FLOTTE RUSSE
La France peut se croire le droit d'être tenue au. courant du sort des Hellènes. La Charte nous avait promis que nous saurions, comme les anglais, l'état de nos aJBaires ; et celles des martyrs du Péloponèse , de l'Attique, d'Hydra sont les nôtres. Mais non! Si la Ga^ zeite universelle de A>^072, 'journal officiel de nos juntes apostoliques, comme telle suzeraine de la censure au lieu d'être de ses esclaves, s'égare jusqu'à nous entretenir des secrets desseins du ministère sur ces malheureux enfans de la Grèce , les journaux de Paris ne peuvent transcrire ses nouvelles. L'article qui suit a été retranché au Journal des Débats.
»0n ignore encore la destination de la flotte rWsse, partie ré-
cemment de Cronstadt^ sous les ordres de l'amiral Sifiiayine,
l'un des meilleurs marins de l'Empire; on croyait généralement
qu'elle deyait se rendre directement dans la Méditerranée;
mais cela est fort douteux. Bien des conjectures feraient croire,
au contraire, qu'elle n'y paraîtra pas, les Anglais ne pouvant
Toir sans inquiétude une réunion pareille. Il est bien présu-
mable que le fameux traité publié récemment à Londres , en
fayeur des Grecs, ne receyra jamais son exécution. {Gazette
de Lj-on,)
(Rognure du Journal des Débats,)
Ces derniers mots, ^ont-ils une jactance vaine de notre armée de la foi? Ou bien serai t-ii vrai que le cabinet .de France n'a donné les mains qu'à une sanglante dérision contre un peuple qui se meurt? le temps l'apprendra. Mais je l'avoue, je ne puiscroire à cette forme insultante de la cruauté. Je ne puis croire qu'avec M. Canning, les Grecs soient descendus au tombeau. Nos pères ensevelissaient av^c les héros leurs armes , leurs chevaux, leurs esclaves, leurs com-* pagnons de guerre. On n'inventa jamais d'ensevelir ainsi une nation tout entière dans le sépulcre d'un homme.