DÉVELOPPEMENT DES ŒUVRES DE LH'ERPOOL
de pauvres familles, en leur distribuant gratuitement des habits et de la nourriture. Ceux qui succombaient à cette tentation si terrible j^our des gens torturés par la faim, étaient endoctrinés par de faux sages, soucieux de les détacher promptement de ce qu'ils appelaient les erreurs de Rome.
La pose de la première j>ierre. à Fontenoj' street, se fit avec une pompe extraordinaire, le 3i mai 1802. Suivant le Catholic Standard, journal de Londres qui en publia le récit, jamais rien d'aussi beau n'avait eu lieu à Liverpool. Plus de trente mille personnes se rendirent majestueusement en procession, à travers la cité, vers l'emplacement choisi. Des centaines denfants, revêtus du même uniforme et portant des oriflammes, marchaient en tête, précédés de la musique. Dans le cortège, d'autres fanfares. Le long du parcours, une foule avide de voir. Aux fenêtres et aux balcons, des grappes humaines.
C'est qu'il était vraiment merveilleux le spectacle de cet interminable défilé de près de deux heures. Les nombreuses confréries de la ville avec leurs croix et leurs bannières, les sociétés de tempérance et les divers corps de métiers y prirent part.
Avant l'accomplissement des rites sacrés, le P. Noble monta sur une haute estrade de vingt mètres. Une trentaine de prêtres et les notabilités catholiques l'entouraient. Son discours provoqua l'enthousiasme de la multitude. Les protestants eux-mêmes en furent si touchés, qu'ils envoyèrent, dans laprès-midi, leur musique jouer une aubade de plus d'une heure devant la maison des Pères.
Le soir, dans la salie du grand théâtre, un meeting présidé par le principal magistrat de la ville, the high sheriff. Sir BlundeU, conquit à l'oeuvre la bienveillance des classes dirigeantes.
Chargés spécialement de cette lourde entreprise, les Pères Noble et Egan ne négligèrent rien pour en assurer le succès. Sur leur initiative, les dames des ])remières familles de l'Angleterre organisèrent un lu'illant bazar de charité. Il se tint dans les salles de l'Hôtel de Ville, le Citj' hall, et ne dura pas moins de huit jours. Pour en rehausser l'éclat, le colonel commandant de la place prêta ses musiciens. L'exposition des objets de valeur ravit les visiteurs, et le produit de la vente s'en ressentit.
Par les diverses industiies de leur zèle actif et intelligent. les Pères recueillirent, en moins d'une année, [)lus de cent mille francs.
En quinze mois, l'édifice était complètement terminé et meublé. De l'avis unanime, les catholiques ne possédaient pas de plus belles écoles, ni en Angleterre, ni en Ecosse, ni en Irlande. Une des salles avait jusqu'à vingt-cinq mètres de long, quinze de large et douze de
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haul. Elle aurait pu, au besoin, servir drg^lise provisoire. Enfin, ce palais scolaire était doté d'un revenu annuel de douze mille francs pour le ti-aiteineid des instituteurs et des institutrices, celles-ci appaitenant à la communauté religieuse des SLsters of Mercy.
On Tinaugura avec bonheur, le i4 novembre i853. Outi-e les classes ordinaires, on y fit des cours du soir ])our les adultes obligés de gagner leur pain quotidien, en travaillant, le jour, dans les manufactures.
.\ IIol)- Cross, le ministère prenait de }»lus en plus d'extension, et équivalait à une mission permanente, aux fruits très abondants pour le salut des âmes. Des conférences dialoguées. chaque dimanche api'ès vêpres, attiraient une multitude de protestants. Un orateur i»résentait les objections des hérétiques, et un autre les résolvait. Cette excellente pratique, en même temi)s (juelle fortifiait les catholiques dans leur foi, ébranlait les hétérodoxes et détermina beaucoup de conversions.
Dès le mois de juillet iS'n, les Oblats avaient aussi créé un journal hebdomadaire, llie cathoUc Citizen, qui contribua ])uissamment à jn'opager les idées saines dans la population (i).
Parmi les collaborateurs des Pères Egan et Noble, signalons les Pères Ilickey, BradshaAV, Dutertre, Cooper, Jolivet. etc.
(i) Cf. Tli. tîiirke, CathoUc fiistory of Liccrpool, p. iio.