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et de la même dimension, sur deux autres côtes de l'édifice, conduisent de plain-pied à deux vastes terrasses.
Au-dessus de toutes ces ouvertures, des niches demi-sphériques contiennent les bustes des principaux musiciens de l'Europe. De jolis ornements surmontent les autres fenêtres. Enfin, dominant le tout, un entablement aux riches moulures couronne dignement cette construction fastueuse.
Lorsqu'on l'acheta, elle n'avait qu'un rez-de-ehaussée et un étage, l'un et l'autre, d'une ampleur peu commune.
Dans sa partie antérieure, le rez-de-chaussée se compose encore de trois grandes salles aux lambris et pendentifs semés d*or et de fleurs. Des colonnes d'ordre toscan les séparent. Au fond de celle du milieu, ou salle des pas perdus, la plus luxueuse, se trouvait l'escalier d'honneur, auquel donnait accès un corridor que parcoururent souvent les équipages les plus aristocratiques. Cet escalier monumental a été abattu. A sa place fut construit le réfectoire, et on éleva, de part et d'autre, deux escaliers plus modestes.
Le premier étage était entièrement occupé par une immense salle voûtée, de quarante mètres de long, douze de large et neuf de haut, avec un dôme gracieux, terminé par une lanterne ajourée à quinze mètres de hauteur. La décoration en était merveilleuse. C'a et là, des pilastres à bases et à chapiteaux corinthiens, sur lesquels l'or brillait, répandu à profusion. A la voûte, des rinceaux, des rosaces, des arabesques dorés. Entre les courbures élégantes du dôme, seize cartouches, où sont représentées allégoriquement les quatre saisons de l'année. Partout, de nombreuses peintures symboliques et mythologiques, dues au pinceau d'un artiste de grand talent. Rien n'avait été épargné pour charmer les yeux et le cœur, dans cette salle, la plus vaste et la plus splendide de la ville. Très peu de Liégeois qui ne l'eussent visitée, en curieux, ou en partisans des fêtes mondaines. Le roi lui-même l'avait honorée de sa présence.
N'allaient-ils pas être dépaysés, dans un pareil milieu, ces jeunes gens (pii avaient renoncé aux vanités d'ici-bas. et qui se préparaient à livrer bientôt, par leurs prédications, par leurs exemples et par l'austérité de leur vie, les plus rudes combats à l'esprit du monde et aux suppôts de Satan ?
Pas un instant, l'Administration générale ne songea à conserver cette salle telle quelle. La transformer pour l'adapter aux exigences d'une communauté vouée au travail intellectuel, n'équivalait pas. cependant, à lui enlever son cachet de grandeur et de bon goût. Les religieux ne sont
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pas des vandales, et ils ne se résignent pas facilement à détruire une œuvre d'art.
Deux cloisons, ayant chacune trois immenses portes vitrées, divisent maintenant l'ancienne salle des fêtes, sans altérer en rien la pureté du style. Il en résulte trois grandes salles, pouvant au besoin n'en faire qu'une. Celle du milieu devint la salle des exercices ; les autres servent successivement de salles d'étude et de classe. Elles peuvent abriter aisément plus de cent scolastiques. Au rez-de-chaussée, furent aménagés l'oratoire de la communauté, les parloirs, un salon de réception, puis une chapelle publique, pour répondre aux instances réitérées de la population de ce quartier, trop éloignée de toute église paroissiale.
A cet ex-casino, la Congrégation ajouta, en arrière, trois étages bien proportionnés. Là sont les chambres des professeurs, la bibliothèque, les dortoirs des scolastiques, la lingerie, l'infirmerie, etc.
Sans doute, cette nouvelle bâtisse n'a pas l'élégance, ni l'harmonie des lignes qui captivent l'attention dans la majestueuse façade du casino. On a voulu que tout y fût conforme à la simplicité religieuse ; mais on n'a pas oublié les prescriptions de l'hygiène. Deux réservoirs d'une capacité de dix mille litres reçoivent l'eau élevée, à trente mètres de hauteur, par un moteur à gaz, et la distribuent dans toutes les pièces où elle est nécessaire ou utile.
Du parc furent bannies sans pitié une foule de statues de divinités païennes, qui le souillaient par leurs nudités ou leur tenue immodeste.
Outre les rampes d'accès, on y parvient, en arrière de la maison, par deux ponts-levis mettant directement en communication le premier étage avec des chemins carrossables, en pente douce. Ils longent d'épais bosquets plantés d'arbres de diverses espèces, conduisent successivement à trois terrasses ombragées, et aboutissent finalement à une magnifique esplanade entourée de marronniers.
De là on contemple un panorama superbe.
C'est d'abord toute la ville de Liège, capitale si active de la Wallonie, comptant plus de cent soixante mille habitants. Les nombreux clochers de ses églises romanes et gothiques témoignent de la fécondité de son architecture nationale, dans le passé, et de la vivacité de sa foi. En même temps, les hautes cheminées de ses vastes usines attestent les progrès de sa métallurgie et la prospérité de son commerce.
Entre la multitude des toitures, le regard suit facilement la ligne des boulevards bordés de somptueux édifices modernes, et le labyrinthe des rues tortueuses des vieux quartiers, au sein desquels l'édilité cherche à faire pénétrer plus d'air et de lumière.