‹ Censure de 1827 (volume 2)Chapitre 23 sur 80 · AU BUREAU DE LA FRANCE CHRÉTIENNE · texte numérisé non relu

AU BUREAU DE LA FRANCE CHRÉTIENNE

BVE d'abtois, h. 9,

^ CHEZ LES MABCHAirOS DE .ITOUVEAtlTis.

wm-mmmmi»tbi^

Inp. de AAVID, ba^kofalt PoJwrTniiM^ Il« 6.

I^E LA CENSURE

LETTRE A M. LOURDOUEIX,

Pli J.-P. PAGES.

( FRANCE CHRÉ TIENNE. )

Monsieur,

Lb système corrapteur de nos ministres a flétri tout ce qui les entoure ; mais les peuplés ne sauraient se vendre, le pouvoir n'est pas assez riche pour les acheter. Instrument flexible dans les inains de vos maîtres , e^rez- vous que la censure •fera ce que la vénalité n'a pu faire? Vous essayez de tromper Ceux qu'ils n'ont pu corrompre.

L'intérêt public , mon intérêt privé me^ placent dans la nécessité de signaler et de combattre cette turpitude nouvelle.

C'est à vous que je m'adresse, Monsieur; et cependant j'eusse désiré savoir à qui j'écris. Qui 'êtes- vous? d'où venez- vous? qu'avez-vous fait? Les biographies n'ont pu me l'apprendre. Mais TOUS êtes le chef d'une de nos trois polices ; cela

me-^tiiQft. ligxCEiires ^ar*itiei« «de ThéKta^e de Fouché*, M. Vidoc sort du bagne, et, flétri des stigmates de la justice, arrive à la fortune par rexploi^ij>n â6 9><)twOii:;1Vt Frandiet sort de cet antre où le secret des lettres, les confidences de Taroitié, les m^ycDères. idâs lamilles sont chaque jour impunément violés par ordre de l'autorité; vous éoftcft <dù' trl)poJ: de Oettê oensune ^ue vous dirigez aujourd'hui : ainsi, Tun surveille les actions , l'autre espionne ^es pa^oîfes, tous disséquez les écrits; tous les trois vous avez fait votre chemin. Dieu me préserve toutefois de vous reprocher votre origine ! Vous venez de bas et de lôiti , il est vrai; mais les ministr^s^ vos» maîtres» a'étaîent ni bien\prè& ni bien hauJt^

• 3'ai dû rappeler votre , estampille origûieU6« Savez-vpus |[ue Malesherbes honora ces fonction^ que les ignominies de la police. flétrissent aujour^ d'bui ? Si le- publie , qui juge souvent des honupes paV les places ^ allait se figurer que j'écris à un grand magistrat , à un sage , à un écrivain vénérable par de nobles talais et de hautes viertus , à un autre Malesherbes enfin ! Vous lui succéder* comme MM. de Villèle, de Pejrounet, de Corbière succèdent à Sully , à Lhopital , à Colbert ; et cette explication était nécessaire pour justifier quelques expr^essions qui, en dépit de moi-méraj^

pre^nent la teinte de» sentimens' que j'éprouve.

litAUt'é'baâil'étteè, à'ffectairtta^t^niité'eKitetïôyattl; une iHifefekù<ie polftl^Uè,. parèe V^ù'ëlîè feSt'iiié'iàii»trùihënt'âè fi^siiè i)6Hc6 , 'ita'o^Efrè uh si>^Étâic1e.^ui rti'e ;àégrfàtè et toè TéM«e. 11 m^^t iïnpolèl^Ife d'êtfe fidète à 'biiè ttbiiifèsfee ttui veut toé fiil% méftti^ à ttia cotiscieitèe et gattciiiy contre W Vë^ Vite. Dànâ fcé sTrèôlfe, îes îtrtél-êts oiit ù^é îés j^à^ sions; on n'a plus d'indignatîoù contre lé vlcë, wé i-éspéôt t)bui: la vërtû : Stihgfat , Vidac , îa ceAstA-e , ï'indépeàdàù(5e de VAthêriqùù , le massacre dèl Grecs , ce qui iTàvbrisè les déVeloppénîj^ns'dû géhW de ÏTiôîûtne, ce ^ul ïfétttjt îà dignité de l'éspiécB biumaihe, tout, iakhè haitoe du mal, san^ ailiotà^ du bien , tout fest raconté par une îfrlvolité toujours brillante kiïùJd curiosité isans cesse attentive. Est-ce de 'ma ifaute, Monsieur,. ^ je ne suis pals de mon siècle?

La censure èrt rétablie sous votre patronage.' M. le comtfe d'Artois avait dit en rentrant en France : Pîus de àroits^riéiinisi Charles X avait dit en montant sur lé trôtie : Plus de censure ! Là l^'raace ac<^pta des pi-ômésses ; Dieu les reçut : la France dira comment elles furent remplies par nos ministres; Dieu fera le reste.

La censure n'est pas dans la charte. Elle annonçait une loi répressjve; on nous donne une loi préventive. Ou les motà n'ont plus de sens , ou les

^om^es; n'ont plus de foi aux yeux, de nos iqhpigtr^^v oui-cette mesure est contraire à la charte 4^ ,1a re^tauifation, aux paroles de la rojauté, ,.:;tl est vrai, la censure est daqs la Iqi; les mi- .pistres peuvent la rétablir daps, des circonstance^ Ifra^Tes. Devaient-ils user de leur droit? Étaientils jnenacés par la gravité des circonstance^ ? L'iiv }ér^t Jésuitique et l'intérêt ministériel rendaientik le silence nécessaire ?

. Oui, sans doute. Un prêtre viole une mère de ËimUle sur les marches de l'aiitel^ la dépèce en lambeaux, disperse dans uii fleuve les membres guUl a déchirés, et sç T%t,^ la. justice divine, et

brave la justice humaine aux portes même . du

village qu'il ajsouillé de son exécrable .brutaji:^: et nous, qui faisons arrêter au milieu de Paris un soldat accusé d'avqir déserté les drapeaux du roi de Sardaigne, nous ne demandons pas à la Qo^ de Turin cet homme CQupabl^ à. la fois de viol, d'assassinat et de sacrilège ! Un autre prêtre , lassé d'êti'e vicaire, tente d^emppisonner son curé, et le vin qui sera consacré, et le vase. du saint mystère doivent servir d'instrument au crime ! Un

autre prêtre , préparant des enfans au plus auguste des devoirs religieux^ abuse de l'autorité de son ministère, de l'innocence du jeune âge; il corrompt des mœurs que les libertins dn monde n'oseraient profaner, et se livre, à l'ombre du

^ 9 — sanctuaire, à des tui^tudes q«ie la police là pluB éhontée ne pourrait tolérer dans les lieux qu'elle consacre à la pro$titutk)ii publique! >Ûn autre prêtre , voyant Tamànt de sa seryanta qui , protégé par la nuit, vient se livrer au libertinage accoutumé , at^I>d.s^tl rival, comme on guette un lièvre au gîte, etfaboft d:un coup de fusil ! Et ces prêtres qui prêchent Tabolitioa de là charte, et ceux qui courent les. héritages , et ceux qui briguent lé pouvoir, et ceux qui convoitent Tins^ truction publique! QUe faat-il à tous ces hommes? £st«-oe la liberté de Isl presse ou la censure?

A ceux qui voudraientehanger les ministres, de la religion, en instrumi^^ polîtiqaefc^ il &ut des crimes impunis , une ct^encf) privilégiée^ Ilsi tranarformeraient yolontie^i les ^{iaes en Jieust d^aâileç ils créeraient desi atêenUkU saofrdQtaux. Ik vout

draient qu'un prêtre pût, dire comme. M# F^'i^chel^ Si vous, me eitéz.dei^imths(ribûnaUXrjisferai]^^r V huissier] qu'il pût répcoidre comme le secrétaire de Vidoc à ce malheureux qu'il assomip^t: Je puis le tuer s'il me plait; ne suisrje^pas agent de police? Généraux d'une confrérie pûUtante, ils veulent s'assurer le dévouement fies soldats par l'impunité de leurs actions, sauf à les aCQuser ensuite cTun xèlegui ri est pas selon la scieièGe;et\ cpinme ils ne traversent les temples que pour arriver à la porte des palais, tout ce qui éclaire leuv! marc^f

— ro —

j^nuDtqn'SIs soient |)«ni^eitius autè^me^ èkcîtè \wr

-Akrenr. Voilà pfmrqaoij -tandte «^(ue le dei^é âe

¥rdfMkC€ dcùepte la puUîcité souvent a^ec pUiîsrr,

401^0119$ sataB peine) Tarttffe a béisofiû de la cen-

-mire*. :♦••''•'

. Qiieia sontdofrCyWeidîMzwi/^û^, mlib^

qui s'iûtroduiBent daûslësacèrâoee'poardoùliD^

le dergét^ dânsrîMistniclidn'poâr'êteihdre I^lo-

•inièires, Ênisset la fxiorale él corrônifyrëleâ niaèafs^

£h:! JMofiMenr ^ n'kvï^zAôtis pas vu \es jSsûïtes'sW

régimenter, le» iongrégatioiiis se toultij^Ber? hV

vez-voas pas «entendu les coni^Voyhles de Ffane^

ihreitir Je goifvemetâent de l^exisftèncé^égalè â'iin

sooMte Ûitbwketit et 4oiïiînatetir ? Où donc iftteiî-

Tons l6i*£iqiie 'la- dsainbrê des pâ!rs accusait IVm-

.. pi^évoyanceinttinÂstérieilé, livrailt, thalgré lë^ )ôi$,

notre avenir politique à T'ambitiêû^e ilapadté d^ïnë

5fecte«pûjr hérétique danslesètaté^roteitaïi]^,tin-

pémkeii t8ô4, ultrartiontaine en iBay , s^établit

à bâ^^dê touii ^les pouvoirs pour îe^ envahir ou

{e&^^Miief? Qtt'o &it le minrstèfe? né îaissé-t-îl

pas^>éh,oubK les édits des rois, les arrêts des par-

lemens, les bulles des papes, les remond*aïices des

in£(g}$lratSi^ lès vœux de la pairie? ÏVôtègés par

là tolél^atice , les jésuites tendent à \1 oppression :

TOâfe il Êsiut que te censure couvre leur marche,

et préserve des attwites .de la justice les Séides

trop fléléB qui apbstolisent pour leur compte;

Miograt yivaiït ep ,p»xsiir .bos fronëèresf Tre»taillûii inoucaivt en paiq^ 4dn8 la yiUe :çu'fl «nsab- ^lafiC^., au [milieu des femn>esiqû'il 4[«»dit veuveb, des enfans'qiiUlât * arfilieUBS : voilà ^oe; q^iie .la pupblipité sigj&aie, ^ yollà oe.^'îl.faiit i)aober fmr in censure, pour, prouver (jife le jjésfitljtsibe bst ruti préservatif^ non contre l'^i^erdoet â se aHMpié)^ mais «mtre le {>alaîs de ji^sfîpe dpnt il a ptetir. '

Qu'importe à la magistrature oeu^rcolère généreuse 4|uî flétrit sans ces^eil^^ noms oéitmi 'des Jelïîyes, des^Laubardemofity 4e6 Vamv dets fot»- ^ier«^ainville ? Qu'y a-twl de cx^i^mtln 6ntrei km nûsérables et les Umrk^j^' 1^ Mfi^lt^i, . left ^égniéih? QuHmporte au clergé de f naitc^i -a^^ v^aî» obrié^ tiens^ la puniticHi de queklues t;rifnj<iej[a ^XUtt^ pression d'une secte turbulente? La.^foaJfesAéideJa * religion, la dignité du saçer^ods, l'intérêt des fidèles eng^B^ que le châtîfAësril^^upable, qtà déshonora Tautel et trdubia l'ordrepidiUc , rà^sui^e la société 4 laquelle qu àYbtt -eu Je -tùrt de rb£Frîr pour modèle et pour régulateur. Le àxx^ n'est pas solidaire du criilfie» U nedolrt .pas 'être responsable de l'impunité, Lespieibc sbctcBseiiirs de^ Bossuet et des FéHél0n, joignant à l'imposante autoHté do )erirs paroles l'aatdrité phis imposante encore, de le4A*s vertus; les prêtres dont la piété plus populaire petrte 1^ paroles de l'évangile dans la chaumière du misérable^et f r&idkt litëcs mou-

tans, sont les ministres de la religion' chipauirre^ ^u malheureux et de Topprimé. Qtt'dnt-ibàcram* dre de la presse ? Les révélations de la publicité ne peuv^it effrayer que l'humiHté chrétienne des Cheverrus et des Vincent de Pâule. Mais, ceux qm font du christianisme la religion des eisclaves et des oppresseurs , à ceux-là , Monsieur, la censnre est utile ; c'est la nuit et le silence qui seuk peu** Tent leur convenir.

. Voulez-vous savoir cependant les fHiits que nous avons déjà recueillis de là présence des jésuites, de l'influence de leurs doctrines et dufastft dévot de l^irs cérémonies ? Le dernier nonce du -pape avait obtenu des renseignemens précè dont •il enrichit en ce jour les archives du Vatican; et, comme il n*y a pas de secrets quand il n'y a pas de •censure , c'est d'un journal dont vous avei juré la ruine, de la France Chrétienne^ que je rsàs extraire des faits que n'ont contredits ni les journaux du ministère, ni leurs confrères les journaux ^des congrégations.

ce On dresse dans toutes les églises ée la capitale un état des hosties consacrées; et ^ à la fin de l'année , ces états servent à dresser à l'atdiévéché un tableau général. Sous l'empire, le tbtal était de 5o à 60,000; depuis trois ans, le terme -moyen est de 20,000, distribuées de la manière siiivante :

10 10,000 pour la première et seconde premie-e

commuDion d'environ 49O00 jeunes personnes; il faut observer que, d'après le . relevé de la population , il devrait y ^voir trois fois plus de ^premi&ees communions, et que ce nombre allait à plus de 7,000 sQus Tempire; a» 3,000 pour les mourans, et ce nombre &)urnit encore cette ob- $ervation ,- qu'il meurt environ ar,o6o personnes; à Paris ^ et que, par conséquent, en défsJqusuijt les en&o^^ il n'y ^ guère' qu'upe personne sur cinq qui réclame en mourant les secours de la religion. Cette proportion était double sous l'empire. . •

» Il reste; enfin sept mille hosties; et si l'on déduitde ce nombre ce qu'une^tite quantité d'habitués de paroisse et df personnes dévotes, qui re^vent plusieurs fois par mois la communion , pouvait en ôter, on verra qu'il en reste tout au plus quatre mille pour \ts Pâques à^'jOQ^oooV^r riâens; c'est-à-dire qu'une personne sur cent vingt reo^Ut seule les devoirs de cette religion que chacun défend^ que chacun aime, et au, nom de lacpoielle on dit tant d'injures et on fait si peu de bonnes qeuv^es. Ces calculs répondent à des volumes de déclams^tions.

n Pourquoi la dévotion étai1>elle réelle sous l'empire ? C'est que la religion, indépendante des poù-. voirs civils, n'était qu'une œuvre de la vie privée.' Les^jésuites en ont fait un acte politiqiîie : aussi ,

%s«fenotifM»iaii'e»y les- ainbiliieti3P, le» i afeiQia^iiC daïM^ les gréfidl^ 'soléenilés; tm s'y presse- pour coBserver'oû ooBquérir desÊiTèifrs; on se* hâtev en reîitiiaiilf ebes* soi , dte* déjKiser le masque y e^ Vott p)N>iive ainsi quesfesrfimfarons de religion- né seront' jamais de» tommes religieux. Sous rempîre> * lés acte» de piété étaieiit'une affiare- entre Ite ciel' et nous; aujauitFhui, tout se puasse en ttre nous* et Ite bômmes. Encore qutti^pies années, et- nous- Terrons ce- que deviendra* Eu religion cathoKqne entre le^mainadbs jésnîtes:)»*

Tandis que les \ ontrouges de toutes les robes, dé* toutes le» congrégations , envahissent le

pouvoir, léunseulé'inâuenae poKtiqtieélbignelfes

cbcétien^de Fautél: Bb& le' cbristianisobè^e^ir importe guère: Cetju'ili'tieulént; c'est gouverner; et ta publicité qui signalé lèur^ intrigues*, qoi proclame léursv attentats, dbit expirer s6u'svotrfi?oensoire. Faites cetofBcei Monsieur Eiout^dôueii:; soyez lé Jidcques Clément, 1^ Ravaillac, lé IMblâgridàtlè là liberté dé la presse. • » i.

Eicobars politiques;^ nos ministres ont un égal besbin dû silence;, lés exigeances'sotrt^j^arélUcs pour Machiavel et Molina.* L'Amérique rtSpwïfllcâitfe*, sans nous, maljgré^ nous-, et sansr profit pbub notre commerce; la république vendue aLÛx BUîtîetis à prii*d*argent , tandisHqpie les cdons «tendent f tedémnité'-dtt sang deHëurs pèrés^que

Bf.,4Q yiHèlç leur pnomit ;. le B^^sâaqnerdissr 61^01: (^^ (J^pm <;^nq^ aos atteste qim ia» Mvaî^ i^guaià.; cbr^tii^iiflLe a> cléseiîté Toqcid^l^ cfe l'^Epro^; Vétafi afx^h\z?a:r^ qu'^troco^ ^bou^ ajvonajplaîigé; rç^pagnq; 1(^& indulgence» qui nous^^i^o^e^t: d^i ftpn/^; le|^ i^SAdt^ qjaejttfïus iieq^vofts, d'Algœ;? la oojQjftîjtutipn. de Partugat <|u.e QOji^'accueUlotoSi en. pjM^lpilic ;, Iftyrév^plte pqrtjugaia^ qi^e^ OïWSi fey^n « ri$pqs en seci:et; les 4<><tb)6Si i)|fpgiyl^$\ d^ntt! aj, Hyçl/^.de Nftuyille fqt Lç e^wIîMîW^, et Mv ^ MoïK&tifii:^, l'iI^tr^Inent; in:)S m^r^b^l^ ipssttjléfir' au iwlvBU de Ça^w. par M^ diA|>pppy,;, Q^^idiplp-' ^ n»aje§^ joués par !VÎ..Canning>c|u^Ug»pW* tld^l^ftch Une peut avqir d'e!3ç<^ij|Sî€^ il^ajBAlg^iWrjM^upjVoileiu yU^ ! la. censure ! A*, ww, ajpi^iff JU^ttrAwfi*' Btsiinps.rega?xi3^ b?iv^jiï^dj^rdépiiçsftF,np^ifiHîi»r

tièrj^i sjçidétournpnt: Y^r^iaj;ï^iMîei,iquflimHy)^> > il^.i^gl^^vaix;? Vagriçul^çf^^^ft di$b,QUfibie«k,\«t

de$.pJÇQp|?Jél4|i^e3xpa^yç^s\d;^B^^s^lMt^ çtéïfikf Wiî^fi^î B^ï'ïW^t à peine dqîp3y^4^^,ifi^6t^i l'i^h

du^ji^ i^p pouvant, gnap»(<^ ^W ^m^^^ ^^scopi-

meicqç i»p|^d*5qit^ejt,tftr/lift;^,^pfwiç iftcCOMHrr

Fcaaça for,cé^ ^ij 1^, mmm k i»4uiM sesi consQoinisifipas^ T^êp^^ da«i^:l^. ^i{iafifls>féooiKle8 : oH^ifff^ le.fi90|tteQ|>^ié^:Q,ili;k;:n9aiL^:efclfi sairirasin. i rqde]ri6aiapt0njl;, cpqtm^^e^i irjSfjii iMûisktubre moinS* ritaf^de lV<MfMe$*4liàii(b0iirfiUir; Manufacturés fj

gr^ers/ magasins, Ifeux d'ântrepot , tout eàt plein de productions surabondantes, tie richesse» slériies^ et la baisse des * prix poussé partout le producteur à une ruiné assîii^ et prochaine. Les routes dans un état honteux , les canaux tdélaissés, lesinonumèns publics abaindoti n es, toutes les entreprises partilculières, lés branches de toutes les industries suspendues, en liquidation ou déconfites; les ouvriers sans travail, traqué^et chassés par la police; le peuple sans pain; et, pour couvrir la nudité de cette déplorable esquissé, quelques fêtes et qu^lqtte& aumônes! La censitre seule peut tratnsformer là misère en prospérité :• opérez vite 'té miracle. • A vous , monsieur Lourdoueix !

Forcés 'dans leurs derniers' retranchemensi les mitiistres ont été contraints dé confesser un défl^ rà: l'homme d'intrigue qui 'se vantait de jouer cartes sur table n'a pas été assez fin pour cacter son jeu. Le mystère des bons royaux étaitdécbiivert, il allait être signalé , et cet autre voiMs d'un autre déficit eût été bientôt mis en lanibe^x. ' Nous allions nous trouver en présence d'un nouvel emprunt , et les anciebs, depuis la'bfétise du trois pùur centyiEk^ sie soutiendenl cpik grandrèn* fort d'opérationifr M^rstériénses ! et l^énorHifté''de Famortissenient, eela bâiltté ligue des rëeevétti^généraux , eit hi ^sdiv^ ' aHian ce de MM- Rétsëhild et Yillèle ne pemreDt atlMsÏAdré àiiàe KaiisM^

— >7 -^ gère ! Nos finances sont dans un déplorable état; il est cepeiidaot^nii' tm^en de ne rien guérir , mais de toat • cacher^ k ceasure! ,

. Les comtes de Villèle , de Peymnnet et de Gorbi^e s'étarent 6>rnié ^ à force de circulaires, une majorité de fonetionnaires et de pensionnés : la terreur des destitutions , le piège des faveurs nous donnèrent < la chambre actuelle. Des députés,' créés pour cinq ans, nous ont octroyé la chambre septennale; les trois comtes veulent aujourd'hui, que ces députés se proclament septennaux ! Que les mandataires se délivrent eux-mêmes un nouveau, mandat ! Or , ce nouvel abus sort du do • maine politique et rentre dai^ le cercle plus étroit de Ja , probité ; déjà MM. Benjamin Constant et Turkeiin ont iait entendre le cri de la conscience ; ce m eût été répjété par plusieurs de leurs collègues; que}ques-^uns se fussent retirés, et les aui;res se seraient vus contraints de suivre cet es^empte dont Thonneur et la publicité faisaient un devoir. Que devenaient les .ministres . détestés^ de la France et privé| de la . majorité ? Quatre élections nous ont appris ce qu'ils devaient attendre des élections nouvelles ? On le voit : la censure était imminente ; nous la subissons.

Quarante jours avant la mort de Louis XVIII, on voulut la censure ; M. Peyrormet la motiva^ur ^ ie scandale des abwluiions judiciaires. Sous le

rcgne du roi qui a dit Plu^ de censure^ cet âr» bitraire iest rétabli; etie jour niéme» les journaux^ payés par le ministère ^ attaquent , avec i^approba* ti<m des censeurs payés aussi par ie ministère , le scandale des dernières élections. Ainsi notre première servitude fut une insulte à la magistra* ture y la seconde ^^t Un odtrage aux coUégei électoraux

' Du centre aux extrémités du royaume , un cri *^est élevé contre le ministère. Ce cri , répété par l'opposition de la chambre des députés, par la majorité de la chambre des pairs, par Tintégrité de la magistrature , par les votes des collèges élec* f oraux ^ par les délibérations des académies, par les àcclamâiionis dé la garde nationale ; ce cri n*a trouvé p^irtout que des échos fidèles. 11 fallait letouflfer; il feUait que les craintes ^ les besolm, la conscience dé la nation ne pussent trouver d'interprètes : là censure 1

Et la censupe, moyen honteux et lâche i va s'appuyer bientôt sur la violence et Tiniquité :oo jette nn peu d*or dans la boue, et Ton vous charge de guetter les malheureux qui s'y précipiteront avec le plus d'ardeur. Je vous en félicite , Monsieur; il paraît qu'il n'est pas facile de trouver en France six hommes qui vous ressemblent. Les ministres, pour paraître de grands hommes, se sont entourés d'uneband^de Lourdoueix ; les servi teurs

-^ ig —

imitent léâmaitres 9 les Lourdoueix s'environnent de Levacher. Et les Leyacher sont rares encore ; vous- pensiez en avoir troaivé six^ auxquels ils ^ut joindre M. Deliége que Jes turpitudes de Fanciennecensure ont rendu presqueanssi fameux i|\ie^ vQus^ et voilà que trois Vous échappent! Vous faites mieux à tâtons que Diogène avec sa lanterne ; vous devez prendre six personnes à colin-maillard, et vous prenez trois hommes honorables ! En vérité c'est jouer de malheur.

Aussi les gens qui vous restent sont d'une fièrè jForce^ et M. de Corbière a dû vous applaudii^ qiiand vous lui avez trouvé ces introuvables fonctionnaires. Il hait tbus les genres de supériorité; et sauf toute allusion qui vous serait personnelle, tous les hommes de mérite ont été chassés de l'administration ^ quoique vous y soyie2 encore» Un Larochefoucault est insulté dans son cet^cueil , lia autre Larochefoucault se retire devant î'or- UonîlÂDoe qui frappe la garde nationale , un autre Laroi^efoucault tombe pour vous livrer la direction des théâtres. Napoléon disait t Dans dix ans y ma dynastie sera k plus vieille de l'Europe. M. de Corbière se serait-il dit : Dans dix mois, je serai 4e plus ancien gentilhomme du gouvernement des Bourbons ?

Pour vous, Monsieur, vous avie:^ choisi» vos xoll^gues; vous comptiez sur leur docile ée/^ihté :

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ils devaient ^'immoler à vos caprices , les uns eà haine des lumières , les autres par ambition , tous par l'état de leur fortune : vous vous êtes trompé; la probité n'est pas morte , l'honneur n'est pas éteint. M. Caix se hâte de vous renvoyer sa nomination; il demandait une place de censeur d'études , on le nomme censeur des journaux. On lui . fait entendre que son intempestive susceptibi" lits pourrait lui coûter sa placé de professeur d'histoire; il persiste et se refuse à devenir votre complice ; il veut rendre sa démission publique , .et la censuré s'y oppose! Vous vous indignez; Monsieur, de trouver unioionnéte homme , et vous ne voulez pas qu'il prenne acte de sa probité! Oubliez-vous que l'estime publique naît de la publicité des bonnes actions, et qu'elle est aujourd'hui leur unique salaire? En vérité, c'est trop odieux ; même pour un censeur ! M. Rio a suivi l'exemple de M. Gaix : même probité , mêmes menaces, n>ême refus , même silence. Un troisième censeur a dédaigné de s'asseoir à vos côtés ; sa démission est prête ; il hésite à l'envoyer , il est sans fortune et il craint de feire voir qu'il est hbmme d'honneur! Quel siècle, bon Di^i! quel ministère ! Les honnêtes gens sont forcés de dissimuler leur probité pour ne pas s'attirer la haine du pouvoir..

X€^ ordonnances Corbière portent i^ qu'il

existe un bureait^mrgé derexamen dés journaux; 2^ que ce bureau sera composé de six ceïiseurs ; 3" que tout écrit périodique s«ra revêtu du visa âe ce bureau qui autorisera \si publication ; 4^ que les membres de ce bureau «ont les siei^rs Levacher , Fouquet, Couvret, Pain, Rio , Caix et vous\ Monsieur, pour directeur. .

C'est donc le huràcm de six censeurs ^ù\ st\x\ peut autoriser les publications périodiques ou s'y Opposer. Or , il est faux qu'il existe un bureau de 5/a; censeurs, puisque iro/> ae sont refusés à ces misérables fonctions. Ainsi quel que soit le prurit de censure qui tourmente les trois hommes dé bonne volonté qui vous restent, il y a arbitraire, illégalité, tyrannie, opprobre à juger à trois ^ ce que. Tordonnance n'a soumis qu'au jugement de six» Ainsi il n'existe pas , il n'a jamais existé de bureau de censure, et tout ce que vous avez fait jusqu'à ce jour n'est qu'injustice, violence et déception.

Il faut qu'une /nouvelle ordonnance nous fasse connaître les trois noms nouveaux qui ne reculeront pas devant la flétrissure qui vient d'effrayer M. Caix . et sjes collègues. Jusqu'à ce moment , il n'existe pas de censure ; votre pouvoir eist usurpé ; il naît de l'astuce, se fait obéir par la terreur , et la censure est assez basse pour qu'on ne l'entoure pas de bassesses nouvelles. Votre existence

est une monstruosité , dont les tribunaux feraient justice , si les entraves administratives n'empéf* ch^e]|;it pas tout recours aux tribunaux.

Parce que vous êtes le chef d'un bureau desr potique, vous vous êtes cm le maître de brasser des ^niq^iités. Vqus vous trompez , l'arbitraire a sa justice; l'injustice même a ses règles. Un pacha n'e;st pas.eu fureur, un cadi n^est pas en délire ^ un bureau de censure n'est pas une salle de Cha^ rentpn. Si M. de Corbière voulait nous dégoûter de l'arbitraire, il a bien fait de vous choisir, et yçus ayçai très-bien choisi vos complices; personne ne pouvait mieux faire ressortir ce qu'il y a de lâche , d'ignoble et d'inique dans le despot^Lsma Que diriez-vous d'une cour royale qui jugenait à trois juges , parce que les autres se sers^ient récusés? Vous n'en trouveriez pas une seule qui ne reculât devant cette stupide illégalité. Mais votre bande, ou plutôt vous ,' car vous formea vous seul votre bande, vqus ne reculez pas devant l'absurde.

Trouvez dçs censeui^s , motisieur Lourdoueix : ^ jusqu'au moment où une nouvelle ordonnance iV^us fera connaitrQ que votre troupe est au grand complet , il ne peut exister de censure, puisqu'il n'existe pas de bureau.

Cependant le triumvirat illégal qui vous reste, Wttt gagner ses gages. Il marche bravement avec vous, sinon vers l'estime publique, du moJQ&

v^ts les faveurs de M. die Corbière. iLes atteintes portées à notre propriété feront ressortir tout e« que la liberté publique doit attendre d'une odieuse institution que vous dénaturez pour la rendre plus odieuse encore.

Les ordonnances étaient prêtés : les ministres avaient choisi , dans la chambre des pairs, dans la chambre des députés, dans le conseil d'état, parmi les magistrats révocables , les hommes qui avaient manifesté k plus d'éloigneinèiit pour la presse périodique ^ et ce choix était tombé sur MM. de Bonald, d'Herbôu ville, de Breteiiif, de Frénilly, Olivier, deMa<|aillé, Cuvier, de Guilbermy et de Broé, qui composent le comité de surveillance. Après ses discours, an n'est pats supris de lire le nom de M. de Bonald , que M. de Chateaubriant n'appelle phis son illustre ànà ; mais on s'attriste en voyant le savant Curier , traîné à la remorque par tous les pouvoirs <. finir comme Bacon a commencé, kii qui commença comme Bacon a fini !

Je me trompe, ou malgré ses opinions sur la presse , ce comité , qui doit régulariser ràrbtitaire ^ aura quelque répugnance a consacrer vaa injus^ tices , à ^aiKtionner une spoliation.

' Il fallait encore des instruinens sèrviies ; c'était votre affaire , monsieur ; ils fiu*ent bientôt trouves: et le dimanche, a4 juin, entre la messe et

les vêpres, le conseil ^'assemble au grand complet. M. de Peyronnet ne balance point entre sa liaine de la publicité et ses affections de famille; i . quitte le lit de mort de son fils , et , comme si le hasard voulait justifier la Providence, le fils expire au moment même où le père contresignait l'ordonnance fatale.

Le a5 , l'ordonnance est publiée par le Moniteur; à midi, M. Delavau, pour constater officiellement l'alliance dé la police et de la censure , notifie aux journaux que les censeurs entraient en exercice sur-le-champ j et que les feuilles du lendemain ne paraîtraient ^ue censurées.

Comme tous les journaux, la France Chrétienne offre ses articles à la mutilation min r'stérielle; on les renvoie, à minuit, sans y apposer le visa ou le rejet de la censure. Ce n'était pas seulement une illégalité, un abus de pouvoir, c'était encore un piégé. Un journal littéraire, voyant revenir ses articles sans ratures , les crut approuvés et les fit paraître; le lendemain il fuj saisi. Mais M. Marin , directeur de la France Chrétienne , se défie delà censure; il sait ce qu'on peut attendre de M. Lourdoueix et des acolytes qu'il s'est choisis: le journal ne paraît pas. Dès quatre heures du matin l'imprimerie était entourée de mouchards. M. Delavau avait prêté ses galériens à M. Lourdoueix. Il est juste de dire que parmi ces espions

Lid

OA ne reconnut pas de censeur. Les censeurs avaient fait leur métier du soir , les forçats remplissaient leur tâche du matm.

M. Marin savait que les censeurs étaient institués pour approui^erou rejeter les articles qui leur étaient soumis 5 que l'ordonnance, vous avait donné le droit de censure^ mais non celui de déni de censure. A deux heures , il va dàtos vos bureaux : M. Deliége , sjmbolç visible d'une censure invisible , se présente à lui : m Je suis désolé^ lui dit-il, de ce qui s'est passé ; mais ces messieurs ont décidé que les directeurs feraient subir à leurs journaux une censure préalable^ et ne nous enverraient que les seuls articles que nous puissions approuver. » M. Marin trouve bizarre que les censeurs rejettent .leur tâche sur les journalistes. Ils sont nommés pour censurer, ajoute-t-il, ils doivent remplir ou refuser leur emploi, et ce n'est pas à nous de nous mutiler. — Vous ne l'obtiendrez pas , réplique M. DeUége ; résignez-vous : le Constitutionnel,, le Journal des Débats .tons les journaux y consentent. Résignez-vous ^ et venez voir M. Lourdoueix qui désire faire avec vo\is un échange de politesses. »

M. Marin , croyant obtenir du directeur ce que lui refuse le secrétaire , suit M/ Deliége dans vo* tre bureau : voici, monsieur, les politesses qui furent échangées. — M.. Marin : Je désire savoir.

monsieur ; pburijuoi la censure a reflisé dVipprouver ou de rejeter les artidés que je lui ai adressés hier. — M. Lourdoueix : La censure n*a pas de compte à vous rendre ; elle a i^î t ce qui lui a plu. Donnez-Tous là peine de vous asseoir. -— M. Marin : Je fie suis pas venu pour m'asseoir , mais pour demander des éclaircissemens ; et d'après ce que je viens d'entendre , je vois que je n'ai rien à, demander. — M. Lourdoueîr : Et moi , plus rien à répondre.

Je vis M Alarin encore tout surpris de la politesse dès commis de M. de Corbière. Je lui conseillai de renvoyer ses épreuves à votre bureau; je lui promis qu'elles seraient approuvées ou rejetées. Je rie me trompai pas. Je connais les hommes; rinsolénçe naît d^un sot orgueil; mais l'être le plus mal élevé , le plus bouffi de vanité , le plus encroûté tfe sottises , tient à faire croire qu'.l est bonne compagnie ; qu'il aJe ton des bon* nêtes gens , et les -manières du monde. Vous devez avoir de tout cela , Monsieur ; mais , n'en eussiez vous pas même l'apparence , jô savais que vôtre amour-propre vous contraindrait à quelque urbanité. J'avais prévujuste; le journal du lendemain parut , mais avec ées blastcs qui annont çaient les traces de la censuré.

'Ces Ma/?C5' furent un crime j et un crime iheiptàble* il feut les expliquer : M. Marin vous avait

— S7 — remis.^aiiiez d'articles pour composer . ileux jour*^ nàiix ; politique ^ littérature, théâtres , an^oncei ^ç livres y tout fui refusé <, k Texception dos arti-r des qui parurent; et, oomme tous les articles ap* prouvés ne pouvaient retoplir Je journal , ils furent roi/5:pu):)liés^ et il resta .un espsice vide ; op ii'ayaît plus, pour Je remplir, d'articles censurés ; on ^Q pouvait publier des articles non approuvés par la censure : les espaces restés en Uanc furent donc une nécessité cle fait.

Jls furent encore Touvrage de votre. censure; elle avait retenu les troi$ quarts des articles en* voyés; tous, étaient inoffçBsi&; la plupart étaient étrangers à l'opposition et rentraient dans le do*» maine purement littéraire; vous étiei ^llé jusqu'à rejeter ces quatre vers i .

La cigale ayant chaoté

XQutràé, Sc-trouva fort dépoiwTue Quand ifi bise fut Tenue.

Et j'en préviens les nourrices qui ont rhabitudé de les apprendre à leurs marmots , sans se douter que ces vers. sont déclarés séditieux par un homme qui s'appelle Lourdoueîx, et par trois de ses sbires dont j'ignore le nom.

Cette conduite me parut une in£imie, et uq« in^a:aie de plus . dans l'officine de la police ne

~ ja —

mf- sembla. pas chose étraoge. Mais M. Marin né ei-oît pas aux infamies gratuites; il \'it encore l'imprimerîe entourée des forçats de la police, dont il parait que tous êtes le capitaine en second: vous aviez espéré que nous remplirions les blancs, que nous serions en contravention , et que le comité de surveillance , achevant l'œuvi-e du bureau Lourdoueix, supprimerait nôtre journal. Vous êtes fin, vos pièges sont adroits, quelqu' auteur de mélodrame pourra tirer de vos gentillesses des ruses nouvelles à prêtera un Furet de la Préfecture; mais, croyez-moi ," il n*est pas de finesses qu'un simple bon sens , qu'une franche probité ne désoriente.

M. Deliége déclara à M .' Marin qu'on ne voulait pas de blancs, que le Constitutionnel , le Journal des Débats , que tous les journaux déféraient à cette volonté, et que la FVance Chrétienne ne serait à l'avenir ni approuvée ni rejetée. Depuis ce moment, les épreuves, chaque jour envoyées à deux heures après-midi , sont chaque jour renvoyées à' miouit , sans approbation et sans rejet.

Je vis alors que tous les journaux s'étaient laissé preutîre au traqiit'nard de la pohce. Et il importait, non certes à la prospérité de notre journal, mais à la dignité de l'opposition, mais aux libertés publiques, qu'une feuille protestât contre ces violences illégtdes, contre ces pi^w

— ag —

grossieiî^; qu'elle, parût telle quelle était mutilée par vops, et qjjie chaque lecteur pût se dire : La censure a passé par là^ •

Je connaissais les projets de vos maîtres; je savais que , désolés du retrait forcé de leur loi sur la presse , ils travaillaient à un projet de censure générale et perpétuelle: brochures, livres, gravures, lithographies, musique, tout se courberait sous cette tyrannie de nouvelle espèce, et cette loi serait votée dans ce premier mois de la session , durant lequel il n existe pas de liberté de la presse. Cette pensée vint changer en devoir l'opposition à votre odieuse censure. La résistance à vos bizarres tyrannies nev fut plus une affaire dé journaliste , mais un acte de bon Français et de bon ci! oy en. Je voyais déjà les ministres arriver à la tribune, annoncer que les journaux avaient paru toujours remplis , et porter à la commission les épreuves censurées où l'on eût à peine trouvé trace du despotisme Lourdoueix. La candeur mi-, nistérielle n'eût révélé ni les honteuses proposi* tions que vous ave?; faites à tous les journaux d'une censAire préalable et domestique , ni la nécessité que vous leur imposez , sous peine de mort , de paraître sans lacunes; et durant ce mois, de menspnges et de déceptions , la presse esclave n'eût pu faire entendre la vérité !

Sans doute tous les journaux sont les maître

lie se -prêter à belfce \kcbe tt inimorâte fitHirlyèrt^, Toa6 peuvent briguer la servitude, mais totts en rougiront. Déjà le iournal des Débats ^ Beat pré* vision ^ soit nécessité , a deuai fois laissé aies co^ lojnes en blàoc ; les autres imiteront cet exemple; et bientôt les Lourdoueix de la œnsure ne pôlir^ ront plus annoncer à leurs maîtres la douceur pa* ternelle de leur insolente tyrannie ; et les minis^ très ne courront plus #omper le prince ; et les conseillers de la couronne ne pourront plus trofû^ per les chambres; et ies chambres, abusées par d'ii.signes mensonges » ne pourront pas i lem" tour tromper la France^ La censure paraîtra dans sa hideuse nudité; Ainsi tombera ce ricochet dé tromperies méditées par nos grands hommes. Ainsi, Monsieur LourdoueiX) servile instrument de cett6 misérable jonglerie, vous en recueillerez le lucre financier; mais l'honneur qui vous en revient va s'imprimer à votre nom ^ et le fer rouge de iâ place de Grève trace des caractères moins indé*lébiles.

. Nous aurions sacrifié sans peine nos intérêts privés à l'intérêt public; nous n'aurons pas le mérite du sacrifice ^ votre inhabileté ne Fa pas rendu nécessaire. La police possède je ne sais quelle finesse niaise et stapide qui se découvre au premier coup-d'œil' et se livre au ridicule; elte {>M$éde îe n» sais qoelie^ violence intempestive ti

ktataie qui hn.^nne sur^le-cbamp toutes kë allures de.U mauvaise foi^ tous les caractères de rini^uité; ces stigmates de la police, que »'a pu cacher l-a&tucieuse adresse de M.'FraBohet et Fin^ signe }ésuitisme.de M* Delavàu, vous. n'étiez paâ de force à les déguiser; on les voit en plein sous votre masque; M. de Chateaubriand vous couvrirait de ses talens ,M. déQuelen de sa piété, M. Seguier de ses vertus, que, sous tous ces voiles, on ne verrait. encore qu'an Lourdoùeix. En vérité, Monsieur, Je métier que vous faites peut vous convenir; vous pouvezi en avoir le goût , en aimef les profita^mais vous n'yserez jamais qu'un mal'* habile écolier : demandez ârM. Prauchet.

En. renvoyant les articles que vous soumet la France Chrétienne, vous avez placé voti-e bureau d'inquisition dans untfe iwnière 5ans issue; votre métier est d^approu\^er ou<le rejeter les articles ; c'efet Falternative que vous impose l'ordonnance FOjaieÇ'VOUs ne pouvez vous y souatraire sans prévarication.

. ' SiVdt|s rejetez des articles iuoffènsifs, nous nous pourvoirons devant le conseil de surveillance, qui décidera fce qu'il jugera convenable.

Mats le tefas d'approuver où de rejeter constitue un déni de censure; nous n'afvbhs plus à nous plaindre de ce que vos fonctions sont ma/ remp^s; mais de fe ^qu'^les ne sofHpùirH remfpKes.

L'ordonnance nous assujettît à -la censure, mais il faut qu'elle nous donne des censeurs.

Or, si vous êtes de mauvais censeurs pour les autres journaux, pour nous vous ne voulez pas être censeurs , et il faut que l'autorité vous force à remplir vos devoirs ou qu elle nous rende notre liberté.

Or , votre inertie s'oppose à ce que la France Chrétienne puisse paraître; elle est donc un attentat à la propriété , une véritable spoliation ; et ce genre de confiscation, ce vol véritable ne peut être sanctionné par une ordonnance rendue après avoir entendu la messe du dimanche 24 juin.

Aussi, dans ce moment notre uniqiie recours est dans la justice des tribunaux , protecteurs des droits de propriété. Mais nous ne pouvons arriver à eux qu'après avoir fait constater qu'il ne vous plaîtpasde remplir les fonctionsqui vous sont imposées et payées. L'huissieivqui devait constater cette infraction à l'ordonnance royale et constituer la censure en demeure , recule épouvanté devant les vengeances ministérielles (i), il

(1) ^ MM, les Memkres composûnt la Société du Journal

LA. Frange Cheetiehne.

Messieurs,

J« Tiens d'in3lruire M. . Comte de vos griefs conln

veut que M. de Corbière lui permette dé signifier ' une sommation à M. Lourdpueix. Aussitôt M. Marin écrit au miâistre (i): le ministre ne répond

M. LoùrdoueiXy et des mesures que tous rouliez prendre pour les faî;re redresser ; la première obserratio^ que je tous avais fiiite^ il me Ta faite à son tour : c'est que, pour agir contre un cooséil institué par le Roi 9 il faut une autorisation du ministre de l'intérieur; et ce défaut d'autorisation rendrai t très-désagréable pour un hubsier une somr mation qui serait sans aucun résultat utile pour vous.

Je TOUS reuToîe donc fa note qui contient tos observalions^ et TOUS prie de les insérer dans une requête au conseil de surreillance de la censure^ qui, bien sûr, fera justice* J'ai l'honneur, etc.

Gaixxàhb, premier clerc de fil. Comte.

Paris*, I« aSjtdn iS»;. ' • ■ . - .

(1) k H'. LE GOHTB DB COBBlitaB, MlKISTRB SbCBSTJJBB d'ËtàT au DâPAATBIlBlIT INE L'iHliBIBVB.

Pari», le ag jain 1837.

J*aî l'honneur^ Honseigneur, d'exposer à Votre Excellence gue le comité de censure n'a touIu ni approuver ni rejeter les épreuTCS que lui avait adressées le journal intitule la France Chrétienne, le a6 et le ag de ce mois ; que ce lournal n'a pu paraître ni l'un ni l'autre de ces deux jours; «t qu'il résulte de cette espèce de suppression un attenta: à ma propriété. *

Si la censure avait rejeté nos articles ^ nous nous pour« Toirtons devant le conseil de surveillance. Je ne me plains pas> quant à présent, d'ttoe censure mal exercée, mais

pa$ , et bientôt j'aurai' Thoilneur d'e^liquer les motifs dé son i^lence dans une lettre qui ne restera 'point dans Içs ciartotis de son ministère , à côté de celle de M. Marin. J'irai frapper successivement à toutes les portes ministérielles; non que j'espère justice , mais ce reéiïeîr de lëtti^fe à d^ petifs Iiommes qui possèdent de gràrirfés places , pourra faire un recueil curieux, utile même, car 4:haq%ie iniquité du pouvoir prépare un triomphe •à la liberté.

d*tin débi âé censure et* d'atteinte à hta ]pfh>t/rî^é.'€M arbitraire me place daûs b liéoedéité de citer If. tiétiT' doueiX; directeur de cette censUrè > dcfyâût \é^ tribunaux $ aiïn de le faire condamner à des.dommage». L'huissier Comte, rue^du Croissant y n^ i3, refuse de coostater par acte le déni de censure dont je me plains. Je ne puis fèûîer'j Monseigaeiir^' qute ie poaydir TeuiUe sMnfefposer entre les citojeiisi et la justibe^.'et- je m'adresse à Votre P^cellence pou? obtenir l'autorisation que demande cet huissier, pour bser exercer ses fonctions dans un bureau de voire département, et cîte^ M» Luurdoiieix.

J'espère, Monseîg;neur, que justice sera faite; ladetoander ù Votrb Excellence /malgré le crédit dont St. tourdouelx peut abuser auprès de Vous; c'est annoncer là tebiifiaiice (jue fe place dans totre équité.

. J'ai, etc.

Le Dirtdeteur die àt France Chrétienne ,

■ti i . • «

M. Marin , dont les intérêts gravement compromis ne peuvent rester dahs cette polémique , va droit à son , but. Il a éprouvé, d^s dommages par la non publication desa feuille; il en a éprouvé de plus graves, parce que votre illégale conduite lui a Ëiit perdre le renouvellement du i ^' juillet ; . il est menacé d'une ruine complète par la confiscation du journal , véritable spoliation et vol détestable , et il s'adresse aux tribunaux pour y trouver des huissiers, des magistrats et la justice que Vous avez exilée des bureaux de M. de Corbière.

Cette lettre, conservatrice de notre propriété, était commandée par la i^écessité ; il fallait prendre acte de votre déni de censure et du silence par lequel M. de Corbière protège vos tentative^ de spoliation ; il fallait que nos abonnés ne prissent point la non-publication de la France Chrétienne pour l'effet de la volonté tle ses propriétaires. Ils sauront aujourd'hui qu'elle est l'ouvrage de l'odieux arbitraire de votre police , et que ce journal leur ^ra envoyé aussitôt que l'équité des tribunasx pourra mettre un terme aux iniquités de votre' inquisition jésuitique et ministérielle. ^

riN.

Bv ntmisfànB

ET

DE LA CENSURE

PARIS. IMPRIMERIE DE FAlïT,

Rm Rama, s. 4, place Am POd^w.

BV IfllIfltSTÈllS

ET

DE LA CENSUBE

There is something rotten in the state.

Haklet.

Hjr m quêiqué. €hoi9 de eonvmpu dont l'État,

PAR A. JAT«

A PARIS

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