer; ciezsurun territoire étranger, par exemple dans l'hôtel de M. d'Appony. Les tribunaux refusent de réprimer les violences de la censure , de peur d'entrer en contact avec elle. Que nous restçrt-il donc à faire, sinon de protester hautement, de vous mettre sans cesse en demeure , de vous rendre vcsponsablen des
duCdmmèive/ayé:%tehèmCyâé^^ mémoire-* pUbfîiS^^ïàt
Le« éf!et3 dcî' cette déipâi'cne tnônt pâ3 tardé î'.sé niânifésïer;! à peine le. mémoire avaît-îl paru, què,Ié crî de vengeance' pçîrti des.oùréaux aéià'chàncéilerie, a été' répété paV^ïé's^é'éii'ôs âé'la rue de.Grenelle. une' pérsécutioù toute spéciale a été ôreâriîsée contre iinjoùrnarassez téméraire pbur porter* lé flambeau delà publicité, dans les catacombes t>u 'siéfa;en1t lesyrahcs-jugès <ïéla pensée , et se dégager un momeiit du 5a;z-àeWuo dont îl est âftablé., pour inbritrer âU grand jolar Jéè iiiàf^tfeiS'de là' tortufè'cfjicy tidienne ^ju lui^èst intfîgpè ^.4r' leâ ' inquiet teurd de là' poudeJ
Déjà nous li^ciii's'^ëWôirï» ^ë pmi/ié'M'%'iimié tùxxté'ëMii:
derenti impos^tblé^^^ës Mfmtiéfr' siti Hàfifeitd ët'^ti'f ^afé^'^^éitl les'ëf(bt»drtinébé^ iJMft:^ë e15'dNttfaé'^Mteî(S^i»Mil»ké.^tëé^^' nom, âegrflc^yllièr. èut6Àéèil/i^ui>^^^ setoëte '<rilii'56hrn^ fhm^èiSf^fj^ify à'^é^U^eitfâlibëimc^
éiitrragé' hitttU^I^'<!9èW^dè>Àtffl?e^jr i|li'i!?DéW#^ tf été 'âëO^Mi
voo^pu faire cotifilailirë kMs4«feteu^ é^ih^ pdffle éWtKifeiiiMP de M. Levàvû!$8eu^6t du' plaidoyer d«j H*' felèrvlflmkii^^^èès^l grave et H irfflïg^nt suscité àJT. ^Bëàitiêk:é»']m^^ très jourdaux en publiarent de longs extraite? Pôiu^^^éfP^-^^ siemv passages dircixriëîtk ' dréré dujotir du^énéràl*^Bttléléy<' boiorg à Lille, àht été jugés detéîr étt% tioe noui^lllAréf't^ès
conve^iabl^ .po^r Içs ^)i)onpé8.4e la Quotitfiet^i^,, ej^.iine )>ierre d'achoppemeaV pour, la ina lignite, de^ l^ctçtf^^di^s^oumal du Co^nerçe ? Pou3*quoi lorsqu'on psaroietjt^ji.Vu Jàuirnal des Débats de pulylîer le T][^o.ntaat des souscrij^iqps.ofTertes.j^our la médaille proposée en l'honneur du grand xyînistre qi)e l'Au' gleterre vient de perdre^ lqi*squele Cpnstitidtionnel était libre (^'annoncer qu'il recevait à son bureau les offrandes des jcitoyens qui VoulAient contribuer à cet hommaffe spontané ,de la douleur et de 1 admiration publiques^ les mêmes annonces^ conçues dans des termes à^peu, près identiques^ étaient tayéesde nos colonnes? Je. pourrais ,.i\Ies§ieMrSj, multiplier beaucoup les pourquoi Ae ce fçipire , et pour j répondre^, vpus ne seriez sans doute paS plus embarrassés que cet employé de' M. Francliet . qui. interpelle pai' un citoyen qui voulait sàvoir.ausai lepourquoi a!un
aç|t^a^b|f^/?ifrp.p9mmi8j^Ujpi'^ dj^oits , lui ^répondit
fièremen^^ parce quç/ Ç^t ar|[umetit péremptoir^ et,sans té- ^liouç^. ce.qu*il mourut àe^ixo^ nommes de police^ e;st admirablor pour mptîver les ^QpératiQDScensQriales. , ^ '.
t V ii^seralt.ég^^im^t iaçae.f^,j^i^ç^* ql^»»»^. &Mf t«"P
qHer.4ç'lpJPMJi?ja«»iiflwnières. Qpi/^it^ i^s#|j^ .i^^ 4% di);iP <^*»W<^P» qup VPn . diçtrilMii ^ui, jpmriiHW ;pit)yieii^ jdu de-
Sff»t{ JaR]^(l%0g«^mi8^i<K»m^ de m^Urede l'^^i^^^e^fuisjçu^ hQf9^^^)ei^ fraATs^A)^ f^q}\\ 8^^»t^t^e ^Ttsifijai^^îfe.de l« loi , qui
véi)J^9«»jft|o4€»5aa^*cpM Ton^vwJt se vei;igcr sur
sol^tQ d^ son qpBqsHV>jHînO^ t»W^f^Sl*^ jf^ r^W^r?^ «BP^^fif vxaf^^iL^^ta^]^f^yBf§]^k^ ai:QAolu de placer
à xf^al^^^X\nàÉgfff^^c^eil delalibérali^de.«sesapiniQ!QS^ gO^î^n^ «(;] Aq iUMPii^ti^i^rf dmil^iù^fl/iffifi ^rf And^fî p^^**«
com^^bd les plus faillites notabilités de h banque) Ae tnii(îg.étrie et du commerce ^ a pour but essentiel de centraliser et de ré" pattdrèl^reiifiôt^enién^ utiles aux classes làborieuseè^ de défendre ieur6 droits et lenrs intérêts , de publier et de soutenir lears réclanaations sans Vécatter jamais du point de vue des întépêtH génératiXi Des travaux de ce genre n'ont assurénient lieti d'hostile ou d'^alarmant pour l'ordre public. Lorsque parut Korâonnand^ dé censure ^ les rédacteurs du Journal du €omméi^c^ réscdujfetit de s^y renfermer soigneusement , dé s'absteair des controverses politiques y et de laisser à terre le gant jeté à ^opposition par les écrivains du ministère. lis comprirent qu'une lutte sans liberté était une lutte sans dignité : le rôle de compères du Moniteur leur paliit au-dessous d*euï^ et refu^ sant de lui servir de plastrons ^ ils laissèrent le géànV nlinistéritl s'escrimer à son aise dans l6 tide. D'autres journaux tentèrent une route différente. Ils essayèrent de faite allét* ensemble la liberté et la servitude y de faire biaiser et gauchir la vérité , et de la mpétissfar assez pourqii'dllé pût franchir leâ pichets de kpoUcië )il'o^iaw»tt ptarbliqûe les en a ^évèrelneht punis. .
h^Joumai du Comntërèà sé^ crut libre sur te teiTaintoût cpériâl ott' il ée renfèrtnait. Il avait étendu sa cort^espon'dance ctmmièroiflle ^ créé de nouvelles •cotnbîhaisons quMi jugeait cafMe» d'ac€iH>itre Fiàstru,etion pratiqué et l'utilité qui ressoflea^piyur les diBttseè industriéUes des documens et desTalts aombreilx qu^ii ^'applique àrassemUet^ journellement. Des ques^ tîops d'une' hàJite importance que des circôtlstanceâ réccfntes vfénfAXhM kiaiire tm rajeunies par des pdints de vue entièrement ttOuve«iix ^ l^oomîssàient une ainple matière à â^trfiles discoesioiis. l«s ré$u]ta%9 de notre système dé douane^ à apprécier dans l^ui^Tapport» avec les mouvemens du Cômméi^èe et les vlçîasîtudes de là production ; les conséquences du té^iihe c6« looialik&ireresa^rlir par l'examen de soû influence mt l'ènséM» ble de im» transa^^tions^ ki question toujours indécil^e > 6n tie sait po«rquo«y de Pétablissemeiit d'un entrepôt téël dé rhéxcheâdisp» «alonîale^ k Paris ^ la eituatien «^itkfue de \à hâafrioe vtarchande à eiiaminei* daits seé causes et sous le i'dpp6V€
des mesures à prendre pour J'améiipver^ l'examen de PéUtin* dustriel de nos départemens y la revue de l'exposition dos pnH duits de l'industrie ^ l'analyse de plusieurs ouvrages im|>or-!tans sur l'économie politique : telles fuient les principales mar tîères que les rédacteurs du Journal du Commerce se pressèrent de traiter y et dont l'inolTeDsive spécialité leur 4on* naît l'espoir de n'être point gênés par l'action de la censure* Quoîqu'instruits de loa|^up inain que la haine de l'industrie est le fond du système ministéiûel y ils devaient croire que les inquisiteurs subalternes toléreraient au moins par pudeur les 4isçussions de détail isolées avec soin des généralités élevées de la philosophie industriçljle. Le Moniteur lui-même propo-> sait pour niodèle aux feuilles périodiques l'objet des travaux du Journal du Commerce.
Les raffineries de sucre ^ et surtout celles de Paris y éproih valent depuis, quelque temps des pertes considérâtes , ré- ^ult£^nt du prix élevé auquel étaient arrivée les maiières > brutes comparé à celui auquel il est possible éB vendre le produit fabriqué y sans arrêter brusquement la consommation. Des mé** moires y dips pétitions furent adressés à l'autorité par lea intéressés. Le Journal du Commerce ne pouvait garder le silence \ il signala comme causes du mal l^extension inomodérée duprîyilége accordé aux colonies française^ et ^exagération des droits imposés à l'entrée des sucres étrangers. Aussitôt le MonHeur^ qui saisissait toutes les occasions qui. se présentaient d'engager des discussions avec l^s journaux de ToppcMÎtiony pour^es^ sayer de faire prepdre le change au public sur la véHtsïile situation de la presse périodique, publia* une long»» apologie du système cpionis^K L'article venait de l'admin^îstration , car on y faisait usage de reuseignemens extraits des -états de douane qu'elle n'a publiés que depuis y et qui par conséquent n'étaient alors connus que d'elle* Nous n'hésitâmes mêbie x)as à l'attribuer k un personnage élevé dans la hiérarchie officielle, vu l'absurdité àe% raisonnèmiens et l'ignorance Complète de la matière, qui setitait son directeur général d'une liéue: On en haussa^it les épaules à la Bourse; on en Hait sous cape jusque dans les bureaux de la douane.
Le Journal du Commerce hasarda une réplique qui obtint le hîssez-passer de la censure y grâce à la signature d'un rafBneur de sucre , à ce titré directement intéressé dans la polémique dont il s'agît. L'événement prouva que nous avions bien jugé lé bureau Lourdoueix , en pensant que l'intei-vention d'un citoyen, propriétaire d'une importante manufacture, plaidant avec fermeté sa pl'opre cause, lui imposerait plus qu'un simple article de journal uniquement dicté par l'amour du bien public. La question coloniale avait été traitée sous les points de vue' comniercial et industriel ; il restait à l'examiner dails ses rapports avec la navigation nationale. Des plaintes multipliées nous arrivaient sur la situation déplorable de la marine mar^ cbande ; nous essayâmes de plaider sa cause; mais il paraît que' le savant économiste du Moniteur, peu satisfait du résultat de la lutte qu'il avait essuyé de soutenir, avait ré^Iu d'y mettre fin et de se retrancher dans la censuré , dernière raison de la sottise puisssantc? , et Ton nous ramena aux carrières pour venger l'amour-propre d'un petit tyran de bureau*, dont nous n'avions pas admiré les productions. Je transcris ici cet article licencieux et blasphématoire , confisqué par les douaniers de la polîce,'pour que ïe public puisse juger du degr,é de liberté que l'on accorde à la presse périodique : '
«Nous avons laissé à un estimable raffineur dejsucre, notre correspondant, le soin, de relever les hérésies économiques et. les bévues commerciales commises par le Moniteur à propos d^j^ système colonial. Nos lecteurs savent s'il s'en, est bien acquitté : notre adversaire lui-même s'est llitjustice, en se retirant .prudemment d'un terrain où 11 s'était fourvoyé sans le connaître. Mais il est un point de vue que notre correspondant a néglige Clans ctettè question, sa^ns doute parce qu'il ne se rappovtait pas directement à l'intérêt spécial ^qii'il voulait défendre , et qui n'éri'eisi pas moins digne d'attention : c'est celui de la marine marchande. Les partisans du système colonial nous disei^t : notre, commerce d'armement est en souffrance; nos navu-es ne peuvedt dans les marchés libres soutenir la concunence étrangèi*e :il importe doiic de leur conserver soigneusement l'emploi
lO
restreiot, mais assuré , que leur procure le monopole colonial. Puis ils développent à merveille les raisons d'état qui doivent engager la France à entretenir une marine marchande^ raisons que personne ne conteste.
» Nous ne prétendons pas nier la défaveur dont notre pavillon est frappé dans tous les ports du monde et même dans lés nôtres:
nous avon» peut-être, contribué à fixer Tattention publique sur ce triste phénomène, dont nous avons souvent développé les causes» Les marines étrangères gagnent sans cesse du terrain sur la nôtre ^ et il semble que notre conimerce maritime ne s'étende qu'à leur profit. En 1 820 ^ la moitié du tonnage employé à nos exportations était française; en 1836 y la part de l'étranger a excédé la nôtre de 77 mille tonneaux. De 1825 à i8ti6 le tonnée français n'a presque pas varié : celui de l'étranger s'est accru dans cette seule année de Sa mille tonneaux. Nous ne parlons qtiedes exportations, parce qu'elles présentent dés oscillations moins fortes., et que l'influence des droits différentiels s'y fait moins sentir. Dans cette mênie année 1826, sur ^900 mille tonneaux d'importations, la marine française n'en a transporté que 335 mille, proportion que nou^ avions déjà pressentie en exa" minant les documens publiés à l'appui dubudget. En Angjieterre, plus des 2/3 du commerce se fait sous pavillon ^lational ,,,ct les Américains exécutent eux-mêmes tous leurs transports à un neuvième près..
p La situation de la niarine marcïîande mérite certainement d'être prise eu. sérieuse considération ; mais c'est une singulière "Conclusion a tirer de son infériorité actuelle que la nécessité de maintenir Tétat de choses qui l'a produite, au moine en grande partie. L'intérêt de ta marine est inséparable de celui du conoe mer(^ : il est aussi ridicule de les opposer l'un à l'autre qufde mettre l'agricultm*e aux prises avec l' industrie comm^ le font sans cesse tant d'orateurs officiels et de, personnages en cré^i^f «tquî veut faire prospérer l'un aux dépens de l'autre les sacrifia certainement tous les deux.
» Le système colonial empêclie notre commerce maritime de se ^^velopper , c'est une vérité incontestable. Il n'est pas moins
ccf tain qua les modificatioas indiquées dans la pétition des raffi-' ^eurs 0ç iiçucre accroîtraient, avant trois aip^s, la consommation dç <:ette dexu'ée de 40 milUojis de kilogr«4iu moins. Cette impoputioQ ne pouvant avoir lieu sans une; «s^poi tation équivalente^ le mouvemeni; mai itiaie^ serait augmenté de 70 à 80 mille ton-' Idéaux. II. faut.rengiarquer que le commerce avec les pays à sucre est moins (léfavorableque.les autres à la navigation nationi^^ attendu jijue ces pays. ry'ont point de^marine , et que la seule con<currenc^ à çraindi^e est celle de la navigation indirecte ^ nécessairement restreinte^ chargée d'obstacles^ et prohibée en ce qii^r concerna r A u|;leteri'e,jpa]* le traité de j3^^ Ifa.plu^i6i:tep.ar(tie du tonnage employé p^r i'effet . im^iédiat 4^ çhangeme^ r^r clamé dans nos tarifs'r-eviendrait donc à la marine française* , »£t{>uîs^ il n'est nullement question dp'Tompre les rel^tions^ étal)iiÇ:S avec les colonies 9 comme le supposant toujours nos» adversaires^ mais seulement d'établir unepiopprtion plus équitable* entre leurs produits et ceux de l'éti^nger, qui permette à, ç^M^ ci l^àçce^. de ,no^Q:>arjp^és^)4a. navigation -peut ^'étendrapf^rsuilQ Qe& 4éveloppemçns df^ pos relations au-dehqrs^,toi4t enxoii^ierr vant l^s . ^y^Âtagips .e^çli^^s ]â.\^ qqmmercp colopial. j§eulepiie&t,^ dans le^^^i^iauyg^is^ a^pé.egl^^jijiavire^fraçeÇfi^S, «^wliW dos'acç u** mule^ d^n^. Içe^pp^ts d'pnos;^olonieS;i.sajw,HOUYoir s'^r procurer, defrei^ Ji:^ntjchqr^|ïe;':4es sucres au Brésil; à là^ Haxwi«',)i Ste-Cipixr^ ii fçxlQrJ^içp^ On npJes verrait pa^réduit^, com»^ dans ce moment, à re^:ei^ir,de nos AntiUes^vec im tiers ou. wJk quart ^e chargement obtepri^ .àgrand^peli^etsur le piçd de ^}W^ eiméjne^^ deu;!f:,denier^^ taux qui ne couvxepasles û-aîadlemn barquement. Aussi nous écrdt-on du Havre :, a Les i^aviriçs.v^at •^tpiuber abpi^.jD(ua>chéî il.y^ eu ^tre vendu june^grande ^quan- » tite^attenctu.qji'qçi^ ;;i'^^.pejJt trouyçr l'emploi, et qu'icyp n^ » Sait où les envpyer. »• » .!
mCe n'^t donc pas en. maintenant les.abus du.^stèmuecokmîalv quojQ^Céviendia la ruinçde lamariQe.m^;chapdé^o'e3t aueon*' traire .en le réfomiant, et surtout en la délivi:ant dç^ jéntratyo»^, de tout genre qUi pèsent svn: elle., Qu'gn |çesse.4e la soumettre, il des réglemens sûrannésj; ^u'on lui permette de s'appro vision WT'
à bon marché défi fei-s, deis bois et des chanvres du Vrôrj^'%i<fispensables aux constructions navales et que les (frbits'de douatie fbnt ressortira des prix exorbitans; qu'on réforme ïâ méthoâe àe jaugeage que l'on emploie pour évaluer le tonnage des navires, et qui , conservée religieusement depuis des tenips reculés^ malgré les changcmens survenus dans la forme des constmctions^ suppose toujours au bâtiment un tonnage plus fort que celui qu'il porte réellement : on Verra alors la marine française reprendre tous ses avantages et défier toutes les rivalités. ' • - '•
vConçoît-on Surtout que nos navires soient encore victimes do tous les {^us des quarantaines; lorsque les progrès de la science et l'expérience des' grandes nations maritimes leur ont assigné leur véritable càracière, celui de vexation inutiles et absurdes? 'Desnavires airivent de nos colonies ou d'autres parages où aucune maladie ne s'est manifestée : ils n'ont à bord aucun malade; et pourtant ilifaut qu'ils supportent les frais d'une quarantaine de 10, 13 ou i'5 jours, pendant lesquels Parmateuf â à sa charge, outre l'équipage et les passagers, un pilote et un gardien de santé rétribués fort cher. Ces choses sont à'^dêciéiôn d'une comtôssîon sa^itahe, intéressée à paraître utilé'et à ordonner des quarantaines qui multiplient les vacations et lés.vi: sites dont chacune coûte au navire 60 ou 72 ff. Que signifie d'ailleurs une quarantaine où tous' les navires se touéhent^ et qui n'empêche pas les équipages de 20 à 25 bâtimens de co^umu-' Âiqueî* librement entré eux ? Voilà des abus crians, dont VaAministfation ne s'occupeguère et dont la réforme toucherait plus le tdmmerceque lesampfificationsMu )lfo/uYe£^r.» "*
Jéledemancle maintenant à tout lecteur qui n'à'p^s 'abjure le sens commun ; quelles discussions sont possibles dans un pays' où l'autorité ne peut souffrir des réflexions du genre dé celles' que je viens de transcrire ? L'auteur était resté bien en-deçà des limites que Figaro prescrit à l'audace des écrivains tTartîtlëiie contient pa^ un mot hasardé, pas une assertion qui ne sôit fondée'sur des dbcumens officiels, ou suf les témoignages les plus irrécusables. Les chiffres qui se] rapportent au mouvement de la
uavigatioii dans nos ports oqtété relevés d'après les états pu« blî^s par l'administration :• les abus dont ielle souffre sont indiqués dans le budget de la marine distribué aux cb ambres pendant la dernière session; les développemens que Fauteur y a ajoutes sont empruntes à des correspondances avec des armateurs du Havre, qui ont été consultés par l'autorité maritime dans la dernière enquête ordonnée par le ministère sur les cau-x ses de la soufl&ance de la navigation nationale , et dont la compétence a été par conséquent reconnue : on peut en représenter la preuve au comité de surveillance.
Et remarquez la timide réserve de l'écrivain, déterminé à n^anquer son but pl^tôt que de toucher à l'arche sainte de la politique. En parlant des causes permanentes de l'infériorité de notre pavillon, en sollicitant la réfoime des abus qui gênent Pessor de notre commerce d'armement, si précieux sous le rapport industriel 9 si important sous le point de vue politique^ comme offrant à l'état une pépinière inépuisable de matelots toujours prêts à se lever pour sa gloire maritime et pour la défense de ses côtes, il était naturellement conduit à parler de l'iniluence lâcheuse qu'exercent sur les spéculations de nos armateurs les préparatifs foimidables qui se fesaient depuis trois mois . dans les grands ports militaires de l'Océan et de la Méditerranée. Il pouvait demander si l'institution fondamentale des équipages de ligne, créée dans le but de soulager le commerce des réquisitions de matelots, peut être regardée conune atteignant son objet , f puisqu'il est de notoriété publique qu'une grande partie de la population maritime disponible sur nos côtes a été requise pour le sei*vice de la marine royale et dirigée sur Cherbourg, Brest et Toulon. Il aurait dû dire que la rareté des marins, résultant de ces mesures, a élevé leur salaire à 3o ou 4o p. o/o audessus du taux ordinaire de paix; qu'en ajoutante cette surcharge imprévue Faugmentation des primes d'assurance par suite des craintes de^uerre maritime que ces préparatifs extraordinaires ont répandues dans nos ports ; en calculant les effets de la guerre d'Alger qui a rendu presqu'impossible le commerce «ntre les ports de l'Océan et ceux de la Méditerranée, sous pa-
' Xow ïniK^È:^ «c auwrfgë asi neotres uiat Pwnntage des .nutf^Mnis- çi'L «K^. 3 est iM[MMtble de ne pas recomuiître 4UV evmiuwMMi >irK»pcM<w»ooffi» « ce momeat June ciiâe uitu~ -ux»«i4ir 2««sJbe <|ae ocOe de iSaS, ooc^rinMiiée par k <iM»>« f^yig— le téàaatar «Tait gudé le âlmce sur toatei UM-duMW : ia maanie ^Horde et réndUote de la ccBwe m'o-
?tott w«Ie»e«t Ton ne notts pomet pu de pLûdcr h aoK de la WMfTae imi^Hali- - Ton iKHtt défend atcom de loi doNaer les a-ns <|«î ÎHpactent le plos k as dnlé. H (emble qoe le bareau «te ceasnre sott ^ns la inlàfU des pirate* «Igêrieas, «1 qu'il oaMpte nr a part des prâes &ites nr te commenx fiançait par le» Kutiaieaqaes. Ptnàeim annooces eimites de nos (ntre*poodanc» des câtes de la Hédîtenann , où fl était qœslioii de b sortie des Mooqoes afiîcwnet pour exoîaa contic not/epa- TÏtlon ont êtë supprânées. le sDenœ Torré des feoilles de l'oppo«ttîoo,et riosui&suKe des avis qu'il leor est permis de pubU«« > la coatatnre ridicule et embanassée des aitîdes du Moitîtftur sur la svwne d'Alger ont lêpandu dans nos ports des A^anmes esa^érées à td point que , sor lescôies dePOcéaD,oa a« ^eut aâ9Ui«r àancon prix pour la Mèdilonnée. De tout» paît» Ott se demande quand et couunent finira tx simulacre de $wenr« , où rbonneor et la dignité de ta France sont si étrange- M««t nMHprcanîs ; quel succès on en e^ièie , et le soccfa de ^uoî? Qu'importe aux Algériens le blocus de leurs ports, (ût-il uussî efîêctlTqa'il Test pen ? Quelle compaïaîsou peut-on éuUir e»0« te» pertes que peut leur causer rinterroptioD moment»i»é« de leurs rapines et de lenrs bri^ndages, et ce qu'il en a J^ltotlléàta France CD éqoipemens d'escadres, en convois réj^ulien pour le commerce de Ea Méditerranée, en assurances, etc. *>* * **« *<»U obtenir jm- la terreur d*uo appareil menaçant et par b liautenr du baça^ : le dey ^est obstioè contre toute sijt-nLi i, ,.,t i-.]j^vj^; .^LL-son entêtement a pris le ministère .»M A'i>t»«i^u. PcMu la situation de nos finanœs, l'honneordu i»tM«^nçais et l'intérêt du commerce , cette déptoiaUe affaire trop duré. Tout le monde «c plaint de la lenteor dn dé
i5 ^ nouementy même les jésuites, auxquels nous devons u^ plan superbe de colonisation de la côte d'Afrjque , développé dans la Gazette universelle de Lyon y et que la censure ne nous a pas permis de reproduire. Cette feuille demande, qu'à l'exemple de saint Louis , la.France s'empare des plages barbaresques au nom de Jésus-Christ et du roi de France son sergent. L'on enverrait aux Africains des missionnaires pour leur faire goûter la morale d'Escobar , et une poUce toute organisée à la française , afin de leur repdre la transition moins dure : quelle moisson pour nos jeunes séminaristes et pour nos espions à demi-solde! quel digne pendant de l'institut d'Egypte ! Autres temps, autres mœurs.
En attendant que ce beau projet se réalise , voici un échantillon assez remarquable de l'administration paternelle de nos pachas coloniaux. Les détails qui suivent sur ce qui s'est passé àPondichéry; empruntés à la ^aze^te de Vile Maurice j ont été effacés du Journal du Commerce :
« Le gouvernement ayant voulu assurer la subsistance du pays pendant la disette des années précédentes , avait mis à la disposition des habitans du nelly (riz en paille), qu'il leur vendait lui-même 27 pagodes. L'abondance étant revenue avec les pluies, le nelly est tombé de 16 à 17 pagodes j il en est résulté sur les achats du gouvernement une perte dont il a voulu être indemnisé par les habitans. Les plus notables d'entre les Indiens ont représenté que les années précédentes ayant donné un bénéfice au profit du gouvernement , c'était à lui à supporter la perte de la dernière année. Aussitôt on les a fait an^éter et conduire en prison, d'où ils ne sont sortis qu'après avoir payé; mais à peine élargis, ils ont signé une protestation contre cet acte d'autorité, ce qui a porté le gouverneur à faire arrêter et conduire en prison lès premiers signataires.
» Les Indiens 'de toutes les castes voulant , suivant leur coutume en pareil cas, témoigner leur mécontentement, se sont réunis au nombre de 7 à 800 pour aller jeter du sable devant l'hôtel du gouverneur. Ils ont été accueillis à^ l'instant et sans aucune sommation préalable ^ à coups de fusil , par les Gipayes. formant sa garde.
» Cette foule d'Indiens de tous sexes et âges, et sans armes, a été de suite dispersée par les pions du gouvernement et de b police j armés de bâtons.
« Le gouverneur fait instiTiire un procès criminel contre ce$ malheureux y dont la plupart sont en fuite. M. &anglès, avocat général y a été y à cette occasion y cassé et renvoyé en France. Le plus respectable des habitans de Pondichéry, autant par sonaractëre et ses qualités que par son gi*and âge^ a été mis au secret pendant plusieurs heures. Les marchands indiens vont chercher sécurité et protection sur le territoire anglais , ce qui devra nécessairement faire le plus grand tort au peu de conunerce qu'on faisait dans cette ville. »
En rapportant ces événemens affligeans d'après le journal de File de France, le Journal du Commerce restait bien au-dessous de la réalité des faits , tels que sa correspondance les lui faisait connaître. Il s'était abstenu d'en jeter la responsabilité sur M. Desbassyns de Richemont, neveu de M. de YiUèle, qui exerçait alors Fautorité supérieure dans nos établissemens de rinde, d'où il vient d'être rappelé, dit-on , par suite de la clameur générale. Mais nos censeurs ont des yeux d'Argus (Mur tout ce qui touche au personnel des ministres et de leurs ayanscause, et la réserve discrète du Journal du Commerce n*a pu désarmer leur pointilleuse susceptibilité.
Cette attention délicafte de la censure pour la parenté de M. de Yillèle devait peu nous surprendre. Feu importait en effet que les négocians qui font des affaires avec l'Inde fussent exposés à de inides mécomptes par l'ignorance où on les tenait sur les événemens survenus dans ces parages lointains , pourvu que les petites combinaisons du népotisme ministériel ne fussent pas dérangées par un éclat fâcheux. Mais le crédit de la France peut-il être considéré comme une affaire de famille ) et comment caractériser les précautions prises pour le séparer de sa véritable base, la publicité?
Le bruit se répand que les frères Rothschild se réunissent à Francfort, et que le but de ce sanhédrîn financier est de concerter les moyens d'opérer le remboursement des 5 p. <^o fian-
çaifl. La premiëre^partie de cette, nouvelle, est publiée dans Jes journaux : Tinsertipp de. la secojBjdç jleurest refusée. Cependant, si le fait était faux, il, était fi^cU|^^e, le démenth\: dans le cas contraire, quelle grayp resppn$ajb|iité n'encourait-on pas? Lotst que.J'éprg^ve du Tjç^ljouTseïne^t fut tentée pour la pc^piière fois, M. deyil.lèle.,:pouv;répondi'e aux plaintes^ des rentiers , leur disait : D^ quoi yctus plaignez-vous? Dès que mon projet a été arrêté^, ^e vou^ Tai-je.pas fait connaître ? Si les menées circonstai^ces venaient à se représenter , l'argument de i^%^ serait la cpndamnatlon du ministère , et la France lui deman» der^t c^pipte. du sile.nce .imposé au^x journaux comme d'une co|pbînaiso]; destinée à favoriser les spéculations des. agîoteu^f
initiés. ... - *
Il y a trois semaine^, ^ii^^ hausse a^ez forte s'était déclarée sur la rejQte : le Moniteur , écho des jpi^ enfantines du .^A" nistère, s'extasiait ^ur. la prospérité renaissante du crédit .:. le Journal du Commerce qui savait à quoi s'en .tenir sur les yértt tables causes de ce n^ouvement.eti5ur la durée, qu'il doyait avoir, se borna à faire remarquer que no3 rentes soulevées pfir Isl hausse rapide des fonds anglais,. qpi s'étaient en pe^, de tseiiips élevés de 8a^à 88, étaient }oin d'a>K>ii: suivi cette prbgi^èssion. Cette proposition fut niée pajc 1<^ feuille* officielle , et le Joumaf du Commerce,, engagé contre son gré dans une polémiqua que son adversaire semblait chercher, répliqua par le table^au.du cou^s comparé des 3 p. o/o anglais et fr^ixçal&, le i«' de ch^u^ue mois dépuis iSaS ; il ajouta la réflexion suivante : '
« Cette différence, qui a été de i5 à 17 dans tout le coqrant de 1825^ s'ej^ améliorée de 17 à 12 daps tout le courant de ^836; elle s'est niémè trouvée réduite à" 10 65 le. i®' février 1827, jet depuis lors elle s'est rapidement élevée de lo à 16.
» Le I" août, époque identique des trois années . poui^ ,1e rapport des intérêts échus ^ur les deux fonds, présente
eni8»5 une différence de 1 4 60 , , i8a6 10 q5 .
» Il nous 0ençd>le que dç pareils .faits peuvent se pas^* de commentaires. » ^
iB Lfe'rqét de cet article, tout composé de &its ci i^^ cbllttés réIèVâ ârec «cAn ', datiifesU dé plus en plus tàe qu'on «ïevali peusÈr de I& loyauté du ministère qui ue proVoqa&i't l'opposition au combat qUe pour l'attirer dans le traqueuard dé la cenlW*e. H était dès-IArs évident qtie toute tentative pour édaît'^' lA rentiers et les spéculateurs sur la véritable situaUOu dé là bourse, serait Inutile. Le Journal du Commerce aurait pu stgmlerles mfmœuvres nouvelles, employées potir retarder une réaction que la paralysie des affaires et l'aspect peu rassurant de l'horizon politique devaient tiécessairetaeot' amener, il savait que les créanciers de l'iniilemnité , dont on redoatait IVmpreesen>entàsedêfairedeIeurs3p.'o/>, éprouvdent tontes sortes de difficultés et de retarda dans la délivrance dfe leurs inscriptions, au moment même où ïe Moniteur vantaSt Vactivftéque Tou avait mise dansia liquidation de leurs droits, et âué le trésor royal était devenu pour eux un autre tourniquet. Cette manœuvre avait un double but : retarder l'apparition sur la place des nouveaux 3 p. o/o ; contiaindre ceui déS indemnisés qui avaient fait des ventes anticipées, k racheter des 9 ip. o/o sur la place , pour tenir leurs engagemens. Ces rentes achetées au conijJtant devaiebt être revendues à 'tcriàe ; et de celle double opération devait résulter héces&aircmGnt uu report ^Bsipje insignifiant, qui, ne pouvant satisfaire Te capitaliste, le {bf^lt & acheter pour sou <5ompté ce même 3 p- ô/o dont il ^V*iï reibsé jusqu'à ce moment de dévenir l'acquéreui-, et sur lequel il s'était borné à piétei*, en l'achetant au comptant pour le ■(■eVendic simultanément à ténne. '
' ICë^ codibinaîsons mesquihéi prennent té caractère' ^un vélFîtaiilc^ct-à-peDS, lorsque la censure s'en mêlé pour en dérober la connaissance au public ,' 'qui se trouve alora livré sbds âërêbËe^ anjc coups qui lui sont portés datis l'oml^rè' par quel- <^^ èpfecUlateui'S pri'vili%iés.'^llê8 mettent à uu la fragilité du système dé finances'^é H. de'YilIè'lè, qui, courbant la France, après douze an8 de paix, sous le ponls accablant des impôts de guerre, rail' riSpuser sou avtuiir sur'li'â ressources d'un crédit [ai "rie peut se soutenir tant bien que inil qu'à l'aijc de sem
blables moyens. Que sera-ce lorsqu'à la session prochaine • il fiiudra avouer que les revenus de l'année^ après .avoir laissé tous les services en souffrance , présentent un déficit qui laisse ane partie des dépenses à découvert ? 1 1 millions pour l'occupation de l'Espagne , 6 ou 7 millions pour la marine , dont le budget de 67 millions j dépassa de 2 millions 5oo mille francs en i8a6, sans aucune circonstance extraordinaire, n'a pourvu ni à la guerre d'Alger, ni aux crbisières et aux convois de la Méditerranée, ni aux armemens envoyés dans l'Archipel, viendront ajouter au poids de la dette flottante ? Quelqu'un, s'avisera peut-être alors de demander catégoriquement à M. de Villèie avec quoi îl compte soutenir ïés charges de la guerre s'il y est forcé, et à quel prix îl évitera d'y être forcé, s'il est prouvé qu'il ne peut pas la faire ? Double question à laquelle la censure ne pourra pas toujours répondre.
Repoussé' du tentai h commercial et financier ^ où sa spécialité l^àppelait, le Journal du Commerce se réfugia dans le <:hamp de l'industflfe. Les galeries du Louvi'e seront-'ellea au moins permises à sa libre investigation? C'est à vous à nous le dire, mon cher eoiHborateur^ qui faites briller vos connaissances variéQftdans la revue de l'exposition des produits de l'industrie. VottiVôUs'avisefc de trouver que l'on produit trop d'objets d'art desfciiléà à Tornement des palais et des églises : aQuelle que soit, diU**-V4û^8, la génrérosité des personnes quj les habitent^ nous crâ^pâons qu'il n'y ait plus d'appelés que d'élus. » Suit une no» nxêMlàture de tabernacles, de châsses, de candélabres, et une iiite nombreuse de saints qui donnent au livret de l'exposition beaucobpdeVapflortavec la légende dorée. Avez-vous bien cal*culé l'effet dteè cii*constdnces qui doivent injOiuer sûr le progrès d0 la dëttiaûde de ces iriiracles de l'industrie)^ Ignorez^voujs d'alile^MHTùe-oe qu^l vous plaît d'appeler de magnifiques super» a matiëre première des sacrilèges, et que sans elles (a loi phRlantropi^e de M. de ^Peyronpet serait une lettre esolrte', teUé loi suMlme qui renvoie les gens devant leur juge
ittJttiBtel, selon. kl b^e expression de M. le président du comité
àÊL scù-vcillaiM^ de '^a censure ?
Vous avez f audace de trouver que le drap couleur cheveux de Madame ne répond guère à ce titre galant; la censuie a jugé que rintention devait suffire en pareille matière : elle a ftensé d'ailleurs que des esprits malveillans pourraient conclure de votre assertion que les cheveux de S. A. étaient d'une nuance moins belle que le drap de M. Prestat: et ses ciseaux, qui ne semblaient pas faits pour se mêler d'une chevelure, ont supprimé votre assertion téméraire.
Ne faut-il pas aussi qu'ils s'ingèrent dans la coupe de nos habits? En parlant de l'exposition de M. Ternaux, Ton avait conseillé aux consommateurs de profiter des facilités que leui* offre ce célèbre manufacturier pour se soustraire au monopole des tailleurs : « grâce à lui, disait-on, l'on peut faire confectionner son habit aux lieux où l'on achète son drap, sans craindre les ciseaux de la vengeance, qui ne pardonnent guère comme on sait.» Il paraît qu'aux yeux des censeurs lem*s ciseaux etceuxdcs tailleui^ sont solidaires : ils se sont empressés de. justifier l'allusion qu'ils avaient soupçonnée, en lui défendant de voirie.
joui'.
^ Et VOUS; laborieux annotateur desmouvemens jpui'jialiersde
la Bourse, du cabotage et du long cours , historien véridiquç de l'indigo, du trois-six et de la bonne 4°, vous qui nous racontez la hausse et la baisse des marchandises avec l'impassibilité d'un télégraphe et dans un esprit également dégagé des préoccupations politiques et des prétention|S littéraires, vous aviez regardé la page du Journal du Commerce où vous régnez conuue un fort inexpugnable, à l'abri des coups de main de la censure et comme le dernier asyle de la liberté d'écrire. Vanité des vanités !
La commission de surveillance et 1^ public opt vu dans le post-scriptum du Mémoire de M. Bert un article contenant une longue série d'annonces relatives au cours des marchandises, et dont la publication a été jugée dangereuse par le bureau de censure. Ce fait bizarre s'est renouvelé depuis, et a mis à d'étranges épreuves la sagacité des rédacteurs du Journal du Commerce pour deviner les causes de la susceptibilité de nos Argusà ciseaux. Réunisautour d'une table où la colonne malen-
contreuse était déployée sous leurs yeux^ ils y cherchaient un délit comme ou cherche un aiguille. Probablement^ disait Pun, quelque personnage en crédit, quelque censeur peut-être, est occupé en ce moment d'une spéculation que contrarieraient les avis contenus dans cet article. Ne cherchez pas, disait un autre, des raisons si profondes à la conduite de ces messieurs : leur dîner s*est peut-être ce jour-là prolongé plus que de coutume : il est si naturel dans certaines positions de chercher à table Iç àoxXx oubli de soi-même ! Il est des soldats qui ne vont au ccuw bat qu'après d'amples libations, ce qui leur rendvla vue trouble et îeur fait prendre des arbres pour des géans. La censure a cela de particulier qu'elle soumet l'intelligence de 3o millions d'hommes à la volonté absolue de cinq ou six individus , et par conséquent à tous les écarts de cette volonté. La France se soumet à ce régime : faites comme la France et soumettez-vous. Un troisième, qui n'avait rien dit jusque-là, soutint que la censure avait fort bien pu trouver un délit dans l'article supprimé : il prétendit qu'en sa qualité d'avocat, ayant eu à lutter plus d'une fois contre la logique interprétative de MM. les Gens du Roi , il leur avait vu faire des tours de force non moins étonnans, et rappelant le &meux axiome, on peut toujours faire pendre un homme avec quatre lignes de son écriture, il attira à lui le corps du délit, et après un moment de réflexion : M'y voilà, s'écria-t-il d'un air inspiré : la sédition s'est glissée dans l'article cajes : Yoîci un paragraphe qui contient une révolution tout entière. Les Bourdon sont toujours dans la même position...* Allusion évidente à la dynastie qui nous gouverne : expression du mécontentement d'un factieux qui soupire après un bouleversement. // n^y en a que peu en belle qualité..... Horrible irrévérence : atteinte au respect dû à la famille royale. Les secondaires sont demandés y mais sans qu* on puisse opérer, par la ténacité des détenteurs. Ici les cheveux se dressent sur la tête : le complot se manifeste dans toute son horreur. Sentez-vous toute la portée de ce i^ot les secondaires , appliqué aux Bourbons ? Quels sont ces détenteurs dont la ténacité s'oppose à une opération ? G« dernier mot lui-même, transporté par M. de Yillèle dans le
vocabulaire de la haute politique y n'en dit-il pas plus qu'il a'est gros ? le, poison se retrouve jusque dans les sucres : Les bruts Bourbon n'ont donné lieu qufà peu d'affaires : il est évident que c'est encore de la famille royale qu'il s'agit.
Tout le monde se mit à rire : l'orateur seul, échauffé par son improvisatioD en style de réquisitoire , soutint obstinément son dlre^ et des paris s'engagèrent. L'article fut représenté à la censure j en mettant seulement les cafés.de Vile Bourbon au lieu de les Bourbon y et les sucres bruts de l'île Bourbon sax lieu de les bruts Bourbon, et il fut admis sans difficulté^ au grand étonnement du rédacteur qui, en copiant textuellement la cote du cours des marchandises rédigée par les courtiers de Bordeam f n'avait pas cru commettre le délit énorme dont il venait d'ètr« convaincu.
Nos censeurs ; comme on le voit, sont d'une jolie force sur le calembourg^ ce qui n'est pas étonnant puisqu'on compte parmi eux des auteurs illustrés dansce genre de littérature. Mais il semble qu'ils pourraient choisir mieux les occasions d'utiliser ce petit talent. C'est une singulière manière de prouver son dévouement et son respect pour le trône que de voir dans ces mots, les bruts Bourbon, consacrés depuis plus d'un siècle dans le style conunercialy une allusion évidente à la dynastie. A quelques jours de là , l'article suivant a été refusé : « On écrit de Saint- Denis, Ile 'Bourbon, le a5 février : a Nos approvisionnemensen marchandises de France augmentent de jour en jour, par suite des nombreux arrivage^. Si le gouvernement de Maurice en agit avec autant de sévérité que le nôtre, nous ignorons vers quels lieux se porteront nos débouchés des produits de France. Les bonnes qualités de vins de Bordeaux se soutiennent de p^ 35 à 4o la b({ue; les autres qualités sont sans cours fixe; le Bergasse se raisonne de p. ao à 22; les autres crus se cotent de p. 1 7 à a6. Quant aux.denrées, elles sont tenues fermes : les sucres des premières qualités de p. 7 5o à 9 le quintal; le café de p: 9 4 1 1 la balle de 100 liv. net; et le girofle de 19 à ai centimes la Uv.»
Il ne s'agit plus ici des Bourbons : mais en examinant ces lignes, je soupçonne que le motif de la sévérité dont elles ont été
i'obie( e§t dans ce^ fn{\U: Le Bernasse «« r0À$onne de%oà^ip. Le qtgnç censçur qvvi m çon^^ît. sAm doute Pœaologie &aQçaiae cjue par la cavte de sq^ re^tgurateur^ p'y ayan,t pxs vu figurer ie via de Bçrgasaey aura «ans doujtç vu daus cette ligne l'întentioti de manquer de re^pec^ à un ôçrivaiii monarchique poursuivi il y a quelques apnées poi^r avoir ^tt^qué la. propriété dea acquéreurs de biens nationaux I il nelui^u fallait pas davantage.
On conviepdra que la sqttî^ç et le ridicule ne sauraient aller plus loin. Qu'il est donc uqble et relevé le caractèi^e de la dictature intellecti|elle à laq^elJe on ^8ou|i)|^qçtte grande natiqn qui exerça sur l'Europe le doi^^e^ ascendant de la valeur et du génie? Gomme fput cela fait ressortir ta h^utpur de coudep|ti0ti des ministres qui dirigent les travaux de la censure , et idi pav^té des circonstances qui l'put mqjLivée l ,
Au si^pluS; la censura elle-mime a soti bon côté, et son rétà* blissement u'aura p^s été sans fruit ppur la liberté publiique; L'usage que l'on eu fait renferme plus d'instruction pour la France <jue des volumes de polémique. Quand la presse est libre^ les miinistres sont toujours les maîtres de désavouer les des0)eîfi$ qu^pu leur prête : les journaux ne peuvent d'ailleurs s'attaquer qu'à leurs actes positifs, s'ils veulent donner une base certaine à leur opposition. Mais les faîtç et gestes de la censure ont un ca« ractère ofBciel dont }e miuistère ps^ierait eu yaip de déclinter 1^ respousabilîté; i}s placeqt ^apsleplus grand jour, à Cîôté des çiesurçs (}u pouvoir, les petites passions, les petites auimosités, les petites yue^ qui les i&xpliquent.
Les nQp:il^reux articles relatifs à la foripatipn des listea^leetorale^ que la ceusure a xejetés prouvent que les traditions de i,8a4ne soUt pas perdues : et commue }a loi de censure elle-ipême reconnaît que la publicité est uue condition essentielle de la sincérité des élections , et que les élections dépendent de la forr i^atioB des. listes j toute nomination dans le sens ministériel est d'avance irappée djB suspiciou. Au surplus les variations fréq}iente9 qpe Von remarque dans la conduite de la censure ani^opceut beaucoup d'incertitude dans les projets de l'adu^nistration relativement à l'époque de la dissolution delà chambre ; souvent un article refusé la \ eille est admis lé lendemain.
La haine du ministère pour la magistrature a trouvé dans la censure un fidèle insttxunent : cette institution «font l'existence seule est une insulte perpétuelle au pouvoîi' conservateur de l'ordre public et des garanties individuelles^ rempHt à merveille les intentions de ses fondateui*s^ qui se sont évidemment proposé ^ d'une part y de .détruire le principe constitutionnel de la publicité des débats^ et de Fautive d'afTaiblir la vénération dont le public entoure l'ordre judiciaire, en supprimant les plaidoiries qui font ressortir la sagesse de ses décisions. Depuis que la censure existe, il n'est-survenukucim procès politique qui n'ait fourni la preuve de l'aversion 'du pouvoir pour la publicité judiciaire : dans l'allliire de M. Sénancour, je Tai déjà dit, il n'a pas été permis au Journal du Commerce de donner la moindre idée des moyens développés par la partie publique et des défenses de l'accusé 5 et dans le procès du Précis de la Itévolution par Rabaut St.-Ëtienne , la censure a poussé l'indécence jusqu'à supprimer deux paragraphes du jugement lui-même, l^es dl'oits de la défense personnelle ont été indignement niéconnus dans l'affaire du Journal du Commerce, qui n'a pu rendre à l'équité de ses juges l'hommage le plus digne d'eux en publiant la brillante plaidoirie' de son défenseur, M'Barthe, dont les conclusions ont été adoptées par la cour royale.
Si quelque chose peut faire diversion à l'indignation que soulèvent de si révoltans abus- de pouvoir, c'est la pitié qu^on est tenté de concevoir pour une administration qui s'embarrasse elle-même dans les chaînes dont elle veut garrotter la pensét publique, et fait ainsi de lourdes chûtes cpii Texposeat sans cesse à la risée universelle. Pendant huit ou dix jours la grande affaire de la censure fUt d'empêcher les journaux de rendre compte d'un crime abominable imputé à un prêtre delà capitale. L'accusé ayant été relâché sur une première instruction faîte par M. le juge Frayssinous, la cour royale, avertie par l'agitation populaire qui s'était manifestée par des symptômes de la nature la plus grave , ordonne une nouvelle înstiiiction dont le résultat est le renvoi de l'accusé devant la cour d'assises. La chose ne pouvait rester plus long-temps secrète : que fait alors le m
uistèiePIi se jette dans les consîdériatiDn& philosophiques : Quel paiti les détiacteufs du clergé pouvaieat-ilç Ùver de cet événeineut ? Les fautes ue sont-elles pas personnelles? Le crime d'un prêtre étranger peut-il nuire à la considération du clergé français? Fovt bien : mais ces vérités incontestables n'en feraient que plus d'impression sur le public si on les avait prises pour bases des instructions données à la censure , et si l'on n*avait trop d'cxeoiples de l'importance que l'administration attache à couvrir de mystère et d'impunité les moindres peccadilles du dernier habitué de paroisse. Les sociétaires de l'Opéra- Comique ont triomphé par leur constance et leur union des tentatives faites pour les dépouiller de leurs droits et de leur propriété : la justice de leur cause a été reconnue ; mais on n'st pu faire droit à leurs réclamations san^ proclamer hautement l'iniquité delà censure qui leur a fait pendant un mois la guerre la plus achainée et les a traqués dans tous les feuilletons.
Il est donc mille fois démontré que cette institution quifirappe de mort toutes nos garanties ^ révolte la conscience nationale et jure avec les mœurs et les opinions du pays, n'a d'autre destination que de favoriser des passions ignobles , de frayer une libre carrière au machiavélisme le plus abject , et de livrer sans défense la nation et les individus à- toutes les entreprises de la violence et du despotisme. Le résultat le plus évident qu'elle ait produit a été de paralyser toutes les affaires en propageant des alarmes peut-être trop fondées sur l'avenir que nous réserve la faction qui a juré guerre à mort à toutes nos institutions, et sur les suites. que doit aypir pour un pays gouverné en sens inverse de ses intérêts , la complication toujou]:s croissante des affaires de l'Europe.
Tout semble se disposer pour de grands événemens : l'état précaire du Portugal quç l'Angleterre a choisi pour sa place d'armes sur le continent , l'anarchie et la misère de l'Espagne occupée par nos soldats présentent une perspective peu rassurante pour les amis de la paix. L'intention annoncée parle Moniteur de rappeler les troupes françaises de la Péninsule est la preuve la plus positive des craintes et des embarras du ministère. Reti^
m s FMili— Il rBjfi Ae Fvmèe d'occupation , au ntomesl (wivMi TMwuwwB«»fcM,oàle«^»ce»de CaUlo^e tombent "imcwrot-Î^HflvrtMiMaToir des insurgés, c'est avouei- que le )>*: t*fh. pfw lit )«t»3 at toulement nunqoé et qu'on désestt^*f'«<(- ^'— rtwfcf : c'est bire U satyre la plus sauglaute de la w»|i»*tWM -tfiw wibi— celte malheureuse expédition et qui ea I *••; «MÙr il» telles cooséquences. Comme la dignité de la t-'iHtM-w Ak rdunssèe par ce spectacle d'une année de v* mille » accompagnée dans son trajet pour régner nos froa- ■i de fuera los Pranceses, vociféré par les aposlo- )H«w« triomphans !
Lft division anglaise évacuent simultanément le Portagd, nom dBl-oii : quand cda serait vrai , le but de l'occupation françabe, ^M date de 1833, n'était certainement pas d'ameoer l'évacuatioDdu Portail; tandis que le principal objet de PAngleterrf, «B envoyant des troupes sur le Tage, a été de tirer denosmaÎDS Gadix et Barcelone et de détruire notre influence dans laFéhImuIc. Elle seule sait donc ce qu'elle bit dans tout cela : si les circonstance* l'exigent, elle trouvera dans les événemens qui M préparent , elle fera naître au besoin des prétextes suf&ai's pour ressaisir la position rdTensive qu'elle aura momentanément abandonnée : mais nous, rentrerons-nous jamais dans \n places de l'Espagne après les avoir quittées?
Ln France et l'Angleterre remplissent l'Archipel de leon vaisseaux. La Russie domine la mer Noire par une escadre, tan^'* que l'amiral rus^e Siniavin, le même qui en 1807 menaça Constautîuople, arrii e dans la Méditerranée à la tête de forces imtanies. La Russie et l'Autrit^e font des armemens considén- Ues : leurs armées fonnent un cordon formidable autourde la Turquie, des empiuiits se négocient pour suppléer i l'insuffisance de leurs ressources &nanciires. La Prusse, pour rendre son armée disponible, oiganise des gardes nationales dont notre censure ne veut pas laisser prononcer le nom. Dieu fasse paix au Moniteur qui ne voit dans tout ce qui se passe que det pgei de concorde et de félicité I Hais qu'impoite à no^ ministres que les événemens du deiioit
se hâtent vers un dénouement auquel iU ne sont nuUepnent prépaiiéa? Qu'importe que rSUrope civilisée nous demande compte de l'Espagne dont les destinées sont si étrangement liées à celles de la France y pour son malheur et pour le nôtre? Qu'importa que la Russie et l'Angleterre soient en mesure de recueillir tou les avp.ntages que leur promet le démembrement de la Turqtiie^ tandis que la France ne peut en retirer que sa part de l'ana* thème dont l'histoire doit flétrir un traité basé sur des principes destructifs de l'indépendance des nations? Ce qui importe, c'est que la voix du peuple éoit étouffée^ c'est que les petites vanités ministérielles soient à l'abri des piqûres de la publicité } c'est que la France se détaehe peu à peu des institutions et des garanties constitutionnelles ; qui ne peuvent la protéger ni se défendre elles^êmes contre l'inÊnnie de la censure et le scandale des tourniquets.
L'aspect que présentent jusqu'à présent les listes électorales semble, en efîét, réaliser jusqu'à un certain point les espérances du ministère. Tout annonce que les citoyens ^ bien aver-* tispar l'expérience qu'il veut aller à son but , perfi^s et nef as ^ n'ont plus, dans les résistances légales, si souvent convaincues d'impuissance , la même foi que par le passé. On entiçnd dire de tous cotés : A quoi bon affronter les dégoûts, les pièges et les embarras de tout genre suscités aux électeurs qui poursuivent leur inscription sur les listes ? Quand les collèges seraient portés an grand complet de 1824^ <{ui nous garantira des élections plus libres et plus vraies qu'à cette époque? Voilà les sentimens dont les listes électorales sont l'expression la plus authentique : la toknbe de Mannel peut dire le reste. L'hommage rendu malgré tous les obstacles par la douleur et la reconnaissance publiques aux mânes du grand citoyen ^ de l'éloquent orateur , du patriote courageux^ eur le corps duquel les ennemis de la coostitution furent obligés de passer pour arriver jusqu'à elle, est bien propre à dissiper les illusions auxquelles se livrent peut-être, sur la foi d'apparences trompeuses, ceux qui l'expuisèrent, ne pouvant lui répondre. Les citoyens dont il défendait les droite se laissèrent alors persuader qu'iV allait trop loin : les événement
>8 leur ont appris que Ténergie de son oppositioti n'était que de la prévoyance. Abandonné en holocauste, comme Gracchus y à la haîne d'une faction puissante, il aurait pu, à son exemple ^ prier les dieux de ne jamais tirer de servitude un peuple qui , par son ingratitude et sa faiblesse, se montrait si peu digne de la liberté ! Nos regrets tardifs ont expié nos tortà et consolé soo ombre.
Irritation générale, mécontentement du présent, défiance de l'avenir, voilà les fruits que le système ministériel a fait naître et qui mûrissent à l'ombre de la censure. Chacun sent que tout cela ne .peut durer et qu'il faut que l'administration succombe ou achève la démolition de la Charte. Demandera-trelle aux chambres un bili d'indemnité pour l'usage qu'elle a Eût de la censure ? Il faudra représenter ces innombrables découpures qui dévoilent* tant de honteux secrets : on aura beau les tordre pour en exprimer de la licence : il n'en sortira que sottise , violence, iniquité. Renouvellera-t-on les calomnies accumulées dans la dernière session contre la presse en général, pour obtenir une nouvelle loi d'amour et de justice ? Les faits parleront plus haut encore.
Pendant que les journaux sont asservis, la presse non périodique fait chaque jour ses preuves ; et si elle n'abuse pas de l'immense pouvoir qu'on lui a donné , ce n'est pas la Êiute du ministère. Certes, jamais la licence n'eut plus beau jeu que sous la censui*e destinée à la réprimer. La nécessité où s'est mis le pouvoir d'imposer à sesiécrivains le silence le plus absolu sur les [publications libres où son système est attaqué , laisse aux brochures la carrière la plus illimitée : les nouvelles alarmantes, les mensonges de tout genre peuvent circuler sans craindre aucune réfutation. Si les écrivains politiques, armés d'une si étrange fiaiculté , se renferment spontanément danjs les bornes d'une opposition légale et loyale , qui pourrait nier qu le bon sens et la maturité de la génération actuelle ne soient pour l'ordre public des garanties plus sûres que toutes les lois possibles ?
Pai* tous ces motifs ,
£t attendu que le bureau de censure persiste dans le système
violent; capricieux et oppressif, exposé dans le Mémoire présenté au Conseil de 8ui;yeillance par M. Bert, et dont celui-ci contient de nouvelles preuves ; attendu que ledit Conseil de surveillance ne remplit nullement ses fonctions , tolérant par son approl]!ation ou par sa négligence, les iniquités du bureau de censure , refusant de faire droit aux mémoires qui lui sont adressés sur sa propre invitation par les parties intéressées , et ne daignant pas même y répondre ;
Les propriétaires et rédacteurs du Journal du Commerce * persistent dans les conclusions du premier Mémoire présenté en leur nom au Conseil de surveillance.
Parifl, le ai septembre i8aj.