EXTRAITS DES JOURNAUX ÉTRANGERS
En opposition dans toutes ses relations extérieures avec tous- les intérêts çt toutes les sym-
pathles de la France , admirateur de rarbîtraire dans tout l'univers^ professant un culte pieux pour la gloire des capucins de Rome , des moines du Pérou, des bandes dévastatrices de la Péninsule , et s'effrayant des améliorations du pacha d'Egypte, prenant en déplaisance et en terreur les bons sentimens de^ magistrats de Bruxelles, le ministère recueille le prix de cette politique extraordinaire. lî n'obtient pas seulement des mépris insolens pour la nation qu'il gouverne. Lui-même, et tous les instrumens de son pouvoir désordonné , entrent en partage des insultes que ses usurpations ont attirées sur nous. Ces journaux de l'heureuse Allemagne , de l'audacieuse Angleterre , qui bafibuent notre esclavages ,. se montrent prodigues d'animadversîon pour quiconque met la main au bâillon dont gémit la France. Triste condition du ministère, de- compromettre également dans l'estime du monde tout ce qui subit son pouvoir^ et tout ce qui s'associe à sa fortune !
A quelques accusations près sur des directions de conscience et d'intention qu'il n'est pas permis d'accuser, la Gazette d'Augsbourg du 1 4 juillet s'exprimait ainsi :
Le ministère français a choisi le comité de surveillance de la censure, de manière à n'avoir rien à redouter de
ses actes. Â la tête on distingue M. de Bonald. M^ de Bonald est un «homme qui s't)st survécu; il est maintenant écrasé soua le poids de ses idées absolues, et Ton peut ajouter par les faveurs pécuniaires du ministère
Gomme ministre d'Etat il reçoit 20,000 fr.
Comme président d'une des sections de
l'indemnité , a4,Qoo fr.
Dotation de la chambre des pairs 13,000 fr.
Comme homme de lettres, du ministère
de l'intérieur 6,000 fr.
Le journaliste allemand n'ajoute pds le traitement de 24,000 francs qu'on supposait, il y a peu de jours, attribué au titre de chef de la censure : c'était à coup sûr une calomnie. Un tel office doit être purement honorifique.
Les journaux anglais n^ont pas plus de bienveillance pour les renommées qui se sont associées au génie du ministère à leurs risques et périls.
Londres, 10 juillet.
Deux sortes d'employés font partie de l'administration de la censure. Les censeurs , proprement dits , sont des gens inconnus, et nous n'avons rien à en dire; mais la commission de surveillance est formée d'hommes qui tous possèdent plus ou moins de célébrité.
Le vicomte de Bonald , président de la commission , est célèbre parmi les écrivains politiques français par sa
nuageuse obscurité. Lorsique Bonaparte obtint le pouvoir suprême, il s'établit l'apôtre du* pouvoir absolu^ Il obtiat alors une pension de. 12,000 francs qui lui était payée
par la police sur le produit des jeux, et qui lui a été conseryée par les Bourbons. Depuis la restauration , il a modifie son système d'absolutisme sur un seul point : c'est-à-dire qu'il considère maintenant le pouvoir du gouvémement comme dérivant du pape. Il est un des meittbrès les plus zélés de la congrégation.
Le marquis d'Herbou ville, membre de la chambre des pairs, est un émigré à qui Bonaparte permit de rentrer en France et qu'il fit préfet. Il inclinait alors vers les idées philosophiques, et était un homme très-agréable....
Le comte de Breteuil, pair de France, est un homnie de nulle conséquence.
M. de Frénilly, membre de la chambre des députés, est célèbre par son fanatisme religieux et politique, et particulièrement par les «entîmens vindicatifs qu'il manifesta après la seconde restauration
M. Olivier, membre de la chambre des députés, n'a
aucune importance Il est peu connu même dans
Paris.
M. de Maquillé , membre de la chambre des députés ;
Remarquant dernièrement qu'une conversation cessait à son approche , il dit : « C'est très-bien , vous vous taisez ; » c'est la preuve que vous disiez quelque chose de mal. »
( Times. )
Cet article est beaueoap plus développé dans le texte. H contient sur les emphjrés du comité
supérieur de la censure des imputations qui prouvent que toutes les nations où respirent des libertés publiques ^ tiennent pour ennemis les ministres de France et tous leurs adJiérens. C'est là ce qu'il me fallait prouver. L'univers fait aujourd'hui cause commune 9 l'univers tout entier est en progrès. Ceux qui roi'dissent leurs bras pour étouffer nos destinées , pour écraser notre civilisation sous les ruines de nos lois, ceux-là sont les perturbateurs de la paix du monde et les ennemis personnels de tous les peuples, les ennemis de tous les rois.