‹ Cent ans d'apostolat dans les deux hémisphères (volume 5)Chapitre 72 sur 83 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Durban

Élévation du P. Jlllard à l'épiscopat.

Le 4 décembre 1850, Mgr de Mazenod écrivait au P. Allard, ejicore de résidence à Bytown :

— Mon très cher Père, je laisse tout ce que j'avais à répondre à vos dernières lettres, pour vous apprendre que Notre Saint-Père le Pape charge notre Congrégation du vicariat de la terre de Natal, et vous en nomme vicaire apostolique, avec le titre et le caractère d'évêque m paritÔM*. Vous ne vous attendiez certainement pas à cet événement, et je m'en félicite d'autant plus. Il s'agit maintenant d'obéir promptemcnt aux ordres du Chef de l'Eglise. Je vous réserve d'excellents compagnons... Aussitôt ma lettre reçue, partez pour vous rendre à Marseille, auprès de moi. Inutile d'ajouter que le précepte étant formel, il n'y a point de raisons à alléguer. .Je me contente, aujourd'hui, de vous annoncer la chose. C'est assez lourd, n'est-ce pas ? Mais le Seigneur, comme vous le savez, proportionne toujours sa grâce puissante au fardeau qu'il nous impose. Notre devoir est de nous incliner avec confiance.

Sachant combien l'humilité du P. Allard soulèverait d'objections, le vénéré Fondateur déclarait nettement qu'il transmettait un ordre exprès.

Précaution non superflue... La première surprise passée, l'élu rédigea, le 16 janvier 1851, un exposé complet de son état d'âme, relatant, sans les diminuer, ses défauts, ses imperfections, ses lacunes, son incapacité. Il concluait en affirmant que cet examen détaillé lui prouvait, avec évidence, qu'il ne pouvait accepter, et que son Supérieur général, après cette lecture, serait incontestablement de son avis.

Ainsi tranquillisé par ces réflexions, le scrupuleux et si austère P. Allard, qui ne souffrait pas qu'on tergiversât, le moins du monde, en matière d'obéissance, ne bougea pas; et, au lieu de se diriger vers Marseille, y envoya, à sa place... un morceau de papier.

Ce n'est pas précisément ce que souhaitait Mgr de Mazenod, qui, le vendredi saint, 18 avril, répondit :

— Je VOUS avais écrit de Rome, et ma lettre s'est perdue avec dix-huit autres. J'en suis désolé, parce que ce contretemps a encore retardé votre départ. Il n'est plus possible que vous le différiez. La Mission que l'Église vous confie soupire après les ouvriers que le Père de famille lui destine. J'ai lu attentivement votre plaidoyer. J'y ai reconnu votre humilité et les vertus religieuses qui vous distinguent, mais je n'ai pas été convaincu. Cependant, je n'ai pas voulu prendre sur moi la solution définitive, non point que j'hésitasse à prononcer, mais j^our vous rassurer davantage,

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Mgr Allard.

et couper court à toute nouvelle défaite. J'ai proposé la question à la S. C. de la Propagande. Tout en répondant que j'avais le droit de la résoudre comme Supérieur général, elle a jugé que vous deviez obéir. Je ne m'en suis pas tenu là. Je me suis adressé directement au Souverain Pontife qui m'a d'abord répondu, comme la Propagande, que j'avais autorité pour prescrire. Ce principe admis, j'ai insisté, néanmoins, pour qu'il voulût bien prononcer lui-même. C'est ce qu'il a fait. Donc, mon cher Père, plus moyen d'opposer la moindre résistance. Le Vicaire de Jésus-

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