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DÉVELOPPEMENT DES ŒUVRES DE LIVERPOOL

d'amoui-, nous avons tenté limpossible pour dissuader nos paroissiens de sortir de leurs maisons, ce jour-là. Mais nous aurions plus facilement calmé une tempête de l'océan, que nous n'aurions réussi à les g^ouverner en cette circonstance, tant ils étaient exaspérés par les outrages sans nom proférés contre la Mère Immaculée de notre divin Sauveur.

L'énergique intervention des Pères eut, cependant, un résultat heureux : celui d'empêcher les Irlandais d'abuser de leur triomphe par des représailles. Le service qu'ils rendirent ainsi à la ville profondément agitée fut si évident, que le maire en exprima publiquement sa reconnaissance, et souscrivit une large somme en faveur des écoles que les catholiques songeaient à bâtir.

Quelques semaines plus tard, les scènes sauvages des premiers jours de juillet eurent une répercussion, à la suite d'un accident survenu dans cette sorte de hangar qu'était la chapelle provisoire de Hol)' Cross. Sous le poids de la foule, deux poutres de la tribune se brisèrent avec un horrible fracas. Craignant que toute cette misérable baraque ne s'effondrât, les assistants se précipitèrent dehors, se poussant les uns les autres, poui* échapper au danger.

Les Orangistes jugèrent l'occasion favorable à une revanche. .Sous prétexte de rétablir l'ordre dans la rue, les agents de police qui apjîartenaient tous à cette secte, tombèrent à bras raccourcis sur les catholiques, les frappèrent d'une manière brutale, et en blessèrent plusieurs.

Devant une agression aussi injuste, et malgré l'indignation qu'ils ressentaient, les Pères commandèrent aux Irlandais de rester froids ; mais ils portèrent l'aO'aire devant les tribunaux, et surent intéresser à la cause les magistrats les plus influents. L'inspecteur en chef de la police, gros personnage au traitement annuel de huit cents livres sterling (vingt mille francs), fut révoqué. Tous les agents de police coupables partagèrent sa disgrâce, et on les remplaça, en majeure partie, par des catholiques.

A ce propos, les Pères reçurent des lettres de félicitations de tous les points de l'Angleterre :

— C'est, disait-on unanimement, la plus grande victoire que les catholiques aient remi>ortée à Liverpool, depuis longtemps.

Deux ans et demi plus tard, au mois de février iS.>4. le P. Noble s'étant mis à la tête des paroissiens de Iloïy Cross, marcha avec eux vers rilôtel de Ville, et obtint encore un succès de ce genre. 11 empêcha, par son éloquence et sa fermeté, l'assemblée municipale de voter et de transmettre au Parlement un bill nuisible aux catholiques. Le récent historien de Liverpool constate que, dans cette circonstance également mémorable, le P. Noble montra autant de courage que de génie poli-

tique : The pulitical g-enins of thc coiirageoiis Oblale Father saved Lwerpool /rorn Huit discrédit (i).

§2 "Les "Ecoles. ♦

Sans rechcrclier If bi'iiil. mais simplement en faisant vaillamment Irur devoir, les Oblats étaient devenus célèbres.

Le jour même du fameux jugeniont contre les policemen, un riche Irlandais aborda le P. Xoblo. et, lui glissant dans la main un chèque de cent livres (deux mille cinq cents francs), lui dit :

— Pour vos écoles... Mais je ne m'arrêtciai pas là. Quand vous commencerez la construction de l'église, venez chez moi : je vous donnerai autant, et plus encore.

D'autres catholiques, favorisés des biens de la fortune, lui disaient :

— Puisque vous êtes l'instrument dont Dieu s'est servi pour renverser les policiers orangistes, comptez sur nous pour vous aider à bâtir non seulement les écoles, mais l'église et la nuiison de communauté pour les Pérès qui doivent la desservir.

Quant aux pauvres Irlandais (jui composaient la masse du peui)le. ils étaient enthousiasmés, et prouiettaient. eux aussi, leur concours. Chacun d'eux, par suite de sa gène, ne pourrait pas donner beaucoup : mais ils donneraient avec persévérance, chaque mois, ou chaque semaine. De fait, ils versèrent fidèlement leur obole, et, vu leur nombre, la somme offerte par eux atteignit un chilfre considérable.

Ainsi de grandes œuvres purent être entreprises à Liverpool et m«>nées à bonne fin.

On coiuinença par celle des écoles, comme de beaucoui» la [ilus urgente, malgré le déplorable état de la cha[)elle provisoire, vi-ritable étal)le de Bethléem. Mais les âmes avant tout. (Quelques années plus tard, le cardinal Manuing loua chaudement les Oblats d'avoir si admirablement compris les besoins de cette jjopulation : thef hiid ncted. disait-il, »»'//// Iheir tnidilionnl good sensé (■.>.).

Dans la paroisse de //o/)- (.'/-ass. eu «-irel. il y avait ibnix mille cin(( cents enfants d<' quatre à (piatorze ans. exposes à se perdre. Les sectaires avaient ouvei-t, non loin de la chapelle provisoii-e, à Hiitlson sfrret, une «'•(•((!(' de perversion, daii-- hnpidle il> attii'aient les enfants

(I) Ih. Miirkf, ( '.atliolir liistonj nf l.irrr/tool, iii-S". Livirpoul, i<in>. <li. v.

p. Uj-II.'i.

(a) <'.f. Miiikc, t'.alholic liislory of I.ivrrpool, p. ii»^.

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