‹ Censure de 1827 (volume 2)Chapitre 8 sur 80 · DE U GAZETTE DNIVEBSELLE DE LYON · texte numérisé non relu

DE U GAZETTE DNIVEBSELLE DE LYON

dtns Totre ff«itn4ro'du 20 d« ce mois.

Je yeux d'abord roits remercier du ton -obligefint arett leqael Toa^ diseutez mt» opîniuRS : toutefois 9 eoiiitne f 09 observations pourroîent jeter une sorte de dcfaveur sur plusieurs points de mes doctrines , que mes doctrines sont JDU £ui, qu'en les défendant je n'ai d'autre désir, d'autra hot que de les rendre utiles ; je Tats , en rétablissant le Té*<« 'ritabfe sens de mes paroles et de mes idées , examiner, & mon tour, jusqu'à quel point yos propositions sont de na-*

1 Le Jhtitnat dts Débats a voulu publier, sans commentaire;

Yarticie de la Gazette de Lyon; mais comme j'aurois pu répondre

par la même voie , si toutefois ia loi du a5 mars iBsa est eneora

kimpcptéc , k censure de Paris a tajé ce que la ceB5ui'e de Lyon

«▼oit permi». Que M. de VUtèleétoit)udicieux,prévoy^aat,en 1^17^

Joesqu'ii disoit à la tribune : « Sî^ohs metùez aùisi à la ditposiuom

ebg muMstre ie droit de censurer tous Us jouritaux**.. yous Véta^

éUtan seul direùteur de l'opinion publique en France» .. \*ous lui

tfomÊTT ies moyens défaire auaguer if os opinions par tous les /jur^

naux du royaume y sans qu'un seul ose les défendre» *• M de VU-*

léi« noffeii dn dire^i^te ies Akîtinàx^. La plii^ai:^ «fe Ai» jo«rtMUX

ont fait preuve de courage et d'indépendance. ,

4* 9»0CBVa8f

tare i calmer les craintes des amis dii Roi^ de là Charte et de nos libertés civiles et^reiîgieuses.

Je me permettrai, avant d'entrer en matière , de tous jElire obser.ter que vous abordez, d^9 Tarticle qui m'est consacré, plusieurs questions étrangères à mon discours du 17 mai dernier. Je me suis borné dans cette improvisation, qui n*a été que le cri de mon patriotisme indigné, à parler de l'Âpiérique du Sud, de Saint-Domingue, de la politique suivie en JSspagne, et à révéler quelques secrets du Mo^ niteur'. Pourquoi donc à cette occasion revenir à la liberté de la presse et aux mauvais livres ? Pourquoi surtout faire intervenir le corps des évêques , et prêter au clergé gallican des pensées dangereuses qu'il n'a pas ' ?

Tous décidez 9 Messieurs, que la loi du pays est en contradiction manifeste avec la religion, et par conséquent avec la raison; c'est une question bien grave, sous l'empire de la Charte, que celle que vous croyez pouvoir résoudre K

De la presse à la Charte il n'y a pas loin ; ou plutôt, disons-dé hautement, la Charte tombe si la liberté de parler et d'écrire est détruite.

Jugez, Messieurs, par les conséquences du principe que TOUS proclamez, des inquiétudes que peuvent concevoir ceux qui veulent, dans toute la sincérité de leur âme, le niaintieny l^ffermissement de nos institutions > c(^x qui croient que le jour où elles seroient compromises 9 la religion et la royauté seroient en péril.

. J'aime àcroire^ Messieurs^ qu'à mon. tour je suis ea

t Je me plais & rappeler ici que dans mon discours sur les MTaîres étrangères , je tt*ai avancé que drs faits qui ëtoie&t consignés dans le Moniteur. Le iournal officiel me sera encore tiiès-uMl^ à la prochaine session , il contient des actes diplomatiques sur lesquels il sera bon peut-être d*appeler rattention de la Cbambre.

a Je suis convaincu de cette vérité : le corps dé nos évéques est fort respectable et nos vieux pasteurs sont, en général, des modèles de modération et de charité. Mais il faut avouer que beaucoup .de personnes étrangères au clergé, le comprotnetlent souycnt. X»e» Muis trop zélés sont quelquefois de dangereux altais. \

' 3 Je suppose que la Gazette de Lyon met toute la bonne foi possible dans sa déclaration de principes , et qu'elle ne pensera fias à nous dire, avec le Moniteur, que la liiierié de la presse et la censure vont très-bien ensemble ; qu'enfin les résultats dela.cen* sure paroissent si peu incertains aux vrais amis de la liberté de la presse, que pour eux le triomphe de celle-ci ne date que de. ee ^our,

- 8i la irsteMe dé JS^jron r aisonnoît ainsi , ma réponse seroit le silence.

ttfant ,'ét qae s! t6ii9 n*aTeK:pas bien compris itiès parobs ^ . )e me trompe aussi sur le réritabliB sens des Tôtres. ... • .« . AtoutéTènemenlf je n'en suis pas moins affligé de yoir qu'on ne cesse de fournir des armes aux ennemis de la religion 9 en appelant imprudemment le clergé à prendre part à DOS tristes débats et à se prononcer contre la plus pré* cieiise de nos libertés nationales. C'est entendre mal, cesemble , les intérêts de la religion que d'oublier qu'elle est en dehors du monde, et qu'elle ne doit jamais, dans tous les cas, comme le fait observer M. de Bonald « descendre du trône pour se mêler à la foule de ceux qui en admi* nistrent les affaires '. »

Où en serions-nous. Messieurs, si les lois ciriles et politiques dévoient être ratifiées , sanctionnées par le clergé y. et si le sort de nos institutions dépendoit de quelques man-demens ou d'un bref ? ceseroit le triomphe de la doctrine anti-monarchique de M. de Mestre, qui. eût trouvé tout simple que les intérêts de l'humanité fussent confiés au souverain pontife, et que Rome pût exercer le veto sur les rois *....' Quand à m(^i. Messieurs, je me soumettrai

I Opinion de M. de Bonald sur la loi des élections , 34 f<^* vricv 1816: *

<« (Test ici €fti'il faut appliquer^ dit M. de Bonald, la maxime T' T^ Mon royaume n'est pas de ce monde. Et. plus haut : C*est dans » l'exercice de leur ministère que tes prêtres peuvent influer sur ^ a hftn clioix , en préntunissant les peuples contre leurs pmpres pasy sions et celles des autres. »

M. de Bonald ne veut donc point , et il a raison, que le clergd se mêle de nos clcctions ,' de la liberté de la presse, en un mot de tout ce qui tient à i'adrainisfration politique de TEtat. Je partai^é^a fond du cœur cette opinion. Plus la religion restera en dehors du monde, plus elle aura d*inftnence sur les cœurs et sur les esprits. J*ai vécu lon^-terops aux Etats-Unis, pays où le clergé ne s'occupe en aucune manière des lois de TËtat; pays où la liberté de* la presse va jusqu'à laliccnce>.. Je puis dire que je n*ai TU nulle part le christianisme aussi puissant, aussi resjîectd. Je puis ajouter aussi que (a religion catholique fait dans cette partie du monde des progï'ès qui tietinent 4u prodige. A cet égard, on peut consulter le bon, le véuérable archeyéaucde Bordeaux, ce modèle à.es prélats et des missionnaires ; il dira si le bruit Aes gazettes nuit en Amérique au triomphe de la foi. Ce que je dirai, moi, c'est que ce saint évéqtie n'a pas besoin du secours de la censure pour se faire respecter et pour faire aimer Jésus-Christ. .

a « Ce n'est pas tout, dit M. de Mestre, le veto pourroit être I» exercé. contre toMSles souverfeias et s'adapteroit à lOules les » constitutions et à tous les caractères nationaux* »

Litre 9 1 ckap. IV du lirre intitulé : J)u P^pé$ seconde édit.

KMifoiifi'à TBglise en matière de foi; mtb ben delà, f« né pub voir que le prince et la loi fondamentale du pays. '. Je penM avec un grand saint « que Tfitat n*eat pa» dans PS^iie^ mais TËgUse dans TËtat » ; fe pense que TEtat doit frire ffeapecter TK^Iise et TEgliae faire aimer l'Ëtatt sans jamais prétendre à le gourerner. Ma doctrine pourra. Messieurs , tous paroitre contestable 9 mais du moins je ne cache rien, je joue afeo tous^ contre tous 9 icarteê sur taéU ■; que tput bomme placé sur la scène du monde eo lasse autant, le soupçon, la défiance cessei*ont, et la boane Cm finira neut*ètre par tout éclaircir.

On lit dans Totre article :

• « M. Hyde de Neu?tlle partage certainement, à l'égard 1» de la liberté de la presse, Topinion de la plupart des » bnmmes d'aujourd'hui. »

• A cela je réponds que je partage Topinion des hemoies d'aujourd'hui et des hommes d'autrefois.

Louis XIV disoit : « Il est impossible d'6ter au publie la V liberté de parler; il se l'est attribuée dans tour l«s temps»

• en tous pays, eo France plus qu'ailleurs; il faut tâcher de » ne lui donner que des sujets d'approuver et de louer. »

Cette phrase du grand roi ?aut un traité.... II n'y a en effet que cela de vrai, de raisonnable, et surtout de parfsii« tement sûr dans l'art d'administrer les peuples : « il faut lâcher de ne donner au publie que des sujets d'approurer m de louer. »

Certes, sous Louis XIT, là liberté de la presse n'éfoît pas ce qu'elle est de nos jours , un besoin de la société ; mais qui pourroit contester ces deux grandes yérilés proclamées il y a dix ans par M. de Bonald :

« Qut les éons' e4prits de notre siictc af^eiient à

• grands cris ia iibtrté de ia presse '. »

« Que ia iiherté de parier et d'écrire est aujourd'hui » un axiome de droit puiiic, un principe ae Vordrc » sociai ^. »

Qui oserait contredire M. le comte de Yillèle, lorsqu'il soutient arec tant de justesse « que la liberté de la presse est » au nombre des garanties poiitiques sans iesqueiies

I Que M. de Villèle nous dise si c'est pour mieux iouer canes sur taàle qu*il a établi ia censure. G est une étrange manière de metlre son jeu à découvert.

'- 9 BuîM^ de M, de Bonald; vol. I , pag. i43*

3 Opinion de M. de Bonald sur 1c projet de loi relatif aux jour* nauà; Séance du cai8 janvier i&t7. { Moniteur,)

»' 4ê$ $êéiMB nie pm'MM s'éia/bUf sur teuf êMêô basa '% duraéie, oeUê dô iHntérét des peujHes ^9n ' Qui se refiiseroit à admettre , avec M. de Corbière , « qii't{ h impoTTte, en effet , que tout voit éclair ci jmélùjùe- • fnent, aue c'est ie meiiUur m&yen d'entretenir mi » </e rétabUr le calme dans ies esprits * ?» •

Les citatloD8-9 dont je viens de tn 'appuyer, tous disent.

Messieurs^ mon opinion sur la liberté de la presse. Je crois

qu'elle est en effet une de nos plus sûres garanties poli--

tiques, qu'elle pourroit seule rétablir -le calme dans 'les

tsprits, et que s'armer contre d^le^ o'est s*armer contre un

aiiome du droit public contre un principe de l'ordre social..

• Quant aux journaux qui yous font peur, et quant ^ la

eensure qui seule paroît voas rassurer, je pense encore arec

noiï honorable collègue de i8i5, M. de Bonald^ « qU*ai%'

» exagère ia puissance ^Muette des journaux i qu'ils

3y expri$nê9U '^opinion et ne ia font ^oint '^ 'JV;^'

t f nomme n'étant iUrre que sous l'action de la toi ,

» c'est À €a justice à faire la police^ et non à la poHee

> à faire -ia justice; qu'enfin la censure est aussi in^

» commode à celui qui l'exerce qu'à celui qui y est

» sournois; qu'elle dégénère toujours en une guerre d^

» ruse et d'adresse , entre le surveillant et le surveillé;^

« je croîs avec M. de Bonald que la loi qui consacre et lé^

» galise l' arbitraire, fausse la règle; qu'eile cofrompt

» la législation de l'Etat; qu'il est cependant de l*in^

» térêt de la nation que les ministres soient éclairés »

» et que dès lors ils ne ferment point eux^ni^ém^es Ick

» seule voie par laquelle Vopinion véritablement gé"

» nérale peut arriver ju^qu à eux 4. »

Jt pense avec M. de Vtllèle « que l'oppositl&n à M l'arbitraire est dans l'intérêt au Monarque et de » ia nation ^. »

1 Discours de M. de YiUèle sur la liberté des journaux. {M^ni" tciirda 37 janvier 1817.)

a Opinion de M. de Corbière sur la liberté des journaux. {Mf^ niuur du 2g janvier 1817.)

3 Réflexion juste et prcfonde , ajoute M. de Bonald , que je rcD^s a M . de brjgode , a qui elle appartient^ et qui si^ffiroit à iff» cider la (question qui nous occupe. ^Opinioa de M* <|£ Bonaid^ ^^ a8 janvier 1817. j

4 Même opinion.

5 Kotre oppçsi^n à l'éHfkUswnmt dt f arbitraire ^ dit M. de

svoc H« wB ▼mcK < fv0 fil vip0rCv vc9 jûwr^ K iméigpemêaèie^ H ^Um ne dmvetU êtrrn ^wfmma^ Mm tl à fmtitwm régmêiire éeiajmê^ Heôi §uc feasiMiemûe é€ ia iritumc de ia Càtmhre

Hérfigftft; eue te œmmtre ftaee ieg éàpuiéê de im Frmmce à la dueritum, dee mmtfCreff. En effet , fuel François pomrra dimnmmU (c'est looîoors M. de ¥illèle qui parie) accepter ie péniMe fardeau dee fane-* tiane de défioé , rt< n'ert réeignê d^avanee à «mu^erire auemetimemt à toaUe tee fropoeiiiane dea minieiree */•

Je pense efcc M* de Corbièie « fue 4e ejfUioM vexa^ tairû *de ta ceasnre ne peut eumener fue méeonienrlemeiU «l in/fuUfude^ tt Ifiie fe eUenee n^esi trop eauven$ aue te eaime menacent fui précède 4e ecm* Aol» ou le repoe iugmére fw» euU 4a deetrueUcn K » . Je peoae afec M« de Coriiière « que certaine Gammée ne aevraie$U9ci$U avoir farra/anîe prieomfUcn da ccmcMnderaUme fo nlence el fetuicliora^ > Je pense

Tillèîf , €tt Hon'Mulement Jaiu timèr^t du mwtartfne ei de la nation , eiie est encore datte Fmtérêt édain de ceux qui nous combat" ienif dépoeiuùree aujowntthm de ce pom^oir sans hontes , ils peuvent dès demam retomber rn^ec noue dans ffite situation qui leur en fisse redouter Vabus, Ceux qui comhattoiont alors M. de Villéle sont retombés dans cette situation. M. de Villèle se croit-il à Tabri de toute TÎcissttnde? est-Il abonné indéfiniment an pouvoir? G*çst «Toir bien de la témérité ou bien peu de mémoire.

I JÊfatiiteur du 37 janyicr 1817.

9 Comment M. de Corbière, qnt pensoit ainsi en 1817, pent*il ■OuiTrir, en 1837, que sa censure soit plus yexatoire, plus tracas^ sière , plus tjranniqoe que celle de Law et de labbc Dubois ? Voici un document curieux qui k constat*; :

Samedi , 27 janvier 1 720*

« Il y a une chose extraordinaire dans la Gazette de France » . » cVst qu'il y a une psgc et demie qui n\'st point écrite ; on croit » que c est qnelque artiele qu*on a fait retrancher. »

( Extrait de V Abrégé des mémoires de Dangeau ; par . M>n« de Geniisy tom. IV, pag. i3o. )

On voit ptir la que le premier blanc date do 107 ans» et qu'on

Scrmettof t soai la Régence /es blancs cf ue sous le régime constitutionnel » MM. les censeurs ci-oient avoir le droit de proscrire,

3 MMêotr du 29 Jnetier 1817.

« trec loi <pie « des êxpUcoUons vadent mieux ^un^ » swpertù silence^. »

Je pense aujourd'hui ce que j'ai toujours pensé y ce cfue. î'écrivojsea 1819 : Que In liberté de parler et d'écrire dôil être cAtiére , sans restriction ; je crois que les oircoiislanees graTes qui peuvent autoriser à la suspendre sont heureu-^ sèment très-^rares, et qu'un ministère qui use sans motif de celte prévoyance de la loi , ne fait qu'irriter les esprits au lieu de les calmer.

Enfin, pour terminer l'exposé de 'mon opiuion si bien; développée par MM. de Bonaid, de Yillèle et de Corbière 9 je dirai avec M. de Villèle : '

« Hors de ià 9 je ne puis voir qu'anéantissement de- 9 ick. Charte 9 simuiacre de 4a protection dont elle de^^ » voit nous .assurer ia jouissance 9 (Mservissement de ^ » tnan pays à i'aréitraire 4e plus danngereux 9 . et

> symptâme d'instabiiité dans ie gouvernement: » Mais les journaux 9 dites-vous 9 sont d'autant plus redou*

tables qu'ils annonceitt lés mauvais Uvres 9..... à cela je ré-

Kodrai qu?ils aononceut aussi les bons, et que les l>onsv res sont en plus grand nombre que les mauvais. J'ajou* terai d'ailleurs que l'annonce des gazettes est un avis donné au gouvernement ; que n'en profite-t-H ? que n'arrètè-t-il le poison, alors qu'il sait qu'on va le répandre ?

Allons au fait. Messieurs , car on ne mène pas le monde^ avec des phrases; ce sont les choses' et surtout la force des choses qu'il faut examiner de près pour bien rég:ler, pour: bien affermir l'ordre de la société.

Les mauvais livres, les livres impies et corrupteurs dé la morale publique doivent être proscrits, et leurs infdmés auteurs punis avec une extrême sévjèrité; mais je. le demande, qu'ont de commun les journaux et la liberté de parler et* d'écrire avec les mauvais livres ? ' ' ?

Si les . joumaux prêchent des doctrines pernicieuses , il faut les poursuivre, il .faut proToquer leur condamnation à des peines pécuniaires ot^méme afflictiveSf suivant ta gravité du délit ^. .

« Pourquoi n'assujettiroit'on pas 9 ajoute M. de Bo- • nald, les joumaiistes à ,un fort, cautionnement qui

> garantiroitynon-seu4enientUpaiementdesunkendsjs

> auxqueUes its paurr oient être condmmnésy maie

t .^tfixftîiefttr du 99 janvier 1817. - ' • ""

a Moniteur da 37 janvier 1817.

3Diaooi^rssurUlibertédesjouràanx;!i8jimvier 2817* '

» ai ùur indépendance '. »

. J*do appellii à toufl les Français : qui, dans les deux ÇhaiiibrttSf s*e9t opposé à ce qu*on rendît pkis effic^ace la retpoDSabililé dos journalistes? Mais en conscienoe les oit«MiUK de la censure donneront-ils de l'indépendance aoK ]»urnaui el feront-ils leur éducation littéraire ? Il est à remarquer qu*une seule mesure étoit réellement urgente 9 indispensable, lors de la présentation de la loi sur la presse :

Ii veut parler d'une disposition légale contre le colportage. 40 mioiAtère n*avoit oublié dans son projet de lot, que la chose utile ; Toppusition seule pensa à réparer l'oubli da aiiuUt^ère.

Que Ton me dise maintenant ce que les journaux et la libellé de la presse font aux livres défendus?...

Que Ton me dise aussi, ce que peut la censnrp eontre les ouvrages qui ne sont point prohibés par les lois du royaume P

Il est» j'en cnnvieDS, des livres qu'on ne condamne point, qu'on ne peut condamner, et qui cependant, ne sont pa3 •ans quelques dangers, surtout pour la jeunesse^ ' Que peut, que doit faire alors la société 2>.*

Laisser à la religion, aux mceurs, à l'éducation domes*^ tiquo I le soin de faire aimer et triompher les saines doc- IrIneSt

Que la religion parle aux familles , qu'elle cherche à les

5 rémunir contre l'erreur, qu'elle le fasse avec tout le zèle e la prudence et de la chanté, elle trouvera des ceeurs dociles : mais qu'on s'efforce à la montrer ce qu'elle n'est paît dui'e, intolérante et prête à s'armer de la contrainte et do la force,... il arrivera, ce qui n'arrive que trop aujour* d'huit C|t)e beaucoup de gens confondront la religion menS'» çante et désespérante de quelques hommes avec la religioo si douce, si persuasive, si consolante de Jésus-Christ...

Voici ce que je crois fermement : c'est que la censure fera vendre en six mois plus d'ouvrages dangereux, que la liberté de lu presse en six ans...

Au reste, n'exagérons point nos craintes; les livres gros** sièrement impies et obscènes ne sont plus de mode ; nos campagnes a'en sent point inondées comme on ose IV Ttncer; et quant aux œuvres philosophiques du dernier siècle , il nous est permis de nous rassurer en lisant ce passage de U. de Bonald : a Un cri générai de réprobation

i Discows soir U liberté des îouimanx 1 a8 janyier iSiy*

li t^etaUwédPuHbùîU de VEutopéh Vcmift ewAtt ées » doctrines irreiig^itusesetiw^foiiti^ueSi elOé etc. Onn^

« grands ouvrages sur œs hautes matières; pem » d'hamfnes ont le courage d'en faire et moins sncorù « la patience de ies tire \ »

Terminons , Messieurs , sur la liberté de la presse 9 pai* «ne observution bien vraie : c'est que la religion qui est la Térîléf ia lumière > n'a pas besoin du secours des ténèbres. « Verreur, dît M. de Bonaid, nfa qu'un fùnd bientôt I épuisé; ta vérité au contraire est infinie dans ses dé" » veioppemene '• .

- En rappelant , Messieurs 9 un passage de ma note 9 tous éKes : « M. Hyde de Neurille sembla nous provoquer ici à » une expticaiion qu'il nous est impossible de donner9 tant » qu'il persistera à nous reniermer dans des limites aussi 9 indécises et aussi mal posées. Ces mots de libertés civiles » et religieuses sont des expressions trop vagues qui, pour » (ont comprendre» iinissent par ne rien atteindre 9 et où > ks systèmes les plus opposés peuvent se jouer comme » dans une arène ouverte. »

Je n'ai pas eu et je n'ai point pour but de tous provo* quer. Messieurs 9 à une explication; cependant je vous L'avoue, j'aimeroisà connoitre à fond tous mes adversaires : ce que je reproche sur toutes choses à quelques uns dea hommes que je combats, c'est qu'on ne sait réellement ce qu'ils veulent^ tant leurs actes sont difGoiles à expliquer, tant kers paroles se contredisent 1

En général. Messieurs ^ mes idées sont précises; elles sont toujours basées sur l'expérience et lès faits. Cependant, puisque quelques-unes de mes paroles vous paroissent trop vagues, je vais les expliquer de manière à vous sàtisfeire.

Je dois d'abord rappeler le passage que vous pâroisseas n'avoir pas bien compris :

« Je désire que la Gazette de Ljon sache bien que j'ai et » qeé j'aurai toujours pour alliés ceux qui parleront fran- » chement le Roi, la Charte et nos libertés civiles et reli-< 9 gieuses, et que jamais je ne voterai $ je ne marcherai avec » eeux qui pourroient avoir d'autres sentimeoa dans le 9 ecaur» > .

Ces paroles sont claires, ce me semble.

i-a Discours déjà cité, sur^a liberté des journaux;

Lmûs XTID; ki fond»*

I 9Bi|«MiR : tnnt est cassMaè.

Oœ ClàMir, ^e la vcsa ai«c K. et C«kiève« « fmree

Je la iMC a^ioc H. ^ TilUty parce fw je b r^ude • r^iwr l« «arir nMtfr /W»iWbr« IgyîiiB et stfre'. » Je la veax cxauDe lei « mwcc Ut iih^wH iégmit en |Mr« m mmmm et ato jwi ■■■ ■ ^ mwëc im rimtM dH^mwi a f lit wrpfwmmÊmÊJfn s&mU gmrmmiie fmi mmu

4t ftâmir dfet rtrmJmÊJÊmt et rewy/wifi rua d^B

Km

rt4ie CkmrU twee fMit «at fH^m- /e i'tieoqrte auree iMrfet eatcontéftieiieet f. »

Me dira-TOos encorr, Messîcaws, ^«e ces mots de libertés ciTÛes et relaie»» sost des expressions Tagoes ?

Je poorrob aae bonier à toos ranTOjer pour TexplieuUon de nos libertés rdigîrases à i^iamorlel Boasuet; ponr celle de toutes nos antres libertin, 4 llUttStre anteiir de la Mmuirekie tdaia !• CAtirte.....

Ges denz stands écrifains* chers à la leligioo , chers à

la patrie, ne varient point dans leurs principes; nuais

faiine mieux préciser en peu de mots toute ma pensée.

I Discours dêji cité sor la liberté des jiMuaaux.

a FaùaeuÊent dkandteroit-ont dit M. fie Villèle,. ifes mtoyens

tournés pour terminer nos longues divisions ^ ci ajotUer ia resUutnm:^ ti^n de la Fratux à la resiauraiiot de l'auguste Jiwulle] de nos rois ; un seul nous est possible désormais y c'est de suû^re de bonne foi ia route franche y lorale et sûre tracée par le monarque lui-même dans Ut institutions qu'il nous a donnÀes.

. AiUears, M. «le YiUèie dit : Où, veut-on nous conduire ^ au oan-* traire , par les mesures qu'on propose , et par les mojwis quvn emploie ? Nous devons le efematider, car il nous est impossible de le prétfoir.

Ne seroit-on pas tenté de erotre que M. de Vil!éle préroyott déjà son administration et ses suites. A notre tour , il nous estperinia' de dire : Oà veut-on nous conduire ? '

3 Même discours, du 97 janvier 1817.

4 Opinion de M. de Bonald, sur tes élections, du 3o dé« cembre i8il8<

Par libertés rdigi^vsea^ j'entends ces Tieilles dâctrioes de TEgUse, de France quî.fciisoient dire à saint Louis :. « Coq*serfons c($s fpKes. maximes de dos. pères 9 ni,axjmes que TEglise gaificane a trouvées dans ia tradition de l'Eglise unÎFerselIe. »

Par libertés religieuses, j'entends celles soutenues avec tant.de zèle. par nos ancêtres, j'entends ces maximes dé«fendues par Bossuet' ,. et dét^iarées solenneliemént et à Vuna/nimité par le clergé de France, en 168a; maximes « dont les fondemens sont.'appujés sur les saints canons » et sur la tradition des Pères'. » * : ' ' '.

Pour toutes nos autres libertés, je me rappelle que Franc

yeutdire homme libre; que la Charte, jurée, deyant le Djeu

de saint Louis, yeut que je sois libre. Or, j'entends les

libertés consacrées par la Charte. Je ne demande ni jduSy

ni VMJVM. '

J'espère, Messieurs, que je serai maintenant compris, et que yous ne m'accuserez^ plus de.yous renfermer dana des limites indécises et mal posées; car, enQn, mes.opir* nions, mes doctrines sont celles de la yieille et de la nou«? yefle France, celles de saint Louis, de l'Église ^all/ganc, de Louis XIV, de Bossuet , de Louis XVIII et de ÇbarlesX; car Louis XVIII et Charles X ont juré nos libertés ciyiles et religieuses, et il n'y a rien de yague dans le serment d'un roi très-^chrétien : la conscience le dicte, le deyoir le prononce, la religion le rend inviolable. ...

Vous yojez que je pense aussi , comme pensoient , il y a dix ans, MM. de Corbière, de Villèle, de Bonald: ce n'est pas ma faute si ces messieurs se sont éloignés de la route dont je ne me suis jamais écarté ; qu'ils reyiennent aux nobles principes qu'ils professoient naguère, et ils retrouyeront sur le même terrain ceux qui combattoient ayec eux. . Ne dites point. Messieurs , que l'Opposition refuse systé* matiquement son appui au gouvernement; elle refuse son

1 Je ne puis m*einpécher de faire ici un rapprochement , c*est aue nos libertés religieuses ont été d«^enducs par Bossuet , l'une oes gloires de TEgliiie, et au*ellcs ont été sacriGéês par celui qui en fut U honte, le cardinal Dubois.

l}t très-honnétcs gens sans doute sont ultramtfntaîns, de fort honnêtes et aussi de fort bonnes gens n*ainient point nos nouvelles institutions; mais aussi que d'hommes de Técole de Dubois atta-

Îuent journeilement, avec amertume et scandale > nos iibectés. cet égard , je pourrôis citer des faits très-curieux ; mais il'nc faut pas tout dire d'une fois.

a Parole tirées de la Déclaration de 1682,

Je Am : F<9Dr^n K. Je CmAâtn 9c iiaii IB iiHiri de

H. Je

^ ^B« que

«i«»«, et qac je viens de nppeler/jL de Aould écfÎYmt : mCeg miwnu finmtiftt^ > %» mtms apmmSê, if jr a • «iftff «m , d0W Ik llwme da Po«Tw, c< «Ttoie fiiA-

M. de BoojU a done ooMie toiit-4-eoop Tingt anoées de ^ ^.' V '*' Cn ûonscieiieey fl ne frnt pas être lliomiiie le pbis libéral, mais bien rbomice le plos eoarageox^ pour ne compter pour rien d*aossi imposans soaTenirs.

« Il y a deax hommes en moi, disoit Louis XtY. > Di-» sons-le, pensons-le de M. le Ticomte de Bonald. H j a» dans le noble pair, rhomme qni s*alanne arec trop d« facilité, lliomme que la maoTaîse foi et Tiotrigtie entourent de Êintômes , pour qoe son manteau puisse serrîr à*cou«> Trir llniquîté.

Mais il est on autre M. de Bonald , qui ne pent cesser d'être cher aux amis de la religion, de la monarchie et de la liberté de la presse. Rendons-lui uo dernier hommage, eti cherchant encore , dans ses écrits, des consolations et des espérances pour rOpposition , pour les écrivains indépendans , pour tous les ennemis de Tarbitratre.

« C'est cette Opposition constante , dit M. de Bonald, » ^ui a conservé Us éonnes doctrines qui ont à la fin » prévalu '. »

Et, en parlant des journaux de l'Opposition , il ajoute :

« I( faut remarquer j à f honneur de f esprit n«- P Honalf que ces journaux sont les seuls qui aient joui

I Discours de M, de Bonald, 5ur la liberté des ournaux, da aSjanyier 1817.

» cf ime ^opué cÀMtame, tandis i/tù ttê ûUîrks fi^hnt tpuêe soutenir^ même avtû /e secouts du gouttme^ » menu ^ »

Tuisy ailleurs, il dit:

« Nous devons atutjountaua^^ et plus qu'un ne ptnse, « ce aui s^est conservé en Frcmcé de saines doctrines • pohtiques, reiigienees f mi&raleSi phUosop4iiqnes y 1^ littéraires *. »

H. de Bonald « croit peu à ia puissance du mat, et % beaucoup à ia puissomee du éien ^. » Je partage ciîtte opinion douce et consolante ; c'est pourquoi je ne cesse de repousser ces accusations injustes dirigées contre notre belle et noble patrie » si docile à la puissance du bien. , . . • . fin effet, quel pays de la terre plus facile à gourerner, plus facile & diriger vers toutes les idées nobles 9 généreuses et utiles ! . . • . Il faut de grands efforts pour mettre la France en révolution ; il en faut peu , bien peu 9 pour la rendre ricbe, heureuse et tranquille.

J'aime donc à espérer que le bien triomphera ; que la sagesse royale nous délivrera, encore une fois, de l'arbitraire ; que la justice fera la police ; que. la police cessera de faire la justice ; que nous aurons des lois , et non des coups d'État, des magistrats, et non des censeurs; que M. de Bonald , qui a défendu avec l'éclat d'un beau talent , la religion ,.la morale, la foi promise, la foi jurée, se rappellera qu'il a prononcé ces paroles solennelles : « Je demande ia Charte » avec tous ses principes; je {'accepte avec toutes ses 9 conséquences, »

01. de Bonald se rappellera sans doute aussi qu'il a plus' et mieux que tout autre signalé les abus et l'immoralité de la censure; et il faut espérer qu'au lieu de faire approuver désormais, à l'unanimité, par le conseil qu'il préside^ h jugement niais et inique d'un bureau de censure, juge-> ment scandaleux, qui n'a servi qu'à bien constater rau* dace de la police et Toutrage fait à la pairie, il cherchera à faire triompher cette sage doctrine , qu'il proclamoit il f a dix ans , savoir : nque l'administration, en générât, » doit laisser tes rigueurs à ia justice, et ne se réserver » que les bienfaits »

Enfib , il faut espérer que M. de Bonald sentira le besoin de revenir à ses anciens amis, et de rompre avec ses nouveaux alliés.

M: de Bonald ne peut avoir oublie quUl étoit naguère de l'Opposition ;

x-a-3 Piscours de M. de Bonald; du a8 janvier 181 ji

Que HeMiean de Cdrbière^ de Yillèle étoient aii^Bi de rpijiosîtion 9 et que la plupart dçs hommiès qui les sénrent aujourd'hui ayec un zèle outré, les outrageoient iilora et de la mamëre la plus révollaate \

£d Térité, un ministère est bien malade et bien abandonné du ciel et des hommes, qvand pour se maintenir, se déiendre, il est forcé d'établir, la censure et de prendre k sa solde ses anciens détracteurs.

Jepourrois, Messieurs, en tous priant d'insérer dans ▼otre journal cett,e lettre.que je , compte publier , m!auto« riser de la Joi du a5 mars i8aa, puisque de fait ma réponse a été proToquée par un article de Totre Gazette. Mais comme je crqis que tous cherchez .la Térité , je dois tous laisser parfaitement maiti;es de faire ce que vous jugerez convenable. Je me rends compte d'ailleurs de votre position, et je ne Teux pas ajouter un embarras aux ennuis que doit tous causer la censuie, bien qu'elle paroisse aToir votre approbation.

ReceTez, Messieurs, etc.

Signé HYDE DE NEUVILLE ,

député de Im Nièvre.

I Relire la Carrespondanet secrète ^ plusiears écrits et article^ de gazettes £otnposës sous le ministère qui a précédé celui de M. de Viilèlc , par quelques écrivains qui détendent aujourd'hui l'admi'» nistratioD.

Helirc surtout les 8 ou lo pages, à commencer par la ao6« ( a« édition), d*uu ouvrage intitulé Ias Folies du Siècle^ par M. de Lourdoueix, spécialement charge , par M. de Corbière, des ciseaux de la censure.

MM. de Viilèle, de G>rbi«rc, de Bonald verront, dans ces dix

pages 1 qu'en i8i8 « leur opposition se couvroit du manteau àa 1 !: i: ^. „ :i- -^ ^1* .. ♦•!.. *» î__.^ i ^ j^

injustes

» gesse } et tout cela pour renverser des ministres qui ne donnoient » point prise à leur animosité. » En vérité, cette Opposition de i8i5 à 1 01 8 étoit bien coupable, s'il faut en croire M. de Loui^ doueix; seulement , après avoir lu son ouvrage, on ne conçoit pas comment M. de Corb|ère a pu donner toute sa confiance a M. de Lourdoueix; encore moins, comment M. de Lourdoucix a pu se décider à accepter un emploi de confiance sous M. de Corbière, Tua des chcis de cette Opposition qui travailloit en i8i8 a soulever Topinion contre le Roi.

Mais j'oublie qoe.je traite des inconséqueiices^miaiftérieUes.

Page 1