‹ Censure de 1827 (volume 2)Chapitre 37 sur 80 · DEUXIÈME CHANSON · texte numérisé non relu

DEUXIÈME CHANSON

Air : T'en souviens-tu ?

De ce banquet joyeux et chers convives , Si la gailé vient luire sur vos traits , Si du plaisir les ailes fugitives Semblent chez vous se fixer à jamais; Si l'Amitié qui porte nos bannières Marche de front ayec l'Égalité »

C'est qu'ici nous fêtons en frères

Un enfant de. la Liberté I

Quand l'Ignorance» encor reine du monde ^ Rivait les fers des peuples et des rois , L'homme aveuglé par une nuit profonde Courbait le front; il ignorait ses droits. Mais la raison vint consoler la terre.

L'homme à la fin comprit sa dignité;

Le Ciel accorda sa lumière

Aux enfans de la Liberté !

Que de bienfaits versés sur ma patrie 1 Que de trésors ont remplacé nos fers 1

ri3)

JLa Liberté , mère de Tlodustrie »

Fit DOS succès , arrêta nos revers. Le vieux guerrier, déposant son armure , De ses travaux enrichit la cité ; ;

Le Ciel a guéri la blessure

Des enfans de la Liberté l

Conservons bien un si noble héritage :

L'Égalité, familière aux grands cœurs , Chez les Français doit passer d'âge en âge Et devenir la base de nos mixiurs.

Pour ressaisir son aûtique puissance.

Le Privilège en vain s'est agité 3

Le Ciel embrasse la défense

Des enfans de la Liberté I

Flambeau céleste , amour de la patrie , ,

Tu vis encor au cœur du citoyen »

Chez la jeunesse à ma voix attendrie ,

Chez le vieillard qpi fut notre soutien.

Le feu divin qui pénètre nos âmes

Dès notre enfance y fut jadis porté ;

Le Ciel anime de ses flammes,.

Les enfans de la Liberté I

Avant de se retirer, le président du banquet s'est levé et a dit : « Messieurs , Ifij nation grec- » que , à laquelle vous avez témoigné unsi noble • intérêt, a encore besoin de secours plus effi- » caces que de simples vœux. » A l'instant une collecte a été faite et a produit une somme de cinq cents francs, qui Sera versée entre les mains du comité grec de Lyon. f

L'assemblée s'est alors ' séparée , et M. de Chauvelin a été reconduit à pied dans son hôtel par un grand nombre de convives.

L'ordre le plus admirable , la décence la plus parfaite, n'ont pas cessé de régner pendant tout le cours de cette fête de famille , sans que cet of dre et cette décence aient rien ôté à l'expression des sentimens qui animaient une aussi nombreuse assemblée.

FIN

LYON, IMPRIMERIE DE G. COQUfc., RUE ET VIS-A-VIS

L'ARGHEVÉGHÉ, K^ 3.

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AUX ÉLECTEURS

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