‹ Cent ans d'apostolat dans les deux hémisphèresChapitre 110 sur 131 · LEEDS 58 I · texte numérisé non relu

LEEDS 58 I

voulait se convertir au catholicisme. Ils ne lui épargnèrent aucun mauvais traitement, et tentèrent de l'entraîner à l'apostasie.

— Le sourire du merveilleux enfant a gagné mon cœur, répondaitelle invariablement.

Elle mourut saintement, moins d'un an après (i).

— Gomme je goûte cet établissement de Leeds ! écrivait Mgr de Mazenod au P. Aubert. Tout ce qui s'accomplit par les nôtres en Angleterre est si consolant !

Bientôt la chapelle provisoire fut manifestement trop étroite. On dut se préoccuper de bâtir une grande église et des écoles spacieuses pour les jeunes gens des deux sexes.

Les Pères achetèrent donc, pour la somme de deux mille livres sterling, ou cinquante mille francs, un vaste terrain sur lequel ils se proposaient d'élever ces divers édifices. Le site ne pouvait être mieux choisi. C'était le plateau de Richmond Hill, colline dominant la ville entière. On avait de là un panorama superbe, non seulement sur la populeuse cité, mais sur plusieurs lieues à la ronde. Les Oblats la nommèrent montagne Sainte-Marie.

Aujourdela fête de Notre-Dame Auxiliatrice, 24 mai i853, en présence d'une foule immense, l'évêque, Mgr Briggs, posa la première pierre. L'église, de style gothique, aurait deux cents pieds de long, soixante-quinze de large et quatre-vingt-dix de haut, avec un transept de cent pieds. Le fameux architecte Pugin se chargea d'en faire une des plus belles de l'Angleterre, par l'étendue des proportions, la hardiesse des voûtes, la pureté des lignes, l'harmonie de l'ensemble et la perfection des détails.

Richmond Hill devint ainsi pour Leeds ce qu'est pour Marseille Notre-Dame de la Garde, et ce que Notre-Dame de Fourvière est pour la ville de Lyon.

En môme temps qu'on poussait activement les travaux de l'église, on construisait des écoles capables d'abriter chacune un millier d'enfants.

Réfugiées en France depuis leur départ de Penzance, les Somrs Oblates furent rappelées de Notre-Dame de l'Osier. Pendant leur séjour en Dauphiné, elles avaient formé plus complètement à la vie religieuse les novices anglaises de bonnes familles qu'elles s'étaient agrégées. Grâce à ces éléments nouveaux, il leur fut possible de diriger

(I) Cf. R. P. Cooke, SkeUlies, t. II. p. i83 sq.

avec succès les écoles do jeunes filles auxquelles furent ajoutés successivement un oi-plielinat et un pensionnat, depuis très ilorissants. Elles instituèrent même des cours du soir pour les ouvi-ières employées dans les manufactures, durant la journée. Plus de cent cinquante les fréquentèrent, et y acquirent, avec une science plus profonde de leurs devoirs religieux, une foule de notions utiles. Les protestantes en profitèrent aussi. Beaucoup y trouvèrent la lumière qui, en les éclairant sur les vérités surnaturelles, prépara leur conversion, et assura leur salut.

Lecds. — E-lise .Sainfo-Marie hâlic par les ()l>lals. (\'oir aussi \>ii'^c fin.)

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