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lie 18()S, (jui régissaient la situation des l'ranc^'ais dans l'ile, voulurent entrer en possession. Le gouvernement hova lit d'al)ord la sourde oreille, puis devant les réclamations pressantes des intéressés et l'intervention du consul de France, M. Cassas, il se jeta dans le maquis de la procédure. « Les constructions, déclara-t-il, pouvaionl peut-être devenir l'objet d'une ri'claniation : le cas était à étudier, mais quant au sol, il était inaliénable. » M. Cassas insista, mais n'obtint rien. y\lors, espérant sans doute intimiiha" la cour de Tananarive, il amena son pavillon, se replia ;i Tamatave, et sollicita de son gouvernement l'envoi d'iiii navire de guerre.
Cet acte d'énergie fut peu goûté à Paris, où M. de Freycinet, qui venait à jieine de prendre la direction ducabinet, ne se souciait nnllenient de di'buler j)ar luu! expédition coloniale. On envoya cependant le navire réclamé par le consul, mais le capitaine N'alon, qui le commandait, était port(!ur des instructions les plus conciliantes. Il annonça publiquement « que la F>ance ne voulait pas d'affaires et se contenterait du stalu quo ». M. Cassas se sentit désavoué, et de fait, (juclques semaines plus tard, il l'eçut son cliangcment de résidence (juin 1880^
Ces mesures de temporisation accrurent naturellement l'audace des Ilovas, qui, pour trancher le litige, imaginèrent de pronmlguer la lui suivante : « La terre, à Madagascar, ne peut être vendue qu'à un sujet du gouvernement de Madagascar. Si quelqu'un vend à un étranger, il sera mis aux fers à perpétuité. L'argent de l'acheteur ne pourra être réclamé et la terre fera retour au gouvernement (2!l mars 1881). » Ce texte souleva les justes proteslalions de notre agent intérimaire ]\[. !Meyer. A son tour, il demanda comment le gouvernement entendait concilier la loi nouvelle avec l'art. 4 du traité de 1868 ainsi conçu : « Les Français, à Madagascar, jouiront d'une complète protection pour leurs personnes et pour leurs
IJU l'aFF-VIIIE de M.VUAG.VSCAli.
biens, lis pourront ... en se conformant aux lois et ri-glenirnts du jiays, s'établir partout où ils le jugeront convenable, prendre à bail et acquérir toute espèce de biens meubles et immeubles. » Ravoninahitriniarivo, ministre des affaires étrangères, ne fut nullement embarrassé pour répondre. « Les Français, dit-il, avaient promis de se conformer aux lois et règlements du pays. Or, ces lois et règlements s'opposent à ce que la terre appartienne à d'autres personnes que la Reine. La loi de 1881 ne viole donc pas le traité. Elle défend, suivant les usages les plus anciens, à tout sujet malgaclie de vendre sa terre, mais elle ne défend pas aux Français d'acheter'. »
Ce raisonnement vaudevillesque eut, comme on le pense, fort peu de succès auprès de notre nouveau représentant M. FJaudais, qui se convainquit bien vite que la seule diplomatie ne viendrait jamais à bout de nos astucieux adversaires.
Il n'est guère douteux que les jirédicants n'aient eu la main dans toutes ces intriçrues, dont le but était de rendre intenable la situation do nos compatriotes, à Madagascar. Du moins, les appréciations que le pasteur Sliaw porte sur cette affaire -, les diatribes du journal hova do Tananarive, dont le pasteur Parrett était le directeur, rendent la chose assez vraisemblable, mais il est moins facile de fournir la preuve de cette intervention. Fn revanche, leur action apparaît au grand jour, dans une autre affaire, celle-là jHirement politique, d'où sortit directement la première rupture entre la France et Madagascar.
En juin 1881, deux missionnaires anglais M. Parrett, imprimeur de la London Society, et éditeur de la Gazette du gouvernement, et M. Pickcrsgill, qui exerçait plus ou moins officiellement les fonctions de consul de la drande-