‹ Cent annees de rivalite coloniale- L'affaire de MadagascarChapitre 14 sur 32 · M. Challpiiiel Lacour à lord Lvons : li octobre · texte numérisé non relu

M. Challpiiiel Lacour à lord Lvons : li octobre

.H'STinC VIKI.N l>E I.'kTABLISSEME.N T liE l.A III.VNCE. 73

de iiiiii-ri'C'i!vi)ir, et lu Ion des coiumiiiucalioiis écliangées outre la Dv]i(t<l et le vaisseau-amiral la Flore se haussa bientôt à uu tel diapason que les rapports devinrent impossiiiles entre l(!s deux états-majors. Franeais et Anf>-lais saisirent de l'incident leurs gouvernements respectifs et des plaintes fui-ent, en conséquence, échangées eiitrt! Paris et Londres.

L'affaire n'aurait probahlenienl pas été bien loin, si d'autres faits plus graves n'étaient venus témoigner de la profonde mésintelligence qui régnait, à Madagascar, entre les agents <les deux pays. On ap|)rit coup sur coup, à Londres, que ^L i'akeuham, le consul anglais de Tamatave, très malade de la fièvre, avait néanmoins reçu des autorités françaises l'ordre d'évacuei- la ville dans les vingtquatre heures, et qu'il était mort avant le terme fixé pour son départ; que le chancelier du consulat, un créole Mauricien mâtiné de sang iiova, nommé Andrianisa, avait été arrêté; enfin qu'un des principaux membres de la London Socictij, le pasteur Shaw, t'tait détenu à bord de la Flore, sous une inculpation capitale. Au reçu de ces nouvelles, les tètes s'échauffèrent, à Londres; les journaux jetèrent feu et llammes, et le cabinet, interpellé au Parlement, fit entendre des déclarations peu propres à ramener le calme : « Ces faits sont douloureux et graves, dit M. Gladstone, à la Chambre des communes, et nous avons demandé au gouvernement français des explications, qui, nous l'espérons, ne feront pas défaut. » Quelques jours après, le premier ministre, dans un discours à Mansion-Hoiise, confirmait son langage officiel, dans les termes les moins ambigus.

« Peut-être aurait-il mieux valu attendre les explications du gouvernement français avant de manifester une émotion au moins prématurée », fit, à cette occasion, observer avec beaucoup de justesse M. Francis Charmes, à la Chambre des députés. Rien n'est plus dangereux, en

Page 1