AFFAIRE D'ALGER
Vous souvient-il , monsieur, des tristes réflexions que je vous soumettais dans une de mes premières lettres sur notre guerre contre le Dey d'Alger ? Quand je vis la hauteur inusitée de nos sommations, je fus pris d'efiroi. Je reconnus tout de suite que le ministère s'embarquait dans une lâcheté. Il ne pouvait avoir pris un vol si haut que pour exposer notre pavillon jusqu'alors sans tache à de plus grands affronts , et
révéoeoient ne justifié que trop inès présages. Les ministres ont appris qu'il y avait six cents pièces d'artillerie sur le.s remparts d'Alger; et aussitôt, ils ont réfléchi que le pirate n'était pas si coupable qu'ils lavaient cru d'abord. Le Moniteur nous a fait part de cette double découverte. On a cependant appareillé une escadre qçii est allée recevoir quelques volées de coups de canon pour s'assurer apparemment que ces batteries n'étaient pas dé carton^ ou de sucre, ou de verre ; cette escadre s'est aussi donné la joie de voir le$ corsaires sortir du port qu'elle bloquait pour courir sur nos navires, puis elle replie ses voiles, et reconnaît, suivant les journaux officiels, l'inutilité d une sta* tion plus longue. Apparemment tous les écumeurs de mer ont appareillé. Le Dey a lieu d'être grandemeat courroucé de nos bravades altières. 11 doit en demander réparation. On ne dit pas lequel de nos mrlustres ira lui demander pardon, au nom de la France, d'avoir eu l'air de ressentir ses outrages. • Il est triste de penser que d'autres ont su faire jus^ tîce de ces barbares. Les souvenirs de lord Exmouth sont vivans encore; nos ministres n'en tiennent compte. Il ne s'agit point d'imiter l'Angleterre ; à Dieu ne plaise! Il faut lui laisser sa puissance et sa gloire ; elle les achète à trop haut prix : elle les achète par de la liberté.
Un autre régime nous attend; L'Angleterre triomphera ; nous ignorerons nos revers. L'ignorance équivaut à la victoire :
— «Voîci les dernières nouvelles reçues d'Alger: Le dey a fait démolir toutes les fortifications faites à la Gale par les Tran* f«is. Le vâiftsead de 74 9' IdProi^ncCf qui était en croisière « vé
joiadre Tescadre sous les ordres de 1|1. de Rignj; le commandant Collet, chargé du blocus , montera une frégate de 60 canons, et la station sous ses ordres ne sera composée que de corvettes et de bricks; ainsi Texpédîtiou contre Alger paraît être ajournée y et se borner à un blocus qui ne sera pas séyére à l'époque de l'équinDte. Le dey se montre toujours disposé à entrer en négociations, pourvu qu'il ne soit pas question de Al. Deval. Un témoin jocolaire a rapporté les détails suirans sur la scène qui a eu lieu entre le consul et le dey • Gelui-oi sf était plaint yivement à M. Deval de la conduite des Bacry, Nicolas Pleville, enfin de tous ceux qui se sont mêlés des 7 millioas de francs; n'en obtenant pas une réponse satisfeîsanfe , il se décida à écrire à S. Exe. le baron de Damas, qui ne lui répondit pas. Craignant que sa lettre ne fût pas parvenue à' S. Exe. , il lui en écrivit une seconde par l'intermédiaire du consul de Sardaigne, qui la ût parvenir à 3on adresse. Le dey .ne reoe» vantpas, aussi promptement qu'il aurait désiré, de répQn^e à (jette seconde lettre» en fit des reproches à M. Deval ^ qui lui répliqua avec arrogance : « Si le ministre du roi de France » veut>bien te répondre, il ne t'écrira pas directement; ce sera » par moi que tu recevras sa réponse. > Le dey, choqttê d^uùe pareille apostrophe, lui jeta, comme on sait, son éventail à travers te vijsage,^ ^^e... Ap rQ$te, ie d^y ppntiiwio ses préparatifs de déXensepar terre et par mer. Cette g^erre^ qui qe signifie rien., fait beaucoup de tort au commerce; il serait à désirer qu'on la terminât pour nous éviter des dépenses onéreuses et inutiles, desquelles nous ne retirerons aucun avantage et nblje saCifactioh pouf l'honneur national.
( Rognure du- Jùurnàl des DébaU, } ;
— Un journal de Ron^ç {le ISciùzie del Giomo) ^'ioxprime de la. manière suivante sur le blocus. d'Alger :
« Une lettre d'Alger, reçue àCivila-Vecchia, rapporte que ^ malgré le blocus, il est -sorti de ce port plusieurs petits corsaires qui se sont dirigés, les uns au levant, les autres au oottchant. n
On ne doit pas oid»lies {ue le différend ^ui s'est élevé entre la réf eticc d' Alge)* et |a Vrspàçe ^ résulte en piutie xb Tintef^-
yentioD de notre consul-^général pour faire respecter le paTil- Ion du Saint-Pèrer
( Rognure du Constitutionnel, )