‹ Censure de 1827Chapitre 32 sur 91 · EGYPTE · texte numérisé non relu

EGYPTE

Dépositaires des destinées de la civilisation française, les conseillers du trône ne souffrent pas que nous sacnions qu'ailleurs , aux rivages du Nil , la civilisation moderne étend ses rameaux.

( '7 ) Ils prennent ombrage du pacha d'Egypte. Us voient dans ses exemples un danger, dans ses louanges une satire.

Alexandrie , 7 juin.

\ Extrait d'une lettre particulière. )

« Notre ciyilisatioQ fait des pas de géant ; la liberté vient de débarquer avec une presse et des caractères de Firmin Didot, au port neuf de cette ville. Nous allons avoir un journal indépendant, libre comme l'air! On pourra tout dire , tout imprimer , tout publier : c'est en Afrique qu'il faudra venir désormais pour apprendre à penser. Il ^st bien entendu cependant qu'on ne parlera jamais de Mebemet-Ali que pour en faire Téloge. On s'abstiendra de traiter l'article de ses finances et de ses monnaies ; on ne nommera ses ministres que pour faire connaître leurs vertus au-delà des mers ; quant à l'administration, il est convenu d'avance qu'elle est parfaite dans son ensemble et dans ses détails. Il est défendu,, sous peine de cinq cents coups de bâton pour la première fois , d'être cloué par les oreilles en cas de récidive , et pendu en dernière analyse 9 si on se plaint des avanies^ des vexations, et si oii décline te pouvoir du visir en ce qui concerne le monopole , les confiscations, les spoliations, qui sont ses moyens ordinaires de battre monnaie. Il est interdit de s'expliquer sur le mode de recrutement qu'il met en usage depuis nombre d'années ; les hommes comme les propriétés lui appartenant, et pouvant à ce titre disposer de son bien comme il4'entend, personne ne peut prétendre à censurer ses ejEactions. On devra , aii moins une fois par mois, at-r

Irîbuer une victoire quelconque A Ibriihiin , ûls de Mehemet-Ali, quand même il n'aurait pns brûlé une amorce. On dira que l'iigypte est une terre de Cocagne, afin (le continuerai faire des dupes, et que, depuis Alexandrie jusqu'à Sienne, on est dans une jubilation perpétuelle. Pour ce qui est de la littérature et des nris, on attend une colonie de savans chargés de lire les hiéroglyphes, et alorâ les jours de Pliaraon brilleront de tout leur éclat.

Aux conditions que nous venons d'indiquer, chacun pourra s'exprimer en toute liberté, faire ce que bon lui semblera, en ayant soin toutefois de parler bas dans les cafés, de se taire en public, et de se tenir clos ches soi dès que le soleil est coucbé, afin de ne pas être roué de coups par les patrouilles qui s'emparent des rues de la ville, conjointement avec les bulls-dogs, jusqu'au retour de la lumière.

(Rognure du Consiiiucionnel.)

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