‹ Censure de 1827Chapitre 78 sur 91 · PREIÏVE DE TOUT CE QUI PRECEDE · texte numérisé non relu

PREIÏVE DE TOUT CE QUI PRECEDE

Voici une suppression qui passe tout. On ne saurait trop la lire et la méditer. Les biens qu'on peut enfanter,, chérir, propager en Angleterre , en France on ne peut les racoater. Gomme l'aristocratie anglaise fait usage de la liberté publique pour créer du bîen-êlre ,.

(54) des richesses , des mœurs , en tlonoanl aox classes iaférieures Fiaslniction qui est pour elles en qaelqoe sorte des bras et une conscieace de plus, ainsi le despotisme qu'on nous réserve ferait usage de sa puissance pour contester à l'intelligence et à Tame du peuple les secours qui font son aisance et sa moralité !

BfirRETSE 19rLlJZ5€E VE L*BXSElC9EMEirr IHVCSTMEC.

Au moment où nous allons examiner aTCC intérêt, au LouTre, les {nrocluîts de l'industrie nationale, et payer à nos grands manufacturiers le tribut d'hommages qu'ils méritent, il n'est peutêtre pas hors de propos d'entretenir nos lecteurs de ces humbles ourriers qui ont rarement leur part des applaudissemens publics , et de faire entreToir le rang honorable où ils ne manqueraient pas de s'élerer s'ils trouvaient dans la sollicitude du gouTernemeot et dans le zèle des principaux citoyens des encouragemens propres à les arracher aux incouTéoiens d'une industrie purement mécanique et manuelle.

Tout a été dit sur les bienfaits de l'enseignement populaire. fjes démonstrations irrécusables de la statistique ont imposé silence aux déclamations et aux sophismes. Ceux même qui Tondraient enchaîner les classes laborieuses de la société dans une complète ignorance n'ont garde d'argumenter en fayeur de leur système. Gonsequens arec eux-mêmes, ils fuient l'examen et la discussion ; ils se bornent à conspirer tout bas contre les progrès de l'instruction générale. Dispensés désormais de discuter ayec des adyersaires qui leur laissent gain de cause , les amis de la civilisation et des lumières n'ont plus qu'à enregistrer les faits et les exemples qui témoignent en faveur de leurs théories, qui attestent leurs succès et leurs conquêtes. Pourquoi nous faut-if presque toujours emprunter à un autre pays que le nôtre la matière de ces pacifiques bulletins ? Nos lecteurs verront sans doute avec intérêt l'extrait suivant du récit que renferme le Glasgow mechanic's magazine.

' CeDdie^ simple ouvrier.^, natif d'Ësglesham, village d'Ecosse^ suivit, à Glasgow 9 les cours du savant docteur Urey dans l'in-^ stitution d'Anderson:^' consacrée^ à Penseignemeât des sciences technologiques pour. les ouvfriers. Ses progrès furent tellement rapides qu'en peu d'anoées il passa- des:bancs) sur* la. chaire. Il était professeur à rinstitution d'Ânderson,' lorsqu'en ,i8a6 il alla revoir son pays 'natal.

Son exemple inspire -une noble émulation aux anciens corn** pagnons'de ses jeux et de . ses travaux manuels : eux. aussi ils veulent participer aux bienfaits de Tinstruction. La plupart des ouvriers. du village. mettent en commun leurs ressourcés pour former une institution mécanique : le ministre delà paroisse et plusieurs riches habitaas du canton s'empressent de leur offrir des conseils' et> de généreuses subventions. Condie s'en-* gage à faire une fois la semaine! un. cours, gratuit de chimie et de physique; ses. leçons, .toutes îtnprovisées , ont .porté leurs fruits; elles ont fécondé au-delà de toute croyance un soi jusqu'alors inculte : souvent ses disciples oubliaient comme lui les heures de la nuit au pied de sa chaire : la plupatt du- temps son cours se prolongeait jusqu'à minuit. Sa dernière leçon avait attiré dans le village plus de 5oo personnes. Ses élèves lui ont offert une tabatière d'argent en témoignage de leur reconnais* sance.

D'autres hommages l'attendaient à Glascow, où il rerint le lo mars 1826 : les nombreux disciples qu'il y^avait laissés lui décernèrent, par les mains du.docteurUre^.une fort.belle montre d'or, avec cette inscription : Présenté à John Condie, parles membres de V institution Anderson^ comme une marque de leur respect, Glascow , 1826.

En agréant cette montre d'hooteur, Condie répondit à rallocution flatteuse du docteur lire par. tin discours dans lequel on remarque les passages saivans : '« Ce qui fera l'honneur .de ma »vie, ce qui m'inspirera le plus de fierté, ce.serad'aYoir tra- » vaille comme ouvrier à fabriquer les appareils de l'institution, Mce sera de pouvoir me dire que, pendant que je maniais le wmairteau et la lime pour servir la science, elle ne dédaignait >»pas d'initier le plus humble des enfaos du travail, et qu'en

^coosacraiit mes heures et mes fati^es à son service, \è puisais splus qu^un autre à la souree la plus pure des connaissances..* • Il ne TOUS eAt pas été possible de foire un don plus précieux à »»celui qui , dès le commencement de ses études , s'appliqua à »la mesure du temps : mais si le présent que tous m'ayez dé- «cerné, tout inappréciable qu'il est pour mon cœur, me rap- » pelle sans cesse la yaleur de chacun dès instans de la rie , il » me rappelle encore davantage la générosité avec laquelle tous •ayez récompensé des travaux qui m'étaient commandés par le «devoir. »

Après un tel exposé, il n'est pas besoin de commentmre ; heureux le pays où le gouyernement fayorise de pareils établis-» semens, et où ces établissemens produisent de tels hommes ! Ce serait faire injure au sens commun que d'insister sur les avantages qu'y trouve la société, la morale et la religion. Certes, la population d'Esglesham a à^ s'enrichir en citoyens honnêtes et utiles et en bons pères de fomille, et neus parierions que les membres du jury de l'endroit auront moins de yerdiots à rendre que par le passé.

(Rognure du Courrier Français, )

CONCLUSION

Nous dafons ce qu'amhkioane la coterie qui tient en main les affaires. Nous le savons mieux que par des aréux et Aes professions de foi ; car ses paroles , on ne les croirait pas.

Tout se tie.nt dans ce système où on ne croit v^ir d'ia)M>r4 qu inqonsëqucnce et désordre. Ils sont isàotbiles, mais passionnés et opiniiâtres. Enchaînés aa cbar d'une faction qui les accable , on ne mit jamais plus d'entêtement que dans leur servitude. , C'est que là est leur nature. M. de Yfllèle est tou- )/ours le gentilhomme de campagne qui protesta contre

(57) la Charte. Il n'a pas pu s'acclimater à ses intérêts et à ses maximes» même ea élisant donK^iqJle à la tri^ bune, au ministère et à la Bourse.

Quand on fauche les talen» de nos théâtres comme ceux de nos académies, quand on renverse les écoles, quand on proscrit des feuilles du jour toutes les idées nouvelles , quand on trie la médiocrité pour lui livrer la puissance ^ quand on recommande la superstition à nos prières, et qu'on interdit l'instruction à notre émulation et à nos louanges, on est conséquent. La civilisation mène à la liberté, et la liberté à la civilisation, cercle - vicieux admirable, qui renferme tous les trésors de oe n^onde, et tous les bienfaits de la Providence. Il ne faut pas des inl;elligences cultiy^s , d^s ^mes pleiues d'une foi haute e% pure , pour mettre le bât du pouvoir absolu, sur le dos de ce bétail qu^on appelle les nations.

Ainsi , c'est bien en sens inverse de l'Angleterre qu'on prétend nous mener. Elle anoblit, nous abrutirons ; elle réforme^ nous corrigerons pour dépraver ; elle élèvt! , nous devons abattre ; elle embellit , nous touloM dégrader; elle propage le savoir et les richesses , qui «enfantent l'ordre et la sagesse » nous redouterons ces biens ; elle appelle l'opinion au pouvoir, nous tjendroips l'opinion muette et enchaînée. Nous demanderons le silenp^ comme elle demandeira la piû^Uçiié i enfin, a<^s^ aurons soin que rien u^'S&re^ 90ibkh ^Btate les deuiL-empine^, et oe "voiu sia* sera qiif» tropr^wjplii cdrdvee to JiWté dlupiimisseol: la proi^ piifité ^ik pui$^anç(e , la gloire! -

Go«cime i|eu^ fleaves îâlilUlawt d'une éouroe catolA^ne^ s^ traceiut d^s .lit$ contraires, s^ foietnt.et

portent à des mers opposées le tribat de leurs eaux , amsi feraient les deux nations rivales. -Mais les fleuves ne se rencontrent et ne se combattent pas; les peuples se voient, se mesurent de Tœil, s'entrechoquent, s'exterminenï.

L'Angletei*re ne peut pas se passer d'alliés sur le continent. Quand elle lutte contre les démagogues , point de difficultés : elle a tout le nord.

Quand elle tient tête aux réacteurs, elle est seule , » la France lui échappe; on doit donc s'attendre qu'elle ferïi tout pour avoir l'adhésion de la France, coûte que coûte.

Il y a là tout un nouvel ordre de considérations et de dangers dont notre légèreté ne mesure point l'étendue. On apercevra trop tard l'abîme, et alors on cherchera en vain M. Canning pour s'attacher à cette dernière branche de salut. Il n'y aura , dans le nouveau ministère, plus d'hommes à transactions.

Ceci vaut la peine qu'on y songe. Il serait temps peut-être qu'on s'occupât de créer une autre popularité parmi nous que celle des ministres anglais. C'est assez d'une médaille frappée en l'honneur du roi d'Angleterre ; n'instruisez pas nos enians à lui élever des statues.

' Il semble que la mort ne devrait pas frapper en vain de ces grands coups qui changent en un jour la scène du monde. Nous sommes tous fragiles et mortels. Ministres du roi de France , n'avez-vous pas l'ame troublée des pompes populaires et royales qui s'apprêtent à Westminster? Ne sentez-vous pas que la puissance n'a point de bien qui vaille l'affection et l'amour des hommes? Rien ne vous dit-il , qae mieux vaut avoir

été Geoi^es Canning , ministre dans un état libre , et s'acheminer vers la dernière demeure des Ghatam au milieu des pleurs de tout un peuple, qu'avoir son cercueil chargé de malédictions , après s'être appelé de son vivant Louis XIY ?

Les hommes ne sont pas seuls périssables ; les systèmes , les factions , les monarchies aussi sont fragiles. Y penser de temps à autre est chose pieuse et sage. Or la piété enseigne qu'il ne faut pas abuser de la patience divine ; la sagesse , que c'est avoir affaire à trop forte partie que mettre contre soi la sainteté de la foi jurée , le cœur des Français et la politique de l'Angleterre.

N. A. DE SALVANDY

Jeudi 16 août 1827.

iuphiubbie de n. fournisr

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Lettre à M. U rédacteur du Journal des Débats sur Tétat des affaires publiques , par N> A. de SaWandy. 5 Juillet 1827.

LETTRE DE LA GIRAFE au pacha d'Egypte, pour lui rendre compte de son voyage â Saint-Cloiid » et envoyer les rognures des deu^^ premières semaines de la censure de France au journal qui s'établit à Alexandrie en Afrique, ta JuiUet t8a7«

SECONDE LETTRE à M. le rédacteur du Journal' des Débats sur IMtat des affaires publiques, par N. A. Salvandy. 19 Juillet iSay.

TROISIÈME LETTRE a M. le rédacteur du Journal des Débats sur la la suite des af&ires publiques , parle même. a5 Juillet 1827.

QUATRIÈME LETTRE à M. le rédacteur du J*oumal des DébaU sur la suite des affaires publiques, parle même. 9 Août 1837.

DEUXIÈME LETTRE DE LA GIRAFE AU PACHA D'EGYPTE , en lui envoyant son Album enrichi des dernières noirceurs de la censure. 8 août 1837.

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