‹ Cent ans d'apostolat dans les deux hémisphères (volume 2)Chapitre 25 sur 69 · EVANGELISATION DES SAUTE UX · texte numérisé non relu

EVANGELISATION DES SAUTE UX

par le froid, on n'avait d'autre ressource que de coucher, en plein air. sur quelques branches de sapin, en guise de lit, ou au fond d'une excavation creusée dans la neige.

— On a beau avoir l'âme poétique, écrivait, à ce propos, le P. Cahill, après une journée de fatigue extrême, au moment de prendre un peu de repos, dans de telles conditions, on ne peut se défendre, aux débuts surtout, de quelque anxiété. Mais on s'y fait... Roulezvous dans vos couvertures, près du feu que vous aurez eu soin de bien préparer, et attendez le sommeil. Il ne tardera pas à venir, pour peu que vous soyez habitué à ce genre de couchette...

Il y avait, dans les environs de fort Frances, un certain nombre de familles, descendant de Canadiens, qui, venus, un siècle auparavant, au service de la Compagnie du Nord-Ouest pour la traite des fourrures, s'y étaient mariés à des sauvagesses. Ces ancêtres avaient pris assez rapidement les habitudes de leur nouvelle patrie, ne gardant rien de celles du pays qui les avait vus naître. Ils en avaient oublié même la langue. Eux et leurs fils, ou petits-fils, ne parlaient guère que lesauteux.

Là aussi, les Oblats commencèrent par bâtir une chapelle et une école fréquentée régulièrement par une trentaine, puis une cinquantaine d'enfants indigènes.

- Ces Métis sauteux, écrivait encore le P. Cahill, sont maintenant de braves gens, dont la foi, l'assiduité aux ollices et la participation aux sacrements font ma consolation. Ils savent bien leurs prières, et ont une aptitude prononcée pour le chant.

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