CHAPITRE VI 11 Maryvale
Saint Mary 's Monastery de Market Weighton.
Vu raffluence de postulants, le P. Aul)erl depuis longleuiijs se préoccupait de fonder, en Angleterre, une maison pour le noviciat. Jusqu'alors, on l'avait successivement transporté de Penzance à Grâce Dieu et à Everingham, expédient essentiellement provisoire, l'exiguïté du local nuisant à la formation régulière des sujets.
Non loin d'Everingham, et près de la ville de Market Weighton, était une construction, élevée dans un l)ut i»ieux, mais inutilisée. Le P. Aubert ajjprit qu'on la mettrait à la disposition dune communauté religieuse, (pii, à litre de location s'engagerait à l'entretenir.
l'Ile se dressait au milieu d'une plaine exposée à tous les vents. Au nord, une chaîne de coteaux assez bien cultivés ; à louesl, sur un mamelon, une église, autrefois catholique, mais actuellement protestante. Pas d'arbres, autour de ces murs aux fenêtres exiguës, ressemblant à des lucarnes ou à des meurtrières. Larchitecte. visant au style gothiipie, n'avait réussi qu'à faire de l'éli'ange et du [bizarir. A. l'intérieur, le vide absolu; absence nièiiK- •Ic'^ nhjrls de preinière nécessité.
Ce Saint .Mai-y's Monasterv. liAli plut(')t ptnir des Trappiste^ cpie pour des Missionnaires, pernielhail. cependant, d'attendre «nriine occasion meillcur(^ se présentât. ( )n en prit donc possession, dan^ les derniers jours de décembre iH'JS, ((mime d'un a»ile temporaire. ( )n n'y demeura, en cU'et, que de cin(| à six nmis. l.e 1'. Htdhm fut uiallre «les nn\ icfS. avec le P. Soulerin pour .s"e///.s.
MARYVALE OOQ
Le séminaire de 'Birmingham.
Toujours très dévoué, Mgr Ullathorne ollVit, peu après, un immeuble très convenable et fort spacieux, situé à Maryvale, près de Birmingham. Il avait abrité le séminaire diocésain, avant que Mgr Wiseman ne l'eut transféré à Oscott, à trois quarts d'heure de distance.
Maryvale, ou Vallée de Marie ! Quel nom gracieux et de bon augure pour les Oblats de la Vierge Immaculée !
A cet édifice se rattachaient des souvenirs qui le rendaient cher à tous les enfants de l'Eglise.
Il fut. d'abord, le manoir d'une de ces familles héroïques, qui conservèi'ent la foi durant les siècles de persécution. Sur l'emplacement de la chapelle, expira, martyr, le dernier prêtre mis à mort pour avoir commis le crime, alors impardonnable, de célébrer la sainte Messe.
L'illustre Milner, vicaire apostolique de ce district durant les premières années du xix" siècle, l'aménagea pour l'éducation de la jeunesse catholique. Peu à peu, ce collège obtint un réelle importance. Les élèves accoururent nombreux, non seulement de toute l'Angleterre, mais aussi des colonies.
A mesure que la population scolaire s'accrut, le niveau des études monta. Là, se formèrent à la science et à la vertu les ecclésiastiques les plus distingués de la Grande-Bretagne.
Puis, à la suite du futur cardinal Newman, les principaux convertis de l'université d'Oxford s'y essayèrent à la pratique de la Règle de saint Philij)pe de Néri. Ils ne le quittèrent qu'après l'achèvement de leur couvent de l'Oratoire, ilans l'un des faubourgs de Birmingham, à Edgbaston, Hagley Road.
Aussitôt après leur départ, Mgr Ullathorne le proposa aux Oblats, persuadé que la Congrégation y continuerait ces traditions glorieuses.
Gomment refuser? Le P. Aubert accepta avec reconnaissance, et résolut d'en faire son quartier général. Au mois de mai 1849, ^^ X i°^" tallait le noviciat et le scolasticat. La maison était assez grande pour se prêter, sans inconvénient, à cette double destination : vastes salles, chapelle très l>ien ornée avec tribune, cours de récréation, jardins, prairies, etc.
— Aurions-nous eu le choix, et deux cent mille francs à dépenser, disait-il, impossible de trouver mieux, et cela au cœur de l'Angleterre, aux portes d'une ville de plus de trois cent mille habitants.
56o DANS LES ILES BKIÏANNIQUES
Devant tous les professeurs de son séminaire dOscott, l'évêque manifesta sa joie de voir les Oblats à Maryvale. Ces messieurs, ainsi que les Oratoriens, ne s'en montrèrent pas moins satisfaits, et prodiguèrent aux nouveaux venus les marques les moins équivoques de cordiale sympathie.
Ms^r UUathorne ne sen tint pas là. 11 témoigna publiquement aux Oblats son admiration dans une Lettre pastorale au clergé et aux fidèles de son diocèse :
— Il ne sera i)as sans intérêt pour vous, leur disait-il, d'apprendre qu'une communauté des Oblats de Marie Immaculée, déjà connus j)ar leurs travaux et leur zèle apostolique en divers pays, a été naguère établie à Maryvale, afin d'y préparer des Missionnaires pour l'Angleterre et ses colonies.
A cette occasion, Mgr de Mazenod mandait à ses fils :
— Cette sainte maison, j'en suis sur, ne dégénérera pas entre vos mains. C'est un héritage délicat ! Succéder à tant d'hommes célèbres ! Les yeux de l'Angleterre sont fixés sur vous. On s'attend à de grandes choses de votre part.
Et au P. Bellon :
— Vous voilà à la tête d'un noviciat qui commence à compter. En si peu de temps, un tel nombre de sujets ! C'est ravissant ! Et encore, quand l'Irlande donnera, que sera-ce donc? Enattendant, je me réjouis de la qualité de ceux que vous avez. Que de merveilles opère en notre faveur la bonté de Dieu ! Je ne sais où s'arrêtera ce torrent de grâces... Prions le Seigneur de nous accorder de réaliser ses desseins et de correspondre à ses bienfaits.
Dès la première année, le personnel fut constitué sur un bon pied.
A l'ordination du mois de décembre, à Oscott, huit scolastiques reçurent les saints Ordres. Il y avait déjà, à Maryvale, vingt-cinq Oblats.
— La prospt'rité de nos établissements d'Angleterre est vraiment miraculeuse, écrivait Mgr de Mazenod à Mgr (luigues. D'après les évêques anglais ({ue j'ai l'occasion de voir à leur passage à Marseille, notre Congrégation est une des plus estimées de toutes celles (jui sont dans le Royaume-Uni. (^es ]>rélals se disputent l'avantage d»' la jjosséder dans leui-s diocèses.