LACHINE. NOVICIAT DE NOTRE-DAME DES ANGES
noyaient assez rapprochés. Quand ils revinrent, peu de mois après, sans avoir vu autre chose qu'une portion de l'immense plaine du Nord- Ouest américain, ils furent l'objet de la risée publique. De tous côtés
Lachine. — Chapelle du noviciat.
retentissaient sui leur passage ces mots ironiquement prononcés : « La Chine ! La Chine ! » Le nom resta à la cité naissante, qui, vingt ans plus tard, prise et détruite par les Iroquois, se releva néanmoins de ses ruines, grandit de plus en plus, et sera bientôt comme un faubourj de Montréal, qui ne cesse de s'étendre dans cette direction.
En 1866, une belle propriété comprenant plusieurs immeubles assez grands, un verger, un jardin, une prairie et un terrain vague, fut mise en vente, à Lachine. Le provincial du Canada se hâta de l'acheter pour le noviciat. L'endroit était des mieux choisis. Il était relié a Montréal par six trains de chemin de fer chaque jour en été, et par quatre en hiver. De plus, pendant la belle saison, un bateau partait, tous les matins, pour Montréal, et procurait à ses passagers le plaisir de franchir, sur les ondes écumantes, les fameux rapides du Sault-Saint-Louis.
Et quel site magnifique ! Rien de plus poétique. L'établissement domine une berge, au pied de laquelle coule le Saint-Laurent, qui, mêlant en ce lieu ses eaux à celles de l'Ottawa, compte bien quatre kilomètres de largeur. Devant soi, on a la gracieuse église de Caughnawagha ; à droite, Je superbe lac Saint-Louis, avec plusieurs ilôts, dont les arbres toujours verts reposent agréablement la vue. tandis que des bateaux à vapeur sillonnent le fleuve en tous sens.
Après les aménagements convenables, cette nouvelle résidence fut inaugurée, le 24 mai 1867, et dédiée à Notre-Dame des Anges.
Quelques années plus tard, on reconstruisit complètement la maison sur un plan régulier, et avec des proportions assez vastes pour recevoir une nombreuse communauté.