‹ Cent ans d'apostolat dans les deux hémisphères (volume 4)Chapitre 15 sur 54 · NOTRE-DAME D'ARCACHON · texte numérisé non relu

NOTRE-DAME D'ARCACHON

Cinq cents barques pavoisées recevaient le clergé et les fidèles.

Sur l'une d'elles était placée la statue de la Sainte Vierge, entourée de jeunes filles vêtues de blanc.

De tous côtés retentissaient des acclamations et des cris d'enthousiasme.

Un bateau à vapeur, chef de file, entraînait après lui. en lui faisant décrire, sur les flots paisibles, les évolutions les plus capricieuses, cette ligne interminable d'embarcations surchargées de groupes variés et élégants, tandis que résonnaient alternativement de pieux cantiques et les hymnes sacrées de la liturgie, ou que les fanfares d'Arcachon et de La Teste remplissaient les airs de leurs accents les plus harmonieux.

Spectacle inoubliable, dont les multiples détails servaient longtemps de thème inépuisable aux conversations, et dont le souvenir peuplait l'imagination des plus ravissants tableaux.

Chaque année, les exercices du mois de Marie attiraient aussi un concours de plus en plus considérable, qui montrait combien profondément s'enracinait, dans le cœur de la population fixe et flottante, la dévotion envers la Très Sainte Vierge.

Les Oblats n'étaient donc pas déplacés sur ce coin de terre que la Reine du ciel avait choisi, depuis des siècles, pour un de ses domaines privilégiés, et où elle ne cessait de répandre d'abondantes faveurs. Tout en propageant son culte, ils recueillaient une ample moisson d'âmes.

De ce progrès dans la piété le temple matériel se ressentit. En quelques années, l'église, quoique récemment bâtie, devint insuffisante.

Après l'avoir embellie de toutes manières, les Oblats durent songer à l'agrandir. Ils la doublèrent par l'addition d'un transept, d'un avantchœur et d'une vaste sacristie. Le raccord de la partie nouvelle avec l'ancienne fut si habilement opéré par l'architecte. M. Alaux. que tout l'édifice, gardant un cachet évident d'unité, paraissait avoir été construit en même temps.

A l'intérieur, l'ornementation ne laissa rien à désirer : sculptures, peintures, vitraux aux fenêtres et aux rosaces, non seulement des nefs de l'église, mais aussi de la sacristie : parquets bituminés, etc.

Sur ces grandes verrières se détachaient en couleurs les armoiries de Pie IX, de Léon XIII, du cardinal Donne!, de Mur Guibert, de la Congrégation des Oblats et de la ville d'Arcachon.

De nombreux enfants de chœur à la tenue parfaite et exécutant avec ensemble les cérémonies, une maîtrise avec laquelle, de l'avis unanime, bien peu auraient pu rivaliser pour la suavité des chants, donnaient aux offices une splendeur de cathédrale qui charmait les assistants, de plus en plus affectionnés à ce beau sanctuaire de Marie.

Oa conservait à côté, néanmoins, la vieille chapelle obscure, mais toujours vénérée comme une relique, et les pèlerins y affluaient aussi. Les ex-voto, témoignages de la reconnaissance, s'y multipliaient sous la forme la plus gracieuse : celle de cœurs eu vermeil ou en argent. La Vierge miraculeuse en est toute revêtue, comme d'un manteau resplendissant, tissé par l'amour filial.

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