‹ Censure de 1827Chapitre 39 sur 91 · RELIGIEUX ET GENDARME · texte numérisé non relu

RELIGIEUX ET GENDARME

Même culte est assuré par le ministère^ nous Favons déjà vu, à ses milices sacrées et pro« fanes. En rendant compte d'une rixe élevée à Bordeaux, les journaux, après avoir dit que quelques militaires de service s'étaient efforcés de rétablir Tordre , ajoutaient que ces braves gens ^étment vus contraints de se retirer. Ces mots irrévérencieux ont disparu. La France libre doit être trompée comme la France impériale ; dans les

bulletins dé ses batailles , l'administration n'admet point de revers.

Il vous souvient, Monsieur, qu'il y a peu de jours, dans un article de votre journal sur la situation de l'Angleterre et de l'Irlande, où j'établissais que la France a besoin d'un gouvernement plus fort que sa rivale , précisément parce qu'elle n'a pas le boulevard de hiérarchies puissantes, j'avais dit qu'abusé par un faux air d'égalité répandu sur toutes choses, le voyageur était près d'envier à cette nation opulente le secret d'être et; de prospérer, sans hiérarchie^ sans religieux y sans gendarmes , sans gouvernement : ces mots furent biffés. Les religieux et les gendarmes sont précisément les biens dont l'absence dépare l'Angle^ terre, ceux crue doivent envier tous les peuples! Ces deux corporations constituent l'unique aristocratie, l'unique supériorité qui convienne parmi les hommes ! C'est là l'utopie de nos chanceliers Bf orus !

CIMSTIÈRE nu MONT VAI^IEK.*

On sait quelle spéculation ^euse a institué le cimetière du Mont Saint-Valérien. La coterie, pour se compter , a imaginé de réumï* là ses morts.

Le fils* de l'un des conseillers de la couronne a

été eiileyé à sa famille de la faç6B la plus prématurée et la plus cruelle. Un journal imprime que le cimetière Saint^-Valérien a reçu sa dépouille. Le fait était inexact. Croyez-vous, Monsieur, que la censure le supprime ? Point*

Mais , le lendemain , le même journal présente aux censeurs ces deux lignes :

Ce n'est point au Mont-Yalérien , ainsi que nous l'arons dit à tort, maïs à Picpus qu'ont été déposés les restes mortels de M

Effacé ! l'erreur a été admise ; la rectification ne peut pas Fêtre. Pourquoi? pourquoi, Monsieur? Lisez les Provinciales. Il est dans les intérêts du cimetière Saint- Valérie que la foule ait lespérance de s y rencontrer avec les mânes des graads de 1* terre , car la foule suit le pouvoir partout. €ette suppression est un mensonge officieux de la censure. La fin sanctifie les moyens.

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