SEPTIÈME LETTRE
M. LE RÉDACTEUR DU JOURNAL DBS DÉBATS
Monsieur ,
La huitième semaine du règne de la censure vient de finir, et cette lettre sera le dixième écrit que j'aurai publié sur la marche nouvelle des affaires public(ues; On ne saurait faire , je crois, plus vive guerre , et qu'il me soit permis de le dire : Il y a quelque dévouement ; car c'est une guerre triste et sans gloire. Suivre pas à pas lé ministère et sa censure pouf relever ses morts et compter les coups qu'il porte chaqUé four dansi'otnore aux royales promesses de la restauration^ c'est un^ douloureuse , une humble tâche. La France >audrait de plus hauts sacrifices, et de plus dignes combatiri Hélas! elle vaudrait de plus dignes arbitres de sel destinées , de plus dignes' gardiens , ou de plus di^es destructeurs de ses lois. '
Il y a des momens où l'ame découragée est prête k fléchir. Un dégoût profond peut faîrte ce que ferait la peur. On est sans force contre ce qu'on ne saurait respecter. Où trouver le courage de combattre des adversaires qui échappent à tous les mâles sentiniens; qu'on ne peut nî honorer, ni craindre, ni hrâîr?
Le q[>ectacle da monde polidqae inspire une tristesse amère. De tons côtés, des présages funestes , et des cris d'alarme. Les écriyains de tons les partis , ceox du pouvoir, comme ceux de l'opposition , sont d'accord pour dire que le jour qui s'achève fut prospère , que celui qui va se lever sera chargé d'orages , si un Dieu protecteur n'étend son bras sur nous. Et pourquoi ces périls? D'où vi^onent-ils? A quoi bon les courir? Pour garder au pouvoir les ministres que noas avons, ou même pour les abattre! Certes, toute leur vie ne vaut pas un jour du repos et des pro^rités de la France.
. C/ette B^mfline, qu'avons^nous vu? L'Espace enfffBtée dai^ ses satomaUs de restauration et de TojdknXéj déplorable mélange de fidélité insni^gente, A'fdi^hitisœe esclave , de populace souveraine I Le ^QF^i^» dc^tîné par. les honunes d'état^ qui, pour le I9al]b^ur de tiois royaumes, exercent leur infloeneç des ditnic, côtés des Pyoénées, aux mêmes scènes et #111; mf mes joies ; deux £rères cpnviés des bouts da «monde à venir, comme dfms un chiimp clos, sa livrer Ik gimire au sein de.lTiéritage paternel, et corrompre m|i|tit ^pie désplçir par ces luttes immorales les peur pies que te vainqueur régira; les administrateniB d'^n empire ,,q||ç ^sesr vws oui dq^é. de libres i^islitations, souMant le feu de ces dùfoqnie^ ft de ces rér ]|><^ops; i^ipiessr i&n haine des institutions. Kbres ; les ^fvitemcs d^. I9 .pooronne de Fraoee, fomentant l'u^flUipatioA d'iui.&;èr€; p^r. passipn malheureuse pour la sfirvîtu^e, par x^ancupisceaçe de réaction et de tjr réunie 1 fiCS marnes hommes, qui lancent témérairer ment ieu]^ pays dans ces aventures f^orilège^^ , ¥f9^
< 3 ) pables '^'obtenir à leur pavillon les respects lieXé^ trao^r.^. et ne saclxant que provoquer. un brig^yad dans son repaire^ afin d'avoir occasion de raconteïf leur impuissance aux saUes de la M^diteriraAée l Ati milieu 4e nous., les partis et| le. pouvoir se U^P^^t CQ^D^9t .dans les oimetières', la geudaituerie ritpgé^ ea.ib^ taiUe au.milîeu des tombeauK^ Topiniâtreté dMliain^^ j>roclaniee à travers la pompe des funiéirailles 3 et^ pour nous distraire de. ces spectacles^uncQÎai^tèretipuî met son espoir et sa vie dans la méprbe c|iie £?m> s'il plaît au ciel^ tout un peuple, en ne* vQy^t;^i|^ le mot de jury écrit sur des listes en {:raits énoifipeB^ tandis que celui de t^oUèges électoraux «eip^rd^: a¥ee ses grêles* caractères , dans une affiche îmEiense X Lii lâcheté de quelques milliers de citoyens , fermiit^rs 9 maîtres de poste ou notaires, prise comme *teci*edl? salut des dépositaires du pouvoir , et «ietnandée à DieH tous ies malins dans leurs prières ! Ge pouvoir, qui dter vrait marcher environné d'honneur, pl^eit de'fpteei grand et glorieux , s'avouant i^di^it à n'e^éve|P:d'fiu^ concoure que Tinaction , comme il n'ambitionaâ ^up d'auti^ looangie que le silei;ice»...;..voilà tout ce qui frappe aos regards ^ tout ce qui tonthe e( aiibi»e..iiM cœurs ! , ' • . ■>
Qu'advieut«*il de cette ûtus^tiou déplorable^ P, • .lin France est un gr^iod corps qae roDt çroivaiit saps viet si, de temps à autre, des étudisuis et des sokiaAs, qui % disputent un cercueil^ des électeurs et d^ préfets, entre lesquels retentissent les accusations de dokr«k de faux,, quelques cent mille citoyens qui illulninesMl pour une liberté ^ donnée te veille par le mooarqu^ti abolie k lendemain par ses conseillers ^navprtissji^^n^
qu'il y a uae ame chez cette nation langaissante », qu'il ne £aut qu'une étincelle pour y allumer un incendie.
Jamais encore administration ne s'était rencontrée ^qui ^fécût dans de tels rapports avec un peuple , lui inspirât de tels' sentimens,. fût à ce point destituée id'émpire, à ce point solitaire , à ce point stérile et morte dans la puissance. Aussi , tout est mort et lanrgnissant comme elle. Le génie national la trouve sur M route, telle qu'un obstacle fatal et importun, qui devrait avoir mille<fois disparu, qu'un charme inex*pltcable fixe entre le trône et la France , pour les séparer par une Caisse barrière , devant lequel le pays s'arrête, fatigué d'attendre sa chute, et inquiet de •tout précipiter par un grand efibrt. Cependant, le temps s'écoule , les écrits se replient sureut-mèmes; 46S jeunes générations grandissent sans tutelle ; la "ciiaine des affections est rompue comme celle de l'autorité. Il n'y a bientôt plus rien de commun entre les deux régions.' Semblables à ces races que le sort «fixées sur des rivages contraires et qui vieillissent sa^s se connattre, les moeurs, les penchans, la langue «Berne diffèrent. On a d'autres besoms, d'autres vœux ; et, comme il doit arriver un jour que de part ou d'autre ces bies^iils soient impérieux, ces vœux éclatans, tout le monde prévoit pour un prochain avenir d^^ffroyables calamités.
Ce n'est' point là, monsieur, l'utopie que nous avons long- temps caressée. La France animée aux noms de gloire et de liberté ; ces noms parant tous les Bîdfeles efforts de l'industrie , toutes les nobles décou-r vertes de la science , tous les nobles combats de la tri-
(5) buûis ; les palines du génie mises à la place des palmés de la guerre; les talens enfantés par la protection des lois, et pris par l'autorité pour ses premiers remparts; la probité/ la franchise , la droiture données pour in-* térprètes à la vertu et à la piété co«ironnées ; la jeunesse accoutumée à une confiance filiale dans la biénveil* laalse du pouYoii!^; ralliée ainsi à ses doctrines , guidée avec un facile empire vers de paisibles et grandes dea^ tilQiées 5 formée à révérer lé trône comme le dispensâr leur persévérant et sincère des libertés publiques; la cause de la <civiUsation comprise et embrassée ; la ri** chesse publique développée ainsi sans limite; les ai^ts donnés pour sauvegardes; comme pour parûtes /à la paix du dedans; cette paix pi^écieuse assurée par la concorde croissante de la couronne et des partis; là paix extérieure affermie par tous les développetnéns de la force et de la prospérité nationales;* ces bién^y nous les avQâs rêvés; ces' bieûs, la fortuné nous les présenta; ces biens /le ministère les met à néant. *:•
Il est cruel pourtant de songer que dans (|uelques mains que réside Je sort de trente-rdeux millions d'hommes, ces mains, par violence ou faiblesse, puissent jouer et peut-être perdre sans retour toutes les prospérités d'un grand empire, en melteent sur une carte la patience des peuples et leur repos.
Jamais ère ne fut plus féconde eh bienfailts que celle qui s'écoule; jamais ère ne fit plus d'ingrats. ^ ^
Ainsi, nous jouissons encore d'une paix profondé,
et personne ne sait gré de ce premier dés biens
politiques au régime qui Fa créé, psâ*ce que tout le
.tnonde sent la France précipitée dans des voies où
ralténdent, comme en enibascade,lesi^iol6ncesf. Toppression , la rë voile V la guerre , la destnictiôn.
Nous reposons k l'ombre d'une foulé' de libellés tutélaires^ et personne né songe à bénir le régime qui les a données', parce que lè înitiistère va proclàniaM le repentir du biénfiatt comme on proclamerait le repentir des fautes ; parce qu'en détruisant la s^iirilé, il fait pis que contester la possession; parce qti^en abattant rane4le nos franchises , il déclare en état de «iège toutes les autres; pafoe qû'ehnêmi de^ chartes dans tout l'univers 9 on ne peut le croire ami de la Charte de France ; parce qu'Impatient de dooner au Portugal des guerres thébaines et des gu(e^rc$ civiles, pour y renverser les tribunes, il fhit voir ainsi nos tribbhes enteurées de pièges , d^assaùts , de parjures l
Situs)tioh triste et bizarre que celle d'un gouverne* znent auquel'ne profitent aucun' de'Ises dons, que celle d'uii peuple à qui personne n'a droit d'impiltér à crime son ingratitude !
C'est que le ministère est, à lui tout seul , une ag* gresaon, à toutes les garanties que la restauration nous donna; car elle nous annonça le- coiicburs du pays dans la géstioA de ses affaires •• et {e* pays a battu en vèin de ses malédictiodos les hommes du pônvoir. Site nous annonçA nû It^ne* inviolable , un ministère responsable toujours, et, pattoût : le çtfinlstère reste impuni, sacré, florissant pàp ses fautes^ et, quand il est sommé de repondre d'un acte déplorable, il crie qtfe ce n'f st pqînt lui qui le provoqua, .
I^e ministère est^ à lui tout seul, un danger perma* nent pour nos institutions ç car il n'en est pas une avec laquelle il puisse vivre , pas une qui ne ddve lui
(7) être immolée ; c'est un combat à moft dans lequel H
faut qu'elles ou lui succombent.
Un ministère, incomparablement inhabile, ne peut supporter le régime de Texamen ; un ministère, incomparablement déconsidéré et inconsistant, ne peut supporter le régime de la publicité ; un ministère, îh^ comparablement im populaire ,♦ ne peut supporter «h régime d'élections libres;
' On a dît, avec une très-spirituelle sagacité, ffnté pour conserver M. de VîUèle il fallait tout changer.
En effet , nous avons déjà changé maintes fois tios lois d'élection , changé nos lois de la presse, changé le ^^renouvellement qalnquetmal , changé Famqrti^-^ ment , blasphémé contre ITmprîlâërie , adopté bi éiy^ position Laboessière, aboli la garde natlonhle disPaHs^, aboli la liberté de la presse ; tout y a passé , leS bîétt-*faits du roi comme lés ^ranties , les besoins, lès re*ftlparts des Français. * • ''^
Hé bien ! rien dé cela ite Snffit eiéoré. H faut qtiè rholocauste continue. Tant quil restera une Vltievti aux Français, cette liberté devra être abattue, pôut* mettre une pierre de plus au piédestal • du granA homme. C'est que tant qùeles ttfvreft de la Pirainee ne seront pas closes sans retour, tanf '<j[ue ses bras né se^^ ront pas enchaînés, elle aura des sévices poui* le/Éùri^ nistère qui â affligé le royaume deis Fiîancs de ce ^èc*tacle, inouï jusqu'alors > d'un pouv6îr accusé de m^fih songe f sîgnaîë comme une ^êêrissure ^o\xt Je troiie, ftdsant bruit de ces imputations, recourant à la justice pour sa vengeance, débouté par la jusSce de sa plainte-,
et conservant les rênes de l'Etat, fier et léger sous- de
telles atteintes , comme si nou^ n'étions plus le vieux
rajamne de France, nomiué , aa lempsde nos pères, la terre classiqoe de llionneor.
Ans», esl-ce le royaume même qull fant bouleverser de fond en comble, el si le succès élait assuré à de tek efforts , on apprendrait bientôt que ce n'est pas afsez d aToir changé toutes les institutions : il fmdrait dhamger les esprits et les coeurs.
On savait que le ministère roulait dans sa conscience malade le dessein d'attefater à Tindépendance des deux chambreSy en faussant. la majorité de la chambre haute par une création inconstitutionnelle de pairs , et faussant les nu^orités futures de la (^larobnr éleclive, paur l'introduction dun nouveau système électopcal ; ces conjectures reçoiTent une confirmation aoth#ntiqQe. La GazeUe de Lyon , journal officiel de la coterie qui nous régit, dans un article emmiellé,-dont les formes sont remarquablement étrangères à ses habitudes, déclare que tout est pour le mieux chez ce meilleur des peuples, que nos espérances sont infinies, aolie situation admirable : seulement on doit regarder • comme riciées les deux institutions fondamentales sur lesquelles l'édifice.de la restauration repose, et toutes- deux seront en harmonie avec nos autres félicités, quand on aura établi au Luxembourg le .corps entier des évèques^ et promulgué enfin unç loi d'élection qm donne des gages à 1^ religion,* à l'ordre , à la monarchie I
Ainsi, la chambre des pairs, dont tous les membres durent leur haute dignité à Imslitution royale, dont la moitié l'ont reçue sous le régime de i8i5, et. sous Je ministère ^que nous avons , cette chambre illustre réprouve le système dans lequel la restauration est
(9) laneée; oa ne renoBcera point à ce systèoie. Dieu nous eu préserve ! Ce système est trop bpau , ' trop jsage , trop assuré , trop glorieux* On brifera la cliaoïh bre des- pairs. •
Et, les soixante mille électeurs» que les dégièvemens ou les fraudes ont laissés à la France» auuoKpMint de IW time due à Thabileté, à la vertu, au bonheuir du ministère ; le ministère ne se retirera point. Il est trop fier, trop dévoué au trône » trop utile' à sa gloire, trop propre à rallier, autour de la bannière Toyale , les affidctioqs et les respects des peuples. Oa décidera la ver traite des électeurs, la retraite de la France.
C'est chose favorable à la conudération de -la mor ^arcbie au. dehors , que de proclamer qu'après treifs^ .ans d empire, cette France qui lui. a livré ces armée^-^ «es. trésor^;, sçs libertés, se refuse aux expériences lejD^ tées sur elle, et qu il faut que les deux chambres^ qui représentent le pays tout entier, soieM frappées eoiwme j'a été la garde nationale de. Pari^.
C'e^t chose glorieuse au ministère, que d établir qu'il suffit à son génie , d un laps de quatre années, pour user rinstrument qui lui a donné la puissance , aliène^ de soi les électeurs qui tjnt obtempéré à ses vcbux , armer contre sa fortune tout ce qui l'a servie et pro^ longée! N'est-il pas bien utile de frapper des coups d'état, au profit et par les mains de tels hommes? Ce qu'ils ont fait ne répond-il pas merveilleusement de ce qu'ils sauront faire encore? N'est-il pas évident que si, avec une puissance tempérée par des chambres débonnaires, ils ont eu les succès qu# nous voyons, ils feront des miracles quand ils auront en main la toute-puissance> Comment ne pas voir que de tels cor*
C »o ) losses ëlodftent dans une Charte , que les deàtiad de trente-deux milKons d'hommes à dépenser sans coii<^ trôle ne «ont pas trop pour exercer leur verve poIi&que , et qu on peut calculer, à coup sûr, presque par des chiffres , combien de mois du régime du bon plai- -aîr leur snlltaiefnt pour mettre le monde en feu.
D*drditiB!re , quand utt meuble ne va point à la place pour^ laquelle H était fait, on ^i choisit un antve.Nous, '^ pareil oas, c'est la maison, c'est le palais que nous abattons , pour l'accommoder au divan, à la table de jeii qui nous a channé. Quand des institutions sonf aux prises avec un homme, il semblerait que l'homme diot eédeir; che* nods , ce sont les lois. Quand un ministre et tm peuple sont irréconciliables , nous demandons «u ciel un moule nouveau pour y jeter fct nation dissfdente ; M. de! Vlllèle est pris pour l'étui de la France t ^p elte se fasse au plus vfte àsseu petite pour y tenir! * T<Mftei3 ejeâ belles choses reposent^ dans la pensée des amis du ministère, mjtt une demiHioùzaine d^ofe^ iservâtNMH profondes et de hautes maximes d^état La preihîère , c'est que les trônes doivent être de marbre jMMir les prières des peuples; c'est à cette fin que Dieu <i institué les rois. Ensuite, il est de fait que le renvoi "dfe M. de G^tlonne perdit l'ancienne monarchie , quoiqu'on Toas- dise en même temps sans cesse que Vol- 'taïrcjleisparlemens, l'encyclopédie, GanganeHr, Toeil- '^e-bœuf, te parc-aux-cerfs , l'Amérique, le déficit ^ firent cette grande catastrophe. Mais M. de Galonné aurait dompté le déficit avec des pensions , les gens de lettres avec dëfc lettres de cachet , les parlemens av^efc des caresses, l'esprit d innovation avec des mensong^es ; •Bt Ies'|)resseatimens8ini^res de Louîs'XV, qui croyait
à ]a t^éHrblùtton daâis ddyoir le renvorde 6e savant homme d'éf at, attraieint été tMmp^s. Diodc, main tenir M. de Yik lèle êontre vent et sfiar^e, ci^est ïi^urer au trône une autre durée de quatorze o^dts ans et plus.
€e minii^re/sans avilir les grâces du célcSbre contrôleur, e^aveiiliul-etik/impréfHVyairt, léger, déîe^yant comme lui. N'est-îl pas manifeste que le Dteè de saint Lôwis Ta sttÇGÎté tout exprès peur donner à la monarchie l'oceasioa de réparer i^es faules?'M'. dé Villèle maintenu , e'esl M. de* Galofine vengé. > Le câ^inafl à& Ret2 a di4:'admir«ibleinènt que c^est l& propre d0S bomraes médiocres de ne pas savoir dil^ tinguer dans les circonstances semblables ce qu'elles tttt de dîîflérent/
' Louis XVI se perdit parsés concessions-, dîteéhvous» Oh tes coups de forcée conduîisrrent'-ils Charles I**!^ ' - N6U6 vivoiis isoas utoe loi de représailles i poiiir b^sauoopp d'hoaiiniés, H s^git de ^nir sur talPràneé d'aujoul^'hùi les* témérités de «la France d'autrefois lies resi^Qlâmens remontent jus'qu'à la prise* de -ta Bastille v parce qàe là Bastille tomba, le mini^tèvé doit re$telr debcmt; parce que nosr pères avaient pout prières des séditions, pour illuminations des inceu'* dies, nos espérances seront rudement démenties, nos pétitions cruellement châtiées ; parce que les Français , armée à la hàCe de bâtoas et de hallebardes, s^avisèrent de dicter des lois , les Français qui , armés de fusils et rangés en bataille, se renferment dans Texpression intempestive d'un humble vœu , doivent voir leur vceu méconnu et leurs armes brisées.
C'est là l'ai^ument ci^ital de la Gazette de Ljronl Vous avez pu beaucoup , donc vous pouvez davantagei
( la ) Yous pouvez, sqoUte-t-eUe', aller {^as loin' que les pouvoirs révolutionnaires; c^ar, oe qu'ils n'auraient pu tenter ) vous avez pu i'aocQuiplir.' Vous avez Ucencié la g^rde n^tidnale de Paris,. .
. £n fait, l'argument n'est jpîas, heureux ;.c;ir le liciênçiement n'est pas chose nouvelle s la Convention en avaiteu la .gloire.
' Cette gloire n'a empêché ni lés justices de la for* tune;^ niceUes de l'histoire, ni celles dé l'exil.
En logique, il n*ést pas démontré que l'arc, pou^ avoir été beaucoup teuldu, puisse toujours être tendu encore. Autrefois, on cVaignait qu'à la longue il ne sô
Toute cette politique s'appuie à ceci , qu'on a re^ inarqué ;dux Fi'ançais deux vertus, et cju'én tourne audacfieu^enlent ces ve)rtus contre nous; Nous haiâséns les révolution)» ; donc dn'doit tout tenter', tout accomplir sans que nousi cbmprohiettioiis cette paix qof potls cAt chère par des résistances décisives. Noiis fi^oûê un cplté pour là légaKlé ; donc, en nous empri* \ soimnnt dabs l'ordre légal on ert assuré de notre
pieuse résignation; il suffit de faire sortir le pouvoir ahsolu dé la déclaration de Saint*Oueh , et les réactions, des garanties tutékdresdont nos lois abondeol : pous plierons toujours la tète. L'habileté consiste à 'i faire de la Charte le piège où , avec notite' bonne foi
ijj ntAVe , nous restions pris sans défente , et M. dé Yil*
I lèle est le premier homme du monde pour savoir dé*
duire toutes les conséquences oppressives qu'une pro-^ messe de liberté renfermé. Avec son génie et notre loyauté; on peut aller en avant sans crainte et êans relâohe, '
Ici se présente une objection. EsMl nol)lè ; esi-il religieoix de se faire arme contre les nations dé lent* -probité.; de les prendre par leurs beaux endroits poiàr les perdre, comme les tyrans justqu^ici les avaient toujours prises par leurs vices; d'abuser, pour troubler leur repos, pour les flageller sans miséricorde , du prix qu'elles mettent à la conservation de l'ordre, et de l'amour qu'elles portent au règne des lois ? '
Cependant , c'est au nom de la reK^ion qtre le chef des conseils prétend éterniser son règne. Il est près de 3e donner pour investi du pouvoir, par mission d'en haut. Aussi assure-t-il que là. monarchie n'a rien à Craindre de ses fautes, attendu qu'il n'a pour en^ nemis que des philosophes , dès athées , des pi'otestans et des jansénistes , toutes gens apparemment dont la chambre des pjàirs , les tribunaux , les collèges électoraux, l'académie française , la garde nationale, sonjt remplis. Et supposé qu'il y eût péril , ce péril devrait être affronté ; car, comme en fait de salut le salut temporel est le plus méprisable , mille fois mieux vau^ drait sacrifier la monarchie que sacrifier le ministère*. Laconservation du portefeuille de M. de Yillèlë devienft ainsi p<mr nous une affaire de conscience. Si la France venait à perdre son pieux empire , elle risquerait foft d'être damnée.
C'est avec cette foule de raisonnemens décisifs que le cabinet se défend contre la France. Si on y^regard^ de près, on verra que tout se réduit à ce principe qufe plus un ministère est destructeur , inhabile , accbu>tumé aux revers, déchu de la confiance publique, plus il est sacré pour les peuples et pojirle monarque; car c'est alors qu'il rencontre le plus d'opposiliod^ et
tsqulèye le plus df dQl^^ac^s. C'est alors aus«i q«g^ la di^^ des eouroaaea ^t plu&iotéreiss4e à le protéger çoJiJtre la haine puUique. A ce compte, U'n'y.defipa^ giles: que les. bons luinistèi^^ 9f« de Yillèle^ a voulu êlre éteroeL .
Tous ce6.so{^ismes de rentètement mimstérîel, loutos ces méprises snr les devcÂrs des puissances ont' des conséquences funestes» J'ai dit cosame les bieaCaUs de ta B.estaui*âtioa en. sçiit rendus stériles ; le principe de 4a moparchie n'en > est pas moins profiHidénieat ébranlé.
Les rois n'ont pas seulement des ministres poar
.tenir les . renies de TÇtat, mais pour répondre des
fautes du pouvoir; car la responsabilité est toq^ourâ
quelque part. L'avantage des monarchies con^tiv-
.tionneUes e&t que cette. responsabilité nécessaire ne
puisse jamais porter plus haut qu^ les conseillers de 1^
couroinne. Le malheur et le danger des monarchies
absolues est que , le ministère étant inaccessible au
.contrée de l'opinion à l'égal du trône , le prince et 1^
cabinet; se confondent.. Les mêmes représailles, le^
mêmes vindictes peuvent les atteindre.
. G^dpijs^piOUjs de ;$ubstituerenee pqintl^ principe 4e§ (états despotiques à celui de nos formes rq>réseiv-* tatives. Si le n^inistère pouvait tenir bon contre l'ani- ' madversion la plus manifeste, et la plus méritée «qui^ fut jiimaisi alors l'opinion s'établirait itlaloij^ue qu'une oéiiolution seule peut l'atteindre. Grâces à cette déeouve^ie» il vivra quelques joum de plus; mais tôt ou %9iià il tombera enJBui^ et on sait r quels intérêts chers et sacrés il- riscfuena d'entraîner dans sa chute. JeUlls scmt,. «8f»|isjipuif j les c^i^lw^^tions de U sir
i«ation ei^Uaordiaâire où aous^ somi^e^^ Se 4^^ ceU^ pénible attente, ces tristes oombats, ce découpfigeaieQt profond, cette lassitude d'une paix grosse d'orage^ ^ ces. fautes que chaque jour jnukipki^ ^ ce4le scission jsans cesse plus marquée entre tout ce qui devait resleff uni ; de là enfin les difficultés d'un avenir que uuMi^ naain humaine peut-être ne pourra domin^r^ Od se jonie de notre soumission facile; ou nexroit pas pouT voir Êiçonner un joug si lourd , que nos tè^es obéis* santés le refusent : et le jour viendra où la sincjérif;é ^ U franchise mêm^^ descendues sur la terre, nobtiîen^ dront pas croyance , où» comme on a. voulûmes excès du pouvoir, d'autres ins^[isés, qui croiasent^napf ^çuf^ ^t implacables^ voudront les excès, de la Uberté. ' » . Ce sont là de douloureux présages » pour; qui por'tf en avant ses regards. Pour qui les fixe bup lesafiair^S dlu jour, il n'y a de tous côtés que des révélations humiliantes et de tristes spectacles*
Ce p'iesJt pa& de V^xiçt coté des moitts ^ue inoiM flierchenons des scènes raswranfaBSi I^a -d^olatioii règne toujours sur les Espagnes, et c'est ]{i potirt4iH la, sociétérmodèle , le gouvernement classique ^e jaous aspirons 4. imiter. ^
La Catalqgne resle en feu. Un g(Hniefi|eiiient,<rival de celui de Saint-Udefonse, domine q^tte malheureuse province. Xes noms de deux frères l^rillent sur 'les enseignes, opposées; mais il n'y a du n^oins que leujss nçms dans les camps contraires. Est^^ce pour ^voif sub
tiftfaction plus complète, que le Moniteur Btppdle de éeâ cris Tinfant don Miguel , sur les mêmes pk^s , où Tempereur don Pedro va descendre?
La chute de M. Recàcbo donne la mesure de Tin-* floenee que nous exerçofis sur les conseils du monarque espagnol. Ce cabinet s'entête dans ses mépris.
Le roi Ferdinand usé de ce privilège des têtes couronnées , de ne pas se rendre à Tévidence ; il s'obstine k méconnbître les biens que Tempire de H. de •Villèle verserait sur son royaume dévasté. Ce prince a tort sans doute ; mais il est dans son droit * La chute de M. Recacho ne seï*a point an événement grave. On aurait tort de croire que c'est un système qui tombe; ce n'est qu'un homme. Ces que^ pelles de la Camarilla ne méritent ni la dénomination dé partis , ni l'intérêt du monde.
L'Espagne continuera de se traîner dans ses voies sanglantes, dans son anarchie, dans son indigence, dans sa barbarie, dans son icnbécillité, quelque. temps encore ; puis un choc arrivera , qui brisera tout cet échafaudage d'impuissfiiiea méchante et subverrive. M. le comte de Corbière n'aura que la peine de faire insorire ^r l'arc de triomphe de l'Etoile , ^il est fini alors : la constitution de Cadix fut abolie tel jour, et relevée tel autre.
Peut-être aura-t-il à inscrire ,* que le sang de Louis Xiy cessa tel jour de régner sur la monarchie de Philippe IL Ce sera le dernier profit et la dernière gloire de notre intervention.
S11 y a censure en ce temps-là , on se donnera la joie d'annoncer ces catastrophes trois jours plus4ard; dk têHes espiègleries' vengent admirablement un bobt-
( «7 ) nistère des coups de la fortupe* Oa a fait ainsi pour la aouvelle suivante s
— Le bruit a couru aujourd'hui à la Bourse qu'il y avait eu à Madrid une émeute populaire, dirigée par les apostoliques ; que le ministère espagnol aVait été renversé aux cris de vive doji Cartos! On assurait que M. Recacho et plusieurs autres ministres avaient été obligés de prendre la fuite pour se sous^ traire à, la fureuc de la populace. . .
(Rognure du Journal des Débats.)
-—Le bruit a couru aujourd'hui à là Bourse qu'il avait éclaté à Madrid des scènes tumultueuses , au moment où l'on j a appris la mort de M. Canning et la destitution de M. Recacho. ÎOn disait de plus qu'au départ du courrier des dépêches avaient étéexpédiées pour faire dirigcnh de nouvelles troupes vers, les frontières du Portugal. ,
Ces nouvelles ont même exercé quelqu'Jnfluence sur les fonds publics; il est vrai, d'un autre côté, que les fonds anglais du 20 sont £^rrivés en baisse. ( Rognure du Constitutionnel,)
On contîntie à interdire aux journaux de Paris les relations que les journaux.du Midi peuvent répandre. On se donne le plaisir de nous dérober la i^ioitié des faits. Surtout on se g^orde dç ^ous dire que ]e. crid^ mort aux Français est^ en Catalogne, le cri de guerne de ees démagogues de la royauté, auxquels nous /(omîmes ailés rendre des armes et donner la victoire.
— On nous écrit de Perpignan , en date du i5 août : . ftLe4 royalistes répondent à l'appel qui letir a été S^i par ^ozoms, dit Jyi delsi Estâtes. Déjà trois miUe hommes scHprt réunis sous ses ordres ; huit cents ont pris position j|iir. la f ivQ gauche de la Segre^ et observent la 3eu-d'Urgel. Locargol^ ancien chef des bandes de la Foi, a été détaché à Gracia , à un. quart 4^ UeMe de, Barcelone 9 avec un petit corps, afin de faire parvenir ii[ Vaudien^cia Real\ conseil souverain dis judicature ,
pXQsidë par le c^pit^n^-g^éral de la protioc^ ) 9 l'ordre de
quitter Barcelone, et d'aller reîoîndre le noureau capitaine-général, le duc de Berga. A défont, par les membres composaot cette cour, d'obtempérer à Tordre qui leur a été intimé , il sera procédé à leur remplacement par son altesse sérénissime.
» L'armée s'oi^nise , et on dit même qu'il Ta être établi une régence modelée sur l'ancienne régence Mata-Florida, qui a si puissamment contribué à rendre à Ferdinand le pouToir absola. On espère que celle-ci , plus puissante encore, fera passer toute la police du royaume entre les mains des moines par le rétablissement de rinquisîtîon.
• Estanjs ne donne pas seulement des ordres aux différentes municipalités et districts qui sont occupés par ses troupes; on assure qu'il a intimé au gouyemeur de Girone de faire mettre en jugement don Narcisse Ahres, dit/'iVola, connu sous le nom du boucber de Lasca de la Salve , attendu qu'il désbonore b bonne cause par ses rois .et ses rapines.
> Pour augmenter les forces du roi dans la prorince, on a h\i débarquer à Barcelone quatre' compagnies qui étaient à Najorque. » ( Rognure du Constilutionnel )
( Correspondance de Madrid, ) On assure que toutes les autorités ont reçu communication d'un ordre très-énergique , dans leqoel.il est indiqué qiL'un complot se trame en Angleterre pour reoTerser le gouTemementJégitime de S. M. En conséquence , il leur est ordonné d'agir avec rigueur enrers les negros et les personnes dévouées à la constitution. M Recacbo s'était rendu à la résidence royale , afin d'empêcher que cette circulaire fût expédiée aux intendans de police, mais on prétend que sa démarche « été infructueuse.
. ( Rognure du Courrier français»)
— On prétend que dans la garnison de Figuières le nombre
des malades est assez considérable , et qu'elle recerra bientôt
un renfort*
( Rognure du Constitutionnel, )
— Des troubles ont eu lieu à Puycerda; le peuple accuse hautement les moines d'être les instigateurs de la rérolte. {id-)
— Ceux de ces mêmes rolontaires qui Tiennent de tous les points de la Catalogne pour se réunir aux. insurgés, sont si
nombreux 9 que toutes les lettres de cette prôyince assurent que , quelle que soit la céterité que le gourernement mettra à enroyer des troupes , il lui sera impossible d'en expédier un assez grand nombre pour les opposer aux forces des carlistes.
( Rognure du Journal des Débats^. )
— Leur cri est dehors les Français,' Ils ajoutent aussi : Mort aux mauvais gôuvernemens I
( Rognure du Constitutionnel. ) •
— Une émeute yient d*aTOÎrlieu dans la garnison de Valence. La cause ostensible est le paiement fait aux différens régimens de la garnison de ^ur solde en monnoie de cuirre; mais la Téritable raison de cette émeute est le mécontentement général qui règne parmi les soldats, mécontentement qui saisit le moindre prétexte pour éclater.
Le mauvais état de nos finances devient chaque jour plus effrayant ( Rognure du Journal des Débats, )
PORTCGAI.
Le Portugal ejst moins agité Ae ses affaires qu# ne Test le ministère de France. A-L de Villèle , qui n'a pas coatame de prendre couleur sur les évènemais, a eu la malencontre de se prononcer en faveur de don Miguel y et voici qu'un bruit court sur l'Atlantique , qu'on verra en peu de jours apparaître sous Lisbonne l'empereur don Pedro !
Les journaux du ministère anglais combattaient , en ces termes y la politique de notre ministère :
— On lit dans le Courrier*.
« Nous supposons qu'il y a peu de personnes qui ne soient convaincues qu'un souverain a le droit de donner à son peuple une cbarte^ qui garantit ses libertés, ou qu'un peuple qui a reçu de son souverain un pareil don a un droit égal à le défendre et en conserver la possession. Telle est de fait la question relative au Portugal, dégagée de toute la complication dans laquelle un raisonneur diplomatique pourrait l'embarras-
( ao )
ser. Cependant^ de peur qu'il n'existe quelqu'un dont les nO"tions. soient encore confuses sur ce sujet , nous empruntons à un journal du matin (le Ttmes)j ta comparaison sairante d'autant plus conrenante qu'elle est familière :
« A. et B. sont deux individus qui » suivant l'expression des avocats écossais » ont soustrait le bien d'antrui. A* se repent de son ii^'ustice et dit à G. dont il a porté les culottes pendant plusieurs années : « ReprenieB vos cultes quoiqu'elles soient peut-être un peu usées pour les avoir portées ; ou , si vous J'ftimez mîeux^ en voici une paire de neuves que je vous donne^ en souhaitant qu'elles vous fassent un long et bon nsage. » — » « Oh I oh I s'écrie B.^ voilà ud joli exemple pour D. , à la femme de qui j'ai dérobé un jupon, il y a quatre ans. Qu'allons-noas devenir , ma femme et moi 5 si cette restitution de bien volé a lieu dans notre voisinage? Allons C, rendez les culottes ou je vous casse la tête, non pas que je vous en veuille, mais seu«» lement parce que si A. restitue de bon gré ce qu'il a volé, jepourrai être forcé, bon gré mal gré, de faire de même. »
Ceci, continue le Times , est une imitation exacte quoiqu'un peu triviale du langage avoué dans les journaux ministériels français, ^ous soutenons Tindépendance et la liberté du Portugal , parce qu'elles «ont la propriété légitime de notre aUié. Les journalistes de la maison de Bourbon attaquent oette indépendance et cette liberté, parce qu'on présume, que par sympathie le peuple espagnol pourra désirer recouvrer -sa liberté, que lui a ravie un gouvernement oppresseur, et que ce gouvernement pourra être forcé à secouer le joug de la cour étrangère dont il est le vassal à son tour. Cet odieux projet d'étouffer la liberté en Portugal et de détruire rindépendaâce de la couronne d'Espagne , est un projet que. Dieu merci , l'on ne peut imputer à la nation française. Le peuple Êran^is n'y a aucune part, et il ne doit donner lieu à aucune ntësintelii-» gence entre cette nation et la nôtre.
1 Tout homme qui ne serait point convaincu par cette la* ' mineuse et originale patabote des culottes et des ji]q>on», mé«riterait d'être mis en jupon pour k reste 4ie sesrjours. m
( Rognure du Courrierfranfws, )
(ai)
Suivaat toute apparence , l'époque dti d5 octobre , fixée pour rintronisation de i-infant don Mîgael ,^par respect pour la lettre de la constitution qu'il fallait const^tionnellement étouffer, cette époque chanceuse ne sera point attendue ; la couronne ya être entre les deux4>rinces le prix de la course, comme disait M. de Gazes,. {protestant ^ en cour royale, contre le 20 mars. Mais, au 20 mars, Ietf#deuxcon^titeurs n'étaient point dés frères. Alors, les ministres du roi de France r<evendi- (Jualent'le privilège de la légitimité. Aujourd'hui, tiôUs avons changé de rôle; l'usurpation nous charme, par appétit des parjures qui la suivraient ; et l'usurpateur est né du même sang que le prince qu'on veut déposséder ! Et la même mère les a portés dans ses flancs ! Et à tout prendre, l'assassinat du marquis de Lulé, les complots de Bemposta , ne sont pas tant que la bataille de Mojsûsk , ou celle d'Âusterlitz , ou celle des Pyramides!
L'arrivée de l'empereur viendrait désagréablement contrecarrer ces combinaison»; tout s'évanouirait, hormis le déshonneur de les avoir enfantées, hormis le ridïcule d'avoir cru à leur succès. Dans cette extrémité, lé ministère prend l'unique parti qui lui reste , celui d'imprimer deux fois par jour que don Pedro ne veut quitter son Brésil , et ne l'oserait. G<3S démentis dureront , grâce à la censure , exactement huit jours après^que la flotte impériale aura jeté l'ancre dans les eauxduTage.
tJn roi de Pologne, qui avait nom Michel, n^étaît pas préparé à recevoir une invasion de l'Ottopian : les «hommes ^'étajt 4e son. conseilnièrent hautement qu'on eût àccaiQdrç l'invasion de Sa Haptesse. I^a i^ouvelle
arriva d'un deboidement effiroyable d'Osmanlis : les hommes d'état déclarèrent la nomrêlle séditienae. Des flots de noUesse fbgitÎYe se présentèrent charges de plaies , et implorant des* secours : les homme^ d'état leur assurèrent qoll n'y avait pas on Turc en Polo* gne, que la meilleore intelligence régnait «nfre les deux couronnes. Enfin, trois cent mille hiMiuiies, deux cents pièces de canon , Ccqprogli et son maître , parurent à cinquante lieues de Yarsorie. Alors les hommes d'état ngnèrenl un traité ignominieux. Ils se trouvaient avoir raison: il n'y avait point en de guerre.
Ceci nous conduit assez bien à l'affaire d'Alger.
ALGBR.
Je ne reviendrai pas, monsieur, sur ce que je voitt ai dit tant de fois de cette aventure déplorable. 0 n'y a plus qu'à laisser parier les faits. Aussi la cen* sure a-t-elle passion de les étouffer.
— Cette guerre contre la régence d'Alger porte on
grand préjadice au commerce et à l'industrie. Ce sera un èfénement surprenant à lire dans rbistoire, que laFrance ait fêjféf en 1819, au dey d'Alger et à ses sujets une dette des plus équivoques, montant à 7 millions de francs, et qu'en 1B975 époque de la liquidation de sa créance envers divers intéressés ou ageos d'aflBEiires, la l^rance se soit vue dans la nécessité de soutenir une guerre pour des intérêts particuliers.
Si la France ( comme elle était en droit de le faire) , eût le* fusé de payer les 7 millions, que pouvait-il en résulter?... La guerre, maintenant elle est en guerre après avoir payé les 7 millions, et se trouve entraînée dans des dépenses onéreuses, humiliantes pour l'orgueil national , et ruineuses pour son commerce, puisque, d'après des lettres de Gibraltar, on a reçu la nouvelle positive' que deux l>âtimens français^ partis de ce
part sous esoorte| Tun allant à la Martinique, et l'autre à Gi*-
braltar, ont été capturés et conduits à Oran.
«• • ( Rognure du Journal des Débats. )
— La frégate française qui bloquait lé port d'Oran n'a pas paru depuis plusieurs jours : on disait à Oran que près de loo mille Arabes accouraient de l'intérieur du pays pour la défense d'Alger. ^ ( Rognure du Constitutionnel, )
LISTES ÉUBGTOKAI£S;
Du dehors, revenons au dedans. Là, nous avons vu peu de dignité, peu de gloire. Ici, nous ne verrons pas plus de gloire, pas plus de dignité. Là, c'était là présomption, la légèreté, l'impuissance. Ici, ce seront les supercheries^ les fraudes, les déloyautés; partout la honte ! La seule chose qui soit constante , c'est la haine que te ministère porte aux institutioi^s qu'il a jurées.
L'amhition de M. de Villèle est toujours de pouvoir jouer à la France le tour sanglant de l'appeler à consacrer, par les votes des collèges, sa pesante longévité ! Il aimerait mieux avoir de suite un hudget de sept années de vie à exploiter, que courir les hasards de la discussion d'un nouveau système électoral dans la chambre qui finit.
Le ministère, attentif à la formation des liçtes^ compte donc jour par jour les noms omis ; il trionipbe quand les préfets écrivent que le nom de jury trompe et épouvante ; il se lamente dès qu'il sait que les citoyens se conforment au vœu de la loi : et la censure n'a été institjuée peut-être que pour favoriser l'apathie . des citoyens , pour propager l'erreur sur laquelle l'existence de tout, un systèoie politique se fonde !
Les suppreiSioBS qm suifent ifidiqfteal assez 1* poir, les Toeax, Tangoisse da minislère : '
. .. , ftiBCflOVSw
Le féfolut det pres&ièrcB Istes pulilîées 4 Paris donne lies de croira qo0 la ^éfedof^ de U| $eine n*a pas eompiéaeiiieiit rempli le deToir qoi lui était imposé par la loi du 9 mai iSs;.
On devait retrourer sur les listes toiisks électeurs qui araieot fi^ré sur celles de 18249 moins ceux qui auraient perde leurs droits politiques par .suite de décès, faHlite^ condanmationy dégrèTement d'impôts ^ déclaration de changement de domicile politique.
Si la moitié seulement est inscrite sur ces listes , c'est qoe Ton a fait un choix ^ tan£s que. la loi nouTcBe recommandait ^*inscrire d'office tous ceux ifai paient le een% qoi ont f âge et les capacités requises*
Il Importe de vérifier si la même diminution se renconbe dans les autres départemens. Il paraît déjà qu'à Rouen il n'en est point ainsi, et que M. le préfet de Ja Seine ?In/érieure a rempli entièrement ses deyoirs. Nous prions nos correspondans de nous faire connaître le résultat des preiâières pnblieaâons dans tous les départeawns.
La premiéne liste lecstificatire dojt être pubtié^'le ufi iaoût. Tous ceux qui ont réclamé ayant 1&^ ^ doir/çot y être inscrits, ou receyoir un arrêté négatif qu'ils p^uTent at^qo^r4eTant la cour royale s'il s'agit d'année, de possession,, de délégation 9 de domicile réel> de paiement des contributions, des droits civils on de natnralité; devant le conseil d'état, sll s'agit de domicile politique ou du tsdeot et de rSmputatioa des diverse» natures de oontributicsns qui fennent le cens.élj9etonal« . . .
MM. les préfets du Loiret , de l'Areyron et 4<^.la Gironde ont .annoncé que i'inscription sur la première liste n'était pas définit! T.e, et .que les électeurs n'étaient pas dispensés de produire leurs pièces.
C'est une erreur que n*a point partagée M* )e préfet de la Seine ; Finscription sur i^ liste du,i5 aoûtufest point déJiiUiwe^
6aD3 doul€(| .ppi0C|ii'oii peut êtiie rajè pa^ tes lieté^ supplénieii-^ taires; mais on ne petiin$re:q«ie d'après réelaniàtion des titres^ DU d'après des actes formela; l'arlrêté de radiation doit être, dao3 ce cas 9 notifié à l'éleeteor élimioé, qui., en appelant de l'arrêté d'élimination , en pamlyse Tefiet, le reooarB étant sns^ penaif de la décision du pcéfet*
Le. préf6t de Seine-et-'Mame ^ SL le comte de Oojôn y a jaat rayé plusieurs électeurs par sa derioière liste ^ sans notifier t*arrêté d'étîmination^ Ast'pouflsuivi en ce moment par MM* Noël et Lucy pour attentat à Texerciee dei leurs droits civiques.
iLe ooaseii d'état pdroBoàcèra demain sur la mise en Jogemeot de ne ibnetioniiaire^ qui sam dontene trouvera pas en ce point du siervice d'itnitateufa*
. Indépetidammeoit de cette plainte, M« Noël a appelé devant la cour royale de Pa^ris, du réfiis d'inscription de M. le préfet de Seivie^t-rMarne. C«8t Aa première fois qae la cour royale est saisie d'une r^damation de œ genre. Elle y statucto «amedi, »5 de ce mois.
MM-lesékoteorl ne doitent pas oulyller que les vdiéd légales et régulières- leur sont oiirertes pour faire ^âlbir leor» droits'; ainsi, ils ne pourront accuser qu'eux-mêmes s'ils sont prirés de Texercioé de leurs droits politiques.
**** L'ordonnance du «7 }uin 1S37 ^^^^ '^^ ^^^ ^^ 4 ^^P' tetaftbre i8ao qui prescrit la p^licâtion des Hdtfe^ rectificàtites « tmi»les}oaar8, soit exécutée. îitnû,MM.leëpi4fètse^tdûfé!rela p«d»lîéation de la première liste rectificative à(l)odr(l'lMi tttêtne. Si cette publication n^élâlt pas affichée, MM. les électeurs ont droit de la réclamer, pour s'assurer qu'bn a Mt •érùk é leurs réciaiilatièdsv
LHiratmotioD éketohlle que nob^ mom annoticée se Vend chez madameTOUTO Dècie, au dépôt de» lois, place d\i Pàlaift-de^
lttitîcô;pdK2ifr/ /
(Rognure du' Cborn^rJ^nçoù.)
—Nous avons publié dans le Constàùiionnel d*avarit^!iiër un avis de M. le préfet de la Seine , par lequel ce magistrat invite ceux de MM. leis élec^ars qui n'ont pas trouvé leurs noms in« scritff sur la liste qui- a été publiée !e 1 5 août, à se mettre en
règle sans retard, et à déposer les pièces justificatiyes de leurs droits aif secrétariat de la préfecture de la Seine. Nous saisissons cette circonstance pour inviter à notre tour M. le préfet de la Seine à vouloir bien faire connaître au public quelle est la détermination qu'H a prise au sujet des inscriptions qu'il a faites d'office. Quant à nous , nous les avons toujours considérées comme définitives pourceux de MAI. les électeurs qvi n'auraient éprouvé aucune chance atténuante de leurs droits; mais il y a tant de préfets qui ont prévenu lemrs administrés qne l'insoription par eux opérée n?était que provisoire , que leur concert a été cause qu'on a considéré leur opinion comme une suite d'ane instruction ministérielle ; ce soupçon a fait naître àes oraintes dans le public; il importe à l'administration de les dissiper pnr une déclaration franche , afin que chaque citoyen puisse sayolr d'une manière certaine à quoi s'en tenir. ( Rog. du Const. )
— On a vu avec plaisir qu'à Lyon les listes provisoires d'^ Jecteurs et de jurés ont été affichées principalement dans les lieux où sont des factionnaires , et qu'on a donné l'ordre à e%s factionnaires d'emipêcher qu'elles ne soient .enlevées , en aorte qu'elles y subsistent encore , et que tout le monde peu sfier-leB consulter.
L'éditeur du Précurseur avait exprimé dans sa feaiHe son étonnement sur ce qu-il ne lui avait .pas été permis de se procurer, en payant, quelcpies exemplaires de ces Ibtes chez l'imprimeur de la préfecture. Il rapporte sur ce fait une explication verbale qu'il a eue avec le secrétaire-général de la préfecture. Nous la lui empruntons, ainsi que les observatiims dont il la fait sirîvre :
«( Il est faux, nous a-t-il dit, qu'un ordre ait été donne à ' l'imprimeur ]de ne vendre ni de ne distribuer aucun exemplaire de cette publication. L'administration , à cet égard , n'a rien à prescrire ni à empêcher. Mais qu'il livre le nombre d'éxemrplaires qu'on lui a demandé ; ensuite , libre à lui d'en tii^ à ses frais autant qu'il le veut. » ' . -
« D'après cette explication, il doit nous être permis de nous étonner que M. Rusand ait négligé , pour cette. affiche seiilemen(, cette branche ordinaire de ses bénéfices. Asisurémeat, un
grand Dombre d'électeurs auraient voulu avoir de$ listes en leur possession pour les consulter à leur aise , s*assurer des erreurs, des omissions qui s'y trouvent, et stimuler les électeurs en retard. Au surplus, si Texplication de M. Laverohère est sincère, comme nous n*en doutons pas, nos lecteurs sauront qu'ils sont libres de demander d'avance des exemplaires des* prochaines listes à BI« Rusand, imprimeur de la préfecture; et si M. Rusand refusait de tirer les exemplaires. qu'on lui commanderait, moyennant le prix ordinaire, il faudrait bien croire que quelque chose l'empêcherait d'écouter la voix de son intérêt. » (Rognure du Courrier français. )
— Plusieurs électeurs se sont présentés au secrétariat de la préfecture pouf y déposer les pièces en règle qui constatent leurs titres à l'électorat. Est-il vrai que M. le chef de bureau , chargé de les enregistrer, ait refusé de leur en donner un reçu 9 Si cela est vrai, comment M. le préfet pourrait-il justifier qu'il a prononcé sur le mérite de ces pièces dans le délai de cinq jours , dans le cas où elles ne lui paraîtraient pas régulières? Cette obligation lui est cependant imposée par ordonnance d« roi, du 5 iseptembre i8ao.
— Le bureau du Rapporteur, rue Jean-Jacques Rousseau, n"" 17, possède une copie exacte de la liste dM électeurs du département de la Seine. MM. les électeurs pourront le consulter depuis neuf heures du matin jusqu'à six heures du soir. >
(Rognure du Constitutionnel,) ^
— Les listes du jury ont été affichées dans tous les départemens, ainsi que le prescrit la loi du 2 mai 1827. On a remarqué que la liste électorale, qui forme la première partie de ces listes, n'était pas aussi nombreuse qu'aux dernières élections. Nous aimons à croire, pour l'honneur national, que les citoyens qui auront vu que l'autorité, en agissant d'office, les avait laissés dans l'oubli , mettront à profit le délai que la loi leur accorde j[N)ur réclamer contre cette omission , et contraindre lé^ gaiement MM. leurs préfets à réparer l'erreur commise à leur égard. L'égalité des droits a toujours été dans le vœu des Français, c'est pour la conserver que notre nation a fait les plus grands sacrifices ; elle a^été consacrée par la Charte -, il n'y aurait
aujourd'hui, noue Ta^oDS déjà dit^ noua le répàloos^ que de vils égoïstes qui pourraient négliger d'exercer le premier des deiFoirs el le plus précieux des droitd. {Ibid.)
— M. le Préfet de la Seine a pensé qu'il «eratt absurde de soumettre un citoyen qu'il a inscrit sur la liste électorale II j a cinq ans, parce quMl lui avait prouvé, par son extrait baptîstaire (qui est peut-être encore dans ses bureaux), qu'il avait trente ans, de lui prouver ensuite que les ans vont toujours en avant et ne rétrogradent jamais. (Ibid.)
-^ On lit ce qui suit daas le Journal du Cher : « Oo ne peut pas tout dire aqus l'empire de la oensure^ et notre feuille d,u tS de ce mois en ferait fol si quelqu'un en doufait; mais nous essaierons cependant, sous le bon plaisir de H» le oenseuï^ de présenter ici quelques observations avec toute la n^esure et la modération' dont nous sommes capables.
a SI quelques électeur^ du département étaient retenu» par lennd affaires. personnelles, p^* maladie ou autrement, ils peuifiinft envoyer leurs pièces à Puade NLM. les avocat^ du barreau de Bourges. Chacun d'eux s'empressera de déposer leurs titres et de requérir leur inscdptiop sur les listes* Ils fieront lever les diffioiAtés qu'on pourrait opposer aux électeurs, et nous sommes ttHmDfi qu^aucun d'eux ne réclamera d'hoCiorairetf.
»I1 faut doiic que les hommes indépendàns^ que les amie de la Charte et d'une liberté sage et légale se mettent en position 4e manifeatw l'opinion réelle de la France ; il faut que les vœux 4e l'immense mcqoifté des Français parvmineat respeetueueeaient jusqu'au pied du trâiie par le moyen légitime d'éleetioas loyales et naliûnales^
«lEnfin , nous espérons que personne n'oubliera que , quoique là légisfeture septennaïé soit encore loin de son terme, il est possible que les listes formées cette année servent même pour nmé' élection générale; dans tous les cas, chaque collège Rectoral doit se tenir éventuellement préparé à une élection partielle, nécessitée par le décès ou par la démission d'un membre de la chambre actueMe. On peut être assuré que Tadministration ne sera pas prise au dépourvu ; elle ne négligera pw ses intérêt».
( ag)
Il ne fem pas que ceux du pays soieùt compromis par la néfU* gence des citoyens. ^ \lbid.)
— Nous Toyons arec peine que dans les départemens de la Hs^ute-Marne et des Vosges^ les habitans, dont les sentimens sont si constitutionnels, n'aient pas montré jusqu'à présentie même zèle que leurs Tvisins. Nous ne doutons pas qu'ils ne suivent bientôt leur exemple. (ibid.)
— Hâtons-nous donc, dit F Écho du Nord ^ de nous faire ïn* scrire ; peut-être TaTenir est lÂ. (Ibid.).