AFFAIRES D'ESPAGNE
L'Espagne , vieux champ de bataille des priocijpes contraires, vieux théâtre des combats de Rome et;dé Carthage, semble destinée à des chocs plus gi*ands. Là, le génie auquel le ministère prétend livrer nos destinées, exerce à ptaisir àes fureurs et ses ravages. Là, l'Angleterre a essayé de transplanter le sien et de faire croître à son ombre des institutions tutélaire$ et fécondes. Le Moniteur brûle de les voir abattues. Il appelle de tous ses vœux l'infant Don Miguel qui trai-^ tera les lois de son frère Don Pedro comme il traita le favori de son père, et, pour que nous puissions voir sans frémir le régime qu'on prépare au Portugal, il faut voiler à nos regards celui qu'on a infligé à la monarchie de Philippe Y : la malheureuse Espagne est 3n feu»
. / Madrid, 3o juillet.
— Un détai^hement de zeladàrês-rcales (espèce de gendar- Derie)^jqat était allé la semaine dernière à Talaveira, escorant une quantité d'argent destinée au service de Tarmée d'obiervation, a déserté en chemin ; mais il ne l'a fait qu'après .'être emparé de l'argent, el l'avoir partagé. Oti assure qu'ils « sont tous rendus en Portugal avec leur butin.
Le mauvais état de notre trésor faisant craindre au trésorîerpénèral que, dans un moment critique , on ne le contraigne et cela ne serait pas ?ans exemple ) à faire des avances dé ses >7opres deniers, a donné sa démission; mais le ministre des itiances y qui a eu beaucoup Ae peine pour trouver un tréso- ^p^généràllori de la mort du dernier, n'a pas agréé cette lémisdioa; et, p/our éntpêcher le trésorier d'insister, il l'a isturè cJu'H n'avait rien- à craindre, pourvu qu'il se tînt touoursrén m'esnne de fmtrhlr aiik besoins de là miiîson du roi.
— Le général Quesada est capitaine-général de Séyille. C'est un des premiers officiers-généraux qui ait levé Tétendard de l'insurrection en fareur. du trône et de l'autel, et celui qai était à la tête de Tarmée dite de la Foi, lorsque cette armée foEmait l'avant - garde des corps français qui envahirent l'Espagne en i8a5. Le parti monarchique lui a donc d^immenses obligations. Mais le général Quesada, quoique dévoué à l'ordre actuel des choses , est un homme instruit , à idées nobles et généreuses, ayant professé une sage modération au milieu de l'exaltation effrénée qui Tentourait, et dont il a tempéré parfois les déplorables effets. Différentes dénonciations ont été faites contre cet officier-général; oh l'a peint comme un francmaçon, comme un libéral, comme un républicain; on a demandé, mais en vain, sa destitution. Il semble qu'alors on se soit décidé à le brûler vif. On a mis le feu à son palais, et le général eût été consumé par les flammes, si un domestique Bdèle ne se fût précipité dans sa chambre en criant : « Le feu » est aux quatre voins du palais! impossible de F éteindre! » Le général saute de son lit et parvient à se sauver de cet immense danger, non sans quelques brûlures assez graves, et sans s'exposer à un autre qui semblait emprunté aussi de l'antiquité. Quand les incendiaires virent que leur victime leur échappait, ils voulurent le lapider, et ce ne fut, en sortant d'un volcan de flammes, qu'à travers un déluge de pierres qu'il parvînt à se mettre en sûreté.
(Rognures du Journal des Débats,)
— Il paraît, d'après des lettres que nous venons de lire, que l'Andalousie, et principalement Séville, viennent d'être le théâtre de troubles très-sérieux , et que le procès qui s'instruit à Séville au sujet de l'incendie de l'hôtel de la capitainerie-générale, a été l'occasion de ces troubles. Il paraît prouvé que le clergé de Séville a été le principal mobile de cet incen* die, dont les volontaires royalistes n'ont été que l'instrument; et il ne paraît pas moins certain que S. Em. Mgr. le cardinal archevêque de Séville, Gienfugos, a pris quelque part à cet événement. Ce qu'il y a de positif, c'est que les troubles auxquels a donné lieu cette procédure ont été de la nature la plus
gray« , quMls ont éclaté le même jour dans plusieurs villes , et qu'il y a eu du sang de répandu. Une remarque qui n*a pas échappé aux observateurs, c'est que dans une représentation adressée au roi contre le général Quesada, et même contre don Josef Manuel de Arjona , Tun capitaine-général , l'autre asù^ tente de Séville, par Télite des apostoliques d*Andalt)usie , il est dit : « Sire , si ces magistrats indignes de la confiance de » y. M. continuent à commander à Séville, il est indubitable » que , le jour où elle s'y attendra le moins, Y. M. aura la dou- » leur de voir toutes les Andalousies en feu. »
— Depuis deux jours les juges du tribunal criminel font des rondes pendant la nuit } les troupes sont sur le qui vive dans les casernes, et cependant personne ne connaît quel est le motif de ces précautions, qui ne sont jamais employées que lorsqu'on a des craintes trés-grayes sur le maintien de la tranquillité publique.
— On nous écrit de Perpignan, le 4 ^oût :
» Je vous avais annoncé par ma dernière que les jeunes gens de la haute Catalogne quittaient leurs maisons et marchaient avec armes et bagages ; il paraît qu'on voudrait rendre général le soulèvement dans cette partie de la province , car des moissonneurs ont été sommés de quitter les travaux de la récolte pour se rendre aux différens lieux de rendez-vous. On donne trente sous aux jeunes gens, et quarante aux hommes mariés; mais tous les efforts paraissent être ceux des agonisans, et des bandes qui refluent dans ce moment sur les communes limitro* phes de nos frontières, sont poussées par les troupes du roi qui sont sorties d'Igalada et de Lérida. Les cariîstes se sont portés sur Olot, Ripoll et Campredon ; ces bandes sont commandées par Jep delà Estangs Gavalleries, dit lo Fossé (le maréchal ) , et Abres , connu sous le nom del camice de cosa de la Selve (le boucher). Gavalleries était lundi dernier, 5o juillet , à Camp de Yano , à une demi-lieue de Rippoll ; Jep dels Estangs était à Olot, et 4oo royalistes de cette viile s'étaient réunis à lui le Si : trois cents sont entrés à Campredon en criant vive Charles V l vivent l'inquisition et les Mt^Q.ines ! Le receveur des douanes espagnoles avec sa caisse, quelques
emplojés et les liabitan$ notables 'de la rille, se sont réfugiés à Manese , TÎUage de notre firontîèie.
4 On Eût courir le bmît que les royalistes espagnols ont eo arec les troopes du roi d'Espagne, quelques affaires qui ont toamé à Tarantage des rojaKste»; on dit même que la diyisioa commandée par Abres , qui fut battoe le 37 juillet 4 la Espam^ a enleré une avant-garde de dcnze bommes. Toat cela: mérite confirmation ; mais ce qu'il j a de positif, c'est qne l'alanne est répandue sur la frontière qiii nous ayoisine , et que beaucoup de personnes se disposent à revenir en France cbercbei la tranquillité et le repos que nous ne pouvons leur garantir chez eux, quoique nos troupes j soient stationnaires. «
— On nous écrit de Perpignan , en date du 6 août :
• \ es royalistes se sont concentrés à Olot ; ils ont fait un
appel aux 1 5,ooo enrôlés qui font partie de leur aritiée , et qui
n'ont pas encore quitté leur domicile.
«Bozoms, connu sous le nom de Jepdels Estanis ^ et commandant le soulèvement de Berga et de Baga , a été nommé capitaine-général de la province, et créé duc de Berga. II est reconnu en cette double qualité dans toute la haute Catalogne ; il a changé tous les magistrats municipaux ; c'est en son nom quUls administrent; c'est en son nom que sont délivrés tous les passeports et autorisations quelconques.
mNous n'avons pas encore connaissance des dispositions qui peuvent avoir été prises par les ofUciers du roi auxquels ont été confiés le commandement et Tadministration de cette provincie. Il faut espérer qu'on ne laissera pas long- temps les malheureux habitans de la Catalogne dans la déplorable position de ne sayoir à qui ils doivent obéir, des ofilciers avoués du roi ou du gouvernement créé par le duc de Berga. »
{Jko^axxve^ àa ConstilulionneL)
— VtT la vicomtesse de Reiset rentre en France avec sa fa*milfe et partira de Barcelone le $k$ du copraiit. De$ postes de (*/avalerie«ont été établis sur la- route pour protéger son pasSf^ge jusqu'à la frontière. Cette. mesure ne. doit, dii reste, inapkjqr aucdne ' inquiétude sur la aûri^lé de la route^ Le^ voitures publi-»
qu€8 l9 parcourent sans danger de la part de» bandes que Ton rencontre assea souvent. [Journal de ToUhuse du 2 août. )
( Roigniire du Journal des Débais, ).
— Des lettres reçues hier de Cadix annoncent que la fièvre jaune s'est manifestée' dan& ceftfi ville. Le bureau de santé a en conséquence soumis à. une rigoureuse quarantaine on bâtiraient arrivé de. Gibraltar.
Les mêmes lettres ajoutent qiie les troupes fraa^tses en -fàmîsoD à Cadix ont été mîsfes en canlon&^rateilt hors 4e la ville. ,
( Rognuife du Journal du Commerce. )